L’affaire des onze vaccins : Agnès Buzyn déjà accusée de «faire un cadeau aux laboratoires»

 

Bonjour

Mêmes causes, mêmes effets. En évoquant la possibilité de rendre obligatoires onze vaccinations pédiatriques Agnès Buzyn, ministre de la Santé (et des Solidarités) a relancé une polémique d’un particulière virulence. On retrouve ainsi, montant aux créneaux médiatiques, les leaders de la néo-contestation vaccinale. C’est un groupe hétérogène qui utilise, sans mal, les profondes incohérences de la situation actuelle ; un groupe où le raisonnable côtoie la pire mauvaise foi. Et c’est ainsi que l’on peut, à nouveau, observer l’émergence de nouveaux courants dénonçant (comme jadis) le pouvoir de l’Etat sanitaire sur le corps des citoyens.

Michèle Rivasi est l’une des personnalités les plus engagées dans ce combat. On la retrouve aujourd’hui dans les colonnes du Journal du Dimanche qui lui offre une tribune où elle fait, une nouvelle fois, feu de tout bois. Elle convoque notamment « les professeurs Philippe Even et Jacques Testart » pour fonder une nouvelle politique vaccinale des enfants. A la différence de l’actuelle, l’action publique immunisante serait alors basée :

« Sur des données épidémiologiques nationales évaluant objectivement les besoins de chaque vaccination ; sur l’évaluation de l’efficacité des vaccins non sur les seules réponses anticorps immédiates, mais sur les réponses cliniques et les résultats épidémiologiques ; sur l’analyse objective recensée et démontrée des risques neurologiques, psychiatriques, articulaires et musculaires éventuellement associés, qui pourraient être liés, comme le montrent certaines études scientifiques, aux différents types d’adjuvants utilisés ; sur l’analyse de la présence de nanoparticules métalliques non déclarées, et en particulier de mercure, dans les vaccins ; sur l’étude des réponses immunitaires générales et cérébrales des nourrissons soumis de façon croissante à plusieurs vaccinations simultanées alors que les réponses de leur système immunitaire ne sont peut-être pas matures et sont encore mal connues à cet âge. »

Tétanos du nourrisson

Ce n’est pas tout. Mme Rivasi estime que l’âge de la nécessité vaccinale doit aussi être revu. « Le tétanos du nourrisson reste à prouver et la vaccination contre l’hépatite B n’est peut-être pas nécessaire à cet âge, puisqu’il s’agit d’une maladie sexuellement transmissible, dit-elle (sans rire). Il faut enfin analyser l’opportunité d’associer chez le nourrisson des vaccins multivalents, les uns utiles (DTP) et d’autres qui le sont moins (oreillons, rubéole) ou d’efficacité mal démontrée et qui ne sauraient donc être rendus obligatoires ».

Mais rien n’est simple ici. Car, dans le même temps Mme Rivasi dit « savoir ce que les vaccins ont apporté en termes de progrès sanitaires au XXe siècle et de lutte contre la mortalité infantile ». « Je n’ai jamais remis en cause leur utilité » assure-t-elle.

Passons au chapitre politique. L’entretien donné par Agnès Buzyn au Parisien ? Mme Rivasi est sidérée. Elle y voit « un passage en force, accompagné de propos fermant la porte à tout débat sur le sujet ». Des propos tenus « alors que s’accentue la défiance de nos concitoyens envers les vaccins (suite aux divers scandales sanitaires et à la multiplication des conflits d’intérêts dans ce domaine) ». « La restauration de la confiance ne passe pas par l’infantilisation et le mépris des parents » ajoute-t-elle. Et d’expliquer que seules la pédagogie, la transparence et l’argumentation permettra de ramener la confiance et de sortir de « l’épidémie de conflits d’intérêt ».

Jackpot de Big Pharma

Cette épidémie est l’autre levier de l’argumentaire de Mme Rivasi. Elle voit dans la pré-annonce d’Agnès Buzyn « l’effet d’aubaine des vaccins pour l’industrie pharmaceutique ».

« Il faut savoir que le chiffre d’affaires de la « Big Pharma » dans cette catégorie d’activité est passé de 6 milliards d’euros en 2006 à 20 milliards en 2012 et à 42 milliards prévus fin 2016. Il ne faut pas que les vaccins deviennent le nouveau jackpot des laboratoires. On peut d’ailleurs s’interroger sur le cadeau fait aux laboratoires par une ministre qui a toujours été proche de l’industrie pharmaceutique et qui a même légitimé les conflits d’intérêts. »

Mme Rivasi n’est pas la première à laisser entendre que la nouvelle ministre de la Santé pourrait être plus ou moins concernée par des situations de conflits d’intérêts. Agnès Buzyn, a dans Le Parisien, répondu à ces allégations : « Je refuse qu’on me colle cette étiquette. Oui, les industriels gagnent de l’argent, mais on ne peut pas réduire la question de la vaccination à l’intérêt des laboratoires ». Il est fort possible que la ministre soit bientôt interrogée sur le même sujet. Mêmes causes, mêmes effets.

A demain