Alcool : Agnès Buzyn défend les bonbons mojito et les yaourts pina colada. Pourquoi ?

Bonjour

On pouvait, hier, lire ceci dans Le Parisien (Elsa Mari) : « L’amendement qui prévoyait de taxer ces bonbons au goût alcool a été rejeté par les députés, avec l’appui de la ministre de la Santé ». Ou encore : « Les bonbons mojito ne seront pas taxés ! ».  France Info : « L’Assemblée rejette la taxe sur les bonbons « saveur cocktail » et les vins aromatisés », avec le soutien d’Agnès Buzyn et au grand dam des addictologues et des défenseurs de la santé publique. Comment comprendre ?

Depuis longtemps l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA) dénonçait le fait que des industriels puissent indirectement faire de la publicité pour leurs boissons alcooliques via différents produits alimentaires ne contenant pas d’alcool tout en y faisant ouvertement référence (une déclinaison alcoolique des antiques « cigarette en chocolat ».

En juillet dernier,  sur RMC-BFMTV le Dr William Lowenstein parlait de « cynisme commercial criminel » – alors même que nous sommes, avec le président Macron, censés être dans le « quinquennat de la prévention ». « Quel est l’intérêt d’initier les mômes au goût alcool avec de telles images ? » Pourquoi pas des sucettes au goût d’ecstasy ?des chewing-gums néo-cocaïnés ?. Le président de SOS Addictions attendait alors, avec impatience, la réaction des tutelles et, tout particulièrement, « celle de la Direction Générale de la Santé ». On imagine, aujourd’hui, sa déception.

« Saveur rhum »

Un espoir été pourtant né quand, mi-novembre, le Sénat vota un amendement destiné à taxer plus lourdement les produits alimentaires « faisant référence à l’alcool ». Et c’est cet amendement que l’Assemblée nationale vient de rejeter avec le soutien de …. la ministre des Solidarités et de la Santé. Alors même que cette dernière s’était déclarée favorable à cette initiative. Selon elle le fait de taxer ces aliments risquait d’être censuré par le Conseil constitutionnel « dont la jurisprudence sur la fiscalité comportementale est très stricte ». (sic)

« L’amendement n’est pas passé car il aurait conduit à taxer davantage des produits qui font référence à l’alcool  – comme de la glace « saveur rhum » – que l’alcool lui-même comme du rhum, a précisé le ministère de la Santé au Parisien. On n’abandonne pas l’idée, on va la retravailler peut-être dans le cadre d’une proposition de loi. On pourra même aller plus loin, jusqu’à l’interdiction de ces produits ». Reculer pour, après-demain, mieux sauter ? Qui y croit ?

Amine Benyamina, psychiatre et addictologue à l’hôpital Paul-Brousse (Villejuif) : « Les députés ont voté sous l’influence direct des lobbys qui veillent au grain. En matière de santé publique, c’est un message déplorable. On touche le fond ». Bernard Jomier, médecin et sénateur (apparenté socialiste, Paris) : « Ces produits sont conçus pour les emmener vers une consommation d’alcool, elle entraîne des addictions. On trouvera des moyens d’en reparler. Hors de question d’abandonner ce combat ».

A demain

@jynau

 

Médicaments bientôt plus chers : Agnès Buzyn recommande de ne plus acheter de «marques »

Bonjour

Invitée ce 27 novembre sur France Inter Agnès Buzyn a confirmé l’information donnée la veille par Le Parisien (Sébastien Lernould et Daniel Rosenweg). Certaines complémentaires santé refuseront à partir de janvier 2019 de prendre en charge les « honoraires de dispensation » des pharmaciens. Ce sera donc au patient de payer la différence.

Le Spasfon®, des sirops pour la toux, des sprays nasaux, des somnifères… Autant de médicaments de la vie courante, souvent prescrits par les médecins généralistes. Le Parisien :

« La faute à une réforme de 2017, qui va entrer progressivement en application à partir du mois de janvier. Depuis 2015, les pharmaciens perçoivent des « honoraires de dispensation » pour compenser la baisse de leur marge, causée par la baisse forcée du prix des médicaments remboursables. Jusqu’au 31 décembre, lorsqu’ils vendent une boîte de médicaments prescrite, les pharmaciens touchent 1,02 € fixe. Mais le patient n’y contribue pas : c’est l’Assurance maladie, pour les deux tiers, et les complémentaires pour le tiers restant, qui règlent la note. »

