Une « prime Macron » de 500 euros pour les soignants hospitaliers de Confolens : oui ou non ?

Bonjour

0,5% : est-ce un geste « historique », comme s’en félicite Agnès Buzyn ?  Cette hausse des tarifs va-t-elle, comme l’affirme la ministres des Solidarités et de la Santé desserrer l’étau permanent qui asphyxie les hôpitaux publics français ?

«C’est un signal positif et la contrepartie des efforts fournis ces dernières années par les hôpitauxa poursuivi Frédéric Valletoux, ancien journaliste qui préside la puissante Fédération hospitalière de France. Cela va donner un peu d’oxygène au système, même si cela doit n’avoir que peu d’impact sur le déficit global des hôpitaux publics, qui est prévu autour d’un milliard d’euros fin 2019.»

« Ce coup de pouce est aussi diplomatique, observe Libération. Il intervient alors que commencent les discussions autour de la prochaine loi santé, qui devrait être débattue avant l’été. » Une loi portée par Agnès Buzyn, si elle n’a pas d’ici-là  quitté le gouvernement pour gérer les affaires européennes – loi qui devrait revoir, entre autres, la « carte hospitalière » et organiser la « labellisation »  de plus de quatre-cent « hôpitaux de proximité », sujet hautement politique au sein des déserts médicaux.

Courrier adressé à Agnès Buzyn

Hôpital de proximité, précisément, que celui de Confolens (Charente), 2 800 habitants. Vincent You , directeur du Centre hospitalier de Confolens réclame à l’État la possibilité de verser une « prime Macron » de 500 euros par personne pour les 310 salariés de son établissement. Une affaire peu banale rapportée par Le Quotidien du Médecin qui cite les témoignages recueillis par FR3.

« Prime exceptionnelle Macron » : hors de l’ordinaire, défiscalisée et désocialisée (absence de charges sociales jusqu’à trois SMIC), elle peut être versée jusqu’au 31 mars par les entreprises volontaires du secteur privé. Elle s’inscrit dans le cadre des mesures annoncées en décembre, en pleine crise des Gilets Jaunes, visant à donner un coup de pouce au pouvoir d’achat des salariés.

Dans ce contexte, , le directeur Vincent You  a écrit, avec les élus locaux, une lettre à Agnès Buzyn pour réclamer l’ouverture de cette prime  à la fonction publique hospitalière. Pour justifier ce type d’intéressement, il met en avant les bons résultats de l’hôpital en 2018 (600 000 euros d’excédent budgétaire) et le sens du sacrifice des soignants. Les salariés appuient sa requête. A Confolens, au confluent de la Vienne et du Goire, on attend patiemment la réponse ministérielle.

A demain

@jynau

 

 

Champs de compétences : Agnès Buzyn pourrait prochainement quitter le gouvernement

Bonjour

C’est une « indiscrétion exclusive » des Echos (Cécile Cornudet) : Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, pourrait très prochainement quitter le gouvernement. Cette figure de proue de la société civile « envisagerait f’être candidate aux prochaines élections européennes » sur la liste de La République En marche (LREM). « Elle doit rencontrer prochainement Stéphane Séjourné, le directeur de la campagne du mouvement présidentiel. Sans être tête de liste, elle pourrait faire partie d’un quatuor de personnalités pour porter la campagne » précise le quotidien économique.

Il ajoute que cette l’ancienne hématologue et professeure des universités a souvent exprimé son envie de s’inscrire en politique sur la durée, dans un mandat électif. Quitter le gouvernement ? C’était le 10 février dernier. Nous avions, pour notre part, déjà perçu un symptôme signifiant.  « Quand le moment du bilan sera venu, voilà un portrait qu’il faudra retrouver » écrivions-nous. Un portrait intitulé « Buzyn, la ministre qui veut se ‘’lâcher’’ ». Signé d’Anna Cabana on le trouvait alors dans le Journal du Dimanche.

