Se pendre, à 17 ans, pour quelques grammes de cannabis (lycée du Touquet-Paris-Plage)

Bonjour

C’est l’une de ces informations tragiques et édifiantes qui n’émergent jamais à l’échelon national. Elle était rapportée, il y a quelques jours, par La Voix du Nord : « Étaples – Le Touquet Après le suicide de leur fille, les parents portent plainte »  (Élodie Rabé).

« Après le suicide de leur fille de 17 ans au port d’Étaples les parents de l’adolescente ont décidé de porter plainte contre les policiers qui sont intervenus au Lycée Hôtelier du Touquet peu de temps avant que l’étudiante commette cet acte désespéré ».

Selon les informations du quotidien nordiste (confirmées par le procureur de la République de Boulogne) les fonctionnaires de police sont intervenus au sein de ce lycée hôtelier sur réquisition du chef d’établissement. Ce dernier soupçonnait l’élève, originaire de Lille et interne au lycée, de dissimuler des stupéfiants.

Les forces de l’ordre ont perquisitionné le casier de l’adolescente et ont effectivement retrouvé une petite quantité de cannabis à l’intérieur. C’est à ce moment-là que la jeune fille se serait enfuie. On ne la retrouvera que plusieurs heures plus tard, pendue au port d’Étaples. Le corps de la lycéenne a été découvert par un agent communal d’astreinte qui a tout de suite alerté les secours mais la jeune fille est décédée sur place.

Onde de choc

L’établissement touquettois où l’adolescente étudiait s’est refusé à tout commentaire, le temps de l’enquête. Le rectorat a tout de même indiqué qu’une cellule d’écoute et d’accompagnement avait été mise en place après l’onde de choc qui a secoué le lycée. La Voix du Nord :

« Si l’autopsie, ordonnée par le parquet, a confirmé le suicide, les parents ont tout de même décidé de porter plainte contre les policiers qui sont intervenus au lycée ce jour-là. Une enquête a été ouverte par le commissariat de police mais l’objet de la plainte doit être précisé. Pénalement, seule la provocation au suicide peut être réprimée par la loi.

Si vous avez vous-même des idées suicidaires ou si vous remarquez des comportements inquiétants autour de vous, n’hésitez pas à contacter le Fil santé jeunes, un numéro anonyme et gratuit, au 0800 235 236, de 9 h à 23 h. Vous pouvez aussi vous rendre sur : https ://www.filsantejeunes.com/ ».

Cela s’est passé au Touquet-Paris-Plage, une cité radieuse, depuis peu régulièrement citée dans les médias – citée également dénommée « Arcachon du Nord », « Jardin de la Manche », « Perle de la Côte d’Opale », « Paradis des sports » ou « Station des quatre saisons ».

Elle avait 17 ans.

A demain

@jynau

La bien troublante histoire de la patiente retrouvée morte dans l’ascenseur du CHRU de Lille

Bonjour

Une enquête vient d’être ouverte pour « recherche des causes de la mort » après la découverte le jour de Noël du corps sans vie d’une patiente de 53 ans – découverte dans un ascenseur du centre hospitalier régional universitaire de Lille.

Comment comprendre ? Cette personne avait « fugué de sa chambre de l’hôpital Claude Huriez dans la soirée de samedi à dimanche en y laissant ses effets personnels et sa disparition a été signalée par les équipes soignantes à la police », a affirmé le service de communication de l’hôpital.

Mais encore ? Cette disparition « a été considérée par l’équipe soignante comme inquiétante puisque cette patiente devait poursuivre son hospitalisation et qu’il y avait un risque pour son état de santé », a ajouté cette source. N’était-ce pas le moins ?

En savoir plus ? « Des recherches ont été menées avec la police et la famille pour retrouver cette dame » qui était hospitalisée dans un service de maladies de l’appareil digestif. La patiente a finalement « été retrouvée à 7 heures lundi matin dans un ascenseur du CHR. Les causes de sa mort sont pour l’heure inconnues », a confié à l’AFP une source policière.

