Un fumeur passe à confesse, ou quand la dépendance ose enfin monter sur les planches

Bonjour

Lutter contre une dépendance impose-t-il toujours le recours au vieux concept du péché ? L’addictologue est-il le succédané du confesseur ? Le sevrage est-il le « prix à payer » des coupables jouissances du passé ?

Comédien, présentateur, chroniqueur, humoriste, auteur et réalisateur, Mathieu Ducrez interprète, sur les planches du Théâtre Montmartre Galabru (Paris), « Confessions d’un fumeur ». Le pitch (incroyable mais vrai) est rapporté sur le site des buralistes français : Mathieu, 15 ans, commence à fumer pour se prouver qu’il est un (enfin) homme. Trente ans plus tard, pour la même raison, il essaie (enfin) d’arrêter.

Redevenir libre

Sur scène, au début, le personnage tient (encore) une cigarette et va raconter sa vie « en fumée », avec humour et lucidité. Une porte ouverte pour comprendre les mécanismes de la dépendance au tabac, une prise de conscience qui va l’amener à « redevenir enfin libre ». « Co-écrit avec des anciens fumeurs, le spectacle se veut tragi-comique, délivrant souvenirs et anecdotes » nous explique le site des buralistes.

« La vie d’un fumeur est suffisamment absurde tordue et compliquée pour que tous les ingrédients de la comédie y soient réunis. Ce qu’on voulait absolument éviter c’était d’être moralisateur ou culpabilisateur, explique Mathieu. Vis-à-vis de la cigarette, chacun fait comme il veut ou plutôt comme il peut. Ce spectacle n’a pas la prétention d’être une énième méthode anti-tabac, mais si on peut donner quelques clés sur la dépendance à la nicotine et faire prendre conscience aux fumeurs qu’arrêter c’est possible. »

L’occasion, pour les anciens fumeurs de se remémorer, « leur vie d’avant ». Pour ceux qui côtoient des fumeurs « de mieux les comprendre ». Voire, pour ceux qui n’ont pas encore commencé mais qui sont (ou seront) tentés, de les en dissuader. Ce qui, péché ou pas, fera beaucoup de monde à l’entrée du théâtre Montmartre. Prière de réserver.

A demain @jynau

Boire jusqu’à la lie : que dira Emmanuel Macron à Axel Kahn sur les bières hyper-alcoolisées ?

Bonjour

Les troupes anti-alcool viennent, en France, d’être solidement renforcées par un nouveau croisé qui se déchaîne : Axel Kahn, jeune président de la Ligne contre le cancer. Aujourd’hui il guerroie dans  Le Parisien (Elsa Mari et Florence Méréo). Cible : les alcooliers-brasseurs industriels et leurs productions hyper alcoolisées. Cble corollaire : les autorités sanitaires qui laissent volontairement tendu ce « piège à la jeunesse ». Extraits :

« Quand j’étais un jeune homme de 30 ans [il y a quarante-cinq ans]  je pensais que l’alcoolisme allait peu à peu disparaître. Mais ce scénario optimiste ne s’est pas réalisé car cette addiction a gagné les milieux festifs de la jeunesse. L’alcool est partout, il n’épargne personne, surtout pas les milieux étudiants qui en consomment à toutes les soirées. C’est totalement désespérant.

« Parmi les méthodes pour faire tomber la jeunesse dans l’addiction, il y a la vente d’une sorte de bière, ultra-forte. Alors que la plupart sont à 4-5 voire 6-7 % d’alcool, on voit émerger des gammes à 14 %, et même à 16 ou presque 17 %! Elles sont vendues dans des canettes de 500 ml. Une fois ouvertes, on ne peut plus les refermer, il faut boire jusqu’à la lie [sic] Un jeune a alors consommé l’équivalent d’une bouteille de vin! C’est inouï. Il y a là un attentat à la santé des jeunes.

« Très accessibles, ces bières ont fleuri dans les supermarchés, dans les supérettes, à un prix modique. Ses acheteurs sont le peuple de la rue, et les jeunes. Et pour cause, elles attirent l’œil par leur allure colorée, provocante, qui sont inspirées de l’univers de la BD, du jeu vidéo avec, par exemple, des images de dragons. Il suffit de se promener dans un lieu où une soirée d’étudiants s’est tenue – comme une grande place à Rennes ou les quais de Seine à Paris – pour voir des cadavres de ces boissons joncher le sol. Il s’agit d’un piège tendu aux jeunes, dont ils auront du mal à sortir. »

Le prix du paquet de cigarettes doit-être dissuasif (Bruno Lemaire)

