Stupéfiants : faudra-t-il, demain, les dépister chez les chômeurs indemnisés ?

 

Bonjour

Sombres nuages sur l’Amérique. Le temps se couvre, outre-Atlantique. L’information est disponible sur le site Slate.fr (Claire Levenson). Aux États-Unis, le ministère du Travail vient officiellement d’autoriser les États à exiger un dépistage de drogue pour les demandeurs d’emploi qui souhaitent obtenir des allocations chômage. Les Républicains au Congrès ont récemment voté pour éliminer une disposition mise en place par Barack Obama qui s’opposait à une telle pratique.

« En décembre dernier, le gouverneur républicain du Wisconsin, Scott Walker, avait envoyé une lettre ouverte à Donald Trump, lui demandant de changer les règles afin qu’il puisse soumettre les personnes bénéficiaires de certaines allocations à des dépistages, rapporte Slate.fr. Son vœu a été exaucé.

Idem en Australie

Aux Etats-Unis l’idée de ce type de dépistage a émergé pendant la récession de 2009, lorsque des Républicains ont pensé pouvoir ainsi économiser de l’argent. « Pourtant, l’expérience montre que ces mesures sont en général inefficaces, note Slate.fr. Dans sept États américains, les tests de drogue sont déjà obligatoires pour les bénéficiaires de l’équivalent américain du RSA. Les résultats de ces initiatives montrent qu’elles sont coûteuses : la somme dépensée pour mettre en place les dépistages est bien supérieure aux économies faites via la cessation d’allocations pour les personnes qui ont testé positif. »

Ne parlons pas d’éthique. Qu’en serait-il si l’entreprise s’était révélé rentable ?

Et puis, sur le fil de l’AFP, cette nouvelle: le gouvernement australien vient d’annoncer la pratique de tests de dépistage de drogues parmi les sans emploi pour dissuader les chômeurs de dépenser leurs allocations en stupéfiants. Il s’agit d’un test qui portera sur des personnes nouvellement sans emploi, selon les autorités, qui disent vouloir lutter contre l’usage des stupéfiants alimenté par la protection sociale. «  C’est un ballon d’essai qui portera sur 5.000 personnes et si ça ne marche pas, on l’arrêtera et si cela aide les gens, on continuera, cela serait stupide de ne pas le faire» a déclaré le ministre des Finances Scott Morrison.

Jean Gabin

Michael Hiltzik fait valoir, dans le Los Angeles Times, que le vrai but de ces mesures est de « diaboliser les pauvres » à des fins politiques. On peut voir là une variante américaine de la formule « salauds de pauvres ». Bien avant Coluche, Jean Gabin la prononce en 1956, dans le célèbre film La Traversée de Paris de Claude Autant-Lara (inspiré d’un roman de Marcel Aymé).

Drogue et allocation chômage ? « L’argent du RSA sert à acheter de l’alcool, de la drogue et à la prostitution ». Ce sont les termes de Norbert Bouvet, vice-président du conseil départemental de la Mayenne (Les Républicains) en charge de l’économie, de l’emploi et de l’éducation et porte-parole de François Fillon en Mayenne. Des propos qu’il a tenus au micro de France Bleue Mayenne le 24 novembre 2016. Puis, comme on avait pu le lire dans Ouest-France, réaffirmés dans l’enceinte du conseil départemental, face à une opposition ulcérée.

Coluche

Le temps, parfois, se lève outre-Atlantique. A Montréal, au Canada, le centre d’hébergement pour SDF « La Maison du Père » vient d’inaugurer quatre nouvelles « chambres dédiées aux soins palliatifs et de fin de vie ». Deux de ses chambres sont destinées à des hommes encore autonomes qui « pourront y séjourner pour une durée de quelques mois », les deux autres seront offertes aux résidents qui vivent leurs derniers instants.

