Deux ans après, le meurtrier présumé du médecin généraliste ne sera finalement pas jugé

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Il y a deux ans un homme tuait le Dr Patrick Rousseaux, 64 ans, dans son cabinet de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir). L’autopsie devait établir  que le médecin avait succombé à quarante-huit coups de couteau. « S’il est une certitude concernant le meurtrier du Dr Patrick Rousseaux, c’est que les expertises psychiatriques le concernant seront cruciales,  résumait Le Parisien qui publiait une photo parlante du médecin. Hier soir, Mourad B., 41 ans, a été mis en examen pour ‘’homicide volontaire aggravé’’. Il a été placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Fresnes (Val-de-Marne). »

« Coup de folie » déclarait son avocat, avant même les conclusions des experts. Et personne n’avait évoqué la piste du « terrorisme ».  Pour Le Parisien « la santé psychiatrique de Mourad posait question » au regard des coups de couteau qu’il avait donnés au praticien qui avait été (« un moment donné ») son médecin traitant. Le procureur de la République de Chartres, Rémi Coutin, précisait que l’homme avait tenu des propos incohérents et décousus en garde à vue. « Tout l’enjeu de cette affaire, c’est la question de sa responsabilité pénale », avance l’avocat de Mourad B. Pour lui aucun doute :  l’homme avait été « pris d’un coup de folie ».

La municipalité de Nogent-le-Rotrou avait ouvert, dès le lendemain du meurtre, une cellule d’aide psychologique proposée à tous les habitants. Puis, le lendemain une marche silencieuse avait réuni plus de cinq cents personnes. Un autre rassemblement avait été prévu à l’appel de la CSMF. Ce syndicat médical exhortait alors le gouvernement à prendre « des mesures exceptionnelles et immédiates » pour renforcer la sécurité des médecins. Il réclamait notamment la mise en place d’un numéro d’appel d’urgence, réservé aux praticiens (avec reconnaissance du numéro de l’appelant), l’installation de caméras de surveillance aux abords et dans les salles d’attente – et d’un boîtier de téléalarme dans les cabinets médicaux, financé par les pouvoirs publics.

Le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF, suggérait encore un accompagnement ponctuel des visites par un policier, en cas d’appel suspect ou de patients reconnus difficiles, ainsi que la mobilisation d’un chauffeur, pris en charge par les collectivités territoriales, pour accompagner le médecin pendant les gardes de nuit.

L’affaire avait suscité une vive émotion, suscitant un écho national, se souvient  Le Quotidien du Médecin (Stéphane Long). À l’époque ministre de la Santé, Marisol Touraine avait exprimé son soutien « à l’ensemble des médecins généralistes de France, endeuillés par ce drame, qui accomplissent chaque jour un travail exemplaire, dans des conditions parfois difficiles, au service de leurs patients ».

« Trouble psychique ayant aboli son discernement »

Deux ans ont passé. La cour d’appel de Versailles vient de rendre un arrêt dans lequel elle déclare irresponsable le meurtrier présumé du Dr Rousseaux – information publiée par  L’Écho républicain :

« Après deux ans de procédures, d’expertises et de contre-expertises psychiatriques, la Cour d’appel de Versailles a rendu son arrêt, jeudi 14 mars 2019 : Mourad Bakir, auteur présumé du meurtre du docteur Patrick Rousseaux, le 1er février 2017, à Nogent-le-Rotrou, est déclaré irresponsable pénalement.

Contacté hier, le procureur de la République, Rémi Coutin, a confirmé nos informations : ‘’ Il évite les assises en raison d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes au moment des faits.’’

La Cour d’appel a, par ailleurs, décidé de maintenir le meurtrier en soins psychiatriques au centre pénitentiaire de Fresnes (Val-de-Marne) et a prononcé une interdiction de paraître en Eure-et-Loir durant vingt ans et de détenir une arme.

L’enquête sur la personnalité de Mourad Bakir, Franco-Marocain de 43 ans, aura permis de comprendre le cheminement paranoïaque l’ayant conduit à cet acte. Le Nogentais, benjamin d’une fratrie de dix enfants, avait perdu sa mère en 1999 et son père en 2017. ll avait changé de comportement, selon plusieurs témoins, depuis la perte de son emploi, moins d’un an avant les faits. »

A demain

@jynau

Quarante-huit coups de couteau : le meurtre du médecin généraliste pouvait-il être prévenu ?