Interdire ? Axel Kahn, prudent, « demande aux autorités d’étudier la question et de légiférer ». Et conseille déjà le gouvernement sur les diverses stratégies possibles » « La première, interdire la vente de bières qui n’utilisent pas les procédés traditionnels de fabrication ou tout du moins, leur retirer l’appellation ‘’bière’’. C’est le cas de ces boissons ultra-fortes qui sont élaborées en ajoutant des sucres et des levures afin d’augmenter leurs effets. La seconde est d’augmenter très fortement la taxe en fonction du grammage d’alcool : les plus fortes seraient vraiment plus chères. Cela serait très dissuasif pour les acheteurs. »

Et le généticien émérite de citer l’exemple du tabac :  « c’est la sanction au portefeuille qui donne les meilleurs résultats ». Le tabac et le gouvernement, précisément. Le prix du paquet de cigarettes atteindra bientôt 10 euros ce qui ne permet pourtant pas (à la différence notable de la cigarette électronique) de libérer la grande majorité des esclaves du tabac.  Le gouvernement ira-t-il au-delà en augmentant un peu plus le prix du paquet ? Dimanche 29 septembre, lors du Grand Jury RTL / Le Figaro / LCI, Bruno Lemaire ministre de l’Économie et des Finances a été surpris par la question observe le site des buralistes français :

« … Nous allons en débattre … Mais tout ce qui peut être fait pour lutter contre l’addiction au tabac est une bonne choseC’est une bonne politique de santé publique que d’avoir un prix du paquet de cigarettes qui soit dissuasif

Dissuader au risque de ne plus vendre ? Bruno Le Maire a néanmoins précisé qu’il s’agissait de « sa conviction personnelle » et que cela devra être tranché par le président de la République et le Premier ministre. Il en va de même pour ces bières que la jeunesse apprend à boire jusqu’à la lie. Où l’on voit, une nouvelle fois, s’il en était besoin, à quel point la lutte contre les addictions sont, d’abord et avant tout, un sujet politique.

A demain @jynau

Immenses pincettes pour la pauvre e-cigarette ; pas de vente à l’unité pour celles de tabac

Bonjour

Serait-ce un effet de la croissance de la grande pauvreté ? Le site des buralistes français observe une nette augmentation de la demande de vente de cigarette « à l’unité ». Un phénomène déjà décrit par Le Parisien (Christel Brigaudeau). « Depuis un an, on a ce genre de demandes. Jusqu’à dix fois par jour, des gens qui n’ont pas beaucoup d’argent, ou bien des fumeurs occasionnels, qui demandent une cigarette à l’unité … Quand on leur dit non et qu’on leur explique que c’est interdit, ils ne comprennent pas» témoigne, dans L’Union, Isabelle Moline, buraliste de Reims.

Une première affiche d’avertissement avait été collée avant l’été dans son établissement. Une seconde vient de faire son apparition. Mais après une petite enquête, des buralistes ont découvert qu’un de leurs collègues acceptait ce type de demandes. Pour en avoir la preuve une buraliste a (discrètement) fait le test. Elle a obtenu sa cigarette et aurait vivement réagi à l’encontre de son collègue.

« J’avais fait la chasse à cette pratique il y a des années rappelle Alain Sauvage, président de la Chambre syndicale des buralistes de la Marne et trésorier national de la Confédération des buralistes. Ce genre de ventes était plutôt pratiqué dans certaines épiceries. ’est totalement interdit pour un buraliste de changer le conditionnement des cigarettes, et donc de vendre à l’unité. Je vais faire un rappel aux buralistes, car ils risquent gros. Ils peuvent perdre leur gérance tabac. Le contrat avec l’État est très clair. »

Et l’on sait que l’Etat français ne plaisante pas. Il sait aussi faire silence – comme celui observé par les autorités sanitaires sur les quelques centaines de cas d’atteintes pulmonaires (« « maladie sans nom ») observées aux Etats-Unis chez des vapoteurs inconséquents. Rien pour le grand public en provenance de la Direction Générale de la Santé (DGS). Mais, aujourd’hui, un peu banal communiqué de la Fondation du Souffle et de la Société de pneumologie de langue française (SPLF). Extraits :

« En France. Au stade actuel, faisant suite à une demande de la DGS une demande de signalement a été adressée aux pneumologues. Les signalements seront colligés par Santé Publique France (les outils sont en cours de développement). Cas particulier de la e-cigarette utilisée dans un objectif d’aide au sevrage tabagique : message de la Fondation du Souffle et de la SPLF :

« La e-cigarette est parfois utilisée comme outil d’aide au sevrage tabagique. Se pose donc la question de l’attitude face à cette pratique, à la lumière des cas récents de possibles atteintes pulmonaires toxiques graves liées à leur usage. Jusqu’ici, les données scientifiques montraient que l’utilisation de la cigarette électronique a des effets biologiques délétères mesurables, donc un potentiel de toxicité réel, même si de nombreux toxiques majeurs de la fumée de cigarette (mais pas tous) sont absents des vapeurs produites par les cigarettes électroniques. Les conséquences cliniques de ces effets biologiques ne sont pas connues.

