«PMA pour toutes» : elle déclenche une vive polémique au sein de La République en marche

Bonjour

C’était écrit. Voulu par le député-médecin Jean-Louis Touraine, socialiste devenu macronien, le rapport parlementaire sur la bioéthique commence à faire des vagues politiques. Ce document annonce, à sa façon, la possible fin de la « bioéthique à la française ». Il recommande notamment (promesse du candidat Emmanuel Macron) « l’extension à toutes les femmes des techniques de PMA ». Au nom de l’égalité des droits, la mission d’information parlementaire souhaite notamment que toutes les femmes bénéficient des mêmes modalités de remboursement par la Sécurité sociale.

Et son rapporteur, Jean-Louis Touraine, va plus loin. Il préconise plusieurs changements qui, s’ils étaient adoptés, auraient des conséquences pour l’ensemble des couples ayant recours à la PMA. Sur la question de l’accès aux origines, M. Touraine se dit par exemple favorable à ce que les enfants nés d’un don puissent, à leur majorité, accéder à des informations non-identifiantes (caractéristiques médicales) ainsi qu’à l’identité de leur géniteur.

Au lendemain de la publication de ce rapport la députée Agnès Thill (LRM, Oise) annonce publiquement son opposition. Ce qui provoque de violentes au sein du groupe de la majorité présidentielle – un groupe qui prend habituellement soin de ne pas montrer les divisions qui peuvent exister en son sein. On précisera que Mme Thill était membre de la mission d’information sur la révision des lois de bioéthique.

« Débat apaisé » et « écoles coraniques »

Dans une longue lettre adressée jeudi 17 janvier à ses collègues du groupe majoritaire, Mme Thill pilonne le rapport de son collègue Touraine.  Elle estime notamment qu’accepter dans la future révision de la loi le « parent d’intention » (le parent n’ayant pas de lien biologique avec l’enfant) « permet la multiplication des parents », et que le mot « parent » « n’a alors plus aucun sens ». « Il en découle politiquement, que cette absence de sens de genre dans le mot “parent” favorise l’éclosion d’écoles coraniques et le départ de nos élèves vers celles-ci », écrit la députée Thill, 54 ans, qui a grandi dans une « famille ouvrière chrétienne » en Seine-Saint-Denis et qui, après avoir été longtemps institutrice dans l’Oise a dirigé une ‘école primaire à Paris.

« Nos amis musulmans, que nous savons opposés à cet éloignement progressif des concepts de père-mère, homme-femme (…) ne vont point dans la rue, ni dans les urnes, pour exprimer leur conception, écrit-elle. Mais ils vivent en créant un monde parallèle dans la République, où les choses sont comme ils veulent (…). Il n’y a pas chez nos amis musulmans de parent 1 et de parent 2 ». Et Mme Thill cite dans sa lettre, parmi les experts qui se sont prononcés sur l’extension de la PMA, des « juristes », des « scientifiques », des « associations » mais aussi des « francs-maçons ».

Réplique immédiate de certains de ses collègues du groupe majoritaire qui estiment que, cette fois, la « ligne rouge » a été franchie. « Marre qu’une députée LRM puisse prononcer des propos homophobes et islamophobes aussi librement… Le courrier reçu par mes collègues et moi-même est un tapis de sottises qui stigmatise inutilement deux minorités. En France, il n’y a pas de “parallèle” à la République », a notamment réagi sur Twitter la députée Laurence Vanceunebrock-Mialon (LRM, Allier), fonctionnaire de police. Quant à Aurélien Taché (LRM, Val d’Oise) il réclame que sa collège Thill soit exclue du groupe « sans plus attendre » : « Stop. Homophobie, islamophobie (…) »écrit-il sur Twitter.

Interrogée par Libération (Sylvain Chazot)  la porte-parole du groupe LRM, Marie Lebec, députée des Yvelines, elle dénonce une lettre « caricaturale, comme Agnès Thill peut l’être ». L’AFP rappelle que ce n’est pas la première fois qu’Agnès Thill est la cible de critiques au sein de son parti pour certains de ses propos. En novembre dernier, LRM avait mis une « dernière » fois en garde l’élue de l’Oise « contre les excès » de ses « prises de position publiques ». La députée avait alors dénoncé l’existence d’un « puissant lobby LGBT à l’Assemblée nationale ».

Où l’on voit que nous sommes encore assez loin du « débat apaisé » qu’Emmanuel Macron appelait de ses vœux avant de pouvoir, dès cette année, légiférer.

A demain

@jynau

 

Que dira Agnès Buzyn aux médecins dénonçant les malades mentaux laissés sans soins ?

Bonjour

Les temps changent. Après Libération voici que Le Parisien se porte lui aussi au chevet de la psychiatrie, grande malade depuis longtemps oubliée sur un brancard dans l’immense salle des urgence nationale 1. Cela donne « Des psychiatres s’alarment : pourquoi tant de ‘’fous’’ dans nos rues ? » (Elsa Mari).

