Populisme : le «Bar-Tabac-Loto Le Salutaire » s’invite dans notre Hémicycle démocratique

Bonjour

Elle aura fait le buzz, sur les réseaux sociaux et aux comptoirs, cette intervention du remuant François Ruffin journaliste devenu député (La France Insoumise, Somme). Il a a pris, hier, la parole devant ses collègues de l’Assemblée nationale – à l’occasion d’un débat sur le football professionnel et en portant le maillot de la commune d’Eaucourt-sur-Somme.

Le « Bar-Tabac-Loto Le Salutaire » peut-on voir sur les infinies duplication de la vidéo. « Aux couleurs de l’un de ces bar-tabacs ruraux ou de quartiers qui aident les équipes de sport locales, observe le site des buralistes français. Le sport du peuple, la proximité des joies simples et de l’exploit pour soi. Et un rappel au règlement, avec perspectives de sanctions, pour le député.

Cette sanction est aujourd’hui connue : « un rappel à l’ordre avec inscription au procès-verbal » (que le député pourra contester devant le bureau de l’Assemblée) lui vaudra d’être privé, pendant un mois, de 1.378 euros, soit le quart de l’indemnité parlementaire. Résumons : l’élu LFI de la Somme, qui avait coécrit en 2014 « Comment ils nous ont volé le football – la mondailisation racontée par le ballon » , est monté en fin de matinée à la tribune de l’Assemblée et a enlevé son pull pour dévoiler le maillot vert de « l’Olympique Eaucourt ».

 Voulant prendre le contre-pied (sic) de la ministre Laura Flessel qui selon lui « n’a parlé de sport qu’en termes de compétitivité, comme un trader  », François Ruffin a narré la vie des bénévoles « qui lavent, plient et rangent les maillots pour pas un rond », en vantant « le don de soi dans une société où tout se marchande  ».

Pause déjeuner et contre-pied 

Cet épisode n’a pas plu au président de séance Hugus Renson (LREM) qui a rappelé à son collègue, au terme de son intervention, « le respect dû à nos débats qui implique une tenue correcte qui soit digne des lieux ». « Vos extravagances vestimentaires ne rendent pas hommage au travail que nous devons mener dans cet hémicycle », a-t-il lancé, avant de suspendre la séance pour la pause déjeuner.

A la reprise de la séance à 15 heures, le député est revenu avec son maillot, provoquant la suspension immédiate des débats. Au terme d’une vingtaine de minutes le président de l’Assemblée François de Rugy (LREM) est intervenu pour infliger cette sanction au député, estimant que son comportement « relève d’une provocation ».

François Ruffin a répondu être « très fier de faire entrer dans l’hémicycle le visage de tous les gens des petits clubs », avant de remettre son pull « en apaisement ».

Le sport du peuple… la proximité des joies simples… l’exploit pour soi…. Tout cela fait le « buzz » – y compris sur les sites de luxe, généralement inconnus des bars-tabac-loto. C’était le but. Il est marqué. Et le score est déjà oublié.

A demain

 

Sevrage : connaîtra-t-on jamais les véritables résultats des opérations «Moi(s) sans tabac» ?

 

Bonjour

Trop tôt !  Agnès Buzyn aurait-elle péché par excès officiel d’optimisme en évoquant une édition « prometteuse » 2017 de l’opération « Moi(s) sans tabac » lors de sa dernière communication au conseil des ministres ? Le site des buralistes français le pense : à en croire le compteur du site Tabac Info Service la communauté atteint 157 879 inscrits à J + 29. Soit moins que les 180 000 de 2016 – vif satisfecit public, alors, de Marisol Touraine.

