Heureux comme un médecin public faisant du privé dans une une AP-HP «à bout de souffle» ?

Bonjour

« Secteur privé à l’hôpital public ». Jadis, au temps des « Hommes en blanc » et des idéologies triomphantes, le sujet enflammait les esprits. Les uns y voyaient une rente honteuse de situation. Pour les autres le juste privilège des sacrifices consentis en restant dans la maison-mère ; et une forme d’attractivité pour cette dernière. Quand les premiers eurent le pouvoir politique ils parlèrent d’y mettre un terme. Quelques broncas firent qu’on en resta là. Et, comme toujours, l’administration encadra.

Aujourd’hui, faute d’idéologie, tout se vaut et l’abcès a pratiquement été vidé. C’est un sujet parmi tant d’autres, jamais plus un objet de débat politique. Aucun ministre de la Santé, depuis des lustres, ne s’y est aventuré. Et surtout pas Agnès Buzyn qui, dans Libération, tente d’expliquer que, selon elle, l’hôpital public est arrivé « au bout d’un système ». Extrait :

« De vrais défis nous attendent, notamment sur la pertinence des soins, et une restructuration de nos hôpitaux est indispensable. Il va falloir recentrer leur activité sur leur valeur ajoutée et la médecine de recours, en renforçant leur capacité à accueillir tout le monde. Il faut surtout redonner confiance aux équipes de l’hôpital et du sens à leur mission. Par ailleurs, nous allons mener la réforme structurelle des retraites, pour qu’enfin on ait confiance dans notre système. Aujourd’hui, celui-ci est illisible, au point que les jeunes ont le sentiment qu’ils n’en bénéficieront pas. Globalement, nous devons repenser l’ensemble. Le système est à bout de souffle. »

C’est ainsi une forme de marronnier glacé que traite Le Quotidien du Médecin. Il nous explique aujourd’hui (Anne Bayle-Iniguez) que les praticiens hospitaliers qui ont exercé une activité libérale à l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) en 2016 se sont partagé près de 38,6 millions d’euros d’honoraires, soit 5,8 % de plus que l’année précédente, précise le dernier rapport annuel de la commission centrale de l’activité libérale de l’AP-HP qui veint d’être rendu public.

« Empocher » plus de 450 000 euros

 « Le volume d’activité libérale a progressé en 2016 et cette progression s’est accompagnée d’une augmentation des honoraires perçus », constate la commission présidée par le Dr Alain Faye, chirurgien viscéral à l’hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP).  Le nombre de consultations (100 000, +2,7 %) et d’actes (67 000, +4,5 %) dans ce secteur privé a augmenté moins vite que les sommes facturées, alors que le nombre de médecins concernés est quasi-stable (350 contre 355 en 2015).

Que savoir d’autre ? Que la majorité des praticiens concernés par cette activité libérale sont des PU-PH (243). Qu’ils exercent pour l’essentiel à la Pitié-Salpêtrière, Cochin, l’HEGP et Lariboisière. Que les honoraires moyens tirés de ce secteur privé ont, en 2016, été de 115 203 euros par praticien – contre 108 880 euros l’année précédente dans le CHU francilien. Mais ce montant recouvre de fortes disparités : 106 praticiens ont touché moins de 50 000 euros d’honoraires alors que sept autres ont « empoché plus de 450 000 euros » – sept soit un de plus qu’en 2015.

« Sans surprise » (Le Qotidien dixit) environ la moitié des contrats d’activité libérale concernent des chirurgiens ; 29 % des contrats en cours sont le fait de spécialités médicales, 11 % proviennent de l’activité d’imagerie, de la médecine nucléaire et de la radiothérapie, 7 % de la gynécologie, 2 % de l’odontologie et … 1 % de la psychiatrie.

S’indigner ? A quel titre ? La redevance reversée à l’AP-HP par les praticiens hospitaliers autorisés à pratiquer une activité libérale s’élève à 9,8 millions d’euros en 2016 , soit 5 % de plus qu’en 2015. Aucun excès, aucune sanction, aucune demande de suppression d’activité au motif (ce n’est qu’un exemple) que l’activité libérale serait supérieure au plafond de 20 % autorisé sur le total des actes – ou que les déclarations d’honoraires seraient « incomplètes ».

