Comment rendre « hideuse » et « stupide » une campagne de promotion du préservatif

Bonjour

C’est une affaire édifiante. Elle est détaillée sur franceinfo et reprise par Le Point. Où l’on découvre une campagne publicitaire du ministère de la Santé accusée de culpabiliser les jeunes au lieu de les sensibiliser à l’usage du préservatif masculin. Une campagne lancée sous l’égide de Santé Publique France après la publication des derniers chiffres montrant une augmentation de la prévalence des infections sexuellement transmissibles.

« Santé publique France lance,  jusqu’au 18 août, une ‘’campagne digitale’’ campagne est diffusée depuis trois semaines sur Instagram et Snapchat pour ‘’promouvoir l’utilisation du préservatif auprès des jeunes’’ » écrivions-nous en juillet tout en ne cachant pas un certain étonnement devant la forme de l’exposé des motifs :

« En phase avec leurs codes, cette campagne repose sur le concept du « life hacking », des astuces et des techniques que l’on partage pour faciliter le quotidien, qui sont très répandues sur Internet et très prisées des jeunes. La campagne met en scène de manière ludique le préservatif en démontrant ses qualités intrinsèques (résistance, imperméabilité…). Le but est de faire de lui l’accessoire indispensable du quotidien.

« La campagne se décline sous forme de vidéos dans lesquelles les jeunes pourront découvrir en quelles circonstances, autre que l’acte sexuel, le préservatif peut s’avérer utile comme par exemple : allumer un feu, maintenir ses objets aqua phobiques au sec, faire bouillir de l’eau… Et sous forme de posts créatifs relayant en mode ‘’survie’’ des messages informatifs sur le préservatif et les infections sexuellement transmissibles. Ces « Life cards » seront postées sur Instagram et Facebook pendant l’été dans l’objectif de faire réagir les jeunes. »

« Dépanner un pote »

Sans oublier l’intitulé du site conçu sous l’égide de l’agence ministérielle Santé publique France : On SexPrime (sic). Un visuel « hideux » et « stupide » accusentses détracteurs. Ce site expose sept bonnes raisons de « garder un préservatif sur soi ». Comme « éviter de faire la queue à la pharmacie pour acheter un test de grossesse ». Ou « dépanner un pote qui va conclure ». Et parmi ces raisons déclinées sur le mode « humoristique » (sic), l’une d’entre elles, relayée mardi 7 août par le compte officiel du ministère de la Santé, suscite indignation et colère chez plusieurs internautes.
▶️ Découvres ses autres usages avec @OnSexprime : https://t.co/Ojc4gkpriP pic.twitter.com/ZuF8Ipkyna

— Ministère des Solidarités et de la Santé (@MinSoliSante) 7 août 2018

Le visuel explique notamment qu’avoir un préservatif sur soi « évitera d’annoncer à l’infirmière/le médecin que tu as eu un rapport non protégé ». Sous le tweet du ministère de la Santé, de nombreux internautes accusent cette campagne de culpabiliser les personnes qui auraient eu un rapport sexuel non protégé. « Si on vous suit, il est honteux pour une personne de se rendre aux urgences afin de demander un TPE (Prophylaxie d’urgence), ou un simple dépistage », critique un internaute.

« Les professionnels de santé ne sont pas là pour juger les gens qui prennent un Traitement Post-Exposition et/ou la pilule du lendemain. Et si certains le font, c’est anormal », tweete une autre. — Negative Aggie (@Myo_Globine) 7 août 2018

Question de genre

Qui, précisément, est à l’origine de cette campagne ? Combien a-t-elle coûté et la ministre des Solidarités et de la Santé a-t-elle donné son aval ? Joint par franceinfo, Nathalie Lydié, responsable de l’unité Santé sexuelle à Santé publique France s’explique :

« Il s’agit d’une campagne de promotion du préservatif qui utilise l’humour et les codes des réseaux sociaux des adolescents. Il est difficile pour les adolescents de parler de sexualité avec des adultes en général, y compris les professionnels de santé aussi bienveillants et accueillants soient-ils. C’est ce point de vue des adolescents que la campagne adopte à travers sept messages différents.»