« Dans certains cas, le patient va devoir mettre la main à la poche. ‘’L’Assurance maladie nous l’a confirmé lors d’une réunion de travail le 14 novembre : si leurs contrats ne prévoient pas de rembourser les médicaments à 15 % ou 30 %, les complémentaires santé ne participeront pas aux honoraires du pharmacien’’, révèle Philippe Gaertner, président de la FSPF (Fédération des syndicats pharmaceutiques d’officine). Ce sera donc au patient de régler  »s’étrangle-t-il. »

4,31 euros pour une boîte de Stilnox®

Calcul du Parisien à l’attention de ses lecteurs : en 2020, année de la dernière étape de la réforme, si le patient insomniaque entend se faire rembourser sa boîte de Stilnox® , celle-ci lui coûtera beaucoup plus cher qu’aujourd’hui. En comptant la franchise médicale (0,46 €), le prix de la boîte avec la part Sécu (2,63 €) et ce que le patient doit régler aux pharmaciens à la place de la complémentaire (1,22 €), il sera contraint de payer au total 4,31 €. Soit 64 % de plus…

Paradoxe : s’il veut moins débourser, le patient aura intérêt à… ne pas demander de remboursement ! L’explication ? Avec la réforme, les « honoraires de dispensation » ne seront déclenchés qu’en cas de de demande de remboursement. « Il aura donc intérêt à ne pas le faire », résume Philippe Gaertner. En effet, la boîte lui reviendra à 3,09 €. Et le pharmacien ne percevra pas, alors, ses honoraires.

Interrogée par Le Parisien, l’Assurance maladie n’a pas donné suite. Mais Agnès Buzyn a répondu : les Français doivent, en substance, abandonner les « marques » et toujours préférer les génériques.

La ministre des Solidarités et de  la Santé a aussi annoncé, au micro de Nicolas Demorand et de Léa Salamé, le remboursement à venir d’une marque de préservatifs – sur prescription médicale – à la suite à d’un avis favorable rendu par la Haute Autorité de Santé et de négociations serrées sur le prix. . Les journalistes lui demandent, naturellement, le nom de cette spécialité remboursée. La ministre l’avait oublié…. La preuve, dit-elle en souriant, qu’elle ne s’intéresse vraiment pas aux « marques ».

A demain

@jynau

 

Face à la paralysie des antibiotiques, que penser des phages thérapeutiques de Géorgie ?

Bonjour

16 novembre 2018. « Se soigner sans antibiotiques c’est possible ! » clame la manchette du Parisien (Elsa Mari). Qui ajoute : « Un traitement étonnant : la phagothérapie » Et Aujourd’hui en France de vanter les possibles mérites d’une thérapeutique « très répandue en Géorgie » et qui « apparaît comme une solution crédible ». Tout en mentionnant l’existence d’un circuit actif de tourisme médical (« Se soigner en Géorgie » 1).

Le cadre promotionnel est parfait avec la « Semaine mondiale pour le bon usage des antibiotiques » et les innombrables interventions médiatiques expliquant l’épuisement progressif de ces médicaments et la gabegie dont il font l’objet. Le Parisien :

 « Alors, dans ce tableau si noir, des patients se chuchotent un traitement de la dernière chance, miracle pour certains, la phagothérapie. De quoi parle-t-on ? De la médecine des phages, des virus naturels que l’on trouve partout, dans les sols, les eaux des lacs, des égouts et capables de manger les bactéries mêmes les plus coriaces, responsables d’infections des os ou des poumons. »

Médecine abandonnée

C’est aussi, un siècle plus tard, la redécouverte d’une approche pasteurienne. Et le quotidien de citer le Dr Alain Dublanchet, médecin microbiologiste :  « Avant d’être enterrée définitivement, en France, dans les années 1980, face au succès des antibios, elle avait guéri des milliers de patients. On avait des collections de phages dans les labos de Pasteur, tout a été jeté. On a abandonné cette médecine ». « En 2016, une société française est parvenue à fabriquer des phages de bonne qualité, testés, chez quelques malades graves principalement à l’hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon, en complément des antibiotiques, ajoute Le Parisien. La plupart souffraient d’infections très sévères. ‘’Sur les 5 traités, 4 n’ont plus de signe d’infection, se réjouit Tristan Ferry, chef du service adjoint adjoint au département des maladies infectieuses. C’est un énorme succès, on est dans un tournant de l’histoire de la phagothérapie’’. ».

Pourquoi ne pas importer les phages thérapeutiques de Géorgie ? Le Dr Caroline Semaille (Agence nationale de sécurité du médicament) explique n’avoir  « aucun moyen de connaître leur qualité ». « Si cette thérapie suscite encore beaucoup d’interrogations, elle est pleine d’espoir. Dès qu’il y aura une production plus importante, on délivrera des autorisations temporaires d’utilisation ».

