Gouverner post-vérité : «Le tabac de contrebande c’est l’ennemi de la santé des Français»

 

Bonjour

A 35 ans Gérald Darmanin ministre de l’Action et des Comptes publics. Cet homme de droite soudain devenu macroniste mesure-t-il précisément ce qu’il dit dans un entretien publié de jour par La Dépêche du Midi ? A la veille d’une minuscule augmentation du prix du tabac le quotidien lui demande s’il comprend la colère des « buralistes » frontaliers qui « ne voient plus comment s’en sortir ». Va-t-il aider ces vendeurs de tabac ? Réponse ministérielle :

 « La lutte contre le cancer est une priorité de santé publique. Mais lutte contre le tabagisme ne veut pas dire lutte contre les buralistes ! Au contraire : le tabac de contrebande, c’est l’ennemi de la santé des Français et de la profession de buraliste. »

Faut-il en déduire que le tabac qui n’est pas de contrebande est l’ami de la santé des Français ? Comment lutter véritablement contre le tabagisme sans nuire à la santé des bureau de tabac ?

 Santé publique et soutien au buralistes

 Gérald Darmanin précise qu’il avait déjà abordé le sujet le 20 octobre lors du dernier Congrès des buralistes. « C’est d’ailleurs à cette occasion que les professionnels de l’Ariège ont attiré mon attention sur la situation spécifique de leur département, ajoute-t-il. Je suis là aujourd’hui pour les écouter et leur dire que nous allons les accompagner. Concrètement, il s’agit de lutter efficacement contre le trafic de tabac de contrebande avec un plan de renforcement douanier, des actions plus efficaces de traçabilité, de mener une action volontariste au niveau européen pour plus d’harmonisation fiscale et enfin d’aider la profession de buraliste à se transformer tout en soutenant ceux qui en ont le plus besoin. »

Le 20 octobre un communiqué de Bercy avait alors fait le point sous le titre suivant : « Une action déterminée de lutte contre les trafics et de soutien aux buralistes dans le cadre de la politique de santé publique du Gouvernement » (sic). Le 12 octobre, dans un entretien au Dauphiné Gérald Darmanin déclarait :

« La lutte contre le cancer est une priorité de santé publique. En même temps, il ne faut pas caricaturer la profession qui tient parfois les derniers lieux de socialisation des villes et villages. Il y a chez les buralistes des gens qui gagnent correctement leur vie mais aussi des situations de détresse, notamment chez les frontaliers. »

 « Il faut les accompagner pour qu’ils continuent de se moderniser, en aidant davantage ceux qui en ont le plus besoin. Cela peut passer par des mesures budgétaires ou des modifications de réglementation lorsque c’est nécessaire : nous allons y travailler avec eux. Par ailleurs, nous allons lancer une action dans les prochains jours au niveau européen pour lutter encore mieux contre les trafics. »

Syllogisme

Où l’on percevait, déjà,  qu’une priorité de santé publique n’interdisait pas de défendre, en même temps, une position radicalement opposée. Aujourd’hui le ministre franchit un nouveau palier du syllogisme avec « le tabac de contrebande, c’est l’ennemi de la santé des Français ». Une position a priori radicalement incompatible avec celle du président Macron qui a fait de la prévention l’une des clefs de voûte de sa cathédrale politique. Gérald Darmanin, à La Dépêche du Midi qui lui demande s’il se sent « macroniste » :

 « Je soutiens évidemment avec force le président de la République ! J’ai le sentiment de contribuer à mettre en œuvre ce pour quoi je me suis toujours battu en politique. Mieux protéger ceux qui en ont le plus besoin, baisser les impôts pour redonner du pouvoir d’achat aux classes populaires et moyennes, faire que le travail paie mieux et puis tenir la parole de la France en respectant nos engagements envers nos partenaires européens et internationaux. Finalement servir mon pays. »

A demain

 

 

Bioéthique : la première grève annoncée des donneurs de sang bénévoles français

Bonjour

6 janvier 2014. L’Union de la Drôme des Associations pour le don du sang bénévole vient d’annoncer qu’elle suspendait ses activités pour protester contre le fait que la vente de plasma thérapeutique ne relève plus désormais du monopole de l’Établissement français du sang (EFS). Elle dénonce une dérive commerciale. Une affaire éthique et économique. Un vrai sujet politique.

