Humanitaire et prostitution : les accusations de la BBC réfutées par « Médecins sans Frontières »

 

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Médecins sans Frontières (MSF), prix Nobel de la Paix 1999,  a déclaré, vendredi 22 juin, qu’« aucun élément » ne lui permettait de confirmer que certains de ses travailleurs humanitaires auraient eu recours à des prostituées lors de missions officielles. Cette réaction fait suite à une enquête de la BBC sur des travailleurs humanitaires qui auraient eu recours à des prostituées lors de missions. Dans un communiqué, l’organisation rappelle toutefois que « MSF n’est pas immunisée face à ces dérives, et nous nous efforçons de prendre chaque cas au sérieux ».

« Notre organisation dispose de mécanismes de signalement pour recueillir les plaintes sur ce type d’abus », a précisé l’ONG à l’AFP et au Monde.fr. Elle n’envisage pas l’ouverture d’une enquête sur la base des témoignages recueillis par la BBC, et ce faute d’« éléments concluants » :

« Nous avons investigué, dans la mesure du possible, chaque affirmation de la BBC, mais le manque de précisions a rendu la tâche extrêmement difficile. Nous n’avons pas été en mesure de trouver des preuves à l’appui des allégations présentes dans le rapport de la BBC. »

Médicaments versus faveurs sexuelles

MSF précise encore  avoir tenté, sans succès, de vérifier l’allégation selon laquelle un employé de MSF aurait dit qu’il était possible d’échanger des « médicaments » contre des « faveurs sexuelles » – mais sans y parvenir. « S’il s’avérait qu’un employé MSF avait tenté d’obtenir des services sexuels en échanges de médicaments, il s’agirait d’un abus de pouvoir inacceptable », assure l’ONG.

Selon la BBC, trois anciennes employées de MSF accuseraient des travailleurs humanitaires, en poste au Kenya, au Liberia et en Afrique centrale, d’avoir eu « recours à des prostituées ». Ces accusations interviennent après le scandale provoqué par les révélations d’abus sexuels commis, en 2011 en Haïti, par certains employés de la non moins célèbre ONG britannique Oxfam

Immunisation ? Dans les suites de ce scandale, MSF qui emploie plus de 40 000 personnes dans le monde, avait dit avoir reçu, en 2017, 146 plaintes ou signalements pour des « discriminations », « abus de pouvoir » ou « comportements inappropriés ». Parmi ces derniers :  24 cas de harcèlement ou d’abus sexuels avaient été identifiés, donnant lieu à 19 licenciements. Et au final, quel impact sur l’image de cette remarquable association âgée de 40 ans et sur le volume des dons qui la font vivre ?

A demain

 

Mourir après quelques «égratignures» et plusieurs organes très infectés : Amada Traoré

 

Bonjour

C’est une nouvelle bouffée de violence et d’incompréhension. Cette fois à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise). En cause : les circonstances de la mort d’Adama Traoré, 24 ans, survenue lors de son arrestation par des gendarmes, mardi 19 juillet. Les m médias rapportent qu’entre 1 500 personnes (selon la police) et 5 000 personnes (selon le service d’ordre du rassemblement) ont participé, vendredi 22 juillet à une « marche blanche », qui a pris des allures de « manifestation ». Ils rapportent aussi  qu’en tête du cortège on trouvait les proches du jeune homme vêtus de t-shirts « Justice pour Adama, sans justice vous n’aurez jamais la paix », les proches du jeune homme étaient en tête du cortège. Certains manifestants ont crié « assassins !» à l’adresse de gendarmes, dont certains étaient présents pour sécuriser la marche.

Peu auparavant, lors d’une conférence de presse, Assa Traoré, la sœur d’Adama a accusé : « Mon frère a été tué, mon frère a subi des violences ». Selon Yves Jannier, procureur de la République à Pontoise, l’autopsie médicolégale qui a été pratiquée montre que le jeune homme souffrait d’« une infection très grave »« touchant plusieurs organes ». Selon lui, le médecin légiste n’a pas relevé de « traces de violence » sur le corps d’Adama Traoré, seulement des « égratignures ». Toujours selon le procureur la cause de la mort « semble être médicale chez un sujet manifestement en hyperthermie au moment où il a été examiné par les services de secours », a poursuivi le magistrat. L’autopsie montre, toujours selon le procureur, que « manifestement cette personne n’aurait pas subi des violences, comme certains membres de sa famille ont pu le dire ». Des examens complémentaires, notamment bactériologiques et toxicologiques, seront ordonnés pour avoir un « panel d’examens absolument complet ».