 A demain

1 Site où l’on peut lire ceci :

« Puis-je être soigné par phagothérapie ? Contactez-nous, communiquez nous de quelle infection (bactérie) vous êtes atteint, et fournissez nous le plus d’informations possibles sur vos antécédents médicaux. Nous vous répondrons dans un premier temps pour vous dire si vous êtes a priori éligible à ce traitement. Si la réponse est favorable, nous vous ferons passer des tests pour trouver le phage virulent contre votre infection et vous soigner.

 « La phagothérapie est interdite en France, Parce qu’en dépit des recherches en cours qui lui sont toutes favorables (lisez les nombreux exemples, et visionnez les vidéos), cela ne rentre pas dans les cases administratives de nos pays occidentaux. La phagothérapie n’est pas un médicament, il n’y a qu’à se baisser pour trouver des phages, sa validation, non brevetable, couterait très cher sans rien rapporter!  »

Homéopathie politique : un sondage du Parisien embarrassera au plus haut point Agnès Buzyn

Bonjour

Sur fond de grogne carburante montante voilà un sondage qui hérissera l’exécutif. Publié aujourd’hui dans Le Parisien il établit que près de trois Français sur quatre sont opposés au déremboursement des spécialités homéopathiques (assuré aujourd’hui par la Sécurité sociale à hauteur de 30 %). Des résultats politiquement bien embarrassants.

On connaît le contexte. Au départ, en mars dernier, une tribune au vitriol anti-homéopathie de cent-vingt quatre praticiens dans Le Figaro. Suivie d’une très mauvaise communication de la ministre de Solidarités et de la Santé. Puis l’organisation de la résistance médiatique du camp homéopathique.

Puis après mille et un atermoiements et propos contradictoires la décision prise par Agnès Buzyn de demander à la Haute Autorité de santé (HAS) d’évaluer l’efficacité de cette pratique et le bien-fondé de son remboursement par la collectivité. Et ce alors même que cette même HAS (hier encore présidée par Mme Buzyn) a d’ores et déjà fait connaître sa position « anti ». C’était en juillet dernier :

« La Commission s’étonne du maintien du taux de remboursement à 30% des médicaments homéopathiques à nom commun compte tenu du taux de remboursement à 30% voire 15% de médicaments ayant fait la preuve de leur efficacité ».

Et puis voici l’automne et ce sondage auprès de 2 000 citoyens  : 77% des Français ont déjà pris des spécialités homéopathiques et en ont une « bonne image » et 74 % sont opposés à l’arrêt de leur remboursement.

Radicalisation

« Il est clair que l’arrêt de n’importe quel remboursement génère une opposition de l’opinion mais celle-ci est tout de même à mettre en relation avec les bénéfices dont les Français disent tirer de l’homéopathie, qui a un véritable ancrage dans leur pratique de soins », analyse Luc Barthélémy, directeur santé d’Ipsos.  « Nous voulons porter le débat au niveau scientifique et interpeller le public, dire que le réflexe homéopathie peut créer des retards de prise en charge pour certaines pathologies », attaque le Dr Céline Berthié, porte-parole du collectif « anti » qui plaide pour le déremboursement.

Face à cette radicalisation peut-on imaginer que l’état de d’opinion publique soit pris en compte par un exécutif rationaliste ? Quels seront les ressorts politique de la prise de décision ? En avril dernier Agnès Buzyn déclarait sur RMC-BFMTV  que l’homéopathie continuerait à être remboursée. Et ce même si c’est « probablement un effet placebo » (sic).  « Les Français y sont attachés, si cela peut éviter le recours à des médicaments toxiques (re-sic), je pense nous y gagnons collectivement, expliquait-elle…  ça ne fait pas de mal ! ». Puis en mai, sur France Inter elle expliquait que si elle était utile, elle resterait remboursée. « Si elle est inutile, elle arrêtera de l’être, indiquait la ministre de la santé. Le problème de l’homéopathie est qu’elle n’a jamais été évaluée comme les médicaments. »

Puis à nouveau sur France Inter, en septembre :

 « La première question c’est : est-ce qu’il faut continuer à rembourser à 30 % l’homéopathie alors que tous les médicaments remboursés aujourd’hui par la Sécurité sociale sont évalués pour leur efficacité. J’ai simplement demandé à la Haute Autorité de Santé qu’elle évalue l’homéopathie comme n’importe quel médicament. Si elle montre que c’est efficace, ça continuera à être remboursé. Mais ce n’est pas parce que ce n’est plus remboursé que ça ne pourra plus être prescrit (…) moi je fais confiance à ce qui est évalué scientifiquement. « Car je suis rationnelle. Je suis incroyablement rationnelle. Je crois en la science et donc je crois en la preuve scientifique. »

 Quid, dans ce paysage, des méandres de la politique et de ceux de l’effet placebo ?