S’autoriser à parler de tout

Portrait peu banal d’une ministre longtemps tenue pour idéale et dont on découvrirait (à l’Elysée) qu’elle serait notablement sous-employée. « Profil rassurant », certes, mais ne parvenant pas à imprimer dans les médias – à la différence notable de Marlène Schiappa, 36 ans. « Aux yeux des journalistes, les sujets n’existent que s’ils sont polémiques, confiait Agnès Buzyn. Je ne parle pas fort et je ne suis pas clivante. » Et encore :

« J’en ai marre qu’on me cantonne uniquement à mon champ de compétences Je veux bien parler tous les jours de la grippe et des urgences mais je suis engagée sur tous les  sujets (…) On a besoin d’un récit collectif. Je veux pouvoir m’autoriser à parler de tout. »

Elle disait encore souhaiter désormais « faire de la politique et [se] lâcher » (sic). « Si cette option se confirmait, elle devrait quitter le gouvernement précisent Les Echos. Et ce à l’occasion du remaniement qui est envisagé dans les prochaines semaines pour remplacer les ministres candidats aux européennes du 26 mai et aux élections municipales de 2020. » Contacté le vendredi 22 février par Le Quotidien du Médecin  (Martin Dumas Primbault), l’entourage d’Agnès Buzyn  a déclaré « ni confirmer ni infirmer cette information » et « ne pas vouloir faire de commentaire pour le moment ». Certes. Mais jusqu’à quand ?

A demain

@jynau

Vos urgences sont saturées ? Une idée : dénoncez la situation à votre Agence Régionale de Santé !

Bonjour

Faudrait-il en venir là ? C’est l’une de ces riches informations locales évoquée de temps à autre par Le Quotidien du Médecin (ici Anne Bayle-Iniguez). Une information en provenance de nos territoires impactés. Et, en l’espèce, dans le département trop méconnu de la Mayenne.

« C’est une affiche de format A4, presque un bout de papier, qui fait parler de lui depuis plusieurs jours à Laval, explique Le Quotidien. Retirée depuis du service des urgences de l’hôpital de la ville, où elle avait été apposée en fin de semaine dernière de façon anonyme, l’affichette s’adressait ‘’aux usagers du service des urgences du CH Laval’’, en leur suggérant d’aller ‘’manifester[leur] colère » contre les délais d’attente ‘’interminables’’ ‘’en écrivant directement à l’ARS, 17, boulevard Doumergue, 44 262 Nantes cedex 2’’ »

Une bouteille dans la Mayenne, en somme ; la conséquence de la saturation du service – 94 passages par jour en moyenne pour des locaux et des effectifs prévus pour 75 – et les fermetures de lits – dont plusieurs dizaines « dans les mois à venir ». « Nous ne demandons pas d’argent mais juste les moyens de faire correctement notre travail pour vous offrir une qualité de soins que vous êtes en droit d’exiger ».

Magnanime direction

Originale, l’initiative a été évoquée par les « médias locaux ». Ce qui n’a pas été du goût d’André-Gwenaël Pors, directeur de l’hôpital de Laval depuis la fin 2013. Selon lui cette affichette n’est qu’un un « tract ». Et qui plus est un tract utilisé début 2018 au moment où le service des urgences connaissait une « grève larvée de deux-trois mois, dans un contexte de préparations des élections professionnelles », explique-t-il au Quotidien. « C’est une initiative individuelle et spontanée (…). C’est peut-être le fait d’un médecin, mais je ne vais pas sanctionner, même si ni la méthode ni le message ne sont très propres », précise-t-il. Où l’on voit qu’une direction hospitalière peut, vis-à-vis de ses employés, fussent-ils médecins, être magnanime.

Reste, au delà du méprisable papier, le fond du problème : la saturation chronique du service, que le directeur prend soin de tempérer sans pour autant la nier.  Les urgences du centre hospitalier de Laval ont reçu en moyenne 96 patients par jour en 2018 (+ 2,7 % par rapport à 2017, avec des pics à 135 passages par jour) – et ce alors que « l’organisation interne, de 20 ans d’âge, est prévue pour 60 patients adultes par jour ». « Ce n’est pas normal », concède le directeur  qui néanmoins conteste le discours syndical relayé par France Bleu : « ‘’On court ver une catastrophe sanitaire ! » la CGT du CH Laval alerte sur la situation des urgences ».

Le directeur réfute l’argumentaire liant saturation du service à fermeture des lits. Pour lui le mal est en ville :  la démographie médicale libérale déclinante en ville et les non-remplacements des départs en retraite qui se succèdent depuis quatre à cinq ans à Laval. Et le « tract » ? Contactés par Le Quotidien les personnels des urgences de Laval ont confirmé le retrait de l’affichette mais n’ont pas souhaité répondre à plus de questions.

A demain

@jynau

 

Tabac connecté et duplicité : savez-vous que Philip Morris s’intéresse à votre santé ?