Devant la bibliothèque

Les médias rapportent encore que jour de sa mort, Adama Traoré n’était pas spécifiquement dans le « viseur des autorités ». Selon la gendarmerie nationale et le parquet de Pontoise, c’est l’un de ses frères que les gendarmes venaient interpeller – et ce devant la bibliothèque de Beaumont-sur-Oise, le 19 juillet, dans le cadre d’une enquête préliminaire dans laquelle plusieurs personnes sont soupçonnées d’extorsion de fonds.

Puis, d’après le parquet, Adama Traoré se serait interposé. Son frère Bagui rapporte au contraire que « lorsque les gendarmes sont arrivés, Adama est parti en courant parce qu’il n’avait pas ses papiers sur lui. Ils l’ont coursé et l’ont rattrapé. Adama a dit “je me rends.” Ils l’ont boxé. Ils l’ont embarqué ensuite à la gendarmerie ».

Qui dit le vrai ? Adama Traoré serait mort lors de son transfport vers la brigade de Persan, et  « à la suite d’un malaise », a indiqué la gendarmerie. Une version là aussi contestée par son frère, qui livre un tout autre déroulé des faits. Or son frère assure qu’il a retrouvé  Adama « au sol, les mains menottées dans le dos ». « Mon frère est entré vivant dans le camion quand ils l’ont arrêté, il en est sorti mort. Mais Adama n’a pas eu de crise cardiaque, ils l’ont tabassé », a-t-il affirmé. Qui dit le vrai ?

Omar Sy, les rappeurs Youssoupha et Nekfeu

Jusqu’à jeudi 21 juillet au matin, la famille d’Adama Traoré a été empêchée d’accéder au corps. Puis ils ont appris les résultats de l’autopsie. MFrédéric Zajac, avocat de la famille, a pour sa part annoncé qu’il avait déposé une demande de « contre-autopsie par un collège d’experts »« Ce n’est pas pour contester la première autopsie, mais pour qu’on sache tout, qu’on arrête les fantasmes de part et d’autre. (…) Je veux que la famille sache la vérité », a-t-il ajouté.

La mort d’Adama Traoré a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter autour du hashtag #JusticePourAdama, parfois associé à #BlackLivesMatter, qui est régulièrement utilisé pour dénoncer les brutalités policières commises contre les Afro-Américains aux Etats-Unis. Par ailleurs, plusieurs artistes ont fait part de leur solidarité, notamment le comédien Omar Sy et les rappeurs Youssoupha et Nekfeu.

Deux enquêtes sont désormais menées parallèlement par la section de recherches et l’inspection générale de la gendarmerie. Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a annoncé qu’il allait lui aussi enquêter sur les circonstances de la mort. « Un seul objectif doit prévaloir, partagé par toutes les personnes impliquées : la recherche de la vérité », M. Toubon. Peut-être même, plus encore que sa recherche c’est bien la manifestation de la vérité qui doit prévaloir. De ce point de vue les extrapolations du procureur quant aux conclusions de la première autopsie ne sont guère rassurantes ; elles brouillent les hypothèses diagnostiques et entretiennent durablement la colère. Pourquoi ne pas rendre public ce document ?

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Munich. Attentat. Neuf morts. Le meurtrier était suivi pour des «problèmes psychiatriques»

 

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Les attentats meurtriers sont systématiquement suivis en live. Des coups de feu ont été tirés vendredi 22 juillet en fin d’après-midi dans le centre commercial Olympia, situé près du stade olympique de Munich. La fusillade a commencé dans un McDonald’s peu avant 18 heures. Après avoir parlé de trois suspects en fuite, la police de Munich a vite conclu que la fusillade était l’œuvre d’un tireur solitaire. Son corps a été découvert près du centre commercial. Il s’était suicidé.

Le meurtrier était un Germano-Iranien âgé de 18 ans: David Ali Sonbolyn; Il était né et avait grandi à Munich. Une perquisition menée chez ses parents, samedi matin n’a permis d’établir « aucun lien avec l’Etat islamique ». Le jeune homme était suivi pour des « problèmes psychiatriques ». Il souffrait d’une forme de dépression ». Sans plus de précision.

