Agressions sauvages contre les soignants aux urgences de Tourcoing. Et demain ?

Bonjour

Le titre est trouvé : « Brutes contre des hommes et des femmes en blanc ». L’affaire est racontée par Nord  EclairLa Voix du Nord (Vincent Depecker) : « Tourcoing : émotion après une agression ‘’sauvage’’ aux urgences du CH Dron ». Résumons

Samedi  15 octobre, vers 22h30 au Centre hospitalier Dron, à Tourcoing. Trois voitures arrivent dans le sas des urgences. Un groupe d’une quinzaine de personnes accompagnent un patient âgé. Une infirmière demande alors aux accompagnants d’aller dans la salle d’attente. Ils refusent. Premières insultes et menaces de coups. Le patient est néanmoins pris en charge et placé dans une salle d’examen. « Là, une dizaine de personnes sont entrées en force dans le box, explique une infirmière à La Voix du Nord. Une personne leur a demandé de sortir. Cinq personnes sont  entrées dans ce qu’on appelle la rotonde, le centre névralgique des urgences, pour agresser verbalement un médecin. »

Touffe de cheveux

Un autre médecin intervient. Il est pris par le cou et cinq personnes l’immobilisent et le rouent de coups. « Ma seule crainte, c’était de chuter sur le patient âgé, par peur de lui faire mal. Puis un sixième, un type d’une quarantaine d’années, saute par-dessus la mêlée, pour me donner deux droites » rapporte le médecin au quotidien régional.

Une interne est aussi prise à partie. Elle est attrapée par les cheveux par ses agresseurs. Une touffe de cheveux est arrachée. La sécurité de l’hôpital intervient, puis la police nationale. « Quand tout s’arrête, je me rends compte que la rotonde des urgences est complètement hébétée. Des patients sont terrorisés. Des proches de patients sont en pleurs » poursuit le médecin.

Tout s’est passé à côté de la salle de déchoquage où des médecins intubaient une personne en arrêt cardio-respiratoire. « Nous étions en train d’expliquer à ses proches qu’il fallait peut-être envisager un don d’organes. C’est inadmissible » déclare  le Dr Hacène Moussouni, chef de service.

Préparer leur défense

Au final trois personnes sont interpellées et placées en garde à vue. Elles ont été déférées en comparution immédiate le lundi 17 octobre, mais ont alors réclamé du temps pour « préparer leur défense ». Le procès est fixé au  lundi 7 novembre. La direction du centre hospitalier a résumé l’affaire dans un communiqué.

Le directeur, Didier Nonque, a immédiatement doublé les équipes de sécurité. Désormais, deux vigiles avec chiens surveillent le parking et deux autres filtrent les entrées. « Mais la sécurisation a ses limites, déclare-t-il. La rotonde est conçue pour faciliter la visualisation par le personnel de l’ensemble des salles d’examens. Pas pour résister à l’intrusion de quinze individus qui ont forcé le rideau du sas des ambulances pour passer, et ouvert de l’intérieur l’issue de secours incendie. »

« Où sont les sept autres agresseurs ? » demandent les médecins. Ils  rapportent qu’ils ont été menacés au tribunal et victimes d’intimidation. « Ils leur ont dit, le sourire aux lèvres, qu’ils se reverraient bientôt. Un autre médecin a été insulté. » Déjà, au lendemain de l’agression, trois personnes s’étaient présentées aux urgences du centre hospitalier pour leur demander de retirer la plainte. « On est en droit d’attendre de la prison ferme. On parle d’une violence extrême. On sera attentifs au jugement, soulignent les médecins. Les jours à venir vont être très difficiles sur le plan psychologique. C’est un épisode qui marquera l’histoire des urgences. Doit-on continuer dans ce contexte ? »

Caméras de surveillance

Et demain ? Réagissant aux chiffres ordinaux concernant les agressions de médecins, le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF, a la solution. La voici :

 « Il appartient aux pouvoirs publics de prendre à bras le corps ce problème sociétal et de prendre toutes les mesures pour que les médecins, et plus largement les professionnels de santé, soient des professionnels protégés.