Accepter cette version des faits ? Le CHRU de Lille affirme ignorer depuis combien de temps cette patiente se trouvait dans cet ascenseur réservé au personnel. La Voix du Nord fait état de la détresse extrême de la famille. Cette dernière aurait été « laissée dans l’ignorance durant six heures » – et ce alors même que le corps avait déjà été retrouvé. Selon le parquet de Lille, une autopsie devait être pratiquée au lendemain de Noël.

La patiente se prénommait Fabienne

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Cannabis et double peine : que dire des juges qui condamnent un malade hémiplégique ?

Bonjour

Un journaliste ne commente pas une décision de justice. Mais il ne lui est pas interdit d’en faire état. « Il est arrivé que la justice prononce une condamnation avec dispense de peine dans des cas d’usage et même de culture de cannabis dans un cadre purement thérapeutique. Pour le tribunal de Valenciennes, c’est non » rapporte La Voix du Nord.

Où il est question d’un homme de 42 ans habitant la commune de Brillon. Victime d’un AVC en 2009, aujourd’hui hémiplégique, il dit souffrir de contractures musculaires, de spasmes, de tremblements quotidiens… et ne cache pas avoir recours au cannabis à visée thérapeutique. « Il a essayé les remèdes légaux, mais sans succès :  ‘’ Les effets secondaires sont abominables ‘’, a-t-il expliqué à la barre du tribunal. Le premier provoquait des crises d’épilepsie, tandis qu’avec le second, il passait sa vie à dormir, peut-on lire dans le quotidien régional. Seul médicament qui pourrait l’aider, d’après son avocate : le Sativex®, à base de cannabis et autorisé, mais… toujours pas commercialisé. » 1

Autonomie autarcique

On ne commente pas une décision de justice. Mais on peut tenter de comprendre ceux qui en font l’objet. L’habitant de Brillon était un ancien consommateur récréatif. Devenu hémiplégique il a, comme tant d’autres, commencé à cultiver la plante dans son sous-sol. C’était en 2015. Une autonomie autarcique pour ne pas se fournir « dans la rue », ne pas douter de la qualité ingérée, ne pas financer des mafieux. Une démarche sanitaire et citoyenne en somme.

La vie est parfois difficile dans le Nord. Le quotidien régional rapporte que son ex-compagne, copropriétaire du logement et qui exigeait 200 euros par mois (« les sous du silence »), a fini par le dénoncer en février dernier. Et pour payer cette somme, il avait dû vendre une partie de sa récolte à des amis rencontrés dans des associations et souffrant également de ‘douleurs chroniques’’.

Les douleurs et la peine

On ne commente pas une décision de justice. A Valenciennes la substitut Garnaud a rappelé que la culture de cannabis est, en France, considérée comme un crime – même si le dossier a été correctionnalisé. Elle a refusé d’entrer dans un débat médical et s’est attachée à la loi : « Je ne veux pas qu’on diffuse le message que parce qu’on a des douleurs, on peut être dispensé de peine. »

Pour un peu on parlerait de double peine. Mais ce serait commenter. Puis la substitut Garnaud a requis : 150 jours-amende à 10 euros l’unité pour l’ex (qui avait profité de la culture et de la vente), quatre mois avec sursis et obligation de soins (sic) pour le quadra hémiplégique et trois mois avec sursis pour la mère de ce dernier (qui l’aidait dans la récolte).

L’avocate de ces deux derniers a dit « l’honneur » qu’elle ressentait à les défendre. Elle a précisé que son client utilise, « avec un usage raisonnable », des « espèces médicinales » et ce « sans aucune défonce ». Elle considère qu’il s’agit, en l’espèce, d’un « usage illicite mais indispensable » et réclame la relaxe – ou, au pire, une dispense de peine.

Au final les juges du tribunal de Valenciennes ont condamné le quadra à six mois de prison avec sursis et 1 000 euros d’amende, sa mère à 2 000 euros d’amende et l’ex à 1 000 euros. Il est des condamnations qui ne réclament pas d’être commentées.

