Cancer du sein : dénigrement et nouvelle polémique sur son dépistage – dans Le Parisien

Bonjour

Pourquoi lui, et pourquoi ici ? Lui : le Pr Norbert Ifrah. Ici : Le Parisien repris par Le Point : « Les détracteurs du dépistage du cancer du sein sont ‘’irresponsables’’. Le patron de l’Institut national du cancer  dénonce la campagne de dénigrement organisée sur les réseaux sociaux. »

Ainsi donc le directeur de l’Institut national du cancer (INCa), un homme « de nature plutôt discrète », a décidé de réagir face à la montée des critiques qui touchent le dépistage du cancer du sein. En France, nous dit-on, moins d’une femme sur deux se fait dépister à partir de 50 ans. Un chiffre loin d’être satisfaisant pour ce cancérologue. Le Pr Ifrah :

« On assiste en France à une campagne de dénigrement surréaliste, notamment sur les réseaux sociaux. Ses détracteurs, peu nombreux, mais très actifs, sont irresponsables. N’oublions pas que 59 000 nouveaux cancers du sein sont détectés chaque année et que 12 000 femmes en meurent. »

Principal argument, récurrent, des détracteurs :  le risque de « sur-diagnostic » – la détection des lésions qui n’auraient pas forcément évolué en cancer du vivant de la femme et qui ne nécessiteraient pas d’interventions – bien au contraire. Réplique mesurée du Pr Ifrah : « un certain nombre de cancers localisés n’évoluent pas, sans que l’on sache pourquoi ; 80 % vont évoluer, d’où la nécessité d’un suivi régulier (…)  Je ne dis pas qu’il y a zéro opération inutile, mais elles sont très peu nombreuses (…) avec le dépistage organisé, on épargne à près de 12 % des femmes une chirurgie lourde ». Pour le Pr Ifrah « d’après les études mondiales, le dépistage permet d’éviter entre 15 et 20 % de décès ».

Et le PrIfrah de conclure : « C’est pour cela que lire sur les réseaux qu’il existerait de faux cancers me sidère. Ce terme, catastrophique, est nuisible».

Que répondront les réseaux ?

A demain

@jynau

 

 

SAMU en justice : Didier 51 ans et tabagique, n’est pas mort d’avoir «mangé des épices»

Bonjour

« Un médecin du Samu bientôt jugé pour non-assistance à personne en péril » révèle Le Point (Marc Leplongeon). Une affaire qui n’est pas sans faire songer à celle qui, à Strasbourg, conduisit à la mort de Naomi Musenga, 22 ans, en décembre dernier.

Les faits datent du 9 avril 2010. Dans la nuit Stéphanie, l’épouse de Didier, compose le 15 du Samu 31 (hôpital Purpan – Toulouse). Très inquiète, elle explique que son mari a très mal à la poitrine, sue abondamment et paraît soudainement très fatigué. Il semble avoir du mal à respirer. « Il ne peut pas ouvrir la main », explique Stéphanie. Avant de poursuivre : « Il a perdu la boule. » Didier n’est pas capable de tenir une conversation et ne peut pas prendre le téléphone. Sur l’enregistrement de la conversation, on entend ses gémissements et ses cris de douleur.

Le malade a pris du Gaviscon (un traitement symptomatique du reflux gastro-œsophagien) qui ne l’a pas soulagé. « Mais Jean-Pierre, un des médecins libéraux expérimentés qui participe ce soir-là, à la régulation de la permanence des soins du Samu 31, et qui y travaille depuis 2008, ne paraît pas s’alarmer outre mesure. Son interrogatoire est lapidaire, rapporte Le Point. ‘’Lacunaire’’, dira plus tard la justice. Il ne pose que quelques questions types : Avez-vous bu de l’alcool ? Êtes-vous pris de vomissements ? De diarrhées ? Avez-vous de la fièvre ? Quels sont vos antécédents médicaux ? etc. ». Le Point :

« Dans le doute, Jean-Pierre fait tout de même appel à un praticien de SOS Médecin pour se rendre chez Didier pour une simple visite domiciliaire. Mais aucune urgence n’est évoquée au téléphone, Jean-Pierre se contentant de parler de ‘’violentes douleurs épigastriques avec une gêne respiratoire’’. ‘’ Il y a une épidémie de mal à l’estomac ce soir. Il a dû manger des épices’’, ajoute le médecin. Didier décède dans la soirée d’un infarctus du myocarde. Quelques jours plus tard, Stéphanie, son épouse, porte plainte contre le Samu, l’hôpital Purpan de Toulouse et les deux médecins. »

