Vaccinations et mort du nourrisson : qui osera dénoncer les assertions du Pr Luc Montagnier ?

Bonjour

Revenons sur les plus qu’étranges déclarations du Pr Luc Montagnier sur la scène d’un théâtre parisien de variétés :

« Nous sommes ici pour lancer une alerte, à tout le pays, au monde. Je voudrais alerter sur la mort subite du nourrisson. C’est quelque chose d’épouvantable, la cause est inconnue, mais il existe des faits scientifiques, montrant qu’un grand nombre de ces morts intervient après une vaccination. On ne peut pas démontrer une causalité, mais il y a une relation temporelle. [Les vaccins avec un adjuvant aluminique] sont responsables d’une tempête immunitaire chez le nourrisson (…) Ce qui est en cause, c’est la vaccination de masse, cela doit disparaître (…). » (Libération)

Le Pr Montagnier évoque aussi, selon Le Quotidien du Médecin, une « corrélation temporelle » entre vaccination contre hépatite B et sclérose en plaque. Vieil air connu auquel le Nobel 2008 de médecine aimerait redonner du souffle.

Corrélations temporelles versus lien de causalité… Restons sur les vaccinations et la mort subite du nourrisson (MSN). Quel est la bibliographie sur le sujet ? Le rôle du vaccin coqueluche à germe entier dans la MSN fut autrefois suspecté mais non retenu. Une étude anglaise de grande ampleur (The UK accelerated immunization programme and sudden unexpected death in infancy: case–control study. Fleming P, Blair P S, Ward Platt M, Tripp J, Smith J, Golding J. (2001) BMJ, 322: 822–825) a été menée au Royaume-Uni  entre 1993 et 1996/

Protéger

Conclusions résumées : « Plus d’un tiers des morts subites inexpliquées sont survenues entre 2 et 4 mois, âges des vaccinations. Pour qu’il s’agisse plus que d’une coïncidence, il faudrait que la couverture vaccinale soit supérieure chez les enfants morts que chez les contrôles. Or, c’est le contraire qui a été constaté.  » En d’autres termes ces données suggèrent que non seulement la vaccination ne contribue pas au risque de mort subite mais qu’elle pourrait même protéger…

On connaît d’autre part les facteurs de risque de la MSN : le couchage sur le ventre ; tabagisme de la mère pendant la grossesse ; le partage du lit avec les parents ; l’hyperthermie (y compris celle provoquée par les couettes, peluches …) ; l’âge (2 -4 mois) et le sexe (plus de risque chez le garçon)

En France une enquête a été réalisée en 2007-2009 (« Les morts inattendues des nourrissons de moins de 2 ans – InVS »et n’a à aucun moment évoqué le rôle des vaccins.

S’informer

On peut aussi s’informer auprès du site de l’OMS : « Vaccination: 10 idées fausses à corriger « .

« Idée fausse n°3 : Le vaccin combiné contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche et le vaccin contre la poliomyélite sont responsables du syndrome de mort subite du nourrisson. FAUX

« Il n’existe pas de lien de cause à effet entre l’administration de ces vaccins et la mort subite du nourrisson. Toutefois, ces vaccins sont administrés à un âge où les bébés peuvent être frappés par le syndrome de mort subite du nourrisson (MSN). En d’autres termes, les décès par MSN survenant après la vaccination sont une coïncidence et se seraient produits même si le nourrisson n’avait pas été vacciné. Il est important de ne pas oublier que ces quatre maladies sont potentiellement mortelles et que les nourrissons qui n’ont pas été protégés contre celles-ci par la vaccination courent un risque de décès ou d’incapacité grave. »

