Présidence des riches : le gouvernement va adoucir sa hausse de la fiscalité sur les cigares

Bonjour

C’est une information des Echos (Ingrid Feuerstein) – une information que la ministre de la Santé n’a pas commentée : les buralistes ont obtenu que le palais de l’Elysée fasse un « geste sur les cigares ». Le gouvernement a déposé  un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018. Il s’agit de réviser la trajectoire de hausse de la fiscalité des cigares et des cigarillos. « L’augmentation globale de la fiscalité est très légèrement atténuée, tout en respectant l’objectif de convergence des prix souhaité par le gouvernement », précise l’amendement, qui sera prochainement examiné au Sénat.  On appréciera les pincettes.

« Le plan de marche du gouvernement pour augmenter les prix du tabac, inscrit dans le budget de la Sécurité sociale, prévoyait initialement  une hausse encore plus marquée pour les produits de substitution (tabac à rouler, à mâcher ou cigares), afin d’éviter les effets de report, rappellent Les Echos. Avec pour intention que les tarifs de ces produits rattrapent progressivement ceux des cigarettes, sachant qu’à l’heure actuelle, leur fiscalité est plus avantageuse. »

Mais le gouvernement a composé. Avec les buralistes et leur ire continuelle. Avec la Fédération des fabricants de cigares qui jugeait « incompréhensible » cette trajectoire fiscale. Ses représentants avaient « pointé le risque que les fumeurs abandonnent les cigarillos pour revenir à la cigarette » (sic). D’où cette concession du gouvernement, « de manière à permettre au secteur de s’adapter aux évolutions prévues ». Les autres types de tabac (à priser, à rouler, à mâcher) ne sont pas concernés par ce « geste ».

Président fumeur de Havane

Le Sénat ? Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé vient de s’y exprimer. C’était lors de l’ouverture des Dixièmes rencontres de l’ association bronchopneumopathie chronique obstructive .

« Nous le savons, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie chronique très invalidante, dont la fréquence augmente sur notre territoire. Aussi implique-t-elle une activité médicale importante : le nombre d’hospitalisations se situe, chaque année, entre 100 000 et 160 000 (…)

« Le premier des facteurs de risque pour la bronchopneumopathie chronique obstructive, c’est le tabac. Deux décès par insuffisances respiratoires chroniques sur trois sont attribuables à la cigarette (…) je veux faire de la lutte contre le tabac auprès des plus jeunes, ma priorité. Deux adolescents de 17 ans sur trois fument tous les jours.

 « Ce sont donc 250 000 adolescents qui rentrent dans une consommation chronique de tabac. C’est pourquoi l’un des trois objectifs du programme national de réduction de tabagisme est d’aller, d’ici 2032, vers la première génération sans tabac : c’est l’engagement du président de la République. »

Qui sera président de la République française en 2032 ? Combien de BPCO ? Et qui, alors, dégustera des Havanes ?

A demain

 

Le premier médicament «avalé-connecté» bientôt sur le marché. Applaudir ou s’inquiéter ? 

 

Bonjour

Mi-novembre 2017. Gel sur la France et réveil avec George Orwell. De ce côté-ci de l’Atlantique l’information vient d’être donnée par la BBC « FDA approves ‘trackable’ pill » et par Les Echos : « Les Etats-Unis autorisent le premier médicament connecté ». « Les médicaments seront bientôt plus intelligents que les malades » croient savoir Les Echos. Avec toutes les conséquences que l’on peut, désormais, redouter. The New York Times ne s’y est pas trompé : « First Digital Pill Approved to Worries About Biomedical ‘Big Brother’ »

Résumons. La  Food and Drug administration (FDA), l’agence américaine du médicament , vient d’approuver la mise sur le marché de la première « pilule connectée ». Il s’agit d’une spécialité à visée psychiatrique : un « antipsychotique » auquel on a associé un capteur assurant une traçabilité sans faille. capable de tracer la régularité à laquelle il est absorbé. Abilify MyCite (aripiprazole) est plus précisément un traitement destiné aux personnes souffrant de schizophrénie et de troubles bipolaires. « Il sera proposé à certains assureurs à partir de l’an prochain » annoncent Les Echos qui ne dit rien sur les intentions de notre Assurance maladie.