Infarctus du myocarde

Le juge d’instruction saisi de l’affaire prononcera un non-lieu général, estimant que le délit d’omission de porter secours n’est pas constitué – puisqu’il n’est pas prouvé que les médecins ont eu « conscience du caractère de gravité du péril » auquel se trouvait confronté Didier. La famille fait appel et la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse, le 11 septembre 2018, décide de renvoyer Jean-Pierre devant le tribunal correctionnel. S’appuyant sur les analyses de deux spécialistes et des enregistrements vidéo, elle juge que le médecin ne pouvait « se méprendre » sur le risque auquel était exposé Didier. L’un des experts note : « à aucun moment, l’origine coronarienne ou aortique de la douleur n’a été évoquée ».

« En matière de prise en charge en urgence d’un patient, il ne s’agit pas de faire un diagnostic téléphonique précis, mais de savoir suspecter un diagnostic grave qui pourrait mettre en jeu le pronostic vital du patient ; qu’en l’espèce, à l’âge de 51 ans, dans le contexte d’un tabagisme porté à la connaissance des intervenants, les symptômes de Didier devaient être considérés jusqu’à preuve du contraire comme des manifestations douloureuses pseudo-digestives associées à des manifestations vagales d’un infarctus du myocarde. »

Selon Le Point la Cour de cassation vient de confirmer le renvoi du médecin devant le tribunal correctionnel pour que l’affaire soit tranchée au fond. La Cour de cassation note : « Aucun test n’est proposé pour valider ou infirmer l’hypothèse d’un syndrome coronarien aigu ; les conseils prodigués consistent à demeurer allongé pour éviter un malaise vagal et à prendre de l’Omeprazole (un inhibiteur de la pompe à protons réduisant la sécrétion acide de l’estomac) alors que deux médicaments similaires ont déjà été tentés. »

Pour sa part le CHU de Toulouse souligne qu’il a « collaboré activement à l’instruction et a transmis le dossier médical ainsi que les bandes d’enregistrement du Samu (sic) », dont les professionnels « assurent tous les jours leur mission de service public de prise en charge des urgences médicales avec un haut degré d’exigence ».

A demain

@jynau

Journalisme et vérité : faut-il exécuter celles et ceux qui créent de l’anxiété généralisée ?

Bonjour

Le premier qui ne dira pas la vérité vraie devra être exécuté. Didier Raoult, 66 ans, est un biologiste, professeur de microbiologie, spécialiste des maladies infectieuses et des virus atypiques. C’est aussi un invité régulier de l’hebdomadaire généraliste Le Point – il y signe des chroniques acidulées tendant généralement à bousculer les priorités médiatiques sur des sujets aux frontières de ses compétences scientifiques.

Aujourd’hui la chronique du Pr Raoult est intitulée «  Et si on lançait un délit de création d’anxiété ». C’est une mise en abyme qui ne cite pas clairement sa cible prioritaire : une petite catégorie de journalistes, ceux qui jouent (ou relaient) les lanceurs d’alerte – des lanceurs systématiques ne hiérarchisant jamais ou presque leurs lancements. Face à eux, et au vu de leurs méfaits, le Pr Raoult juge que le moment est venu de créer un nouveau délit en France, « pays qui doute de lui-même et qui consomme énormément d’anxiolytiques ». Ecoutons un instant ce biologiste se piquant de journalisme et de justice.