Tache d’huile

« L’initiative est unique en France, résume Le Dauphiné (Frédérique Fays). L’Union départementale de la Drôme, qui rassemble vingt-deux associations pour le don du sang bénévole, a décidé de suspendre son activité lors des collectes de sang. Ainsi, les bénévoles, qui assurent les annonces de collectes en apposant des affiches, en distribuant des flyers, ces mêmes bénévoles qui préparent la salle où a lieu la collecte, installent tables et chaises, préparent les collations, sandwiches, boissons, puis assurent le nettoyage après collecte, ont décidé de stopper leurs activités. Pour organiser les collectes de sang, seul le personnel de l’Établissement français du sang (EFS) devra tout installer et ne bénéficiera plus de l’aide précieuse des bénévoles (…) cette action pourrait faire tache d’huile dans d’autres départements. »

Privatisation

Ces bénévoles organisent quatre cents collectes de sang par an. L’Union départementale regroupe 1 700 adhérents, dont 350 sont actifs qui effectuent l’équivalent de plus de 4 000 heures de travail sur l’année pour l’organisation des collectes un peu partout en Drôme.

« Le gouvernement organise le commerce du sang et des médicaments dérivés. On parle de privatiser le Laboratoire du fractionnement et des biotechnologies (LFB), explique Séverine Raspail la présidente l’Union drômoise Séverine Raspail. Trois lois successives transforment notre système transfusionnel éthique en commerce, prélude à la marchandisation généralisée des éléments du corps humain. »

Ces militants du don, de l’anonymat et du bénévolat invitent à adresser des doléances à Marisol Touraine, ministre de la Santé.

Vente de plasma humain

Comment comprendre ? Il faut ici remonter à la fin juillet 2014. Le Conseil d’État mettait alors fin au monopole de l’Établissement français du sang (EFS) dans la vente de plasma sanguin. « Une société pourra désormais commercialiser en France un plasma « SD » (plasma frais congelé traité par solvant-détergent pour réduire le risque de transmission d’agents pathogènes), dans la production duquel intervient un processus industriel » expliquait alors Le Quotidien du Médecin (Coline Garré).

Le Conseil d’État était saisi par la société Octapharma France : elle demandait une autorisation de mise sur le marché pour « Octaplas », un plasma SD, déjà commercialisé en Europe. En 2010, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) le lui avait refusé, au motif que le plasma s’inscrivait dans la liste des produits sanguins labiles, soumis à un régime spécifique caractérisé par l’hémovigilance et le monopole de l’EFS. Octapharma France avait opposé à cette interdiction les directives européennes du 6 novembre 2001 et du 31 mars 2004. Elles prévoient une exception pour « le plasma dans la production duquel intervient un processus industriel ». Ce type de plasma peut être qualifié de médicament, tout en devant répondre aux exigences d’hémovigilance applicables aux produits sanguins.

But lucratif

« Le Conseil d’État n’a donc pu que constater l’illégalité de la décision litigieuse du directeur général de l’Afssaps, et l’a annulé », faisaient alors savoir les magistrats du Palais-Royal. « En pratique une société privée (à but commercial) pourra commercialiser en France un plasma SD, issu d’un processus industriel, à plusieurs conditions : obtenir une AMM, respecter les exigences liées au caractère volontaire, anonyme et gratuit des dons de sang, à la majorité du donneur, et au dépistage des maladies transmissibles, prévues par le code de la santé publique, résumait Le Quotidien du Médecin en juillet. Pour éviter toute rupture d’approvisionnement, l’EFS pourra, lui, continuer à fabriquer et à distribuer du plasma SD sous le régime des produits sanguins labiles jusqu’au 31 janvier 2015, en l’attente de nouveaux textes lui permettant de poursuivre cette fabrication sous le régime des médicaments, auquel il ne peut pour l’instant prétendre. »

Il y avait ensuite bien eu, fin décembre, une mobilisation parlementaire communiste sur le sujet lors du vote du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2015 (« Sang et commerce ;: l’éthique plasmatique française face à la concurrence internationale »). Mais dans la Drôme tout cela ne passe pas.