Rien de sorcier : le capteur, de la taille d’une puce, génère un signal électrique dès qu’il entre en contact avec les sucs gastriques – signal aussitôt détecté par un patch collé sur le corps. Un tiers peut ainsi, via un signal Bluetooth et une application smartphone, avoir accès à une série de précieuses informations (comme la date et l’heure d’ingestion du médicament). Le capteur peut aussi collecter des éléments sur le rythme de vie (heures de sommeil, niveau d’activité…). « Les patients peuvent autoriser jusqu’à cinq personnes à recevoir ces informations » nous explique-t-on. A commencer par le médecin prescripteur – sans oublier l’assureur.

Appétits des assureurs

Ce premier « médicament électronique » est le fruit d’une collaboration entre le laboratoire japonais Otsuka Pharmaceutical (producteur d’Abilify MyCite), et l’entreprise californienne Proteus Digital Health, qui a conçu le capteur. « Profitant de l’appétit des investisseurs pour le secteur de la santé, cette dernière a levé 400 millions de dollars auprès de fonds et d’autres laboratoires, dont Novartis, pour financer ses travaux sur les capteurs » précise Les Echos.

Pour l’heure la plupart des médias applaudissent : voilà le remède tant attendu pour améliorer le respect des prescriptions médicales. Et de se lamenter sur les coûts faramineux des failles dans l’observance : 9 milliards d’euros par an en France assurent Les Echos.

Le prix d’Abilify MyCite électronique qui n’a pas encore été fixé. Il dépendra de l’accueil que lui réserveront les bienveillants assureurs santé qui verront là une source d’importantes économies. Bien évidemment, en retour, ils consentiront de conséquentes réductions tarifaires aux patients-clients acceptant d’être connectés.

Outre-Atlantique certains médecins s’élèvent toutefois déjà contre l’utilisation potentiellement intrusive et coercitive de cette technologie. Et pour tenter de répondre à ces interrogations, Otsuka Pharmaceutical a embauché plusieurs spécialistes de bioéthique. Gel sur la France et réveil avec George Orwell.

A demain

Les médecins traitants vont-ils devoir demander «l’orientation sexuelle» de leurs patients ?

Bonjour

Qui trop embrasse mal étreint ? C’est une information en provenance d’outre-Manche, diffusée par la BBC (« NHS patients to be asked about sexuality »)  et les Echos (Alexandre Counis): « Les médecins anglais invités à demander l’orientation sexuelle des patients ». Le célèbre National Health Service (NHS) recommande désormais aux membres du corps médical anglais de poser la question à tous les patients âgés de plus de 16 ans, à chaque entretien en face-à-face. La mesure, bientôt obligatoire, fait partie des nouvelles lignes directrices qui viennent d’être publiées (« Implementation Guidance Fundamental Standard for Sexual Orientation Monitoring).

« Parmi ces différentes propositions, quelle est celle qui correspond le mieux à la manière dont vous vous définiriez ? », devront demander les médecins. Leurs patients devront ainsi choisir entre « hétérosexuel, homosexuel, bisexuel, autre orientation sexuelle, incertain, non établi ou inconnu ». Même Knock n’aurait pas osé.

Soins adaptés

L’objectif de cette étonnante collecte de données ? Eviter les inégalités de traitement dont sont victimes les patients homosexuels. Le NHS veut s’assurer qu’il respecte l’« Equality Act » de 2010 en adaptant ses soins aux spécificités de chaque patient, en particulier lorsqu’ils sont homosexuels.