 

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« Coup de folie » a déclaré son avocat, avant même les conclusions à venir des experts en psychiatrie. Et personne n’a, en ces temps troublés, évoqué la piste du « terrorisme ». « S’il est une certitude concernant le meurtrier du Dr Patrick Rousseaux, tué le 1er février à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir) de plusieurs dizaines de coups de couteau c’est que les expertises psychiatriques le concernant seront cruciales, résume Le Parisien qui publie une photo parlante du médecin. Hier soir, Mourad B., 41 ans, a été mis en examen pour ‘’homicide volontaire aggravé’’. » Il a été placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Fresnes (Val-de-Marne).

Pour Le Parisien « la santé psychiatrique de Mourad pose question » au regard des  coups de couteau qu’il a donnés au praticien qui avait été (« un moment donné ») son médecin traitant. Le procureur de la République de Chartres, Rémi Coutin, a d’ores et déjà précisé que l’homme avait tenu des propos incohérents et décousus en garde à vue. « Tout l’enjeu de cette affaire, c’est la question de sa responsabilité pénale », avance l’avocat de Mourad B., Me Xavier Torré.

L’autopsie réalisée à Angers a révélé que, contrairement à ce qui avait été indiqué précédemment, le corps de la victime ne présentait pas trente mais quarante-huit coups de couteau, a précisé le procureur. « Il semble que le décès soit lié à l’ensemble de ces blessures, et non à certains coups mortels », a expliqué le médecin légiste à  L’Écho Républicain. En pratique il s’agira, une nouvelle fois, pour la justice d’évaluer le « discernement » du meurtrier au moment des faits. Etait-il totalement « aboli » ou simplement « altéré ». Pour Me Torré, les jeux sont faits : son nouveau client a été « pris d’un coup de folie ».

« Il n’allait pas bien »

On sait aujourd’hui qu’après avoir tué son médecin en fin de matinée, le meurtrier a rallié en voiture les Yvelines, où il a de la famille. Puis il a ainsi été interpellé aux Mureaux dans la soirée alors qu’il marchait, les bras ensanglantés. « Un proche, qui le croisait lors d’événements familiaux, n’a jamais noté de problème particulier, note encore Le Parisien (Nicolas Jacquard).  Domicilié dans le centre historique de Nogent-le-Rotrou, l’homme se rendait régulièrement chez sa sœur et son beau-frère – lesquels habitent à deux pas du cabinet médical. C’est là que ce couple a été entendu jeudi 2 février par les gendarmes, et qu’un vélo a notamment été saisi. »

Pas de « problème particulier », donc. Mais un neveu du meurtrier a expliqué que Mourad avait été hospitalisé récemment en psychiatrie. « Il n’allait pas bien, et s’en était rendu compte, complète Me Torré. Il était lui-même en demande de prise en charge. » « Aura-t-on un jour une réponse à ses motivations ? Je l’espère mais n’en suis pas certain. En attendant il y a une émotion légitime dans la commune, je souhaite qu’elle ne se transforme pas en colère. »

Colère ? La municipalité de Nogent-le-Rotrou a ouvert, dès le lendemain du meurtre, une cellule d’aide psychologique proposée à tous les habitants. Puis, le lendemain, un rassemblement et une marche silencieuse ont été organisées à laquelle ont participé plus de cinq cents personnes. Un autre rassemblement est prévu mardi 7 février devant la préfecture d’Eure-et-Loir à Chartres, à l’appel de la CSMF.

Boîtiers de téléalarme

On sait que ce syndicat médical exhorte le gouvernement à prendre « des mesures exceptionnelles et immédiates » pour renforcer la sécurité des médecins. Il réclame la mise en place d’un numéro d’appel d’urgence, réservé aux praticiens (avec reconnaissance du numéro de l’appelant). Il demande aussi l’installation de caméras de surveillance aux abords et dans les salles d’attente – et d’un boîtier de téléalarme dans les cabinets médicaux, financé par les pouvoirs publics.

Le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF, suggère encore un accompagnement ponctuel des visites par un policier, en cas d’appel suspect ou de patients reconnus difficiles, ainsi que la mobilisation d’un chauffeur, pris en charge par les collectivités territoriales, pour accompagner le médecin pendant les gardes de nuit.

On ne peut pas, dans l’émotion, ne pas entendre ces réclamations syndicales. Et pourtant. Posons comme hypothèse que ce dispositif ait existé le 1er février dernier. Aurait-il prévenu les conséquences du « coup de folie » de Mourad B. ?

A demain

Meurtre du généraliste de Nogent-le-Rotrou : un suspect, déséquilibré, a été arrêté aux Mureaux

 

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Un quadragénaire soupçonné d’avoir tué mercredi 1er février à l’arme blanche le Dr Patrick Rousseaux dans son cabinet de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir) a été interpellé aux Mureaux (Yvelines). L’homme est en garde à vue dans des locaux de la gendarmerie d’Eure-et-Loir, après son arrestation, mercredi 1er février, aux Mureaux (Yvelines). Ce suspect aurait attiré l’attention des policiers aux Mureaux du fait de son étrange comportement.

