Cannabis politique: le ministre de l’Intérieur a-t-il (déjà) étouffé la ministre de la Santé ?

 

Bonjour

Tout changer pour que rien ne change ? Nous vivons à l’heure des symboles diffusés par voie télévisée. Ainsi la déjà historique poignée de main (virile) entre Trump Donald et Macron Emmanuel. C’était le 25 mai à Bruxelles. Pour celles et ceux qui n’auraient pas saisi le nouveau président de la République se décrypte dans le Journal du Dimanche de ce 28 mai. « Ma poignée de main avec lui, ce n’est pas innocent, ce n’est pas l’alpha et l’oméga d’une politique mais un moment de vérité » dit-il. Et il ajoute (sans rire) : « Il faut montrer qu’on ne fera pas de petites concessions, même symboliques, mais ne rien surmédiatiser non plus ».

« Le président français et son homologue américain ont échangé une poignée de main insolite, longue et appuyée, interprétée par certains comme un moment de diplomatie virile, résume Le Monde. M. Trump est connu pour secouer le bras de ses visiteurs lorsqu’il les salue. Sous l’œil d’une caméra, avant un déjeuner de travail à l’ambassade américaine à Bruxelles, M. Macron a résisté pendant cinq secondes, mâchoire serrée, le regard planté dans celui de son homologue. »

Mâchoires

 On ne saura pas pourquoi les mâchoires présidentielles étaient serrées. On imagine sans mal en revanche les raisons qui ont poussé Emmanuel Macron à confier le dossier du cannabis à Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur et non à Agnès Buzyn, ministre de la Santé (ou à François Bayrou, ministre de la Justice). C’est ainsi l’Intérieur qui va piloter la volonté présidentielle de transformer l’usage de cannabis en simple contravention – et ce « d’ici 3 à 4 mois ». Comment mieux dire que pour Emmanuel Macron l’usage de stupéfiants n’est ni une question de santé publique, ni une question de libertés individuelles mais bien un problème d’ordre public ?

« En cela, le gouvernement rompt avec les principes qui justifient depuis l’origine la pénalisation de l’usage des stupéfiants en France, observe dans une tribune publiée par Le Monde, Yann Bisiou (maître de conférences en droit privé et sciences criminelles à l’université Paul-Valéry Montpellier). La loi du 31 décembre 1970 avait admis la sanction pénale des usagers pour renforcer l’incitation au soin. Créer une contravention pour sanctionner sans soigner n’a aucun sens. Soit l’usage de cannabis est un problème de santé publique et la réponse doit être sanitaire, ce qu’une contravention ne permet pas, soit ce n’est pas un problème de santé publique et dans ce cas pourquoi ne pas légaliser l’usage de cannabis comme le font de plus en plus de pays ? »

Pour M. Bisiou l’annonce de Gérard Collomb confirme la tendance à aborder la problématique de l’usage de cannabis sous l’angle de « la lutte contre les nuisances publiques ». L’usage est considéré comme un danger potentiel pour la société qui justifie des sanctions en dehors de toute préoccupation de santé. Il ajoute, argument cruel, qu’en pratique l’amende est la principale réponse à l’usage simple de cannabis et son montant est en moyenne de 450 € (à comparer aux 100 €) envisagé par Emmanuel Macron. « Cette contraventionnalisation de facto n’a rien apporté, ni aux usagers, ni à la société, observe M. Bisiou. L’usage n’a cessé de progresser et les usagers d’être interpellés. »

De 450 € à 100 €

 Passer à la contravention a-t-il une autre finalité que de faciliter la répression en rendant la procédure plus expéditive ? L’amende, plus systématique ne va-t-elle pas va peser avant tout sur les usagers les plus précaires et les plus jeunes, ceux qui sont interpellés lors de contrôles d’identités sur la voie publique ? « Au contraire, à l’image de ce qui se met en place au Canada avec les deux projets de loi sur la dépénalisation du cannabis et la prévention de la conduite sous influence des drogues (Projets C45 et C46, 13 avril 2017), c’est à une société plus inclusive pour les usagers de cannabis qu’il faut œuvrer » estime M. Bisiou.

Or c’est là un projet politique qui, par définition, ne peut être porté par le ministre de l’Intérieur dont la logique profonde est celle de la répression. Il ne peut l’être que par la ministre de la Santé. Or nous venons d’observer, durant cinq ans, Marisol Touraine incapable de se faire entendre de Bercy, Beauvau, Matignon et l’Elysée sur la question, essentielle, de la réduction des risques tabagiques. Agnès Buzyn est-elle d’ores et déjà doublée sur le dossier du cannabis ? Sait-elle qu’elle pourrait avoir le soutien d’une large fraction des spécialistes de la lutte contre les addictions ? Quand donnera-t-elle de la voix ?

A demain

 

Santé et post-vérité : la ministre Agnès Buzyn se souvient-elle de ce qu’elle a dit du tabac ?