Statufier

L’OMS ajoute d’autre part que l’autisme n’est pas « causé par les vaccins » : « Il s’est avéré que l’étude de 1998 qui avait soulevé de nombreuses inquiétudes quant à la possibilité d’un lien entre le vaccin rougeole-oreillons-rubéole (ROR) et l’autisme, comportait de graves irrégularités et la revue [The Lancet ndlr]qui avait publié cet article l’a ensuite retiré. Malheureusement, la publication de cet article avait semé un vent de panique et conduit à une chute des taux de vaccination puis, en conséquence, à des flambées des maladies visées. Aucune corrélation n’a pu être établie entre le vaccin ROR et l’autisme ou les troubles autistiques. »

Sur la scène de son théâtre de variétés, poursuivant son voyage vers l’irrationnel, le Pr Luc Montagnier a remis en cause le bien-fondé du retrait du Lancet  de ces travaux plus que controversés du britannique Andrew Wakefield sur le vaccin ROR et l’autisme. Le Quotidien du Médecin : « Et lorsque dans la salle Serge Rader, pharmacien militant anti-vaccin, proche de Michèle Rivasi mais aussi du Nicolas Dupont-Aignan, se lève pour estimer qu’une statue de Wakefield devrait siéger à côté de Pasteur, sa diatribe est applaudie ».

A demain

 

 

VIH et sexualité : à combien faut-il condamner les hommes qui ont sciemment contaminé ?

Bonjour

Aléas du droit confronté à la sexualité. C’est une information italienne. Une première dans le pays, reprise notamment par le  Quotidien du Médecin (Ariel F. Dumont). Valentino Talludo vient, à Rome, d’être condamné à vingt-quatre ans de prison. Cet italien séropositif âgé de 33 ans était accusé d’avoir contaminé trente-deux femmes séduites via la Toile.

« Aucune ne savait qu’il était séropositif pour le virus du sida – diagnostiqué en 2006 – et toutes ont accepté d’avoir des rapports sexuels non protégés, précise la correspondante du Quotidien. Certaines de ses ex-partenaires ont, à leur tour, contaminé leurs compagnons et l’une d’elle a transmis le virus à son bébé. Une vingtaine d’autres jeunes femmes en revanche ont échappé à la contamination ainsi que trois hommes ayant eu des rapports avec des femmes contaminées. »

Délit d’ « épidémie »

L’avocat général avait requis la perpétuité et deux ans d’isolement. Dans son dossier, le juge d’instruction avait inscrit le délit d’« épidémie », un chef d’accusation que le tribunal n’a toutefois pas retenu. L’homme a finalement été condamné pour avoir infligé de graves « lésions » à la majorité de ses victimes.

« La cour a rendu son verdict après près de douze heures de délibérations. A sa lecture, certaines victimes se sont enlacées en pleurant, ont constaté des journalistes présents dans la salle, note The Huffpost. Valentino Talluto n’a rien d’un Don Juan, mais sous le pseudonyme « Hearty Style », ce comptable au physique passe-partout a séduit des dizaines de jeunes femmes sur les réseaux sociaux et sites de rencontres. »

 « Ce verdict fera jurisprudence car il crée un précédent important. Avant Valentino Talludo, personne n’a jamais été accusé du délit de contamination en Italie », a souligné l’avocat général. Pour sa part la défense a affirmé que l’accusé au comportement certes irresponsable n’avait jamais voulu infecter ses partenaires. Et de brosser le portrait d’un jeune homme « avide d’affection » qui n’avait jamais connu son père et avait perdu très jeune sa mère, toxicomane et séropositive. L’accusation et la défense ont déjà annoncé un pourvoi en cassation.

Quid de la France ?

Première en Italie ; quid de la France ? En 2015, l’augmentation du nombre d’affaires judiciaires impliquant des séropositifs avait conduit le Conseil national du sida (CNS) à publier des recommandations sur la pénalisation de la transmission du VIH. On avait alors recensé trois affaires entre 1998 et 2007 et vingt de 2008 à 2015.

