« Le Point » a déclaré la guerre à l’Association nationale de prévention de l’alcoolisme

Bonjour

C’est en dessous du véritable pamphlet. Disons un méchant poulet vinaigré. Il est signé Etienne Gernelle, directeur de l’hebdomadaire Le Point.

« Défendons le vin contre les pisse-vinaigre. Les cochons Napoléon, Boule de Neige et Brille-Babil ont fait des petits. Ces trois personnages de « La ferme des animaux » – l’hilarante et prothétique satire du totalitarisme signée George Orwell – avaient, au moment de leur prise du pouvoir, établi « sept commandements », dont le cinquième était : « Nul animal ne boira d’alcool. »

« Aujourd’hui, les nouveaux Napoléon, Boule de Neige et Brille-Babil sont réunis au sein de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa) 1, une organisation financée par des fonds publics qui sert une cause essentielle, mais déborde parfois de son cadre pour se poser en brigade de la répression du vice et de promotion de la vertu (…). »

Et Gernelle de poursuivre, défendant les viticulteurs (et non les géants alcooliers) contre ce « parti du Bien » ; contre les « croisés prohibitionnistes qui se répandent dans tous les médias pour dénoncer ce ‘’premier verre’’ [référence à une récente publication du Lancet] avatar hygiénique du « péché originel », contre les médias moutonniers ; contre les professeurs de morale (et Le Monde) qui agitent le spectre du « lobby alcoolier »…

Le gin synthétique de George Orwell

Un lobby, observe Gernelle, qui n’a pas réussi à empêcher notre pays de se doter « d’une des législations les plus répressives au monde en la matière » (sic). Certes, reconnaît-il, Emmanuel Macron « ne semble pas très sensible aux commandements hygiénistes » qui se plait à dire « qu’il boit du vin deux fois par jour ». Rappelant la fin de la fable de l’auteur de « 1984 » (dans lequel le gin joue un rôle majeur dans l’asservissement des masses) notre confrère Gernelle conclut : « Nos amis de l’Anpaa seront-ils à la hauteurs des cochons d’Orwell ? »

Non signée, la première réponse de l’Anpaa n’a pas tardé :

« Un article d’une rare élégance qui compare implicitement les défenseurs de la santé publique à des porcs tendance totalitaire… Après l’analogie avec le régime de Vichy en juillet, le #lobby alcoolier a assurément trouvé en @LePoint un bon relais ! ».

Rien de picrocholin ici. Mais bien la dernière illustration en date d’une opposition majeure, de deux mondes dont on voudrait faire croire que tout ou presque les oppose. Faut-il assimiler le fait d’écrire sur le monde du vin 2 comme une condamnable promotion de comportements conduisant à la dépendance alcoolique ? Pour autant comment ne pas réclamer de solides remparts face à la dynamique interne du marché et à la puissance de la publicité ?

C’est dire et redire, ici et face aux lobbies, le poids essentiel de l’action du législatif et de l’exécutif. De ce point de vue on ne peut que regretter les déclarations publiques du président de la République – déclarations déplacées concernant des choix et des consommations qui devraient rester cantonnés à la sphère du privé.

Nonobstant, maintenant, comment sortir des tranchées ? Quel camp agitera, le premier, un drapeau blanc ? Peut-on, en France et entre adultes, parler vrai et réduction des risques ? Répondre non serait désespérer.

A demain

1 « Pisse-vinaigre » ? L’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique et agréée d’éducation populaire, implantée sur l’ensemble du territoire national avec 22 directions régionales coordonnées par son siège national, et animée par de nombreux bénévoles et 1575 professionnels.

2 Sur ce thème, un livre-enquête original, signé d’Ixchel Delaporte, journaliste à L’Humanité : « Les raisins de la misère – une enquête sur la face cachée des châteaux bordelais » (la brune au rouergue).  »

Suicide et harcèlements au CHU de Grenoble : Agnès Buzyn s’empare, enfin, du dossier

Bonjour

Sortir du déni. Le 19 décembre, à l’Assemblée nationale, le médecin et député (LREM, Isère) Olivier Véran a posé une question à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Question délicate concernant les tensions et difficultés récurrentes qui prévalent au sein du CHU Grenoble Alpes. Réponse de la ministre :

« Il y a quelques semaines, le CHU de Grenoble a fait face à une situation dramatique : le suicide d’un praticien hospitalier. Dès que j’en ai été informée, j’ai diligenté le médiateur national, Edouard Couty, pour me faire un rapport sur la situation. Ce rapport, que je rendrai public prochainement, a  permis de mettre en lumière des situations de harcèlement au sein de cet établissement. Encore aujourd’hui, des praticiens nous ont fait remontrer des difficultés et des tensions, la pédiatrie étant la dernière en date. Je rencontrerai début janvier la directrice générale du CHU de Grenoble, le président de la commission médicale d’établissement et le doyen de la faculté de médecine.

