Incurie: savez-vous combien de cigarettes fumées ne sont pas achetées chez un buraliste ?

Bonjour

C’est un chiffre qu’aucun représentant de l’Etat de commentera. Un chiffre qui dit l’incurie et l’addiction. Une proportion qui fait mal à Bercy et remet en question tous les propos sanitaires lénifiants sur l’amélioration de la situation française. Tenons-le pour fiable : le dernier rapport STELLA publié par le cabinet KPMG,  révèle que 28,4% des cigarettes consommées en France en 2018 n’ont pas été achetées auprès d’un buraliste français – soit une hausse de 3,8 points par rapport à 2017.

Site des buralistes français : « Ces 28,4 % de marché parallèle pour 2018 se décomposent de la façon suivante : 14,4 points correspondent à de la contrebande et de la contrefaçon (13,1 en 2017) 14 points correspondent à des achats frontaliers ou ailleurs à l’étranger, dans le cadre des limites autorisées ou pas (11,5 en 2017). Dans le segment « contrebande et contrefaçon », la contrefaçon est pratiquement triplée par rapport à l’année précédente. Elle représente un volume de 2,3 millions de paquets. Cette année, le rapport KPMG Stella a été réalisé, avec la même méthodologie que les années précédentes, pour le compte de Philip Morris. »

Gérald Darmanin ne commentera pas. Ce n’est pas le cas d’Eric Sensi-Minautier, directeur des affaires publiques pour BAT Europe de l’Ouest 1 – et porte-voix de Big Tobacco :  

« Cette hausse des achats hors réseaux est le résultat de la politique de choc de prix initiée en 2018 par le gouvernement, visant à porter progressivement le paquet de cigarettes à 10 € d’ici à 2020. La politique de choc fiscal engagée par le gouvernement français fait le bonheur des pays voisins. Et ce n’est que le début. Les achats transfrontaliers et la contrebande continueront à croître inéluctablement tant que la France poursuivra une politique fiscale déconnectée de celle de ses voisins. »

Big Tobacco Europe rappelle que la France métropolitaine compte sept pays frontaliers qui proposent tous des prix moins élevés pour les cigarettes – un sujet sanitaire majeur jamais abordé lors des élections européennes. Et BAT France d’en appeler à la ministre de la Justice d’accélérer la publication du décret visant à verbaliser les achats de tabac à la sauvette. Où le citoyen, fumeur ou pas, a, très clairement cette fois, le sentiment de marcher sur la tête.

A demain @jynau

          
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British American Tobacco (BAT) se présente ainsi : « Entreprise fondée en 1902, BAT est la seconde plus grande entreprise de tabac manufacturé au monde en parts de marché. Ses marques sont vendues dans plus de 200 pays. Sa filiale française, British American Tobacco France emploie près de 250 collaborateurs à travers le pays. Son activité comprend le soutien commercial, la vente et la distribution des produits du tabac du Groupe BAT sur le territoire national ainsi que ses gammes innovantes de produits de vapotage.e 

Idéologies tabagiques : l’aveuglement de l’OMS face au cynisme glaçant de Big Tobacco

Bonjour

Journée mondiale sans Tabac et cette sortie de  Philip Morris International (PMI- Marlboro° & C°, deuxième producteur mondial) : un communiqué d’une parfaite perversité : « World No Tobacco Day should be World No Smoking Day » – repris par le site des buralistes français :

« La Journée mondiale sans Tabac est destinée à rappeler les graves problèmes suscités par le fait de fumer et de consommer du tabac. Il apparait, cependant, que même si les risques très importants pour la santé représentés par le fait de fumer sont bien connus, beaucoup de gens continuent de fumer et continueront dans un futur proche.

« L’OMS prévoit plus d’un milliard de fumeurs pour 2025, soit le même niveau qu’aujourd’hui. Alors que la meilleure décision est d’arrêter, beaucoup de fumeurs vont continuer.

« Vers la fin des années 90, plusieurs de nos féroces critiques nous mettaient au défi de fabriquer des produits moins nocifs. On les a entendus et on a relevé le défi » déclare Jacek Olczak, PMI’s Chief Operating Officer « Cela nous a coûté l’embauche de centaines de scientifiques, la réalisation de milliers de tests et l’investissement de milliards de dollars pour une nouvelle catégorie de produits : des produits où il n’y a pas combustion de tabac et pour lesquels le fumeur adulte peut opter sans retourner aux cigarettes traditionnelles.