« L’angoisse et l’anxiété tuent. Dans les pays développés, les causes de mortalité qui augmentent, et plus particulièrement aux Etats-Unis dans la population d’origine européenne, ce sont les suicides et la consommation excessive de dérivés d’opium pour calmer les douleurs et les inquiétudes. La France est l’un des pays qui consomment le plus d’anxiolytiques. L’alcool est partiellement utilisé aussi pour calmer les angoisses. Notre société est terriblement anxiogène. Les peurs maniées par les puritains et par une certaine presse (sic) ajoutent à l’angoisse généralisée. Certains ont tellement été marqués par ces peurs et par les notions de l’absence de seuil à l’exposition, comme pour l’amiante, qu’ils ont porté plainte maintenant pour délit de création d’anxiété. Pourtant le risque de contracter un cancer en passant dans une pièce où il y a de l’amiante à cause de cette exposition est nul. Je pense que ce délit, pour être nouveau, devrait effectivement faire l’objet d’une loi. »

 Ravages médiatiques écologiques

Il explique encore que tous les jours, de « fausses alertes », propagées par des « scientifiques approximatifs », des angoisses écologiques, ou des peurs d’épidémies, ont leur lot d’inquiétudes propagées à la vitesse d’Internet, sans jamais recevoir de vérification. « Dans mon monde, qui est celui des maladies infectieuses, les différentes ‘’crises’’ concernant le bioterrorisme, la maladie de la vache folle, les deux grippes aviaires, le chikungunya et Ebola ont fait, dans notre pays, moins de dix morts en l’espace de vingt ans » précise-t-il.

« Tous les jours, nous lisons comme étant des certitudes que l’ensemble des pesticides ou herbicides qui nous sont proposés constituent des dangers reconnus par tout le monde, mais cela est faux, ceci représente une partie de l’opinion, et certainement pas celle des scientifiques les plus rigoureux (…) qui, pour l’instant, ne considère pas le bisphénol comme étant toxique ni le glyphosate comme étant cancérigène, et l’influence des lobbys chimiques dans ce domaine semble bien moins forte que celle de la peur écologique. »

Le Pr Raoult connaît bien les corrélations entre la peur et les audiences médiatiques. En 2015 ce microbiologiste atypique avait publié un livre sur ce thème :  « Votre Santé Tous les mensonges qu’on vous raconte », Michel Lafon). C’était à l’époque de la sortie d’un ouvrage de deux de ses collègues, les Prs François Bricaire et Jean-Philippe Derenne, « Pandémie : la grande menace de la grippe aviaire » (Editions Fayard)

Aujourd’hui, nouvelle étape dans ce chemin de croix : « créer une loi pour poursuivre ceux qui ont suscité une angoisse caractérisée sans avoir les éléments pour pouvoir le faire ». Qui le suivra ?

A demain

 

« Affaires » et Levothyrox : piquée au vif, voici l’Agence nationale du médicament qui se rebiffe

Bonjour

Du journalisme et de l’industrie pharmaceutique. C’est une sous-affaire éclairante dans une vaste affaire sur laquelle on peine durablement à faire la lumière. Résumons. Une pétition « contre le secret des affaires » dans le champ de la santé publique vient d’être lancée par une association de malades de la thyroïde : « Contre le « secret des affaires » en matière de santé publique. Pour la transparence et la traçabilité des médicaments ». Où l’on retrouve le Dr Philippe Sopena, conseiller médical de l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT). Cette dernière regroupe des patients qui se plaignent des effets secondaires de la nouvelle formule du Levothyrox de la firme pharmaceutique Merck.

A l’heure où nous écrivons ces lignes (le 29 septembre) cette pétition (adressée à Agnès Buzyn) a recueilli plus de 23 000 signatures. Les auteurs exigent, au nom de la sécurité sanitaire « une totale transparence sur l’origine de tous les composants de nos médicaments et la traçabilité de leur fabrication ». Ils ne « comprennent pas que l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) puisse faire prévaloir les intérêts commerciaux d’une firme sur la protection de la santé de tous ». Ils entendent que, chaque fois que nécessaire, en application du « Droit à la protection de la santé » garanti par le Préambule de la Constitution, « la protection du ‘’secret des affaires’’  au profit de quelques-uns ne puisse pas prévaloir sur des exigences de sécurité sanitaire qui bénéficient à tous ».