Parmi les vingt-trois procédures jugées, la majorité relevait d’une juridiction correctionnelle et cinq d’une juridiction d’assises. « La prison constitue la peine de référence, puisque le choix des tribunaux s’est systématiquement porté sur des peines d’emprisonnement, d’une durée d’une à douze années », déplorait le CNS qui rappelait que l’incarcération n’est pas en soi un moyen de limiter la diffusion du VIH. « Il est au contraire démontré que la prison est un lieu de pratiques à risque élevé de transmission », soulignait-il.

Et pour prévenir la récidive, il recommandait de favoriser l’insertion et la réinsertion des personnes condamnées, d’améliorer leur accompagnement et d’appliquer des peines alternatives de privation de liberté.

La justice française ne semble guère avoir été entendu le CNS. Le Quotidien du Médecin rappelle ainsi qu’en décembre 2016, un homme a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises du Gard pour avoir transmis le VIH à sa compagne lorsque celle-ci avait 16 ans. Et il y a quelques jours un homme de 54 ans a été condamné à six ans de prison ferme par la cour d’assises de Seine-Saint-Denis pour avoir « sciemment » contaminé sa conjointe, également mère de ses deux enfants. On observera que ces procès n’intéresse plus guère les médias français. Pourquoi ?

A demain

Dans les anciens temps, plus longue était la consultation, moins le médecin gagnait d’argent

 

Bonjour

Toussaint 2017. A partir de demain une trentaine de consultations « complexes » ou « très complexes » vont être facturées 46 ou 60 euros en lieu et place des 25 euros de la consultation « de base ». Est-ce là une nouvelle « usine à gaz » comme (se) le demande Le Quotidien du Médecin ? Est-ce au contraire une adaptation raisonnable des cotations à la réalité des diverses pratiques médicales ? Est-ce la fin de la course à l’acte qui embolise bien trop souvent le quotidien des généralistes ?

Serait-ce, paradoxalement, une étape vers la fin du « paiement à l’acte », l’amorce d’une médecine qui, un jour, aura fait une croix sur l’hydre de la « capitation » ? Qui nous dira vers quelle médecine nous nous précipitons ?

Aujourd’hui les « hausses »  portent sur des consultations très spécifiques, qui « demandent du temps » aux médecins. On trouvera ici les explications d’ameli.fr :

« Les nouvelles consultations complexes, pour la plupart au tarif de 46 euros, correspondent à la prise en charge, dans le cadre du parcours de soins, de patients présentant une pathologie complexe ou instable ou à des situations cliniques à fort enjeu de santé publique (dépistage, prévention…). Les nouvelles consultations très complexes, au tarif de 60 euros dans la majorité des cas, correspondent à une prise en charge particulièrement difficile et complexe pour des situations cliniques et de prise en charge bien définies. La visite longue pour les patients atteints de maladie neurodégénérative (VL) a été intégrée dans la catégorie des consultations très complexes et son tarif porté à 60 euros. »

Et cet impayable jargon d’une administration qui ne touche plus terre :

« 27 nouveaux codes affinés » ont été définis dans la convention médicale. Pour des raisons de préservation du secret médical, ces codes, très signifiants sur la pathologie du patient, ne doivent pas être transmis à l’Assurance Maladie (obligatoire et complémentaire). Aussi « une évolution des logiciels des professionnels de santé est prévue » afin « qu’une transformation automatique soit réalisée lors de la facturation » : « le code affiné de la consultation complexe ou très complexe est transformé en un code agrégé, qui est inscrit sur la facture et traité dans les systèmes d’information de l’Assurance Maladie.

Les éditeurs ont reçu un avenant au cahier des charges Sesam-Vitale pour permettre cette évolution des logiciels. A ce jour, seul un nombre réduit d’éditeurs est « agréé ».