A demain

1 Sur l’actualité politique et économique du Sativex®, lire : « Cannabis : les nouveaux brouillards français » Slate.fr 30 mai 2017

Emmanuel Macron n’est pas Zola : comment parler des gens du Nord et de l’alcoolo-tabagisme ?

Bonjour

Né à Amiens la veille de Noël 1977, Emmanuel Macron n’est pas, précisément, un nordiste. C’est un Picard. Pouvait-il, dès lors, parler comme il l’a fait le samedi 14 janvier dans le Nord-Pas-de-Calais ? Toujours en lévitation, sur les nuages des sondages, le candidat d’En marche ! à l’élection présidentielle y a peint, samedi 14 janvier, un tableau sombre de la situation sanitaire et sociale de l’endroit. Il faut, ici, lire, L’Avenir de l’Artois :

« 15h16 : Emmanuel Macron arrive à la cité minière du fond de Sains, rue de Madagascar. (…) L’ancien ministre visite ensuite une deuxième maison, habitée cette fois-ci. La locataire les invite à rentrer. Il prend le temps de s’intéresser à ses conditions de vie. Un troisième logement doit être vu, situé une rue plus loin. Sur le chemin, une riveraine l’interpelle de sa fenêtre. Il prend le temps d’aller lui serrer la main. Discute, et fait de même avec d’autres riverains. « Qu’est-ce que vous faites dans la vie ? » demande-t-il. Emmanuel Macron continue de s’intéresser de près à leur situation et les questionne sur leur emploi car « ici, c’est un secteur où il y a beaucoup de chômage».

Selon lui, la région a été délaissée par l’État par le passé et « la République n’a pas toujours été à la hauteur ». L’ancien ministre souhaite changer les choses. « Après la fermeture des mines, rien n’a été fait. Il est très important de rendre hommage aux personnes qui y ont travaillé. » Pour lui, ce territoire est un lieu stratégique car « c’est une région au cœur de l’Europe ». Elle est cependant face à certains problèmes selon lui : « l’alcoolisme et le tabagisme se sont peu à peu installés dans le bassin minier. Tout comme l’échec scolaire. Il faut traiter cela en urgence afin de rendre le quotidien de ces personnes meilleur. »

Après deux heures de visite, le leader du mouvement « En marche » se rendait à Hénin-Beaumont. »

Front national et Parti communiste français

N’est pas Zola qui veut. « L’alcoolisme et le tabagisme se sont peu à peu installés dans le bassin minier »… Du « mépris de classe », selon le maire d’Hénin-Beaumont, Steeve Briois, du « mépris social », selon Florian Philippot. « Qui méprise le peuple, méprise la France » pour secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, sur Twitter.

Du mépris ? A coup sûr l’incompréhension, par le bourgeois, de ce que le pauvre supporte ou pas (il y avait déjà eu, en 2015, l’affaire de l’illettrisme salariés de l’abattoir de porcs Gad, dans le Finistère.). A ce titre M. Macron vient de commettre une faute politique. Restait le rationnel épidémiologique. L’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée a tenté de répliquer dans un communiqué, citant les « territoires paupérisés » et un article de La Voix du Nord de 2015 affirmant que la surmortalité dans le Nord et le Pas-de-Calais atteignait « 29 % chez les hommes par rapport à la moyenne nationale et 22 % chez les femmes » ; c’était s’enfoncer.

Maladresse politique

Et l’ancien ministre de l’Economie de citer des propos tenus par le Dr Jean-Yves Grall (un Breton) alors directeur de l’Agence régionale de santé du Nord-Pas-de-Calais : « une forte précarité socio-économique (RSA, chômage), des habitudes de vie, notamment alimentaires, liées à la précarité, avec leurs conséquences (diabète, obésité), beaucoup d’addictions (alcool, tabac, drogue), qui sont d’ailleurs des marqueurs de la précarité ».