Pour autant se disant «sensible à la question de la représentation des rôles de genre» Santé Publique France annonce néanmoins qu’elle va « revoir la formulation de la carte n°3 ». Ce visuel a en effet également été critiqué pour avoir mentionné « l’infirmière » au féminin et « le médecin » au masculin. Ce qu’elles.ils ne sont pas toujours.

Où l’on observe, une nouvelle fois, à quel point l’humour est, concernant la santé et la sexualité, un concept qui ne se manie pas sans danger.

A demain

Trop mystérieux Henri Joyeux : l’Ordre des médecins va-t-il se décider à le radier ?

Bonjour

« C’est tout sourire que le Pr Henri Joyeux s’est présenté ce 24 mai au siège national de l’Ordre des médecins, dans le 17arrondissement de Paris, où l’attendait un petit comité de soutien » rapporte Le Quotidien du Médecin (Coline Garré). Un Pr Henri Joyeux dont Le Monde brossait, il y a quelques jours, un portrait que l’on peut tenir pour inquiétant. Un médecin amplement controversé au même titre que le Pr Luc Montagnier 1 avec lequel il vient de signer une peu banale lettre ouverte à Emannuel Macron.

Rappel : Henri Joyeux comparaît devant la chambre disciplinaire nationale de l’Ordre des médecins – elle doit, en appel, décider si ce médecin a bel et bien manqué à sa déontologie après la radiation prononcée le 8 juillet 2016 en première instance, par la chambre disciplinaire du Languedoc-Roussillon. Le Pr Joyeux – ainsi, phénomène remarquable, que le conseil départemental de l’Hérault –  avaient fait appel de cette radiation. « Cette décision de radiation vient directement du ministère de la Santé et du Conseil de l’Ordre national qui cherche à me faire taire mais ils n’y arriveront pas, avait alors déclaré le radié sur RTL. Il est évident que je vais faire appel et l’appel est suspensif. Je continuerai à consulter, à conseiller. »

« Ce sont deux pétitions lancées par le chirurgien cancérologue qui sont à l’origine de la plaine de l’Ordre » rappelle Le Quotidien du Médecin.  Pétitions chapeautées par « l’Institut pour la protection de la santé naturelle » . La première (septembre 2014) s’oppose à « la vaccination massive des enfants contre les papillomavirus » et aux recommandations du Haut Conseil de la Santé publique en faveur d’un abaissement de l’âge de la vaccination de 11 ans à 9 ans. Le seconde (mai 2015), réclame à la ministre de la Santé la disponibilité du vaccin DTP sans autre valence et fait valoir  que « les Français sont piégés par la loi et les laboratoires ».

Chantre de la prudence

Pour l’Ordre, aucune hésitation : ce médecin manque à plusieurs articles du code de déontologie et de santé publique, notamment le R 4127-12 qui veut que « le médecin apporte son concours à l’action entreprise par les autorités compétentes en vue de la protection de la santé et de l’éducation sanitaire », et le R 4127-13, qui exige que « le médecin qui participe à une action d’information du public (…) doit ne faire état que de données confirmées, faire preuve de prudence et avoir le souci des répercussions de ses propos auprès du public. »

Le Pr Joyeux avait comparu devant la chambre de première instance sans avocat, désinvolte, se souvient Le Quotidien. Cette fois-ci, Me Jean-François Jésus a défendu son client quarante-cinq minutes, en cherchant à démontrer qu’il n’était pas un anti-vaccin, fâcheuse étiquette dont il serait la victime. Me Jésus a in fine appelé l’instance disciplinaire à juger en toute indépendance et à blanchir le Pr Joyeux ; et fait part de son souhait de voir plusieurs médecins, dont le Dr Bouet président du conseil national de l’Ordre, lui présenter ses excuses. »

Et Le Quotidien de nous apprendre que le Pr Joyeux a tenté, dans un discours policé (très loin des références assumées à Andrew Wakefield en compagnie du Pr Luc Montagnier)  de se démarquer de son « personnage médiatique » pour asseoir sa « légitimité scientifique ». « Tout en assurant ne pas ‘’avoir à se mettre à genoux devant des décisions’’ qui ne lui semblent pas justes le Pr Joyeux s’est fait le chantre de la prudence et de l’humilité, écrit Coline Garré. Non, il n’est pas ce médecin rétrograde anti-pilule et anti-IVG qu’a dépeint Marisol Touraine. Mais il est de son devoir d’universitaire de porter un regard critique. »

« J’ai dédié ma vie à la médecine, a-t-il conclu. J’ai prêté serment en 1972 et y resterai fidèle jusqu’à mon dernier souffle. » La chambre disciplinaire de l’Ordre dira, dans trois à six semaines, si ce médecin doit, quarante-six ans plus tard, être rayé de ses listes. Au nom de la déontologie et de la santé publique.