Bonjour

Comment s’y retrouver ? Jadis tout était simple : on fumait. Puis vint l’épidémiologie et la (tardive) démonstration des considérables dégâts du tabac les poumons, le cœur, les vaisseaux, le cerveau. Big Tobacco n’était plus un ami. Le combat s’engagea suivi par la (tardive) action du pouvoir politique. Un pouvoir qui engrangeait depuis toujours les (considérables) taxes inhérentes à cette dépendance. Big Tobacco freinait de tout son poids mais des lois furent (enfin) promulguées pour interdire la publicité.

C’est alors que surgit la cigarette électronique et la (rapide) prise de conscience que l’on disposait là d’un extraordinaire outil au service de la réduction des risques. Oublions un instant l’addiction à la nicotine et privilégions les bénéfices apportés aux poumons, au cœur, aux vaisseaux, au cerveau du fumeur adoptant le vapotage. On connaît la suite, le pérsent et (en France) le coupable déni du pouvoir politique vis-à-vis de cet outil.  C’set dans ce cadre qu’il faut replacer les actuelles stratégies de Big Tobacco. Comme celle que vient de rapporter l’AFP reprise sur le site des buralistes français : « Philip Morris, le plus grand fabricant de cigarettes au monde, veut utiliser la technologie contenue dans ses nouveaux produits de vapotage pour offrir des services de dépistage de santé à ses utilisateurs ».

Ecole Polytechnique de Lausanne

Où l’on nous rappelle qu’il y a trois ans, Philip Morris International (PMI) avait annoncé son intention de réduire sa production de cigarettes classiques pour les remplacer par une ligne de produits « sans fumée », comme les cigarettes électroniques et les articles qui « chauffent le tabac sans le brûler ». Le géant affirme que ces produits sont beaucoup moins nocifs, « même si le fabricant des célèbres Malboro n’a pas encore réussi à convaincre l’Organisation mondiale de la santé et la communauté médicale ».

Dans l’attente PMI va user de la technologie contenue dans ses nouveaux produits « pour proposer des services allant du suivi de santé à l’assurance vie ». André Calantzopoulos, 61 ans, ancien ingénieur électronicien de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne ey PDG de PMI :

« Dans le monde d’aujourd’hui, je vois (…) un écosystème que vous créez autour du produit, par exemple quels autres services vous offrez au consommateur en plus de votre produit phare. Nous avons de l’électronique dans ce nouveau produit, nous avons donc la possibilité de nous connecter aux consommateurs qui le transportent 16 à 17 heures par jour. »

L’un des premiers projets de PMI est de proposer une assurance vie aux utilisateurs de son produit le plus populaire, l’Iqos, qui-chauffe-le-tabac-au lieu-de-le-brûler. M. Calantzopoulos estime notamment que les consommateurs de produits sans combustion devraient bénéficier d’un rabais sur les assurances vie (sic) par rapport aux fumeurs traditionnels, qui doivent souvent payer deux fois plus cher que les non-fumeurs en raison des risques liés à leur addiction.

Bracelets détecteurs

Cette pratique soulèverait-elle  des questions de droit relatives à la vie privée ?  PMI observe  que des assureurs envisagent d’ores et déjà d’offrir des rabais aux fumeurs qui peuvent prouver qu’ils ont abandonné la cigarette traditionnelle pour les produits « sans fumée ». Et des bracelets connectés peuvent par exemple détecter les mouvements de la main selon que l’on fume une cigarette ou un produit électronique.

Le Dr Derek Yach (ancien de l’OMS) fondateur et président de la « Fondation pour un monde sans fumée » (entreprise controversée soutenue par PMI) défend cette initiative. « Je pense que les objets connectés sont la direction à suivre, a-t-il déclaré à l’AFP. Ils poussent déjà les gens à faire davantage d’exercice, à mieux manger et dormir. Ce qui manque, c’est aider les gens à arrêter de fumer. »

Certains font aussi appel au concept de duplicité. Ils se souviennent que Big Tobacco, affirmait déjà que leurs nouvelles cigarettes « à filtre » étaient bénéfiques pour la santé. L’aurait-on oublié ?

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@jynau

Rougeoles savoyardes : avant de partir vers les neiges, prière de vérifier votre état vaccinal.  

Bonjour

C’est une « bouffée épidémique », un cluster rougeoleux qui fait tache, information virale peu banale. 8 février : 18 cas enregistrés. Le 12 février ont était passé à 26 cas. Et l’Agence régionale de santé (ARS) Auvergne Rhône-Alpes de sonner une nouvelle fois l’alerte. Une alerte reprise en chaîne par de nombreux médias : les vacances scolaires d’hiver viennent de débuter pour la zone B et Val Thorens va, comme chaque année accueillir de nombreux touristes skieurs, français et étrangers.

