Epidémies et confinement : voici le temps des retraités placés d’autorité en quarantaine

 

Bonjour

Confinement ou quarantaine ? On apprenait hier qu’une soixantaine de résidents de l’Ehpad de Vic-sur-Seille (Lorraine) sont confinés depuis le 18 décembre. Il s’agit de tenter de contenir au maximum l’épidémie de grippe qui a déjà touché quarante-deux des pensionnaires. La direction précise que le confinement a été décidé « en lien avec les services de l’Agence Régionale de Santé ». Il durera  jusqu’au 1er janvier. Une quarantaine, en somme. Parmi les résidents touchés dans cet établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), certains ont été diagnostiqués comme porteurs du « virus A ». Quelques membres du personnel ont également été contaminés.

Une épidémie peut en cacher une autre. Des mesures de confinement sont ainsi progressivement prises dans ces des maisons de retraites qui sont devenues des Ehpad. C’est le cas en Auvergne-Rhône-Alpes pour cause de grippe et de gastro-entérite. Des douze régions de France continentale progressivement touchées par la grippe, Auvergne-Rhône-Alpes est celle la plus affectée (545 cas pour 100 000 habitants) devant la Bourgogne-Franche-Comté (498). Mais il n’y a pas que la grippe.

Visites interdite

Aujourd’hui les visites et les sorties de résidents sont interdites à l’Ehpad de Saint-Ours-les-Roches (Puy-de-Dôme). La préfecture du département vient de confirmer  une information du quotidien régional La Montagne : « Une maison de retraite du Puy-de-Dôme confinée pour enrayer une épidémie de gastro » :

« Les Roches » (établissement privé à but lucratif) accueille, au total, 53 personnes. On dénombrait mercredi « une quinzaine » de résidents souffrant de gastro-entérite. La situation doit être réévaluée vendredi soir afin de déterminer si ces mesures seront ou non reconduites, a précisé la préfecture.

Dans la Loire, c’est l’Ehpad de La Pacaudière (85 résidents) qui est confronté à l’épidémie de grippe. C’est la directrice, Erell Munch, qui a ici confirmé une information du quotidien Le Progrès. « 25 résidents ont été touchés ; nous avons une obligation de protection », a dit Mme Munch. Les animations avaient été annulées et les visites, limitées. Les repas sont portés en chambre et le port du masque est obligatoire lors des visites. ces mesures semblent « efficaces », dit la directrice de l’établissement.

Qu’en avait-il été, dans ces Ehpad en quarantaine, de la vaccination tant recommandée ? La France se grippe, la France grippée va réveillonner. Comment la vie collective va-t-elle reprendre à la rentrée ?

A demain

Saint-Etienne : condamné à 450 euros pour avoir menacé de mort un médecin de La Charité

 

Bonjour

« Je vais te crever ! » Après celle de Tourcoing, l’affaire nous est rapportée par Le Progrès : « Yazid n’est pas venu au Palais de justice (…) »  Le tribunal correctionnel de Saint-Étienne vient de condamner un Stéphanois de 47 ans à 450 euros : il avait publiquement menacé de mort un médecin de l’hôpital de la Charité (CHU de Saint-Etienne) :

« Yazid n’est pas venu au palais de justice, jeudi, pour prendre connaissance de la décision que le tribunal correctionnel avait mise en délibéré. L’homme s’était pourtant largement fait remarquer le 6 octobre, jour de son procès : pas moins de cinq policiers avaient été mis en alerte dans la salle d’audience 

« Ce Stéphanois de 47 ans devait répondre de menace de mort à l’encontre d’un professionnel de santé. Le 5 février 2016, un médecin de l’hôpital de la Charité, à Saint-Etienne, a refusé la sortie de la mère de Yazid, hospitalisée et sous sauvegarde de justice. »

Clémence de la justice

C’est alors que le prévenu a menacé d’un « Je vais te crever ! », tout en levant le poing dans la direction du médecin et ce en présence de témoins. Lors du procès, début octobre, Yazid avaits’était défendu seul. «Les avocats, c’est pour les coupables » avait-il dit. Et ajouté :

« Ce docteur a refusé tout entretien avec moi, c’est de l’abus de pouvoir. Je n’ai jamais menacé ce docteur. J’ai serré le poing, je ne l’ai pas levé. Ces gens sont salariés de l’hôpital, ils ont un intérêt commun. Je vais les poursuivre pour faux témoignages. »

Le procureur avait alors requis un mois de prison avec sursis et une amende de 700 euros. Il avait constaté (sobrement dit Le Progrès) « qu’il n’avait pas été facile pour le médecin d’expliquer les raisons du maintien en hospitalisation ».

