Le 6 mars dernier une femme mourait après deux heures trente d’attente au CHU de Reims

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C’était le 6 mars dernier. La pensionnaire de la maison de retraite Wilson était arrivée peu après 16 heures aux urgences du CHU de Reims les « jambes marbrées » rapportait L’Union, À 18 h 30, toujours sur un brancard aux urgences, cette femme de 73 ans faisait un arrêt cardiaque et ne pouvait être réanimée. Son fils s’interrogeait alors sur la prise en charge. « Cette attente lui a peut-être été fatale, je regrette qu’elle ait tant attendu… » témoignait-il auprès du quotidien. Une requête devait être déposée auprès du tribunal administratif  pour demander la nomination d’un expert. « On lui a pris les dix dernières années de sa vie », affirmait l’avocat du fils de la patiente, Me Emmanuel Ludot.

Pourtant, d’emblée, l’hôpital se défendait de tout dysfonctionnement. « Il y a eu, malheureusement, quatre urgences vitales à traiter en même temps que la septuagénaire, qui, à son arrivée, avait été diagnostiquée dans un état stable. Les soins appropriés lui ont été administrés quand son état s’est aggravé », expliquait à L’Union le CHU, tout en soulignant l’existence de  « pics épidémiques liés à la grippe et à la diarrhée aiguë ».

Plusieurs médecins ou membres du personnel hospitalier pointaient toutefois du doigt des urgences de l’hôpital de Reims « saturées ». Dans L’Union, des brancardiers dénoncent des « délais d’attente [qui] se sont dangereusement allongés depuis un an » et « toute la chaîne des urgences qui est ainsi prise en otage par une mauvaise gestion ». Au Figaro , Cédric Renard, secrétaire général FO au CHU de Reims, soulignait pour sa part le « manque de personnel ».

Sept mois plus tard

Nous sommes le 6 octobre de la même année. « Mme M. n’a été prise en charge que deux heures après son arrivée aux urgences pour un arrêt cardio-respiratoire non récupéré. Elle n’a bénéficié d’aucun accueil infirmier, d’aucune prise de constantes et donc d’aucune évaluation de son état », peut-on lire dans le pré-rapport d’expertise demandé par le tribunal administratif de Chalons-en-Champagne – rapport consulté par l’Agence France-Presse. Mme M., âgée de 73 ans et atteinte de la maladie d’Alzheimer, vivait depuis 2012 à l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ephad) Wilson de Reims, rappelle l’AFP. Le 6 mars, elle arrive en ambulance non médicalisée aux urgences du CHU à 16h06 pour des marbrures des membres inférieurs et une tachycardie. A 18h25, après être restée seule sur un brancard, elle est victime d’un arrêt cardiaque mortel.

« Il existe un manquement dans la prise en charge (…). Ce défaut d’évaluation initial de l’état de santé de Mme M. a été préjudiciable et relève d’un problème d’organisation au sein du service des urgences , poursuit le pré-rapport, révélé par France Info et l’Union. L’évolution de l’état de santé de Mme M., des premiers symptômes jusqu’à l’arrêt cardiaque, a été extrêmement rapide témoignant de la gravité de la pathologie sous-jacente ». Ce jour-là, quarante-six patients ont été enregistrés aux urgences entre midi et 16h20. Seuls six patients ont vu un infirmier d’accueil en moins de trente minutes, délai recommandé par la Société française de médecine d’urgence (SFMU). Le délai moyen était de 1 heure et 1 minute.

« C’est un rapport accablant pour l’hôpital. Elle était manifestement prioritaire, mais on ne l’a même pas regardée » commente Me Emmanuel Ludot. Cet avocat compte s’appuyer sur ce document pour chiffrer le « préjudice d’affection » de son client.  Le CHU n’a pas pu donner suite aux sollicitations de l’Agence France-Presse. Du moins dans l’immédiat.

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Les urgences en surchauffe partout en France.  L’AP-HP « craque » et ne fait plus rêver

 

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17 mars 2018. La manchette du Monde : « Pourquoi les hôpitaux parisiens craquent ». A lire: une longue litanie de plaintes, de dysfonctionnements, d’absurdité. AP-HP, historique et prestigieuse entité ne fait plus rêver. « Confrontée à un déficit de 200 millions d’euros et à un plan d’économies drastique elle est à bout de souffle. Personnel soignant comme chefs de service dénoncent un manque constant de moyens, un découragement et une perte de sens. »

Tonalité atypique, une ombre de mea culpa, Martin Hirsch, directeur général serait-il sur le point de renoncer ? Il reconnaît,au sein du personnel, « un sentiment de lassitude et de souffrance » et en appelle à une transformation profonde de l’hôpital. Extrait de l’entretien accordé au quotidien vespéral :

« Après trois ans d’affilée de réduction du déficit, l’année 2017 a été atypique, avec une activité stable et des dépenses que nous n’avons pas ajustées à temps. Le plan que nous mettons en place repose d’abord sur des économies sur les médicaments auxquelles tous adhèrent, et sur un gel de 0,5  % de la masse salariale que tous redoutent. C’est dur, mais cela ne met pas en péril l’AP-HP ni la prise en charge des malades. Pour que cela ne pèse pas là où les besoins sont les plus forts, nous organisons, avec les présidents de communauté médicale, une revue des services que nous aurions dû réorganiser plus tôt, pour le faire vite.