Où l’on apprend qu’une centaine de psychiatres viennent de signer une lettre mandée à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Parmi eux le Pr Antoine Pelissolo, chef du service de psychiatrie de l’hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne). Il s’en explique dans Le Parisien, précisant que chacun peut désormais voir de plus en plus de personnes atteintes de troubles psychiques « dans les rues » :

« Tout le monde peut le remarquer. Ce n’est un mystère pour personne. Il y a des lieux plus propices, comme le métro, où l’on croise beaucoup de gens qui semblent perdus sans savoir exactement si c’est la conséquence de troubles psychiques, de l’alcool ou de drogues. Certes, il n’existe pas de statistiques pour dire s’il y en a plus qu’avant, mais ce n’est pas normal d’en voir autant. (…) Parler seul dans la rue est le reflet d’une souffrance psychique réelle. Ce n’est pas bon signe. Cela signifie que cette personne n’est pas soignée correctement ou qu’elle ne l’est pas du tout. Avec des traitements, on n’est pas censé avoir ce genre d’hallucinations. »

 « Il y a une réalité, aujourd’hui en France, les malades psychiatriques ne sont pas suffisamment pris en charge. A l’hôpital ou en ville, la demande de consultations augmente car on identifie mieux certains troubles et des pathologies comme les dépressions et l’autisme sont aussi en hausse. Or, ces patients ne sont pas assez vite examinés à cause des délais d’attente. En trente ans, le nombre de lits dans les hôpitaux a aussi été divisé par deux alors que la population augmente. »

L’éponge lancée au malade en train de se noyer

On se souvient qu’au départ l’idée était vertueuse : permettre à ces personnes d’avoir une vie normale, de les soigner en ambulatoire, faire qu’elles dorment chez elles et consultent à l’hôpital en journée. « Mais il n’y a pas eu assez de moyens pour compenser la fermeture des lits, trop importante pour faire des économies, accuse le Pr Pelissolo. Par exemple, rares sont les soignants qui se déplacent à domicile quand un malade est en crise, il n’y a pas assez d’assistance. »

« Mon service est, comme les autres, en grande difficulté. On a 100 places d’hospitalisation pour, en moyenne, 110 patients. Résultat, on doit aménager des chambres à trois au lieu de deux, sans armoire, ni table de chevet. On a donc tendance à garder moins longtemps les malades qui auraient, pourtant, besoin de rester chez nous. Certains, toujours en crise, continuent d’errer dans les rues, et mêmes sur les routes, d’autres, des sans-abri, n’ont simplement pas de domicile. C’est inadmissible. Jamais vous ne verrez ça ailleurs, jamais on ne laisserait un patient, opéré à cœur ouvert, quitter l’hôpital le lendemain de son intervention. »

Un nombre croissant de soignants sont épuisés, résignés. Les arrêts maladie se multiplient et quand il reste suffisamment d’énergie on a recours à la grève et aux médias.

La lettre mandée à Agnès Buzyn a été signée par plus de 100 psychiatres dont beaucoup de chefs de service. Ils évoquent le problème des budgets, censés être réservés à la psychiatrie mais trop souvent utilisés souvent pour d’autres soins. Ils réclament que les Agences Régionales de Santé vérifient ainsi les comptes des hôpitaux et leur demandent comment ils dépensent cette enveloppe. La ministre des Solidarités et de la Santé a récemment annoncé une rallonge de 50 millions d’euros. « Cinquante millions d’euros pour un système en perdition, pfff… c’est jeter une éponge à une personne en train de se noyer » commente l’un de nos fidèles correspondants.

Qui sait où sont les maîtres-nageurs sauveteurs ?

A demain

@jynau

1 On estime entre 4,7 et 6,7 millions le nombre de personnes souffrant de dépression en France (7 à 10 % de la population) ; entre 800 000 et 3,7 millions celui des personnes atteintes de troubles bipolaires (1,2 à 5,5 %) et à 670 000 celui des personnes schizophrènes (1 %). On recense d’autre part chaque année plus de 10 000 suicides et 220 000 tentatives. Données tirées du remarquable « Psychiatrie : l’état d’urgence » de Marion Leboyer et Pierre-Michel Llorca, éditions Fayard.

 

Le quotidien Libération raconte les souffrances de la psychiatrie. Qui lui en dira merci ?