A demain

 

 

Cancer du sein : dénigrement et nouvelle polémique sur son dépistage – dans Le Parisien

Bonjour

Pourquoi lui, et pourquoi ici ? Lui : le Pr Norbert Ifrah. Ici : Le Parisien repris par Le Point : « Les détracteurs du dépistage du cancer du sein sont ‘’irresponsables’’. Le patron de l’Institut national du cancer  dénonce la campagne de dénigrement organisée sur les réseaux sociaux. »

Ainsi donc le directeur de l’Institut national du cancer (INCa), un homme « de nature plutôt discrète », a décidé de réagir face à la montée des critiques qui touchent le dépistage du cancer du sein. En France, nous dit-on, moins d’une femme sur deux se fait dépister à partir de 50 ans. Un chiffre loin d’être satisfaisant pour ce cancérologue. Le Pr Ifrah :

« On assiste en France à une campagne de dénigrement surréaliste, notamment sur les réseaux sociaux. Ses détracteurs, peu nombreux, mais très actifs, sont irresponsables. N’oublions pas que 59 000 nouveaux cancers du sein sont détectés chaque année et que 12 000 femmes en meurent. »

Principal argument, récurrent, des détracteurs :  le risque de « sur-diagnostic » – la détection des lésions qui n’auraient pas forcément évolué en cancer du vivant de la femme et qui ne nécessiteraient pas d’interventions – bien au contraire. Réplique mesurée du Pr Ifrah : « un certain nombre de cancers localisés n’évoluent pas, sans que l’on sache pourquoi ; 80 % vont évoluer, d’où la nécessité d’un suivi régulier (…)  Je ne dis pas qu’il y a zéro opération inutile, mais elles sont très peu nombreuses (…) avec le dépistage organisé, on épargne à près de 12 % des femmes une chirurgie lourde ». Pour le Pr Ifrah « d’après les études mondiales, le dépistage permet d’éviter entre 15 et 20 % de décès ».

Et le PrIfrah de conclure : « C’est pour cela que lire sur les réseaux qu’il existerait de faux cancers me sidère. Ce terme, catastrophique, est nuisible».

Que répondront les réseaux ?

A demain

@jynau

 

 

Tuer volontairement un fœtus de huit mois pourrait-il être considéré comme un assassinat ?

Bonjour

A la lisière du droit. C’est une information d’actu.fr 78 et du Parisien « Yvelines : la femme enceinte poignardée perd son bébé, son agresseuse avoue » (Mehdi Gherdane et Julien Constant). Elle est reprise par le site Gènéthique qui parle d’homicide.

Le 25 octobre, rue du Président-Wilson à Limay (Yvelines), une femme enceinte de huit mois âgée de 31 ans a perdu son bébé à la suite d’une agression d’une particulière violence : attaquée devant son domicile elle a reçu sept coups de couteaux dans le ventre et au niveau de la gorge. L’agresseur, une femme de 38 ans, a agi par jalousie : ancienne compagne du père, elle voulait lui faire perdre son bébé. « L’intention de tuer le bébé était manifeste », explique une source proche du dossier.

Face à l’urgence, un hélicoptère de la Sécurité civile a été appelé, s’est posé dans la cour de l’école toute proche puis a évacué la femme vers l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Le fœtus de huit mois n’a pas survécu aux graves lésions provoquées par l’agression.

L’auteure des faits, interpellée, est passée aux aveux. Elle a été déférée ce week-end devant les magistrats de Versailles. Elle est poursuivie pour « tentative d’assassinat ». « Tentative » car les magistrats « s’interrogeraient » sur le « statut juridique » du fœtus de huit mois. Le chef de mis en examen peut-il varier selon le degré de viabilité du fœtus ?

