Quatre ans après, un médecin s’est à nouveau suicidé au centre hospitalier de Châteauroux

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La tragédie se poursuit. « Le corps sans vie d’un radiologue a été découvert ce mercredi 10 octobre, au petit matin, dans les locaux du centre hospitalier de Châteauroux (Indre). Le praticien a mis fin à ses jours, vient de rapporter La Nouvelle République du Centre Ouest.  « C’était un vrai défenseur du service public et un homme adorable », soupire l’un de ses collègues, des larmes plein les yeux. »

Ce médecin exerçait depuis plus d’une vingtaine d’années dans cet établissement hospitalier. Le quotidien régional précise que ce médecin avait été victime d’un burn out au printemps. « Reconnu et estimé il était de retour à l’hôpital depuis quelques semaines » ajoute-t-il. .

Gil Avérous, maire (LR) de Châteauroux, par ailleurs président du conseil de surveillance du centre hospitalier, a immédiatement réagi : « Mes premières pensées vont à la famille du défunt qui est confrontée à cette terrible épreuve, et à la communauté médicale dont il était un remarquable élément. Il est trop tôt pour commenter le contexte, l’enquête le dira. L’heure est au respect du deuil de la famille , les autres commentaires viendront quand les éléments complémentaires seront connus. » Évelyne Poupet-Sommier, directrice de l’établissement a précisé que tout était mis en place « pour prendre en charge les professionnels médicaux et non médicaux très affectés par ce décès ».

Précédent dramatique

La Nouvelle République rappelle un précédent dramatique : en mars 2014 le Dr Simona Zahan, médecin anesthésiste de 37 ans, avait mis à ses jours en s’injectant une dose mortelle de produits médicaux utilisés au bloc opératoire.

Elle s’était donné la mort dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 mars. A la fin de sa garde. Pas de justification écrite à son geste. «Toujours est-il qu’elle a attendu le moment où il régnait un calme absolu, dans son service, pour s’administrer une dose mortelle de produits, par intraveineuse, dans sa chambre de garde, avait alors rapporté le quotidien. C’est le collègue venu la relever, le dimanche matin, qui a fait la macabre découverte.»

Mise en place immédiate d’une cellule psychologique (sous la direction du chef du service de psychiatrie de l’établissement). «C’est une nouvelle brutale et effrayante, expliquait alors le directeur-adjoint du centre hospitalier. Nous sommes tous choqués. Que dire ? Nous allons tout faire pour apporter le soutien nécessaire au personnel, ainsi qu’à sa famille.»

Agée de 37 ans, le Dr Simona Zahan était mère d’un petit garçon en bas âge. Jusqu’ici praticien contractuel, elle venait tout juste d’obtenir le statut de praticien hospitalier. Elle faisait partie de l’équipe de huit anesthésistes du service de l’hôpital, qui fonctionne par successions de permanences, 24 heures sur 24. «La fonction d’anesthésiste, dans un hôpital, est très exigeante, très exposée, et impose de très grosses responsabilités, observait le directeur-adjoint. Mais elle était une excellente professionnelle, qui répondait parfaitement à la mission qui lui avait été confiée. Nous n’avons connaissance d’aucun conflit ou problème qui aurait pu justifier son acte.»

Conditions de travail ? Problèmes personnels ? Une infirmière du centre hospitalier : «Oui, c’est vrai que c’est un service soumis à un fort rythme. Mais il y a tellement de raisons qui peuvent pousser un être humain à se suicider… Elle était bien insérée professionnellement, respectée et appréciée de ses collègues. Elle était maman, mariée… Elle semblait avoir tout pour être heureuse.» Une enquête fut néanmoins demandée par le parquet.

Inspection du travail

Six mois plus tard, toujours La Nouvelle République du Centre Ouest : «L’inspection du travail met en cause le Centre hospitalier de Châteauroux dans le rapport concernant le suicide d’une anesthésiste survenu en mars dernier. La direction du centre hospitalier se défend avec la plus extrême fermeté.»