Production éthique

« La Cour de justice européenne, puis le Conseil d’État ont donné raison à Octapharma et depuis le 1er janvier,  le plasma médicament de Octapharma va être distribué par…. l’EFS et sera concurrent des deux autres formes de plasma thérapeutique que produit éthiquement l’EFS et qu’il distribue aussi aux hôpitaux », dénonce l’union départementale. Elle déplore en outre que le « décret d’application en cours de rédaction n’indique aucune disposition permettant de contrôler le caractère éthique du produit Octapharma, ni la traçabilité des poches de plasma utilisées ».

Curriculum vitae

 Voilà un bien beau sujet concret de bioéthique, le premier sur lequel pourrait utilement s’exprimer Anne Courrèges, la nouvelle directrice générale de l’Agence de la biomédecine. Mme Courrèges (1) remplace à ce poste Emmanuelle Prada Bordenave qui dirigeait l’agence depuis 2008. Enarque âgée de 38 ans, Mme Courrèges a exercé les fonctions de conseillère pour l’éducation auprès de François Hollande à l’Elysée de mai 2012 à avril 2014, puis de Manuel Valls à Matignon en 2014. « Ces quatre dernières années, mes activités m’ont plutôt porté vers les sujets éducatifs » avait-elle reconnu en décembre lors de son audition devant la commission parlementaire aux Affaires sociales.  Elle s’était aussi « spécialisée sur les questions sanitaires et sociales » lorsqu’elle travailla au Conseil d’Etat.

Où l’on en vient à se demander quel curriculum vitae il faut présenter pour être nommé à la tête de cette prestigieuse institution en charge de l’application de la loi de bioéthique.

A demain

(1) Biographie figurant sur le site de l’Agence :

« Anne Courrèges a été nommée, par décret du 22 décembre 2014 (publié au Journal Officiel du 26 décembre 2014), directrice générale de l’Agence de la biomédecine. Elle succède à Emmanuelle Prada Bordenave qui avait assumé cette responsabilité depuis 2008 pendant deux mandats successifs.

Diplômée de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris et ancienne élève de l’ENA, Anne Courrèges, 38 ans, a commencé sa carrière comme auditrice de deuxième classe au Conseil d’Etat en 2002, avant de devenir maître de requêtes en 2005. Elle a été commissaire du gouvernement (2007-09) puis rapporteure publique près l’assemblée du contentieux et les autres formations de jugement du Conseil d’Etat (2009-10). En 2008, elle a été rapporteure auprès de la cour supérieure d’arbitrage.

En 2010, elle a été nommée directrice des affaires juridiques du ministère de l’Éducation nationale et du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, avant d’être nommée conseillère éducation à la Présidence de la République de mai 2012 à avril 2014.

Avant sa nomination à l’Agence de la biomédecine, elle exerçait depuis avril 2014 les fonctions de conseillère éducation au cabinet du Premier ministre, Manuel Valls. Anne Courrèges prend la direction de l’Agence de la biomédecine, établissement public national de l’État dépendant du ministère de la Santé et créé par la loi de bioéthique d’août 2004. »

CHU de Grenoble: sanctuaire violé, taxi et « genre manouche »

 

Tragique première française : le personnel du service des urgences de cet établissement hospitalier a été sauvagement agressé par des personnes extérieures qui ont pris la fuite. Etat de choc. Sidération. Interrogations. Voilà bien un symptôme qui ne dit rien de bon sur l’évolution de l’état de la France. Ceci à la veille d’une échéance électorale capitale. Un hasard ? La fatalité ? Autre chose ?    

Nous avons appris l’information via RTL dans un taxi qui nous conduisait ce 2 mai à la première journée du MIP (entendre module interprofessionnel de santé publique) millésimé 2012 de l’EHESP 1. Cette information avait peu auparavant été révélée dans le détail par Le Dauphiné sous la signature de Denis Masliah

En substance :

 » Une scène invraisemblable s’est produite dimanche en fin d’après-midi au service des urgences de l’hôpital Michallon, à Grenoble. Une bande de malfrats a attaqué le personnel soignant et a semé la dévastation, frappant violemment à la tête un médecin et blessant trois autres membres du personnel venus à son secours.

