Dernières vérités chiffrées sur les agressions dont sont victimes les médecins français

 

Bonjour

C’était, ce matin, une exclusivité du Quotidien du Médecin (Henri de Saint Roman). Une exclusivité vite relayée par le Conseil national de l’Ordre des médecins. Elle prend la forme d’un bulletin chiffré venu d’un front que nul ne sait identifier, de zones d’insécurité mouvantes, d’une nouvelle réalité des quartiers et des cités.

L’erreur serait ici de trop noircir ce qui nous est livré. Pour autant ce bulletin dit bien le malaise croissant et, si l’on peut utiliser le mot, la forme de désacralisation de l’espace et du geste médical. Il dit aussi l’impossibilité désormais chronique du politique à peser sur cette réalité pour la prévenir. Il exprime aussi la nécessité d’un renouveau, d’un sursaut solidaire qui reste à imaginer.

Document ordinal :

« L’Ordre des médecins publie aujourd’hui les résultats de l’Observatoire de la sécurité des médecins en 2016. 968 incidents ont été déclarés en 2016. Il s’agit du nombre de déclarations le plus important depuis la création en 2003 de cet Observatoire.  Dans ce contexte préoccupant, et comme en 2015, 56% des incidents n’entraînent cependant pas de suites légales, proportion la plus élevée depuis la création de l’Observatoire

« L’Observatoire de la sécurité s’est basé en 2016 sur 968 fiches de déclarations d’incidents. Il s’agit du nombre de déclarations le plus important depuis la création en 2003 de l’Observatoire, et d’un nombre qui reste nettement supérieur à la moyenne constatée (741 déclarations d’incidents par an). Depuis 2010 est observée une stabilité globale élevée. Les départements les plus touchés sont les Bouches-du-Rhône (68 incidents) et le Nord (59 incidents). L’on constate également une recrudescence importante des déclarations en Seine-Saint-Denis (49 déclarations, contre 27 en 2015).

« La surreprésentation des généralistes parmi les médecins déclarant s’accentue par ailleurs depuis 2012, et est demeurée en 2016 au même niveau record qu’en 2015 : les généralistes représentent 65% des déclarants, alors qu’ils ne représentent que 45% des praticiens. »

Crachats

Il faut ajouter que ces chiffres regroupent les agressions verbales et menaces (majoritaires) les agressions physiques, les vols et tentatives et les actes de vandalisme. L’agresseur est le patient dans un peu plus d’un cas sur deux, un accompagnant ou une tierce personne. Une arme a été utilisée dans 2 % des agressions. Les  violences physiques sont majoritairement des coups et blessures, des crachats au visage.

Quant à « l’élément déclencheur » de l’ « incivilité » il est souvent d’une redoutable banalité. Trois cents incidents sont nés d’un reproche sur une prise en charge, cent-cinquante faisaient suite à un refus de prescription, une centaine avait trait à une demande de falsification de certificat et une autre centaine résultait d’un temps d’attente jugé excessif.

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La Cour de cassation confrontée à la neutralité de la sexualité. Que dira le droit français ?

Bonjour

L’affaire avait commencé en octobre 2015 avec une révélation de « 20 minutes ».  On apprenait qu’un magistrat du tribunal de grande instance de Tours (Indre-et-Loire) avait, le 20 août de la même année, ordonné à l’état civil de la mairie de cette ville de modifier l’acte de naissance d’une personne intersexuée mais enregistrée comme étant de sexe masculin – modifier pour y apposer la mention « sexe neutre ». Pour la première fois une juridiction française avait autorisé une personne, âgée de 64 ans, à sortir du système binaire masculin/féminin en ordonnant à un officier d’état civil de modifier son acte de naissance pour y faire figurer la mention sexe neutre. Une décision contraire à la loi 1.

Née, selon son médecin, avec un « vagin rudimentaire », un « micropénis » (mais pas de testicules) cette personne expliquait souffrir d’avoir été mise dans la « case masculine » dès sa naissance. « A l’adolescence, j’ai compris que je n’étais pas un garçon. Je n’avais pas de barbe, mes muscles ne se renforçaient pas… », avait-elle confié au quotidien gratuit.  Redoutant « que cette requête renvoie à un débat de société générant la reconnaissance d’un troisième genre » le parquet de Tours avait fait appel du jugement,

Et dans un arrêt rendu lundi 21 mars 2016, les magistrats de la cour d’appel d’Orléans sont revenus sur la décision du juge de Tours, estimant qu’«admettre la requête de monsieur X reviendrait à reconnaître, sous couvert d’une simple rectification d’état civil, l’existence d’une autre catégorie sexuelle ».