« En marge de cette audition, les gendarmes vont effectuer une série de vérifications sur son éventuel téléphone portable, sur son entourage et sur son passé, précise L’Echo Républicain. Le suspect a été trouvé sur la voie publique par des policiers qui avaient remarqué une blessure à un bras. L’homme leur a expliqué qu’il s’était lui-même entaillé « pour enlever une puce électronique qu’on lui avait posée ». Hospitalisé pour faire soigner ses blessures, il a agressé le personnel soignant.

Recueillement silencieux

L’émotion est grande dans le Perche. « Les praticiens de Nogent-le-Rotrou garderont leur cabinet fermé ce vendredi 3 février, a assuré un généraliste au Quotidien du Médecin. Ce même jour, ils se retrouveront tous ensemble pour décider de la conduite à tenir. Parallèlement, un recueillement silencieux, lancé par un des patients du Dr Rousseaux, aura lieu ce vendredi à 18 heures devant le cabinet du praticien décédé. »

Responsable départemental de la CSMF, le Dr Gérald Galliot parle pour sa part d’un « sentiment de révolte ». Les violences, qu’elles soient physiques ou verbales, augmentent dans les cabinets, assure-t-il. « Pas une année sans qu’un confrère ne soit brutalisé à son cabinet, ajoute-t-il, même si le sommet de l’horreur a été atteint hier ».

Outre une action de la CSMF prévue à Chartres le 7 février le Dr Patrick Bouet, président du Conseil national de l’Ordre des médecins rappelle qu’il a rencontré le 15 décembre dernier le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux. Ce dernier « avait à cette occasion souscrit plusieurs engagements relatifs à la protection des professionnels de santé, applicables dans les plus brefs délais ». L’Ordre l’exhorte, ainsi que Marisol Touraine, à mettre en œuvre ces mesures au plus vite. Ces engagements politiques seront-ils suffisants ?

A demain

 

Un généraliste tué d’une trentaine de coups de couteau dans son cabinet de Nogent-le-Rotrou

Bonjour

Du sang sur une blouse blanche. Un médecin généraliste a été tué, ce mercredi 1er février 2017, dans son cabinet médical de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir). C’est L’Echo Républicain qui, d’emblée, a donné l’information :

« En fin de matinée, les gendarmes ont bouclé le périmètre autour du cabinet médical des docteurs Michel Girard et Patrick Rousseaux, situé à l’angle de l’avenue du Général-Leclerc et de la rue Robert-Brizard, à Nogent-le-Rotrou. Un homme y est décédé. Il s’agit du docteur Patrick Rousseaux. Les sapeurs-pompiers et le SMUR de Nogent-le-Rotrou ont été alertés peu avant 11h30.

Puis, à 22 heures, ce communiqué de presse officiel :

« Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, a appris avec une très vive émotion le décès du Dr Patrick Rousseaux, médecin généraliste, tué ce jour dans son cabinet médical à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir). La ministre s’associe à la douleur de sa famille et de ses proches, auxquels elle adresse ses plus sincères condoléances. Marisol Touraine exprime son soutien à l’ensemble des médecins généralistes de France, endeuillés par ce drame, qui accomplissent chaque jour un travail exemplaire, dans des conditions parfois difficiles, au service de leurs patients. »

Mort peu avant la découverte du corps

Dans l’intervalle on avait appris que ce médecin de 64 ans avait été retrouvé tué d’une trentaine de coups de couteau. « La victime a été découverte par son collègue médecin associé, venu récupérer quelque chose dans son bureau. Il ne travaillait pas le matin-même » a indiqué à l’AFP le procureur de la République de Chartres Rémi Coutin. Il venait de saisir la brigade de recherches de Nogent-le-Rotrou et la section de recherches d’Orléans.

Selon les premières constatations, le meurtre aurait eu lieu peu de temps avant la découverte du corps. « Les enquêteurs ont relevé une trentaine de coups par arme blanche, dont la plupart ou cou et au visage », a précisé le procureur. Une autopsie doit être réalisée jeudi 2 février à l’institut médico-légal d’Angers. La vingtaine d’enquêteurs mobilisée a passé la journée à rechercher des indices et des témoins, et à interroger le voisinage et les patients qui avaient été reçus dans la matinée. « Aucun élément précis n’oriente pour le moment les investigations des enquêteurs » a encore souligné le procureur.

Le communiqué de soutien de Marisol Touraine à l’ensemble des généralistes de France laisse-t-il supposer que la ministre de la Santé en sait plus?

A demain