 « Je leur demanderai de me proposer au plus tôt un plan d’actions conforme aux recommandations de M. Couty, face à la souffrance des soignants dans cet établissement. Je souhaite répéter avec force mon engagement contre toute forme de harcèlement à l’hôpital et je n’accepterai plus que des personnes, qui quittent les services où elles sont harcelées, soient obligées d’abandonner leur poste. C’est en ce sens que j’ai accepté la mutation d’une clinicienne réputée de Grenoble dans un autre établissement, avec son support de service. Ainsi, le service qui verra un professionnel partir pour de telles raison de harcèlement, ne verra pas son poste sanctuarisé dans le service concerné. »

C’est là un message clair, une prise de position forte, une attitude ministérielle qui tranche avec la position alambiquée de Marisol Touraine quand elle fut confrontée à une situation équivalente au sein de l’AP-HP. Peut-être pourra-t-on regretter une forme d’attentisme. L’association nationale Jean-Louis Mégnien à la suite des déclarations de la ministre de la santé à l’Assemblée nationale.

Sortir du déni

L’association nationale Jean-Louis Mégnien de lutte contre la maltraitance et le harcèlement au sein de l’hôpital public ne s’y est pas trompée. On sait que cette association  a alerté depuis plusieurs mois les pouvoirs publics et l’opinion sur les nombreuses situations de maltraitance et de harcèlement qui lui ont été signalées – et notamment celles touchant le centre hospitalier et universitaire de Grenoble. « Trois dossiers avaient déjà étaient transmis par l’association au médiateur national avant novembre 2017. Il a fallu qu’un neurochirurgien mette fin à ses jours sur son lieu de travail pour qu’une enquête sur cet établissement soit diligentée par le ministère des solidarités et de la santé » soulignent les membres du bureau de cette association.

Observant qu’Agnès Buzyn confirme la gravité des faits de maltraitance et de harcèlement survenus au CHU de Grenoble elle ajoute constater « que la ministre sort du déni manifesté habituellement par les autorités sanitaires et les pouvoirs publics devant de tels faits ». « La ministre a le courage d’appeler ces faits par leur nom, de les dénoncer avec détermination et d’envisager des mesures énergiques pour y faire face » note-t-elle encore.

L’association demande non seulement que ceux qui ont commis de tels agissements soient sanctionnés, mais que le soient également « ceux dont c’était le devoir de les empêcher ».  Elle souhaite encore que les signalements dont elle a connaissance (voir sa « carte des signalements ») fassent l’objet d’une même attention et que des enquêtes indépendantes soient menées avant que ces situations se dégradent.

« Sortie du déni, libération de la parole, enquêtes, sanctions et médiation pour trouver des solutions dignes à ces drames humains doivent s’imposer dans les meilleurs délais, conclut-elle. Nous félicitons Mme Agnès Buzyn de s’être engagée dans cette voie et continuerons d’agir dans ce même sens. »

Psychopathologique et économie

Ce dossier sera loin d’être simple, notamment pour la ministre, tant le psychopathologique peut être intimement lié à l’économique. Ainsi cette lettre qui vient d’être publiée dans  « L’Humanité »  dans laquelle deux pédiatres du service endocrinologie-diabétologie pédiatriques du CHU de Grenoble, en arrêt maladie pour « épuisement professionnel » et « harcèlement économique » rappellent la pression qui pèse sur les épaules des professionnels de santé.  Ces deux médecins évoquent la politique de leur direction, qui serait à leurs yeux bien trop axée sur la rentabilité et la valorisation financière de l’activité médicale, au détriment de la qualité des soins apportés aux patients diabétiques dans leur service.

On attend, désormais, la publication du rapport sur le CHU de Grenoble demandé par la ministre au médiateur national. Le rapport et les mesures qui suivront.

A demain

 

Le lobby alcoolier vient-il aujourd’hui d’entrer en majesté dans le Palais de l’Elysée ?

Bonjour

Est-ce une simple conseillère affûtée ou le lobby alcoolier qui fait une entrée en majesté à l’Elysée ? Sommes-nous confronté à un conflit majeur d’intérêts face auquel la ministre de la Santé (et des Solidarités) apparaît comme désarmée ? Toujours est-il qu’Audrey Bourolleau, 37 ans, a été nommée, lundi 22 mai, « conseillère agriculture, pêche, forêt et développement rural » auprès du président de la République. Mme Bourolleau était il y a peu encore déléguée générale de « Vin et société ». C’est là un organisme particulièrement actif chargé de défendre les intérêts de la filière viticole française et dont nous avons été souvent amené à parler sur ce blog. Le Monde fait observer que cette nomination a été saluée par un communiqué de « Vin et société » :