A demain

Sanofi condamné à trois millions d’euros dans un premier dossier Dépakine. Paiera ou pas ?

Bonjour

Dépakine: pour la première fois la multinationale française Sanofi a été condamnée, au civil, pour la «défectuosité de son produit». La cour d’appel d’Orléans confirme ainsi de fait la responsabilité de la firme qui devra «indemniser les dommages subis par une famille du fait de l’exposition in utero d’un enfant au valproate de sodium». L’information vient d’être donnée par Libération (Eric Favereau).

 La justice a estimé que ce médicament est «un produit qui n’offre pas la sécurité à laquelle on peut légitimement s’attendre». « C’est une magnifique décision», a commenté Marine Martin présidente de l’ Association des parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant (Apesac) qui donne l’information en même temps que Libération. « Cela confirme nos positions . Sanofi a manqué à son devoir d’ information et doit assumer sa responsabilité vis-à-vis des milliers de victimes de la Dépakine » dit-elle.

En 2016, un fonds d’indemnisation avait été créé. Parallèlement, différentes poursuites judiciaires ont été engagées, aussi bien au civil qu’au pénal et des actions collectives sont en cours. Libération précise que le cas que vient de juger la cour d’appel d’Orléans est « terriblement classique » : un un couple dont la femme prend de la Dépakine depuis l’âge de 11 ans contre son épilepsie. La cour d’appel :

 « (…) envisageant une grossesse, il lui a été conseillé de poursuivre ce traitement (…) sans qu’aucune information ne lui ait été donnée par le corps médical  ou le laboratoire sur le danger de la Dépakine, et qu’à l’issue d’une grossesse sans problèmes, elle a mis au monde, le 24 novembre 2002, un enfant, Camille , présentant un syndrome malformatif général, anomalies des membres supérieurs et microphtalmie en particulier».

 « (…)  «la présentation du produit au patient n’offre pas la sécurité à laquelle on peut légitimement s’attendre». Sanofi « ne peut davantage tenter de se dédouaner […] en invoquant la mise à disposition de l’information au médecin qu’elle présente comme un vecteur essentiel de l’information ou en invoquant un défaut de diagnostic extérieur au produit imputable aux médecins en charge du contrôle échographique alors qu’il lui incombait de présenter le produit à la patiente en s’attachant à la sécurité qu’un patient, quel qu’il soit, pouvait légitimement en attendre». 

Pour la cour d’appel, Sanofi ne peut pas se retrancher derrière le fait que le laboratoire est soumis au contrôle des autorités de santé. A final la cour d’appel d’Orléans impose à Sanofi de fortes indemnisations, non seulement pour l’enfant victime de la Dépakine, mais également pour ses proches, c’est-à-dire ses parents et sa sœur : au total, près de trois millions d’euros. La firme a également été condamné à rembourser l’intégralité des frais préalablement versés par l’Assurance maladie.

Sanofi a, sans surprise, décidé de se pourvoir en cassation.

A demain

Quatorze morts sous Levothyrox : «aucun lien» assure l’Agence de sécurité du médicament

Bonjour

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) pourra-t-elle longtemps encore gérer seule l’affaire multiforme du Levothyrox ? Elle est aujourd’hui confrontée à une nouvelle révélation : le numéro zéro d’un futur hebdomadaire papier (Ebdo) 1 qui tient là sa première et paradoxale pré-exclusivité. Où l’on apprend que la base nationale recensant les effets indésirables des médicaments recense désormais quatorze décès dans la colonne Levothyrox. L’ANSM a aussitôt réagi (par tweet) en précisant qu’aucun lien « ne pouvait être établi avec le médicament ».