Puis les juges avaient mis leur décision en délibéré au 27 octobre. Clémence de la justice : Yazid a été condamné à trente jours-amendes à 15 euros. « Brutes en blanc » ? On ne dispose pas encore des chiffres de vente dans le département de la Loire.

A demain

Un directeur d’école soupçonné de viols s’est suicidé en prison. Il avait déjà tenté de se tuer

 

Bonjour

Il n’y aura pas de procès. Et sur BFMTV les victimes clament leur colère. L’ancien directeur d’école de Villefontaine (Isère), mis en examen et écroué il y un an pour des viols sur des élèves, s’est suicidé en prison viennent de faire savoir des sources proches de l’enquête, confirmant une information du Dauphiné Libéré.

Romain Farina, 46 ans, était incarcéré à la prison de Lyon-Corbas où il s’est pendu. La justice avait dénombré une soixantaine de victimes potentielles de l’enseignant dans les différents établissements où il a exercé. Il était incarcéré depuis plus d’un an après avoir été mis en examen pour viol et agression sexuelle sur une soixantaine de ses élèves.

Appel au secours

Toujours selon les informations du Dauphiné Libéré, de nouveaux supports informatiques (disque dur, carte sd…) auraient été découverts au cours de ce week-end, dissimulés dans les combles de sa maison. Ces pièces ont été saisies par les enquêteurs afin d’en connaître le contenu. Romain Farina était soupçonné d’avoir violé ses élèves lors d’ateliers du goût. Des viols qu’il avait reconnus, photographié et filmé.

Cet ancien directeur d’école avait déjà tenté de mettre fin à ses jours il y a quelques mois. Une tentative de suicide qui, selon ses proches, était un « appel au secours ». Personne ne l’a entendu. Le parquet de Lyon a ouvert une enquête en recherche des causes de la mort. Ce parquet est-il le mieux placé pour éclairer sur les failles, béantes, de l’administration pénitentiaire ?

A demain

Cigarette électronique et mineurs : l’absurdité tranquillement médiatisée de Lons-le-Saunier

  Bonjour

Cela commence avec une information publiée dans Le Progrès :

« ll y a quelques jours, trois collégiens âgés de 13 ans ont acheté des cigarettes électroniques dans une boutique de Lons-le-Saunier. La mère de l’un d’eux, avertie par un parent d’élèves, a décidé de porter plainte.  » J’étais très énervée contre le magasin qui n’a pas respecté la loi. Nos enfants ont 13 ans. Dans tous les cas, il n’y a pas besoin de carte d’identité pour se rendre compte qu’ils sont mineurs« , dénonce-t-elle.         

Le gérant de la boutique se retranche derrière le fait que la loi interdit de demander des pièces d’identité :  » Nous avons des affichettes sur les vitrines qui indiquent que les ventes aux mineurs sont interdites« . La maman qui a déposé plainte espère faire bouger les choses :  » C’est la santé des enfants qui est en jeu« . Elle appelle d’autres parents à se joindre à sa plainte. »

France Info 

L’affaire vient d’être reprise et amplifiée par France Info. On y entend la maman, Mélissa Benoît : « Mon gamin savait ce qu’il faisait. La principale du collège me l’a dit clairement. Beaucoup d’enfants ont ce genre de matériel au collège. » Est-ce vrai ? Est-ce faux ? On ne le saura pas.

On y entend un avocat, Me Benjamin Echalier, du barreau de Toulouse qui dit son grand embarras : « pour l’instant, la règle n’est pas suffisamment claire ». L’interdiction de vente aux mineurs « est dans un projet de loi sur la consommation… Ce sont des recommandations de l’OMS qui visent à limiter la vente aux mineurs ».

 Blog de Mme Touraine

C’est tout, ou presque. Autant dire que l’on n’y comprend rien, ou presque. Et puis on se souvient. Le jeudi 27 juin 2013 les députés votaient un amendement interdisant la vente des cigarettes électroniques aux moins de 18 ans, amendement déposé par le député (PS, Rhône) Jean-Louis Touraine soutenu par son groupe. Marisol Touraine, ministre de la Santé s’était alors aussitôt félicitée, dans un communiqué de presse, ainsi que sur son blog, de la célérité avec laquelle le Parlement avait décidé de légiférer sur ce sujet.