Comment agir, comment prévenir sans déséquilibrer les recettes commerciales de la célèbre station – la plus haute d’Europe, 31 223 lits touristiques répartis dans 3 614 établissements ? L’ARS s’explique via un communiqué envoyé par l’intermédiaire de la mairie :

« L’objectif était de prévenir la population et les nombreux touristes, mais sans les inquiéter. La rougeole est une maladie très contagieuse, une personne contaminée par la rougeole peut en contaminer vingt autres, nous risquons d’autres nouveaux cas très rapidement. Nous avons expliqué la recrudescence des cas de rougeole et que la vaccination était le meilleur moyen de s’en protéger. Nous avons aussi rappelé qu’il faut être vigilant dès qu’il y a un cas suspect de rougeole : il est recommandé de porter un masque et de respecter les règles d’hygiène, en particulier le lavage des mains ».

De 85 % dans l’Ain à 71 % en Ardèche

« À ce jour, nous avons un foyer de 26 cas de rougeole sur la station de Val Thorens, indique le Dr Anne-Sophie Ronnaux-Baron, médecin responsable du pôle régional de veille sanitaire Auvergne Rhône-Alpes. Cette concentration de cas est préoccupante. L’épidémie touche essentiellement des professionnels saisonniers, qui ont entre 20 et 30 ans et qui côtoient des structures identiques (cafés, restaurants, hôtels), voire qui vivent dans la promiscuité. Un enfant est également concerné. Vendredi, nous en étions à 18 cas et ce mardi 12 février nous avons 8 cas supplémentaires. Nous expliquons que la maladie peut être grave, notamment chez les jeunes enfants de moins d’un an qui n’ont pas encore pu recevoir les vaccins, ainsi que chez les personnes fragiles immunodéprimées. Elle peut occasionner des atteintes respiratoires et neurologiques sévères pouvant être à l’origine de séquelles irréversible.s »

L’affaire à dire vrai dépasse Val Thorens, la Tarentaise et la Savoie. Au risque d’irriter les anti-vax on sait que la couverture vaccinale idéale est de  de 95 % – un objectif lointain, presqeu inaccessible en ces temps de méfiance généralisée. En région Auvergne Rhône-Alpes, elle varie de 85 % dans l’Ain à 71 % en Ardèche. Et les mêmes causes causant,, en altitude comme en plaine, les mêmes effets, la majorité des cas déclarés actuellement sont soit non vaccinés, soit vaccinés avec une dose seulement. « Nous recommandons à la population de vérifier sa vaccination et, si les personnes n’ont eu qu’une seule dose, elles doivent rapidement consulter leur médecin pour se faire vacciner pour la deuxième dose. Se faire vacciner dans les trois jours qui suivent le contact avec une personne ayant la rougeole permet encore de s’en protéger » assure l’ARS.

« Nous sommes également en train d’organiser une communication en anglais pour tous les touristes étrangers, annonce le Dr Ronnaux-Baron. Plus globalement, nous incitons toutes les personnes de la grande région Auvergne Rhône-Alpes à vérifier leur statut vaccinal et nous préconisons aux médecins de le vérifier systématiquement pour toutes les personnes qui consultent chez eux. »

En Ardèche tout particulièrement.

A demain

@jynau

Indigne : dans les facultés de médecine racisme et antisémitisme «prennent de l’ampleur»

Bonjour

Pourquoi ?

Nous sommes en février 2019 et c’est un communiqué de la Conférence des doyens des facultés de médecine. Extraits. « Il y a de plus en plus d’actes racistes et antisémites perpétrés à l’encontre des enseignants, des autorités et des étudiants de confession juive et/ou d’origine étrangère » – un phénomène « scandaleux et inadmissible ». « Cette situation n’est pas nouvelle, des faits identiques s’étant déjà déroulés en 2013 et 2014. Mais la recrudescence récente de ces comportements inquiète la Conférence des doyens. Quelle que soit la forme que revêtent ces actes (humour, etc.), ils ne peuvent pas être tolérés ».

Les doyens « appellent le corps enseignant à redoubler de vigilance et à dénoncer au plus vite tout comportement répréhensible ». Elle appelle aussi les étudiants à « informer les autorités compétentes lorsqu’ils assistent à des agissements antisémites et racistes ».