Selon le NHS, les patients homosexuels ou bisexuels seraient davantage sujets aux risques d’automutilation ou de suicide que le reste de la population. « Collecter et analyser des données sur l’orientation sexuelle permet de mieux comprendre ces patients, de mieux leur répondre et d’améliorer leur accès aux services de santé », précisent les lignes directrices.

« La Fondation LGBT, qui a été associée au projet, ajoute que les patients homosexuels ou bisexuels seraient sept fois plus souvent exposés à la drogue que la moyenne, et deux fois plus exposés au risque de ‘’binge drinking’’, précise Les Echos. Dans un pays où l’on collecte les données raciales des gens lorsqu’ils prennent une carte de bibliothèque municipale, tout le monde semble s’accorder sur le fait que la mesure part d’un bon sentiment. »

Chambres à coucher

Pour autant «  ce qui semble bon sur le papier… devient très intrusif quand on l’applique dans la vraie vie », observe la conservatrice Nicky Morgan, ancienne secrétaire d’Etat à l’éducation. De même l’Association des médecins de famille estime « potentiellement intrusif et offensant » pour les médecins de surveiller la sexualité des gens, estimant, sur la BBC que « l’Etat n’a rien à faire dans nos chambres à coucher ».

Les patients pourront certes refuser de répondre à la question de leur médecin ou de leur infirmière. Mais le NHS recommande que leur réponse soit dans ce cas consignée sous l’intitulé « non établi » dans le nouveau système de surveillance qui devrait être mis en place, avant avril 2019, dans l’ensemble de l’Angleterre.

On attend, en France, le point de vue du Conseil national de l’Ordre des médecins et celui de Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes.

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Désert médical et capitale : quand les infirmiers remplaceront les médecins de l’AP-HP

Bonjour

25 septembre 2017. La République En Marche n’est pas entrée au Sénat et, déjà, les déserts médicaux ont atteint la capitale. Pire, ses bastions hospitaliers jusqu’ici inexpugnables seraient touchés. Un symptôme : la toute dernière commission médicale d’établissement de l’AP-HP début septembre. L’affaire vient d’être traitée par le site Medscape à la lumière des informations des Échos qui avaient « vendu la mèche ».

Que faire pour contrer des déserts menaçants de part et d’autre de la Seine parisienne ? Comment pallier les sous-effectifs médicaux quand on ne peut les augmenter ? Les solutions envisagées sont de nature à décoiffer. Il s’agit, ni plus ni moins, que de multiplier par dix, puis par vingt, le nombre de soignants impliqués dans des « pratiques avancées » : des infirmiers habilités à pratiquer certains actes médicaux. On entend, déjà, la polémique.

Oïkeiosis

On compte, actuellement à l’AP-HP, 45 soignants en « pratiques avancées ». L’objectif est désormais de faire passer au plus vite ce nombre à 500 – puis à 1000 d’ici fin 2019. Contacté par Medscape édition française, l’AP-HP a confirmé les informations des Échos – mais « sans vouloir toutefois dévoiler les contours du projet de transformation élaboré par le premier CHU de France » ; Un projet joliment baptisé Oïkeiosis 1. Un projet radicalement contesté par la CGT :

« Les Directeurs de l’AP-HP se sont autorisés à penser au cours d’un séminaire au mois de juillet. Il en résulte un plan stratégique d’ensemble visant à désintégrer encore plus l’APHP (…) Encore un pas de plus dans la mobilité débridée contrariant la vie privée des agents ! Pour les agents hospitaliers ou les AEQ, une formation sera obligatoire pour leur imposer une orientation vers un « nouveau métier » (sic) (…) OIKEIOSIS est un nom grec et un concept stoïcien d’appropriation, passant par l’acceptation de la destruction de tout ce qui contrarie une communauté. » 

Soins « low cost »

Certains parlent déjà de directions hospitalières organisant des soins « low cost ». Plus généralement les syndicats infirmiers sont plus que réservés. « Nous sommes hostiles au transfert d’actes quand il s’agit d’un simple glissement de tâches, avec une formation théorique de 25 heures sans validation », a déclaré Thierry Amouroux, président du Syndicat national des professionnels infirmiers, aux Échos. Ce syndicat dit attendre le décret sur « l’infirmier en pratique avancée », défini par la loi de santé (qui réclamerait un niveau « master »). Ce décret précisera notamment les domaines d’intervention, les actes techniques et les actes de surveillance clinique et les prescriptions de produits de santé.