« Mortinaissance »

Pour saisir la complexité du sujet 1  on peut, ici, conseiller de lire sur le site Gènéthique une étude juridique signée  Jerry Sainte-Rose L’ancien avocat général à la Cour de cassation  s’interroge sur le « statut de l’enfant à naître ». A partir d’un cas jugé le 14 février 2014 étendant l’homicide involontaire d’autrui au cas de l’enfant à naître (puis réformé par la cour d’appel le 5 février 2015) il souligne les contradictions de décisions de justice. Extrait :

« Pour faciliter le travail de deuil des parents confrontés à la mortinaissance [venue au monde d’un enfant  mort-né] la loi du 8 janvier 1993 a prévu qu’un acte d’enfant sans vie peut être porté sur le registre des décès. Cet acte qui officialise un événement, exprime une filiation, auquel sont attachés certains droits sociaux, est exploitable comme tout autre acte de l’état civil et sa transcription sur le livret de famille est autorisée. Bien qu’il ne bénéficie pas de la personnalité juridique, l’enfant mort-né est socialement reconnu comme une personne et non comme une chose. Comment ne pas le reconnaître comme ‘autrui’ au sens du droit pénal ? »

Et Gènéthique de poursuivre : comment ne pas envisager que l’enfant à naître, comme tel, puisse être victime, même accidentellement, d’un homicide ? Et, en l’espèce, d’un homicide volontaire avec préméditation.

A demain

@jynau

1 On peut ici se reporter avec le plus grand intérêt à l’ouvrage du Pr Claude Sureau : « Son nom est personne » (Albin Michel, 2005)

 

Insupportable : les personnes souffrant de maladie de Parkinson privées de leur médicament

Bonjour

« Médicaments : la grande pénurie » titre Le Parisien Aujourd’hui en France (Elsa Mari et Florence Méréo). Et de donner des extraits de la liste des 530 (je dis cinq cent trente) médicaments en « rupture de stock » ou en » tension d’approvisionnement » 1. « Indigne » éditorialise Nicolas Charbonneau, rappelant que les médicaments ne sont pas des produits comme les autres et que les malades ne sauraient être confondus avec des consommateurs.

Et le quotidien d’interroger Didier Robiliard, président de France Parkinson, association qui vient de lancer une pétition pour non-assistance à personnes en danger.

« Nous,

Malades de Parkinson, soutenus par toutes les personnes proches qui vivent au quotidien à nos côtés, par tous les professionnels qui partagent et comprennent la gravité de notre maladie, par toutes les personnes qui perçoivent ce qu’une rupture de traitement peut induire dans la maladie de Parkinson, appelons à une mobilisation massive, appelons au rassemblement pour dénoncer avec colère et inquiétude les ruptures récurrentes  de médicaments auxquelles nous sommes confrontés.

Après des épisodes répétés de rupture en début d’année il est maintenant annoncé une rupture pour une durée de 7 mois d’un médicament (Sinemet©, du laboratoire MSD) ! D’autres sont à venir, nous le savons ! Ce médicament est  un médicament de fond dans la prise en charge d’un grand nombre de personnes malades de Parkinson. Outre la gravité médicale, l’absence de ce traitement plonge le malade dans une détresse physique et morale terrible.

Nous alertons les pouvoirs publics sur le risque aigu que font porter ces ruptures sur la santé de personnes déjà durement touchées par la maladie. Nous demandons que cessent ces situations inacceptables ! Nous réclamons que des sanctions soient prévues envers les laboratoires ne remplissant pas leur devoir d’approvisionnement afin que cesse ce nouveau scandale sanitaire.                    

Nous en appelons à la présidence de la République et au gouvernement afin que soit trouvée une réponse urgente à ces  problèmes qui mettent en danger les malades et en cause la crédibilité de nos instances politiques. »

Jusqu’en mars 2019

Le Sinemet©  a un « service médical rendu important dans la maladie de Parkinson et les syndromes parkinsoniens d’origine neurodégénérative ». Son indisponibilité ? Voici tout ce que dit aux patients l’Agence nationale de sécurité du médicament :

« Le laboratoire MSD rencontre actuellement des difficultés de production entraînant l’indisponibilité de certains dosages de Sinemet©. Les ruptures de stock ont débuté fin août 2018 et devraient se poursuivre jusqu’en mars 2019. Les patients actuellement traités par Sinemet© sont invités à consulter leur médecin traitant afin qu’il évalue au cas par cas la conduite à tenir.  Ils ne doivent en aucun cas changer leur traitement sans avis médical. »

Pour le président de France Parkinson la situation actuelle est intolérable et il annonce que son association « va faire du bruit ». « On va alerter encore et encore. Ce qui se passe est une non-assistance à personne en danger. » Qui sera jugé ? Qui sera condamné ?

A demain

@jynau

1 Sur ce sujet se reporter au récent rapport d’information du Sénat : « Pénuries de médicaments et de vaccins : renforcer l’éthique de santé publique dans la chaîne du médicament »