Selon Françoise Carpentier, directrice des urgences, ces quatre personnes -dont deux font l’objet d’une ITT (Incapacité temporaire totale) supérieure à huit jours-, ont déposé plainte pour agression lundi auprès des services de police, qui ont ouvert une enquête. 

Ce déchaînement de violence s’est produit vers 18 heures : cinq à sept personnes, dont une femme, se sont introduits aux urgences sans se présenter à l’entrée du service, mais en passant par celle du CHU, lieu où les allées et venues ne sont pas filtrées. L’un des médecins travaillait dans son bureau lorsque le groupe a fait irruption dans la pièce en hurlant. Selon Françoise Carpentier, les agresseurs auraient reproché au médecin de ne pas avoir pris suffisamment soin d’une proche, hospitalisée dans le service. Ils n’auraient cependant pas donné d’élément d’identification précis, le personnel ayant ensuite fait lui-même le rapprochement avec une patiente qui s’était plainte d’avoir été placée dans un lieu du service qui ne lui convenait pas…

Frappé violemment à la tête une première fois, le médecin était en train de se faire littéralement lyncher lorsqu’un aide-soignant a pénétré dans le bureau à son tour et a ceinturé l’un des malfrats pour l’empêcher d’abattre une chaise sur le crâne du praticien !

Deux brancardiers se sont ensuite joints à l’aide-soignant, les agresseurs prenant la fuite… à bord d’une voiture faussement immatriculée, poursuivis par les vigiles du CHU. Selon la direction du service, le médecin souffre actuellement d’un important déficit d’audition à une oreille à la suite d’un coup reçu à la tête ; par ailleurs, l’un des brancardiers est blessé aux côtes, les deux autres intervenants se plaignant quant à eux de contusions multiples.

“Nous avions déjà été victimes d’agressions, mais pas aussi graves que celle-là”, explique, atterrée, la directrice des urgences. “Le personnel est très choqué : nous ne sommes pas là pour nous faire frapper mais pour soigner, avec les moyens dont nous disposons. La patiente en question n’était pas un cas grave et elle était prise en charge normalement”.

Sur son site et en urgence Le Quotidien du Médecin complète le traitement de cette affaire en citant les commentaires de l’Association des médecins urgentistes de France :   « L’AMUF est scandalisée par l’extrême violence, ignoble, préméditée, commise contre le personnel des urgences du Centre Hospitalier Universitaire de Grenoble dimanche soir. » La direction de l’établissement hospitalier affirme  qu’elle  « prend toutes les dispositions de sécurité (vigiles, contrôles d’accès, vidéo-surveillance) permettant de renforcer les auteurs de telles agressions inqualifiables, en lien avec les services de police (…) » L’AMUF  demandé des « sanctions exemplaires » contre les agresseurs, « afin de montrer que la violence ne fera pas loi ».

Bien étrange situation qui voit un syndicat médical hospitalier (généralement étiqueté à gauche) demander l’aide de la police et de la justice pour prôner des sanctions pour l’exemple.

Ce soir l’Agence France Presse se penche à son tour sur le sujet :

« Un médecin a été violemment agressé et plusieurs membres du personnel du CHU de Grenoble blessés dimanche par une demi-douzaine de personnes mécontentes qu’une de leurs proches ait été hospitalisée dans une chambre sans fenêtre, un  « évènement exceptionnel », selon la direction de l’hôpital.

Dimanche vers 18H00, entre quatre et six personnes ont fait irruption aux urgences de l’hôpital de Grenoble en entrant par une porte interdite au public.  « Ils sont allés directement dans le bureau du médecin car la famille avait déjà été reçue dans ce bureau et ils l’ont agressé à coups de poings, de téléphone sur la tête », a raconté Françoise Carpentier, chef du service des urgences, au cours d’une conférence de presse. L’un des agresseurs a tenté d’abattre une chaise sur le crâne du médecin, selon elle.

« Heureusement, un aide-soignant avait vu ces personnes. En entendant du bruit, il est intervenu. Le médecin a pu s’enfuir, est allé se réfugier dans un autre endroit du service », a-t-elle ajouté. 
Trois brancardiers, renforcés par des vigiles, sont aussi arrivés sur les lieux et permis de maîtriser et de refouler les agresseurs.