L’inspection du travail observe que la semaine précédant son décès, le Dr Zahan avait effectué 78 heures de travail, dont deux gardes de 24 heures, de mardi 11 à mercredi 12 mars, et de samedi 15 à dimanche 16 mars.

«Au terme de l’enquête et de tous les éléments recueillis, nous estimons que le non-respect, par l’employeur, de ses obligations a pu jouer un rôle dans la souffrance ressentie par Mme Zahan, et donc dans son suicide. De plus, même dans l’hypothèse (peu probable compte tenu des circonstances) où les conditions de travail de Mme Zahan n’auraient pas présidé à son geste, il est certain que son état de fatigue physique et mentale a contribué à abolir ou amoindrir ses capacités de discernement et, ainsi, priver MmeZahan de sa capacité à sortir de l’impasse.»

La direction du centre hospitalier s’était défendue: «Les griefs présentés dans ce rapport ne sont pas fondés et sont sans lien avec le suicide du Dr Zahan qui était parfaitement intégrée au sein de l’établissement et qui venait d’être reçue au concours national de praticien hospitalier. L’inspection du travail met gravement en cause la réputation et l’honneur de l’établissement en considérant, sur la base de pures conjectures, que ce dernier a pu jouer un rôle dans le suicide du Dr Zahan. Le centre hospitalier apportera prochainement une réponse argumentée à ce rapport.»

En mars, au lendemain du drame, Marisol Touraine, alors ministre de la Santé, avait déclaré : «C’est une triste affaire mais, a priori, elle n’aurait aucun lien avec l’hôpital. Cette dame, d’origine roumaine, venait d’être titularisée, ce qui était plutôt une bonne nouvelle. En revanche, on croit savoir qu’elle se sentait loin de chez elle et qu’elle était mal dans sa peau.»

Il est toujours hasardeux de parler des raisons d’un suicide. Plus encore quand il se produit dans un centre hospitalier et que l’on est ministre de la Santé.

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Le Blanc : comment transformer une maternité en un établissement pour personnes âgées ?

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Soit Le Blanc, sous-préfecture l’Indre arrosée par La Creuse. Un centre hospitalier certifié. Un peu plus de six mille habitants ; une soixantaine d’élus du département qui s’apprêtent à démissionner : ils refusent la fermeture définitive de la maternité (treize lits).  On n’y accouche plus depuis trois mois déjà, faute d’un nombre suffisant de soignants. Le Blanc et la Creuse,  la désertification des petites bourgades, les concentrations médicales dans les grosses villes, la symbolique et l’angoisse de ne pas donner la vie à proximité immédiate de son domicile.

Le Monde (François Béguin) a fait le déplacement jusqu’à cette extrémité symptomatique. Le Blanc située à environ une heure de route de Châtellerault (Vienne), de Poitiers (Vienne) et de Châteauroux (Indre), où se trouvent les maternités les plus proches. Les élus déposeront, jeudi 11 octobre, leur lettre de démission à la préfecture de Châteauroux. Et le dernier quotidien vespéral parisien de rapporter les témoignages, de donner les chiffres qui condamnent la maternité locale comme tant et tant d’autres furent décapitées avant elle. Soit 400 accouchements en 2009 et 255 en 2017.

Le Monde cite un « rapport », publié le 28 septembre, identifiant « plusieurs dysfonctionnements pouvant mettre gravement en jeu la sécurité des prises en charge ». Un document (rendu public par La Nouvelle République) qui a conduit la directrice de l’Agence régionale de santé Centre-Val de Loire à exprimer, vendredi 5 octobre, son « souhait d’une fermeture définitive du site, au profit d’un centre périnatal de proximité ». Refus de la population et des élus qui attendent de la ministre des Solidarités et de la santé Agnès Buzyn, qu’elle renouvelle les moratoires accordés par ses deux prédécesseurs, Xavier Bertrand en 2011, puis Marisol Touraine en 2012. Un temps pré-macronien où Paris cédait encore à la révolte des campagnes.

