Tragique : la crêpe offerte par une maîtresse à un enfant allergique aux produits lactés

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Tous les éléments d’une tragédie moderne peuvent résider dans quelques lignes de l’AFP. La France vient de découvrir, à la veille de Pâques, qu’un enfant de six ans allergique aux produits lactés est mort dans le Beaujolais. Le garçonnet, en grande section de maternelle à l’école Fernand-Gayot de Limas, fêtait le carnaval avec ses camarades. Après les festivités, le personnel avait confectionné et proposé des crêpes à l’ensemble des élèves. Selon Le Progrès l’enfant avait l’habitude de manger des crêpes à l’eau chez lui – il a donc accepté celle qu’on lui offrait. Il en est mort.

L’autopsie a en effet très vite confirmé que l’enfant avait succombé à un choc anaphylactique. L’information a été donnée par le procureur de Villefranche-sur-Saône, Sylvain Cordesse, confirmant une information de la presse régionale. Il ressort de l’enquête que « c’est la maîtresse qui a proposé à la crêpe à l’enfant » alors que « son régime alimentaire était connu » du personnel de l’école : allergie aux produits lactés.

Après avoir ouvert une enquête pour recherche des causes de la mort, le parquet entre désormais dans une autre phase : celle de déterminer les responsabilités personnelles et notamment celle de l’enseignante. Cette dernière a déjà été entendue. Tous les éléments d’une tragédie.

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Homéopathie et charlatanismes alternatifs : l’Ordre et les pouvoirs publics accusés d’incurie

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Nous vivons des temps de tribunes. Après celle, dans Le Monde, des députés « en marche » pour l’euthanasie voici, dans Le Figaro, celle des « 124 professionnels de la santé contre les ‘’médecine alternatives’’ ». Où l’on retrouve des mots que l’on croyait oubliés – à commencer par celui de « charlatans ». Ici ceux « qui recherchent la caution morale du titre de médecin pour faire la promotion de fausses thérapies à l’efficacité illusoire ».

Chapô de cette tribune : « Des médecins ont décidé d’alerter sur les promesses fantaisistes et l’efficacité non prouvée des médecines dites alternatives comme l’homéopathie. Ce collectif demande l’exclusion de ces disciplines ésotériques du champ médical ». Extraits choisis  :

« En 2018, l’Ordre des médecins tolère des pratiques en désaccord avec son propre Code de déontologie et les pouvoirs publics organisent, voire participent, au financement de certaines de ces pratiques (…) L’homéopathie comme les autres pratiques qualifiées de «médecines alternatives», n’est en rien scientifique. Ces pratiques sont basées sur des croyances promettant une guérison miraculeuse et sans risques. En septembre 2017, le Conseil scientifique des académies des sciences européennes a publié un rapport confirmant l’absence de preuves de l’efficacité de l’homéopathie. Dans la plupart des pays développés, les médecins se voient interdire de prescrire des produits homéopathiques.

Les thérapies dites ‘’alternatives’’ sont inefficaces au-delà de l’effet placebo et n’en sont pas moins dangereuses. Dangereuses, car elles soignent l’inutile en surmédicalisant la population et en donnant l’illusion que toute situation peut se régler avec un «traitement». Dangereuses, car elles alimentent et s’appuient sur une défiance de fond vis-à-vis de la médecine conventionnelle comme le montrent les polémiques injustifiées sur les vaccins. Dangereuses enfin, car leur usage retarde des diagnostics et des traitements nécessaires avec parfois des conséquences dramatiques, notamment dans la prise en charge de pathologies lourdes comme les cancers. »

Christian Boiron et le Ku Klux Klan

Et, sans doute pour séduire le gouvernement en général, Agnès Buzyn en particulier, les signataires d’ajouter que ces pratiques sont également « coûteuses pour les finances publiques ».

« Des formations sont assurées dans des structures recevant de l’argent public. Des consultations sont ouvertes dans des hôpitaux, aux dépens d’autres services. Certains de ces traitements sont pris en charge par l’Assurance-maladie, largement déficitaire. Ainsi, les produits homéopathiques peuvent être remboursés à 30 % (et jusqu’à 90 % en Alsace-Moselle) avec un statut dérogatoire les dispensant de prouver leur efficacité.