Secrets légalement protégés

Comment en est-on arrivé là ? Voici la version de l’AFMT :

« L’histoire commence le 23 avril dernier, quand Me Emmanuel Ludot, avocat rémois qui défend plusieurs malades avec son confrère Gauthier Lefèvre (lire [sur le site Les Jours]  l’épisode 10, « Levothyrox : et maintenant, une plainte pour “trafic d’influence” »), demande, pour le compte d’une plaignante, une copie de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) du Levothyrox, étape nécessaire au lancement d’un nouveau médicament et délivrée après des essais cliniques. L’Agence du médicament (ANSM) ne lui répond que le 4 septembre en lui envoyant une copie tronquée du documentoù, à la page 8, invoquant le secret des affaires, l’agence a effacé des informations essentielles, en particulier le lieu de production et le nom de l’entreprise qui fabrique le principe actif de la nouvelle formule. Impossible donc d’établir la traçabilité du Levothyrox actuellement en pharmacie, celui qui génère tant d’effets indésirables au point que nombre de malades se fournissent en ancienne formule à l’étranger ou se sont reportés sur de nouveaux remèdes introduits à la hâte depuis quelques mois en France, mettant fin au monopole de Merck auprès de… 3 millions de patients. »

De fait, dans une lettre datée du 4  septembre, dont l’Agence France-Presse a obtenu une copie, signée de son service juridique et adressée à l’avocat, l’ANSM précise que cette transmission du document se fait « sous réserve de l’occultation préalable des mentions susceptibles de porter atteinte aux secrets légalement protégés, et notamment à la protection du secret des affaires ». L’association dénonce cette protection du secret industriel et commercial, en faisant référence à la loi « très récente et très controversée » du 30 juillet, dite « loi du secret des affaires ».

Journalisme et relations publiques

C’est euphémiser que de dire que la direction de l’ANSM n’a guère apprécié cette attaque. Elle vient de le faire savoir par un communiqué dans lequel elle « dément dissimuler des informations ».

« Suite au courrier de Maitre Ludot (28/09/2018)  (218 ko) adressé à l’ANSM en date du 23 avril 2018, l’ANSM lui a transmis le 4 septembre 2018 la décision du 8 juin 2018 (28/09/2018)  (1339 ko) compilant toutes les modifications intervenues sur les annexes de l’AMM de Levothyrox depuis la première décision d’AMM en 1982.

Dans l’annexe II de la décision du 8 juin 2018  figure notamment la rubrique Nom et adresse du (des) fabricant(s) de la (des) substance(s) active(s) d’origine biologique lorsque le médicament est un médicament biologique. La lévothyroxine n’étant pas une substance active d’origine biologique, la rubrique Nom et adresse du (des) fabricant(s) de la (des) substance(s) active(s) d’origine biologique  qui figure page 8 de cette décision est « sans objet ». Le contenu n’a donc pas été occulté puisque non applicable.

 Les accusations d’avoir attendu l’entrée en vigueur de la loi du 30 juillet 2018 relative à la protection du secret des affaires pour dissimuler des informations sont infondées. Les obligations légales que doit respecter l’ANSM en la matière sont en vigueur depuis la loi du 17 juillet 1978. La loi du 30 juillet 2018  a uniquement remplacé les mots « en matière commerciale et industrielle » par les mots « des affaires » qui figurait au 1° de l’article L. 311-6 du Codes des relations entre le public et les administrations (CRPA). » 

Et c’est dans ce contexte, précise l’AFP, qu’un « collectif de journalistes » 1, vient de lancer la  pétition  Informer n’est pas un délit, (et de publier un livre) « Bientôt, les journalistes et leurs sources pourraient être attaqués en justice par les entreprises s’ils révèlent ce que ces mêmes entreprises veulent garder secret » écrivent-ils. George Orwell, avant eux, avait déjà tout dit :

« Le journalisme consiste à publier ce que d’autres ne voudraient pas voir publier. Tout le reste n’est que relation publique ».

Orwell ne connaissait pas l’ANSM.

A demain

1 Elise LUCET, France 2, Fabrice ARFI, Mediapart, Gérard DAVET, Le Monde, Fabrice LHOMME, Le Monde, Denis ROBERT, écrivain & documentariste, Mathilde MATHIEU, Mediapart, Hélène CONSTANTY, L’Express & Mediapart, Benoît COLLOMBAT, France Inter, Laurent RICHARD, Premières lignes, Caroline MONNOT, Le Monde, Marine TURCHI, Mediapart, Christophe LABBÉ, Le Point, Olivia RECASENS, Le Point, Jacques-Olivier TEYSSIER, Montpellier Journal, Martine ORANGE, Mediapart, Paul MOREIRA, Premières Lignes.