 

Bonjour

Surprise, intrigue et parité. Ni le Dr Olivier Véran (député, ancien Parti socialiste), ni Arnaud Robinet (député, encore Les Républicains). Ce sera donc la Pr Agnès Buzyn, 54 ans, ministre des Solidarités et de la Santé. Jusqu’ici un parcours médical sans faute suivi d’une déjà longue carrière en marche vers les frontières du pouvoir politique social-démocrate. Pour autant encore mal connue de la sphère médiatique. Sur France Info les commentateurs hésitent encore sur la prononciation de son nom. « Tout semble lui réussir » commente, à gauche, un rubriquard santé qui ne cache pas être épaté.

Fille d’Élie Buzyn, chirurgien orthopédiste et d’Etty Buzyn, psychologue, psychanalyste et écrivaine. Fait sa médecine après l’Ecole alsacienne. Interne des hôpitaux de Paris, professeur à Paris-Descartes, spécialiste d’hématologie à l’hôpital Necker, responsable de l’unité de soins intensifs d’hématologie adulte et de greffe de moelle (1992-2011). Mariée en secondes noces à Yves Lévy, directeur général de l’Inserm. Ce qui ne manquera pas de soulever des interrogations quant à de possibles conflits d’intérêts.

Parité et société civile

Exerce progressivement de nombreuses fonctions au sein de société savantes et de conseils d’administrations : l’Agence de la biomédecine (ABM), l’Établissement français du sang (EFS) , l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), le Comité à l’énergie atomique. Membre du conseil d’administration de l’Institut national du cancer (INCa) elle en devient la présidente en 2011. Aurait refusé en 2014 de devenir Directrice générale de la santé. Puis est nommée présidente du collège de la Haute Autorité de santé en mars 2016 (1).

S’était faite tancer il y a un an par Mediapart pour avoir jugé que, pour des médecins, avoir des liens d’intérêts avec des labos n’était pas obligatoirement répréhensible. La Dr Irène Frachon en avait été troublée. Un propos sur lequel la ministre devra, dorénavant, clairement s’expliquer. Le plus tôt sera le mieux si elle tient à assurer sa crédibilité dans un milieu où les sensibilités sont plus qu’exacerbées.

Aujourd’hui, donc, ministre des Solidarités et de la Santé. Au nom de la parité et de la société civile réunie ? Pour combien de temps ? Et pour faire quoi ? La Pr Buzyn sera-t-elle la ministre de la réduction des risques ? Prudente et, déjà, politique elle ne s’est jamais beaucoup exprimée sur le sujet. Même sur le tabac quand elle fut présidente de l’INCa.

Bombe à retardement sanitaire

Ce blog garde néanmoins la mémoire d’une tribune publiée en juin 2013 dans Le Journal du Dimanche. Elle écrivait ceci (nous surlignons):

« L’organisation de la vente du tabac est en partie responsable de nos difficultés à lutter contre le tabagisme. La France a longtemps été un pays d’industrie du tabac – d’où une certaine prudence politique dans l’éradication de ce fléau – mais les États-Unis, autre grand producteur, ne sont-ils pas passés sous la barre symbolique des 20% de fumeurs [34% en France] ?

À l’heure où se construit le troisième plan cancer, le tabac ne doit plus être considéré comme un enjeu économique (taxes et contrebande) mais comme un problème de santé publique. Une étude récente montre que 62% des buralistes se mettent hors la loi en vendant des cigarettes aux mineurs. Ils sont mêmes 38% à en fournir à des enfants de 12 ans ! Dans les autres pays, cette profession dédiée au tabac n’existe pas. Cette spécificité française est un frein car une baisse importante de la consommation, en réponse à un objectif sanitaire, pénaliserait ces professionnels. Il est temps d’ouvrir une concertation avec les buralistes pour réfléchir à une diversification ou à une reconversion de leur activité. Il faut réorganiser le système pour protéger la jeunesse contre cette bombe à retardement sanitaire. »

Elle avait aussi, parfois, appelé à une « hausse drastique » des prix du tabac. Ne fut jamais entendue. Jamais ne s’en offusqua. La nouvelle ministre se souvient-elle de tout cela ? Saura-t-elle, devenue ouvertement femme politique, travailler avec les avocats de la cigarette électronique, ceux de la lutte contre les addictions et de la réduction des risques ? Aura-t-elle le courage d’avancer là où Marisol Touraine avait, durant cinq ans, très largement échoué ? Avancer ou démissionner ? De nombreux témoignages permettent d’en douter. Peut-être en existe-t-il qui permettraient d’espérer.