A demain

1 A lire, dans le dernier numéro du Point (24 mai 2018) « Mais qu’arrive-t-il au Pr Montagnier ? » de Thomas Mahler et Violaine de Montclos. Nous reviendrons sous peu sur ce dossier.

 

Scandale au SAMU : l’opératrice parle et dit être « lynchée sur la place publique »

Bonjour

Jamais un échange téléphonique aussi bref (3’04) avait suscité aussi vite une telle indignation nationale : « Allo ne quittez pas le permanencier du samu 67 va vous répondre…. Allo ne quittez pas le permanencier du samu 67 va vous répondre… ». Abscence totale d’empathie (euphémisme) et, in fine, la mort de Naomie, 22 ans.

Depuis sa révélation, fin avril, par le lanceur d’alerte alsacien Heb’di la principale accusée, l’opératrice, restait silencieuse. Dimanche 13 mai, elle s’est exprimée dans un très bon reportage-enquête diffusé par M6 dans l’émission « 66 minutes ». Voir à partir de 30’. On y voit et entend Naomie chanter, ses proches pleurer. D’autres racontent les passions de cette jeune mère. Et l’on voit et entend, enfin, Thierry Hans, directeur du mensuel l’Heb’di («Accroche-toi » en alsacien, 15 000 exemplaires).

Puis on entend à nouveau l’enregistrement téléphonique. « Comme un diagnostic fait avant l’appel » dit, justement, Thierry Hans. Puis on entend, pour la première fois, l’opératice, une ancienne ambulancière (pendant vingt ans), opératrice depuis quatre ans. Par téléphone, elle confie vivre cloîtrée chez elle : « Moi je suis lynchée sur la place publique. » Avant d’ajouter : « Je pense que si les gens connaissaient mon visage et mon nom, je ne serais peut-être plus de ce monde aujourd’hui. » Elle précise que certains de ses collègues ont reçu « des menaces ». « Les équipes qui vont intervenir sur le terrain risquent aussi de se faire caillasser, ou ce genre de chose », s’inquiète l’opératrice.

Dans son échange avec la journaliste de M6, l’employée du Samu reconnaît une réponse « malvenue », mais assume avoir renvoyé Naomi vers SOS Médecins. Elle refuse de porter l’ensemble de la responsabilité de l’affaire. « Ça suffit de porter toujours le chapeau pour le système. On est sous pression en permanence. On travaille douze heures d’affilée – en tout cas à Strasboug. Ce sont des conditions de travail qui sont pénibles. Je peux rester deux ou trois heures accrochée à mon téléphone, parce que je n’ai pas le temps de me lever tellement ça déborde de partout. Quand on passe en procédure dégradée parce qu’il y a beaucoup plus d’appels que de monde censé les gérer, on n’y arrive pas ! »

Des propos formellement et tranquillement contestés par Christophe Gautier directeur général des Hospices civils de Strasbourg. Une seule hypothèse selon lui : « une faute individuelle ». Trois enquêtes sont en cours.

A demain

 

 

Alcool, faits divers et journalisme : pourquoi parler des ivresses des responsables politiques ?

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« En parler ou pas ? » « Mais tout le monde en parle, comment faire l’impasse ? » Et c’est ainsi que tous, en cette matinée du 5 avril, diffusent amplifient et répercutent une information nocturne d’Europe 1 : un ancien sénateur écologiste a été placé en garde à vue, après avoir été interpellé dans la nuit suite à un « incident dans un bar », à Paris. Par ailleurs ancien membre d’un réent gouvernement, il est soupçonné d’avoir importuné des femmes dans cet établissement, puis d’avoir proféré des insultes racistes à l’encontre d’un videur venu intervenir.

