Alcools : la mort tragique de Fanny Simon, 19 ans, pompier volontaire à Saint-Hippolyte (Doubs)

Bonjour

Dimanche 20 septembre. L’Est Républicain, (Sam Bonjean) – édition de Belfort.

« C’est une catastrophe. Les pompiers sont là pour sauver des vies et au final c’est elle qui a donné la sienne ». Serge Cagnion, le maire de Saint-Hippolyte (Doubs), quitte le site de l’accident, atterré. Il doit aller annoncer l’effroyable nouvelle au papa et aux deux sœurs de Fanny Simon. Cette jeune femme de 19 ans, pompier volontaire à la caserne locale, vient de mourir. Il était à peine plus de 13 h, ce dimanche après-midi. Elle se trouvait à l’arrière d’un fourgon, avec cinq autres soldats du feu. Les pompiers de la localité venaient d’être alertés par le Centre opérationnel d’incendie et de secours de Besançon pour un accident entre une moto et une voiture à Valoreille, au lieu-dit Maurice-Maison. 

« Les secours quittent leur caserne, se dirigent sur la D39, direction vallée du Dessoubre. L’engin n’a pas fait plus de 500 mètres après le panneau de sortie d’agglomération, qu’il entame un sévère virage à droite. Que s’est-il alors passé ?

Rendre les honneurs

« D’impressionnantes traces de freinage sur le bitume semblaient indiquer que le chauffeur, Romain Péchin, 24 ans, avait cherché à maintenir le fourgon sur la chaussée. En vain. Le camion est alors venu s’encastrer sur sa gauche, contre un muret, faisant littéralement voler des pierres à plus de cinq mètres de la zone d’impact. Fanny Simon, semble avoir été atteinte à la tête. Sa mort a été immédiate.

« Fanny Simon, qui préparait un CAP petite enfance, était employée à l’école maternelle de Saint-Hippolyte. Il y a de cela quelques jours seulement, avec Boris Loichot, le chef de centre, elle avait fait office de monitrice pour les apprentis sapeurs pompiers, âgés de 11 à 15 ans. Après les honneurs qui seront rendus à la jeune victime viendra le temps de l’enquête pour établir les circonstances de ce drame. »

Mardi 22 septembre. L’Est Républicain – édition de Belfort.

« Lors de l’effroyable accident de la route, survenu dimanche à Saint-Hippolyte, qui a coûté la vie à Fanny Simon, pompier volontaire de 19 ans, le conducteur du fourgon-pompe-tonne était en état d’ivresse. Il avait 2 g d’alcool dans le sang.  Avec cinq collègues, le jeune homme de 24 ans partait sur une intervention en direction de la vallée du Dessoubre quand le fourgon a percuté de plein fouet un muret. Fanny Simon est décédée sur le coup. Le conducteur a été lui-même sérieusement blessé et transporté tout comme un autre passager au CHU Jean-Minjoz de Besançon. Hier, à sa sortie de l’hôpital, le pompier conducteur d’engin de secours a été placé en garde à vue.

 Sœur d’armes

« Aujourd’hui, il a été déféré au parquet. « Cet homme est dans état psychologique préoccupant. Il n’a que des mots pour sa sœur d’armes qui est décédée, il assume ses responsabilités. J’ai requis un placement sous contrôle judiciaire avec une obligation de soins », indique le parquet de Montbéliard qui a ouvert une information judiciaire. Le jeune homme est actuellement dans le bureau du juge d’instruction qui devrait lui signifier sa mise en examen pour homicide et blessures involontaires.