Cela passe notamment par la mise en place de lignes téléphoniques spéciales « urgence sécurité » pour les médecins pour alerter la police ou la gendarmerie, des caméras de surveillance aux abords des cabinets médicaux (tout en veillant au secret médical) et par la création d’un véritable statut de « professionnel protégé » pour les médecins. »

Pour l’heure Marisol Touraine garde le silence 1. Il fut un temps, pas si lointain, où nul n’aurait imaginé que l’on pût lever la main sur un médecin en train de soigner. Ce temps n’est plus. Cela s’est passé aux urgences du centre hospitalier de Tourcoing.

A demain

1 Interrogée ce mardi 18 dans l’après-midi lors des questions au gouvernement, Marisol Touraine a condamné la « violence incroyable » à l’hôpital de Tourcoing et réclamé des «sanctions exemplaires» contre les agresseurs.

 

Le premier «fiché S» crée l’émotion chez les voisins du premier centre de déradicalisation

Bonjour

Ce ne seront pas des anges. C’est le premier « fiché S» a être admis dans le « premier centre français de déradicalisation. L’affaire aurait dû rester secrète. C’était compter sans la presse et sans le futur déradicalisé. Il s’est confié à La Voix du Nord (Sophie Filippi-Paoli): « Itinéraire d’un fiché «S» de 23 ans : ‘’Je veux changer, refaire surface’’».

« Fiché « S », I., 23 ans, originaire de l’Arrageois, va intégrer aujourd’hui le premier centre de déradicalisation de France pour un séjour de dix mois. Récit d’une vie chaotique entre violences et islamisation radicale avec, au final, une envie de s’en sortir, de « se couper du milieu ».

« Nerveux, très mince, souriant, il parle de tout facilement : les armes qui l’entourent sur la vidéo qu’il nous montre, ses braquages, sa dépendance à l’alcool et même ses troubles psychiatriques : «  Je suis bipolaire.  » En revanche, il est beaucoup plus difficile pour I. d’aborder le pourquoi de sa fiche « S », d’évoquer les raisons qui ont poussé la préfecture du Pas-de-Calais à proposer son dossier au premier centre de déradicalisation de France , à Beaumont-en-Véron en Indre-et-Loire. Pourtant, il est sur le départ : on l’y attend aujourd’hui. Mais, voilà, les liens ne sont pas coupés et ses « amis » sont violents (…). »

Les yeux dans les yeux

Cet « ex-braqueur violent et bipolaire », nous dit La Nouvelle République, « effraie la population et les élus ». Bernard Château, maire de Beaumont-en-Véron : « On se doutait bien que le centre n’abriterait pas des anges, mais on a l’impression d’avoir été trompés. » « Le recrutement devait aussi être régional, et voilà un client qui arrive du Pas-de-Calais. Ce sera bientôt de toute la France » estime le maire  l’élu qui a « demandé expressément au préfet » que l’individu soit « renvoyé » dans sa région. D’autres élus se sentent floués : ceux à qui, pour obtenir leur semi-neutralité,  on avait été promis (« oralement »), qu’il n’y aurait « ni « fichés S », ni individus sous main de justice ».

L’association « Radicalement digne de Pontourny » reprend simplement, sur son site le papier de La Voix du Nord. Elle estime que les promesses faites « les yeux dans les yeux » ont été « bafouées ».

Refaire surface

Selon La Nouvelle République le préfet d’Indre-et-Loire devait s’entretenir du sujet avec les services du Premier ministre hier après-midi et, finalement un communiqué de presse confirmait que ladite personne avait bien « rejoint le centre de prévention ».

Seul élément nouveau, « le comité de suivi de l’établissement se réunira en préfecture vendredi 30 septembre pour faire le point sur le démarrage du programme et le fonctionnement du centre. » Pour Laurent Baumel, député (socialiste-frondeur) d’Indre-et-Loire, tout doit être revu s’il était acquis que la personne en question « a été condamnée pour violences ». Du côté du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation qui dirige le dispositif, on insistait hier soir sur le fait que les individus ne devaient surtout pas avoir déjà agi « dans un cadre terroriste », et devaient avoir « une véritable volonté de s’en sortir ».

Le premier « fiché S » dit quant à lui non pas vouloir « s’en sortir », mais bien « refaire surface ». La nuance est de taille.