Le cas fut alors porté devant la Cour de cassation. Mardi 21 mars cette dernière a auditionné l’avocat de celui que la justice considère toujours comme une personne de sexe masculin. Et c rendra son arrêt le 4 mai. Dans l’attente l’affaire, ainsi que les innombrables questions de tous ordres qu’elle soulève, ont été longuement abordés dans différents médias.

Toutes ces questions viennent également d’être traitées dans un travail sénatorial original : « Variations du développement sexuel : lever un tabou, lutter contre la stigmatisation et les exclusions ». Plus généralement on sent, ici, la nécessité de décrire une réalité jusqu’ici cantonnée au médical et au pathologique. Corollaire : on sent poindre la revendication d’un nouveau droit – une revendication radicale puisqu’elle entend définir, au-delà des deux genres, une neutralité.

Séparation des pouvoirs

Devant la Cour de cassation l’avocat du plaignant a dénoncé le « principe de la binarité, de la limitation du sexe à deux : homme ou femme », qui est « une typologie, un artifice, une construction intellectuelle ». « La nature n’est pas binaire. Je ne vois pas pourquoi, là où la nature n’est pas binaire, le droit le serait », a-t-il plaidé dans l’une de ces formules qu’affectionnent les avocats. Face à lui, le marbre de la loi. « La dualité sexuelle, bien que ne faisant pas l’objet d’une définition légale spécifique, fait bien l’objet d’une prise en compte juridique généralisée », a objecté l’avocat général Philippe Ingall-Montagner qui, sans surprise, a demandé le rejet du pourvoi.

Et l’avocat de la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire français d’en appeler au règlement d’une question aussi fondamentale par le législateur. « Il y aurait trop d’incertitude à faire autrement. Créer une nouvelle catégorie de personne, c’est quelque chose qui excède l’office du juge », a-t-il tranché.

Où l’on se souviendra que, dans leur infinie sagesse, les plus puissants des magistrats français respectaient toujours, en mars 2017, le principe sacré de la séparation des pouvoirs.

A demain

1 L’article 57 du code civil dispose que « l’acte de naissance énoncera le jour, l’heure et le lieu de la naissance, le sexe de l’enfant, les prénoms qui lui seront donnés, le nom de famille, […] ainsi que les prénoms, noms, âges, professions et domiciles des père et mère ». Si cet article n’impose pas de mentionner les sexes « féminin » ou « masculin », une circulaire du 28 octobre 2011 précise que : « Lorsque le sexe d’un nouveau-né est incertain, il convient d’éviter de porter l’indication ‘de sexe indéterminé’ dans son acte de naissance » et d’indiquer « le sexe qui apparaît le plus probable » au médecin. S’agissant de la carte nationale d’identité, la circulaire du 10 janvier 2000 indique que « Le sexe qui est mentionné sur l’acte de naissance (article 57 du code civil) doit être indiqué par la lettre M (masculin) ou F (féminin) » sur la carte.

« Chacun doit savoir qu’il peut s’exprimer facilement, en toute liberté » (Marisol Touraine)

 

Bonjour

« Prendre soin de ceux qui nous soignent ». C’est une belle formule. Elle vient d’être utilisée par Marisol Touraine. En fin de mandat, membre d’un gouvernement en souffrance, la ministre de la Santé multiplie les initiatives.  Aujourd’hui il s’agissait de compléter sa réponse « aux attentes exprimées par les professionnels et aux enjeux du système de santé ». En décembre dernier elle avait présenté une « stratégie nationale forte et volontariste », pour faire « de la qualité de vie au travail une priorité politique ». Cette fois c’est le volet ambulatoire de cette stratégie nationale qu’elle a dévoilé.