« Concernant Fanny Simon, la cérémonie d’hommage national se déroulera le 24 septembre à 14 h 30 à l’Esplanade fêtes de Saint-Hippolyte. Un représentant du ministère de l’intérieur, le directeur général de la sécurité civile, Laurent Prévost est annoncé. »

A demain

Emotions alimentaires : une Morteau dans la stratosphère ; Rubis, l’agnelle-médicale mystère

Bonjour

Morteau n’est pas loin de la Suisse. Connue pour être la véritable patrie des plus belles saucisses. Elaborées dans des tuyés de  Franche-Comté à une altitude supérieure à 600 mètres. On peut aussi viser plus haut. C’est ce qui vient d’être tenté : « Une saucisse de Morteau envoyée dans la stratosphère à bord d’un ballon-sonde est portée disparue: un « appel à témoin » a été lancé mercredi 24 juin en Suisse, où la charcuterie est probablement retombée, a-t-on appris auprès des porteurs du projet ». C’est une information de l’AFP. Elle est développée dans  L’Est Républicain qui narre la performance des dix-huit élèves du club de sciences du collège Saint-Exupéry de Beaucourt (Territoire de Belfort). Ils sont osé : envoyer une Morteau à 30.000 m d’altitude :

« C’est un oiseau ? C’est un avion ? Non, c’est Super Saucisse ! Dans le ciel de Beaucourt, la petite nacelle s’élève rapidement tirée par un énorme ballon gonflé à l’hélium, le tout filmé par deux caméras embarquées. A son bord, la morteau cosmonaute du club de sciences du collège Saint-Exupéry partie pour un drôle de voyage, sous les vivats de tous les élèves de l’établissement venus assister à l’événement. Il est 9 h 20 ce mardi 23 juin au matin et au collège tout s’est arrêté pour venir assister à la concrétisation de ce projet un peu fou : envoyer une saucisse de Morteau dans l’espace (…)

« Morteau dans l’espace »

Mais derrière ce côté folklorique, l’aventure « Morteau dans l’espace » est tout ce qu’il y a de plus sérieux. « C’est une véritable mise en pratique du programme de physique-chimie de 4ème », précise le professeur. Les 18 élèves du club de sciences ont travaillé depuis septembre, à raison de deux heures par semaine, pour créer la nacelle, les capteurs embarqués et le système de « largage » de la morteau. « Il nous a bien fallu six mois pour trouver le bon système. On avait d’abord imaginé une catapulte, puis un autre système avec un moteur. Mais ils n’étaient pas assez fiables. Finalement, nous avons opté pour un fil chauffant activé par une minuterie qui libérera la saucisse », expliquent Thomas et Meziane (…)

Tout s’est finalement déroulé sans encombre. Et après un peu plus de trois heures de voyage – avec des pointes à plus de 210 km/h et un point culminant à près de 30.000 m –, la nacelle a finalement retrouvé la terre ferme un peu avant Zurich, conformément aux prévisions. Dans les prochains jours, les élèves vont étudier les données – température, presion atmosphérique – collectées tout au long de ce voyage de quelque 200 km. (…) ».

Désormais, du côté de Zurich, la Suisse (allemande) enquête.

On enquête aussi du côté de Jouy-en-Josas (Yvelines). Au siège de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). Moins sur une charcuterie que sur un ovin. Une agnelle génétiquement modifiée, une affaire qui tient les médias en haleine depuis plusieurs jours déjà. Comme une lointaine résonance de Dolly et d’une vache potentiellement folle passée dans les gondoles de Carrefour. Quinze ans déjà et Libé était déjà là (1).

L’Agnelle de l’Inra

Une enquête préliminaire a été ouverte a-t-on appris mercredi de source judiciaire. L’affaire est, miracle de la transparence, racontée dans le détail sur le site de l’Inra.

« Une agnelle née d’une brebis génétiquement modifiée dans le cadre d’un programme de recherche médicale a été vendue à un particulier francilien en octobre 2014. Bien que cet ovin ne présente aucun risque pour l’homme ou l’environnement, l’Institut vient d’informer le parquet de Meaux de cette infraction au code de l’environnement. Les faits avaient en effet été dissimulés par un agent de l’Institut. »

Confiance  abusée

Puis les faits ont été révélés par Le Parisien. Confiée aux gendarmes de la section de recherche de Paris, cette enquête porte sur des faits présumés de mise sur le marché sans autorisation d’un produit contenant des OGM, abus de confiance et tromperie. Tout en dénonçant un « acte inadmissible »  commis sur son site de Jouy-en-l’Inra assure que la viande de cette agnelle ne présentait « aucun risque »  pour le consommateur.