Mépris des ruraux

Puis Emmanuel Macron devint président et, observe Le Monde,  les élus locaux « enragent de ne pas être entendus ». « Nous sommes dans une situation inédite, avec un gouvernement dont la marque de fabrique est de ne rien céder », déplore Jean-Michel Molls, le président du comité de défense des usagers de l’hôpital. « Nous sentons comme un mépris à l’égard des zones rurales », ajoute Annick Gombert, la maire (PS) – démissionnaire – de la commune.

Comme jadis Libé et les ouvriers de Lip, La Nouvelle République tient la chronique de cette révolte et des manifestations se suivent, sans succès : « Maternité du Blanc : l’histoire du lutte ». « Le 15 septembre, entre 2 000 et 3 000 personnes se sont rassemblées devant la mairie, résume Le Monde. Le 28, une cinquantaine d’élus ont accroché des portraits officiels du chef de l’Etat aux grilles de la sous-préfecture. Devant les caméras, certains ont même brûlé des photos d’Emmanuel Macron. ‘’On est en train de franchir une étape dans la colère, les citoyens et les élus se sentent exclus de la République’’, prévient Jean-Paul Chanteguet, qui a été maire (PS) du Blanc pendant trente ans. »

Au Blanc on redoute la suite : la fermeture de la maternité annonçant la mort du service de chirurgie, des urgences et, à terme, de l’école d’infirmières, « le seul établissement de formation post-bac de la ville ». Fermeture de l’hôpital et naissance d’un gros EHPAD au sein d’un désert médical. Pour l’heure, à l’entrée de l’hôpital, un panneau désespéré : « Liberté, égalité, maternité de proximité ».

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Le spritz de Campari : comment faire un succès alcoolisé à partir d’une tache d’huile d’Italie ?

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Loi Evin ou pas, avez-vous observé le nombre des publicités agressives réclamant de consommer au plus vite des boissons alcooliques anisées d’origine industrielle ? C’est là une convergence publicitaire qui fait suite à celle incitant à la consommation intensive de bières durant la Coupe du monde de football. Autre sujet d’actualité, dans l’ombre du mojito, le « spritz », raconté par l’AFP et repris dans les pages d’été de nombre de quotidiens.

Prosecco, de l’eau de Seltz et association alcoolisée plus ou moins amère : Campari (Spritz bitter) ou Aperol,(Spritz dolce ou Aperol Spritz). Sans oublier une rondelle de citron, d’orange ou d’orange sanguine ainsi – le cas échéant – qu’une olive.

A chaque marque il faut une histoire. Elle commencerait, ici, à l’occupation autrichienne dans le nord-est de l’Italie, au XIXe siècle. Quand un vin n’était pas très bon (ou qu’il faisait chaud) les soldats, dit-on, l’allongeaient avec de l’eau pétillante. Puis vient l’Aperol® , en 1919, à Padoue : alcool, oranges amères, gentiane et rhubarbe remplacent le vin : l’ancêtre du Spritz est né. Puis, en 2003, le puissant groupe milanais Campari s’empare de la marque Aperol®, alors inconnue en dehors du nord-est de l’Italie.

« Quand nous l’avons achetée, cette marque vendait quelques millions de litres dans trois villes du nord-est de l’Italie : Venise, Padoue et Trévise, où en moyenne chaque habitant buvait cinq spritz par jour », explique Bob Kunze-Concewitz, le patron de Campari – qui compte dans son large portefeuille de spiritueux la marque du même nom, mais aussi des vodkas ou des whiskys.