Bonjour

Que vaudrait un média qui ne mènerait pas de combat 1 ? Edition de Libération datée du 9 janvier 2019. « La psychiatrie à cran. Sous-effectif, mauvais traitements, isolement des malades… Si la situation est très variable d’un lieu de soin à l’autre, la psychiatrie publique va mal. Tour de France des hôpitaux psy. »

Un édito, quatre pages, un entretien ( avec Adeline Hazan, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté), un petit tour de France des abcès hospitaliers plus ou moins enkystés (Saint-Etienne, Le Havre, Lyon, Plouguernével). Une certitude : les cinquante millions d’euros débloqués en urgence avant Noël par Agnès Buzyn ne seront en rien suffisants face à l’ampleur de la plaie. Communiqué officiel de la ministre des Solidarités et de la Santé :

« Cette enveloppe bénéficiera à l’ensemble des régions et contribuera également à réduire les inégalités de financement existant aujourd’hui entre celles-ci. Cette mesure confirme la priorité que la Ministre, dès son arrivée, a souhaité donner à la psychiatrie et qu’elle a confirmé dans le cadre de  »Ma Santé 2022 ».

En 2019, l’accompagnement et la transformation de la psychiatrie seront poursuivis. Cela se traduira par la préservation renouvelée des moyens de la psychiatrie dans la campagne budgétaire à venir, par la création d’un fonds d’innovation en psychiatrie doté de 10 millions d’euro et par la priorisation des moyens et capacités d’accueil en pédopsychiatrie dans les territoires. La ministre réaffirme son engagement pour donner à la pédopsychiatrie et à la psychiatrie la priorité attendue au regard des enjeux sociétaux, au service du parcours de soins et de vie des patients et des familles, et renouvelle son soutien aux acteurs de la psychiatrie et de la santé mentale. »

Libération (Eric Favereau) :

« L’année 2019, année de tous les dangers pour la psychiatrie française ? Assurément. Le secteur de la psychiatrie publique est mal en point comme jamais. Et les autorités donnent le sentiment de faire juste ce qu’il faut pour que cela n’implose pas complètement. Fin décembre, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé qu’elle venait d’allouer en cette fin d’année une enveloppe de 50 millions d’euros (renouvelable) à la psychiatrie.

Rustine ministérielle

« Une rustine, ont réagi les syndicats de psychiatres. De fait, sur le terrain, ça continue de bloquer un peu partout. Une journée de lutte est annoncée pour le 22 janvier. ’Depuis ce printemps 2018, les personnels des hôpitaux psychiatriques se mobilisent un peu partout en France,est-il écrit dans un appel commun. Les patients et leurs familles subissent. Ils n’ont aucune prise sur la tournure que prennent leurs soins et accompagnements. Les hospitalisations deviennent délétères dans des services suroccupés, avec du personnel en sous-effectif et débordé par des tâches administratives.’’

« ‘’Des jeunes de 13-14 ans sont hospitalisés dans les services adultes, c’est insupportable’’alertait Jean-Yves Herment, infirmier qui a fait partie en juin des grévistes de la faim du centre hospitalier du Rouvray, près de Rouen. A Toulouse, les syndicats de l’hôpital psychiatrique Pinel s’agitent. ‘’La directrice des soins nous parle de mauvaise organisation. C’est inacceptable d’entendre ce discours.Nous avons besoin d’un budget décent et de moyens humainsexpliquait Patrick Estrade, syndicaliste.La psychiatrie va mal, très mal même. La situation est critique partout en France’’.» (…)»

« Troisième repère de la crise actuelle ajoute Favereau, le nombre impressionnant de postes de psychiatres vacants dans les hôpitaux, ou occupés par des médecins à diplômes étrangers. Près d’un poste sur trois est ainsi vacant, et dans certaines régions, ce sont au mois deux postes sur trois qui sont occupés soit par des médecins à diplômes étrangers, soit par des médecins intérimaires. Or on sait d’ores et déjà que dans les dix ans à venir, le manque de psychiatres ne fera que s’aggraver. Dans notre voyage dans les hôpitaux psy de France, cet enjeu est revenu comme un leitmotiv, grevant toute projection sur l’avenir. »

Paupérisation et facilité

Et maintenant ? Il y a un an, précisément, Agnès Buzyn avait choisi de s’exprimer sur le sujet. Le 26 janvier 2018 elle présentait un plan de « douze mesures d’urgence » en faveur de la psychiatrie. Et dans un entretien au Monde, corrigé jusqu’à la dernière seconde, elle livrait son constat et formulait quelques idées. Extraits.