Nous écrivions alors que le vote de l’amendement du 27 juin 2013 démontrait sans ambiguïté aucune qu’il existe une volonté politique claire d’assimiler la cigarette électronique à un produit du tabac. L’amendement du Pr Jean-Louis Touraine -l’un des rares responsables politiques français, médecin par ailleurs,  engagé dans la lutte contre le tabagisme  – était soutenu par le groupe socialiste et la mesure a été fort opportunément  introduite par un amendement au projet de loi consommation.

 Un mineur sur trois fume du tabac

Quand elle soulignait encore sa détermination sans faille à lutter contre le tabagisme,  première cause de mortalité prématurée évitable en France, la ministre de la Santé rappelait que cette addiction fiscalisée est  directement responsable de 73 000 morts par an. Elle rappelait aussi qu’aujourd’hui en France, à 17 ans, un jeune sur trois fume régulièrement.

On peut en conclure que la loi qui interdit la vente de tabac aux mineurs n’est pas nullement respectée. Et ce alors que la tabac ne peut, selon la loi, être vendu en dehors des bureaux du même nom.

Goudrons et fumées

« La future loi qui interdira la vente de la cigarette électronique aux mineurs sera-t-elle mieux appliquée que  l’actuelle ? » demandions-nous en juin 2013. Nous ajoutions : « Pourquoi interdire à un mineur que l’on n’a pas pu empêcher de devenir fumeur d’acheter – à ses frais et (qui sait ?) à ses risques- une cigarette électronique qui lui permettrait de ne plus inhaler goudrons et fumées cancérigènes ? »

Un an et demi plus tard on voit que la question n’a rien perdu de son actualité. Ni la situation de sa tranquille absurdité.

A demain

Guerre au tabac : mouvements de cartouches à nos frontières

Hypocrisie et schizophrénie sont aux commandes. Bruxelles fait condamner Paris : le tabac est « un bien comme un autre ».

Nos députés roulent pour les cigarettiers du monde entier. Deux ministres du gouvernement français montent en ligne. Voici leurs propos.

France Inter. C’est cette station publique (aujourd’hui sous la barre des 10%) qu’il fallait écouter jeudi 5 décembre peu après l’Angélus. Au micro un ministre comme on n’en fait plus guère. Calme, pédagogue, mesuré. Diplomate en un mot. Il fait le point sur la situation ukrainienne.  Non sans finesse il fait observer qu’aux marches de l’Empire marchand on rêve d’y entrer quand certains, en son sein, veulent rétablir les frontières. Les frontières, précisément : Inter l’interroge sur cette actualité qu’est « le relèvement des quotas d’importations de tabac par les particuliers » (1).  Voici sa réponse :

« Nous avons tenté par le passé de limiter les importations de cigarettes, nous avons été condamnés au motif que c’était un bien comme un autre. Nous ne renonçons pas à traiter ce sujet sous l’angle de la santé publique. Nous continuerons à argumenter, même si, actuellement, nous devons avoir à prendre des mesures d’élargissement, que nous regrettons d’ailleurs de prendre ».

 Présumé personnel

 Il s’agissait de Thierry Repentin, ministre des Affaires européennes. C’est un ministre que  l’on aimerait entendre plus souvent parler de santé publique. Un ministre avec qui on aimerait débattre des raisons qui, au nom de la santé publique, font que certains « biens » ne sont pas, précisément, « comme les autres ». Pour l’heure ils le redeviennent. L’Agence France Presse nous informe qu’à la suite de la condamnation de la France par la Cour européenne de justice, le gouvernement avait publié une circulaire fixant à la fois de nouveaux seuils et de nouvelles instructions pour les douaniers.

Selon cette circulaire, lorsque la quantité transportée par un individu ne dépasse pas (nous soulignons)  2.000 cigarettes (soit dix cartouches), 2 kg de tabac à fumer, 1.000 cigares ou cigarillos, la détention est présumée à but personnel. Présumer est un verbe qui peut charmer. Ou tuer.

 Les mots de Mme Touraine

Yves Thréard est un homme omniprésent sur les ondes et les  radios publiques et privées. M. Thréard est par ailleurs éditorialiste au Figaro. Il n’est pas de gauche, ce qui lui confère une certaine et paradoxale surface médiatique. Chaque jour il se plait à « interpeller » ceux qui nous gouvernent; ou qui ambitionne de nous gouverner. Hier il s’en prenait à Marisol Touraine, ministre de la Santé à qui il reprochait l’hypocrisie gouvernementale en matière de lutte conter le tabac. Voici ce que fut la réponse de Mme Touraine :

« Ce qui serait très hypocrite, ce serait de rester les bras croisés et de ne rien faire. Non, je n’accepte pas que les Français meurent, et meurent de plus en plus, à cause du tabac. Oui, je regrette la décision de la Cour de justice européenne qui nous impose d’augmenter nos quotas d’importation de paquets de cigarettes pour usage personnel. Elle va à l’encontre de la santé publique. Aussi, je peux vous dire que je continuerai à me battre :

– je ferai tout pour que la directive européenne sur le tabac, en cours de révision à l’heure où je vous parle, soit la plus protectrice possible pour la santé publique ;

– j’irai au G8 santé qui se tient à Londres mercredi prochain et j’en discuterai fermement avec la Commission européenne et mes homologues européens.