« ‘’Nous nous sommes rendu compte de son vrai potentiel et nous avons conçu grâce à l’Italie, notre laboratoire, un modèle de développement très précis’’. A chaque fois, le groupe entre dans un quartier d’une ville (choisie pour son potentiel) et collabore avec deux ou trois bars, en offrant une formation intense aux barmen et des événements pour faire déguster le breuvage. Petit à petit, selon une ‘’stratégie de tache d’huile’’, le spritz séduit des consommateurs. »

Puis Campari s’est ensuite attaqué à l’immense secteur international de la grande distribution. « Le groupe a mis le paquet sur la publicité pour casser cette image de boisson juste pour la période estivale. Ensuite, les internautes ont pris le relais. Sur les réseaux sociaux, #Spritz compte plus d’un million de publications Instagram, rapporte l’AFP. Aperol est désormais la marque la plus importante du groupe (13 % des ventes). Elle a connu une croissance de 19,5 % en 2017, avec des hausses de 27 % en France ou 51 % aux États-Unis, et même supérieure à 100 % dans de nouveaux marchés comme la Russie, le Mexique ou le Brésil. Au premier semestre 2018, les ventes ont encore progressé de 24,7 %. Aperol vise une croissance encore à deux chiffres dans les prochaines années. »

Face à Instagram et à la « stratégie de la tache d’huile » que reste-t-il, aujourd’hui, de la loi Evin ?

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Rugby : les Gros Pardessus auront-ils le courage d’interdire les plaquages thoraciques ?

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Le hasard n’est-il, tout bien pesé, qu’une fatalité déguisée ? Le jour où cinq présidents gardaient le silence aux obsèques de Louis Fajfrowski, la World Rugby annonçait qu’elle autorisait l’expérimentation, dès cette saison, deux nouvelles règles du jeu dont « l’objectif est de préserver la santé du joueur » (sic).

Ces deux nouvelles règles sont le fruit de plusieurs mois de réflexions menées avec « tous les acteurs du rugby » au sein d’un « Observatoire médical ». Ces deux nouvelles règles « expérimentales » sont les suivantes :

« Introduction du « carton bleu » dans les championnats professionnels entraînant une sortie immédiate des joueurs présentant un signe évident de commotion cérébrale et le remplacement du joueur (sans limitation) ;

« Possibilité de remplacer tout joueur blessé, quel que soit son poste, par un joueur déjà sorti pour raison tactique (dans la limite de 4 joueurs par équipe). Auparavant, cette règle ne concernait que les joueurs de 1re ligne. »

Dans le cadre de cette dérogation une étude spécifique sera mise en place, destinée à suivre l’application de cette expérimentation.

Colosses qui se tamponnent

L’annonce tombe donc à point nommé pour répondre aux critiques virulentes de certains spécialistes comme le Pr Jean Chazal, neurochirurgien, très alarmiste sur les dangers que le rugby d’aujourd’hui fait courir aux joueurs et qui a justement été exclu pour cette raison du comité médical de la Fédération française de rugby. précise La Nouvelle République (Caroline Devos). Pour le Pr Chazal « le problème, c’est que les mesures prises sont des mesures qui interviennent en aval des commotions cérébrales ». « Je ne veux pas faire de polémique, précise-t-il. La Fédération et la Ligue ont beaucoup travaillé. Mais ces mesures n’agissent pas sur la cause des accidents. La cause, c’est que les joueurs sont surdimensionnés. Quand ils sont blessés, la médecine les répare et on les renvoie au feu. »

D’autres spécialistes expriment même plus clairement la question des méthodes employées par les joueurs pour gagner de la masse musculaire et qui, forcément, flirtent allègrement avec le dopage. L’ancien vice-président de la LNR Patrick Wolff estime ainsi qu’il faut « arrêter les demi-mesures ». « Le rugby n’est pas fait pour devenir un sport spectacle, ajoute-t-il, sûrement pas avec des colosses qui se tamponnent. Il faut être intransigeant dans la lutte antidopage. Il faut définir des règles plus strictes. »   