 «  Ceci finance une industrie prospère dont les représentants n’hésitent pas à insulter gravement ceux qui les critiquent («Il y a un Ku Klux Klan contre l’homéopathie», accusait le président du leader mondial du secteur, Christian Boiron, dans le journal Le Progrès du 15 juillet 2016) ou à balayer d’un revers de main les exigences de preuves scientifiques.

 En pratique les signataires demandent, instamment et à visage découvert, au Conseil de l’Ordre des médecins et aux pouvoirs publics de tout mettre en œuvre pour en finir. A commencer par ne plus autoriser à faire état de leur titre les médecins ou professionnels de santé qui continuent à les promouvoir. Et ne plus reconnaître d’une quelconque manière les diplômes d’homéopathie, de mésothérapie ou d’acupuncture comme des diplômes ou qualifications médicales. On attend avec un certain intérêt, pour commencer, les réponses ordinales et gouvernementales.

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Levothyrox : à quand une perquisition dans les tiroirs de l’Agence du Médicament ?

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Agence France Presse : « une perquisition était en cours, mardi 3 octobre, au siège français du laboratoire allemand Merck, à Lyon, qui fabrique le Levothyrox, ce médicament pour la thyroïde dont la nouvelle formule fait l’objet de plaintes concernant de lourds effets secondaires, a fait savoir une source proche de l’enquête, confirmant une information du quotidien régional Le Progrès. Merck a confirmé que la perquisition était actuellement en cours à son siège lyonnais, assurant que celle-ci était ‘’attendue’’ et que le laboratoire y collaborait ‘’activement’’. »

Rien n’est plus beau que la vérité sinon une perquisition attendue pour ne pas dire souhaitée.

« La vie d’autrui »

A Lyon, ce 3 octobre, la perquisition est menée depuis 9 heures par les gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique – et ce dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte pour « tromperie aggravée, atteintes involontaires à l’intégrité physique et mise en danger de la vie d’autrui ». On comptait déjà, fin septembre, 62 plaintes déposées et confiées au pôle de santé publique du tribunal de grande instance de Marseille. Jusqu’où montera la vague des plaintes ?

Pour l’heure ces investigations sont réalisées « sous la tutelle de deux magistrats de Marseille dans les trois établissements du siège de Merck situés à Lyon et dans sa banlieue », a précisé le procureur de Marseille Xavier Tarabeux. Précision : aucune audition ou garde à vue ne sont encore prévues. Question: Jusqu’à quels tiroirs les investigations iront-elles ? Jusqu’à quelles mémoires ? Le pouvoir exécutif sera-t-il effleuré ? Inquiété ? L’ouverture de tous les tiroirs permettra-t-elle, un jour, de dire la vérité ?

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Epidémies et confinement : voici le temps des retraités placés d’autorité en quarantaine

 

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Confinement ou quarantaine ? On apprenait hier qu’une soixantaine de résidents de l’Ehpad de Vic-sur-Seille (Lorraine) sont confinés depuis le 18 décembre. Il s’agit de tenter de contenir au maximum l’épidémie de grippe qui a déjà touché quarante-deux des pensionnaires. La direction précise que le confinement a été décidé « en lien avec les services de l’Agence Régionale de Santé ». Il durera  jusqu’au 1er janvier. Une quarantaine, en somme. Parmi les résidents touchés dans cet établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), certains ont été diagnostiqués comme porteurs du « virus A ». Quelques membres du personnel ont également été contaminés.

Une épidémie peut en cacher une autre. Des mesures de confinement sont ainsi progressivement prises dans ces des maisons de retraites qui sont devenues des Ehpad. C’est le cas en Auvergne-Rhône-Alpes pour cause de grippe et de gastro-entérite. Des douze régions de France continentale progressivement touchées par la grippe, Auvergne-Rhône-Alpes est celle la plus affectée (545 cas pour 100 000 habitants) devant la Bourgogne-Franche-Comté (498). Mais il n’y a pas que la grippe.

Visites interdite

Aujourd’hui les visites et les sorties de résidents sont interdites à l’Ehpad de Saint-Ours-les-Roches (Puy-de-Dôme). La préfecture du département vient de confirmer  une information du quotidien régional La Montagne : « Une maison de retraite du Puy-de-Dôme confinée pour enrayer une épidémie de gastro » :

« Les Roches » (établissement privé à but lucratif) accueille, au total, 53 personnes. On dénombrait mercredi « une quinzaine » de résidents souffrant de gastro-entérite. La situation doit être réévaluée vendredi soir afin de déterminer si ces mesures seront ou non reconduites, a précisé la préfecture.