« Il n’y a pas eu d’actes précis ces derniers jours (…) en revanche, nous avons observé des tags à la faculté de Créteil, à Lyon et à Grenoble, où le président de l’université était directement visé, a déclaré le président de la conférence, Jean Sibilia, au site spécialisé What’s up doc. Nous ne disposons d’aucun outil pour affirmer que ces faits sont en augmentation. Néanmoins, on sent monter, comme tout le monde, cette ambiance d’intolérance.»

« Une faculté de médecine – plus qu’une autre peut-être – doit défendre une certaine vision citoyenne et sociétale. S’il y a un endroit où l’on doit favoriser la cohésion sociale, c’est bien dans les amphis de la faculté, au sein d’une institution qui a une vocation humanitaire et sanitaire. Essayons de bien vivre ensemble et arrêtons de véhiculer cette agressivité et ces ondes négatives comme on le voit sur les réseaux sociaux. Il faut que l’on sorte de ça. Et si le monde académique ne diffuse pas ce message là, qui le portera ?

« La tolérance zéro c’est dénoncer ces actes et ne plus les subir. C’est libérer la parole. Dans toutes les facultés il y a désormais des commissions bien-être où le moindre fait, la moindre parole qui vient à l’encontre du vivre ensemble peuvent être signalés. Toute intolérance doit y être rapportée, et le sexisme et l’homophobie en font partie. Derrière, si nécessaire, la commission disciplinaire pourra être saisie. Et au-delà, les propos antisémites, racistes ou discriminants sont des faits punis par la loi. »

« Préparation d’un week-end d’intégration »

Le 8 février, un étudiant de l’université Paris-13 (Seine-Saint-Denis) a été exclu après la plainte d’une étudiante en médecine, qui accusait plusieurs étudiants d’avoir tenu des propos antisémites à son égard. L’étudiant a été sanctionné par la section disciplinaire de l’université pour « un an, dont deux mois ferme », a précisé Paris-13 dans un communiqué. Sept autres étudiants et étudiantes, également mis en cause dans cette affaire, ont été relaxés. Le Quotidien du Médecin (Stéphane Long) rappelle que la jeune fille, étudiante en deuxième année de médecine sur le campus de Bobigny, avait porté plainte en octobre 2018, assurant avoir fait l’objet de harcèlement à caractère antisémite de la part d’un groupe d’élèves, notamment lors de la préparation d’un week-end d’intégration.

Alertée, la présidence de l’université avait saisi la section disciplinaire, ainsi que le procureur. La ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal avait à l’époque dénoncé des faits « profondément inacceptables ».

En janvier, le parquet de Bobigny a classé sans suite la plainte de la jeune fille, pour « infraction insuffisamment caractérisée ». Son avocat, Me Antonin Péchard, avait alors dit au « Quotidien » avoir « déposé une plainte avec constitution de partie civile » pour tenter d’obtenir l’ouverture d’une enquête par un juge d’instruction.  Depuis octobre, cette situation a donné lieu « à un grand nombre de spéculations et déclarations publiques excessives ou prématurées et aux exagérations les plus violentes sur les réseaux sociaux », regrette l’université dans un communiqué. Elle appelle « la communauté universitaire dans son ensemble à redoubler d’efforts et d’actions concrètes, de même qu’à poursuivre un inlassable examen de conscience sur les questions de discrimination, de racisme et d’antisémitisme. »

Nous sommes en France et en février 2019. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, vient d’annoncer que le nombre des actes antisémites avait augmenté de 74 % en France entre 2017 et 2018 (passant de 311 à 541). Le ministre était en déplacement à Sainte-Geneviève-des-Bois, où deux arbres plantés en mémoire d’Ilan Halimi, jeune juif tué en 2006 par le « gang des barbares », venaient d’être retrouvés sciés à la base. Ils ont été replantés. Et La  Marseillaise fut chantée.

A demain

@jynau

Urgences et compétences : Agnès Buzyn saura-t-elle «transformer notre système de santé» ?

Bonjour

Tambour battant. Enfin un agenda de ministre des Solidarités et de la Santé. Avant-hier, New Delhi (Inde) pour une réunion du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Hier, entre Vienne et Loire, avec Edouard Philippe, grippés, visite au pas de course d’une « maison de santé pluridisciplinaire et universitaire du Véron », commune d’Avoine, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Tours.