A demain

1 Sur ce point : « Après l’INCa, le Pr Agnès Buzyn présidera la Haute Autorité de Santé. On ne saura pas pourquoi » (Journalisme et santé publique, 7 mars 2016)

 

Marisol Touraine ou la stratégie du coucou qui s’entêterait à porter deux casquettes

 

Bonjour

Les aiguilles tournent, la polémique enfle, le piège se referme. En écho à Manuel Valls souffrant le martyr dans sa bonne ville d’Evry, Marisol Touraine fait, à Loches, l’expérience clinique du dynamitage macronien. L’ancien Premier ministre avait renié sa parole pour se précipiter (trop tard) chez Emmanuel Macron. L’ancienne ministre de la Santé se refuse obstinément à choisir un camp, entend porter deux casquettes, se place délibérément dans une position intenable. « Candidate à sa succession en Lochois, elle adopterait la stratégie du coucou : s’installer dans le nid chaud et douillet d’un autre oiseau, explique La Nouvelle République (Olivier Pouvreau). L’ex-ministre veut bien du drapeau tout nouveau tout beau ‘’majorité présidentielle’’ tout en restant au PS. Et cela, les ‘’En Marche !’’ n’en veulent pas. »

Manuel Valls ne peut cacher ce qu’il a aujourd’hui sur le cœur. « Je suis extrêmement lucide sur Macron et son équipe, vient-il de déclarer au Journal du Dimanche dans le salon privé d’un hôtel du 8ème arrondissement de Paris. Hollande est méchant, mais dans un cadre. Macron, lui, est méchant, mais il n’a pas de codes, donc pas de limites. » Marisol Touraine n’est jamais allée aussi loin dans les confidences assassines. Aujourd’hui elle avoue avoir été « bluffée » par un homme qu’elle n’avait pas vu venir. Il y a quelques semaines la ministre parlait d’un véritable « hold-up » politique. Désormais elle salue « la performance » et « l’intelligence tactique » du président de la République.

Swinguer, un mot terriblement daté

Cette évolution dans l’analyse est-elle entendue et appréciée à Paris ? Dans le Lochois c’est peu dire qu’elle passe mal. Jusqu’aux proches de l’ancienne ministre qui disent désormais publiquement qu’elle doit choisir entre le PS et La République en marche. « Marisol Touraine godille et joue la montre pour deux raisons : elle aurait promis de participer à la refondation du PS, et elle n’aurait pas d’atomes crochus avec Emmanuel Macron, fait valoir La Nouvelle République. Son ex-collègue de gouvernement l’avait d’ailleurs renvoyée dans les cordes en avril dernier, lui signifiant qu’il ne la reprendrait pas comme ministre.  Aujourd’hui, en Lochois, il y a une véritable levée de boucliers contre le positionnement et même la personne de l’ex-ministre, qui incarne aussi le bilan Hollande. »

L’ancienne ministre ne semble pas avoir saisi que le « consensus » ne peut plus être ce qu’il fut 1. Que l’on ne peut plus être encartée au PS et membre de la majorité présidentielle. Que certaines phrases sont devenues inaudibles.  Comme lorsqu’elle se présente comme une « refondatrice d’une gauche réformiste et sociale-démocrate qui a sa part à prendre dans la majorité présidentielle » (sic). Pense-t-elle comme un Manuel Valls « immodeste », que l’on a encore besoin d’elle ? On peut le postuler quand on connaît la puissance de l’addiction au pouvoir politique. Mais dès lors comment ne comprend-elle pas que pour avoir une chance de retrouver son « fief » de Loches elle doit aller à Canossa 2 ?

« Je le dis sans ambages ni ambiguïté, je souhaite le succès du nouveau président de la République. Et j’inscris clairement ma candidature dans le cadre d’une majorité présidentielle, avait-elle soudain déclaré à la veille du second tour de l’élection présidentielle. Je suis socialiste, ou sociale-démocrate. Comme vous voulez : aujourd’hui, les mots swinguent un peu. » Marisol Touraine sait-elle que swinguer est, déjà, terriblement daté ?

A demain

1 Sur ce thème on se reportera avec le plus grand intérêt à « L’Illusion du consensus » de Chantal Mouffe (traduction de Pauline Colonna d’Istria) Editions Albin Michel. Ou comment, en démocratie, « s’opposer sans se massacrer ».

2 En référence à la pénitence d’Henri IV du Saint-Empire, l’expression « aller à Canossa » désigne le fait de céder complètement devant quelqu’un, d’aller s’humilier devant son ennemi. L’expression a notamment été employée par Bismarck dans le cadre du Kulturkampf, après que le pape Pie IX ait refusé d’accréditer un ambassadeur allemand, en proclamant le 14 mai 1872 devant le Reichstag : « nous n’irons pas à Canossa ! ».

Sexualité, mères porteuses, fin de vie : en attendant Macron, la bioéthique selon Mélenchon

Bonjour

On peut (ou pas) apprécier Jean-Luc Mélenchon, son idéologie, sa facture, son ego si particulier. Reste que même ses ennemis déclarés lui reconnaissent quelques qualités. La moindre n’est pas d’oser s’exprimer sur des sujets généralement laissés sous les lourdes moquettes politiques. A commencer par les grandes questions bioéthiques. Il  s’en explique aujourd’hui, non sans clarté, dans Le Journal du Dimanche : « Mélenchon au JDD : « Je suis pour le droit au suicide assisté » » (Anna Cabana Et Arthur Nazaret). Résumons son propos.