La vérité est qu’il s’agit là d’une mécanique bien compliquée, une sorte d’engrenage articulé autour de trois axes. Essayons de comprendre la machinerie. D’abord « améliorer les conditions d’exercice » (l’Observatoire national de la qualité de vie au travail et des risques psychosociaux des professionnels de santé, prévu par le premier volet de la stratégie, concernera également les professionnels ambulatoires).

Ensuite « assurer la sécurité des soignants exerçant en ambulatoire » (les accords « santé-sécurité-justice » seront développés et renforcés et   une campagne de communication sera lancée pour sensibiliser le grand public aux exigences de la relation soignant / soigné ). Enfin « prévenir et prendre en charge la souffrance au travail » (là encore, campagne de communication pour informer les professionnels sur l’épuisement au travail).

George Orwell 

Mais encore ? Un dispositif d’écoute sera mis en place pour permettre aux professionnels confrontés à la souffrance au travail d’en parler à des personnels formés et d’être orientés, si nécessaire, vers des soins adaptés. Ecoutons Marisol Touraine :

« Pour mieux prévenir les risques psychosociaux, il faut faire tomber les tabous et libérer la parole. Désormais chacun doit savoir qu’il peut s’exprimer facilement, en toute liberté. Parfois, le besoin de parler de ses propres difficultés, en confidentialité, est urgent. C’est pourquoi j’ai chargé la mission nationale pour l’amélioration de la qualité de vie au travail de recenser les initiatives en termes de dispositifs d’écoute, et notamment les numéros d’appel téléphoniques.

 « A partir de ce recensement, un cahier des charges sera élaboré pour garantir la mise en place de dispositifs d’écoute accessibles 24h/24h et 7 jours/7, de façon gratuite et avec la garantie d’une confidentialité absolue, lorsqu’elle est souhaitée. »

 « Le document de synthèse est davantage un catalogue de l’existant qu’un nouveau plan de bataille au bénéfice des médecins et soignants libéraux, observe un Quotidien du Médecin peu amène. Pas de grand soir au programme. Cinq semaines avant le premier tour de la présidentielle, Marisol Touraine ne précise ni le calendrier d’action ni le financement pour appliquer les différentes mesures du plan – contrairement au volet hospitalier. »

Combien d’argent faut-il pour faire tomber les tabous ? Combien de trésors pour libérer la parole ? Et combien verser pour s’exprimer facilement ? Pourquoi, surtout, vouloir trop vite réparer ce qu’on a laissé se dégrader dans le passé ? Et puis cette formule, terrible : « Désormais chacun doit savoir qu’il peut s’exprimer facilement, en toute liberté ». Pourquoi, soudain, cette phrase rassurante effraie-t-elle ? Pourquoi songe-t-on, en 2017, à la prophétie politique de George Orwell ?

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La rougeole attaque dans les secteurs de Metz et de Forbach. Va-t-on vacciner d’autorité ?

Bonjour

C’est un bulletin venu du front. La région Grand Est est actuellement touchée par une épidémie de rougeole qualifiée d’« importante ». On recense officiellement, au 17 mars 63 cas recensés depuis le 30 janvier 2017 dans les départements de Moselle et Meurthe-et-Moselle. Trois fois sur quatre le virus infecte des enfants selon les responsables de l’Agence Régionale de Santé (ARS). « Les chiffres caractérisent une épidémie importante, mais pas exceptionnelle », a précisé l’ARS à l’AFP.

Affinons : l’épidémie est localisée sur les secteurs de Metz et Forbach. On connaît la cause de la pérétration de l’ennemi dans ce secteur : une absence (ou une insuffisance) de vaccination anti-rougeoleuse chez les sujets atteints ainsi que dans l’entourage des cas déclarés. Tout ceci associé à la fréquentation de lieux de vie collectifs.

Les personnes contaminées ont entre six semaines et 46 ans – et plus de la moitié sont des enfants de moins de 5 ans. « Parmi ces 63 cas recensés, 61 % n’étaient pas vaccinés, précise l’ARS. Elle ajoute que 27 % d’entre eux ont moins d’un an et n’étaient donc pas encore « vaccinables ». « Il suffit d’un cas dans une collectivité pour générer une épidémie, et ce sont presque toujours des personnes non vaccinées qui en sont à l’origine », souligne l’ARS.