« La psychiatrie est une discipline qui s’est paupérisée et sur laquelle il n’y a pas eu un vrai investissement depuis des années. Pourtant les besoins sont en constante augmentation, parce que la société est de plus en plus dure, qu’il y a plus d’addictions, moins d’accompagnement des familles…

« On peut dénoncer des conditions de travail parfois très dures, ainsi que des conditions d’hospitalisation parfois dégradées, mais il faut être attentif à ne pas généraliser les situations dramatiques que l’on peut observer dans certains endroits. Ce serait dévaloriser le travail formidable qui est fait dans beaucoup d’établissements de santé mentale. En psychiatrie, il y a le pire et le meilleur. »

« Il me semble important de donner un signal de prise en compte de cette souffrance générale, des professionnels et des malades. Ce faisant, je veux parvenir à déstigmatiser ces derniers, et rendre leur dignité à ceux qui sont pris en charge dans des conditions déplorables. Le regard de la société sur ce secteur doit changer. »

 Le Monde demanda alors à la ministre si le « manque de moyens financiers mis en avant par les soignants » était « une réalité ». « Dans beaucoup d’endroits, les psychiatres tirent la sonnette d’alarme sur les moyens parce que leur activité est la variable d’ajustement du budget du reste de l’hôpital, répondit Agnès Buzyn. Vu la faiblesse et la souffrance du secteur psychiatrique, je souhaite que les moyens de cette discipline soient préservés. »

Loin d’imaginer une augmentation des moyens on en restait donc, au mieux, à un statu quo. « Annoncer des moyens supplémentaires n’est pas toujours l’alpha et l’oméga en matière de bonnes pratiques, rétorquait alors la ministre. C’est même parfois la solution de facilité. » Un an plus tard la même ministre débloque cinquante million d’euros pour une discipline paupérisée. Facilité ou pas, cela ne sera pas assez.

Que vaudrait un média qui ne mène pas de combat ?

A demain

@jynau

1 « Mon hôpital psychiatrique va craquer » Antoine Hasday Slate.fr 12 septembre 2018 « La psychiatrie française est-elle inhumaine ? » Jean-Yves Nau Slate.fr 6 mars 2018

«Sérotonine» et Captorix® : à l’attention des lecteurs du prochain roman de Houellebecq

Bonjour

Nouveau rituel français : le lancement, multimédias et en fanfare, du prochain roman de Houellebecq. Tous ou presque sacrifient à cette nouvelle idole. Un lancement d’autant plus aisé que le plus grand des romanciers français (vivants) leur a offert un marchepied : son entretien à Harper’s avec un panégyrique en trompe l’oeil de Donald Trump : « Donald Trump Is a Good President. One foreigner’s perspective By Michel HouellebecqJohn Cullen (Translator) » 1.

Rituel tristement moutonnier. Voici donc un roman programmé pour devenir un produit de consommation pour masses plus ou moins laborieuses. Michel Houellebecq, « Sérotonine »Flammarion, 348 pp., 22 €. En librairie et dans toutes les bonnes gares dès le 4 janvier 2.

Un rituel où il convient de déflorer avec talent, le recenseur pouvant aisément se mettre en valeur. « Dans ‘’Sérotonine’’, son septième roman qui paraît le 4 janvier, l’écrivain endosse un nouvel avatar du mâle occidental, homophobe à la libido en berne et sous antidépresseur. Une dérive émouvante autour de la perte du désir, sur fond de révolte des agriculteurs. » peut-on lire dans Libération (Claire Devarrieux). Extrait :

« Deux occurrences ne font pas une tradition. Mais depuis que deux romans de Michel Houellebecq ont coïncidé avec une catastrophe, on guette la sortie de ses livres en croisant les doigts. Rentrée littéraire 2001 : des terroristes font un carnage sur une plage de Thaïlande à la fin de Plateforme. Le livre paraît le 3 septembre, le 11 ont lieu les attentats à New York. Un an plus tard, à peu près dans le même contexte que dans Plateforme, 200 touristes sont tués à Bali. Janvier 2015 : Soumission imagine sur un mode ironique l’arrivée au pouvoir en France d’un parti islamiste. Le roman sort le 7, le jour même de la tuerie à Charlie Hebdo. D’où l’impeccable brève publiée la semaine dernière par l’hebdomadaire, au moment où on s’apprête à aborder le quatrième anniversaire de «Charlie». «Trouillards Hebdo : « Le prochain livre de Houellebecq sortira le 4 janvier. On s’abstiendra d’en dire du mal : la dernière fois, ça ne nous a pas franchement réussi. » »

Désirs érotiques

Et Libé d’ajouter que si Sérotonine ne fait que peu de cas de scènes sexuelles c’est, précisément, que Florent-Claude (le narrateur) n’a plus de désirs érotiques. Il prend du Captorix®. Cet antidépresseur lui permet « de moins souffrir, de se laver à nouveau et d’entretenir un minimum de sociabilité », mais il a un effet plus que dévastateur sur la libido : il la supprime.