1 Le « suicide médicalement assisté ». Avant le premier tour de la primaire de gauche, François de Rugy et Benoît Hamon, ont plaidé pour le « droit à mourir dans la dignité ». Jean-Luc Mélenchon :

« Ils ont fait œuvre utile. Cela facilite mon travail. Mais il faut parler clair et nommer les choses par leur nom : je suis pour le droit au suicide assisté. Ne nous cachons pas derrière des euphémismes. Les Français sont prêts à regarder cette idée en face. Le débat nous grandira tous. C’est un sujet sur lequel il y a un grand décalage entre les Français, massivement pour, et les responsables politiques, plutôt frileux… En politique, les questions philosophiques font souvent très peur. Parler de la mort, pour un politicien, c’est typiquement le genre de sujet sur lequel il va biaiser. La formation moyenne des responsables politiques est extrêmement technocratique, elle est très peu littéraire et peu philosophique. Ce sont des sujets qui les encombrent.

« Il faut un débat sur la nature de la civilisation humaine à notre époque. L’avenir de la planète et celui de l’être humain sont à l’ordre du jour. Il ne faudrait pas que les questions de la présidentielle se résument à : combien ça coûte? Je veux introduire dans le débat le droit à être maître de soi-même. Il y a un lien direct entre le droit à l’avortement et le droit au suicide assisté. Je propose que ces deux droits soient inscrits dans la Constitution.

2 La fin de vie. Depuis 2016, le droit à la « sédation profonde et continue » est autorisé… Cela ne suffit-il pas?

« Je récuse la loi qui s’applique aujourd’hui. Elle consiste à priver un mourant d’eau et d’alimentation. C’est la « diète noire », une torture qu’infligeait le dictateur Sékou Touré. S’ensuit une mort atroce. Le suicide assisté est le droit ultime de rester maître de soi-même, de rester libre dans une circonstance contre laquelle on ne peut rien. C’est une liberté, pas une obligation, bien sûr. Il est misérable de devoir aller en Suisse ou en Belgique pour bénéficier du suicide assisté, comme autrefois on allait en cachette en car à Amsterdam pour un avortement. »

3 Les mères porteuses. Jean-Luc Mélenchon est « hostile à la GPA ». On lui demande pourquoi « alors même que c’est le point d’aboutissement de cette liberté de disposer de soi-même que vous jugez fondamentale ».

« Je comprends qu’en toute logique on pose cette question. J’y suis opposé pour une raison philosophique. Le corps n’est pas une marchandise. Ne sommes-nous pas tous pour la gratuité du don des organes ou du sang ? Quand vous vous êtes vendu comme une marchandise, vous n’êtes plus maître de vous-même. La GPA fait d’une femme un outil de production. Le jour où l’on me présentera une milliardaire qui par amour d’une femme pauvre d’un bidonville acceptera de porter son enfant, je réviserai mon point de vue. »

On observera que Jean-Luc Mélenchon est l’un des rares hommes politiques (  fortiori à gauche) à user du concept d’indisponibilité (de non patrimonialité) du corps humain. « La GPA est fondée sur une illusion : que la filiation reposerait sur autre chose que de l’amour, ajoute-t-il. Le lien biologique n’est pas fondateur de la relation humaine. L’amour prime sur la génétique. »

4 La prostitution. Depuis 2016, « l’achat d’acte sexuel » est sanctionné d’une amende de 1.500 euros maximum. Faut-il aller plus loin ? « Il faut assumer un parti pris abolitionniste ferme, estime Jean-Luc Mélenchon. À tous ceux qui disent que la prostitution est un métier comme un autre, je demande pourquoi ils ne le proposent pas à leur mère, à leur femme ou à leur fille. » Il ajoute que « tous les désirs ne sont pas des droits » – ce qui pourrait ravir ses adversaires de droite, à commencer par le chrétien François Fillon.

5 La PMA pour les couples de femmes. Jean-Luc Mélenchon y est favorable. « Il s’agit d’une capacité biologique que n’ont pas les hommes, explique-t-il. C’est encore une fois la libre disposition de ses aptitudes qui ne nuit ni aux principes, ni aux personnes. »

Emmanuel, « signifiant flottant »

Nos confrères du JDD lui font observer que dans cette campagne, il n’est pas seul à parler de philosophie, qu’Emmanuel Macron aussi s’en réclame… Réponse :

« Quelle perfection n’a-t-il pas? [Rire.] Mais la philosophie, c’est l’amour de la sagesse. L’attitude de Macron à l’égard de l’argent est contraire à la sagesse. Proposer aux jeunes d’avoir comme rêve d’être milliardaire est certainement la chose la plus laide que l’on ait entendue en politique. »

Philosopher ? On attend toujours les positions d’Emmanuel Macron (libéral et de gauche) sur les cinq points traités, dans le JDD par son futur adversaire. Emmanuel Macron, bulle toujours en expansion, une lévitation qui ne dit pas son nom, un étrange « signifiant flottant » selon  Thierry Pech, directeur général de la fondation Terra Nova. C’était sur France Culture le jour où Jean-Luc Mélenchon professait dans le JDD.