« Audrey Bourolleau avait rejoint Vin & Société en tant que Déléguée Générale en novembre  2012. Sa mission était de mettre en  œuvre les actions sociétales et politiques de la filière  viticole. Audrey Bourolleau a  conçu et  mis en œuvre le volet consommation responsable, éducation et œnotourisme de Vin & Société. Elle a en particulier lancé le portail de la prévention en ligne, piloté la 1ère campagne d’information sur les repères de consommation en décembre 2015 (…) Audrey s’était mise en disponibilité le temps de la campagne présidentielle  durant laquelle  elle était référente agricole pour le mouvement En Marche !.  Elle a choisi de quitter ses fonctions le 2 mai dernier. »

Heineken

Diplômée de l’ESC de La Rochelle, Mme Bourolleau ne s’est pas passionnée que pour le vin. Le Monde rapporte qu’elle a (jusqu’ici) fait l’essentiel de sa carrière dans le monde du vin et de la bière 1. D’abord chez Baron Philippe de Rothschild France Distribution, puis chez Heineken, avant de prendre la direction de l’Union des Côtes de Bordeaux.

« L’un de ses principaux faits d’arme a été d’obtenir, lors de l’examen de la loi santé en 2015, le détricotage de la loi Evin qui encadre la publicité sur les boissons alcoolisées en France depuis 1991, ajoute le quotidien vespéral. Les parlementaires avaient fortement assoupli les conditions dans lesquelles il était possible de faire la promotion du vin en dépit de l’opposition de la ministre de la santé Marisol Touraine. Une mesure qui avait reçu la bénédiction du chef de l’Etat François Hollande et de son ministre de l’économie, Emmanuel Macron.» 

On se souvient peut-être des critiques d’une particulière virulence exprimées (dans L’Humanité) par l’actuelle ministre de la Santé, Agnès Buzyn – alors présidente de l’Institut national du cancer. Une vive polémique avait aussi opposé la Haute Autorité de Santé (qu’allait présider Mme Buzyn) à l’association « Vin et Société ».

Grain de raison

Audrey Bourolleau avait par ailleurs magistralement piloté une campagne de communication fin 2015 qui avait elle aussi suscité de très vives polémiques. Sous le slogan « Aimer le vin, c’est aussi avoir un grain de raison », cette opération se proposait de donner aux Français les « repères de consommation » de vin, baptisés « 2.3.4.0 ». Soit deux verres maximum par jour pour une femme, trois verres pour un homme, quatre en une seule occasion et 0 un jour par semaine. Des repères aujourd’hui revus à la baisse par les autorités sanitaires sur lesquelles la ministre de la Santé a la tutelle. Puis, l’été dernier, l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie avait accusé « Vin et société » de mensonges.

Est-ce une simple conseillère dynamique, compétente et affûtée ou le lobby alcoolier qui fait une entrée en majesté à l’Elysée ?

A demain

1 Même s’il existe certaines alliances entre les deux, il conviendrait de ne pas confondre systématiquement  lobby viticole et lobby alcoolier

 

Quand Agnès Buzin disait la vérité vraie dans L’Humanité (lobbies, alcools et publicité)

 

Bonjour

Toujours relire ses classiques. Le 1er décembre 2015 Agnès Buzyn, future ministre de la Santé (et des Solidarités) accordait un long entretien à L’Humanité (Alexandre Fache). La présidente de l’Institut National du Cancer s’insurgeait alors contre le « détricotage de la loi Evin » : l’élargissement de la publicité pour l’alcool que les députés (majorité socialiste) venaient (officiellement contre l’avis du gouvernement) d’intégrer à la « loi de santé » alors portée par la socialiste Marisol Touraine.

Il faut relire aujourd’hui ce que la future ministre (sociale-démocrate) déclarait au quotidien (communiste). Une lecture d’autant plus nécessaire que le nouveau président de la République n’a nullement caché, durant la campagne, son intérêt marque pour les vins français de grande qualité :  « Alcool et santé publique : Emmanuel Macron a sacrifié au rite bachique et républicain ». Agnès Buzin, réagissant à « l’assouplissement de la loi Evin » :

« C’est un échec grave pour la santé publique et une victoire des lobbies. Clairement, les industriels ont gagné cette bataille sur le front parlementaire, mais cela ne doit pas faire oublier combien l’alcool, consommé avec excès, peut être dangereux pour la santé. D’autant que la publicité dans ce domaine est redoutablement efficace : plus de pub, c’est une consommation qui va s’accroître, avec les conséquences que l’on sait. Or, la consommation moyenne des plus de 18 ans est déjà très haute en France, de l’ordre de trois verres d’alcool par jour.