Au total, le médecin et trois personnes ont été blessés dans l’altercation, dont deux ont fait l’objet d’incapacités temporaires totales (ITT) de travail supérieures à huit jours. Aucune victime n’a été hospitalisée. Le médecin souffre d’un traumatisme crânien et d’un déficit temporaire de l’audition. « C’est un évènement exceptionnel qui aurait pu être beaucoup plus dramatique », a déclaré Mme Carpentier. Les agresseurs auraient voulu signifier par la violence leur mécontentement quant aux conditions d’hospitalisation d’une de leurs proches, selon les témoignages du personnel médical.

La patiente, admise aux urgences dimanche à 12H16, avait été prise en charge trois heures plus tard par un psychiatre. « Ce n’est pas un délai d’attente majeur car la patiente ne présentait aucun état de gravité clinique, elle n’était pas en danger imminent », a souligné Mme Carpentier. Hospitalisée pour des troubles psychiatriques à la demande de sa fille, « cette patiente a exigé d’avoir une chambre seule. Au moment où elle était transférée, il n’y avait qu’une chambre sans fenêtre. C’est ce motif-là qui a déclenché toute l’agressivité, toute la violence », a relaté la responsable de service. 
Une dizaine de chambres de l’hôpital de Grenoble sont ainsi dépourvues de fenêtres. Alertée dimanche, la police a d’abord été orientée sur une mauvaise piste par le médecin, qui n’avait pas identifié la patiente liée à ses agresseurs. Les enquêteurs ont tenté mardi matin d’interpeller un homme identifié grâce aux vidéos de télésurveillance mais ce dernier n’était pas à son domicile. « L’enquête suit son cours. On s’oriente sur la piste de l’entourage familial de la patiente », a rapporté Jean-Paul Pecquet, directeur départemental de la sécurité publique de l’Isère.

Le docteur Jean-Paul Brion, qui représente le personnel médical dans les instances de l’hôpital grenoblois, a dénoncé une agression « ignoble », qualifiant les agressions à l’hôpital de « phénomène émergent depuis plusieurs années ». « On entre aux urgences comme dans un moulin: il y a plein d’accès où tout le monde peut rentrer n’importe comment. Et quand il y a trop de patients par rapport aux capacités d’accueil, ça crée de la tension », a renchéri Marc Eybert-Guillon, délégué CGT de l’établissement. »

Bobologie ? 

Sur les ondes et sur les sites les commentaires commencent à fleurir. Revient ainsi déjà l’image du sanctuaire violé. Demain on parlera de l’absurdité qui veut que les urgences soient devenues le sas encombré de toutes les misères de la cité, la seule permanence des soins assurée jour et nuit avec la somme des compétences supposées présentes en permanence, et immédiatement accessibles. Et revient en mémoire cette faute politique majeure qui vit, il y a quelques années déjà, un ministre de la santé titulaire du diplôme de docteur en médecine parler de bobologie. Bien difficile de nommer et de hiérarchiser des souffrances que l’on ne prend pas personnellement en charge.

Sanctuaire violé dans un espace par définition laïc, la formule ne manque pas d’impressionner. Est-ce évoquer la dimension toute particulière du métier de soignant? Est-ce dire  qu’on ne peut lever la main sans que la collectivité, aussitôt, ne régresse ? C’est bien ceci que l’on pressent dans le traitement que les médias font de cette affaire. Nous sentons bien que l’affaire de Grenoble a d’emblée dépassé le stade du fait divers pour aussitôt faire sens.

Qui  sont les coupables ? A Rennes notre chauffeur de taxi a son idée.   » Alors ça, c »est tout à faite le genre manouche ! « .

(A suivre) 

1 Vingt-six thèmes des plus riches et des plus variés allant du « dépistage de la démence de la personne âgée » au « dépistage et à la surveillance de la tuberculose en Bretagne », de « l’efficacité et du contrôle de la loi d’interdiction de promotion des produits du tabac »  à  » la culture à l’hôpital ».  Pour notre part : « Rennes face à l’alcool ».