Comment comprendre ? Le premier rapport de pharmacovigilance rendu public par l’ANSM le 10 octobre faisait état de quatre décès sur 5 062 cas d’effets indésirables graves enregistrés – quatre décès pour lesquels le lien avec le Levothyrox n’avait pu être établi :

« Un cas d’arrêt cardiorespiratoire chez une patiente de 34 ans recevant un lourd traitement psychiatrique, pour laquelle l’exposition à LEVOTHYROX® NF est inconnue ; un cas de mort subite chez une femme de 78 ans ; autres médicaments co-suspects d’imputabilité plus forte ; un cas de femme de 39 ans chez laquelle un diagnostic de thyroïdite d’Hashimoto est posé en juillet 2017 ; LEVOTHYROX® initié, sans doute NF ; décès un mois après dans un tableau d’oedème pulmonaire avec insuffisance cardiaque ; TSH à 1,92 mUI/L ; résultats de l’autopsie en attente) ; un cas d’AVC ischémique chez une femme de 87 ans diabétique chez laquelle est retrouvée une TSH à 0,0270 au cours de l’hospitalisation, exposition LEVOTHYROX® AF ou NF non précisée). »

Corrélation et/ou causalité

Il faut donc aujourd’hui ajouter dix autres morts (dont « des morts fœtales » assure-t-on) sans que l’ANSM apporte d’éléments cliniques ou biologiques pour justifier sa position. Elle se borne à dire que « l’enquête se poursuit » et que des résultats seront communiqués fin janvier 2018 – prenant ainsi le risque d’être accusée de « cacher la réalité ». Le tout sur fond de diverses actions en justice.

On peut raisonnablement avancer, au vu du nombre de personnes consommant quotidiennement ce médicament en France (trois millions, dit-on) qu’il n’y a là qu’une corrélation et non un lien de causalité. Encore faudrait-il publiquement l’expliquer – et non s’enfermer dans une rigidité et un entre-soi qui confinent à une forme de politique du secret. Agnès Buzyn, ministre de la Santé pourrait, ici, faire oeuvre utile de pédagogie. L’ANSM pourra-t-elle longtemps encore gérer seule cette affaire ?

A demain

1 « Payant et sans publicité, ce nouveau titre ne veut pas résumer l’actualité de la semaine, comme le font traditionnellement les newsmagazines, mais ‘’raconter la société’’ et répondre au ‘’besoin de compréhension» des lecteurs’’ explique Libération. C’est le 12 janvier 2018 que les éditeurs des revues de grand reportage XXI et 6 Mois sortiront une nouvelle publication … en papier. ‘’Le support papier reste fort en termes de compréhension et de mémorisation, cinq à six fois plus que le numérique. Les études de neurosciences le montrent’’ , justifie Laurent Beccaria, l’éditeur des Arènes et le président de Rollin Publications, la société éditrice de ces revues. »

Obscénités : la direction de l’AP-HP a renoncé à ripoliner les fresques des salles de garde

 

Bonjour

C’est affaire de fatalité – ou de coïncidence : celle de la mise à jour du « sexisme » qui prévaut dans les études médicales associée à la découverte de la formidable prévalence du « harcèlement sexuel » dans notre société en général.

Au cœur symbolique de ces entrelacs : les salles de garde des internats hospitaliers. Il y avait eu un premier abcès collecté en 2015 : une fresque représentant une scène orgiesque avait dû être effacée dans la salle de garde du CHU de Clermont-Ferrand. Elle avait été résumée et commentée dans Libération via un entretien avec  Pr Jean Chazal, doyen et neurochirurgien de la faculté de médecine de l’université d’Auvergne. Il explique qu’il connaissait cette fresque et qu’elle était vieille de quinze ans.