Ce matin, sur France Inter, pour défendre vaille que vaille, son « projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé » ; défendre aussi les vaccins et l’industrie pharmaceutique de même que le « Pauvre Pasteur qui doit se retourner dans sa tombe » ; expliquer (ce qui commence à la fatiguer) pourquoi le vaccin anti-grippal n’est pas très efficace cette année mais pourquoi il faut se faire vacciner ; attaquer frontalement l’organisation actuelle des établissements de l’AP-HP engorgés. Demain, Palais de l’Elysée et conseil des ministres pour la présentation du texte d’une loi qui, peut-être, portera son nom.

Trois poids lourds et deux députés

Cette loi, précisément, cible de multiples critiques médiatiquement exprimées, comme le résume Le Quotidien du Médecin (Anne Bayle-Iniguez). Une loi, cinq titres et vingt-trois articles pour des réformes structurelles (refonte des études médicales, création des projets territoriaux de santé, transformation numérique…), des habilitations à légiférer par ordonnances (recertification, hôpitaux de proximité, régime des autorisations d’activité, etc.) et plusieurs dispositions de « simplification » ou de « sécurisation»  (nouveau recrutement des praticiens à diplôme étranger hors Union européenne etc.). Et deux députés médecins, Stéphanie Rist rhumatologue (LREM, Loiret)  et Thomas Mesnier urgentiste (LREM, Charente), désignés rapporteurs par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale.

« Plusieurs poids lourds du secteur critiquent le fond et la forme du projet de loi » résume Le Quotidien. Dans le « Journal du dimanche », le patron de la FHF, Frédéric Valletoux, vient de cosigner une tribune avec trois anciens ministres, respectivement présidents de l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité (François Baroin, AMF), de l’Assemblée des départements de France (Dominique Bussereau, ADF) et de l’Association des régions de France (Hervé Morin, ARF). Ils dénoncent le manque de concertation du gouvernement et réaffirment leurs objectifs :  lutte contre la désertification médicale et garantie d’accès aux soins ; fin des « directives nationales technocratiques » ; prise en charge des spécificités territoriales ; développement d’outils, d’incitations et de financement pour une « implantation équitable des services de santé » ; renforcement du service public hospitalier et médico-social et revalorisation de l’attractivité des métiers hospitaliers et médico-sociaux. Des accusations que réfutent, d’un revers de main Edouard Philippe (à Avoine) et Agnès Buzyn (sur France Inter).

Combien de loups ?

D’ores et déjà un autre front de critiques est ouvert : dans  Le Figaro  le Dr Patrick Bouet, président du conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) salue certes une loi qui va « dans le bon sens » – contrairement à la « loi Touraine »  – mais qui reste « très floue », notamment en ce qui concerne l’emblématique « suppression du numerus clausus »,mais pas seulement.

« Comment? Rien n’est dit. Pour l’internat, des critères objectifs de concours vont être remplacés par des critères subjectifs de jury. Comment assurer l’équité? La loi ne répond pas. Sur les assistants médicaux, tout est renvoyé à la négociation conventionnelle. Mais c’est à la loi de dire ce que l’on attend: est-ce un nouveau métier, une super secrétaire, une aide soignante ou une infirmière? Le cadre n’est pas fixé alors que le sujet du temps médical est prioritaire. Le gouvernement veut organiser le système de soins en fonction des territoires. Parfait, c’était une de nos demandes.

Mais, là encore, la loi reste floue voire n’explique pas ce que seront les hôpitaux de proximité, ni les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), ni l’articulation entre les deux. L’exécutif demande à 1,3 million de professionnels de santé de travailler ensemble, à des centaines d’hôpitaux de modifier leur organisation, il faudrait au moins leur donner des informations claires. Sur la téléconsultation, nous aurions voulu que la loi rappelle l’obligation de respecter le parcours de soins, afin que les plateformes n’ouvrent pas la voie à une médecine à deux vitesses. Cela n’y est pas. »

Pourquoi tant et tant de flou ? Combien de loups ? Le président de l’Ordre des médecins estime que le gouvernement « est pris par le temps », la mesure numerus clausus lui imposant d’être « prêt pour la rentrée de septembre ». Il pense d’autre part que ce même gouvernement redoute qu’un texte trop précis n’amène une nouvelle fois, dans le débat parlementaire, « des propositions court-termistes » _ à commencer par la coercition à l’installation des médecins. « Comme cette loi suscite de très grandes attentes chez les professionnels de santé, le risque serait de les décevoir, conclut-il, prophétique. Aujourd’hui, nous sommes tous en phase, le consensus entre les acteurs de santé existe. Mais il est fragile. Attention de ne pas le faire exploser. »

Résumons: attention, risque d’explosions.

A demain

@jynau