A demain

Terrorisme : la préfecture du Nord interdit la vente d’alcool après 20 h, pendant trois mois

Bonjour

Jusqu’où  ne pas dépasser les bornes ? C’est La Voix du Nord qui pose aujourd’hui cette question. Une question très concrète qui entre en résonance avec les (quelques) protestations de l’extrême gauche parisienne. Le grand quotidien nordiste vient d’être alerté par ses lecteurs ainsi que par de nombreux commerçants. Tous disent leur surprise et leur mécontentement face à une « conséquence surprenante de l’état d’urgence ».

« Le préfet Jean-François Cordet a interdit la vente d’alcool à emporter de 20 h à 8 h, chaque jour. L’arrêté concerne le Nord. Son application a débuté le 14 novembre, lendemain des attentats de Paris. Et va durer jusqu’à la fin de l’état d’exception, le 26 février. La vente d’alcool à emporter est interdite après 20 h, dans le Nord, et ce jusqu’à la fin de l’état d’exception, le 26 février. »

Alcool et terrorisme

Pourquoi ? « Cette mesure vise à limiter les troubles à l’ordre public, et à ne pas disperser les forces de l’ordre sur des missions liées à la consommation excessive d’alcool », justifie la préfecture du département du Nord ,

De nombreux commerçants nordistes critiquent la décision. « Je ne comprends pas le lien entre terrorisme et alcool », peste un gérant de supérette de Lille. « Ça va trop loin », dénonce un autre. Beaucoup craignent un coup dur économique. « J’ai une perte, déplore un patron de supermarché. En plus, ça ne sert à rien. Les gens viendront avant 20h, ou iront dans des bars. C’est ridicule ! » Quant aux clients, « ils sont mécontents ».

France Culture et RMC-BFMTV

Ce n’est pas tout : l’arrêté prohibe aussi la détention et la consommation d’alcool sur la voie publique, ainsi que toute autre boisson dans une bouteille en verre, de 20 h à 8 h. D’autres préfets suivront-ils l’exemple de leur collègue nordiste ? Cette initiative n’est-elle qu’un ballon d’essai ?

On retiendra la question du gérant de la supérette lilloise, celle du « lien entre terrorisme et alcool ». C’est une question riche autant que complexe. Elle ferait une bonne émission sur France Culture. Ou sur RMC-BFMTV Nous avons trois mois pour y réfléchir. Au minimum.

A demain

1 Toujours dans le département du Nord, mais dans un registre assez différent on notera dès à présent l’exposition « Marguerite Yourcenar et l’empereur Hadrien, une réécriture de l’Antiquité » qui se tiendra du 4 février au 31 août 2016 au « Forum antique de Bavay », musée archéologique du Département du Nord.

Le partenariat entre la Villa départementale Marguerite Yourcenar et le Forum antique de Bavay, deux établissements du conseil départemental du Nord, offrira l’opportunité aux visiteurs de découvrir une vision intime et historique du règne de l’empereur Hadrien (117-134), nourrie à la fois de l’imagination de Marguerite Yourcenar et des études archéologiques plus récentes. Cette exposition dévoile l’histoire personnelle de l’empereur romain, personnage principal des Mémoires d’Hadrien, tout en donnant accès à l’intimité de l’écrivaine par le biais de sa démarche documentaire et de ses écrits.

Contact presse Agence Verbatim Florence Limousin-Rosenfeld – florencerosenfeld@agenceverbatim.com

 

 

«Eradication bactérienne», «Contagion hospitalière non européenne», «Afflux migratoire». Savez-vous qui nous parle ?

Bonjour

Les mots, on le sait, peuvent tuer. Ils peuvent aussi salir, infecter, envenimer. On connaît des poisons distillés dans l’encre d’imprimerie. L’Agence France Presse nous laisse comprendre, ce soir, que La Voix du Nord  est au cœur d’une affaire symptomatique. Le quotidien régional publie un cahier spécial  pour éclairer le débat citoyen des prochaines élections régionales des 6 et 13 décembre. Et au chapitre de l’amélioration de la santé des Nordistes la candidate Marine Le Pen use des mots qu’elle connaît et maîtrise : « Éradiquer toute immigration bactérienne ». « Les hôpitaux font face à la présence alarmante de maladies contagieuses non européennes, liées à l’afflux migratoire. Nous refusons cette mise en danger de la santé de nos compatriotes. » Comme on peut le voir ici.