Selon les nouvelles données disponibles, les utilisateurs de e-cigarettes ayant présenté aux Etats-Unis des atteintes pulmonaires graves (pneumonies toxiques) étaient majoritairement (80% des cas) des utilisateurs de liquides contenant des dérivés de cannabis, et/ou fabriqués ou modifiés artisanalement. Il s’agit donc dans ces cas d’usages détournés de la cigarette électronique, utilisant des produits illégaux. Les données toxicologiques et épidémiologiques dont nous disposons ne permettent toutefois pas d’écarter un rôle des produits commercialisés dans les circuits de distribution autorisés 1.

De ce fait, lorsque la e-cigarette est utilisée comme outil d’aide à l’arrêt du tabac, son usage doit se limiter strictement aux personnes en échec de sevrage tabagique par d’autres méthodes, et aux produits dont la vente est autorisée. Il convient d’avertir les patients des incertitudes actuelles sur les risques d’atteintes pulmonaires. La toxicité de la e-cigarette utilisée dans ces conditions est très inférieure à celle de la cigarette. »

Où l’on prend la mesure de la longueur des pincettes prises, par les spécialistes du souffle et du poumon, avec la e-cigarette.

A demain @jynau

1 Ceci est formellement contesté par plusieurs spécialistes du vapotage et de la réduction des risques.

« Fumer vous tuera !»: pourquoi ne pas l’imprimer sur le papier de chaque cigarette ?

Bonjour

Lui faire peur peut-il aider l’esclave à biser ses chaînes ? L’addiction est-elle soluble dans la raison ? Combien de sevrages tabagiques obtenus grâce aux « mises en garde illustrées » présentes sur les paquets de cigarettes ?

Peut-on, dans ce domaine, aller plus loin encore ? Imprimer, d’autorité, « fumer vous tue à petit feu » sur le filtre et le papier de chaque cigarette ? Une étude vient d’être menée sur ce thème et publiée (Addiction Research and Theory) par des chercheurs de l’université écossaise de Sterling 1.

Interrogation de 120 fumeurs (16 -50 ans) sur cette possible approche. Et tous ou presque de dire qu’elle pourrait sans doute efficace. « Un avertissement sur chaque cigarette est perçu comme un prolongement du message sanitaire, étant visible lorsque la cigarette est sortie du paquet, allumée, laissée dans un cendrier et à chaque bouffée. Il est donc plus difficile pour le fumeur de l’éviter » estiment les auteurs. 

« Vivez plus longtemps avec la e-cigarette ! »

 « Le consensus est que cela serait rebutant pour les jeunes, les personnes qui commencent à fumer et même les non-fumeurs.  Ces résultats suggèrent que l’introduction de tels avertissements pourrait avoir un impact sur les décisions de ces groupes d’individus. Cela montre également que cette approche est une option politique viable qui pourrait, pour la première fois, étendre le message sanitaire jusqu’à l’expérience de consommation. »

Efficace le « paquet neutre » placardé de « mises en garde illustrées » ? Voici ce qu’en dit, dans sa sagesse, l’OMS :

« Les campagnes choc contre le tabac et les mises en garde illustrées apposées sur les paquets permettent de dissuader les enfants et d’autres groupes vulnérables de commencer à fumer et d’inciter un plus grand nombre de fumeurs à décider d’arrêter. Les études menées après la mise en place de mises en garde illustrés sur les paquets de tabac au Brésil, au Canada, à Singapour et en Thaïlande montrent toutes que ces mises en garde sensibilisent fortement la population aux méfaits du tabac. »

On pourrait aussi souhaiter, en matière de réduction des risques que les huiles de l’OMS et le gouvernement français s’intéressent à la cigarette électronique. Passons d’emblée à l’étape suivante : imprimer, sur le filtre et le papier : « Vivez plus longtemps avec la e-cigarette ! »

A demain @jynau

1 Moodie C, O’Donnel R, Fleming J et al Extending health messaging to the consumption experience: a focus group study exploring smokers’ perceptions of health warnings on cigarettes https://doi.org/10.1080/16066359.2019.1653861

Vapotage : pourquoi Agnès Buzyn et les pharmaciens français snobent-ils les Anglais ?