Fins des placages au dessus des shorts

Les Anglais, eux, ont opté pour un autre changement dans les règles du jeu qui sera expérimenté cette saison dans le championnat outre-Manche : la limitation de la hauteur des plaquages. On estime en effet que 47 % des blessures causées au rugby le sont sur ces phases de jeu. C’est d’ailleurs malheureusement après un plaquage  que le jeune rugbyman d’Aurillac est décédé. »

Les responsables du projet de surveillance des blessures du rugby professionnel, géré conjointement par la Fédération anglaise de rugby, l’Association des joueurs et la Ligue anglaise, avait officiellement transmis en mars dernier une demande à World Rugby afin de prendre des mesures pour limiter les commotions. Leur idée ? Réduire la hauteur des plaquages, qui sont principalement à l’origine de ces blessures.

« Pour étayer sa demande, le groupe explique que le nombre de commotions a nettement augmenté depuis deux ans (15,8 commotions pour 1000 heures de jeu en 2015-16 à 20,9 pour 1000 heures de jeu en 2016-17) et que ces blessures représentent 22% des maux recensés pendant les matches, dont 43% pour les seuls plaqueurs » soulignait alors L’Equipe. Le directeur du service médical de la Fédération anglaise de rugby, Simon Kemp dans The Telegraph :

«Pour faire simple, nous devons éviter les contacts tête contre tête, tête contre genou, tête contre hancheOn veut que le plaqueur entre en contact avec le porteur de balle de sa taille à sa ligne d’épaules. On peut réaliser ce changement de deux manières : soit en changeant la hauteur réglementaire du plaquage, soit en changeant le comportement des joueurs en augmentant la sanction pour les plaquages qui résultent d’un contact avec la tête.»

On peut aussi progresser plus rapidement encore dans le processus de réduction des risques et d’amélioration de la qualité du jeu offert : interdire et sanctionner toute forme de placage « au-dessus du short ».

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Exclusif  : les buralistes français vont réclamer le monopole des ventes de cannabis « légal »

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Nous rapportions il y a peu l’arrivée dans le Jardin de la France du « cannabis légal ». L’affaire rebondit aujourd’hui, toujours dans les précieuses colonnes de La Nouvelle République. Où l’on apprend – une première ! – que nos chers buralistes réclameront sous peu à Emmanuel Macron le monopole de la vente du cannabidiol (CBD).

Le papier est signé Delphine Coutier : « Cannabidiol : les buralistes veulent l’exclusivité ». Tout s’est noué dans la soirée du dimanche 17 juin 2018, lors de l’assemblée générale de la chambre syndicale des buralistes d’Indre-et-Loire. Toile de fond : l’annonce de l’arrivée en cœur de ville, 3 rue Jules-Charpentier, d’une franchise assurant la vente de « cannabis légal ». Et la présence d’une boutique ayant pignon sur rue dans l’ancien fief communiste voisin.

« Drugstores de la vie des Français » 

Tout cela, imprimé sur papier journal, a « mis le feu aux poudres » (sic). « Il faut faire en sorte que cette franchise, qui se sert du code NAF des buralistes, n’ouvre pas », a menacé Matthieu Meunier. président des buralistes d’Indre-et-Loire. Quant à Philippe Cloy « Macron des buralistes » et président national de leur Confédération, présent à cette assemblée générale, il a une nouvelle fois montré toute l’ambivalence qui caractérise cette profession.

D’un côté attendre que la « réglementation soit éclaircie ». De l’autre et en même temps, « demander l’exclusivité de la vente ». Ne pas « jouer les apprentis sorciers » et tout faire auprès de Bercy pour les jouer au plus vite. La Nouvelle République :

« Philippe Coy, qui n’a pas les deux pieds dans le même sabot, devait envoyer un courrier à la ministre de la Santé : ‘’Une fois la législation éclaircie, si la commercialisation du CBD est autorisée, nous sommes le réseau le plus adapté à en assurer la vente. Nous sommes une profession réglementée. D’ailleurs, nous demandons l’exclusivité de sa vente. Notre formidable réseau de 25.000 buralistes qui accueillent 10 millions de clients par an. C’est le meilleur des maillages pour répondre à un commerce de proximité différencié ‘’ ».