« Délégation de tâches » ? Elle a, rappelle Medscape, été définie par la loi Hôpital, patients, santé, territoires (HPST) – dite Loi Bachelot, en 2009. Mais les procédures sont lourdes et la fluidification des rouages reste à faire. A la pointe du nouveau progrès la direction de l’AP-HP voudrait que les choses avancent au plus vite. Et pour susciter des vocations chez les infirmiers elle souhaiterait qu’un texte réglementaire autorise une meilleure rémunération des tâches supplémentaires.

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 1 Oïkéiosis (en grec ancien οἰκείωσις) est un concept par lequel l’être vivant s’appartiendrait. Que l’être s’appartient signifie qu’il ne passerait pas à côté de lui-même, et « saisirait son être comme le sien propre »1. On le traduit par « apparentement » ou encore « appropriation ».

Réduction de la nicotine dans les cigarettes américaines ; boulevard pour les électroniques

Bonjour

« Coup de froid sur les marchés financiers » annoncent, en tremblant, Les Echos. La Food and Drug Administration américaine vient d’annoncer ce vendredi 28 juillet 1 vouloir réduire le pourcentage de nicotine dans les cigarettes et ce jusqu’à atteindre « un niveau non-addictif » (sic).

Cette décision est justifiée par des raisons de santé publique et économiques. Selon la FDA, le tabac est responsable, chaque année, de la mort prématurée de 480.000 Américains, engendre une chute de la productivité et coûte plusieurs centaines de milliards de dollars par chaque année en soins médicaux.

Attaque nicotinique

« Réduire les niveaux de nicotine fait partie de notre plan pour lutter contre une addiction qui menace les familles américaines, vient d’expliquer Scott Gottlieb, nouveau patron de la FDA. A moins que nous ne rectifiions le tir, 5,6 millions de jeunes mourront prématurément à cause de leur consommation de tabac. » Impact immédiat sur les marchés financiers : en quelques heures le titre de Altria Group (anciennement Philip Morris) perdait 10% à Wall Street, tandis que British American Tobacco cédait près de 7%.

Réduire le pourcentage de nicotine ? « C’est la première fois que les autorités fédérales tentent d’encourager les Américains à arrêter de fumer en s’attaquant directement à la substance addictive, explique l’AFP. Jusqu’à présent, les mesures anti-tabac consistaient en des mises en garde contre les dangers du tabagisme sur les paquets de cigarettes, des taxes sur le tabac et des campagnes de dissuasion visant surtout les jeunes.» Scott Gottlieb :

 « Comme la nicotine est au cœur de tout le problème et que la solution est une question d’addiction, une partie de la stratégie de la FDA doit se concentrer sur les niveaux d’addiction de la nicotine dans les cigarettes combustibles (…) Notre approche de la nicotine doit s’accompagner d’une base sérieuse de règles et standards pour les produits nouvellement régulés. Pour y arriver avec succès, toutes les étapes doivent être franchies en concertation et non de façon unilatérale 

 « Envisager un monde où les cigarettes ne créeront ou n’entretiendront plus l’addiction – et où les adultes qui ont encore besoin ou souhaitent de la nicotine pourront l’obtenir de façon alternative et moins nocive – c’est la pierre angulaire de nos efforts. »

Décourager le public

On peut le dire plus simplement, comme le fait l’AFP : « les mesures dévoilées vendredi 28 juillet font partie d’un plan plus étendu visant à décourager le public de fumer des cigarettes conventionnelles et ce en faveur de produits contenant de la nicotine, mais moins nocifs, comme les cigarettes électroniques ». La FDA a d’autre part  décidé de faire conduire des études permettant de situer le rôle que peut jouer la cigarette électronique pour faire réduire la nocivité de l’acte de fumer. Comment ne pas saluer l’initiative ?