Les médecins dont les logiciels n’auraient pas bénéficié de cette évolution à la date de mise en œuvre pourront transitoirement, en attendant la mise à jour de leur logiciel, facturer ces nouvelles consultations en utilisant directement les codes agrégés : CCE : consultation très complexe enfants ; CCX : consultation complexe enfants ; MCX : majoration pour consultation complexe ; MTX : majoration pour consultation très complexe. Ces médecins devront, durant cette période transitoire, conserver dans le dossier médical du patient le détail et le codes affiné des consultations complexes et très complexes réalisées, et les tenir à disposition du service médical en cas de contrôle. »

Ongle incarné

« Jusqu’à présent, on était payé le même prix pour voir un ongle incarné, traiter une angine ou annoncer un cancer, explique Margot Bayart, médecin généraliste à Réalmont (Tarn) citée par Le Monde (François Béguin). Ces nouveaux tarifs sont la reconnaissance du temps passé avec certains patients. En matière de repérage et de prévention, c’est le début de quelque chose. » Le début de quoi ?

« Aujourd’hui, plus on fait de consultations longues, moins on gagne d’argent, résume Alice Perrain, généraliste à La Croix-en-Touraine (Indre-et-Loire), membre de MG France, elle aussi cité par le dernier quotidien vespéral. A la fin de certaines consultations, on a la sensation amère qu’elles sont intéressantes intellectuellement, mais pas valorisées en termes de revenus (…) On a dans la tête toutes les conséquences pour des patients que l’on suit souvent depuis des années. Cela nécessite un peu de temps pour décompresser. Et jusque-là on devait enchaîner ce type de rendez-vous avec une consultation anodine. »

Tout cela ne devrait guère apparaître aux yeux des patients : les nouveaux prix de consultation ne changeront rien aux règles actuelles de remboursement. La majorité des tarifs « élevés » concerneront des malades pris en charge à 100 % par l’Assurance-maladie. Où l’on en vient à regretter que le climat qui règne actuellement en France ne soit guère compatible avec la reconnaissance, objective, de cette chaîne essentielle de solidarité que constitue, depuis plus d’un demi-siècle, notre système de protection sociale. Avant lui c’était la porte ouverte à tous les Knock de bas étage. On n’ose imaginer ce qui suivrait son effritement.

A demain

 

Harcèlement et maltraitance : que s’est-il ou non passé au centre hospitalier de Rouffach ?

 

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Peut-être n’en parlerait-on pas sans l’actualité ambiante. Le tribunal de grande instance de Paris a condamné le 26 octobre le centre hospitalier de Rouffach (Haut-Rhin) à verser 2 000 euros de frais de procédure à l’association nationale Jean-Louis Mégnien de lutte contre la maltraitance et le harcèlement au sein de l’hôpital public, attaquée pour diffamation.

L’hôpital psychiatrique reprochait à l’association d’avoir fait mention de son nom sur sa carte, originale autant que dérangeante, des signalements des cas de maltraitance et de harcèlement, carte publiée sur son site Internet. Selon l’hôpital (le seul de la petite ville de Rouffach), le document contenait des « insinuations diffamatoires » à son endroit. « Le tribunal a retenu la bonne foi de l’association pour rejeter la plainte de l’établissement pour diffamation en référé » précise Le Quotidien du Médecin.

Réplique à Martin Hirsch

Il ajoute que sa depuis sa création, au printemps 2016, à la suite du spectaculaire suicide du médecin qui lui a donné son nom, l’association a enregistré 400 signalements de harcèlement ou de maltraitance à l’hôpital. Les cas les plus complexes sont transférés à Édouard Couty, chargé par Marisol Touraine de jouer le rôle de  médiateur sur la prévention des risques psychosociaux à l’hôpital.  L’association Jean-Louis Mégnien précise que l’hôpital de Rouffach est le seul à avoir porté plainte.

Contacté par Le Quotidien du Médecin l’hôpital de Rouffach n’a pas donné suite. Quant à l’association elle vient de répliquer à Martin Hirsch après les déclarations du directeur général de l’AP-HP relatives au harcèlement sexuel en milieu hospitalier.