Dans la Loire, c’est l’Ehpad de La Pacaudière (85 résidents) qui est confronté à l’épidémie de grippe. C’est la directrice, Erell Munch, qui a ici confirmé une information du quotidien Le Progrès. « 25 résidents ont été touchés ; nous avons une obligation de protection », a dit Mme Munch. Les animations avaient été annulées et les visites, limitées. Les repas sont portés en chambre et le port du masque est obligatoire lors des visites. ces mesures semblent « efficaces », dit la directrice de l’établissement.

Qu’en avait-il été, dans ces Ehpad en quarantaine, de la vaccination tant recommandée ? La France se grippe, la France grippée va réveillonner. Comment la vie collective va-t-elle reprendre à la rentrée ?

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Saint-Etienne : condamné à 450 euros pour avoir menacé de mort un médecin de La Charité

 

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« Je vais te crever ! » Après celle de Tourcoing, l’affaire nous est rapportée par Le Progrès : « Yazid n’est pas venu au Palais de justice (…) »  Le tribunal correctionnel de Saint-Étienne vient de condamner un Stéphanois de 47 ans à 450 euros : il avait publiquement menacé de mort un médecin de l’hôpital de la Charité (CHU de Saint-Etienne) :

« Yazid n’est pas venu au palais de justice, jeudi, pour prendre connaissance de la décision que le tribunal correctionnel avait mise en délibéré. L’homme s’était pourtant largement fait remarquer le 6 octobre, jour de son procès : pas moins de cinq policiers avaient été mis en alerte dans la salle d’audience 

« Ce Stéphanois de 47 ans devait répondre de menace de mort à l’encontre d’un professionnel de santé. Le 5 février 2016, un médecin de l’hôpital de la Charité, à Saint-Etienne, a refusé la sortie de la mère de Yazid, hospitalisée et sous sauvegarde de justice. »

Clémence de la justice

C’est alors que le prévenu a menacé d’un « Je vais te crever ! », tout en levant le poing dans la direction du médecin et ce en présence de témoins. Lors du procès, début octobre, Yazid avaits’était défendu seul. «Les avocats, c’est pour les coupables » avait-il dit. Et ajouté :

« Ce docteur a refusé tout entretien avec moi, c’est de l’abus de pouvoir. Je n’ai jamais menacé ce docteur. J’ai serré le poing, je ne l’ai pas levé. Ces gens sont salariés de l’hôpital, ils ont un intérêt commun. Je vais les poursuivre pour faux témoignages. »

Le procureur avait alors requis un mois de prison avec sursis et une amende de 700 euros. Il avait constaté (sobrement dit Le Progrès) « qu’il n’avait pas été facile pour le médecin d’expliquer les raisons du maintien en hospitalisation ».

Puis les juges avaient mis leur décision en délibéré au 27 octobre. Clémence de la justice : Yazid a été condamné à trente jours-amendes à 15 euros. « Brutes en blanc » ? On ne dispose pas encore des chiffres de vente dans le département de la Loire.

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Un directeur d’école soupçonné de viols s’est suicidé en prison. Il avait déjà tenté de se tuer

 

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Il n’y aura pas de procès. Et sur BFMTV les victimes clament leur colère. L’ancien directeur d’école de Villefontaine (Isère), mis en examen et écroué il y un an pour des viols sur des élèves, s’est suicidé en prison viennent de faire savoir des sources proches de l’enquête, confirmant une information du Dauphiné Libéré.

Romain Farina, 46 ans, était incarcéré à la prison de Lyon-Corbas où il s’est pendu. La justice avait dénombré une soixantaine de victimes potentielles de l’enseignant dans les différents établissements où il a exercé. Il était incarcéré depuis plus d’un an après avoir été mis en examen pour viol et agression sexuelle sur une soixantaine de ses élèves.

Appel au secours

Toujours selon les informations du Dauphiné Libéré, de nouveaux supports informatiques (disque dur, carte sd…) auraient été découverts au cours de ce week-end, dissimulés dans les combles de sa maison. Ces pièces ont été saisies par les enquêteurs afin d’en connaître le contenu. Romain Farina était soupçonné d’avoir violé ses élèves lors d’ateliers du goût. Des viols qu’il avait reconnus, photographié et filmé.