Mieux conseillé Emmanuel Macron aurait pu citer le syndrome d’alcoolisation fœtale décrit pour la première fois au monde (après le Dr Paul Lemoine à Nantes) par le Dr P. Dehaene à Roubaix. On pourrait additionner les chiffres et les publications. Ils n’effaceraient ni la maladresse de l’homme politique jamais élu, ni la sensation d’agression vécue par une population ainsi visée.

A demain

Agressions sauvages contre les soignants aux urgences de Tourcoing. Et demain ?

Bonjour

Le titre est trouvé : « Brutes contre des hommes et des femmes en blanc ». L’affaire est racontée par Nord  EclairLa Voix du Nord (Vincent Depecker) : « Tourcoing : émotion après une agression ‘’sauvage’’ aux urgences du CH Dron ». Résumons

Samedi  15 octobre, vers 22h30 au Centre hospitalier Dron, à Tourcoing. Trois voitures arrivent dans le sas des urgences. Un groupe d’une quinzaine de personnes accompagnent un patient âgé. Une infirmière demande alors aux accompagnants d’aller dans la salle d’attente. Ils refusent. Premières insultes et menaces de coups. Le patient est néanmoins pris en charge et placé dans une salle d’examen. « Là, une dizaine de personnes sont entrées en force dans le box, explique une infirmière à La Voix du Nord. Une personne leur a demandé de sortir. Cinq personnes sont  entrées dans ce qu’on appelle la rotonde, le centre névralgique des urgences, pour agresser verbalement un médecin. »

Touffe de cheveux

Un autre médecin intervient. Il est pris par le cou et cinq personnes l’immobilisent et le rouent de coups. « Ma seule crainte, c’était de chuter sur le patient âgé, par peur de lui faire mal. Puis un sixième, un type d’une quarantaine d’années, saute par-dessus la mêlée, pour me donner deux droites » rapporte le médecin au quotidien régional.

Une interne est aussi prise à partie. Elle est attrapée par les cheveux par ses agresseurs. Une touffe de cheveux est arrachée. La sécurité de l’hôpital intervient, puis la police nationale. « Quand tout s’arrête, je me rends compte que la rotonde des urgences est complètement hébétée. Des patients sont terrorisés. Des proches de patients sont en pleurs » poursuit le médecin.

Tout s’est passé à côté de la salle de déchoquage où des médecins intubaient une personne en arrêt cardio-respiratoire. « Nous étions en train d’expliquer à ses proches qu’il fallait peut-être envisager un don d’organes. C’est inadmissible » déclare  le Dr Hacène Moussouni, chef de service.

Préparer leur défense

Au final trois personnes sont interpellées et placées en garde à vue. Elles ont été déférées en comparution immédiate le lundi 17 octobre, mais ont alors réclamé du temps pour « préparer leur défense ». Le procès est fixé au  lundi 7 novembre. La direction du centre hospitalier a résumé l’affaire dans un communiqué.

Le directeur, Didier Nonque, a immédiatement doublé les équipes de sécurité. Désormais, deux vigiles avec chiens surveillent le parking et deux autres filtrent les entrées. « Mais la sécurisation a ses limites, déclare-t-il. La rotonde est conçue pour faciliter la visualisation par le personnel de l’ensemble des salles d’examens. Pas pour résister à l’intrusion de quinze individus qui ont forcé le rideau du sas des ambulances pour passer, et ouvert de l’intérieur l’issue de secours incendie. »

« Où sont les sept autres agresseurs ? » demandent les médecins. Ils  rapportent qu’ils ont été menacés au tribunal et victimes d’intimidation. « Ils leur ont dit, le sourire aux lèvres, qu’ils se reverraient bientôt. Un autre médecin a été insulté. » Déjà, au lendemain de l’agression, trois personnes s’étaient présentées aux urgences du centre hospitalier pour leur demander de retirer la plainte. « On est en droit d’attendre de la prison ferme. On parle d’une violence extrême. On sera attentifs au jugement, soulignent les médecins. Les jours à venir vont être très difficiles sur le plan psychologique. C’est un épisode qui marquera l’histoire des urgences. Doit-on continuer dans ce contexte ? »

Caméras de surveillance

Et demain ? Réagissant aux chiffres ordinaux concernant les agressions de médecins, le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF, a la solution. La voici :

 « Il appartient aux pouvoirs publics de prendre à bras le corps ce problème sociétal et de prendre toutes les mesures pour que les médecins, et plus largement les professionnels de santé, soient des professionnels protégés.