 C’est aussi, dit-on, un bien beau maillage de « liens sociaux » avec amplificateurs politiques. Où l’on retrouve la ministre Agnès Buzyn – Mme Buzyn qui, comme Marisol Touraine, se refuse obstinément à rencontrer les vapoteurs et qui fait mine de ne rien comprendre aux vertus de la réduction des risques. C’est écrit : Agnès Buzyn devra bientôt, une fois encore, composer avec les buralistes, ces tenanciers auto-proclamés et amplificateurs des  futurs « drugstores de la vie des Français ».

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Et voici comment le cannabis, plus ou moins légal, s’installe dans le Jardin de la France

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Pour un peu cela serait de la publicité non déguisée. « La Franchise Bestown Shop, qui ouvrira en juillet, va commercialiser des produits à base de CBD, dérivé légal du cannabis. L’ouverture à Tours, début juillet dans le quartier des Halles, au 3, rue Jules-Charpentier, risque de ne pas passer inaperçue » nous révèle La Nouvelle République de ce jour.  Déjà présente dans une dizaine de villes, cette franchise, dont la première boutique a ouvert à Besançon en octobre dernier, est en effet spécialisée dans les produits au cannabidiol, dérivé légal du cannabis également appelé CBD. » Mieux encore :

« A chaque fois, Bestown Shop, qui commercialise une large gamme de produits (infusions, e-liquides pour cigarettes, soins pour le corps, miel, etc.) rencontre un énorme succès, que ce soit dans des petites villes de province ou dans la capitale. Par exemple, l’ouverture de Bestown, la semaine dernière à Paris, dans le XIe arrondissement, a entraîné une véritable ruée, avec une file d’attente de près de 500 acheteurs le premier jour. « Des jeunes, comme des très vieux de 90 ans, des ouvriers, des CSP +, on a même eu des policiers qui sont repartis avec leur sachet », confiait le jeune patron de ce cofyshop, à un journaliste du quotidien Le Monde. »

Drogue ou pas, le CBD ? Le quotidien régional souligne qu’en France le statut juridique du cannabidiol « reste flou ».

« En France, l’un des pays occidentaux les plus restrictifs en matière de drogues douces, des cofyshops proposant ce dérivé du cannabis sont de plus en plus nombreux, les commerçants s’engouffrant dans la brèche de la légalité (sic). Ceci dans un contexte général de moins en moins hostile au cannabis, quelles que soient ses formes, Agnès Buzyn, ministre de la Santé, ayant d’ailleurs récemment déclaré que le cannabis à usage thérapeutique pourrait arriver en France. »

Et La Nouvelle République de rappeler qu’une autre boutique vend la gamme de produits CDB (cannabidiol) en Indre-et-Loire : la maison des graines installée à Saint-Pierre-des-Corps.  Précision du responsable du magasin : « Le CDB (cannabidiol) est un des cannabinoïdes les plus abondants du chanvre, mais qui ne doit pas être confondu avec son cousin le célèbre THC. Il a des vertus thérapeutiques et aide à se détendre ». Egalement dans les rayons : des semences issues de l’agriculture biologique du label Sainte-Marthe et, bientôt des produits français du label Ecocert. « De quoi donner beaucoup de perspectives à l’enseigne, qui vend déjà à l’étranger ».

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Post mortem aux urgences : l’incompréhensible silence de la direction du CHU de Tours

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Il y a quelques jours, pendant quelques minutes, deux morts indignèrent la France : deux morts de nonagénaires dans la salle d’attente des urgences du CHU de Tours. « Ces personnes ont été vues par les infirmiers d’accueil. Elles n’ont pas pu être placées en box pour être examinées médicalement et se voir prodiguer les soins nécessaires suffisamment tôt, avait alors expliqué un infirmier. Elles sont décédées dans une salle d’attente, post-triage, sur des brancards au milieu d’autres personnes qui attendaient d’être prises en charge». Cet infirmier dénonçait alors «un goulot d’étranglement à l’entrée des urgences qui crée un temps d’attente inacceptable».