Résister « en terrasse »

Nous étions alors peu après les attentats de Paris du 13 novembre.  « Après les attentats, de nombreuses voix ont appelé à résister ‘’en terrasse’’, un verre à la main, observe L’Humanité. Est-ce plus difficile, dans ce contexte, de faire passer un message de prévention sur l’alcool ? »

« Non, parce que nous ne prônons pas l’abstinence, mais la raison. On n’a jamais dit qu’il ne fallait plus boire d’alcool en France. Quand, après les attentats, s’est fait sentir un besoin de réaffirmer notre culture, on ne s’est pas opposé à ce message. Ce que nous tentons de combattre, c’est l’excès d’alcool, ou la consommation quotidienne d’alcool, qui concernent beaucoup de Français et augmentent significativement les risques pour la santé. »

L’Humanité lui demande encore en quoi, précisément, le détricotage publicitaire de la loi Evin pose un problème de santé publique.

« La publicité est déjà très largement ouverte aux alcooliers et les limitations actuelles imposées par la loi Evin sont extrêmement réduites. Cet assouplissement fait tomber les dernières barrières et permettra demain le sponsoring d’émissions de télé par exemple. Or, encore une fois, des études ont montré que chaque euro dépensé en publicité par les alcooliers – et ils en dépensent déjà 460 millions d’euros par an ! – augmente automatiquement la consommation d’alcool : +1% des pubs sur l’alcool, c’est +0,15% de la consommation. C’est d’ailleurs l’objectif de ces publicité s: créer un besoin, qui va accroître la consommation. »

Tourisme et grands alcooliers

Défendre les terroirs viticoles, les vins qui en sont issus et les vignerons qui les élaborent ?

« Franchement, il suffit d’ouvrir n’importe quel hebdomadaire ou supplément dédié à l’alcool, aux terroirs, au tourisme œnologique, pour s’apercevoir que la communication sur ces sujets n’est absolument pas bridée 1 Du moment qu’elles ne font pas l’apologie de la consommation mais qu’elles parlent du goût, de l’odeur, des savoir-faire, ces publicités sont déjà admises. Non, vraiment, on ne peut pas dire que les viticulteurs français soient en peine de communiquer sur leur métier et leurs produits.

« D’ailleurs, cet assouplissement de la loi Evin ne leur profitera pas à eux en premier, mais sans doute plus aux grands alcooliers internationaux, qui ont des moyens bien supérieurs pour investir dans la publicité. C’est donc la consommation de tous les alcools qui augmenterait avec cet assouplissement. On nous parle de relancer l’économie. Mais 500.000 morts en douze ans, plus les malades, les prises en charge, les médicaments, cela ne va pas faire faire des économies à la Sécurité sociale, ça c’est sûr ! »

Agnès Buzyn est aujourd’hui ministre des Solidarités et de la Santé. A ce titre elle a le pouvoir et le devoir d’agir sur la publicité et les comptes de la Sécurité sociale. Va-t-elle décider de retricoter la loi Evin ? L’Humanité lui demandait, le 1er décembre 2015 si l’activisme des lobbies (qui trouvent des oreilles très attentives au Parlement ou à Bercy) était selon elle une fatalité.

« Si je pensais qu’il s’agissait d’une fatalité, j’aurais arrêté de me battre. Mais ce n’est pas le cas. »

Dont acte. Sera-t-elle la ministre de la réduction des risques ?

A demain

1 Dans son édition datée du 23 mai Le Monde publie, dans un « supplément vins », un entretien avec « l’écrivain-dandy » Frédéric Beigbeder. On l’interroge notamment sur ses flacons. Il répond : « Beaucoup de mes vins datent de 1999, l’année de naissance de ma fille. Pour l’instant, elle préfère le mojito. J’ai commencé comme ça aussi. Avec des cocktails. J’ai bu des trucs dégoûtants : du Malibu-ananas, de la vodka-orange, du whisky-Coca… De fil en aiguille, je suis allé vers le vin, mais je ne peux pas dire quel a été le -déclic. Le vin n’existe pas dans les boîtes de nuit ! Tu ne peux pas commander un Pontet-Canet au Montana. »

On l’interroge aussi sur le genre du vin : « J’ai remarqué que les femmes que j’ai connues aiment bien le champagne, alors que j’aime les alcools forts. Mais, avec ma femme, Lara, c’est agréable, on boit en couple – rires – Elle aime le vin. C’est elle qui décide. Au début, elle préférait le blanc de Bourgogne et elle vient progressivement au rouge. »

Boit-il chaque jour ? « Oui, je crois : que ce soit au restaurant ou chez moi, j’ouvre une bouteille. Comme dans tous mes livres, où je parle de vin. Je n’aime pas le baratin autour, mais c’est le mode de vie autour du vin que j’aime. C’est un carburant à conversation. Après, pour séduire, il vaut mieux des alcools blancs que du vin rouge. C’est pour cela que toutes les femmes russes sont si belles. »

 

 

Euro 2016 du pantouflage : José Manuel Baroso (Portugal) rencontre Claude Evin (France)

Bonjour

Aux frontières de l’indécence. Il y avait eu, le matin, ce mot prophétique d’une volaillère sous les Halles de Tours : « J’ai peur: ce soir la France pourrait bien être en deuil ». Comment mieux dire un pays dont les mots perdent leur sens ?  La France en deuil ? En demi-deuil ?Et ce matin, unanime, la presse pleure la défaite des Bleus. Jusqu’à l’Humanité, le vieux journal communiste qui se pique d’un bien triste « Merci pour ce moment ».