«Lors de son arrestation, il aurait proféré des insultes à caractère raciste à l’encontre des policiers de la BAC», ajoute Europe 1, d’où les faits d’«outrage à agent» retenu contre l’homme politique, dont l’alcoolémie a été mesurée à 1,16 g par litre de sang. Libération note que sur Twitter sa dernière action a été de retweeter le message suivant : «Ça fait 10 jours que je n’ai pas bu d’alcool. Mon teint est plus clair, mes cernes s’estompent, je dors mieux, et je m’emmerde prodigieusement». Un message publié le 1er avril.

Tout le monde en parle – y compris Le Monde à qui une « source policière » a « confirmé les informations d’Europe 1 et de RTL ».  Le Monde qui précise que, selon BFM,  l’homme a été « conduit au poste en raison d’injures raciales, outrage à agent et violences en état d’ivresse ». L’outrage à agent a justifié son placement en garde à vue au commissariat du 5e arrondissement où il a passé la nuit.

« Son alcoolémie a été mesurée à 1,16 g » assure Le Monde. France Inter et Le Point parlent du double – une question de  méthode.

 

A demain

Renaud doit réapprendre à se passer de bière, ce « breuvage assassin », dit son frère

Bonjour

Blues, rechute et rumeurs. Le chanteur Renaud, 65 ans, est actuellement dans une « maison de repos » de la région parisienne. C’est le frère de ce dernier, David Séchan, qui a donné l’information au Parisien, après que plusieurs médias ont évoqué une hospitalisation dans le nord de la France :  « Je veux démentir cette rumeur infâme sur sa mort. Renaud est en maison de repos en région parisienne. Il y est depuis 4 ou 5 jours et pour une dizaine de jours ».

Cordon sanitaire. Le frère du chanteur explique au Parisien qu’il se repose dans un établissement où il est «privé d’alcool». « L’entourage de Renaud ne décolère pas après l’évocation ce lundi de l’hospitalisation du chanteur surtout après des rumeurs sur son décès, explique le quotidien. Dans l’établissement, le chanteur est privé d’alcool pour tenter de mettre fin à ses problèmes d’addiction. ‘’Il va bien mais apprend à se passer de ce breuvage assassin qu’est la bière. Il n’y a rien d’inquiétant. Il a fini sa tournée sur les rotules et a connu le blues de fin de tournée. Quand on vit sur les routes avec 60 personnes pendant 120 dates, se retrouver seul du jour au lendemain n’est pas facile, surtout sans le public qui le portait. Il n’a pas été très sage. Et avec la fatigue intense accumulée, il a besoin de se réparer’’. »

« Au vert »

 Sans être « hospitalisé » le chanteur «  est suivi de près ». « Il fait une batterie d’analyses, mais pas d’inquiétudes à avoir. Il souhaite réenregistrer rapidement et s’attaquer à l’album pour enfant qu’il doit faire avec Renan Luce. Il m’a même engueulé, quand il a son caractère de cochon, c’est que tout va bien », rassure son frère. Sa maison de disques explique quant à elle que Renaud « est au vert ». Un message publié sur son compte Facebook officiel précisait que le chanteur avait été admis dans une maison de repos « de sa propre volonté ». Le compte Facebook Renaud le phénix est géré par des proches de l’artiste.

Les médias, qui se souviennent de tout, rappellent à la rubrique « people-addictions » que Renaud a longtemps connu des problèmes d’alcoolisme et qu’il avait déclaré début 2016 ne plus boire « une goutte d’alcool depuis cent huit jours » et ne fumer que « quinze cigarettes maximum par jour au lieu de deux paquets et demi ». 1 Ces mêmes médias soulignent aussi qu’après sept ans passés loin de la scène et des médias, il avait fait son grand retour avec un album  vendu à plus de 700 000 exemplaires en 2016 – suivi d’une tournée de 140 dates, baptisée Phénix Tour qui s’est achevée en septembre 2017. Et d’ajouter : « le chanteur a honoré toutes les représentations ».

A demain

 1 « Renaud : ‘’Six mois et vingt jours sans alcool’’ Questions sur la médiatisation de l’addiction » Journalisme et santé publique, 2 avril 2016

Médecine – 1ère année : demain, tout candidat non reçu d’emblée aura la tête tranchée

Bonjour

Longtemps, en médecine, tout fut presque possible. Puis vint (après les pavés de 68) le numerus clausus. Redoublements en vue. Triplements parfois. Puis les effectifs gonflèrent, sans que le goulet ne s’ouvre. Restait, toujours, le soupirail de la seconde-première année.