 

 

Pathologies publiques : rechute alcoolique de Renaud, le cancer de Pernaut, la fièvre de Le Pen

Bonjour

Contagion des réseaux sociaux. Le temps n’est plus où certaines informations, plus ou moins privées, plus ou moins cryptées, n’étaient destinées qu’aux lecteurs, sur papier coloré, de France Dimanche ou d’Ici Paris.

« Renaud hospitalisé et ‘’très touché’’ dans un service spécialisé en addictologie, rapporte Le Figaro (Caroline Coupat). Le chanteur a été admis ce week-end dans une clinique près de Montpellier. Il n’en a pas fini avec son alcoolisme chronique. Il est entré ce week-end pour suivre une nouvelle cure de sevrage dans une clinique de Castelnau-le-Lez, près de Montpellier (Hérault), selon nos confrères du Midi Libre .

L’artiste serait en très mauvaise santé et pourrait rester dans le service plusieurs mois, selon France Bleu Hérault . C’est sa fille Lolita qui aurait poussé son père à prendre cette décision après sa rechute de l’été dernier. Selon Paris Match, ce dernier veut se soigner et s’est rendu à la clinique de son propre chef car il tient à enregistrer un album de chansons pour enfants, dont il envisage la sortie en 2019. »

Ses démons

La clinique « refuse catégoriquement » de communiquer sur la présence du chanteur entre ses murs mais certains patients ont reconnu un Renaud « affaibli et sur ses gardes ».  « C’est le deuxième séjour de l’interprète de Mistral Gagnant dans un service d’addictologie depuis le début de l’année, rappelle Le Figaro. Il a déjà été hospitalisé en février dernier dans un établissement de la région parisienne. À l’époque, son frère David expliquait dans les colonnes du Parisien que Renaud allait bien, apprenait ‘’à se passer de ce breuvage assassin qu’est la bière’’ mais avait ‘’besoin de se réparer’’. Sur sa page Facebook, son équipe parlait d’«une petite cure, rien de grave». Interrogés à la fin de semaine dernière, les responsables de sa maison de disques minimisaient son problème de santé, assurant que le chanteur venait de faire un check-up et qu’il se portait bien. »

Selon la métaphore communément employée Renaud, 66 ans, ne parvient toujours pas « à vaincre ses démons ». Lors de sa dernière apparition à la télévision, en avril,  il répondait difficilement aux questions et disait souffrir de «déprime» et de «mélancolie». Profondément marqué par le décès de son ami Johnny Hallyday en décembre, il aurait alors confié à son frère David « le prochain, c’est moi ».

Montrer l’exemple 

Entre autres médias généralistes Le Point rapporte que Jean-Pierre Pernaut est soigné pour un cancer de la prostate. Le célèbre présentateur (depuis trente ans) du 13 heures de TF1 (cinq millions de téléspectateurs) ne sera pas présent à l’antenne pendant plusieurs semaines, durant sa convalescence. C’est Jean-Pierre Pernaut lui-même qui l’a annoncé à travers une publication sur Twitter – un message destiné à rassurer ses téléspectateurs et ses abonnés. « Je dois m’absenter quelque temps de la présentation du JT de 13 H. J’ai en effet subi une intervention chirurgicale pour un cancer de la prostate. Tout va bien. »

Sa femme, Nathalie Marquay-Pernaut, s’est aussi exprimée à travers ses comptes sur Facebook et Instagram. Elle s’est également chargée de rassurer les fans concernant l’état de santé de son mari. « Rassurez-vous, il va bien, il est très bien entouré de sa famille et ses amis et est très bien soigné. Il m’a toujours soutenue dans mon combat pour ne pas considérer le mot cancer comme un tabou et souhaite montrer l’exemple en étant honnête sur sa situation. À mon tour de le soutenir dans ce combat, ensemble nous sommes plus forts. Son leitmotiv ? Retrouver au plus vite le plateau du JT de TF1 ».

Fièvre persistante

Jean-Marie Le Pen, 90 ans,  a dû être hospitalisé dans la soirée du 25 septembre, près de Paris. Il souffre d’une « fièvre persistante ». Ses proches ont indiqué à l’AFP que ses jours n’étaient « pas en danger ». « L’entourage médical de Jean-Marie Le Pen a estimé nécessaire une hospitalisation afin de prévenir toute complication », précise d’autre part, dans un communiqué, son cabinet.