A demain

Dépakine : Philippe Even, ou comment devenir en quelques heures un prophète de malheur

 

Bonjour

Le pire est parfois le plus sûr. « De nouveaux soupçons pèsent sur la Dépakine » titrait, hier, Le Journal du Dimanche (Anne-Laure Barret). Où l’on découvre, une fois encore, Philippe Even « coauteur d’un best-seller iconoclaste sur les médicaments ». Aujourd’hui il « porte à nouveau l’estocade contre les autorités de santé ». Aujourd’hui il « porte à nouveau l’estocade contre les autorités de santé ».

A dire vrai Philippe Even s’était déjà exprimé sur le sujet de manière « terrifiante ».  C’était une exclusivité réservée, le 5 janvier dernier, aux « Grandes Gueules » de RMC-BFM TV.

Plongée dans le dossier

Ancien doyen de la faculté de médecine de Necker, Philippe Even a un ami qui est inquiet pour son fils qui, semble-t-il, aurait été exposé à la Dépakine. Il a alors « plongé dans le dossier » et a découvert que « cet antiépileptique très efficace a un effet imprévisible sur le génome ». Il lui a suffi pour cela de « quelques heures dans la littérature scientifique anglo-saxonne ». Selon lui la prescription à des femmes enceintes « pourrait être la partie désormais immergée d’un plus vaste scandale sanitaire ». « Ce produit est non seulement dangereux pour le fœtus mais aussi pour le jeune enfant », affirme-t-il. Extraits :

« En fouillant sur les moteurs de recherche spécialisés, le Pr Even a réalisé que le valproate de sodium, la substance commercialisée par ­Sanofi sous le nom de Dépakine et par d’autres laboratoires sous d’autres appellations, pouvait modifier l’expression de certains gènes. La lecture de ces quelque 200 articles scientifiques permet d’entrevoir pourquoi cette molécule donne une très grande diversité d’effets nocifs, particulièrement délétères quand ils surviennent chez un être en construction. En clair, le médecin alerte sur un risque épigénétique qui serait resté hors des écrans de contrôle des autorités. »

Plus grande prudence

Le JDD cite, à l’appui de Philippe Even, les biologistes moléculaires français Sébastien Chateauvieux et Franck Morceau. Ils « ont étudié pendant plusieurs années la toxicité du valproate sur les cellules » et travaillent au Luxembourg pour la fondation « Recherche Cancer et Sang » au « Laboratoire de Biologie moléculaire et cellulaire du cancer ».

Le Pr Stéphane Auvin, neuropédiatre à l’hôpital Robert-Debré à Paris, appelle quant à lui à la plus grande prudence avant de tirer des conclusions dramatiques de publications scientifiques. « Le valproate peut modifier l’épigénétique mais on ne sait pas si c’est dans un sens positif ou négatif. Un article suggère que cet effet favorise l’apprentissage de la reconnaissance de notes de musique! On a plutôt tendance à se méfier d’effets négatifs sur les apprentissages, et en particulier sur l’attention. » Le Pr Auvin rappelle une nouvelle fois, que la Dépakine est le seul médicament efficace pour certaines patientes.

Légende de Pandore

Le JDD cite encore le Dr Hubert Journel, médecin généticien à l’hôpital de Vannes (Morbihan) qui fut l’un des premiers à s’inquiéter des possibles effets secondaires de la Dépakine prescrite durant la grossesse.

« Lui aussi a lu les publications pointues qui inquiètent Philippe Even. Mieux, il collabore à la mise en place d’un projet de recherche sur ce sujet. « Oui, il y a une potentialité épigénétique en lien avec le médicament mais ses répercussions possibles demeurent mystérieuses. Les modifications qui peuvent être apportées par l’épigénétique pendant la grossesse ont des conséquences disparates, comme le suggèrent les signes cliniques très variés dus à l’exposition au valproate. La question est : comment met-on tout cela en équation? » ».

C’est bel et bien la question. On interroge Philippe Even. Ce phénomène est-il dangereux ? « Terriblement, répond-il. Le risque épigénétique de mort des cellules est crucial, même si, pour l’instant, les détails restent encore assez mystérieux. C’est l’ouverture de la boîte de Pandore. » On sait que la boîte de Pandore (la première femme) était en réalité une jatte. Ou plus précisément une amphore. On sait aussi que c’est une légende.