« L’opération Moi(s) sans tabac initiée en 2016 a lieu ce mois-ci et est renforcée, faisait valoir Agnès Buzyn le 27 novembre. Cette opération majeure a vocation à se répéter chaque année. L’édition 2017 apparaît d’ores et déjà prometteuse avec, en amont du démarrage effectif, plus de 100 000 inscrits à Tabac Info Service et plus de 3,5 millions d’outils commandés. »

 Les pré-inscrits étaient certes 100 000. Puis le 1er novembre a démarré avec 125 000 pour passer à 145 000 à J + 10. Pour finir à moins de 160 000. « Pourtant, la presse régionale a joué le jeu en couvrant largement les initiatives des partenaires en région (hôpitaux, associations, …) ou l’implantation des ‘’fans zones’’ » note le site des buralistes. Bien sûr, ce n’est qu’un indicateur. On attend surtout les données de l’Observatoire français des Drogues et Toxicomanies avec les statistiques de ventes de substituts, des consultations sur l’appli et des appels à Tabac Info Service. Dans l’attente, on peut s’interroger : le concept de défi collectif à la « Stoptober » (le modèle britannique) est-il duplicable au tempérament individualiste des Français ? »

De fait on peut, on doit, s’interroger. Moins sur la reproductibilité du modèle anglais que sur la forme donnée à l’entreprise française. Jacques Le Houezec, président de Sovape regrette que l’on « infantilise les fumeurs en leur proposant des jeux d’enfants plutôt que de réels conseils et une information honnête ».

« Au cœur du dispositif, j’ai la même analyse, les valeurs absolues parlent d’elles mêmes, ajoute Sébastien Béziau, vice-président de Sovape. A part le nom, l’opération n’a rien à voir avec le Stoptober. Là-bas on propose immédiatement aux participants les solutions pour arrêter de fumer, alors qu’en France, on ne leur propose que de « s’inscrire. » La « réussite » de l’opération se mesure donc au nombre d’inscrits. Que les gens qui veulent arrêter de fumer lèvent la main. Ok merci ! Tous va bien… Pathétique. On retiendra les conseils de la journée du 22 octobre, au choix parmi les 22 propositions pour repousser l’envie de fumer  « apprendre à faire un lama en ombre chinoise » ou encore « regarder une vidéo d’un chaton trop mignon »… On espère que l’agence de publicité aura été bien payée. »

Lamas et chatons trop mignons

« Le ‘’Moi(s)sans tabac’’ est une bonne idée mais tant qu’elle sera maniée par des autorités qui se donnent bonne conscience, les résultats ne seront pas au rendez-vous, estime Patrick Favrel spécialiste référent réputé en ‘’réduction des risques’’.   Quel est ce ministère et ses tutelles qui exigent à longueur de temps la mise en place et la tenue de critères d’évaluation pour toutes les structures incapables de restituer le nombre d’arrêt du tabac de 2016 ? Doit-on encore participer à une kermesse seulement parce qu’elle est caisse de résonance ? Quel a été le budget du ‘’Moi(s)sans tabac’’ (MST) pour 2017 ? Le ratio et les indicateurs sont pourtant simples : budget/Nb d’arrêt du tabac = Combien coûte un fumeur en moins par le biais du MST. »

Mêmes interrogations chez Jean-Paul Couteron, président de la Fédération Addiction : « Osera-t-on se remettre en cause chez nos décideurs ? L’ancien Programme National de Réduction du Tabagisme (PNRT)  n’a pas été un triomphe, le ‘’Moi(s) sans tabac’’ a du mal à être une fête, il associe encore trop les inévitables conférences sur le danger du tabac et autres fan zones  où des ‘’ambassadeurs’’ font autant leur pub que celle de l’action, et des ARS qui appliquent la loi et qui dans beaucoup d’endroit ont interdit les actions vapotage… Et le prochain PNRT est annonce ds 15 jrs et préparé par les mêmes etc.  Je continue de penser qu’un ‘’Moi(s) sans tabac’’ est une belle idee, mais il est dommage de ne pas plus en libérer la dynamique. Ceci dit attendons les données complètes ! »

Les données complètes, précisément… « Sur l’opération 2016, Santé Publique France (SPF) est toujours incapable de nous dire combien de personnes ont arrêté de fumer sur les 180000 « participants », observe Sébastien Béziau. Le Dr Philippe Arvers, addictologue et tabacologue administrateur de la Société Française de Tabacologie (SFT) ajoute : « au congrès de la SFT il y a deux semaines, François Bourdillon, directeur général de SPF,  a précisé que les résultats du ‘’Mois(s)sans tabac’’ 2016 seront donnés dans le BEH de mai 2018, pas avant.. ! ».