Face à des symptômes évocateurs (fièvre supérieure à 38°, toux, rhinite, conjonctivite, éruption cutanée…), l’ARS recommande de contacter par téléphone le médecin traitant « pour qu’il adapte le mode de consultation ». Ne  pas se rendre directement dans une salle d’attente ou aux urgences hospitalières. Une personne atteinte de rougeole est contagieuse 5 jours avant et 5 jours après l’éruption cutanée.

Que va faire Marisol Touraine ?

Que faire d’autre ? L’ARS invite les parents à vérifier auprès des professionnels de santé la mise à jour des vaccinations. On sait que le vaccin trivalent rougeole-oreillons-rubéole (ROR) (vaccin recommandé) reste le seul moyen de prévention efficace, rappelle l’ARS. Une première dose à l’âge de 12 mois, une seconde dose entre 16 et 18 mois.

Précision : dans le cas d’une situation épidémiologique nécessitant la vaccination de nourrissons dans leur première année de vie (en cas d’épidémie ou de voyage en zone d’endémie), une seconde dose doit être administrée dans la 2ème année de vie, de préférence dans les 3 mois suivant la 1 ère dose. En aucun cas, l’intervalle entre les 2 doses ne doit être inférieur à 4 semaines.

En théorie tous les enfants, adolescents et adultes nés depuis 1980, devraient avoir reçu deux doses du vaccin trivalent. Marisol Touraine devrait dire sous peu quelles suites elle entend donner aux recommandations formulées au terme de la consultation nationale sur la vaccination : rendra-t-elle, parmi d’autres, le vaccin ROR obligatoire ?

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Morale médicale : un nutritionniste trop médiatique interdit d’exercice pendant une année

Bonjour

On ne commentera pas cette décision de justice. Cette double décision devrait-on écrire. Rapportons, avec objectivité, les faits et l’interrogation qui en résulte : jusqu’où un médecin peut-il tremper le doigt dans la confiture des médias ? Une question qui, de fil en aiguille, est arrivée jusqu’au cœur battant de Paris : sous les ors du Conseil d’Etat, plus haute juridiction administrative française.

L’affaire concerne le Dr Jean-Michel Cohen, « intervenant en nutrition qui opère régulièrement dans les médias et sur Internet ». Autant qu’un nom, c’est une marque. Depuis quinze ans, innombrables ouvrages grand public, innombrables émissions de radio et de télévision. Une proximité avec plusieurs géants de l’agro-alimentaire dont l’homme ne fait nullement mystère. Un insupportable mélange des genres dénonçaient ses ennemis.

Puis, un jour, après quelques coups de semonce, l’Ordre des médecins se lassa. Le 12 novembre 2015, la chambre disciplinaire nationale de l’Ordre lui interdit d’exercer la médecine pendant deux ans – dont un avec sursis. Le dossier fut alors exposé sur le site buzzfeed.com : « Le business gourmand de l’omniprésent Dr. Jean-Michel Cohen ». Que reprochait l’Ordre au nutritionniste-vedette ? Il était selon lui coupable d’avoir « méconnu l’interdiction de pratiquer la médecine comme un commerce et l’obligation de s’abstenir de tout procédé publicitaire ». Il lui reprochait notamment de graves manquements déontologiques liés à sa participation à un site web payant de coaching pour perdre du poids.

Coup de théâtre

Puis survint un coup de théâtre comme la justice sait, parfois, les organiser :  le 27 juin dernier, 2016 le Conseil d’État suspendait la sanction ordinale à la demande du médiatique nutritionniste – il s’était pourvu en cassation. Dans sa décision le Conseil d’Etat relevait qu’il existait de sérieuses raisons pour annuler le jugement de la chambre disciplinaire ordinale et infirmer « la solution retenue par les juges du fond »« Je n’ai aucun doute sur le fait que le Conseil me donnera raison » confia alors au Quotidien du Médecin le Dr Cohen qui dénonçait un « acharnement de l’Ordre » à son endroit. Erreur.

Mars 2017 : après l’APM c’est Le Quotidien (Stéphane Long) qui revient sur l’affaire et révèle que la sanction de deux ans de suspension (dont un avec sursis) est confirmée par le Conseil d’Etat : ce dernier a rejeté le pourvoi en cassation du célèbre nutritionniste. Les magistrats n’ont pas remis en cause le jugement de la chambre disciplinaire de l’Ordre, estimant qu’elle n’avait ni commis d’erreur de droit, « ni dénaturé ni inexactement qualifié les faits » incriminés au Dr Cohen.