Par ailleurs, la détermination du gouvernement pour lutter contre les trafics est sans faille. Enfin, parce que la lutte contre le tabagisme est une de mes priorités absolues, j’utiliserai tous les moyens possibles pour combattre ce fléau:

– les prix bien sûr : je souhaite que l’application de la hausse de la TVA au 1er janvier prochain se répercute intégralement sur les prix ;

– la prévention évidemment : j’ai fait voter le triplement de l’aide au sevrage tabagique pour les 20 à 25 ans ;
– l’information, enfin: une nouvelle campagne de sensibilisation destinée aux jeunes vient d’être lancée.

Les dégâts causés par le tabagisme, c’est la société toute entière qui doit en prendre conscience comme nous avons su le faire pour la sécurité routière. J’en appelle, de nouveau, à la mobilisation de tous ».

Le député de Mâcon a fait un rêve

Tous mobilisés ? Mme Touraine n’a pas été entendue sur les bancs de l’Assemblée où Thomas Thévenoud  député (PS) de Mâcon a été défait. M. Thévenoud n’était sans doute pas parvenu à se faire entendre des médias nationaux. Toujours est-il que la « presse régionale » (Bien PublicLe ProgrèsL’Est Républicain) avait fait état de son rêve : un amendement instituant  « une contribution exceptionnelle et limitée dans le temps » du chiffre d’affaires des fabricants de tabac. Le texte propose une contribution correspondant  à 6% du chiffre d’affaires pendant deux ans, « ce qui pourrait rapporter 150 millions d’euros annuels aux organismes de sécurité sociale ».

Rêve en fumée

L’élu socialiste réfute l’idée d’un report sur le prix du paquet de cigarettes en ce qu’il toucherait directement le consommateur. Il observe que les hausses de prix n’ont pas endigué la consommation (c’est un euphémisme chez les jeunes), qu’elles dopent le marché de la contrebande et de la contrefaçon et qu’elles exposent les buralistes à de nouvelles violences. Solution : taxer à la source les producteurs de produits mortifères.

La Commission européenne pourrait-elle s’y opposer ?  Trop tard. L’amendement de M. Thévenoud a été retoqué. Les députés ne l’ont pas suivi. Le gouvernement ne l’a pas soutenu.

 

(1) Le 14 mars dernier  la Cour européenne de justice s’est prononcé en ces termes après une plainte de la Commission européenne : « La France ne respecte pas les règles européennes en limitant strictement les achats de tabac à l’étranger et doit donc changer sa législation sous peine d’amendes (…) La France a manqué à ses obligations (…) en utilisant un critère purement quantitatif pour apprécier le caractère commercial de la détention par des particuliers de tabac manufacturé en provenance d’un autre État membre, en appliquant ce critère par véhicule individuel (et non par personne) et en l’appliquant de manière globale pour l’ensemble des produits du tabac ».

Inserm, délivre-nous du Mal !

Des chercheurs français ont découvert pourquoi certain(e)s d’entre nous cèdent parfois (souvent) à la Tentation. Tout se passerait dans les hippocampes.

Au moment précis où l’on annonce la réécriture de la prière du Notre-Père. Hasard ou fatalité?     

L’ « Inserm » est une institution publique dévolue à la recherche médicale. Ce qui n’interdit pas à certains de ses membres d’emprunter des chemins bien détournés. Et de le revendiquer. C’est le cas aujourd’hui avec la publication dans la revue Plos Biology d’un travail fort peu banal. Travail d’une équipe dirigée par Maël Lebreton et le Dr Mathias Pessiglione. Tous travaillent dans différentes structures situées au sein de l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière et de l’Institut du Cerveau et de la Moelle Epinière .

Pauvres pécheurs

Nous sommes ici aux confins des neurosciences et de la théologie : Plos Biology côtoie la prière du « Notre Père ». Dans l’un et l’autre cas on traite de la Tentation. La seconde voit le Dieu chrétien imploré de ne pas y soumettre son pauvre pécheur (1). La revue, elle, ouvre ses colonnes à sept chercheurs qui ont voulu comprendre; comprendre  non pas pourquoi Dieu voudrait tester nos capacités de résistance, mais bien comprendre comment il s’y prendrait. Et leurs résultats, assure l’Inserm, ne manqueront pas d’intéresser les marchands du Temple.