On peut donc espérer que les résultats de 2017 seront connus en mai 2019.

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A Paris, du néo-cannabis dans les cigarettes électroniques ! Mais que fait la police ?

Bonjour

Ce matin, il faut lire Le Parisien (Elsa Mari) : « une mode nouvelle fait fureur. Du e-liquide qui contient du CBD, une des molécules du cannabis, est disponible sur le Net et dans les boutiques de cigarettes électroniques. Au grand dam de médecins ».

Où l’on retrouve le CBD, ou cannabidiol, cannabinoïde présent dans le cannabis ; une molécule complexe nourrissant bien des rumeurs plus ou moins urbaines. Il est présent dans quelques médicaments dont le célèbre Sativex. Où l’on se retrouve, aussi trois années en arrière ; décembre 2014, lors de l’annonce du premier e-joint au CBD, lancé sur Internet sous le nom de Kanavape. Ce qui avait suscité l’ire de Marisol Touraine alors ministre de la Santé : « Cannabis : Marisol Touraine veut interdire une cigarette électronique qui n’en contient pas ».

«Je suis opposée à ce qu’un tel produit puisse être commercialisé en France» parce que «cela constitue une incitation à la consommation de cannabis», qui est «potentiellement répréhensible par la loi», avait expliqué  expliqué  sur RTL. Puis l’émotion étaite retombée ; et on avait oublié.

Que va faire Agnès Buzyn ?

Aujourd’hui c’est Agnès Buzyn qui, avec le papier du Parisien, se retrouve confrontée au même sujet :

« Le cannabidiol dont on connaît encore mal les effets sur la santé, cartonne sous forme d’e-liquide. Une fois extrait du cannabis, il est ajouté à certains mélanges aromatisés, carburants de la cigarette électronique. Mais est-il facile de s’en procurer ? Tout à fait. En quarante-huit heures, nous avons pu commander et nous faire livrer ce produit, interdit mais qui bénéficie d’un flou juridique. »

« Son succès se murmure sur les forums. Dans leurs discussions, des dizaines d’internautes n’hésitent pas à vanter les trois lettres CBD : ‘’Je me vois plus zen, mes angoisses se dissipent’’, se réjouit Cbdlife. ‘’J’en utilise depuis trois mois et le fais découvrir à beaucoup de monde autour de moi’’, poursuit-il, alors que d’autres apprécient son petit goût ‘’végétal’’ aux effets positifs sur l’humeur.

« On part à sa recherche, en quelques clics, sur Internet. Première surprise, un site de grande distribution très connu n’hésite pas à vendre ce produit dans… ses coups de coeur. Les sites de vapotage, eux, ont même une rubrique dédiée e-liquide CBD. Des petites fioles estampillées « nouveauté » apparaissent les unes à côté des autres. Seules restrictions affichées : les femmes enceintes et les moins de 18 ans (…) Je sélectionne deux fioles de 30 mg, pour un total de 31,74 €, alors que le prix d’achat d’un e-liquide classique coûte environ 6 €. Je paye. Et l’affaire est pliée (…) Les sites en ligne n’ont pas le monopole du marché. Dans les magasins de cigarettes électroniques, cette tendance prend aussi de l’ampleur. »

Grand bazar

Selon Le Parisien, même les bureaux de tabac de la capitale ont flairé la belle affaire – et le site des buralistes de réagir qui rêve déjà d’un « monopole d’État sur la vente de l’e-cigarette » comme en Italie. In fine Le Parisien n’a pas résisté : il est allé interroger le « très médiatique » professeur Bertrand Dautzenberg.« C’est le bazar dit ce dernier. D’un côté, l’ANSM parle d’interdiction du CBD, de l’autre, le gouvernement reste vague. Et les addictologues sont dans un flou total sur son statut. Sa consommation était complètement marginale, ultraconfidentielle. Elle est en train de devenir massive. Certains l’utilisent comme substitut au joint, d’autres à la nicotine et certains malades chroniques ou angoissés contre le stress. Il faut une réglementation claire, personne ne s’y retrouve. »

Contactée par le quotidien, la Direction générale de la santé botte en touche : « Nos services sont en train d’expertiser ce sujet ». En décembre 2014 Marisol Touraine avait assuré qu’elle « avait demandé à ses services d’étudier de façon très précise la situation de ce produit», précisant qu’elle avait «l’intention de saisir le juge» pour interdire sa commercialisation ». Tout, semble-t-il reste à faire.