La police évoque ainsi un « forcené » (et précise qu’il s’est suicidé, selon l’autopsie).  Au total, les événements ont fait dix morts, dont le tireur, et vingt-sept blessés dont quatre par balles. Vers 1 h 30, la police a levé l’alerte déclenchée dans la soirée, les transports ont repris leur activité hormis dans la zone de la fusillade. Les motivations du meurtrier sont « totalement non élucidées », a déclaré le chef de la police locale, Hubertus Andrä.

Des rires normaux

Certains des élèves fréquentant la même école située près de son domicile parlent d’un jeune calme et discret. Une voisine, sur les lieux, a affirmé connaître le jeune homme, « une bonne personne (…) qui riait comme toute personne normale ». « Je ne l’ai jamais vu en colère, je n’ai jamais entendu de problème avec la police ou avec les voisins », a témoigné Delfye Dalbi, 40 ans, qui habite le même immeuble que le meurtrier.

Sur une vidéo amateur largement diffusée sur les réseaux sociaux vendredi soir peu après la tuerie, un riverain agonit d’injures un homme vêtu de noir, un pistolet à la main, qui se trouve sur le toit du centre commercial et qui, selon la police, pourrait bien être l’auteur des tirs. « Sale métèque », lui lance-t-il. Une voix qui pourrait être celle de l’assaillant lui répond : « Je suis allemand, je suis né ici. Dans un quartier de Hartz IV », (le nom de l’allocation chômage longue durée, synonyme en allemand de quartier défavorisé), avant de lancer : « Je suis en traitement hospitalier. Je n’ai rien fait ».

Selon le ministre allemand de l’intérieur, Thomas de Maizière, le tireur avait vraisemblablement attiré ses victimes en piratant un compte Facebook pour les inviter à se rendre à 16 heures dans un restaurant McDonald’s et y bénéficier de réductions. D’après les enquêteurs, le jeune homme suivait un « traitement médical et psychiatrique » pour dépression. Thomas de Maizière a aussi évoqué de possibles antécédents de « harcèlements » par d’autres « jeunes de son âge ». « Nous avons trouvé des éléments montrant qu’il se préoccupait des questions liées aux forcenés »,auteurs de tueries, notamment des livres et des articles de journaux, ont précisé les autorités allemandes.

À Berlin, la chancelière devrait s’exprimer en début d’après-midi du 23 juillet après avoir réuni en milieu de journée ses principaux ministres qui ont, pour certains, interrompu leurs vacances après cette fusillade. Dans tout le pays, les drapeaux doivent être mis en berne en hommage aux victimes, dont on ignore actuellement l’âge ou la nationalité. La dimension psychiatrique des terroristes est une nouvelle fois en question. De même, peut-être, que celle de la dimension épidémique de ces évènements.

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Tuerie de Nice et «complotisme» : Bernard Cazeneuve met en cause la déontologie des journalistes de Libération

Bonjour

C’est une violente passe d’armes entre Libération et Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur. C’est aussi une nouvelle et violente secousse née de la tuerie terroriste  de la promenade des Anglais. Dans son édition datée de ce 21 juillet le quotidien affiche en titre de « Une » « Des failles et un mensonge ». Et accuse « la communication du gouvernement [d’avoir], au minimum, travesti la réalité » en exagérant a posteriori la présence policière sur la promenade des Anglais.

Selon Libération, qui s’appuie sur « une source policière qui a pu visionner les images de la vidéosurveillance » mais aussi sur des photos prises quelques instants avant l’attaque, « un seul véhicule de police, celui des agents municipaux, se trouvait au milieu de la chaussée, côté mer », à l’endroit où l’artère devenait piétonne en ce soir de fête, peu avant que le camion n’arrive. Aucun membre de la police nationale n’est alors présent. « Et pour cause, ceux-ci ont été relevés aux alentours de 20 h 30 par leurs collègues municipaux. Il n’y a donc aucune voiture de police nationale susceptible de barrer la chaussée », poursuit le quotidien.

« La police nationale était présente et très présente sur la promenade des Anglais », avait pour sa part affirmé M. Cazeneuve, samedi 16 juillet, allant jusqu’à assurer que « des véhicules de police rendaient impossible le franchissement de la promenade des Anglais ». Le Monde observe aujourd’hui que le ministre de l’Intérieur reconnaît désormais, dans son communiqué de jeudi, que la police municipale tenait un premier barrage avec une seule voiture et que, sur le deuxième barrage, « deux voitures de police étaient stationnées sur la chaussée dans le sens longitudinal (permettant l’accès des piétons) ».