L’Institut a évoqué « une succession d’erreurs et de responsabilités dans toute la chaîne hiérarchique ». Qui paiera ? L’agnelle expérimentale se nommait Rubis. Et la direction de l’Inra se ronge les ongles.

A demain

(1) Sur la cohabitation des animaux et des hommes, un ouvrage original et éclairant vient de paraître aux éditions Le Pommier. Loin des impasses végétariennes et anthropomorphisantes c’est une formidable clef de compréhension du vivant, normal ou pathologique. C’est aussi une reprise « profondément remaniée et enrichie » de « La vengeance  de civette masquée » (2007).

« Des épidémies, des animaux et des hommes » de François Moutou, docteur vétérinaire est l’ancien directeur du laboratoire santé animale de l’Anses (Maisons-Alfort). C’est aussi un « naturaliste dans l’âme ». Ce qui tend à démontrer que les vétérinaires ont, eux aussi, une âme.

Ebola : des navigants d’Air France réclament des scaphandres. Contagions hystériques

Bonjour

L’hystérie est-elle une maladie ? Si oui est-elle contagieuse ? Dans tous les cas comment s’en débarrasser ? La question est posée par Barack Omaba dont l’administration sanitaire commence à être la cible de bien des critiques montantes (voir ici ce qu’en dit Reuters). Elle est posée de manière remarquable par l’International Herald Tribune dans ‘’Fear itself rather than risk underlies ebola alarm’’ (Andrew Higgins)  qui cite la sociologue Claudine Burton-Jeangros (Université de Genève). Elle transparait dans le dossier que vient de publier Courrier International  sur Ebola.

Navigants anonymes

On la retrouve aujourd’hui dans L’Est républicain . Le quotidien régional a donné la parole à « Anna et Paul » (les prénoms ont été changés, NDLR), deux « navigants d’Air France ».

[Air France assure un vol quasi-quotidien depuis Paris pour Conakry, en Guinée, pays où est née l’épidémie et où elle ne cesse de progresser. Cette liaison aérienne est donc « ultra-sensible », avec un personnel navigant en première ligne. « Il y a trois quarts de mes collègues qui ne veulent plus travailler sur cette ligne, il y a un vrai sentiment de panique parmi nous », témoigne Anna, hôtesse de l’air sur les longs courriers principalement à destination de l’Asie, mais qui a refusé d’embarquer pour Lagos en septembre. Le trajet se fait sur la base du « volontariat ». Appel à des « gens de réserve » et « pression de la hiérarchie » seraient de plus en plus courants. Certains syndicats préconisent d’exercer le « droit de retrait », mais seuls les pilotes sont habilités à le faire dans de telles circonstances.

 Les contrôles ? « Du pipeau !»

Anna pointe une prévention « très légère » au sein de la compagnie, qui prêterait à sourire si le sujet n’était pas si grave. « Les médecins d’Air France nous ont dit qu’Ebola, c’était juste une petite gastro, décrit celle qui est salariée depuis plus d’une quinzaine d’années. “Vous avez le droit de mettre des gants, mais ce n’est pas une obligation, et ce n’est pas très joli”, nous a déclaré aussi une supérieure ».

Un « laisser-aller » assez invraisemblable, « une hypocrisie même » que dénonce également Paul, steward sur les longs courriers joint hier après-midi. Il évoque lui aussi un tract syndical circulant il y a quelques semaines, relatant avec ironie cette légèreté du service médical et cette comparaison Ebola-gastro.

 Ce qui est préconisé en cas de suspicion d’Ebola ? « Mettre des gants et un masque, isoler le passager et condamner les toilettes pour lui ». Suffisant ? Nombreux sont ceux qui en doutent au sein du personnel navigant, où la colère monte en même temps que l’angoisse : « Dans la zone de moindre danger, ceux qui interviennent ont des scaphandres, nous, on peut seulement mettre des gants et des masques… », regrette Paul, qui souligne aussi que « les avions à l’arrivée sont nettoyés, pas désinfectés ».