 Pour le directeur général du paternel établissement, il s’agit de « leur rendre un dernier hommage, (…) de les accompagner avec dignité jusqu’au bout et de permettre à leurs pairs de faire leur deuil et de savoir qu’ils ne mourront pas dans l’oubli et l’indifférence ». C’est aussi une réponse au vieillissement significatif des personnes sans domicile fixe de plus en plus nombreuses à souffrir de maladies évolutives chroniques.

A Montréal, de l’autre côté de la frontière américaine et bien loin de la Mayenne, « La Maison du Père » a cette formule : « Donner pour que la rue ait une issue ». On songe à Coluche, plus qu’à François Fillon.

A demain

 

Les sages-femmes seraient devenues des médecins comme les autres

Bonjour

En grève depuis cinq mois. Elles sont sorties et ressorties dans la rue. On les a vues et entendues. On nous dit qu’elles  auraient vaincu. Marisol Touraine, ministre de la Santé a annoncé devant la presse, en ce 4 mars 2014, la création d’un statut médical de sages-femmes des hôpitaux. Une création qu’elle a elle-même qualifiée dans la foulée « d’avancées  essentielles sans précédent ».

Ce n’est pas tout. Mme Touraine souligne aussi que depuis le début de la mobilisation des sages-femmes elle « s’est montrée particulièrement attentive aux attentes des sages-femmes et à la nécessaire cohésion de la communauté hospitalière ». Sera-ce suffisant ? Rien n’est moins sûr ?

Vaches hospitalières

De quoi s’agit-il en substance ? Rien moins que « la reconnaissance d’un statut médical », de la « visibilité de la profession » et de la « revalorisation des rémunérations ». Un triomphe en ces temps de vaches hospitalières destinées à maigrir.

Cinq mesures concrètes figurent sur le bulletin ministériel de victoire :

1. La création d’un statut médical de sages-femmes des hôpitaux :  La représentation des sages-femmes au sein de la commission médicale d’établissement sera renforcée. Dans chaque établissement, la gestion quotidienne des sages-femmes sera sous la responsabilité de la direction en charge du personnel médical. Une reconnaissance des actes réalisés en propre par les sages-femmes sera assurée afin de rendre plus visible leur contribution à l’activité hospitalière.

2. Des compétences médicales valorisées : les compétences des sages-femmes ne se limitent pas aux soins liés aux grossesses et aux accouchements. Les sages-femmes peuvent en effet réaliser des consultations de contraception et de suivi gynécologique de prévention (et orienter les femmes vers un médecin en cas de situation pathologique). Or très peu de femmes le savent. Marisol Touraine s’engage à ce que l’ensemble des activités qui relèvent des compétences des sages-femmes fasse l’objet d’une large communication auprès des autres professionnels de santé et du grand public.

3. Des responsabilités renouvelées : lors de l’élaboration du projet médical d’établissement, les sages-femmes participeront avec les médecins à une réflexion sur la prise en charge des mères et des nouveaux -nés. Lorsque le projet médical prévoira la création d’unités fonctionnelles,  la responsabilité pourra être confiée à une sage-femme, en articulation étroite avec les gynécologues-obstétriciens, les anesthésistes-réanimateurs et les pédiatres.

4 Un renforcement de la formation  : le statut des étudiants en maïeutique de 4ème et 5ème année sera amélioré. Leur niveau de rémunération sera aligné sur celui des étudiants en médecine.

5 La revalorisation des rémunérations : la ministre s’engage à ce que la revalorisation des salaires intervienne rapidement et tienne compte du niveau de responsabilité des sages-femmes.

On le voit, beaucoup est acté mais tout n’est pas acquis, loin s’en faut (voir point 5)  Qu’en diront les principales intéressées ? Pourquoi ces avancées uniquement dans l’espace hospitalier public ?  « On est très en colère, dépité. Le mouvement continue », a déclaré  Caroline Raquin, présidente du syndicat de sages-femmes « ONSSF » et membre du collectif qui réclame à tout prix un nouveau statut mais hors de la fonction publique.

Désormais toutes les sages-femmes vous le diront: la maïeutique a bien des point communs avec la politique.