« Pour moi, le dessin originel ne représente pas un viol, mais une orgie, une partouze. Je le tolérais parce que cela restait dans un domaine privé. Mais les bulles qui y ont été ajoutées sont intolérables. Là, la signification est claire : ces bulles évoquent la loi santé. Selon les internes, la femme représentée au centre n’est pas la ministre de la Santé, Marisol Touraine, mais une interne que l’on avertit de s’informer sur la loi. Dans les deux cas, c’est infamant pour les femmes. Les internes sont des agents du service public et, à ce titre, ils ne peuvent pas tout se permettre. On ne peut pas utiliser des scènes porno pour montrer son désaccord avec une loi. Et mettre la photo de la fresque sur un réseau social public est un délit, une faute professionnelle. On a dépassé les limites. »

 Harcèlement du doyen auvergnat

On lui demande s’il a le soutien de ses collègues.

« Non, je suis attaqué et mis en cause par mes pairs. Je suis harcelé de coups de fils, de SMS, de mails de médecins, de responsables d’établissement qui soutiennent les internes«Il ne faut pas céder à la pression du ministère», «Le cul, c’est une tradition dans les hôpitaux»: voilà ce que j’entends. En tant que doyen, on me reproche de ne pas soutenir les traditions paillardes et d’être du côté d’une ministre de gauche. Mais je veux juste défendre les règles de la démocratie ! Je n’ai pas à défendre les médecins envers et contre tout. Cela me choque que mes confrères réagissent comme ça. »

L’affaire se calma. Puis en octobre dernier, résurgence du sujet . En écho des confidences de la ministre-médecin Agnès Buzyn, dénonçant les anciens comportements très déplacés dont elle avait fait l’objet à l’AP-HP (des « chefs de service l’invitant à s’asseoir sur leurs genoux ») le directeur général de cette « grande maison » revint sur les salles de garde. C’était dans Le Monde.

« Une culture carabine, c’est savoir être drôle, savoir utiliser la dérision, mais pas abuser d’un pouvoir de domination. Nous aurons à trancher la question de savoir s’il faut ou non repeindre les salles de garde dont les fresques doivent être considérées comme un témoignage de pratiques révolues, pas comme une incitation à maintenir des traditions malsaines. »

Homéostasie collective

Savoir être drôle et en même temps savoir ne pas abuser d’un pouvoir de domination, Vaste programme. Ces fresques, ces images-témoignages, ces rituels incitent-ils à la perpétuation de traditions malsaines ? S’agit-il de conjurer les angoisses ? De la quête d’une homéostasie collective ? Effacer prévient-il  les errements du passé ? Et qui soutiendra que ripoliner détruit les palimpsestes ?

Martin Hirsch était-il, cette fois, allé trop loin ? Allait-on vraiment repeindre ces vingt-cinq ou trente fresques d’Ile-de-France ? Pour les internes interrogés par Le Monde (François Béguin) les fresques sont globalement un  « non-sujet ». « Repeindre des murs ne luttera pas contre le sexisme au quotidien à l’hôpital ni contre le plafond de verre », assure Olivier Le Pennetier, le président de l’ISNI. « Ce serait prendre un symbole et se tromper de combat » ajoute Côme Bureau, chef de clinique à la Pitié-Salpêtrière et président du « Plaisir des dieux », l’association des salles de garde de l’AP-HP.

« A ce stade, on ne se précipite pas, repeindre les fresques n’est pas notre première urgence » a confié au Monde  la direction générale de l’AP-HP. On peut imaginer que l’administration de la « grande maison » parie sur la durée : le nombre de salles de garde ne cesse de diminuer, souvent victimes des restructurations et des économies budgétaires de l’administration hospitalière. Côme Bureau parle, lui, d’une « douce agonie » qu’il explique d’abord par la baisse de la qualité des repas, fournis par … l’administration. Pourquoi repeindre quand il suffit de dégoûter ?

A demain

 

Vaccinations et mort du nourrisson : qui osera dénoncer les assertions du Pr Luc Montagnier ?