« Ressorts du complotisme »

Voici le document diffusé dans la nuit du 20 au 21 juillet 2016 : « Communiqué de presse de Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, en date du 21 juillet 2016 ». Extrait (nous soulignons):

« Alors que la préfecture des Alpes-Maritimes a fourni aujourd’hui à sa demande au journal Libération l’ensemble des réponses à ses questions, M. Bernard CAZENEUVE, Ministre de l’Intérieur, s’indigne des contre-vérités que le journal a publiées dans son édition datée du 21 juillet. Ces méthodes interrogent la déontologie des journalistes qui ont signé ces articles. Ces procédés, qui empruntent aux ressorts du complotisme, sont graves, car ils laissent penser que le Préfet des Alpes-Maritimes, le Ministre de l’Intérieur et le Premier Ministre auraient cherché à travestir la vérité là où ils se sont résolument engagés dans une démarche de totale transparence, dans le respect dû aux victimes et dans la responsabilité qui est la leur devant la Nation meurtrie. (…) »

Arrogance

« A la demande du Ministre de l’Intérieur et du préfet des Alpes-Maritimes, le Directeur départemental de la sécurité publique recevra ce jeudi matin la presse pour revenir, documents et cartes à l’appui, sur le dispositif du 14 juillet à Nice.

Le Ministre de l’Intérieur réaffirme son soutien et sa totale confiance à l’ensemble des préfets, aux forces de l’ordre et aux services de renseignement qui, dans un contexte très difficile, luttent contre la menace terroriste. Il estime de son devoir de les protéger de campagne politiques ou de presse qui visent à atteindre le ministère de l’Intérieur dans sa réputation, faisant fi du travail considérable accompli par ces femmes et ces hommes de devoir. »

 Complotisme ? Jugulaires déontologiques ? Pour sa part la direction de Libération devrait prochainement engager différentes actions. Et notamment publier un éditorial appelant les politiques à conserver leur sang-froid plutôt que de céder à ces péchés mortels que sont, parfois, la paranoïa et l’arrogance.

A demain

Non, Mme Touraine ne veut pas la peau de Gitanes®, Gauloises®, Lucky Strike®, Vogue® et Marlboro®.

 

Bonjour

Qui roule pour qui ? Est-ce un nouveau front ouvert contre Big Tobacco ? Un piège  politique ? Un coup de billard à trois ou quatre bande ? Un sketch pour la galerie citoyenne ? Ce matin une information du Figaro (Ivan Letessier). Elle fait vite florès dans le Landerneau français du tabac. Ce soir une forme de démenti ministériel via Le Monde (François Béguin) Qui roule pour quoi ? Commençons par Le Figaro :

«  Gitanes et Gauloises pourraient disparaître des civettes cet automne. Ces marques mythiques créées en 1910 risquent d’être purement et simplement interdites à la vente en France par Marisol Touraine. L’oukase de la ministre de la Santé menace également de s’abattre sur les paquets de Lucky Strike, Vogue, News, Fortuna ou encore la version Gold de Marlboro.

 « La menace est jugée très sérieuse par les cigarettiers. Les patrons des quatre principaux industriels (Seita, Philip Morris, British American Tobacco et JTI) ont écrit le 8 juillet au premier ministre, Manuel Valls. «Au regard de la gravité et de l’urgence de la situation», ils lui réclament un rendez-vous sur le sujet. Ils ont adressé une copie de leur missive à François Hollande et à trois autres ministres, dont Marisol Touraine. »

Masculinité, virilité, féminité, minceur

Où il est question d’un nouvel article ( L3512-21 ) du code de la santé publique – une transposition de la directive européenne de 2014  sur les produits du tabac  qui prévoit que les paquets de cigarettes et de tabac à rouler « ne peuvent comprendre aucun élément qui contribue à la promotion du tabac en donnant une impression erronée quant aux caractéristiques (…) de ce produit». Et où il est question d’un  ministère français de la Santé  qui «semble avoir une interprétation extrêmement extensive de ces dispositions», bien plus large que celle adoptée dans les autres pays de l’Union Européenne.