Cet ancien directeur d’école avait déjà tenté de mettre fin à ses jours il y a quelques mois. Une tentative de suicide qui, selon ses proches, était un « appel au secours ». Personne ne l’a entendu. Le parquet de Lyon a ouvert une enquête en recherche des causes de la mort. Ce parquet est-il le mieux placé pour éclairer sur les failles, béantes, de l’administration pénitentiaire ?

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Cigarette électronique et mineurs : l’absurdité tranquillement médiatisée de Lons-le-Saunier

  Bonjour

Cela commence avec une information publiée dans Le Progrès :

« ll y a quelques jours, trois collégiens âgés de 13 ans ont acheté des cigarettes électroniques dans une boutique de Lons-le-Saunier. La mère de l’un d’eux, avertie par un parent d’élèves, a décidé de porter plainte.  » J’étais très énervée contre le magasin qui n’a pas respecté la loi. Nos enfants ont 13 ans. Dans tous les cas, il n’y a pas besoin de carte d’identité pour se rendre compte qu’ils sont mineurs« , dénonce-t-elle.         

Le gérant de la boutique se retranche derrière le fait que la loi interdit de demander des pièces d’identité :  » Nous avons des affichettes sur les vitrines qui indiquent que les ventes aux mineurs sont interdites« . La maman qui a déposé plainte espère faire bouger les choses :  » C’est la santé des enfants qui est en jeu« . Elle appelle d’autres parents à se joindre à sa plainte. »

France Info 

L’affaire vient d’être reprise et amplifiée par France Info. On y entend la maman, Mélissa Benoît : « Mon gamin savait ce qu’il faisait. La principale du collège me l’a dit clairement. Beaucoup d’enfants ont ce genre de matériel au collège. » Est-ce vrai ? Est-ce faux ? On ne le saura pas.

On y entend un avocat, Me Benjamin Echalier, du barreau de Toulouse qui dit son grand embarras : « pour l’instant, la règle n’est pas suffisamment claire ». L’interdiction de vente aux mineurs « est dans un projet de loi sur la consommation… Ce sont des recommandations de l’OMS qui visent à limiter la vente aux mineurs ».

 Blog de Mme Touraine

C’est tout, ou presque. Autant dire que l’on n’y comprend rien, ou presque. Et puis on se souvient. Le jeudi 27 juin 2013 les députés votaient un amendement interdisant la vente des cigarettes électroniques aux moins de 18 ans, amendement déposé par le député (PS, Rhône) Jean-Louis Touraine soutenu par son groupe. Marisol Touraine, ministre de la Santé s’était alors aussitôt félicitée, dans un communiqué de presse, ainsi que sur son blog, de la célérité avec laquelle le Parlement avait décidé de légiférer sur ce sujet.

Nous écrivions alors que le vote de l’amendement du 27 juin 2013 démontrait sans ambiguïté aucune qu’il existe une volonté politique claire d’assimiler la cigarette électronique à un produit du tabac. L’amendement du Pr Jean-Louis Touraine -l’un des rares responsables politiques français, médecin par ailleurs,  engagé dans la lutte contre le tabagisme  – était soutenu par le groupe socialiste et la mesure a été fort opportunément  introduite par un amendement au projet de loi consommation.

 Un mineur sur trois fume du tabac

Quand elle soulignait encore sa détermination sans faille à lutter contre le tabagisme,  première cause de mortalité prématurée évitable en France, la ministre de la Santé rappelait que cette addiction fiscalisée est  directement responsable de 73 000 morts par an. Elle rappelait aussi qu’aujourd’hui en France, à 17 ans, un jeune sur trois fume régulièrement.

On peut en conclure que la loi qui interdit la vente de tabac aux mineurs n’est pas nullement respectée. Et ce alors que la tabac ne peut, selon la loi, être vendu en dehors des bureaux du même nom.

Goudrons et fumées

« La future loi qui interdira la vente de la cigarette électronique aux mineurs sera-t-elle mieux appliquée que  l’actuelle ? » demandions-nous en juin 2013. Nous ajoutions : « Pourquoi interdire à un mineur que l’on n’a pas pu empêcher de devenir fumeur d’acheter – à ses frais et (qui sait ?) à ses risques- une cigarette électronique qui lui permettrait de ne plus inhaler goudrons et fumées cancérigènes ? »

Un an et demi plus tard on voit que la question n’a rien perdu de son actualité. Ni la situation de sa tranquille absurdité.

A demain