Et le multimédias de nous dire que ce nouveau roman houellebecquien est l’un des plus « émouvants » de l’auteur. Que sa « tonalité dépressive » est en harmonie avec l’époque que nous traversons. Sans pour autant fermer la porte à la possibilité du bonheur. Le Monde (Jean Birnbaum) :

« Autant Soumission (Flammarion, 2015) tendait à dominer ses lecteurs, à leur forcer la main, autant Sérotonine leur restitue une belle liberté. Ce congé (temporaire ?) donné à l’idéologie marque ainsi le plein retour de Houellebecq à la littérature. A l’heure de la solitude en ligne et des « cœurs » numériques, il fait du texte poétique le lieu où l’amour se réfugie. D’où, pour finir, la portée ironique du titre, Sérotonine. Contrairement à ce qu’il semble indiquer, le bonheur humain n’est pas une affaire d’hormone ou de neurotransmetteur, en réalité il passe par les mots adressés, par la langue à même la peau. »

« Le narrateur ne fait que boire et gober des antidépresseurs afin de booster cette hormone qui donne son titre au roman, et que les toxicomanes connaissent bien – la sérotonine est notamment stimulée par la consommation d’ecstasy ou de LSD » croit pouvoir rapporter Frédéric Beigbeder dans Le Figaro où il tresse mille couronnes de lauriers à son mystérieux et dérangeant ami.

Plexus intramuraux du tube digestif

Peut-être faut-il pour comprendre la puissance de Sérotonine se pencher sur le récent essai d’Agathe Novak-Lechevalier : Houellebecq, l’art de la consolation (Stock). Il faudra aussi s’intéresser à la 5-hydroxytryptamine (5-HT) ; sur ce neurotransmetteur dans le système nerveux central et dans les plexus intramuraux du tube digestif. Cette sérotonine impliquée dans la gestion des humeurs et associée à l’état de bonheur lorsqu’elle est à un taux équilibré, réduisant la prise de risque et en poussant ainsi l’individu à maintenir une situation qui lui est favorable.

Le Monde évoqua pour la première fois son existence le 23 mai 1957, dans un papier du Dr Claudine Escoffier-Lambiotte : « La psychopharmacologie et les médicaments psychiatriques » :

« Un certain nombre de travaux récents donnent un nouvel intérêt à l’hypothèse de l’origine chimique des psychoses. Les Allemands, synthétisant un dérivé de l’acide lysergique ou L.S.D. 25, réussissent à provoquer des troubles d’allure hallucinatoire et même schizophrénique par l’injection de doses infinitésimales de ce produit, de l’ordre du microgramme par kilo, remettant ainsi en question tout le problème d’une auto-intoxication de l’organisme par une substance jusqu’ici passée inaperçue.

« Les Américains, s’efforçant d’extraire du sérum des schizophrènes le principe de leur maladie, découvrent que les substances inductrices de troubles psychiques comme la mescaline et le L.S.D. 25 renforcent en réalité l’action d’une hormone nouvelle : la sérotonine, alors que les médicaments réducteurs des psychoses comme la réserpine et la chlorpromazine apparaissent comme des anti-sérotonines.

« Les travaux français ont montré toute la complexité du problème et l’importance primordiale du terrain constitutionnel à l’égard de ces divers produits chimiques, qui permettront peut-être un jour de comprendre mieux le mécanisme de la maladie mentale. »

23 mai 1957. Michel Houellebecq, né Michel Thomas, a vu le jour le 26 février 1956. Ou, selon les sources, deux ans plus tard.

A demain

1 « In all sincerity, I like Americans a lot; I’ve met many lovely people in the United States, and I empathize with the shame many Americans (and not only “New York intellectuals”) feel at having such an appalling clown for a leader.

However, I have to ask—and I know what I’m requesting isn’t easy for you—that you consider things for a moment from a non-American point of view. I don’t mean “from a French point of view,” which would be asking too much; let’s say, “from the point of view of the rest of the world.” (…) »

2 Michel Houellebecq. Sérotonine.  « Mes croyances sont limitées, mais elles sont violentes. Je crois à la possibilité du royaume restreint. Je crois à l’amour» écrivait récemment Michel Houellebecq. Le narrateur de Sérotonine approuverait sans réserve. Son récit traverse une France qui piétine ses traditions, banalise ses villes, détruit ses campagnes au bord de la révolte. Il raconte sa vie d’ingénieur agronome, son amitié pour un aristocrate agriculteur (un inoubliable personnage de roman – son double inversé), l’échec des idéaux de leur jeunesse, l’espoir peut-être insensé de retrouver une femme perdue. Ce roman sur les ravages d’un monde sans bonté, sans solidarité, aux mutations devenues incontrôlables, est aussi un roman sur le remords et le regret. »

Hors collection – Littérature française. 352 pages – 139 x 210 mm. Broché. ISBN : 9782081471757 À paraître le 04/01/2019

 

Le naufrage annoncé de l’AP-HP : témoignage de l’insupportable, par le Dr Sophie Crozier

Bonjour

L’appel d’un ami journaliste revenu de bien des luttes : « Tu as lu les papiers sur l’hosto, dans Libé ? ». Réponse négative. L’abonnement n’a pas été renouvelé et ce quotidien lu depuis des décennies nous accuse (par courrier postal) d’être redevable de la somme de 15 euros « afin de régulariser votre situation et de réactiver votre abonnement ».