Nous voici en 2018 et, comme l’écrit Le Point, c’est « un tremblement de terre pour les aspirants médecins ». Un voile est levé par  Le Quotidien du pharmacien : la première année d’études ne sera plus « redoublable » dans certaines facultés. Dès la rentrée 2018 quatre facultés de médecine parisiennes – Paris V (Descartes), Sorbonne Université (ex-Paris VI), Paris VII (Diderot) et Paris XII (Paris-Est-Créteil) – ne permettront plus de se réinscrire en première année commune aux études de santé (Paces). Lille et Brest sont sur les rangs.

L’idée serait de « ne pas faire perdre de temps à l’étudiant avec un redoublement », de « réorienter activement les étudiants en échec à l’issue de la première année ». La belle affaire diront les opposants au changement. Le ministère de l’Enseignement supérieur travaille sur les derniers arbitrages de cette expérimentation qui va faire l’objet d’un arrêté » rapporte Le Figaro.

« Très sérieusement discuté depuis novembre au sein de sept universités concernées, le projet, que le ministère de l’Enseignement supérieur souhaite voir aboutir rapidement, a été validé en décembre par Paris-Diderot, Paris-Descartes, Pierre-et-Marie-Curie et l’université Paris-Est Créteil (Upec). En catimini. Car de leur côté, les élèves de terminale qui, depuis le 22 janvier et jusqu’au 13 mars, doivent formuler leurs vœux sur la nouvelle plateforme d’orientation Parcoursup, n’ont pas reçu d’information sur ce projet. »

« Selon nos informations, le ministère de l’Enseignement supérieur, qui doit valider l’expérimentation par un arrêté, réfléchit encore au dispositif à adopter pour l’année de transition, qui verra se côtoyer les «primants» (les bacheliers qui passent pour la première fois le concours) et les redoublants, afin d’éviter une rupture d’égalité entre les deux populations. La solution serait, pour l’année 2018-2019, de faire deux numerus clausus. ».

Sélection par l’argent

« C’est est une petite révolution en marche, estime Le Quotidien du Médecin. Cette sélection, qui risque de provoquer un débat vif dans les amphis, s’inscrit dans les expérimentations d’alternatives à la PACES qui, depuis 2014, testent de nouveaux modèles d’entrée dans les études de santé.  Pour autant, le principe de la deuxième chance, exigé par les étudiants, serait systématiquement maintenu grâce au dispositif complémentaire AlterPACES, permettant de rejoindre le cursus santé plus tard, après une deuxième ou troisième année licence. »

Cette nouvelle voie (concours PACES 1) couvrirait environ 75 % du numerus clausus de chaque faculté concernée (le reste des places – 25 % au maximum  étant réservées par avance à l’AlterPACES de deuxième chance).  Même si le redoublement en première année est interdit, une seconde chance sera donc accordée grâce à l’AlterPACES, passerelle déjà opérationnelle dans une quinzaine de facs mais qui gagnerait donc ses galons de voie à part entière. Elle permet le recrutement sur dossier et entretien d’étudiants ayant déjà validé une licence. Selon les cas, 10 à 25 % du numerus clausus serait réservé à cet accès tardif, davantage qu’actuellement. Les étudiants ayant échoué en PACES 1 pourraient y postuler.

Question : quid de l’impact sur le commerce des prépas privées « P0 » en parallèle du lycée ? Comment ne pas voir là l’ouverture à un système qui « renforcerait l’inégalité des chances » et « la sélection par l’argent » ? Ce contre quoi furent jetés, il y a un demi-siècle, quelques pavés.

A demain

 

«Levothyrox» et obligation de onze vaccinations: voici le temps de la radicalisation

Bonjour

Combien seront-ils et quelle sera la médiatisation du rassemblement parisien d’« Ensemble pour une vaccination libre », déclinaison d’un mouvement européen . La « Grande Manifestation Nationale » est prévue le samedi 9 septembre à 14 h devant le Ministère de la Santé. Les organisateurs entendent ainsi « protester contre le projet liberticide » du gouvernement français