A demain

La rage est de retour en France

Alerte rouge et rabique. L’Institut Pasteur vient de confirmer un cas de rage chez un chaton à Argenteuil (Val d’Oise). Cinq personnes sont dirigées vers un centre antirabique pour un traitement préventif. La presse vient d’être informée mobilisée.

L’enquête épidémiologique s’annonce ardue. De quel pays étranger où la rage n’est pas éradiquée vient ce chaton (ou l’animal qui l’a contaminé) ? Comment remonter au plus vite la chaîne des possibles contacts infectants animaux et humains ?

Comment y parvenir sans l’aide de la presse ? Comment mobiliser la presse sans déclencher un mouvement de panique ?  

C’est un communiqué de presse diffusée tard dans la soirée du 31 octobre par les ministères de la Santé et de l’Agriculture. Le voici :

Communiqué de presse

Cas de rage animale dans le Val d’Oise

Recherche des personnes et animaux en contact

L’Institut Pasteur a confirmé le 31 octobre 2013 un cas de rage chez un chaton trouvé le 25 octobre 2013, rue Marguerite à Argenteuil. L’animal est décédé le 28 octobre 2013. Il s’agit d’un chaton d’environ 2 mois tricolore : blanc, noir et fauve (cf. photo).

Une enquête épidémiologique a été engagée afin d’identifier et prendre en charge les personnes qui auraient pu entrer en contact avec ce chaton entre le 8 octobre et le 28 octobre inclus. Cette période correspond à la période pendant laquelle il a pu transmettre la maladie.

Cinq personnes ayant été en contact avec le chaton ont déjà été identifiées. Elles ont été prises en charge et dirigées vers un centre antirabique pour recevoir un traitement préventif.

– Les personnes qui auraient été mordues, griffées, égratignées, ou léchées sur une muqueuse (bouche, yeux…) ou sur une peau lésée par ce chaton

– ou dont l’animal aurait été en contact avec ce chaton, entre le 8 octobre et le 28 octobre 2013 inclus doivent appeler rapidement le 08 11 00 06 95

Numéro local accessible entre 10h00 et 18h00 heures à partir du 1er novembre 2013

De même, toute personne qui aurait des informations à donner au sujet de ce chaton ou de son éventuel propriétaire est invitée à contacter ce numéro.

Il est extrêmement important de pouvoir retrouver toutes les personnes, notamment le propriétaire, ou les animaux ayant été en contact avec ce chaton, la mère et les autres chatons de la portée. La France étant indemne de rage depuis 2001, ce chaton ou là mère ont été importés d’un autre pays, non indemne.

La rage, une maladie qu’il faut traiter rapidement. La rage est une maladie mortelle si elle n’est pas traitée à temps. Elle est transmissible pendant environ 15 jours avant l’apparition des premiers symptômes de la maladie chez l’animal. Chez l’homme, le traitement préventif de la rage humaine, administré après le contact avec l’animal porteur, mais avant l’apparition des symptômes, est très efficace.

Rappel de recommandations importantes

– tout chien ou chat ou autre carnivore ayant mordu ou griffé une personne, doit être présenté à un vétérinaire par son propriétaire dans les 24 heures suivant la blessure. L’animal fait l’objet d’une surveillance sanitaire par le vétérinaire pendant 15 jours ;

– en cas de morsure, il faut immédiatement nettoyer la plaie avec de l’eau et du savon, rincer abondamment et appliquer une solution antiseptique. Il est indispensable de consulter rapidement un médecin, qui pourra selon le contexte orienter la personne mordue vers un centre antirabique ;

– il ne faut pas manipuler les animaux sauvages ou errants surtout lorsqu’ils sont trouvés malades ou blessés.

Contact presse Préfecture du Val d’Oise: 06 80 28 62 40.

Pour plus d’informations :

http://www.val-doise.gouv.fr/

http://agriculture.gouv.fr/rage,993

http://www.sante.gouv.fr/rage-sommaire.html

Ondes électromagnétiques: le Martyr, le Cancer et les Verts

Polémique. Les Verts dénoncent l’avis français de l’Anses sur les ondes électromagnétiques. Ils le font via la presse avec, à la  manœuvre,  Mme Rivasi député européenne EELV. Sont-ils audibles ? La 4G  étouffe leur prise de parole. 