Annulation des vols

 L’hôtesse comme le steward plaident aujourd’hui pour l’annulation pure et simple de ce vol commercial entre Conakry et Paris, « tant que la crise existe ». Le contrôle de températures qui démarre aujourd’hui ne trouve pas grâce à leurs yeux. « Du pipeau » pour Anna « vu la période d’incubation ». Sentiment partagé par Paul, pour qui « un passager peut se bourrer de doliprane avant de passer au contrôle… » Enfin, tous deux estiment que ce vol perdure parce qu’il répond à une logique commerciale et « non pas humanitaire », selon Paul. Un vol Paris-Conakry affiche ces jours-ci un prix AR de 620 euros, soit beaucoup plus qu’un Paris-Abidjan (538) ou Paris-Dakar (499). ]

 Reprenons :

1 « Les médecins d’Air France nous ont dit qu’Ebola, c’était juste une petite gastro » dit  Anna, l’anonyme « salariée de la compagnie depuis une quinzaine d’années ».

2 « Dans des zones de moindre danger, ceux qui interviennent ont des scaphandres. Nous, on peut seulement mettre des gants et des masques » s’insurge l’anonyme  Paul.

3 L’hôtesse Anna et le steward Paul plaident pour l’annulation pure et simple du vol Conakry-Paris. Un vol, assurent-ils, sur  lequel les « trois-quarts » du personnel d’Air France refusent de travailler, et qui fonctionne donc sur la base du volontariat.

Courages

On appréciera ici comme il se doit le courage des anonymes. Et, peut-être aussi celui des volontaires. L’Agence France Presse ajoute qu’Air France « tient à préciser que tout est mis en œuvre auprès des autorités sanitaires compétentes pour assurer la sécurité de son personnel navigant ».

Où sont les « autorités sanitaires compétentes » ? Qui sont-elles ? Pourquoi sont-elles inaudibles ? Qui peut avoir ici une parole crédible ? Comment soigne-t-on la contagion hystérique ? C’est aujourd’hui une question de santé publique.

A demain

Guerre au tabac : mouvements de cartouches à nos frontières

Hypocrisie et schizophrénie sont aux commandes. Bruxelles fait condamner Paris : le tabac est « un bien comme un autre ».

Nos députés roulent pour les cigarettiers du monde entier. Deux ministres du gouvernement français montent en ligne. Voici leurs propos.

France Inter. C’est cette station publique (aujourd’hui sous la barre des 10%) qu’il fallait écouter jeudi 5 décembre peu après l’Angélus. Au micro un ministre comme on n’en fait plus guère. Calme, pédagogue, mesuré. Diplomate en un mot. Il fait le point sur la situation ukrainienne.  Non sans finesse il fait observer qu’aux marches de l’Empire marchand on rêve d’y entrer quand certains, en son sein, veulent rétablir les frontières. Les frontières, précisément : Inter l’interroge sur cette actualité qu’est « le relèvement des quotas d’importations de tabac par les particuliers » (1).  Voici sa réponse :

« Nous avons tenté par le passé de limiter les importations de cigarettes, nous avons été condamnés au motif que c’était un bien comme un autre. Nous ne renonçons pas à traiter ce sujet sous l’angle de la santé publique. Nous continuerons à argumenter, même si, actuellement, nous devons avoir à prendre des mesures d’élargissement, que nous regrettons d’ailleurs de prendre ».

 Présumé personnel

 Il s’agissait de Thierry Repentin, ministre des Affaires européennes. C’est un ministre que  l’on aimerait entendre plus souvent parler de santé publique. Un ministre avec qui on aimerait débattre des raisons qui, au nom de la santé publique, font que certains « biens » ne sont pas, précisément, « comme les autres ». Pour l’heure ils le redeviennent. L’Agence France Presse nous informe qu’à la suite de la condamnation de la France par la Cour européenne de justice, le gouvernement avait publié une circulaire fixant à la fois de nouveaux seuils et de nouvelles instructions pour les douaniers.

Selon cette circulaire, lorsque la quantité transportée par un individu ne dépasse pas (nous soulignons)  2.000 cigarettes (soit dix cartouches), 2 kg de tabac à fumer, 1.000 cigares ou cigarillos, la détention est présumée à but personnel. Présumer est un verbe qui peut charmer. Ou tuer.