 « Précisons, souligne le site des buralistes français, que les États-Unis connaissent, ces dernières années, une baisse de la prévalence tabagique à un niveau sans précédent, avec seulement 15 % des adultes qui fument. Sans paquet neutre. » Agnès Buzyn lit-elle ce site ?

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1https://www.fda.gov/NewsEvents/Newsroom/PressAnnouncements/ucm568923.htm

 

Jupiter anti-tabac : depuis six mois les Français fument comme ils n’ont jamais fumé

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Ce sont des chiffres révélés par l’Agence France Presse et Le Parisien  : 22,9 milliards de cigarettes ont été livrées aux buralistes français entre le 1er janvier et le 31 juin en France. Et les douanes notent une augmentation des ventes de 5% rien que pour le mois de juin. Ce sont là les premiers résultats du bilan établi par Logista France, fournisseur de la quasi-totalité des buralistes.

Le Parisien note que ces chiffres sont révélés quelques jours seulement après l’annonce de la nouvelle ministre de la Santé Agnès Buzyn qui veut augmenter «rapidement et fortement» le prix du tabac. Mais on sait ce qu’il en est de la volonté des ministres de la Santé dont la voix est systématiquement étouffée par Bercy, Matignon, l’Elysée.

Paquet neutre sans effet

« On peut dire qu’on ne voit toujours pas l’effet du paquet neutre sur les ventes de cigarettes en France, car elles sont toujours en hausse», interprète Eric Sensi-Minautier, directeur de la communication chez British American Tobacco (BAT). On sait que le paquet neutre, sans logo ni couleur distinctive, est le seul conditionnement disponible dans l’Hexagone depuis le 1er janvier. On sait aussi que le gouvernement précédent avait officiellement fait de ce paquet la clef de voûte de sa croisade anti-tabac. On voit aujourd’hui le résultat.

Logista France n’est pas seul a observer ce phénomène de reprise de la consommation : pour le seul mois de juin, les douanes enregistrent pour leur part une hausse de 5% des ventes de cigarettes. Seule ombre au tableau buralistique : les ventes de « tabac à rouler-tuber » ont chuté de 2,11% au premier semestre (chiffres de Logista). « On peut penser que l’entrée en vigueur en janvier d’une nouvelle taxe sur le tabac à rouler, augmentant son prix de 1,50 euro a eu un effet sur les ventes », note Eric Sensi-Minautier.

Entourages élyséens

On peut aussi penser que si le gouvernement augmentait dès maintenant (massivement et durablement) le prix du tabac les ventes reculeraient d’autant. Or la ministre de la Santé vient de confirmer que le paquet à 10 euros ne verra pas le jour avant la fin du quinquennat de l’hyperprésident. On peut ainsi raisonnablement supposer que l’épidémie de novlangue a déjà atteint Bercy et Matignon – sans parler des entourages élyséens et jupitériens du président Emmanuel Macron.

Novlangue ? Edouard Philippe II a accordé un entretien aux Échos, entretien marqué par le concept de souffle fiscal, publié ce mercredi 12 juillet, et dans lequel il affirme vouloir « accélérer le rythme des baisses d’impôts » :

« On a 80 000 morts par an dus au tabac. C’est un sujet de santé publique qui ne se traite pas uniquement par l’impôt mais d’abord par la prévention. Ensuite, plus la hausse du prix du tabac est élevée, plus l’impact sur la consommation est important. Dès le budget 2018, nous aurons une hausse significative du prix du tabac ».