Le cofondateur du Front National « est d’humeur positive » mais il a dû « reporter la plupart de ses engagements dans les prochains jours », a ajouté son conseiller Lorrain de Saint Affrique. Celui qui présidé le FN près de 40 ans, avait déjà été hospitalisé une dizaine de jours en juin pour une « complication pulmonaire dangereuse » d’origine bactérienne – et ce après une première hospitalisation pour une grippe. C’était en en avril.

A demain

« Le Point » a déclaré la guerre à l’Association nationale de prévention de l’alcoolisme

Bonjour

C’est en dessous du véritable pamphlet. Disons un méchant poulet vinaigré. Il est signé Etienne Gernelle, directeur de l’hebdomadaire Le Point.

« Défendons le vin contre les pisse-vinaigre. Les cochons Napoléon, Boule de Neige et Brille-Babil ont fait des petits. Ces trois personnages de « La ferme des animaux » – l’hilarante et prothétique satire du totalitarisme signée George Orwell – avaient, au moment de leur prise du pouvoir, établi « sept commandements », dont le cinquième était : « Nul animal ne boira d’alcool. »

« Aujourd’hui, les nouveaux Napoléon, Boule de Neige et Brille-Babil sont réunis au sein de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa) 1, une organisation financée par des fonds publics qui sert une cause essentielle, mais déborde parfois de son cadre pour se poser en brigade de la répression du vice et de promotion de la vertu (…). »

Et Gernelle de poursuivre, défendant les viticulteurs (et non les géants alcooliers) contre ce « parti du Bien » ; contre les « croisés prohibitionnistes qui se répandent dans tous les médias pour dénoncer ce ‘’premier verre’’ [référence à une récente publication du Lancet] avatar hygiénique du « péché originel », contre les médias moutonniers ; contre les professeurs de morale (et Le Monde) qui agitent le spectre du « lobby alcoolier »…

Le gin synthétique de George Orwell

Un lobby, observe Gernelle, qui n’a pas réussi à empêcher notre pays de se doter « d’une des législations les plus répressives au monde en la matière » (sic). Certes, reconnaît-il, Emmanuel Macron « ne semble pas très sensible aux commandements hygiénistes » qui se plait à dire « qu’il boit du vin deux fois par jour ». Rappelant la fin de la fable de l’auteur de « 1984 » (dans lequel le gin joue un rôle majeur dans l’asservissement des masses) notre confrère Gernelle conclut : « Nos amis de l’Anpaa seront-ils à la hauteurs des cochons d’Orwell ? »

Non signée, la première réponse de l’Anpaa n’a pas tardé :

« Un article d’une rare élégance qui compare implicitement les défenseurs de la santé publique à des porcs tendance totalitaire… Après l’analogie avec le régime de Vichy en juillet, le #lobby alcoolier a assurément trouvé en @LePoint un bon relais ! ».

Rien de picrocholin ici. Mais bien la dernière illustration en date d’une opposition majeure, de deux mondes dont on voudrait faire croire que tout ou presque les oppose. Faut-il assimiler le fait d’écrire sur le monde du vin 2 comme une condamnable promotion de comportements conduisant à la dépendance alcoolique ? Pour autant comment ne pas réclamer de solides remparts face à la dynamique interne du marché et à la puissance de la publicité ?

C’est dire et redire, ici et face aux lobbies, le poids essentiel de l’action du législatif et de l’exécutif. De ce point de vue on ne peut que regretter les déclarations publiques du président de la République – déclarations déplacées concernant des choix et des consommations qui devraient rester cantonnés à la sphère du privé.

Nonobstant, maintenant, comment sortir des tranchées ? Quel camp agitera, le premier, un drapeau blanc ? Peut-on, en France et entre adultes, parler vrai et réduction des risques ? Répondre non serait désespérer.

A demain

1 « Pisse-vinaigre » ? L’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique et agréée d’éducation populaire, implantée sur l’ensemble du territoire national avec 22 directions régionales coordonnées par son siège national, et animée par de nombreux bénévoles et 1575 professionnels.