« Non ? Tu devrais, intéressant ». Nous lûmes. De fait un bel ensemble ; une nouvelle preuve de la crise sans précédent que traversent les ensembles hospitaliers français.

Crise économique, crise existentielle, crise historique. Crise face à laquelle le pouvoir exécutif témoigne de manière récurrente de son impuissance et dont le législatif se moque comme d’une guigne. Crise que le journalisme traite lorsque les symptômes s’exacerbent qu’il s’agisse de grèves, de suicides de soignants sur leur lieu de travail ou de femmes retrouvées mortes au sein de services d’urgence débordés – comme l’affaire de Lariboisière qui commence à prendre une remarquable dimension politique.

Robes de bure à Saint-Antoine

Bel ensemble de Libé, donc (Eric Favereau) dans lequel Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP depuis cinq ans, se borne à évoquer « des éléments positifs mesurables » quand les « éléments négatifs », eux, ne se comptent plus. Une direction générale de l’AP-HP qui va vendre les ors et le palissandre de son siège 3, avenue Victoria, « face à l’Hôtel de Ville ». Et qui s’installera, robes de bure, « au milieu de l’hôpital Saint-Antoine ».

Et dans cet ensemble un témoignage à garder en mémoire. Un cri médical, un appel au secours signé du Dr Sophie Crozier, neurologue, praticien hospitalier temps plein dans le service « Urgences cérébrovasculaires » du groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière depuis 2002. Le Dr Crozier a soutenu une thèse de science en éthique médicale (2012). Champ de recherche : la réflexion éthique dans les situations médicales complexes et graves (limitations et arrêt de thérapeutiques actives dans les situations de fin de vie, allocation de ressources rares…). Membre de la commission médicale d’établissement de l’AP-HP depuis 2012 elle préside le comité d’éthique de la société française de neurovasculaire.

Elle parle et c’est un voyage dans un univers hospitalier devenu insupportable ; un naufrage annoncé :

« Je ne sais pas si c’est trop tard, mais nous sommes arrivés à un point insupportable. Dans mon unité de prise en charge des AVC – qui sont censés être une priorité de santé publique -, notre quotidien est le suivant : ce sont tous les jours des heures passées à trouver des lits dans notre hôpital, des heures pour trouver des infirmiers et des aides-soignants. Tous les jours, nous cherchons. Alors que les lits de l’unité neurovasculaire sont encore insuffisants pour admettre tous les patients victimes d’AVC (seuls 50 % y ont accès), nous sommes obligés d’en fermer régulièrement depuis le mois de mai du fait d’un manque chronique et répété de personnel soignant.

« Je vois mes équipes effondrées, je vois des gens qui pleurent tous les jours. Ils arrivent la boule au ventre, ils ne savent pas s’ils vont être remplacés. Ils enchaînent des heures supplémentaires, travaillent douze heures de suite. Ils n’ont pas de week-ends, ils ignorent quand ils en auront. Noël ? Ils ne savent pas s’ils pourront le fêter. On marche sur la tête, et à la fin, on risque de ne pas être bien traitants. Comment être bien traitant lorsque l’on se sent maltraité par l’institution ? Nos cadres infirmiers vivent un cauchemar quotidien pour trouver du personnel, appliquent des règles absurdes auxquelles ils n’adhèrent pas, et finissent par accepter des situations dégradées. Ils n’ont plus du tout le temps d’assurer leur travail d’encadrement ni d’aider et soutenir leurs équipes en grandes difficultés…

Des primes pour ne pas embaucher

« Aujourd’hui, nous abîmons nos hôpitaux, nous abîmons les gens, et je ne peux me résigner à voir l’hôpital couler ainsi… Et là, je parle de la Pitié-Salpêtrière, qui est un des fleurons des hôpitaux de France. Savez-vous que pour tout le groupe hospitalier, il y a des jours où il y a seulement une infirmière intérimaire ? On nous dit que si on a besoin de personnel, il y a un pool de réserve, or celui-ci n’existe plus. Les intérims ? Les cadres ont des primes s’ils n’en embauchent pas. Voilà la réalité de notre gestion dite humaine. Une infirmière s’en va, on attend trois mois pour la remplacer. J’ai dans mon unité un aide-soignant qui est mort d’un infarctus, il n’a pas été remplacé. Chaque jour, nous sommes contraints de valider des situations inacceptables : ne pas pouvoir prendre des malades qui arrivent par les pompiers, par le Samu, des patients qui présentent un risque vital…

« Dans notre hôpital, on jongle. S’il manque une infirmière aux urgences, on va en prendre une en pédopsychiatrie qui va devoir être confrontée à des situations cliniques auxquelles elle n’est pas préparée, c’est insupportable.  On nous a dit qu’avec la réforme des 35 heures, on n’allait pas perdre de postes. C’est faux. Dans le pôle de neurologie nous en avons perdu vingt. La situation est devenue catastrophique. Et cela est ressenti dans tous les hôpitaux de Paris.