Cela passe notamment par la mise en place de lignes téléphoniques spéciales « urgence sécurité » pour les médecins pour alerter la police ou la gendarmerie, des caméras de surveillance aux abords des cabinets médicaux (tout en veillant au secret médical) et par la création d’un véritable statut de « professionnel protégé » pour les médecins. »

Pour l’heure Marisol Touraine garde le silence 1. Il fut un temps, pas si lointain, où nul n’aurait imaginé que l’on pût lever la main sur un médecin en train de soigner. Ce temps n’est plus. Cela s’est passé aux urgences du centre hospitalier de Tourcoing.

A demain

1 Interrogée ce mardi 18 dans l’après-midi lors des questions au gouvernement, Marisol Touraine a condamné la « violence incroyable » à l’hôpital de Tourcoing et réclamé des «sanctions exemplaires» contre les agresseurs.

 

Le premier «fiché S» crée l’émotion chez les voisins du premier centre de déradicalisation

Bonjour

Ce ne seront pas des anges. C’est le premier « fiché S» a être admis dans le « premier centre français de déradicalisation. L’affaire aurait dû rester secrète. C’était compter sans la presse et sans le futur déradicalisé. Il s’est confié à La Voix du Nord (Sophie Filippi-Paoli): « Itinéraire d’un fiché «S» de 23 ans : ‘’Je veux changer, refaire surface’’».

« Fiché « S », I., 23 ans, originaire de l’Arrageois, va intégrer aujourd’hui le premier centre de déradicalisation de France pour un séjour de dix mois. Récit d’une vie chaotique entre violences et islamisation radicale avec, au final, une envie de s’en sortir, de « se couper du milieu ».

« Nerveux, très mince, souriant, il parle de tout facilement : les armes qui l’entourent sur la vidéo qu’il nous montre, ses braquages, sa dépendance à l’alcool et même ses troubles psychiatriques : «  Je suis bipolaire.  » En revanche, il est beaucoup plus difficile pour I. d’aborder le pourquoi de sa fiche « S », d’évoquer les raisons qui ont poussé la préfecture du Pas-de-Calais à proposer son dossier au premier centre de déradicalisation de France , à Beaumont-en-Véron en Indre-et-Loire. Pourtant, il est sur le départ : on l’y attend aujourd’hui. Mais, voilà, les liens ne sont pas coupés et ses « amis » sont violents (…). »

Les yeux dans les yeux

Cet « ex-braqueur violent et bipolaire », nous dit La Nouvelle République, « effraie la population et les élus ». Bernard Château, maire de Beaumont-en-Véron : « On se doutait bien que le centre n’abriterait pas des anges, mais on a l’impression d’avoir été trompés. » « Le recrutement devait aussi être régional, et voilà un client qui arrive du Pas-de-Calais. Ce sera bientôt de toute la France » estime le maire  l’élu qui a « demandé expressément au préfet » que l’individu soit « renvoyé » dans sa région. D’autres élus se sentent floués : ceux à qui, pour obtenir leur semi-neutralité,  on avait été promis (« oralement »), qu’il n’y aurait « ni « fichés S », ni individus sous main de justice ».

L’association « Radicalement digne de Pontourny » reprend simplement, sur son site le papier de La Voix du Nord. Elle estime que les promesses faites « les yeux dans les yeux » ont été « bafouées ».

Refaire surface

Selon La Nouvelle République le préfet d’Indre-et-Loire devait s’entretenir du sujet avec les services du Premier ministre hier après-midi et, finalement un communiqué de presse confirmait que ladite personne avait bien « rejoint le centre de prévention ».