« Ces nouveaux produits contiennent de la nicotine et ne sont pas exempts de risques. Mais la science montre qu’il s’agit d’un meilleur choix que de continuer à fumer. Nous partageons nos recherches et nos données avec les communautés scientifiques et médicales ainsi qu’avec les gouvernements du monde entier. Les anciennes polémiques idéologiques ne créent que de la confusion auprès des fumeurs et de leurs entourages (…) Les fumeurs adultes méritent d’avoir accès aux alternatives basées sur de solides recherches scientifiques. Ils méritent aussi d’être informés pour établir leur propre choix ».

Choisir le type de loup autorisé à entrer dans la bergerie ?

Une OMS en blanc et noir

« Plutôt que de répondre, sur le fond, aux arguments et propositions de Philip Morris International l’OMS a adopté la position facile consistant à dénoncer les efforts menés par le plus grand producteur de cigarettes du monde pour rebaptiser la journée annuelle dédiée aux dangers du tabac’’, comme l’a repris une dépêche AFP » commente le site des buralistes français.

En clair il ne s’agirait ici que d’une tentative d’OPA signée PMI, la stratégie du coucou : mener sa propre campagne de promotion de ses nouveaux produits « sans fumée », en les présentant comme une solution au fléau du tabac. « C’est la dernière tentative en date de PMI pour s’infiltrer dans le secteur de la santé publique sous de faux prétextes, et ses efforts pour s’emparer de cette Journée mondiale sont un manque de respect à l’égard des millions de personnes qui sont mortes ou vont mourir à cause des produits de PMI » a commenté, pour sa part, Michél Legendre de l’ONG Corporate Accountability.

« Nous considérons la campagne de PMI comme rien de plus qu’une tentative cynique par cette société de promouvoir ses produits mortels » a commenté, Vinayak Prasad, chef de l’Initiative Sans Tabac de l’OMS. Ce dernier souligne qu’il n’existe pas d’étude scientifique indépendante pour confirmer les résultats dont se prévaut PMI. Sans rappeler que l’organisation onusienne ne fait rien, en pratique, pour soutenir de telles études scientifiques.

Une OMS qui, en réalité, se satisfait pleinement du brouillard entretenu par PMI et Big Tobacco quant aux « nouveaux produits », laissant dans le même sac le « tabac chauffé » et la « cigarette électronique ». Une OMS suicidaire, en blanc et noir, qui se refuse, pour des raisons idéologiques autant que structurelles, à prendre en compte le concept de réduction des risques.

A demain

@jynau

31 mai 2019 : Agnès Buzyn saura-t-elle avant 2022 que la cigarette électronique existe ?

Bonjour

Nous sommes le 31 mai 2019 et, pour les médias, c’est la « Journée mondiale sans tabac organisée par l’OMS ». Objectif : lutter coûte que coûte contre le tabagisme ; user, quoi qu’il en coûte du formidable levier qu’est le concept appliqué de la « Réduction des Risques ». Or enferrée dans son déni obscurantiste et sa bureaucratie onusienne l’OMS s’obstine à ne pas reconnaître que le vapotage est, à ce titre, un puissant outil de lutte contre le tabagisme. L’éléphantesque OMS n’est pas la seule à ne rien saisir de la Révolution des Volutes, à confondre fumée et vapeur d’eau, à ne voir d’issue que dans le sevrage absolu et définitif.

En France le pouvoir exécutif est, depuis dix ans déjà, prisonnier des mêmes rêts idéologiques. Après un maigre espoir signé du Directeur Général de Santé Publique France voici qu’Agnès Buzyn referme le couvercle. Interrogée le 29 mai, avec la plus grande déférence, par le député macroniste (Aisne) Marc Delatte quant aux suites de la politique gouvernementale de lutte contre le tabac, la ministre précise les raisons (selon elle) de la baisse officiellement annoncée du nombre des fumeurs ces deux dernières années (vidéo de l’Assemblée nationale) :

« C’est le fruit d’une politique volontariste qui a commencé par le paquet neutre, l’augmentation du prix du tabac, l’augmentation du nombre de lieux « sans tabac » et le remboursement des substituts nicotiniques. Malheureusement, vous avez raison, il nous reste encore beaucoup à faire. »

Le ban est fermé. Au même instant ou presque, sur CNews, Philippe Coy, le patron des buralistes français :