A demain

 

Suicide du Pr Mégnien: un an après, l’imbroglio et un «rapport doublement secret» de l’Igas

 

Bonjour

Noël n’efface pas le souvenir – pas plus que la quête de transcendance n’épuise le besoin de comprendre. Le Journal du Dimanche revient sur l’affaire du suicide par défenestration du Pr Jean-Louis Mégnien. C’était il y a un an, dans la cour de l’hôpital européen Georges-Pompidou. Rien depuis n’a changé mais un coin du voile est levé sur la maltraitance, le harcèlement hospitalier. Reste, pour ce suicide, à retrouver la vérité hospitalière dans l’enchaînement des causes – bref, à tenter de retrouver comment s’est tricoté le vrai. Au vu des forces et des enjeux en présence ce sera encore long.

Où en sommes-nous ?

Le 8 décembre le Quotidien du Médecin publiait l’intégralité d’une lettre ouverte de l’association Jean-Louis Mégnien. Cette tribune, virulente, se voulait une réponse aux propos tenus le 1er décembre par Michel Rosenblatt, ancien secrétaire général du Syndicat des directeurs, cadres, médecins et pharmaciens du secteur sanitaire et social (SYNCASS-CFDT) et relayés par l’APM. M. Rosenblatt évoquait l’existence d’une « chasse aux directeurs des hôpitaux ».

Propos inacceptables

On apprenait bien vite, par le même canal, que Martin Hirsch, directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) s’insurgeait contre  cette lettre ouverte : elle mettait directement la directrice de l’hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP) après le suicide du cardiologue sur son lieu de travail.

Dans un courrier daté du 14 décembre adressé à Marisol Touraine (dont Le Quotidien avait eu copie) Martin Hirsch exhortait la ministre de la Santé à intervenir « pour faire cesser des propos inacceptables ». « Je souhaiterais que vous puissiez, soit par lettre ouverte, soit par communiqué, faire connaître que la responsabilité personnelle de la directrice n’est pas mise en cause par le rapport (de l’IGAS) qui vous a été remis, qu’il n’est pas acceptable de faire des références trompeuses et diffamatoires (…) », écrivait le directeur général de l’AP-HP à sa ministre de tutelle. « Une information judiciaire est en cours, il convient de respecter la présomption d’innocence », ajoute Martin Hirsh.

L’association des amis de Jean-Louis Mégnien avait pour sa part demandé que la directrice de l’HEGP soit « lourdement punie, comme tous ceux qui ont favorisé ce drame, médecins ou non ».  Selon Martin Hirsch, ces accusations étaient « d’autant plus insupportables » que le rapport « secret » de l’IGAS remis au ministère de la Santé en septembre « ne met pas en cause la responsabilité personnelle de la directrice ». « Cette situation ne saurait se prolonger et appelle une réaction, tant à l’égard d’une directrice d’hôpital mise en cause injustement qu’à l’égard de l’ensemble de la communauté hospitalière », ajoute le patron de l’AP-HP.

Menaces

 Le Quotidien ajoutait que, souhaitant éviter de nouveaux « débordements », Martin Hirsch prévient qu’en l’absence de « mise au point » de Marisol Touraine, il se référera « publiquement » au contenu du rapport de l’IGAS « dont les conclusions sont détournées ».

L’association Jean-Louis Mégnien répliquait aussitôt dans une lettre dont nous avons publié le contenu.  On y reparlait notamment du rapport de l’Igas :

« A la suite de la remise du rapport d’enquête de l’Igas sur le suicide de Jean-Louis Mégnien en septembre dernier, dont la synthèse pointe des « manquements » de la part de responsables locaux et centraux, le chef de l’Igas indique dans une lettre qui vous est destinée que ce rapport met en cause les « instances hospitalo-universitaires qui ont géré le conflit » et détecte des « lacunes ». Citant l’article L311-6 du code des relations entre le public et l’administration pour justifier son attitude de ne pas rendre public ce rapport, M. Pierre Boissier précise que « les lacunes relevées par la mission la conduisent à porter des critiques sur le comportement professionnel et personnel d’un grand nombre de personnes et à émettre à leurs propos des jugements de valeur dont la révélation publique serait de nature à leur porter préjudice ». Il précise que le magistrat instructeur qui instruit la plainte pour harcèlement moral consécutive au suicide de Jean-Louis Mégnien est destinataire du document et que « ne sont pas communicables les documents dont la communication pourrait porter atteinte au déroulement des procédures engagées (…) ». 

 «  (…)  le directeur général de l’AP-HP envisage de publier ou de faire fuiter une partie, bien choisie, du rapport de l’Igas, dont il a eu connaissance et dont il semble détenir un exemplaire.