Seul élément nouveau, « le comité de suivi de l’établissement se réunira en préfecture vendredi 30 septembre pour faire le point sur le démarrage du programme et le fonctionnement du centre. » Pour Laurent Baumel, député (socialiste-frondeur) d’Indre-et-Loire, tout doit être revu s’il était acquis que la personne en question « a été condamnée pour violences ». Du côté du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation qui dirige le dispositif, on insistait hier soir sur le fait que les individus ne devaient surtout pas avoir déjà agi « dans un cadre terroriste », et devaient avoir « une véritable volonté de s’en sortir ».

Le premier « fiché S » dit quant à lui non pas vouloir « s’en sortir », mais bien « refaire surface ». La nuance est de taille.

A demain

Terrorisme : la préfecture du Nord interdit la vente d’alcool après 20 h, pendant trois mois

Bonjour

Jusqu’où  ne pas dépasser les bornes ? C’est La Voix du Nord qui pose aujourd’hui cette question. Une question très concrète qui entre en résonance avec les (quelques) protestations de l’extrême gauche parisienne. Le grand quotidien nordiste vient d’être alerté par ses lecteurs ainsi que par de nombreux commerçants. Tous disent leur surprise et leur mécontentement face à une « conséquence surprenante de l’état d’urgence ».

« Le préfet Jean-François Cordet a interdit la vente d’alcool à emporter de 20 h à 8 h, chaque jour. L’arrêté concerne le Nord. Son application a débuté le 14 novembre, lendemain des attentats de Paris. Et va durer jusqu’à la fin de l’état d’exception, le 26 février. La vente d’alcool à emporter est interdite après 20 h, dans le Nord, et ce jusqu’à la fin de l’état d’exception, le 26 février. »

Alcool et terrorisme

Pourquoi ? « Cette mesure vise à limiter les troubles à l’ordre public, et à ne pas disperser les forces de l’ordre sur des missions liées à la consommation excessive d’alcool », justifie la préfecture du département du Nord ,

De nombreux commerçants nordistes critiquent la décision. « Je ne comprends pas le lien entre terrorisme et alcool », peste un gérant de supérette de Lille. « Ça va trop loin », dénonce un autre. Beaucoup craignent un coup dur économique. « J’ai une perte, déplore un patron de supermarché. En plus, ça ne sert à rien. Les gens viendront avant 20h, ou iront dans des bars. C’est ridicule ! » Quant aux clients, « ils sont mécontents ».

France Culture et RMC-BFMTV

Ce n’est pas tout : l’arrêté prohibe aussi la détention et la consommation d’alcool sur la voie publique, ainsi que toute autre boisson dans une bouteille en verre, de 20 h à 8 h. D’autres préfets suivront-ils l’exemple de leur collègue nordiste ? Cette initiative n’est-elle qu’un ballon d’essai ?

On retiendra la question du gérant de la supérette lilloise, celle du « lien entre terrorisme et alcool ». C’est une question riche autant que complexe. Elle ferait une bonne émission sur France Culture. Ou sur RMC-BFMTV Nous avons trois mois pour y réfléchir. Au minimum.

A demain

1 Toujours dans le département du Nord, mais dans un registre assez différent on notera dès à présent l’exposition « Marguerite Yourcenar et l’empereur Hadrien, une réécriture de l’Antiquité » qui se tiendra du 4 février au 31 août 2016 au « Forum antique de Bavay », musée archéologique du Département du Nord.

Le partenariat entre la Villa départementale Marguerite Yourcenar et le Forum antique de Bavay, deux établissements du conseil départemental du Nord, offrira l’opportunité aux visiteurs de découvrir une vision intime et historique du règne de l’empereur Hadrien (117-134), nourrie à la fois de l’imagination de Marguerite Yourcenar et des études archéologiques plus récentes. Cette exposition dévoile l’histoire personnelle de l’empereur romain, personnage principal des Mémoires d’Hadrien, tout en donnant accès à l’intimité de l’écrivaine par le biais de sa démarche documentaire et de ses écrits.

Contact presse Agence Verbatim Florence Limousin-Rosenfeld – florencerosenfeld@agenceverbatim.com