« La baisse des volumes tabac dans notre réseau est due aussi à un transfert d’une partie de nos clients vers le vapotage, on le voit bien dans notre activité quotidienne. Désormais, le réseau des buralistes est impliqué dans la vente des produits du vapotage à nos clients fumeurs qui veulent sortir du tabac traditionnel. »

Nous sommes le 31 mai. Le 14 octobre prochain, à Paris – l’association SOVAPE et ses partenaires organiseront le 3e Sommet de la vape. Ils souhaitent « faire évoluer les regards sur le vapotage : décideurs, médias, acteurs de santé » et lancent un « appel au don ». On se souvient de la présence novatrice, à cette manifestation, de l’ancien Directeur Général de la Santé (Benoît Vallet). Les organisateurs ont-ils, cette fois, songé à inviter la ministre des Solidarités et de la Santé ?

A demain

@jynau

Cigarette électronique : fin du déni officiel ; commentaire éditorialisé des buralistes français

Bonjour

« Un tournant ». Pour le site des buralistes français ce sont quelques lignes qu’il faut encadrer : celles de l’éditorial de Francois Bourdillon, Directeur Général de Santé Publique France.  

« Parmi les outils d’aide au sevrage tabagique, la cigarette électronique est le plus utilisé par les fumeurs pour arrêter de fumer. Cette utilisation s’inscrit depuis quelques années dans une stratégie de réduction des risques. Les données du Baromètre de Santé publique France soulignent pour la première fois l’accroissement de l’usage de l’e-cigarette : 3,8% l’utilisent quotidiennement versus  2,7% en  2017, soulignant les modifications de l’usage de cet outil de sevrage tabagique. »

Et le site des buralistes, en écho, d’éditorialiser :

« Alors que les autorités sanitaires françaises s’étaient montrées jusqu’ ici timorées sur le sujet – voire carrément hostiles – nous enregistrons un discours, plus réaliste, constatant que les fumeurs utilisent la cigarette électronique « parmi les outils d’aide au sevrage ». Loin des prises de position carrément idéologiques d’il y a encore peu de temps quand le vapotage était avant tout présenté comme « un piège » aux multiples facettes (les inconnues scientifiques … les mineurs ciblés … les fabricants derrière, etc., etc. … on connait les éléments de ce langage négatif).

« Aujourd’hui, nous avons affaire à un discours officiel plus nuancé, réaliste et ouvert. Espérons que ce discours réaliste préfigure le débat, ouvert et dépassionné, qui a toujours manqué en France jusqu’à maintenant. Un débat sur l’apport de cigarette électronique et des autres produits de nouvelle génération. Un débat sur l’information et la communication concernant ces produits, puisqu’il est désormais reconnu que les fumeurs les prennent en considération comme alternative. »

Où l’on en viendrait, presque, à espérer. A croire en l’action amplificatrice d’une ministre des Solidarités et de la Santé. Une ministre qui accepterait, enfin, de reconnaître ses erreurs et de mettre en œuvre, ici, une véritable politique de réduction des risques.

A demain

@jynau

Publicité pour la cigarette électronique : jusqu’à quand la France pourra-t-elle l’interdire ?

Bonjour

C’est un information sanitaire de taille. Elle est relayée en France par le site des buralistes et la précieuse association #sovape. Au Québec un juge de la Cour supérieure vient d’invalider une disposition législative qui interdisait toute publicité extérieure en faveur du vapotage ; sur les vitrine des « vaporistes » ou via tout média s’adressant au grand public. Et ce juge donne six mois au gouvernement pour changer la loi dans le sens de son jugement.

« Au Québec, certaines limites ont une portée excessive. La loi actuelle viole la liberté d’expression en muselant les commerçants, fait valoir ce juge. Il existe des solutions moins drastiques : soit autoriser la publicité pour la cigarette électronique pourvu qu’elle cible clairement et uniquement les fumeurs et qu’on la présente comme un moyen de cessation tabagique. Rien d’autre. »

« C’est une grande victoire pour les acteurs du vapotage et de la réduction des risques du monde entier, fait valoir #sovape.  En effet, la Cour a estimé qu’il est d’intérêt de santé publique que la publicité sur le vapotage soit autorisée pour faciliter l’accès à l’information et à une solution reconnue pour aider les fumeurs à sortir du tabagisme. Elle a donc invalidé plusieurs articles de la loi de 2015 qui interdisaient la publicité, ainsi que d’autres restrictions contre le vapotage, notamment l’interdiction d’essayer les produits en magasins ou dans les centres d’aide à l’arrêt tabagique. »

Extraits édifiants de la décision de justice :

 « Que la publicité – interdite par les articles 24 (4), (8) et (9) – soit autorisée en autant qu’elle cible, clairement et uniquement, les fumeurs et qu’on la présente comme moyen de cessation tabagique. Rien d’autre.