 Bonjour

Pourquoi sommes-nous, voisins, à ce point différents ? Il faut, ici, écouter le remarquable « Le couple franco-britannique : un roman so sixties » (France Culture, documentaire d’Anaïs Kien, réalisé par Doria Zénine). Pourquoi, Brexit ou pas, le Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du nord offre-t-il au monde un modèle à ce point exemplaire de lutte contre le tabac.

Un modèle et des résultats qui placent la France dans une situation pitoyable. Où l’on en viendrait presque à succomber aux thèses complotistes d’un Etat se repaissant financièrement des recettes fiscales générées par une drogue légale surtaxée. Un Etat rapace se moquant comme d’une guigne des quatre-vingt mille morts prématurées qui, chaque année, lui sont associées.

Dans le dispositif britannique : « Stoptober », matrice originelle du maigrelet « Mois sans tabac » français. « Alors que nous ne sommes que le 16 août, le pays a d’ores et déjà commencé à envoyer différentes informations à ses partenaires concernant la 8e édition du Stoptober, qui aura lieu au mois d’octobre prochain, nous alertait il y a peu Vaping Post (Alistair) repris par le site des buralistes français. Depuis sa première édition en 2012, la campagne aurait conduit plus d’un million de personnes à tenter d’arrêter de fumer, et serait la plus grande ‘’tentative d’abandon en masse’’ du pays. »

Depuis peu, la campagne est également entrée au sein du programme One You, un programme mis en place par le ministère de la Santé du pays et destiné à aider les adultes à « apporter de petits changements à leur mode de vie qui peuvent avoir un impact important sur leur santé future ». Toujours ce pragmatisme auquel la France semble radicalement allergique et que l’on retrouve, outre- Manche, dans la pleine adhésion des autorités sanitaires au vapotage. On ne sait que trop ce qu’il en est en France…

Perfide Albion sans fumée

« Bien que l’édition de cette année ne débute que le 1er octobre, le pays la prépare pourtant déjà, près de deux mois avant son démarrage, ajoute Vaping Post. En effet, tous les partenaires de la campagne (dont la rédaction du Vaping Post fait partie) ont reçu ce matin, un e-mail les informant des préparatifs et des nouveautés de cette année. »

Ainsi, dès le 27 août, les différents partenaires et professionnels de santé pourront commencer à commander diverses ressources mises à leur disposition (affiches, dépliants etc). Et, nouveauté pour cette année, toutes les pharmacies du pays recevront une ‘’trousse de ressources’’ afin de pouvoir participer à la campagne. Cette 8ème  édition sera également l’occasion pour le National Health Service (NHS) de fournir à tous les professionnels de santé, un document destiné à les  ‘’aider’’ et à ‘’discuter des dernières informations sur les aides pour arrêter de fumer et pour conseiller les patients qui souhaitent faire une tentative d’abandon’’. Des médecins qui auront également toujours accès à un ‘’module d’entraînement’’ destiné à leur communiquer toutes les informations nécessaires à une bonne connaissance du vapotage.

Autant de  préparatifs qui démontrent bien que le Royaume-Uni continue de poursuivre son objectif de ‘’pays sans fumée’’ d’ici à l’horizon 2030. « Naturellement, cette année encore, la vape devrait être particulièrement mise à l’honneur, souligne Vaping PostLe site de Stoptober rappelle qu’elle peut être ‘’particulièrement efficace’’ comme aide pour arrêter de fumer et que ‘’des milliers de personnes en Angleterre ont déjà arrêté de fumer à l’aide d’une e-cigarette’’. » Pourquoi sommes-nous, voisins, à ce point étrangers ?

A demain @jynau

Découvrez le Grand-Duché du Luxembourg, son argent caché, son cannabis bientôt légalisé

Bonjour

Les paradis fiscaux sont-ils incompatibles avec les artificiels ? Au Grand-Duché du Luxembourg, le cannabis médical est déjà autorisé et la possession d’une « certaine quantité » de cannabis récréatif n’est plus pénalisée. En revanche, cultiver, acheter et vendre le cannabis récréatif est toujours prohibé. Jusqu’à quand ?

Dans une interview à Politico.eu (Jillian Deutsch) – entretien édifiant repris par le site des buralistes français – le ministre de l’Economie et de la Santé du Grand-Duché, Étienne Schneider, explique comment il veut que son pays devienne le premier de l’Union européenne à légaliser complètement le cannabis. « Il s’agit d’une question de santé publique » estime le ministre. Selon lui, les jeunes obtiennent déjà de l’herbe sur le marché noir et entrent en contact avec des dealers qui vendent des produits de qualité inconnue. Ils ont ainsi accès à de plus en plus de produits dangereux.