Le football, on le sait, peut être un reflet tragique de la vie des hommes. Un poteau rentrant vous sauve un peuple, fait oublier le pain qui manque, vous offre  des fragrances de brioches…

Mais tournons la page. Car cet Euro 2016 (qui a vu la fin des séries nous dit Slate.fr) en cache un autre, celui du pantouflage. En finale José Manuel Barroso (Portugal) contre Claude Evin (France). Fifrelins en cascades. Score sans appel.

Du premier la France ne sait rien ou presque. Des images glacées sur fond de Commission, plus imperméable encore que Ronaldo. Samedi 9 juillet les oreilles lui ont amplement sifflé.  « Sans honte », « indécent », un « bras d’honneur » : on venait d’apprendre que l’ex-président de la Commission européenne, José Manuel Barroso allait rejoindre la banque d’affaires américaine Goldman Sachs.

Goldman Sachs

La France, celle des aubes de gares, celle du Diplo et des comptes en banque se souvient de cet établissement à la réputation sulfureuse. Goldman Sachs, la crise des subprimes en 2008 ; Goldman Sachs qui au début des années 2000, s’était engraissée en aidant la Grèce à masquer ses déficits pour rester dans l’euro.

Premier ministre du Portugal de 2002 à 2004, José Manuel Barroso a aujourd’hui 60 ans. Il a occupé la présidence de la Commission européenne de 2004 à 2014, période durant laquelle l’Europe, secouée par la crise financière de 2008, a été perçue comme libérale et sans grand dessein. La banque Goldman Sachs a annoncé l’avoir engagé pour la conseiller au moment de la sortie du Royaume-Uni de l’UE devrait avoir des impacts sur le monde financier.

En France plusieurs voix de gauche, jusqu’au sein du gouvernement, ont protesté contre cette embauche. Il reste, dans l’Hexagone, quelques belles âmes. Le secrétaire d’Etat français au commerce extérieur, le socialiste Matthias Fekl, a qualifié, dans un tweet, le joueur portugais de « représentant indécent d’une vieille Europe que notre génération va changer ». A l’unisson, la présidente du Front national, Marine Le Pen, a expliqué, sur Twitter, que la nouvelle n’avait « rien d’étonnant pour ceux qui savent que l’UE ne sert pas les peuples mais la grande finance ».

DLA Pipers

Les eurodéputés PS français ont eux jugé « scandaleux » ce « nouveau pantouflage, qui ressemble fort à un conflit d’intérêt ». « De quoi Barroso est-il le nom ? » demandent-ils. C’est une bonne question. Les responsables socialistes l’ont-ils posé pour Claude Evin ?

Qui ne se souvient de Claude Evin, 67 ans, ancien élève de l’Institution Saint-Joseph d’Ancenis, diplômé de l’École d’éducateurs spécialisés d’Angers, député qui occupa de multiples fonctions au sein du parti socialiste, du gouvernement de Michel Rocard puis du monde hospitalier. On garde de lui le souvenir d’un homme parfois sympathique, souvent compliqué, bien entouré et qui eut la volonté politique de lancer les premières actions de lutte contre le tabagisme et la publicité pour l’alcool. La France se souvient de la « Loi Évin ». Elle sait moins que l’homme est depuis peu avocat (d’affaires) au sein du prestigieux cabinet (américain) DLA Piper . On le retrouve ainsi présenté aux clients, innombrables de l’entreprise. Superbe carnet d’adresse.

On retrouvera l’ancien ministre le jeudi 13 octobre au 27ème rendez-vous de Reavie, le rendez-vous international des assureurs vie et de personnes (Hôtel Majestic, Cannes). Il interviendra sur le thème : « les enjeux du système de santé ; des opportunités pour les assureurs complémentaires ».

Confessionnal

Pourquoi en arriver là ? Michel Frieh, Managing Partner de DLA Piper en France : « Nous sommes honorés de l’arrivée de Claude Evin au sein du cabinet. Sa longue carrière publique nous apporte une expertise inédite pour soutenir idéalement le développement stratégique de notre pratique sciences de la vie et santé en France et en Afrique ».