Personne, chez Bug Tobacco, n’a encore pu lire le décret d’application de ce nouvel article du code de santé publique, en cours d’examen au Conseil d’État. Mais il y a les échanges éavec le cabinet de la ministre et la Direction générale de la santé (DGS) : le « bureau des pratiques addictives » aurait  défini une série de catégories servant de critères pour l’évaluation des marques ou dénominations commerciales au regard de l’article L35123-21. Parmi elles figurent masculinité, virilité, féminité, minceur, jeunesse, icône, vie sociale ou encore succès…

« Des critères volontairement flous, mais qui permettraient à la ministre de bannir Gauloises et Gitanes (icônes de la féminité), Vogue, News (symbole de jeunesse et de vie sociale), Lucky Strike, Fortuna et Marlboro Gold (chance et succès). Ces marques ont été mentionnées aux industriels par le ministère, qui n’a pas souhaité commenter nos informations. Avec le décret, Marisol Touraine aura la possibilité de refuser leur inscription sur les listes de prix… et donc interdire, de fait, leur vente. Avant la publication du décret, prévue pour la fin du mois, ses services ont refusé de se prononcer par écrit sur l’avenir des marques menacées. »

Sex appeal et morts prématurées

A l’attention des buralistes surchauffés Lemondedutabac.com relaie Le Figaro . Sur RTL les polémistes n’y saisissent que couic.  Et il faut attendre Le Monde pour (avoir l’impression de) commencer à comprendre :

« Le décret, qui devrait être publié d’ici quelques semaines (…) prévoit d’interdire de faire figurer sur les paquets les mentions « à faible teneur en goudron », « léger », « ultra-léger », « doux », « naturel », « bio », « sans additifs », « non aromatisé » ou « slim ». Doit également être banni tout ce qui pourrait « induire les consommateurs en erreur en suggérant des effets bénéfiques en termes de perte de poids, de “sex appeal”, de statut social, de vie sociale ou de qualités telles que la féminité, la masculinité ou l’élégance ».

 « ‘’On se demande en quoi une dénomination telle que Gauloises peut évoquer la féminité’’ , fait-on valoir au ministère de la Santé pour signifier que des marques comme Gauloises, Gitanes ou Lucky Strike ne devraient pas être concernées par le décret. Des marques liées à un autre univers, comme la mode ou le luxe, pourraient en revanche être touchées par le futur décret. Tout comme les appellations « Gold » ou « Blue » qui ont remplacé le terme « light », interdit par la précédente directive européenne de 2011. »

Au ministère de la Santé on rappelle aussi que le « paquet neutre » ne saurait plus guère tarder. Au ministère de la Santé on reste muet sur les interdits de la cigarette électronique. Au ministère de la Santé on ne commente pas le refus du président, du gouvernement et de Bercy d’augmenter les prix des paquets pour lutter contre 80 000 morts annuelles prématurées.

A demain

Mohamed Lahouaiej Bouhlel, le meurtrier de Nice, était-il un malade psychiatrique alcoolique ?

 

Bonjour

Toujours aller au plus près… S’autoriser à user du coupe fil journalistique… Faute de pouvoir la dévoiler tenter, autant que faire se peut, d’approcher la vérité. Signé Elise Vincent c’est un reportage bien troublant, bien dérangeant que celui que publie Le Monde au lendemain de la tuerie de Nice. « ‘’C’est l’acte d’un fou’’, assure le voisinage de Mohamed Lahouaiej Bouhlel ».

Quelques extraits :

« C’est un homme au profil très instable, à la fois taciturne, solitaire, capable d’autant de violence que d’empathie, que décrit le voisinage immédiat de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, ce Tunisien auteur de l’attaque au camion sur la promenade des Anglais, à Nice, le 14 juillet au soir. En instance de divorce, père de trois enfants, il partageait sa vie ces derniers mois entre le domicile de son ex-épouse, sur les hauteurs de Nice, et un petit appartement, plus central. (…)

Cette mère de famille de 44 ans dit ne pas avoir été du tout surprise, quand elle a appris que Mohamed Lahouaiej Bouhlel était l’homme au volant du camion. Elle le croisait de temps en temps, mais connaissait surtout son épouse.« C’était une femme battue. Lui était alcoolique, mais surtout pas dans un état psychologique normal », assure-t-elle. »

Et encore :

« Elle décrit des scènes dont elle ne souhaite pas que le détail soit divulgué, où face aux crises de démence de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, le voisin direct du couple a dû intervenir à plusieurs reprises, et faire des signalements aux services sociaux. « Il n’avait rien à voir avec l’islam, c’est juste l’acte de fou », répète-t-elle inlassablement (…).