Mourir en « post-triage » ? Une affaire politiquement proprement insupportable. Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé avait alors jugé nécessaire, au vu de l’émotion suscitée par la découverte de ces deux décès, de prendre la parole, parole terrible reprise par France-Bleu  :

« Franchement, évidemment c’est insupportable. Moi même, je me rappelle quand j’étais médecin d’avoir vu des personnes âgées sur les brancards dont personne ne s’occupait. Je sais à quel point les conditions se sont dégradées depuis 10 ou 15 ans.  Ce n’est pas l’arrivée au pouvoir de ce gouvernement, qui fait que tout d’un coup, cela explose. On rabote les moyens de l’hôpital. Il faut revoir qui fait quoi entre la médecine de ville et la médecine hospitalière. Je m’engage à une transformation systémique de notre système de santé. »

Que vaut, ici, l’engagement d’un ministre qui dit parler « franchement », sous le sceau de l’évidence. Ceci, imprimé aujourd’hui même sur le papier et le site de La Nouvelle République (Pascal Denis) :

« Après la consternation suscitée par les décès de deux patientes âgées en moins d’un mois aux urgences de l’hôpital Trousseau, le traumatisme reste grand au sein du CHU de Tours. Pour les personnels soignants concernés comme pour les syndicats, ces deux drames successifs sont révélateurs de la « maltraitance » qui règne aujourd’hui dans ce service, faute de moyens suffisants. »

 La CGT explique que ces trois dernières années, la fréquentation des urgences de Trousseau a augmenté de vingt passages par jour à cent-cinquante prises en charge quotidiennes en moyenne – et ce alors même que l’on ferme des lits d’aval. Le 16 mai dernier, après le « double drame », les personnels des urgences ont déposé un préavis de grève avec le soutien de trois syndicats (CGT, FO, Sud) pour, un grand classique, « faire entendre leurs revendications ». Quelles sont-elles ? Les voici :

1 la dotation de deux postes d’infirmière et d’agent paramédical,

2 la création d’une équipe de brancardage,

3 la présence renforcée d’aides-soignants, d’agents de sécurité (la nuit) et d’agents administratifs (24 h/24).

Au-delà de ces mesures d’urgence, ils exigent également :

4 le remplacement des personnels absents,

5 du matériel fonctionnel,

6 l’ouverture de lits d’aval pour désengorger durablement le service.

 Hier, 22 mai, une réunion a eu lieu avec la direction « sur la base de ces revendications ».  Au final rien, ou presque. Visiblement, les syndicats n’ont pas obtenu les réponses qu’ils souhaitaient. « On nous propose de créer des groupes de travail pour revoir l’organisation du service. Il est à peine question de recréer un poste. Ce sont des petits sparadraps sur des plaies béantes », a expliqué Anita Garnier, infirmière et représentante Sud Santé.

Et La Nouvelle République de préciser que « la direction du CHU de Tours (Marie-Noëlle Gerain-Breuzard)  n’a pas souhaité s’exprimer ». Comme toujours et sans jamais se justifier – en dépit des derniers engagements d’Agnès Buzyn. « Dans l’immédiat, personnels et syndicats ont donc décidé de maintenir leur préavis de grève à compter de ce jeudi 24 mai. Dans les faits, ce mouvement ne devrait pas avoir de répercussions. Assignés au travail, les grévistes auront juste le droit d’exprimer leurs doléances. »

Doléances est le mot. Qui nous renvoie aux cahiers de jadis. Quand le roi gardait le silence. C’était quelques minutes avant la Révolution.

A demain