Michèle Anahory, responsable du secteur Sciences de la vie et Santé de DLA Piper à Paris : « Nous nous réjouissons d’accueillir Claude Evin chez DLA Piper. Claude Evin est un grand personnage public, dont les réalisations majeures dans le domaine de la santé en tant qu’homme politique n’ont d’égales que l’admiration de ses pairs et clients ».

Pourquoi en arriver là ? « Après avoir passé plus de trente ans dans la politique et le service public, c’est un défi intéressant et stimulant qui me permet d’utiliser mes compétences dans une institution financière mondiale », a expliqué José Manuel Barroso à l’hebdomadaire portugais Expresso. Si l’on reste dans la vie politique, on est critiqué pour vivre aux crochets de l’Etat, si l’on va dans le privé, on est critiqué pour tirer profit de l’expérience acquise dans la politique. »

En arriver là ? José Manuel Barroso n’a enfreint aucune règle, puisque au-delà de 18 mois après la fin de leur mandat, rien n’oblige les anciens membres de la Commission à rendre des comptes. Rien n’oblige Claude Evin à se confesser. Personne ne peut, non plus, le contraindre à se justifier. On pourrait, presque, le regretter.

A demain

« Blagounettes » de François Hollande. Incitation à l’ivresse politique, par Gérard Depardieu

Bonjour

Hier le président de la République était sur Canal +. Ce matin les éditorialistes étrillent sa prestation. Au même instant le monstre Depardieu était à Saumur pour recevoir un prix. Flanqué de l’aigle bicéphale de Russie il a, enfin, dit à quel parti politique il appartenait.

Porte-manteau

Pour l’heure cela s’appelle de l’infotainment. Soit une monstruosité qui peut être définie ainsi :

’Infotainment is a neologistic portmanteau of information and entertainment, referring to a type of media which provides a combination of information and entertainment.[1] The term can also refer to the hardware/software products and systems which are built into, or can be added to vehicles in order to enhance driver and/or passenger experience. According to many dictionaries  infotainment is always television, and the term is « mainly disapproving. » However, many self-described infotainment websites exist, which provide a variety of functions and services, many of which include the several increasingly popular social media websites and applications being used daily by billions of users worldwide

Infotainment ? Une nouvelle attaque contre ce que l’on appelle le journalisme. Voici (avec l’aide de l’Agence France Presse) comment les éditorialistes ont apprécié la prestation télévisée du président de la République française :

Gaspillage

François Hollande a «gaspillé» la parole présidentielle dimanche midi sur Canal+ dans une émission de divertissement relevant de la «société du spectacle» et se résumant à des «blagounettes» et une «chansonnette».

«Le bilan de François Hollande ? Deux heures d’infotainment» devant un public «jeune, bobo, geek», alors que les Français «attendaient des réponses sur l’emploi, sur la croissance», s’indigne Rémi Godeau (L’Opinion). «Même recyclage en pseudo-annonces de mesures anciennes…Mêmes promesses floues ou vaines…Mêmes formules creuses et tics verbaux», énumère-t-il.

Guimauve

Pour Patrick Apel-Muller (L’Humanité), l’exercice présidentiel fut «accablant» de «vacuité» comme «un dépliant publicitaire ou une mauvaise émission de variété». «L’opération L’Élysée drague les jeunes, hier, sur Canal +, s’est résumée à des blagounettes, une chansonnette, un clip du Sirpa (le service com des armées), une interview guimauve et à un exercice laborieux du président face à des lycéens». Une hargne qui peut se comprendre et qui laissera des traces (1).

«Sur le seul sujet où les Français l’attendent vraiment, et qui pourrait lui assurer une réélection, la croissance et l’emploi, il a beau répéter qu’il ne lâchera rien, il donne l’impression d’attendre», renchérit Michel Urvoy (Ouest-France).

Brunch cathodique

«Mais que diable est-il donc allé faire dans ce théâtre cathodique, à l’heure du brunch dominical, sur une chaîne pour jeunes bobos branchés ?», s’énerve Florence Chédotal (La Montagne), dénonçant une parole présidentielle «gaspillée» et décrédibilisée.

Selon Pascal Coquis (Les Dernières Nouvelles d’Alsace), avec «ces deux heures de complaisant direct dans une émission branchée», Hollande nage en pleine «société du spectacle». Il sert à l’envi un discours «recyclable» visant à «simplifier et simplifier encore, sans prendre le risque de se voir contredit». «Sans prendre de risque tout court d’ailleurs», ajoute-t-il.

Sans voix

Lors de sa prestation» maîtrisée «mais largement anecdotique» (Dominique Garraud, La Charente Libre), François Hollande s’est aussi agacé, souligne Cécile Cornudet (Les Echos).«Le moment est fugace, mais le sujet essentiel.Un reportage vient de s’achever qui fait parler des électeurs PS passés au FN», raconte-t-elle. Or «leurs propos sont terribles». Mais, analyse l’éditorialiste du journal économique, «confronté à ceux qu’il a déçus, François Hollande reste sans voix».