« Agnès Buzyn, ministre de la Santé, veut faire passer en force à l’Assemblée Nationale et au Sénat à l’automne, le projet de loi liberticide permettant de rendre obligatoires onze vaccins pour les enfants de moins de deux ans dont l’hépatite B ou le ROR et de poursuivre pénalement les parents récalcitrants, expliquent-ils. Ce projet de loi bafoue les droits fondamentaux de chaque personne, notamment celui de la liberté thérapeutique, de la liberté de disposer de son corps, sans qu’il y ait la moindre justification épidémiologique. L’Etat ne doit pas se substituer à l’autorité parentale en matière de santé. Face à la défiance, la pédagogie doit primer sur la coercition. »

Indisponibilité du corps humain

Et les opposants de développer leurs arguments : Selon la loi Kouchner, “Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment” ; La Convention d’Oviedo dispose dans son article 3 de la « Primauté de l’être humain  –  L’intérêt et le bien de l’être humain doivent prévaloir sur le seul intérêt de la société ou de la science » ; L’arrêté Salvetti (Italie) de la Cour Européenne des Droits de l’Homme a rappelé “qu’en tant que traitement médical non volontaire, la vaccination obligatoire constitue une ingérence dans le droit au respect de la vie privée, garanti par l’article 8 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales ».

« Nous ne pouvons pas nous laisser voler notre droit fondamental à la liberté de disposer de notre corps » ajoutent-ils, oubliant ici étrangement les concepts de non patrimonialité et d’indisponibilité du corps humain.

Pour l’heure le pouvoir exécutif semble sans réponse face à cette contestation grandissante. Quand Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé développera-t-elle, sur le fond, un argumentaire de nature à soutenir véritablement le choix politique qui vient d’être fait – et l’entrée en vigueur de la mesure au 1er janvier prochain ?
« Ce dont nous avons besoin aujourd’hui pour faire des choix éclairés, ce n’est pas d’un discours sur la vaccination mais de faits, vaccin par vaccin », écrit fort opportunément la journaliste Lise Barnéoud, dans son récent « Immunisés, un nouveau regard sur les vaccins » (éditions Premier Parallèle). « Parler de la vaccination de façon globale génère des incohérences et des contre-vérités susceptibles d’alimenter la défiance, explique-t-elle dans Le Point. Chaque vaccin est spécifique en termes d’enjeu, d’avantages et d’inconvénients. Il ne faut pas avoir peur de rentrer dans la complexité du sujet et d’aborder les controverses. Pour chaque vaccin, on devrait trouver sur Internet les différents effets indésirables possibles et leurs taux de notification. Car, si on va dans le détail, on se rend bien compte que les risques sont très faibles à l’échelle individuelle (toujours inférieurs à 1 pour 100 000 concernant les problèmes graves) et que, le plus souvent, ils concernent des personnes prédisposées. »

Claude Malhuret et François Ruffin

Sur l’autre front de la contestation-dénonciation : l’affaire du Levothyrox. Elle aussi donne lieu à une forme d’extension radicalisation. Pour l’heure celle-ci est dirigée par Michèle Rivasi, « députée européenne écologiste et biologiste agrégée ». Elle dénonce « une nouvelle faillite de l’alerte sanitaire » et exige à la fois « un renforcement de la pharmacovigilance » et « le retour à l’ancienne formule ». Prochaine étape (à la veille de la manifestation parisienne contre la vaccination obligatoire) : une conférence de presse « suivie d’un rassemblement devant l’Assemblée nationale avec les associations de malades ».

Sur l’estrade sont annoncés  Marie-Odile Bertella-Geffroy (ex magistrate, responsable du Pôle santé du TGI de Paris, avocate spécialisée dans les questions sanitaires), André Cicolella (chimiste, toxicologue et chercheur français en santé environnementale, spécialiste de l’évaluation des risques sanitaires), Philippe Even (ancien doyen de la faculté de médecine de Paris et président de l’Institut Necker), Chantal Lhoir (présidente-fondatrice de l’association française des malades de la thyroïde –AFMT). Ainsi (sous réserve) que  Claude Malhuret (sénateur, Les Républicains),  Laurence Cohen (sénatrice, Groupe communiste, républicain et citoyen) et François Ruffin (député, La France Insoumise).

Où l’on voit, signe des temps agités que nous traversons, que certains combats peuvent étrangement réunir des personnalités que rien, jusqu’ici, ne semblait pouvoir rapprocher.

A demain