Morale médicale

La plus haute juridiction administrative a également jugé que la sanction retenue contre le médecin n’était pas hors de proportion avec la faute commise. Le Dr Cohen devra en outre verser la somme de 2 000 euros au Conseil national de l’Ordre des médecins. Reste l’opposition des arguments qui, avec l’évolution des techniques donneront sans doute lieu à de futurs développements juridiques.

Rappelons que pour sa défense le nutritionniste expliquait qu’il n’y avait pas, selon lui, d’incompatibilité entre son activité d’expert en nutrition et sa qualité de médecin, – et que les conseils payants délivrés sur Internet ne présentaient aucun caractère médical. Pour l’Ordre c’est ici « méconnaître l’interdiction de pratiquer la médecine comme un commerce » – de même, corollaire,  que « l’obligation de s’abstenir de tout procédé publicitaire ».

Où l’on voit s’affronter deux conceptions de ce que la morale médicale peut, ou non, accepter.

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Autisme : nouvelles données encourageantes quant à l’espoir d’un traitement médicamenteux

Bonjour

Comment rapporter les faits sans susciter de fausses espérances ? La revue Translational Psychiatry vient de publier les résultats d’une étude qui vient confirmer des données préliminaires observées ces dernières années : « Effects of bumetanide on neurobehavioral function in children and adolescents with autism spectrum disorders ». Ce travail était dirigé par le Dr Eric Lemonnier (CHU de Limoges) et le Pr Yehezkel Ben-Ari  (Neurochlore Research Team, Marseille).

Ces derniers avaient déjà développé une approche originale de la prise en charge d’enfants et d’adolescents atteints d’autisme à partir du bumétanide. Il s’agit ici d’un médicament diurétique qui permet de moduler les niveaux intracellulaires de chlore, en inhibant NKCC1, un canal d’import actif du chlore. Les bases physiologiques de cette approche originale et les premiers résultats de ce travail avaient été exposés dans un communiqué de l’Inserm en 2012. Et développés peu après dans Le Monde (Sandrine Cabut) : « Un diurétique réduit l’isolement des autistes ». Des travaux fondamentaux, publiés ensuite dans Science avaient ensuite conforté cette approche.

Six centres français

 La dernière publication concernant un essai clinique est quant à elle déjà reprise par Le Quotidien du Médecin ainsi que par Le Populaire du Centre (l’étude a été menée en partie au CHU de Limoges). Il s’agit étude de phase 2A suivie d’un essai de phase 2B multicentrique (mené par la société Neurochlore) dans six centres en France (Limoges, Lyon, Brest, Nice Marseille et Rouen) sur quatre-vingt-huit enfants (2-18 ans) souffrant de différentes formes de syndromes autistiques. « Cette étude vient de montrer des résultats encourageants en faveur de la bumétanide sur plusieurs échelles d’autisme, expliquent les signataires de ce travail. Ces résultats permettent d’envisager une prise en charge globale du trouble et particulièrement de ses symptômes clés, le déficit social et les comportements stéréotypés. L’utilisation prolongée chez l’enfant de la bumétanide peut être envisagée car son acceptabilité chez l’adulte est bien documentée, ce produit étant utilisé dans l’insuffisance cardiaque et les œdèmes d’origine rénale et hépatique depuis de nombreuses années. »

Pour autant le Dr Lemonnier met en garde quant aux dangers inhérents à une utilisation de ce médicament en dehors de ses indications actuelles et de tout cadre médical réglementaire. Dans cette étude les patients ont été divisés en quatre groupes et traités deux fois par jour pendant trois mois avec 0,5, 1 ou 2 mg de bumétanide, ou avec un placebo. Les chercheurs ont observé une amélioration de la sociabilité et une réduction des comportements répétitifs.