Miel électoral

Les premières réactions n’ont évidemment pas tardé. D’autres suivront. Marine Le Pen le sait, en fait déjà son miel électoral. Pour autant comment ne pas réagir ? Comment laisser dire ? Sur Twitter l’ancien ministre François Lamy, l’un des colistiers du candidat socialiste  Pierre de Saintignon estime que « la xénophobie de MLP vire à la folie ». Ancien ministre de la Santé et également tête de liste Xavier Bertrand (Les Républicains) se demande si, avec Marine Le Pen, « le FN n’est pas pire qu’avant ». « Immonde et puant », a commenté sur sa page Facebook Sandrine Rousseau (EELV). Elle ajoute : « vite qu’un autre air souffle sur notre région ! ». Au nom de la Ligue des droits de l’homme, Olivier Spinelli, délégué régional Picardie, a imputé au FN « la volonté d’assumer des positions ouvertement racistes ».

Pseudo-lapsus ?

La ligne de défense du FN surprendra. Sébastien Chenu, « responsable presse » de la campagne et en première position sur la liste FN dans le département de la Somme, a affirmé qu’il s’agissait d’ « un lapsus ». « Le document publié est un mauvais copié-collé, la version officielle sera dans le programme de Marine Le Pen qui sera dévoilé samedi » a ajouté Sébastien Chenu. « Il s’agit simplement de la suite logique de notre demande de fermeture des frontières », a expliqué son équipe de campagne au du Figaro. « De nombreuses déclarations médicales font état d’une recrudescence de maladies autrefois éradiquées de France et d’Europe. Particulièrement à Calais, d’ailleurs, où le personnel hospitalier souffre et est submergé par un afflux migratoire entraînant des maladies qu’ils n’arrivent pas à endiguer », précise l’un des proches de la candidate.

Comme toujours les dés sont plus ou moins pipés. Il ne servira à rien, ici, de nier le risque infectieux qui peut être associé aux personnes les plus démunies – risque d’autant plus élevé que ces personnes sont privées des soins médicaux, préventifs ou curatifs qui doivent leur être apportés dès lors qu’elles sont sur le sol français. De ce point de vue la jungle de Calais est l’exemple parfait à ne pas suivre.

Sidaïques et léproseries

«  En 2013, déjà, Marine Le Pen avait dénoncé des cas de « tuberculose multi-résistante »  concernant des immigrés d’Europe de l’Est », alimentée, selon elle, « par un réseau d’immigration massive et incontrôlée » » rappelle l’AFP. Certains se souviennent de l’usage que Jean-Marie Le Pen avait ou faire de l’émergence de l’épidémie de sida. C’était en 1987 et le leader d’extrême-droite comparait le « sidaïque » au « lépreux », contagieux via sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact, souhaitant qu’on l’enferme. On peut le voir et l’entendre ici. C’était le 6 mai 1987 à l’émission L’Heure de vérité.

Personne, alors, n’avait parlé de lapsus. On terminera en rappelant une vérité souvent oubliée des hommes et des femmes politiques: il existe des mots qui peuvent soigner.

A demain

«Toucher vaginal» ou «recherche de plaisir» ? A Strasbourg et Arras deux gynécologues sont mis en examen pour viol

Bonjour

Un gynécologue strasbourgeois vient d’être mis en examen pour le viol d’une de ses patientes. Cette dernière l’accuse d’avoir effectué un toucher vaginal qu’elle qualifie d’ « inapproprié ». Révélées par les Dernières nouvelles d’Alsace (sur abonnement) les informations ont été confirmées à l’AFP par l’avocat  du médecin, Me Yannick Pheulpin

Le gynécologue exerce sa spécialité depuis une trentaine d’années. Il conteste « farouchement » tout geste déplacé. Pour lui, « il ne s’est agi que de gestes médicaux, qui n’avaient aucune connotation sexuelle au sens où la loi pénale l’entend. Ce qui s’est passé était totalement étranger à toute notion de recherche de plaisir », prend soin de préciser Me  Pheulpin. A l’issue de sa garde-à-vue, l’homme a été placé mercredi 4 novembre sous contrôle judiciaire avec interdiction de poursuivre ses consultations à son cabinet. Il peut en revanche continuer à pratiquer des interventions chirurgicales à l’hôpital, a ajouté l’avocat.

