Déserts : à Laigneville (Oise) il est interdit de mourir à domicile (arrêté municipal)

 

Bonjour

Jusqu’où ne pas aller avec la symbolique des déserts ? Nous sommes dans celui de Laigneville, département de l’Oise. A mi-chemin de Paris et d’Amiens – sur une voie jadis empruntée par le jeune Emmanuel Macron. Entre quatre et cinq quatre mille habitants. Le maire se nomme Christophe Dietrich. Une affaire rapportée par Le Parisien.  

Sans étiquette le maire de Laigneville vient de prendre sa plume et de rédiger un arrêté : « Il est interdit aux Laignevillois de décéder en leur domicile ». Pourquoi en arriver à cette extrémité ? Pour, via les médias, « interpeller les pouvoirs publics ».

Il y a quelques jours, vers 7h30, Christophe Detrich est appelé : le corps sans vie de l’un de ses administrés, âgé de plus de 80 ans vient d’être découvert à son domicile. Impossible de trouver un médecin pouvant délivrer un certificat de décès. « Puisque les sapeurs-pompiers ont constaté des raideurs cadavériques, le Samu ne s’est pas déplacé, c’est normal » reconnaît l’élu, ancien pompier volontaire. Quant à la famille du défunt, elle ne pouvait pas être disponible avant le milieu de journée.

Le Parisien rappelle que la commune de Montataire avait connu un cas similaire en juin 2015. Il avait fallu attendre plus de cinq heures pour constater le décès d’un homme à son domicile. Depuis, rien n’a changé.

« Je me suis fait balader entre le Samu et l’Agence régionale de santé, peste M. Dietrich. Il a fallu cinq heures pour que cette ARS m’envoie une équipe du Smur de Clermont, dont ce n’est pas le boulot ». Pour sa part le Samu 60 explique avoir contacté quinze médecins, sans succès. Le maire, au Courrier picard :

« Vous imaginez les familles ?! La France devient un désert médical. À Laigneville, nous avons deux médecins. Tous deux partent en retraite et ne sont pour le moment pas remplacés. C’est un vrai problème de santé publique. M. Macron veut, en réponse, développer la télémédecine. Mais ce n’est pas ça qui réglera le genre de problème que je rencontre. »

Certains locaux dénoncent le caractère disproportionné de la réaction de l’édile ; se moquent de sa découverte du désert médical dont sa commune est la victime. L’édile n’en a cure. Dans une vidéo publiée via Facebook il qualifie la situation de « crise sanitaire sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale dans un certain nombre de cantons ». Il explique qu’il a eu des contacts avec des médecins, mais que ceux-ci demandaient à être et salariés et logés. « À part mettre un pistolet sur la tempe d’un médecin, je fais quoi moi ? ».

Nul ne sait, mais dans le désert périphérique de Laigneville, soixante kilomètres de Paris, on prie pour que l’élu n’en vienne pas à cette extrémité.

A demain

L’histoire véridique du maire qui sucre le RSA de ses concitoyens alcooliques

 

Bonjour

C’est dans le beau département de l’Oise que l’on trouve la gentille bourgade de Pont-Sainte-Maxence. Nous sommes à cinquante kilomètres de Paris mais, déjà, dans les Hauts de France. L’Homme est ici depuis la Préhistoire. Des fouilles archéologiques ont mis au jour l’existence d’un site néolithique, des nécropoles et des zones agricoles. Aujourd’hui le calme de la cité (13 000 habitants) est gravement troublé par « une demi-douzaine de personnes qui s’alcoolisent dans le centre-ville ».

Le maire de Pont Sainte-Maxence s’appelle Arnaud Dumontier. Il tient un blog et est étiqueté « Les Républicains ». Forte personnalité. « C’est une sorte de Rudolph Giuliani picard, du nom du maire de New York qui fit, avec un certain succès, de la tolérance zéro l’alpha et l’oméga de sa politique de lutte contre la criminalité » dit de lui Le Courrier Picard.  M. Dumontier aime l’ordre, la propreté et son centre-ville. En janvier dernier il avait, avec le député voisin Eric Woerth, lancé une opération médiatisée pour y déloger « la racaille » et les drogués. Lui vivant, on ne verrait pas Pablo Escobar s’installer sur les berges de l’Oise.

Picoler ou s’insérer

Aujourd’hui M. Dumontier va plus loin comme le rapportent Le Parisien et Ouest-France. Pour lutter contre les bénéficiaires du RSA qui s’alcoolisent dans les rues de sa ville il a choisi de les dénoncer aux services du département chargés d’attribuer l’allocation. Opération réussie, sans karcher : le premier vient de se voir retirer 80% de son RSA pendant trois mois.

Il s’agit pour M. Dumontier de « nettoyer les rues des ivrognes ».  « Toucher l’aide de l’État pour la picoler, est intolérable » dit le maire. Il a été entendu par l’Etat. Les services concernés assurent qu’il ne s’agit pas d’une « sanction contre l’alcoolisme de l’allocataire » mais d’un signal pour « le non-respect des obligations en matière d’insertion ». « S’alcooliser n’est pas une clause de sanction. L’obligation d’insertion en est une. Elle est d’ailleurs stipulée par le contrat que le bénéficiaire du RSA signe », expliquent les services de l’Etat.

Bottes républicaines

M. Dumontier n’est pas seul dans son combat. Le département de l’Oise affirme recevoir« de nombreux signalements et des dénonciations anonymes »qui conduisent à mener des enquêtes et à statuer sur certains cas lors de commissions disciplinaires. Mais M. Dumontier n’a pas que des amis. En témoignent les quarante-neuf mains courantes à son encontre, pour la plupart déposées par des associations de solidarité.

Pour l’heure, droit dans ses bottes politiques, M. Dumontier continue son combat pour la propreté radicale de son centre-ville. Il adressera d’autres courriers au département et continuera sa campagne de « dissuasion ».  « Je suis le maire de ceux qui se lèvent tôt, affirme-t-il. Ces derniers sont venus me dire qu’ils en ont marre de payer des impôts pour ces indésirables ivrognes. »​​​​​​​

Il faut savoir gré à M. Dumontier. Dans la période de grande confusion idéologique que nous traversons ce sont de tels maires qui nous rappellent que la jungle n’est jamais loin du centre de nos villes. La jungle, la peur, la méchanceté et son cortèges d’absurdité.

A demain