Trente deniers maintenant ou plus demain ? 

Ici la méthodologie employée n’a rien ici de bien sorcier. Il suffit d’un peu d’imagination, de quelques volontaires  et d’un appareil d’imagerie cérébrale par résonance nucléaire (IRM). Une fois la boîte crânienne des volontaires dans la machine les volontaires étaient soumis à un dilemme financier : préféraient-ils percevoir 10 € dans l’instant ou 11 € demain ?  Ces scientifiques avaient ainsi déjà découvert dans quel territoire  cette question était disséquée : dans la région « dorso-latérale du cortex préfrontal » ; une zone déjà bien connue depuis longtemps  pour jouer un rôle dans la maîtrise des comportements. C’est ainsi que les personnes patients atteintes de dégénérescence du cortex préfrontal affichent une impulsivité excessive pour tous les types de choix.

Bière et/ou Champagne 

Les chercheurs français ont voulu aller plus loin. Aussi ont-ils varié les plaisirs en pianotant par exemple sur le gustatif alcoolique (une bière tout de suite ou une bouteille de champagne dans une semaine ?). Les cobayes devaient aussi choisir entre des récompenses immédiates (présentées sous la forme de photographies) et des récompenses ultérieures (présentées sous la forme de textes). Dans ces cas de figure le siège cérébral de  la décision change : la capacité à sélectionner les récompenses futures était corrélée au degré d’activité d’une autre région cérébrale ; une région  précieuse, point de repère  des neurologues et des neurochirurgiens: l’hippocampe.

Imagination

Il fallait parachever la démonstration : le même test a été réalisé chez des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, affection dégénérative qui provoque des lésions de ce même hippocampe. Tous ces malades s’orientaient spécifiquement vers les récompenses immédiates, tout se passant comme si les récompenses futures leur demandaient un trop grand effort d’imagination. Pour le Dr Pessiglione il ne fait plus de doute que l’hippocampe est nécessaire pour imaginer les situations futures « avec une richesse de détails qui les rendent suffisamment attrayantes ».

Sublimation

On savait depuis longtemps que cette structure est essentielle pour enregistrer les épisodes passés. Nous savons désormais qu’elle était également impliquée dans la simulation des situations futures. C’est pourquoi les personnes ayant des lésions de l’hippocampe souffrent à la fois de déficits de mémoire, mais également de difficultés à imaginer des objectifs qui pourraient s’opposer à l’attrait des récompenses immédiates et motiver leurs actions sur le long terme. Ce serait donc l’hippocampe, en somme, qui nous permet (ou pas) de sublimer. Hippocampe siège du trop célèbre craving (« désir ardent, appétit insatiable ») ce passage à l’acte compulsif  de la personne devenue esclave d’une assuétude illicite ou fiscalisée.

Est-ce écrit ?

L’Inserm donne une version moins sublimée de tout cela. « Depuis des décennies, les économistes s’intéressent au dilemme du choix entre les récompenses plus modestes et plus immédiates et celles plus importantes mais plus lointaines, répond le service de presse ce cet institut.  Il est essentiel de comprendre comment les êtres humains font ces choix – comme par exemple boire ce soir ou préserver sa santé pour plus tard – pour concevoir une police d’assurance ou des campagnes de lutte contre l’alcoolisme. »

C’est écrit.  Bientôt il ne sera peut-être plus nécessaire de prier pour ne plus être soumis à la Tentation. Serons-nous pour autant délivrés du Mal ? L’Inserm ne nous le dit pas. Mais rien ne dit qu’il n’y songe pas.

 

(1) Hasard ou fatalité Le Progrès vient de révéler une modification de taille :

« Bientôt, à la messe, les prêtres ne liront plus le «Notre Père» en demandant à Dieu : « (…) Et ne nous soumets pas à la tentation (…)». Ils diront : «(…) Et ne nous laisse pas entrer en tentation (…)». Le Vatican a donné son accord cet été à la publication d’une nouvelle traduction française complète de la Bible liturgique, dont la dernière version remontait à 1993. Cette modification, destinée à la célébration du culte, sera diffusée en France à partir du 22 novembre. Le Monde complète et enrichit ici cette révélation du tonnerre.

 

PS Ce billet s’inspire largement d’une chronique parue sur Slate.fr et de la précision apportée par un lecteur.