 C’est un minuscule communiqué de presse mandé de Bruxelles, daté du 17 octobre 2013. Il est signé de Mme Michèle Rivasi, députée européenne EELV. Mme Rivasi est une fervente des communiqués de presse. Chaque polémique relative à la « santé »  – et Dieu sait si elles sont nombreuses – la voit affûter son clavier et arroser les rédactions. Ce ne fut pas toujours sans vertus. Ni sans effets quand il s’agit de monter des plateaux télés à controverse et audience assurées.

 

L’indignation de Mme Rivasi résulte aujourd’hui du dernier avis de  l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) sur les radiofréquences (mémoire-blog). Cette indignation fais suite  aux louanges tressées à l’Anses par trois ministres du gouvernement. Trois ministres dont Philippe Martin, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie  (mémoire-blog).

Ne pas avoir l’oreille du gouvernement

Ministre en charge de l’écologie ou pas, pour Michèle Rivasi, députée européenne verte, « la déception est de mise ». Peut-être est-elle plus vive encore.  Le dépit doit être grand de ne pas avoir  l’oreille d’un tel gouvernement – sinon ai Logement.

« L’Anses ne conclut pas à un « effet sanitaire avéré chez l’homme » et ne propose donc pas de « nouvelles valeurs limites d’exposition de la population », déplore-t-elle. Mais l’Anses reconnaît que les ondes électromagnétiques peuvent avoir des effets biologiques. »

L’intégrité de l’ADN

Elle poursuit : « Selon l’Anses, « aucun effet pérenne des radiofréquences sur la perte d’intégrité de l’ADN n’a été mis en évidence à un faible niveau d’exposition » et les modifications observées « semblent être rapidement réparées ». » Mme Rivasi rappelle qu’elle est biologiste de formation. Et elle souligne : « Quand il y a cassure de l’ADN, les mécanismes de réparation de l’ADN qui interviennent peuvent occasionner des mutations à l’origine des cancers. »  Ce qui n’est pas faux mais qui, elle en conviendra, ne saurait démonter l’argumentation des experts de l’Anses.

Le rapport à venir sur la « sobriété des ondes »

 Mme Rivasi poursuit : « Tous les jours je suis interpellée par des personnes électro-hypersensibles qui souffrent le martyr, qui appréhendent l’arrivée de la 4G et donc l’augmentation de la pollution électromagnétique ». On ne doute pas des interpellations de l’eurodéputée EELV pas plus que de la souffrance des personnes en question. Mais est-ce en affirmant le lien de causalité que ces personnes seront aidées.

« Que leur répond-t-on? A l’année prochaine et la sortie d’un nouveau rapport !(1) De qui se moque-t-on ? » Ici la réponse semble bien être dans la question.

C’est pour quand le changement ?

Et pour finir : « Pourquoi ne pas appliquer les mêmes valeurs d’émission (antennes relais) sur tout le territoire (comme ce qui a été fait avec la charte de Paris) et abroger le décret Jospin de 2002 qui fixe à 41 v/m, 58v/m et 61v/m suivant les fréquences et l’exposition, alors que les ONG demandent l’application du 0,6 v/m ? Mais je ne perçois aucune volonté d’obliger les opérateurs de téléphonie mobile à aller dans cette direction de la part du Gouvernement. Quand cela va-t-il changer ? »

Mme Rivasi peut bien évidemment poser la question par voie de presse. L’eurodéputée EELV pourrait aussi interroger directement Philippe Martin, ministre français de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie. Puis donner les réponses obtenues par voie de communiqué de presse.

(1) En référence au rapport « sur la sobriété des ondes ». Un rapport très attendu; un rapport  qui devra être remis dans un mois au gouvernement par le conseiller d’Etat, ancien Directeur général de la Santé  Jean François Girard – et par l’ancien député (PS, Ille-et-Vilaine) Philippe Tourtelier