2 Sur ce thème, un livre-enquête original, signé d’Ixchel Delaporte, journaliste à L’Humanité : « Les raisins de la misère – une enquête sur la face cachée des châteaux bordelais » (la brune au rouergue).  »

Antidépresseurs : les deux tontons flingueurs de la pharmacie sont de sortie, au Cherche-Midi

Bonjour

Le Point a pris bien des pincettes. Une « exclusivité » associée de mille et une précautions jésuites. L’exclusivité : des extraits d’un livre à paraître : « Dépressions, antidépresseurs. Psychotropes et drogues. Efficacité. Danger. Contre-indications » 21 euros – Cherche-Midi). Les pincettes : un entretien avec le  Pr Antoine Pelissolo (CHU Henri-Mondor, Créteil) dénonçant les simplifications abusives des auteurs de l’ouvrage à paraître ; et une présentation peu banale de Thomas Mahler et Jérôme Vincent :

« Faut-il  avoir peur des antidépresseurs ? Après leur tonitruant « Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux », phénomène éditorial de l’année 2012, « les tontons flingueurs de la pharmacie » (Le Monde) récidivent. Dans « Dépressions, antidépresseurs : le guide » (Cherche-Midi), à paraître la semaine prochaine, le pneumologue Philippe Even  et l’urologue Bernard Debré 1 s’attaquent à un marché estimé à 100 milliards de dollars dans le monde pour l’ensemble des psychotropes, dont 20 milliards de dollars rien que pour les antidépresseurs. Pour ces professeurs, la société s’est, en une quarantaine d’années, considérablement psychiatrisée. Alors qu’à l’époque on ne portait ce diagnostic que pour des mélancolies profondes et que le mot « dépression » était tabou, il concernerait aujourd’hui entre 5 et 10 millions de Français. Est déprimé quelqu’un qui a un mal-être, des angoisses, une inquiétude autrefois passée sous silence… Parallèlement, après des découvertes de molécules innovantes contre cette maladie entre les années 1950 et 1970, l’industrie pharmaceutique ne ferait, selon eux, que recycler les mêmes formules, aboutissant à une surprescription de médicaments vendus de cinq à vingt fois plus cher. Leur efficacité reste, elle, scientifiquement discutable, ciblant en priorité la sérotonine, neuromédiateur dont une baisse de la concentration serait la cause d’humeurs dépressives.

« Philippe Even et Bernard Debré ne s’arrêtent pas aux seuls antidépresseurs, mais abordent aussi l’ensemble des psychotropes : anxiolytiques (120 millions de boîtes prescrites, 200 comprimés par an par Français), antipsychotiques (tranquillisants majeurs) et psychostimulants (Ritaline, notamment). Sollicités pour surmonter les dépressions, les insomnies, les douleurs chroniques ou les migraines, ces substances qui « agissent sur l’esprit » représentent aujourd’hui le premier marché des médicaments, devant ceux destinés aux maladies cardiaques et cancéreuses.

« Ce mi-guide, mi-pamphlet va-t-il déclencher une nouvelle polémique ? Après la publication de leur premier manuel, devenu un best-seller, les auteurs ont été condamnés à une année d’interdiction d’exercice pour « avoir contesté les derniers acquis de la science », jugement réduit à un blâme par le Conseil national de l’ordre des médecins. En 2016, Philippe Even a été radié pour avoir utilisé le terme de « putains académiques » envers des confrères, une formule qu’il n’a, selon lui, fait qu’emprunter au professeur danois Peter Gotzsche. Si les analyses de ce nouvel ouvrage ne sont pas incontestables, les conclusions se révèlent en fait très raisonnables, rejoignant l’avis émis en 2017 par la Haute Autorité de santé, qui a évoqué « un mauvaise usage des antidépresseurs » et a mis en garde les généralistes : ‘’Quel que soit le niveau de dépression, la prise en charge repose en premier lieu sur une assistance psychologique’’. »

Comment, en somme, espérer la polémique en donnant toutes les raisons de ne pas la voir émerger.

A demain

 L’ouvrage a été rédigé « avec la collaboration » de Guy Hugnetjournaliste indépendant spécialisé dans les enquêtes scientifiques et les affaires criminelles. Ancien cadre de l’industrie pharmaceutique, il a publié plusieurs livres sur les médicaments psychotropes – dont « Antidépresseurs la grande intoxication » (Le Cherche-Midi, 2004), – ainsi que de nombreux articles, notamment dans le mensuel Sciences et Avenir.