Bonjour

Revenons sur les plus qu’étranges déclarations du Pr Luc Montagnier sur la scène d’un théâtre parisien de variétés :

« Nous sommes ici pour lancer une alerte, à tout le pays, au monde. Je voudrais alerter sur la mort subite du nourrisson. C’est quelque chose d’épouvantable, la cause est inconnue, mais il existe des faits scientifiques, montrant qu’un grand nombre de ces morts intervient après une vaccination. On ne peut pas démontrer une causalité, mais il y a une relation temporelle. [Les vaccins avec un adjuvant aluminique] sont responsables d’une tempête immunitaire chez le nourrisson (…) Ce qui est en cause, c’est la vaccination de masse, cela doit disparaître (…). » (Libération)

Le Pr Montagnier évoque aussi, selon Le Quotidien du Médecin, une « corrélation temporelle » entre vaccination contre hépatite B et sclérose en plaque. Vieil air connu auquel le Nobel 2008 de médecine aimerait redonner du souffle.

Corrélations temporelles versus lien de causalité… Restons sur les vaccinations et la mort subite du nourrisson (MSN). Quel est la bibliographie sur le sujet ? Le rôle du vaccin coqueluche à germe entier dans la MSN fut autrefois suspecté mais non retenu. Une étude anglaise de grande ampleur (The UK accelerated immunization programme and sudden unexpected death in infancy: case–control study. Fleming P, Blair P S, Ward Platt M, Tripp J, Smith J, Golding J. (2001) BMJ, 322: 822–825) a été menée au Royaume-Uni  entre 1993 et 1996/

Protéger

Conclusions résumées : « Plus d’un tiers des morts subites inexpliquées sont survenues entre 2 et 4 mois, âges des vaccinations. Pour qu’il s’agisse plus que d’une coïncidence, il faudrait que la couverture vaccinale soit supérieure chez les enfants morts que chez les contrôles. Or, c’est le contraire qui a été constaté.  » En d’autres termes ces données suggèrent que non seulement la vaccination ne contribue pas au risque de mort subite mais qu’elle pourrait même protéger…

On connaît d’autre part les facteurs de risque de la MSN : le couchage sur le ventre ; tabagisme de la mère pendant la grossesse ; le partage du lit avec les parents ; l’hyperthermie (y compris celle provoquée par les couettes, peluches …) ; l’âge (2 -4 mois) et le sexe (plus de risque chez le garçon)

En France une enquête a été réalisée en 2007-2009 (« Les morts inattendues des nourrissons de moins de 2 ans – InVS »et n’a à aucun moment évoqué le rôle des vaccins.

S’informer

On peut aussi s’informer auprès du site de l’OMS : « Vaccination: 10 idées fausses à corriger « .

« Idée fausse n°3 : Le vaccin combiné contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche et le vaccin contre la poliomyélite sont responsables du syndrome de mort subite du nourrisson. FAUX

« Il n’existe pas de lien de cause à effet entre l’administration de ces vaccins et la mort subite du nourrisson. Toutefois, ces vaccins sont administrés à un âge où les bébés peuvent être frappés par le syndrome de mort subite du nourrisson (MSN). En d’autres termes, les décès par MSN survenant après la vaccination sont une coïncidence et se seraient produits même si le nourrisson n’avait pas été vacciné. Il est important de ne pas oublier que ces quatre maladies sont potentiellement mortelles et que les nourrissons qui n’ont pas été protégés contre celles-ci par la vaccination courent un risque de décès ou d’incapacité grave. »

Statufier

L’OMS ajoute d’autre part que l’autisme n’est pas « causé par les vaccins » : « Il s’est avéré que l’étude de 1998 qui avait soulevé de nombreuses inquiétudes quant à la possibilité d’un lien entre le vaccin rougeole-oreillons-rubéole (ROR) et l’autisme, comportait de graves irrégularités et la revue [The Lancet ndlr]qui avait publié cet article l’a ensuite retiré. Malheureusement, la publication de cet article avait semé un vent de panique et conduit à une chute des taux de vaccination puis, en conséquence, à des flambées des maladies visées. Aucune corrélation n’a pu être établie entre le vaccin ROR et l’autisme ou les troubles autistiques. »

Sur la scène de son théâtre de variétés, poursuivant son voyage vers l’irrationnel, le Pr Luc Montagnier a remis en cause le bien-fondé du retrait du Lancet  de ces travaux plus que controversés du britannique Andrew Wakefield sur le vaccin ROR et l’autisme. Le Quotidien du Médecin : « Et lorsque dans la salle Serge Rader, pharmacien militant anti-vaccin, proche de Michèle Rivasi mais aussi du Nicolas Dupont-Aignan, se lève pour estimer qu’une statue de Wakefield devrait siéger à côté de Pasteur, sa diatribe est applaudie ».