 Les mots de Mme Touraine

Yves Thréard est un homme omniprésent sur les ondes et les  radios publiques et privées. M. Thréard est par ailleurs éditorialiste au Figaro. Il n’est pas de gauche, ce qui lui confère une certaine et paradoxale surface médiatique. Chaque jour il se plait à « interpeller » ceux qui nous gouvernent; ou qui ambitionne de nous gouverner. Hier il s’en prenait à Marisol Touraine, ministre de la Santé à qui il reprochait l’hypocrisie gouvernementale en matière de lutte conter le tabac. Voici ce que fut la réponse de Mme Touraine :

« Ce qui serait très hypocrite, ce serait de rester les bras croisés et de ne rien faire. Non, je n’accepte pas que les Français meurent, et meurent de plus en plus, à cause du tabac. Oui, je regrette la décision de la Cour de justice européenne qui nous impose d’augmenter nos quotas d’importation de paquets de cigarettes pour usage personnel. Elle va à l’encontre de la santé publique. Aussi, je peux vous dire que je continuerai à me battre :

– je ferai tout pour que la directive européenne sur le tabac, en cours de révision à l’heure où je vous parle, soit la plus protectrice possible pour la santé publique ;

– j’irai au G8 santé qui se tient à Londres mercredi prochain et j’en discuterai fermement avec la Commission européenne et mes homologues européens.

Par ailleurs, la détermination du gouvernement pour lutter contre les trafics est sans faille. Enfin, parce que la lutte contre le tabagisme est une de mes priorités absolues, j’utiliserai tous les moyens possibles pour combattre ce fléau:

– les prix bien sûr : je souhaite que l’application de la hausse de la TVA au 1er janvier prochain se répercute intégralement sur les prix ;

– la prévention évidemment : j’ai fait voter le triplement de l’aide au sevrage tabagique pour les 20 à 25 ans ;
– l’information, enfin: une nouvelle campagne de sensibilisation destinée aux jeunes vient d’être lancée.

Les dégâts causés par le tabagisme, c’est la société toute entière qui doit en prendre conscience comme nous avons su le faire pour la sécurité routière. J’en appelle, de nouveau, à la mobilisation de tous ».

Le député de Mâcon a fait un rêve

Tous mobilisés ? Mme Touraine n’a pas été entendue sur les bancs de l’Assemblée où Thomas Thévenoud  député (PS) de Mâcon a été défait. M. Thévenoud n’était sans doute pas parvenu à se faire entendre des médias nationaux. Toujours est-il que la « presse régionale » (Bien PublicLe ProgrèsL’Est Républicain) avait fait état de son rêve : un amendement instituant  « une contribution exceptionnelle et limitée dans le temps » du chiffre d’affaires des fabricants de tabac. Le texte propose une contribution correspondant  à 6% du chiffre d’affaires pendant deux ans, « ce qui pourrait rapporter 150 millions d’euros annuels aux organismes de sécurité sociale ».

Rêve en fumée

L’élu socialiste réfute l’idée d’un report sur le prix du paquet de cigarettes en ce qu’il toucherait directement le consommateur. Il observe que les hausses de prix n’ont pas endigué la consommation (c’est un euphémisme chez les jeunes), qu’elles dopent le marché de la contrebande et de la contrefaçon et qu’elles exposent les buralistes à de nouvelles violences. Solution : taxer à la source les producteurs de produits mortifères.

La Commission européenne pourrait-elle s’y opposer ?  Trop tard. L’amendement de M. Thévenoud a été retoqué. Les députés ne l’ont pas suivi. Le gouvernement ne l’a pas soutenu.

 

(1) Le 14 mars dernier  la Cour européenne de justice s’est prononcé en ces termes après une plainte de la Commission européenne : « La France ne respecte pas les règles européennes en limitant strictement les achats de tabac à l’étranger et doit donc changer sa législation sous peine d’amendes (…) La France a manqué à ses obligations (…) en utilisant un critère purement quantitatif pour apprécier le caractère commercial de la détention par des particuliers de tabac manufacturé en provenance d’un autre État membre, en appliquant ce critère par véhicule individuel (et non par personne) et en l’appliquant de manière globale pour l’ensemble des produits du tabac ».