« Managers » totalement déconnectés

 « Aujourd’hui, tout le monde souffre. Et la politique managériale est totalement déconnectée. Cela fait plusieurs mois, voire des années, que l’on alerte sur la situation extrêmement tendue, sur le nombre de lits disponibles et sur le personnel. Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, dit nous entendre, mais rien ne se passe. Quant aux professeurs de médecine, ils se taisent, bien souvent on leur promet des postes dans les départements universitaires. Quand, lors de la réunion de la commission médicale d’établissement, nous faisons ce constat au directeur général, il nous répond que tout cela est un problème de management. Un jour, un service faisait état d’un manque criant de moyens, on lui a dit de faire du… fundraising. Mais où est-on ? Se rend-on compte de ce qu’on nous dit ?

 « Le personnel demande juste à être reconnu, remercié. Comment alerter au plus haut niveau et éviter le naufrage de l’AP-HP si c’est encore possible ? Que peut-on encore faire pour changer cette catastrophe programmée ? Il devient chaque jour plus difficile d’être fidèle à nos valeurs et principes. Nous n’arrivons plus à apporter une réponse aux plus vulnérables, aux plus fragiles. Les valeurs d’une société ne se mesurent-elles pas au regard de ses capacités à s’occuper des plus vulnérables ? Dans quel monde voulons- nous vivre ? »

C’est une bonne question à laquelle personne, en haut-lieu, ne semble vouloir répondre.

A demain

 

Lariboisière : on pensait que la femme retrouvée morte au sein des urgences avait …«fugué»

Bonjour

Deux nouveaux éléments dans une affaire dramatiquement édifiante et qui devrait connaître de futurs prolongements. Tout d’abord la prise de parole d’Agnès Buzyn. Il y a cinq ans Marisol Touraine resta longtemps silencieuse dans l’affaire de la morte des urgences de Cochin. Aujourd’hui le ministre des Solidarités et de la Santé parle. Invitée du journal national de France 3 elle vient de déclarer qu’il y a eu « défaillance dans la prise en charge de cette patiente ».

C’est une évidence. Car quelle que soit la cause de la mort (qui sera prochainement établie par une autopsie médico-légale) il est acquis que cette femme est restée douze heures sans être examinée – ni a fortiori de recevoir de soins. Et ce « après avoir été accueillie par l’infirmière d’accueil et d’orientation et enregistrée dans le circuit de prise en charge du service »

Interrogé par Le Parisien (Marc Payet) le Dr Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF) donne quelques détails. « Elle souffrait de céphalée et de fièvre, et n’avait pas réussi à trouver un médecin en ville, dit-il. Il est sûr en tout cas qu’elle n’a pas vu de médecin.».

Des heures sans être vus

Agnès Buzyn attend désormais les conclusions des différentes enquêtes en cours qui devront se pencher sur les modalités d’organisation et le respect des procédures. Mais que sait-elle, d’ores et déjà ? «Il y a une organisation en dépit du bon sens, a confié à Libération (Eric Favereau) un anesthésiste (anonyme) de l’AP-HP. A Larib, quand les patients arrivent, ils sont certes bien vus par une infirmière. Ils sont ensuite conduits dans une salle de soins. Et là, rien. Il n’y a aucune surveillance. On peut y rester des heures, sans être vu. Je l’ai expérimenté. C’est incompréhensible. La direction de l’hôpital le sait, l’administration est tout aussi responsable car elle laisse faire. Elle a toutes les statistiques d’attente. Or, cela continue comme cela. En plus, il est écrit que les personnes accompagnantes ne peuvent pas rester. Absurde, dangereux, et non réglementaire.»

Une accusation qui pèsera dans l’instruction du dossier.

Autre élément nouveau, et semble-t-il d’ores et déjà confirmé : dans la nuit, cinq heures après son admission, cette femme « a été appelée », et « il n’y a pas eu de réponse ». Elle aurait alors été considérée comme « ayant fugué ».  Son décès a ensuite été constaté  par le personnel des urgences – et ce au moment du changement d’équipes. Elle était morte sur son brancard. Il était 6h20.