A demain

Dans sa « vie d’avant », Agnès Buzyn avait toujours « voté à gauche ». Et maintenant ?

Bonjour

Brillante, bosseuse, empathique. C’est un premier portrait plus que flatteur que brosse d’elle Le Monde. Tout y est, à commencer par l’Ecole alsacienne.  « J’ai fait vingt ans de piano, joué Chopin, Mozart, mais j’écoute aussi du metal, j’adore Linkin Park a-t-elle confié au dernier quotidien vespéral. Du hard rock aussi. Rien ne m’effraie. » Et de raconter l’été de ses 16 ans où elle fréquentait les salles de metal à New York avec ses cousins musiciens, et traversait bruyamment la ville à l’arrière de choppers.

Quarante ans plus tard elle vit toujours dans le quartier de son enfance, le « Paris intello du 5», à deux pas de l’immanquable jardin du Luxembourg. Un quartier symptomatique et une carrière exemplaire : médecin hématologue hospitalo-universitaire, puis nommée successivement à la tête de trois institutions sanitaires : l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), l’Institut national du cancer (INCa), la Haute Autorité de santé (HAS).

« Sur l’hôpital, il ne faut pas la chercher » prévient Le Monde qui rapporte à son tour une récente anecdote. Fin septembre, lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale un député communiste Il l’invitait à venir découvrir « l’accablant quotidien des hospitaliers ». La réponse, alors, fuse. « M. le député Jumel, contrairement à vous, je n’ai pas besoin d’aller visiter les hôpitaux, j’y ai passé vingt-cinq ans de ma vie ! »

Au vu des restrictions budgétaires hospitalières qu’elle annonce, il est fort possible que la ministre soit vite amenée à retourner les visiter.

Les « labos » et le harcèlement moral

Oui, elle a « travaillé avec l’industrie » (Bristol-Myers Squibb et Novartis) mais l’argent touché pour les essais cliniques a été reversé à l’association Robert-Debré. Avec ces confidences aux frontières de la confraternité :

« Certains sont allés au resto. Moi, je n’ai jamais utilisé un centime pour financer autre chose que l’achat de matériel, ou des congrès aux infirmières (…) Et depuis dix ans, en congrès, je sors acheter mon jambon-beurre. »

Oui, elle a été « victime de harcèlement moral » et « aurait pu se suicider ». Oui, elle a été victime de la misogynie et du machisme de certains chefs de service comme elle l’a confié au Journal du Dimanche. Non, elle « ne brandit pas son féminisme en étendard », mais « refuse d’intervenir dans un colloque si le programme annonce moins d’un tiers d’oratrices ». Non elle ne comprend pas que l’on évoque un possible conflit d’intérêts  avec son mari, Yves Lévy, père de son dernier fils et actuel PDG de l’Inserm. Et s’il avait dû, lui, démissionner pour qu’elle puisse devenir ce qu’elle est, elle aurait refusé ce que lui offrait Emmanuel Macron.  Confidences, encore:

« Elle rabroue sa mère lorsque celle-ci émet l’idée, mi-mai, que sa fille aînée pourrait être la prochaine ministre de la santé. Elle a déjà la tête en Corse, dans ce petit village de Balagne où elle s’apprête à partir quelques jours. Edouard Philippe appelle le lendemain. C’est le patron de l’Assurance-maladie , Nicolas Revel, secrétaire général adjoint de l’Elysée sous François Hollande, qui a notamment glissé son nom. »

 Aujourd’hui son poste au gouvernement coiffe la santé, la famille, les jeunes, les pauvres et les personnes âgées. Elle avait « toujours voté à gauche » mais vient d’adhérer à « La République en marche ». La santé publique ? Une véritable politique de réduction des risques ? Cela reste encore bien brumeux. Le temps est toutefois venu des premiers règlements de compte.