A demain

 

 

Lien entre vaccins et mort subite du nourrisson : Luc Montagnier, Nobel en route vers l’irrationnel 

Bonjour

Nous l’avions annoncé, et il était bien là. Mardi 7 novembre, 10h 30 sur les planches parisiennes du théâtre Michel, 38 rue des Mathurins. Une conférence-débat centrée sur les nouvelles obligations vaccinales imposées par le nouveau gouvernement :

« Deux intervenants de renom exposeront leur point de vue sur le sujet : Le Pr Luc Montagnier – Prix Nobel Médecine, pour la découverte, en 1983 du VIH, responsable du SIDA. Il interviendra sur les risques de mort subite du nourrisson. Le Pr Henri Joyeux – Chirurgien cancérologue, professeur honoraire de chirurgie digestive et de cancérologie à la faculté de médecine de Montpellier, Prix International de Cancérologie. Il s’exprimera sur la politique de vaccination et les dangers de l’adjuvant aluminium. »

Libération (Eric Favereau) était dans la salle pour cette bien mauvaise pièce. Laissons dans l’ombre le second acteur à succès. Rappelons toutefois qu’il est poursuivi par le conseil national de l’Ordre des médecins pour «des propos non appuyés sur des bases scientifiques, portant atteinte à la profession » et « un discours très dangereux pour la population, puisqu’il s’agirait de discréditer le mécanisme de vaccination préventive ». Le Pr Henri Joyeux, puisque c’est de lui qu’il s’agit, qui a fait appel de sa sanction de radiation ; fort d’une pétition de plus d’un million de signatures.

Paracétamol-poison

Sous les projecteurs matinaux : le Pr Luc Montagnier, que nul ne sait plus aujourd’hui présenter : ancien pastorien, codécouvreur du rétrovirus du sida en 1983, prix Nobel 2008 de médecine 2008, renié par l’Institut Pasteur dont il est professeur émérite. Des déclarations controversées, l’émergence récurrente de l’étrange, un voyage sans retour vers l’irrationnel. Un mystère, une biographie qui reste à faire. « Depuis qu’il a quitté l’Institut, lieu historique de la vaccination, il met en cause les vaccins, jusqu’à en accuser certains d’être responsables de l’autisme, résume Libération :

« Nous sommes ici pour lancer une alerte, à tout le pays, au monde. Je voudrais alerter sur la mort subite du nourrisson. C’est quelque chose d’épouvantable, la cause est inconnue, mais il existe des faits scientifiques, montrant qu’un grand nombre de ces morts intervient après une vaccination. On ne peut pas démontrer une causalité, mais il y a une relation temporelle. [Les vaccins avec un adjuvant aluminique] sont responsables d’une tempête immunitaire chez le nourrisson (…) Ce qui est en cause, c’est la vaccination de masse, cela doit disparaître (…) «Je voudrais vous parler aussi du paracétamol, que l’on donne aux nourrissons quand ils ont une réaction au vaccin. C’est du poison. »

Qu’ajouter ?

A demain

 

Sperme et PMA : si les importations sont licites, à quoi sert la loi française de bioéthique ?

Bonjour

Que retenir, en résumé, du long monologue jupitérien ? L’interdiction faite, désormais, aux pauvres de jeter des pierres sur les « premiers de cordée » (« sinon c’est toute la cordée qui dégringole »). Et le refus de tirer à boulets rouges sur celles et ceux qui ne partagent pas les convictions présidentielles sur l’ouverture de la PMA aux femmes seules ou homosexuelles. Car si le discours ne varie pas sur le fond le ton, lui, a bien changé. A commencer par cette précision de taille : si elle devait se faire l’ouverture des indications de PMA des outils juridiques devraient prévenir une évolution mécanique vers la GPA à laquelle Emmanuel Macron affirme avec une plus grande clarté être totalement opposé.