Si le chef de l’Etat ne cesse de manier «l’art de l’esquive», rappelle Olivier Pirot (La Nouvelle République du Centre Ouest), « le mystère s’épaissit »  sur ses objectifs et ses méthodes. Et « les électeurs qui ont souhaité porter à l’Élysée un président normal font surtout face désormais à un inconnu ».

Remise des prix

La Nouvelle République du Centre Ouest, précisément. Elle était au même instant à Saumur (Maine-et-Loire) pour les Journées nationale du livre et du vin. Le journaliste Julien Coquet nous raconte le moment essentiel de cette manifestation millésimée 2015. Extraits :

« Les noms du palmarès s’égrenaient presque religieusement. Patrick Poivre d’Arvor était là, au milieu des Guillaume Musso, Yann Queféllec ou Dominique Besnehard. Du beau monde de la littérature, réuni sur l’esplanade du théâtre de Saumur, hier, pour la remise des prix des 20emes Journées du livre et du vin.

Un début de dimanche après-midi paisible. C’était sans compter sur l’arrivée de Gérard Depardieu, le trublion du cinéma français qui, en une poignée de secondes, leur a volé la vedette avec fracas.

Prix Jean-Carmet

Venu spécialement de Belgique, c’est barbe généreuse, lunettes de soleil et doudoune sans manche frappée de l’aigle bicéphale de Russie, que le Castelroussin s’est avancé vers le public. Lauréat du prix Hervé-Bazin, remis hier pour son autobiographie ‘’Ça s’est fait comme ça’’, Depardieu a ensuite remis le prix Jean-Carmet, du nom de son ami en l’hommage duquel le salon saumurois a été crée. Un ambassadeur emblématique des vins de Bourgueil dont il dit à l’envi qu’il « m’a appris le cinéma et le vin ».

Devant les Saumurois, qui l’ont accueilli chaleureusement, Gérard Depardieu a dépassé sa fatigue apparente pour un show de quelques minutes. Et leur dire « je vous aime, j’aime la Loire ».

Celui qui aurait aimé être Balzac

A ses côtés, chargé de lui remettre la récompense, Gonzague Saint Bris – « celui qui aurait aimé être Balzac »comme l’a présenté Depardieu – a pris le micro pour un hommage appuyé. « A chaque page de ce livre, on se dit que Gérard mérite cette devise d’Honoré de Balzac que toute sa vie incarne : «  J’appartiens à ce parti d’opposition qui s’appelle la vie  ».» 

Comme une invitation saisie au vol par le comédien. En vigneron voisin (il possède le le château de Tigné), Gérard Depardieu s’est illustré d’un « buvez et bourrez vous la gueule, c’est mieux que ceux qui nous gouvernent ! » (…) Visiblement agacé par les photographes, Gérard Depardieu s’en est allé, sa silhouette imposante disparaissant dans les coursives de la vieille ville. Au grand dam des visiteurs qui en auraient bien profité encore un peu. »

Saumur, ce jour là, ne captait plus Canal +.

A demain

(1) Plusieurs responsables du PCF se sont indignés, dimanche 19 avril, de l’une des « blagounettes » du président de la République française: la comparaison faite par François Hollande entre Marine Le Pen et un « tract » communiste des années 70. « Madame Le Pen parle comme un tract du Parti communiste des années 1970 (…) sauf que le Parti communiste, il ne demandait pas qu’on chasse les étrangers, qu’on fasse la chasse aux pauvres », a déclaré le chef de l’État sur Canal +

Le numéro un communiste Pierre Laurent a, lundi 20 avril, demandé  « des excuses publiques » à François Hollande. « Je suis scandalisé » par cette phrase qui est « lamentable », a déclaré sur France 2 le secrétaire national du PCF. « C’est la seule chose que le président de la République a trouvé à répondre à des électeurs qui lui disaient leur désarroi dans un reportage qui dénonçait ses trahisons par rapport à ses promesses de 2012! », a déploré Pierre Laurent.

Un jour de moins en maternité ce serait près de 80 millions d’€ économisés. Et après ?

Bonjour

Papier éclairant dans Le Monde daté de demain, 13 septembre 2014. Papier comme mis en abyme où un média raconte comment le cabinet d’un ministre du gouvernement Valls II  demande aux médias de bien comprendre qu’un autre ministre du même gouvernement n’a pas dit ce que tout le monde a compris qu’il avait dit. Avant que le Palais de l’Elysée dise aux médias ce qu’il faut comprendre de tout cela.

Rien de nouveau sous le soleil de la Vème, dira-t-on. Certes. A ceci près qu’hier encore ces manipulations n’étaient pas imprimées sur du papier journal.