« ‘’Aux responsabilités que j’ai occupées, j’ai été bloquée par des choix très peu courageux. J’ai milité pour une hausse du prix du tabac 1, j’ai obtenu péniblement dix centimes ‘’ dit-elleBannir la cigarette est, chez elle, une obsession.  » Voir des jeunes fumeuses me rend malade physiquement. «  Dans sa vie d’avant, elle les abordait même dans la rue, sous le regard moqueur de ses fils. Le paquet à 10  euros (d’ici à 2020) est l’une de ses premières victoires. »

C’est, peut-être, aller un peu vite en besogne.

A demain

1 « En 2013, pour Agnès Buzyn, le tabac était une ‘’bombe à retardement’’. Et maintenant ? » Journalisme et santé publique, 19 mai 2017

Médecins généralistes français plébiscités : les «Brutes en blanc» peuvent aller se rhabiller 

Bonjour

Baume au cœur. Sans doute sera-t-elle critiquée, brocardée, dénoncée. On ne saurait pourtant l’ignorer, cette étude qui nous dit que 88 % des Français sont plutôt satisfaits, voire très satisfaits de leur médecin traitant. Proportion à retrouver dans le dernier baromètre d’opinion de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) établi en 2015 1. Les médecins spécialistes sont tout autant appréciés de la population : 81 % des Français en sont satisfaits.

« Voilà qui devrait réconforter le corps médical, très décrié dans la presse ces derniers moins, notamment à travers l’ouvrage de Martin Winckler « Les Brutes en blanc » 1 ou la polémique visant les gynécologues (« gynéco-bashing ») » fait valoir Le Quotidien du Médecin. Dans le même temps la ministre-médecin Agnès Buzyn annonce, dans Le Journal du Dimanche de ce 22 octobre, des mesures de nature à révolter le monde hospitalier. Nous y reviendrons sous peu.

Médecins aux petits soins

Des médecins aux petits soins, en somme : 84 % des Français sont satisfaits du temps que leur généraliste leur accorde et 87 % du niveau d’informations qui leur est communiqué. Avec certes quelques petites imperfections à corriger : reproches concernant leurs dépassements d’honoraires – 16 % seulement les trouvent justifiés. Et 68 % d’entre eux souhaiteraient, paradoxe des paradoxes, qu’on leur prescrive moins de médicaments et d’examens.

L’accessibilité aux soins est le gros point noir relevé par la DREES. 29 % des Français estiment ainsi qu’il n’y a pas assez de généralistes à proximité de leur domicile (47 % pour les spécialistes). Les lacunes concernent les ophtalmologues en premier lieu puis les généralistes.

« Les Français sont plus critiques vis-à-vis de l’accessibilité aux soins : 29 % pensent qu’à proximité de chez eux, il n’y a pas assez de médecins généralistes et environ la moitié partagent cette idée à propos des médecins spécialistes (47 %), expliquent les auteurs de l’étude. Plus précisément, d’après eux, ce sont d’abord les ophtalmologues (pour un quart des Français) et ensuite les médecins généralistes (pour 18 %) dont il faudrait favoriser en priorité l’installation près de chez eux. Parmi les 20 % de Français qui déclarent manquer de généralistes et de spécialistes, quatre sur dix souhaitent en priorité l’installation de généralistes. »

Ce n’est pas un plébiscite, certes. Mais, derrière les chiffres, on pourrait presque distinguer une forme d’hommage à cette profession si souvent décriée.

A demain

1 Enquête réalisée par l’institut BVA au dernier trimestre 2015 auprès d’un échantillon de 3 023 personnes âgées de 18 ans ou plus, représentatif de la population habitant en France métropolitaine. Méthode des quotas.