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Gouverner post-vérité : «Le tabac de contrebande c’est l’ennemi de la santé des Français»

 

Bonjour

A 35 ans Gérald Darmanin ministre de l’Action et des Comptes publics. Cet homme de droite soudain devenu macroniste mesure-t-il précisément ce qu’il dit dans un entretien publié de jour par La Dépêche du Midi ? A la veille d’une minuscule augmentation du prix du tabac le quotidien lui demande s’il comprend la colère des « buralistes » frontaliers qui « ne voient plus comment s’en sortir ». Va-t-il aider ces vendeurs de tabac ? Réponse ministérielle :

 « La lutte contre le cancer est une priorité de santé publique. Mais lutte contre le tabagisme ne veut pas dire lutte contre les buralistes ! Au contraire : le tabac de contrebande, c’est l’ennemi de la santé des Français et de la profession de buraliste. »

Faut-il en déduire que le tabac qui n’est pas de contrebande est l’ami de la santé des Français ? Comment lutter véritablement contre le tabagisme sans nuire à la santé des bureau de tabac ?

 Santé publique et soutien au buralistes

 Gérald Darmanin précise qu’il avait déjà abordé le sujet le 20 octobre lors du dernier Congrès des buralistes. « C’est d’ailleurs à cette occasion que les professionnels de l’Ariège ont attiré mon attention sur la situation spécifique de leur département, ajoute-t-il. Je suis là aujourd’hui pour les écouter et leur dire que nous allons les accompagner. Concrètement, il s’agit de lutter efficacement contre le trafic de tabac de contrebande avec un plan de renforcement douanier, des actions plus efficaces de traçabilité, de mener une action volontariste au niveau européen pour plus d’harmonisation fiscale et enfin d’aider la profession de buraliste à se transformer tout en soutenant ceux qui en ont le plus besoin. »

Le 20 octobre un communiqué de Bercy avait alors fait le point sous le titre suivant : « Une action déterminée de lutte contre les trafics et de soutien aux buralistes dans le cadre de la politique de santé publique du Gouvernement » (sic). Le 12 octobre, dans un entretien au Dauphiné Gérald Darmanin déclarait :

« La lutte contre le cancer est une priorité de santé publique. En même temps, il ne faut pas caricaturer la profession qui tient parfois les derniers lieux de socialisation des villes et villages. Il y a chez les buralistes des gens qui gagnent correctement leur vie mais aussi des situations de détresse, notamment chez les frontaliers. »

 « Il faut les accompagner pour qu’ils continuent de se moderniser, en aidant davantage ceux qui en ont le plus besoin. Cela peut passer par des mesures budgétaires ou des modifications de réglementation lorsque c’est nécessaire : nous allons y travailler avec eux. Par ailleurs, nous allons lancer une action dans les prochains jours au niveau européen pour lutter encore mieux contre les trafics. »

Syllogisme

Où l’on percevait, déjà,  qu’une priorité de santé publique n’interdisait pas de défendre, en même temps, une position radicalement opposée. Aujourd’hui le ministre franchit un nouveau palier du syllogisme avec « le tabac de contrebande, c’est l’ennemi de la santé des Français ». Une position a priori radicalement incompatible avec celle du président Macron qui a fait de la prévention l’une des clefs de voûte de sa cathédrale politique. Gérald Darmanin, à La Dépêche du Midi qui lui demande s’il se sent « macroniste » :

 « Je soutiens évidemment avec force le président de la République ! J’ai le sentiment de contribuer à mettre en œuvre ce pour quoi je me suis toujours battu en politique. Mieux protéger ceux qui en ont le plus besoin, baisser les impôts pour redonner du pouvoir d’achat aux classes populaires et moyennes, faire que le travail paie mieux et puis tenir la parole de la France en respectant nos engagements envers nos partenaires européens et internationaux. Finalement servir mon pays. »

A demain

 

 