« Le traitement a néanmoins donné lieu à un certain nombre d’effets secondaires : polyurie, hypokaliémie, perte d’appétit, déshydratation, asthénie, note Le Quotidien du Médecin. Si l’hypokaliémie a été facilement traitée par une supplémentation en potassium, certains effets secondaires se sont avérés suffisamment importants pour motiver un arrêt de traitement chez plusieurs patients, essentiellement ceux ayant reçu la plus forte dose de bumétanide. Le meilleur rapport bénéfice-risque a été établi à 1 mg. »

Réseaux neuronaux

Et maintenant ? Dans un communiqué les sociétés Servier et Neurochlore viennent d’annoncer la signature d’un accord de licence exclusive pour le développement et la commercialisation du bumétanide pour cette indication en Europe. Le passage à la phase 3 est soumis à l’autorisation de l’Agence européenne du médicament (EMA). Cette phase durerait un an et porterait sur quatre cents enfants et adolescents de cinq pays européens, traités pendant au moins six mois. Un dépôt de demande d’Autorisation de Mise sur le Marché n’est pas envisagé avant la fin 2021. Les chercheurs espèrent une commercialisation en 2022.

« Je suis ravi de voir que les recherches fondamentales que nous menons depuis plusieurs décennies sur le développement des courants ioniques vont aboutir au traitement d’un syndrome qui n’en a pas à l’heure actuelle. Cela illustre l’importance de la recherche fondamentale de type cognitif et de la collaboration avec des médecins et psychiatres comme le Dr Lemonnier. J’ai toujours considéré que les recherches expérimentales doivent être centrées sur des concepts majeurs sans préjuger d’une application qui peut éventuellement et ultérieurement survenir de façon inattendue, explique le Pr. Yehezkel Ben-Ari. La compréhension du développement des réseaux neuronaux dans des conditions pathologiques ouvre ainsi la piste à de nouvelles approches thérapeutiques de maladies cérébrales, surtout lorsqu’il s’agit de syndromes ayant une origine intra-utérine. »

A demain

 

Non, Marisol Touraine n’occuperait pas le poste de Premier ministre d’Emmanuel Macron

 

Bonjour

C’était une rumeur comme il en court mille dans le Paris d’aujourd’hui. Marisol Touraine (ou Ségolène Royale) serait déjà préemptée. D’ores et déjà désignée pour, le cas échéant, être nommée au poste de Premier ministre d’Emmanuel Macron président de la République. C’était une rumeur et la rumeur n’est plus: Emmanuel Macron a mis fin à ces spéculations.

Pourquoi non ? Il faut, pour comprendre, lire le prochain numéro de Femme actuelle (à paraître le … 27 mars). Le magazine confie qu’à moins d’un mois et demi de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron a reçu plusieurs de ses lectrices. Il s’agissait de répondre à leurs interrogations sur son programme, son projet. Santé, éducation, GPA, fonction publique, parité…Autant de points évoqués avec le candidat. A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes le candidat pour qui « la politique a quelque chose de mystique » a évoqué la question de la parité au sein de son futur gouvernement.

Exclues a priori du gouvernement

S’il est élu président de la République il a émis « le souhait de nommer une femme Premier ministre ». Précision : un choix qui reposera sur la compétence et non sur la simple parité. Mais alors, qui, veut savoir Femme Actuelle ?  Ségolène Royal « qui semble encore hésiter entre Emmanuel Macron et Benoît Hamon » ? Marisol Touraine, dont personne ne sait où elle est mais qui, dit-on, serait courtisée par Benoît Hamon ? Réponse du premier intéressé :

 « Je vais être direct avec vous. Il y a une promesse de renouvellement et d’alternance dans l’offre politique que nous portons. J’ai beaucoup de respect pour ces deux femmes mais elles n’ont pas vocation à avoir des responsabilités dans un gouvernement qui serait le mien parce que il faut faire monter de nouveaux talents, de nouvelles forces politiques.

« Il faut absolument que cette promesse de renouvellement et d’alternance soit concrète. Si je reprenais les mêmes, je trahirais cette promesse initiale. Je n’ai pas dit que ce serait forcément une femme, je le souhaite mais je cherche le meilleur profil pour le pays. On ne rend pas service à la cause féminine en faisant cela. J’ai plusieurs noms en tête, c’est un choix très compliqué. Mais ce ne sont pas les deux noms que vous avez évoqués. »

Où l’on voit que la lecture de Femme Actuelle peut aussi, grâce à Emmanuel Macron, confiner à la tragédie.

A demain