2 « ‘’Brutes en blanc’’ et insultes de patients : le cabinet médical est-il un espace infernal ? » 18 octobre 2016

 

Déserts et politique : Edouard Philippe et Agnès Buzyn prêchent dans le Limousin

 

Bonjour

Contre les déserts ce sera l’inverse des vaccins : (tenter de) convaincre sans contraindre. Le plan gouvernemental visant à « renforcer l’accès territorial aux soins » a été présenté ce vendredi 13 octobre par Édouard Philippe et Agnès Buzyn, lors d’un déplacement à Châlus (Haute-Vienne). Dans le Limousin historique. C’est là, pas très loin de chez le Dr Knock et dans une maison de santé pluridisciplinaire, qu’ils ont décliné un programme « articulé autour de quatre priorités ». On verra là un rituel gouvernemental. Il y a cinq ans Marisol Touraine, jeune ministre, avait fait de même avec une douzaines d’axes prioritaires. C’était à Scorbé-Clairvaux  dans le département de la Vienne. Nous y étions, avec Ségolène Royal. Sourires, sous-préfet et roulements de tambours. Puis tout le monde a oublié. Aujourd’hui Mme Touraine et au Conseil d’Etat Mme Royal en charge des  deux Pôles du Globe. Dans l’Hexagone, les déserts n’ont cessé de progresser.

Quid d’aujourd’hui ? « Le plan dévoilé vendredi 13  octobre par le Premier ministre,  et la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, pour lutter contre les déserts médicaux ne comporte aucune mesure spectaculaire qui marquera les esprits, tacle Le Monde. La remise à plat du numerus clausus promise pendant la campagne présidentielle par le candidat Emmanuel Macron, et destinée à mieux adapter le nombre  de médecins formés aux besoins des territoires, n’y figure d’ailleurs pas. » Promettre et, en même temps, différer leur traduction dans les faits.

Le premier axe, résume Le Quotidien du Médecin,  consiste à renforcer l’offre de soins dans les territoires avec une présence médicale accrue. Mesure phare contre les déserts : la publication dès novembre d’un nouvel arrêté de zonage pour les généralistes permettant d’élargir les secteurs fragiles éligibles aux aides conventionnelles ; la fraction de la population concernée passera de 7 à 18 %.  Autre incitation : favoriser le cumul emploi/retraite des praticiens libéraux grâce au relèvement du plafond de revenu annuel de 11 500 euros à 40 000 euros dans les zones « en tension ». Il sont déjà 18 000 à cumuler, on prie pour qu’ils soient 35 000 en 2025.

Le Triomphe de la médecine

D’autres mesures encore, comme la « valorisation des consultations avancées en zone sous-dense » (sic). Et la cerise médiatique : création de 300 postes d’« assistants partagés » entre la ville et l’hôpital dès 2018 en zone fragile (contrat par exemple entre un hôpital et cabinet libéral ou un centre de santé). On va accélérer la révolution numérique et la télémédecine. Sans oublier de généraliser dès 2018 le dossier médical personnel en 2018…  On va aussi doubler le nombre de maisons de santé et de centres de santé durant la fin du quinquennat. Toutes les mesures sont détaillées sur le site du ministère. Et le texte s’approche du lyrique jacobin et décentralisé :

« Chaque territoire est différent. En ville, en périphérie ou à la campagne, sur une île ou en montagne, la prise en charge des problèmes de santé peut varier. La démarche pour l’égal accès aux soins vise à ce que chaque territoire dispose d’un projet de santé adapté et sur-mesure.

Le Plan du Gouvernement pour l’égal accès aux soins dans les territoires propose des solutions aux problématiques identifiées par les patients, mais aussi par les élus et les professionnels de santé. (…) Chaque professionnel de santé exerçant dans un territoire ou souhaitant s’y installer pourra élaborer son propre projet professionnel et mieux l’articuler avec sa vie privée. Il pourra évoluer dans sa carrière professionnelle grâce à la mise en place d’un guichet unique qui l’informera, l’aidera et l’accompagnera dans ses démarches administratives. »

Il faudra, en fin de quinquennat songer à revenir à Châlus (Haute-Vienne). Sans oublier le nouveau Knock, annoncé pour la semaine prochaine. Eternel Triomphe de la médecine.

A demain