Miel

Admis dans les alcôves du pouvoir les journalistes faisaient leur miel de ce qu’ils pouvaient y voir. Au mieux un livre pour plus tard. De quoi nourrir les soupers en ville, alimenter les bières entre confrères. Désormais ce sont les locataires répudiées des alcôves républicaines qui, en librairie,  dévoilent ce qui vient de s’y passer. On peut comprendre l’émoi des médias.

Acte I.  Michel Sapin, ministre des Finances, mercredi 10 septembre. Il fait le constat d’une dégradation des déficits publics en 2014 et ne prévoit rien de rose pour 2015. Volte-face : le ministre assure, contrairement à ce qu’il avait déclaré une semaine plus tôt, que les 21 milliards d’euros d’économies annoncés pour 2015 seraient bien réalisés. Traduire : « les 2 milliards d’euros d’économies qui ne seront pas réalisés à cause de la faiblesse de l’inflation seront donc compensés ».

« Au total, les dépenses de l’Etat et de ses opérateurs diminueront de plus de 1 milliard quand, naturellement, elles auraient progressé de 6 milliards, a indiqué M. Sapin. La baisse des dotations aux collectivités sera confirmée à hauteur de 3,7 milliards. S’agissant de la Sécurité sociale, plusieurs milliards d’économies ont déjà été votés ou négociés. S’y ajouteront le ralentissement des dépenses de santé et les autres mesures complémentaires qui seront détaillées dans les textes financiers présentés dans les prochaines semaines. »

Acte II.  Emotion chez Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé : deux milliards d’économies nouvelles à trouver. « Dès mercredi soir, le cabinet de Marisol Touraine, la ministre des affaires sociales, faisait le tour des rédactions pour les prévenir d’une interprétation hâtive, raconte Le Monde (Jean-Baptiste Chastand, Laetitia Clavreul et Patrick Roger). Et que dit-on aux « rédactions » ? « C’est ce que dit Sapin mais il va encore y avoir des discussions. Le budget de la Sécurité sociale a déjà beaucoup été mis à contribution, il ne peut pas supporter tous les efforts ».

Acte III. Le ministre des Finances a entendu ce que le cabinet de sa collègue de la Santé a glissé aux rédaction. Il récidive le lendemain matin sur France Info. Il redit qu’il n’y aurait pas d’économies supplémentaires sur les budgets de l’Etat et des collectivités territoriales. Et Bercy confirme : « En réalité, ce sera 7,3 milliards pour l’Etat, 3,7 milliards pour les collectivités et 10 milliards pour la Sécurité sociale, ce qui est parfaitement homothétique avec leur poids dans les dépenses publiques ». Homothétique est pathognomonique de Bercy. Et Bercy est rarement bénin.

Acte IV. Le cabinet de Mme Touraine ne goûte guère. « Depuis deux ans, des économies ont déjà été réalisées et d’autres ont été annoncées au printemps, qui seront tenues » plaide-t-on auprès des journalistes (entendre l’opinion publique). Et de rappeler le plan de 10 milliards d’économies sur la santé d’ici à 2017, détaillé (plus ou moins bien) par la ministre en avril. Et le cabinet d’insister : aller plus loin ferait courir le risque de « porter atteinte au modèle social français ».

Acte V. Palais de l’Elysée. « C’est un problème d’affichage, Bercy et le ministère de la santé sont chacun dans leur rôle, explique un conseiller au Monde. Touraine veut préserver la santé, même si c’est excessif de dire que ça mettrait en péril les assurés. Bercy cherche toujours des économies sur la santé, parce qu’il y a un peu plus de marge que sur les retraites ou les allocations familiales. C’est facile car ce n’est pas eux qui gèrent mais Touraine a raison : on ne peut pas faire 2 milliards d’économies que sur l’assurance-maladie. »

Rogner

Sur quoi peut-on rogner ? Concrètement, selon Le Monde, réduire le temps passé à la maternité après un accouchement permettrait d’économiser 405 millions d’euros en cinq ans. Entendre : si les femmes  » sans risque particulier  » ne restaient que 3 jours  (au lieu de 4,2 en moyenne), et 5 jours au lieu de 6 après une césarienne sans complications, sous réserve d’une «  continuité du suivi » par les sages-femmes lors du retour à domicile.

Selon Les Echos du 8 septembre, la durée maximale du congé parental pour un deuxième enfant, (actuellement de trois ans) pourrait être réduite à un an. La prime de naissance de 923 euros versée par les caisses d’allocations familiales pourrait aussi être diminuée à partir du deuxième enfant. Cela permettrait de dégager des centaines de millions d’euros, selon le quotidien économique.

Les arbitrages ne sont pas encore faits, assure-t-on au sein de l’exécutif. Une politique de bouts de chandelle ?  Une politique qui, ce week-end, sera dénoncée à la Fête de l’Humanité.

A demain