« La législation sur la drogue que nous appliquons depuis cinquante ans n’a pas marché (…) Interdire les produits les a rendus plus attrayants aux yeux des jeunes » fait valoir le ministre. Dès lors quelle autre solution de la légalisation ? Elaborée avec l’aide du ministre de la Justice, la nouvelle réglementation délivrerait des « licences de production », « réglementerait la consommation », interdirait la « culture domestique » et imposerait un âge minimum (18 ans) à l’achat. L’équivalent du tabac, en somme.

Il ne serait pas question, au Luxembourg, de mettre en place des coffee-shops comme aux Pays-Bas (« Oui, mais comment le produit va-t-il être distribué ? » demande, intéressé, le site des buralistes français) et les étrangers n’auraient pas le droit d’acheter pour « limiter le tourisme du cannabis » (« Cela ne se passerait donc pas comme pour le tabac ? » observe, ironique, le même site ).

« Légaliser le cannabis, c’est complexe, ce n’est pas seulement dire que la substance est désormais légale, explique encore le ministre luxembourgeois. Il faut réguler le marché, imposer des taxes, et des contrôles de qualité ». Étienne Schneider ajoute encore qu’il voudrait que d’autres pays européens suivent le Grand-Duché dans cette voie. Certains, en Allemagne, parient ici sur un possible effet domino sur le vaste Vieux Continent. « J’aimerais que nous adoptions tous une plus grande ouverture d’esprit concernant la drogue » confie Etienne Schneider  qui dit avoir des contacts sur le sujet avec d’autres ministres de la Santé. Pour un peu on parierait qu’il n’en a pas avec sa collègue française. Pas encore ?

Longtemps après celle, carolingienne, d’Aix-la-Chapelle, la jeune Europe capitaliste bat méchamment de l’aile. Celle de la réduction des risques reste à construire. Sa première pierre sera-t-elle posée au Grand-Duché  ?

A demain @jynau

E-cigarette : «Soyez moderne, restez branché, avec votre Juul C1 connectée» (publicité)

Bonjour

La libre Révolution des Volutes Libres (RVL) ne sera-t-elle bientôt qu’un tendre appendice de l’ogre capitaliste ? Pour l’heure la « Juul C1 » n’est disponible qu’au Royaume-Uni et au Canada. Et demain ? Nous parlons ici d’une « e-cigarette connectée ». Son utilisateur se branche, via Bluetooth, à une application (uniquement disponible sous Android), qui lui permet d’obtenir des données de consommation (le nombre de fois où ils ont vapoté dans la journée, la quantité de bouffées etc.) de  verrouiller sa cigarette ou encore de « localiser cette dernière » (sic) fait savoir le site des buralistes français. À l’avenir, une fonctionnalité permettant de verrouiller la cigarette dans certains espaces comme les écoles, pourrait être commercialisées.

Le géant californien (qui a créé un site français)  ajoute que toute personne souhaitant acheter une « Juul C1 » (et/ou ses produits dérivés) doit envoyer une photo et une pièce d’identité à l’entreprise. Que le vapoteur se rassure : un porte-parole de l’entreprise explique qu’« aucune donnée GPS n’est partagée avec Juul. « Les données de localisation GPS, utilisées pour la fonction de localisation de l’appareil, ne sont contenues que sur le smartphone du client » promet-il.

Promis – juré – craché

Les données récoltées (numéro de téléphone, date de naissance, habitudes de « vape ») ?  Juul jure qu’elles sont dépersonnalisées, c’est à dire « stockées de façon sécuritaire et privée à l’aide d’un identificateur aléatoire attribué au téléphone. » Promis, craché : ces données ne sont pas vendues ni partagées. Et le géant Juul de s’expliquer :

 « Alors que nous continuons d’innover et d’améliorer les caractéristiques et les fonctionnalités de l’application, nous voulons donner aux fumeurs adultes la possibilité de gérer leur consommation de nicotine, en leur offrant des options et des outils pour contrôler leur consommation s’ils le souhaitent. En même temps, nous nous engageons à restreindre l’accès des jeunes à nos produits. »

Où l’on comprend que la capitalisme peut, aussi, aller jusqu’à se donner l’apparence, sinon de l’éthique, du moins du vertueux anti-tabagique. Avec, en toile de fond, le beau paysage réformiste de la Réduction des Risques.

A demain @jynau