« Reste Yasmine, 40 ans, voisine du rez-de-chaussée. Cette coiffeuse de métier, seule aussi avec ses deux enfants, ne travaillait pas et est une des rares qui croisait souvent Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Son témoignage recoupe celui d’Aïda, la voisine du quartier Saint-Sylvestre. « Quand on lui disait bonjour, il ne répondait jamais, mais vous fixait longuement, avant de passer son chemin », raconte-t-elle.(…)

« Yasmine décrit, comme Aïda, un homme qui sentait l’alcool. Elle assure être devenue folle lors du dernier ramadan, car Mohamed Lahouaiej Bouhlel, qui vivait dans l’appartement juste au-dessus, bougeait tout le temps les meubles la nuit« Je croyais qu’il le faisait exprès », détaille cette mère de famille encore sous le choc. 

Toxicologie

« La seule voisine avec qui Mohamed Lahouaiej Bouhlel semblait s’entendre, se trouvait au dernier étage, selon Yasmine. La jeune femme, célibataire, avenante, conviait souvent chez elle, le soir, Mohamed Lahouaiej Bouhlel pour de longs apéritifs « autour d’une bouteille de rosé », lui aurait confié celle-ci, le 15 juillet, abasourdie par le carnage sans décrire toutefois la nature de leur relation. »

Toujours aller au plus près des faits. Aider à la manifestation de la vérité. Les enquêteurs rendront-ils publics les résultats de la totalité des expertises toxicologiques pratiquées ? Et ensuite ?  Cet homme a-t-il, pour reprendre la formule du procureur de la République François Molins, répondu stricto sensu « aux appels au meurtre des djihadistes » ?

A demain

1 On lira aussi ce texte, repris de l’AFP : « Dépressif, taciturne, violent: mais qui était Mohamed Lahouaiej Bouhlel ? »

 

 

Alertez les bébés ! Leurs babyphones connectés ne sont peut- être pas sans danger. Et après ?

Bonjour

Extrêmes prudences à tous les étages de la maison. Aucune conclusion définitive, mais des recommandations en série visant aux plus grandes précautions. C’est un nouveau rapport qui ajoutera à la confusion faute de pouvoir trancher entre le danger établi et le danger supposé. Une nouvelle source, donc, de polémique ; et une polémique d’autant plus vive qu’elle concerne les enfants – des bébés désormais plongés dans un univers rempli d’ondes, des petits bardés d’objets connectés.

L’affaire, une nouvelle fois, émane de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). A la demande des « pouvoirs publics » elle publie, ce vendredi 8 juillet, un rapport d’expertise sur l’exposition aux radiofréquences et la santé des enfants. Voici un résumé pour les plus pressés :

« Dans ses conclusions, l’Agence souligne que les enfants  peuvent être plus exposés que les adultes en raison de leurs spécificités morphologiques et anatomiques, et notamment de leur petite taille, ainsi que des caractéristiques de certains de leurs tissus. Elle émet une série de recommandations visant à adapter les valeurs limites réglementaires afin de réduire l’exposition des enfants aux champs électromagnétiques, qui commence dès leur plus jeune âge du fait de l’expansion de l’usage des nouvelles technologies. L’Anses recommande dans ce contexte un usage modéré et encadré des technologies de communication sans-fil par les enfants. »

Immanence scientifique

Il faut être plus précis : cette agence évoque « des effets possibles sur les fonctions cognitives et le bien-être ». Tout, ici, est dans le possible. Rien ne dit que cela est. Mais rien ne permet d’affirmer le contraire. C’est là une forme d’immanence du doute scientifique, de bon sens officiel qui ne pourra qu’inquiéter les parents et conforter les inquiets.

A dire la vérité ce n’est pas une première. Il y a trois ans l’Anses s’inquiétait déjà du « développement rapide des technologies sans fil ». Cette fois ses experts se sont penchés sur les effets potentiels des champs électromagnétiques infantiles téléphones mobiles et tablettes tactiles pour enfants, mais aussi jouets radiocommandés (voitures, locomotives, peluches…), robots communicants, talkies-walkies, veille-bébés (les désormais célèbres babyphones) et autres dispositifs de surveillance ( bracelets émettant un signal lorsque le jeune porteur sort du périmètre imposé).