Autrement dit, qu’on la décrive et qu’on en fasse la promotion à une seule fin soit celle d’alternative à la cigarette ordinaire et au tabac qui tue. Bien évidemment, cette publicité pourra être lue et vue par des non-fumeurs, le tribunal en convient. Mais ceux-ci sauront que c’est une solution pour arrêter de fumer et pourront faire la part des choses. Des fumeurs pourront être informés qu’il existe une méthode de cessation tabagique qui mérite d’être mieux connue. Les non-fumeurs sauront que le produit est destiné aux fumeurs. Tous sauront à quoi s’en tenir.

Parallèlement à cela, les interdictions de publicité destinée aux mineurs, de type style de vie, etc. demeurent. On est loin d’une absence de limites où tout est permis. », Cour Supérieure du Québec, extrait [367-369] du jugement du 3 mai 2019 – affaires n° 200-17-023732-167 et n° 500-17-093397-167. »

Vapotage juvénile

L’association #sovape observe ce procès québécois mené suite à des requêtes de l’Association Québécoise des Vapoteries et l’Association Canadienne du Vapotage n’est pas sans rappeler l’action qui avait été entamée par cinq associations françaises (SOVAPE, Fédération Addiction, SOS addictions, Respadd et Tabac & Liberté) auprès du Conseil d’Etat.

Mais rien n’est encore acquis de l’autre côté de l’Atlantique – où prévalent les mêmes radicalisations sectaires que de ce côté-ci. Ainsi la « Coalition québécoise pour le contrôle du tabac » estime qu’il «y a non seulement matière à aller en appel de ce jugement, mais urgence d’intervenir à tous les niveaux pour contrer le phénomène du vapotage juvénile». Et ce alors que plus le temps passe et moins la cigarette électronique apparaît être une porte d’entrée dans l’enfer tabagique.

En France la publicité en faveur du vapotage est interdite : les contrevenants s’exposent à une amende pouvant aller jusqu’à 100 000 euros. Où l’on en revient à la question centrale, médicale sinon psychiatrique : pourquoi notre pouvoir exécutif (à la différence notable du britannique) est-il à ce point immunisé contre le concept de réduction des risques ?

A demain

@jynau

Vente de tabac aux enfants : mais pourquoi Agnès Buzyn ne fait-elle pas respecter la loi ?

Bonjour

Glané sur le site des buralistes français : la US Food and Drug Administration (FDA) vient d’adresser un courrier à douze chaînes de magasins de grande et de moyenne surface ainsi que de points de vente de proximité. Motif : leur demander de présenter, d’ici la mi-mai, leur plan d’action afin d’améliorer leur dispositif d’interdiction de vente de tabac aux mineurs de moins de 18 ans (et à 21 ans dans certains Etats).

Parmi les géants appelée à s’expliquer, tous les grands noms de la distribution outre-Atlantique : Walmart, 7-Eleven, Kroger, Casey’s General Store, Family Dollar Stores. Ainsi que Chevron (stations-service). En février, la FDA avait lancé une procédure contre la chaîne Walgren Boots Alliance, plusieurs cas de ventes aux mineurs de cigarettes menthol et de cigarillos ayant été constatés.

Dans sa lettre de demande d’explications, la FDA déclare (Reuters) : « Nous partageons tous l’importante responsabilité de veiller à ce que les produits du tabac, nocifs et addictifs, ne se retrouvent pas entre les mains des enfants. Les détaillants, en particulier, sont en première ligne pour contribuer à réduire les conséquences sur la santé de l’usage du tabac et de la dépendance à la nicotine. »

 On sait, en France, l’incurie qui règne depuis des années dans ce domaine – une situation d’autant plus inacceptable que les buralistes, sous l’autorité directe de l’exécutif, disposent du monopole et que la loi, sur ce thème, ne barguigne pas.