Pour le reste, gant de velours : « Le politique ne doit pas imposer un choix en brutalisant les consciences » ; « sujet complexe qui heurte les convictions philosophiques et religieuses ». Et volonté réitérée d’obtenir, en 2018, un climat apaisé seul garant d’un débat de qualité. Comment Emmanuel Macron apaisera-t-il les passions qui enflamment, sur ce sujet, Mmes Marlène Schiappa, jeune secrétaire d’Etat, Irène Théry, sociologue militante médiatisée et Ludovine de La Rochère, présidente de « La Manif Pour Tous ».

Insémination artificielle à domicile

C’est dans ce contexte qu’un autre mouvement radicalisé (« L’AVenir pour Tous ») vient d’annoncer à ses ouailles « avoir découvert sur internet que l’auto-reproduction (…) est bien une réalité consommée depuis les années 1990 et son développement via internet. En effet, l’insémination à domicile avec donneur anonyme est pratiquée et commercialisée depuis le Danemark (première banque de sperme au monde) dans plus de 100 pays dont … la France. Et ce depuis 30 ans ! ».

A dire vrai le sujet est loin d’être nouveau qui était abordé il y a quelques jours dans un documentaire diffusé sur Arte : « Bébés sur mesure ».  Pour autant il s’agit bien d’un sujet essentiel qui soulève, en France, une série de questions juridiques, médicales et éthique hautement dérangeantes et, à ce titre, régulièrement occultées. Où l’on reparle de la firme danoise Cryos International spécialisée dans le commerce de paillettes de sperme congelé. Cryos dont Libé livrait un portrait il y a dix ans déjà « Sperme de luxe ».

Cryos International, donc, ses « donneurs », la « sélection » de ses derniers, les « réservations », les « tarifs » et son mode d’emploi pour la livraison et l’insémination à domicile . Avec ces précisions :

« Expédiez-vous du sperme de donneur à des clients privés dans le monde entier pour des inséminations à domicile ?

– Oui. Cryos est une banque de tissus autorisée au titre de la directive européenne sur les tissus et cellules humains. À ce titre Cryos peut expédier du sperme de donneur ayant fait l’objet de tests de dépistage à des clients privés à des fins d’insémination à domicile, quelles que soient leur situation matrimoniale et leur orientation sexuelle. Toutefois nous recommandons toujours à tous nos clients d’être suivis par un médecin. De nombreux facteurs peuvent influer sur le résultat d’une insémination artificielle, comme les examens médicaux, le diagnostic, les analyses, le moment choisi, la stimulation hormonale ou les autres traitements médicamenteux. Un traitement est généralement plus efficace s’il est réalisé par un médecin ou dans une clinique, et présente un taux de réussite trois ou quatre fois supérieur par cycle. Le traitement peut prendre la forme d’une insémination intra-utérine (insémination directement dans la cavité utérine avec du sperme purifié) ou d’une FIV (fécondation in vitro). Ces deux méthodes ne peuvent être réalisées que par un médecin ou dans une clinique.

Le sperme de donneur est du même standard de la même qualité que celle fourni aux médecins et aux établissements de procréation médicalement assistée.

Ai-je légalement le droit d’importer du sperme de donneur?

L’Union européenne forme un espace sans frontière et la libre circulation des marchandises est garantie. Cependant, vous êtes tenu(e) de respecter la législation nationale concernant l’importation et l’utilisation des marchandises. »

Le sperme est-il une marchandise ? Que dit la législation française sur la question de l’importation des gamètes ? Qui interdit, en pratique, à des femmes seules ou homosexuelles françaises d’avoir recours à un tel service ? Et si rien ne l’interdit pourquoi modifier la loi ? Nous allons, sur ce sujet, interroger l’Agence de la biomédecine.

A demain