Amplifier la possibilité du danger

Pas de danger avéré, mais une possibilité de danger. Et donc l’absolue nécessité, pour cette Agence, de mettre en garde – ne serait-ce que pour se protéger, pour ne pas être ultérieurement accusée de ne pas l’avoir fait. Mettre en garde en amplifiant la possibilité du danger. Tout est dit dans ces quelques lignes :

« Les conclusions de l’évaluation des risques ne mettent pas en évidence d’effets sanitaires avérés. Certaines publications évoquent néanmoins une possible augmentation du risque de tumeur cérébrale, sur le long terme, pour les utilisateurs intensifs de téléphones portables. Les conclusions de l’expertise sont donc en cohérence avec le classement des radiofréquences proposé par l’Organisation mondiale de la santé (CIRC) comme « cancérogène possible »  pour les utilisateurs intensifs des téléphones mobiles.

 « Par ailleurs l’expertise fait apparaitre, avec des niveaux de preuve limités, différents effets biologiques chez l’Homme ou chez l’animal dont certains avaient déjà été rapportés en 2009 : ils peuvent concerner le sommeil, la fertilité mâle ou encore les performances cognitives. Des effets biologiques, correspondant à des changements généralement réversibles dans le fonctionnement interne de l’organisme, peuvent ainsi être observés, comme dans le cas d’expositions aux différents stimuli de la vie quotidienne. Néanmoins, les experts de l’Agence n’ont pu établir un lien de causalité entre les effets biologiques décrits sur des modèles cellulaires, animaux ou chez l’Homme et d’éventuels effets sanitaires qui en résulteraient.

 « Compte tenu de ces éléments, il n’apparaît pas fondé, sur une base sanitaire, de proposer  de nouvelles valeurs limites d’exposition pour la population générale. »

C’est là un feuilleton sans fin. Prenons, avec les experts, le cas des enfants de moins de six ans et les données disponibles sur l’exposition aux radiofréquences pendant toutes les phases du développement depuis la gestation jusqu’à la fin de l’adolescence. Prenons les travaux menés sur des animaux. Analysons sous toutes les coutures. Cherchons des « niveaux de preuve ». Conclusions : « les données actuelles ne permettent pas de conclure à l’existence ou non d’un effet des radiofréquences chez l’enfant ».  Cela ne signifie bien évidemment pas que de tels effets doivent être écartés. Cela veut simplement dire que l’on ne sait pas s’il y a un danger.

Temps volé au sommeil

On peut aussi élargir le spectre : l’Anses conclut à « un effet possible des radiofréquences sur les fonctions cognitives de l’enfant » (mémoire, capacités d’attention, capacités psychomotrices, maîtrise du langage). Idem pour un « effet possible » sur le « bien-être » des enfants exposés aux ondes. « Bien-être » ? Voilà une notion assez délicate à définir. Il s’agit ici de tout ce qui n’est pas son contraire : absence d’insomnies, de fatigue, de stress, d’anxiété, d’irritabilité ou de céphalées, difficultés de concentration ou maux de tête. Question : ces effets sont-ils liés à l’usage des téléphones mobile ou aux radiofréquences qu’ils émettent ». « Autrement dit, cernes, migraines et problèmes de concentration résultent peut-être tout simplement du temps volé au sommeil par l’usage des portables » résume, pertinemment, notre confrère Pierre Le Hir dans Le Monde.

L’Anses prodigue, avec les plus grandes précautions, un conseil scientifique aux parents : « Inciter leurs enfants à un usage raisonné du téléphone mobile, en évitant les communications nocturnes et en limitant la fréquence et la durée des appels ».

Electro-hypersensibilité

Les opposants déclarés sont écoutés et le feuilleton, désormais, est relancé. « Pour une fois, les choses bougent dans le bon sens, commente Janine Le Calvez, présidente de l’association Pour une réglementation des antennes-relais de téléphonie mobile (Priartem). Le rapport pointe des questions sanitaires que nous soulevons depuis longtemps. Nous avons enfin le sentiment d’être écoutés. Reste à mettre en œuvre les recommandations, à commencer par la suppression des appareils sans fil dans les écoles primaires. »

Reste la question, hautement polémique, de l’existence et des bases biologiques de « l’électro-hypersensibilité » L’Anses nous annonce qu’elle fera « l’objet d’une expertise spécifique qui démarrera dès la fin de cette année ».

A demain