Sept ans après les faits

Le dossier semble a priori assez compliqué. Les faits dénoncés datent du mois d’octobre 2013. La jeune patiente, alors étudiante, n’a porté plainte qu’en juillet 2014. « Dans sa plainte initiale, elle évoquait un toucher rectal, mais devant la police en novembre 2014 elle parlait d’un toucher vaginal », prend soin de souligner  Me  Pheulpin.

Les enquêteurs ont  aussi trouvé trace d’une autre patiente qui avait dénoncé en 2008 le comportement du même gynécologue auprès du conseil de l’Ordre. Il s’agissait là aussi d’un toucher vaginal « inapproprié ». La femme n’avait pas déposé plainte à l’époque des faits. Entendue récemment comme témoin elle a indiqué aux enquêteurs qu’elle ne souhaitait pas plus le faire aujourd’hui, sept ans après les faits.

«Violence inouïe » 

« Le mettre en examen et lui interdire d’exercer, je trouve ça d’une violence inouïe au regard du contenu de ce dossier, commente l’avocat du médecin. Il n’y avait pas d’indices graves ou concordants justifiant  de telles mesures. »

Coïncidence, ce dossier présente quelques  similitudes avec celui d’un gynécologue d’Arras qui vient lui aussi d’être mis en examen pour viol, et qui lui aussi nie radicalement les accusations dont il fait l’objet comme le raconte La Voix du Nord :

« Ce médecin avait déjà fait l’objet d’une enquête en 2009, mais l’affaire avait été classée à l’époque. Une seule plainte avait en effet été déposée. C’était la parole d’une patiente contre la sienne, celle d’un professionnel très respecté dans le milieu de la gynécologie. Mais cette fois, c’est une trentaine de patientes, dont vingt ont déjà déposé plainte, qui se disent victimes de viols ou d’agressions sexuelles.

Actes anormalement long

«  L’affaire a débuté en juillet 2014 quand une patiente a porté plainte contre le gynécologue à la brigade de gendarmerie de Vitry-en-Artois. Selon elle, le gynécologue arrageois aurait eu des gestes très éloignés d’actes médicaux. Une enquête est ouverte et la brigade des recherches d’Arras est saisie du dossier. Les gendarmes explorent alors la liste des patientes à qui ils envoient un questionnaire par mail. Les retours sont nombreux. « Pour certaines c’était des premiers examens, elles ne savaient pas trop comment ça fonctionnait, c’est en discutant ensuite avec des amies qu’elles ont cogité sur la manière de faire, indique une source proche du dossier. Mais d’autres patientes disaient beaucoup de bien de lui, ne faisaient que des éloges, voire admettaient avoir pris du plaisir involontaire ».

« Au parquet d’Arras, on évoque « des actes anormalement longs sur des zones érogènes, parfois pendant quarante-cinq minutes » et une « accumulation de propos identiques tenus par les patientes qui décrivent des pratiques identiques ».  À l’issue de plusieurs mois d’enquête, le gynécologue, qui exerce square Saint-Jean, a été convoqué à la brigade des recherches mardi, puis placé en garde à vue. Il a finalement été déféré au parquet mercredi matin puis mis en examen par un juge d’instruction béthunois pour « viols par personne abusant de l’autorité conférée par ses fonctions » et « agressions sexuelles aggravées ».

Examens sans gants

« Des accusations que l’intéressé, défendu par Me Franck Berton, ténor du barreau de Lille, rejette en bloc, affirmant que les plaignantes ont mal interprété les actes médicaux. « Il trouve des explications cohérentes liées à sa profession, mais il y a des choses qu’il a du mal à justifier comme des examens sans gants », poursuit cette source. Il a finalement été laissé libre, mais placé sous contrôle judiciaire. Il a notamment interdiction d’exercer la gynécologie, mais pourra poursuivre ses activités liées à la procréation médicalement assistée et à l’endocrinologie. »

A demain