Tabac : les Marlboro vont passer de 7 à 7,30 euros. Autant dire que le sevrage attendra

Bonjour

Après quatre années de stabilité, le prix du paquet de cigarettes ne va pas beaucoup changer : en moyenne 30 centimes de plus à compter du 13 novembre. A dire vrai ce n’est pas le gouvernement qui augmente les prix pour (en théorie) réduire la consommation mais bien les cigarettiers qui ont choisi de répercuter sur leurs clients la hausse des taxes décidée par le gouvernement aux termes d’un interminable arrêté que vient de publier le Journal officiel ; arrêté signé par deux hauts fonctionnaires du ministère de l’Action et des comptes publics et de celui des Solidarités et de la Santé.

Car en France, ce sont bel et bien les industriels du tabac qui fixent les prix de vente, l’Etat ne pouvant pour sa part que les « inciter » à des augmentations en faisant varier les taxes qui représentent plus de 80 % du prix. C’est ainsi que le tabac rapporte à l’Etat environ 14 milliards d’euros par an et qu’il est, en même temps, directement responsable de la mort prématurée de plus de soixante-quinze mille personnes.

 Aucune évaluation

Le prix du paquet de Marlboro, le plus vendu, passe ainsi de 7 euros à 7,30 euros, Camel, de 6,90 euros à 7,20 euros, Lucky Strike, de 6,50 euros à 6,80 euros, Winston ou News de 6,50 euros à 7 euros – la suite sur le site des buralistes français.

Techniquement cette hausse minuscule est la conséquence de l’augmentation du minimum de perception annoncée par le gouvernement en septembre, faisant passer le prix plancher du paquet de cigarettes de 6,61 euros à 7,33 euros.  C’est ainsi que près de quatre paquets de vingt cigarettes sur cinq auront un prix égal ou supérieur à 7 euros – les prix homologués allant de 6,70 à 8,10 euros. Et le gouvernement de s’autoféliciter :

« Ce relèvement des prix contribuera à inciter nombre de fumeurs à s’arrêter de fumer »

 « Nombre » de fumeurs (sic) ? C’est précisément ce dont on peut douter – aucune véritable évaluation chiffrée de la mesure « 30 centimes » n’étant d’autre part annoncée. « Nombre » de spécialistes estiment quant à eux que la hausse est trop faible pour avoir un impact sur cette addiction majeure qu’est la dépendance au tabac.

Pire : cette hausse minimale aidera les fumeurs à mieux supporter celle annoncée d’un euro prévue pour mars 2018. Les addictions majeures étant ce qu’elles sont un esprit malveillant pourrait percevoir ici les traces d’une forme de perversité du pouvoir exécutif. Loin de rendre le tabac ruineux on pourrait accuser l’Etat d’entraîner le fumeur à se ruiner.

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La France est« anormale vis-à-vis du tabac ». Pourquoi ? La ministre Agnès Buzyn ne le dit pas

Bonjour

Ainsi donc Agnés Buzyn serait « l’atout social du président ». Et Emmanuel Macron fumerait parfois, vers une heure du matin, des cigares avec ses deux fidèles parmi les fidèles que sont Gérard Collomb et Christophe Castaner. La ministre des Solidarités et de la Santé ne serait jamais conviée à ces agapes secrètes. Pour autant, sous les ors et dans les ombres bien informées du Palais de l’Elysée on s’autoriserait à confier à quelques journalistes privilégiés que la ministre « fait partie des ministres dont il se dit’the job is done’’. »

 Information ou intoxication ? C’est ce que nous dit Le Journal du Dimanche en prime de l’entretien accordée par Agnès Buzyn à la veille de son « grand oral » politique : la défense, devant une Assemblée nationale conquise, de son projet de loi de financement de la Sécurité sociale.

« L’anecdote est une touche supplémentaire au portrait avenant d’une ministre des Solidarités et de la Santé appelée à être ‘’l’atout social du président’’ : une femme de gauche modérée avec une histoire. La profondeur de champ nécessaire pour s’inscrire durablement dans le paysage médiatico-politique » commente le site des buralistes.