A demain

@jynau

FDJ – polémiques : la vente aux mineurs et la nomination de la directrice de la communication

Bonjour

Derrière les turbulences politiques concernant Aéroport de Paris (ADP), la FDJ (Française des Jeux). Le projet de loi « Pacte » a été définitivement adopté par le Parlement, le 11 avril. Et avec lui, la privatisation de la FDJ. Une adoption qui coïncide avec une cocasserie marqué du sceau de la Macronie :  l’annonce, mardi 9 avril, de la nomination à partir de mai de Raphaële Rabatel, la femme de Gilles Le Gendre, président du groupe La République en marche à l’Assemblée nationale, au poste de « directrice de la communication de la FDJ ». Un hasard ?

« Mme Rabatel a été choisie et recrutée car elle coche toutes les casesdit-on dans l’entourage de Stéphane Pallez, le PDG de l’entreprise publique (Le Monde, Philippe Jacqué) Elle a déjà travaillé pour des banques et des entreprises de réseaux, ce qui la qualifie pour travailler pour la FDJ. Et puis elle a préparé et accompagné l’ouverture du capital de GDF en 2005, ainsi que sa privatisation et la fusion avec Suez. Bref, elle a été recrutée pour ses compétences. Qu’elle soit la femme de M. Le Gendre n’est pas le sujet. » Ce que l’on peut, précisément, contester. Et qui commence à faire polémique.

Mais encore ? La loi « Pacte » votée, il reste maintenant pour le Gouvernement à en déterminer certaines modalités pratiques ainsi que certaines dispositions adoptées pendant le débat parlementaire. « Notamment le dispositif concernant l’amende pour la vente de jeux aux mineurs, observe le site des buralistes français.  En fait, le ministre de l’Économie a annoncé une « concertation avec les buralistes » sur le sujet. Elle ne devrait pas tarder. » Extraits du texte de la loi :

« Le transfert au secteur privé de la majorité du capital de la société La Française des Jeux est autorisé (…) Le Gouvernement est habilité à prendre par voie d’ordonnance, dans un délai de six mois à compter de la publication de la présente loi, toute mesure relevant du domaine de la loi ayant pour objet : (…) de modifier ou renforcer les sanctions administratives et pénales existantes et prévoir de nouvelles sanctions en cas de méconnaissance des règles applicables au secteur des jeux d’argent et de hasard, notamment par la mise en place d’une amende sanctionnant la vente ou l’offre au titre gratuit de jeux d’argent et de hasard aux  mineurs. »

Le site des buralistes rappelle qu’une proposition parlementaire visant à inscrire, dès maintenant dans la loi, une « amende disproportionnée » a fait long feu. On avait évoqué alors une amende d’un montant de 7 500 euros – soit l’équivalent de l’amende pour vente d’alcool aux mineurs 1. Rappelons que la vente de tabac aux mineurs 2 est actuellement sanctionnée par une amende (de classe 4) de 135 euros. Et que cette disposition n’est jamais appliquée ; un tiers ou presque des Français mineurs sont des consommateurs de tabac.

Où l’on prend la mesure, dans le champ des addictions légalisées et fortement taxées, de l’incapacité d’un pouvoir exécutif à faire appliquer la loi. Pourquoi en irait-il différement avec l’addiction aux « jeux d’argent » dont la « communication » sera assurée par la femme du président des députés de la majorité ?

A demain

@jynau

1 S’expose à une peine de 7500 € d’amende la personne qui : vend des boissons alcooliques à des mineurs ; offre ces boissons à titre gratuit à des mineurs, dans les débits de boissons et tous commerces ou lieux publics ; fait boire un mineur jusqu’à l’ivresse. En cas de récidive (moins de 5 ans après une première condamnation pour l’un de ces faits) la peine encourue est portée à un an d’emprisonnement et 15000 € d’amende.

2 Jusqu’à un décret en date du 25 mai 2010, la vente de tabac aux mineurs âgés d’au moins 16 ans était autorisée. Désormais, l’interdiction a été étendue à l’ensemble des personnes de moins de 18 ans. Le vendeur peut demander à l’acheteur d’apporter la preuve de sa majorité par pièce d’identité ou tout autre document officiel muni d’une photographie.  Le fait de ne pas respecter cette interdiction expose le vendeur à l’amende prévue pour les contraventions de 4ème classe hormis lorsque celui-ci prouve qu’il a été induit en erreur sur l’âge du mineur.