Ce rapport a été établi dans des conditions que l’association a contestées, notamment en ce qui concerne son caractère « contradictoire », puisque les responsables administratifs mis en cause en ont eu connaissance sans que ceux qui les mettaient en cause aient été placés dans la même situation. Ce document, non communicable en vertu de l’article sus-cité, est de plus désormais couvert par le secret de l’instruction, et tout ou partie de sa communication peut faire l’objet de poursuites. »

Marge de manœuvre

Publiquement interpellée par le directeur général de l’AP-HP, Marisol Touraine, ministre de la Santé, ne saurait sans risque laisser longtemps se développer cette polémique hors du commun. Mais quelle est sa marge de manœuvre quant à la publication du rapport de l’Igas ?

« Le chef de l’Igas explique pourquoi ce n’est pas possible. De plus il est versé à l’instruction, donc doublement secret, explique un très bon connaisseur du dossier. La veuve de Jean-Louis Mégnien en aura connaissance par l’avocat mais ne pourra rien dire. C’est pourquoi la demande de M.Hirsch met la ministre devant une impossibilité. Par ailleurs la synthèse rendue publique en septembre par l’Igas met en cause sans les nommer les responsables de Pompidou. »

Exposition publique

C’est là un imbroglio sans précédent dans l’histoire hospitalière française. Un imbroglio doublé de l’exposition publique de différents rapports de force et de pouvoir habituellement masqués. Reste, pour l’heure,  le Journal du Dimanche (Anne-Laure Barret) : « Harcèlement moral à l’hôpital : des médecins brisent l’omerta »:

« Quelles sont les causes du mal qui gangrène les équipes hospitalières? « Le drame de notre ami a mis au jour un problème structurel : le pouvoir exorbitant de l’administration. Il faut un rééquilibrage au profit des gens de terrain », dénonce le Pr Philippe Halimi, chef du service de radiologie de l’hôpital européen Georges-Pompidou et proche du Pr Mégnien. Dans son sillage, certains médecins réclament une refonte de la gouvernance hospitalière mise en place par la loi Bachelot de 2009. Promoteurs et détracteurs de cette réforme, médecins de base ou chefs d’établissement, jusqu’au président de la Fédération hospitalière de France et maire (Les Républicains) de Fontainebleau, Frédéric ­Valletoux, tous incriminent le régime sec auquel sont soumis les hôpitaux et qui met équipes et directeurs sous pression. »

Un suicide, une dénonciation médicale de l’omerta, des langues qui se délient. Des baronnies chahutées. Des dénonciations de situations devenues intolérables. Des élections présidentielles et législatives dans le viseur. Noël n’efface  ni le souvenir, ni la curiosité: de quoi sera faite la prochaine année dans le monde hospitalier français ?

A demain

Affaire Polnareff : le Dr Siou (Hôpital Américain) «menacé». L’Ordre des médecins est saisi

 

Bonjour

Sur la foi des gazettes, on avait suspecté un retard au diagnostic. Puis vinrent les révélations du Journal du Dimanche. C’est aujourd’hui le diagnostic excessif, voire le certificat de complaisance qui sont dans la ligne de mire. Où l’on retrouve le célèbre Hôpital Américain de Paris/Neuilly.

Y avait-il bien une embolie pulmonaire bilatérale chez la star septuagénaire? Y a-t-il eu, ou non, imprégnation alcoolique massive ? Si oui cette dernière a-t-elle eu un rôle dans le tableau clinique décrit par le Dr Philippe Siou ? Après les éléments convergents laissant entendre que le chanteur pourrait avoir menti quant aux raisons de l’annulation de ses derniers concerts, le Dr Siou a réfuté tout traitement de complaisance dans un entretien donné au Parisien dimanche (on y voit la vidéo – « bord du précipice »). Ses propos, affirmatifs et troublants, valent d’être rapportés :

 Vaisseaux bouchés

« Je ne suis pas l’ami de Michel Polnareff, je suis médecin, un technicien, un praticien. Il a été victime d’une embolie pulmonaire et son pronostic vital était engagé. J’ai fait une déclaration écrite officielle lundi dernier qui m’engage, mais engage aussi l’hôpital sur la base d’examens complets. Je n’ai aucun état d’âme. Lorsqu’un expert sera nommé, il constatera sur les radios que ses vaisseaux pulmonaires étaient complètement bouchés. L’hôpital fonctionne avec un système à l’américaine, très légaliste, où tout ce que nous faisons est consigné. Je suis responsable de ce dossier, mais je ne suis pas seul à avoir pris en charge Michel Polnareff.» 

 «On m’a averti avant même de prendre en charge samedi Michel Polnareff : « Attention, c’est une escroquerie ». Et on m’a menacé: « On va vous faire un procès ». Je peux vous dire que j’ai été doublement vigilant, que j’ai regardé d’encore plus près son état de santé. Je l’aurais récusé si j’avais eu le moindre doute. Il n’était pas ivre quand il est arrivé, pas même imbibé, il était juste très mal. Et j’ai fait un bilan hépatique qui concluait qu’il était totalement à jeun. S’il s’était pris une cuite la veille et même jeudi soir, il y aurait eu une trace sur les examens. Et ce n’est pas le cas, ils sont formellement négatifs. De toute façon, un état d’ébriété n’a jamais entrainé une embolie pulmonaire.»