L’un des principes du novlangue d’Orwell-Blair est d’associer deux termes différents en un seul mot: la pensée de l’un est ainsi irrémédiablement associée à la pensée de l’autre.

A demain

Agnès Buzyn annonce que les généralistes seront équipés pour l’aide au sevrage tabagique

Bonjour

Onze milliards d’euros ! Dans un très long entretien accordé aux Echos de ce 12 juillet le Premier ministre Edouard Philippe annonce, pour l’année 2018, une baisse de la pression fiscale de l’ordre de 11 milliards d’euros ; une mesure censée provoquer « un effet de souffle fiscal » pour l’activité en France. La veille, interrogée sur France Inter, Agnès Buzyn a nié vouloir, avec le passage à 10 euros du paquet de cigarettes, mettre en œuvre une politique de « matraquage fiscal des fumeurs ». La ministre de la Santé a confirmé que rien, en matière de hausse de prix n’a été décidé – sinon que les 10 euros ne seront pas atteints avant la fin du quinquennat.

Où l’on voit une ministre brosser un tableau dramatique de la situation française et en même temps annoncer que les mesures brutales sur les prix qui devraient être prises ne le seront pas. Où l’on voit, aussi, une ministre faire, comme celle qui l’a précédée, l’impasse sur l’aide que pourrait apporter la cigarette électronique et en même temps, vanter la réussite de la politique britannique de lutte contre le tabagisme.

« Moi je revendique la santé publique. Aujourd’hui, nous avons un crash d’avion par jour, 200 morts par jour du tabac. Nous sommes le pire pays au monde pour le tabagisme des femmes de 20 à 40 ans. Et de loin ! Nous avons 80 000 morts par. Je ne vous parle même du coût pour la sécurité sociale. C’est donc pour moi uniquement un enjeu de santé publique. Or, il se trouve que toutes les études montrent qu’il faut une hausse de prix importante et brutale pour que les gens arrêtent de fumer ».

Une hausse brutale, donc ?

Non, aujourd’hui les arbitrages ne sont évidemment pas rendus. Nous allons travailler le sujet. L’idée est d’arriver à 10 euros avant la fin du quinquennat. Nous verrons sous quelles modalités. Ce qui compte c’est que les Français comprennent une bonne fois pour toute qu’il est impératif de rejoindre les autres pays de l’OCDE. Quand nous sommes à 30 % de tabac, l’Angleterre est à moins de 20 % aujourd’hui. Or nous avions le même taux de tabagisme il y a dix ans. L’Angleterre a été capable de le faire. Je pense que nous serons capables de le faire aussi.

 Allez-vous multiplier les aides 1 pour ceux qui tentent de décrocher ?

Absolument. Beaucoup d’aides ont été rendues gratuites, jusqu’à 30 ans par exemple, tous les patients qui ont une maladie chronique ont des aides gratuites … jusqu’à 150 euros de patchs remboursés… Il y a tout un tas d’accompagnements qui doivent être facilités. Nous allons également équiper les médecins généralistes pour l’aide au sevrage tabagique ».

Aucune précision n’a encore été donnée quant à la nature de cet équipement et à la date de livraison.

A demain

1 Aujourd’hui l’Assurance Maladie prend en charge, sur prescription, les traitements par substituts nicotiniques (patch, gomme, pastille, inhaleur…) à hauteur de 150 € par année civile et par bénéficiaire. Ces substituts doivent être prescrits sur une ordonnance consacrée exclusivement à ces produits ; aucun autre traitement ne doit figurer sur cette ordonnance.  « Votre pharmacien vous délivrera les substituts nicotiniques (patch, gomme, pastille, inhalateur…) qui vous ont été prescrits, précise-t-on. Vous devrez les lui régler directement, la dispense d’avance des frais (tiers payant) n’étant pas prévue dans le cadre de ce dispositif. À noter que vous n’êtes pas obligé d’acheter en une seule fois le traitement qui vous a été prescrit ; vous pouvez échelonner vos achats. »