A demain

@jynau

Gilets Jaunes et vanité : les conséquences d’un trop-plein d’intelligence et de subtilité

Bonjour

Suite de la farandole langagière inhérente à la crise sans précédent des Gilets Jaunes. Avec, aujourd’hui, une belle déclinaison de la jactance qui caractérise le macronisme. «Trop intelligents, trop subtils» : la bourde de Le Gendre tourne au bad buzz » observe Libération (Laure Equy). L’histoire d’un mea culpa qui voit son auteur plonger dans l’enfer des réseaux sociaux et de leurs colères épidémiques sinon populaires. Un repentir qui fait que le condamné aura la tête (symboliquement) tranchée

Résumé du sujet. Lundi 17 décembre, sur le plateau de Public Sénat, le chef de file des députés LREM, Gilles Le Gendre, revient sur les raisons du mécontentement engendré par la politique conduite dans les dix-huit premiers mois du quinquennat. Il passe publiquement à confesse : l’exécutif et sa majorité ont «insuffisamment évoqué» leur action et devront «le faire mieux, plus, en étant plus proches de ce que les Français attendent». Il aurait pu en rester là. Mais non. Grisé peut-être par son mea culpa ce député de Paris poursuit l’exercice de contrition publique. Et d’évoquer en évoquant «le fait d’avoir probablement été trop intelligents, trop subtils, trop techniques dans les mesures de pouvoir d’achat».

 «Trop intelligents » ? Voilà bien, pour le coup, trop manquer de « subtilité » – tout particulièrement à l’endroit des Gilets Jaunes. Pour un peu on évoquerait le « langage de mabouls » dénoncé par un proche ambigu du chef de l’Etat. Poussé à préciser son propos, Gilles Le Gendre a regretté que «toutes les mesures favorables au pouvoir d’achat» aient été «saucissonnées dans le temps». Une cadence qui les a rendues peu lisibles. «C’était justifié par la situation des finances publiques mais manifestement ça n’a pas été compris»a encore cru bon d’ajouter le successeur de Richard Ferrand à la tête du groupe LREM de l’Assemblée nationale.

Droite et gauche en même temps, schizophrène électoralement 

Gilles Le Gendre, 60 ans, n’est pourtant pas un jeune novice ignorant du poids des mots. Élève à Neuilly-sur-Seine au collège Sainte-Croix, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et du Centre de formation des journalistes de Paris, il fut successivement journaliste à Europe 1 et à L’Usine nouvelle chef de service, rédacteur en chef adjoint puis rédacteur en chef du Nouvel Économiste, rédacteur en chef adjoint de L’Expansion, directeur de la rédaction de L’Événement du jeudi, directeur de la rédaction de Challenges, nommé président du directoire du groupe Expansion et directeur général des rédactions. De 2002 à 2004, on le retrouve directeur de la communication et membre du comité exécutif de la Fnac, puis entrepreneur dans des activités de conseil à Paris où il fonde, en 2006, « Explora & Cie » puis, en 2011 le réseau de consultants indépendants « Les Company Doctors ».

« Economiquement de droite, et culturellement et sociétalement de gauche, un peu schizophrène électoralement » il rejoint très tôt le mouvement En marche avant d’en être  désigné, à l’automne 2016, référent pour les  deux plus beaux arrondissements de Paris.

Et maintenant ? « L’aveu de Gilles Le Gendre, qui rappelle un peu ‘’la pensée complexe’’ prêtée à Emmanuel Macron par l’entourage du chef de l’Etat, a tourné au bad buzz, observe Libération. L’opposition, sur Twitter, s’en est donné à cœur joie, épinglant ’l’arrogance’’ ou ‘’le mépris de classe’’ de LREM. ’La rengaine n’a pas changé. Si les Français sont en désaccord, c’est parce qu’ils n’ont pas compris ces imbéciles’’, ironise Clémentine Autain, tandis qu’un autre député de La France insoumise, Alexis Corbière tacle : «« En matière de modestie, nous sommes les meilleurs », aurait dit Sacha Guitry avec humour… Mais là c’est le président du groupe LREM à l’Assemblée nationale qui parle, et lui se prend très au sérieux !». Le communiste Stéphane Peu, lui, s’interroge : ‘’Mais où va LREM ? Que cherche le chef à plume [du groupe LREM à l’Assemblée] quand il assène que l’intelligence supérieure de la macronie est inaccessible au plus grand nombre, au peuple ?’’. ‘’Et une troisième erreur, aussi, conclut Elsa Faucillon, du PCF,prendre les gens pour des cons.’’. »

Ainsi certains mots, sans atteindre toujours la subtilité prisée dans les hautes sphères, ont le mérite de ne pas réclamer d’explications.

Aujourd’hui Gilles Le Gendre a senti le vent du « bad buzz ». Il cause simple, sur Twitter : «Quelques mots sortis de leur contexte… Trop intelligents = trop techniques = trop compliqués. Je n’ai rien voulu dire d’autre : les mesures sur le pouvoir d’achat sont désormais simples et lisibles. Désolé, sincèrement, si j’en ai choqué certains ». Un mea culpa au carré en somme. Il est possible que ce soit un peu tard.

A demain