« Se préparer à s’arrêter »

 « Le Journal du Dimanche : Le prix du paquet de cigarettes augmentera d’un euro en mars pour atteindre 10 euros en 2020. Vous avez gagné la bataille ?

Agnès Buzyn  :  A l’inverse de l’Angleterre et des États-Unis, qui ont fait d’immenses progrès, la France a un comportement anormal vis-à-vis du tabac. Le seul levier efficace, c’est une hausse de prix constante sur plusieurs années qui oblige les fumeurs à se préparer à arrêter. Nous savons qu’une hausse du prix de 10 % entraîne une baisse de 4 % de la consommation»

 Mais encore ? Rien de plus. Où l’on retrouve ce trait caractéristique qui voit la ministre ne jamais approfondir le sujet abordé. Pourquoi la France a-t-elle un « comportement anormal vis-à-vis du tabac » (plus de 30% de fumeurs) ? Le succès remarquable de l’Angleterre dans ce domaine (moins de 15%) tient-il à l’augmentation du prix du tabac ? A une véritable politique de réduction des risques ? A la prise en compte pragmatique du formidable levier que peut constituer, pour les fumeurs, la cigarette électronique ? Et pourquoi l’exécutif français reste-t-il, ici, dans l’impasse du déni ?

A tout cela Agnès Buzyn ne répond pas. Pourquoi ?

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Le gouvernement soutient les buralistes dans le cadre de la politique de santé publique (sic)

Bonjour

Gérald Darmanin est intervenu, ce 20 octobre, au Congrès des buralistes.  Le jeune ministre de l’Action et des Comptes publics au Congrès des buralistes était plus qu’attendu. « Une heure quinze minutes d’échanges et de dialogue dans un climat houleux au départ, puis attentif ensuite, avant de virer plutôt favorable sur la fin » résume le site des buralistes.

Et puis, un communiqué de Bercy sous le titre suivant : « Une action déterminée de lutte contre les trafics et de soutien aux buralistes dans le cadre de la politique de santé publique du Gouvernement » (sic). Extraits.

« Le Gouvernement a engagé une politique de santé publique ambitieuse. Elle passe par l’augmentation de la fiscalité sur les tabacs. Mais la lutte contre le tabagisme et ses effets connus sur la santé des Français ne veut pas dire lutte contre les buralistes. Le Ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a tenu à les rassurer, d’abord à Bercy le 6 octobre dernier lors d’une entrevue avec la Confédération des Buralistes, et ce jour au Congrès des buralistes lors duquel il est intervenu.

À cette occasion, le Ministre a affirmé la volonté du Gouvernement :

  1. de soutenir les buralistes et d’accompagner l’évolution de leur métier dans le cadre de la politique de santé publique,
  2. de protéger le réseau légal de distribution du tabac par la lutte contre la fraude et le trafic de tabac de contrebande.

 Le Ministre a ainsi annoncé une action déterminée du Gouvernement sur trois volets :

 Faire bouger les lignes au niveau européen en menant, conjointement avec la Ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn et l’appui du Commissaire européen, Pierre Moscovici, un travail de conviction auprès de la Commission européenne et des États membres dans les prochains mois pour l’amener à : réviser la directive sur la fiscalité des tabacs pour une harmonisation par le haut des fiscalités des tabacs ; introduire des limites quantitatives dans le transport de tabac entre États membres, en modifiant la directive 2008/118 sur le régime général des accises. L’initiative française en la matière a déjà trouvé un écho favorable auprès de plusieurs de nos partenaires ; mettre en œuvre à compter de 2019 le système européen de traçabilité des produits du tabac (cigarettes et tabac à rouler), un dispositif qui devra être interopérable, indépendant, et qui devra couvrir l’intégralité de la chaîne logistique

2 Renforcer la lutte contre les trafics de tabacs, (…) »

3 Accompagner les buralistes enfin grâce à la proposition de revoir le Protocole d’accord signé en novembre 2016, pour que celui-ci prenne en compte les effets de la hausse des prix du tabac. (…) ».

 Où l’on perçoit assez mal, au final, le caractère « ambitieux » de la « politique de santé publique » du gouvernement. C’est dire si l’on peut regretter l’absence, devant les buralistes, de la ministre des Solidarités et de la Santé.

A demain