Pronostic vital désengagé

Le Dr Siou décrit aujourd’hui son patient comme «mentalement stressé», voire «complètement traumatisé» par ce qui se passe, de la gravité de sa maladie aux accusations dont il fait l’objet. A-t-il été « menacé » ? «Le producteur de Michel Polnareff, Gilbert Coullier n’est pas quelqu’un de menaçant et n’a pas eu de contacts avec le Dr Siou», précisent les avocats de Gilbert Coullier. Ce dernier a ensuite annoncé qu’il allait déposer une plainte devant l’Ordre des médecins.

Dans un entretien accordé à Gala , l’attaché de presse de Michel Polnareff, Fabien Lecoeuvre, affirme, quant à lui, que le chanteur est « attristé » que son producteur « refuse de reconnaître sa maladie ». Où l’on comprend que le pronostic vital de la star n’est plus engagé. Où l’on découvre, aussi, le parcours du Dr Philippe Siou. Cet interniste exerçant  à l’Hôpital Américain 1 est aussi l’auteur d’un roman : Propofol (éditions Léo Scheer) 2. Il y narre des bribes de sa vie de « médecin de célébrités » – tout en prenant soin de mêler fiction et réalité afin de ne pas compromettre le secret professionnel. On lira ici un extrait : « quelques jours passés en compagnie de Michael Jackson à faire « la nounou » de la star ».

Sharon Stone et  Michael Jackson

On peut aussi lire, gratuitement, un entretien qu’il a accordé au site Egora (Sandy Berrebi-Bonin) dans lequel il évoque les relations dominants-dominés inhérentes à la spécialisation de « médecin des puissants ». Extraits :

« Je n’en suis pas à mon premier ouvrage. C’est en revanche le premier roman que je publie. J’en avais déjà écrit huit mais je ne les avais jamais proposés à la publication. Cette fois-ci, c’est l’éditeur, que je connaissais, qui est venu me trouver parce qu’il aimait bien ce que je faisais. Ce ne sont pas mes aventures de médecin avec des patients célèbres. Il se trouve que j’ai beaucoup navigué dans ces milieux et j’ai voulu en raconter l’esprit. Pour le faire, il fallait que je donne des exemples. Les exemples que j’ai donnés sont absolument non nominatifs.

« (…) Sharon Stone, je l’ai rencontrée à titre privé. Je ne raconte pas que je l’examine. Il y a quand même des problèmes de secret médical. Je me suis donc servi d’éléments purement biographiques et de connaissance du milieu pour raconter comment cela fonctionne. Pour ceux que je ne nomme pas, il s’agit d’aventures romancées. Si je racontais les événements, tels qu’ils se sont exactement passés, il ne s’agirait plus d’un roman mais d’un reportage (…) Pour ce qui est de l’atteinte à la vie privée, elle tombe lors du décès (…)

Savoir ne pas dire non

« Je suis médecin interniste et praticien hospitalier. Tous les PH ne sont pas capables de soigner les célébrités car les patients VIP sont très souvent directifs et autoritaires. Ils ordonnent souvent ce qu’ils veulent, bien que cela ne corresponde pas du tout à la réalité. Il faut savoir les gérer en ayant une capacité pédagogique. Il faut savoir ne pas leur dire non, tout en ne faisant pas n’importe quoi. Il faut avoir les arguments pour les convaincre de ce qu’il faut faire lorsque l’on n’est pas d’accord avec ce qu’ils veulent. Ces patients se donnent très peu de temps pour nous juger. S’ils estiment que le médecin est déficient, non pertinent voire pire, impertinent, il est viré. Tenir est un exercice… »

Interrogé sur le fait de savoir s’il préparait une suite à ce roman le Dr Philippe Siou répondait : « Oui il y aura effectivement une suite, parce qu’elle m’est demandée de toutes parts ! »

A demain

1 Doctolib : « Le Docteur Philippe Siou vous accueille au sein de l’Hôpital Américain de Paris à Neuilly-sur-Seine. (Merci de noter également que l’AHP (Hôpital Américain de Paris) est un établissement privé qui pratique des dépassements d’honoraires). Le médecin généraliste reçoit les enfants et les adultes pour tous types de soins médicaux généraux (consultation, contrôle annuel, vaccination, bilan de santé). Il traite également les maladies infectieuses et assure le suivi des nourrissons (pesée, mesure, vaccination). Conventionné secteur 1 Carte Vitale non acceptée. »

2  http://leoscheer.com/spip.php?page=presse&id_article=2372. Le propofol (diisopropylphénol) est un anesthésique général intraveineux de courte durée d’action. Il peut être utilisé dans l’induction et l’entretien de l’anesthésie générale et la sédation de patients ventilés dans les services de réanimation. Le propofol est aussi utilisé de manière courante en médecine vétérinaire.