« Un malaise chez les soignants ? Incontestablement, et nous en avons conscience. Il traduit ce que j’appelle la  » mue douloureuse  » de l’hôpital, avec un sentiment qui va de la lassitude à la souffrance, mais qui ne remet pas en cause l’attachement au service public. (…)

« La contrainte budgétaire ne sera supportable que si des transformations profondes se font. Le gouvernement a lancé des chantiers  » pour en finir avec les rafistolages « . J’invite donc cette maison à dire le projet qu’elle veut porter. Un ensemble aussi grand doit-il continuer à être organisé comme les autres ? Ne peut-on pas garder les avantages de la taille sans ses lourdeurs ? De même que j’ai annoncé qu’on quittait le siège de l’AP-HP, je considère que nous ferions une erreur historique en ne proposant pas des évolutions majeures de nos organisations et des cadres de travail des personnels. (…)»

Deux morts problématiques à Rennes et Reims

Pour le reste, partout en France, les services d’urgence font face à une affluence inhabituelle. Tous les quotidiens régionaux en parlent. Les plans  » Hôpital en tension  » sont déclenchés.  Une sexagénaire, se plaignant de douleurs abdominales, est décédée lundi 12 mars aux urgences du CHU de Rennes une heure après son admission. La patiente, conduite en Samu, attendait sur un brancard de pouvoir être auscultée par un médecin.

Des pompiers, présents à proximité, ont lancé l’alerte, voyant que la femme ne respirait plus. Le décès a provoqué doutes et interrogations dans ce service sous tension. « Le personnel est souvent dans une impasse et doit pallier le plus urgent. Nous dénonçons depuis longtemps le manque de moyens pour une bonne prise en charge des patients » a déclaré Fabrice Lerestif, du syndicat FO à Ouest-France.

 Selon la direction du CHU, citée par le quotidien régional, l’équipe soignante, au complet à ce moment-là, devait assumer la prise en charge de « près de 100 patients présents dans le service dont 70 admis les cinq heures précédentes ». Le personnel faisait également face « à la présence simultanée d’urgences avec mise en jeu du pronostic vital, nécessitant une prise en charge immédiate ».

Une autopsie permettra de déterminer les causes du décès. Le procureur de la République de Rennes a ouvert une enquête pour faire la lumière sur les causes et les circonstances du décès, précisant toutefois selon Le Télégramme, qu’aucune plainte n’a pour l’heure été déposée par la famille.

Abandon et délabrement

Une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte au lendemain du décès d’une septuagénaire, le 6 mars, aux urgences du CHU de Reims (Marne), après une longue attente. «J’ai ouvert une enquête en recherche des causes de la mort (…) pour savoir si oui ou non il y a possiblement une infraction pénale susceptible d’être reprochée», a déclaré Matthieu Bourrette, le procureur de la République de Reims, confirmant une information du journal L’Union.

La septuagénaire, résidant dans une maison de retraite de la ville, est décédée aux urgences de ce CHU il y a une semaine, après plus de 2h30 d’attente. Elle a succombé à un arrêt cardiaque. «Elle n’a pas été examinée, personne ne s’est intéressée à elle, même pas sur le plan administratif», dénonce Me Emmanuel Ludot, avocat du fils de la défunte. Elle était «totalement abandonnée» dans un «état de délabrement», a-t-il insisté.

« Depuis janvier, les médecins décomptent sur Internet, le nombre de patients qui passent la nuit dans un brancard, faute de lits suffisants. Dans la région, plusieurs établissements participent, rapporte Sud-Ouest. Une sorte de diagnostic. Ou du moins un état des lieux, réalisé par le SAMU-Urgences de France (SUdF). C’est ce que propose le No bed challenge ou NBC. Non pas un nouveau défi improbable et dangereux mais un recensement du nombre de patients qui ont passé la nuit au service d’urgences faute de lits disponibles. »

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Rebondissement dans l’affaire Vincent Lambert : nouvelle polémique médicale et scientifique

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L’affaire réunira, une nouvelle fois, ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas. Les uns y verront la providence ou la fatalité ; les autres le simple effet du hasard.  Dans un courrier daté du 22 septembre, le Dr Vincent Sanchez (CHU de Reims) a informé la famille de Vincent Lambert qu’ une nouvelle procédure collégiale médicale allait être engagée à la demande de François Lambert, le neveu du malade favorable à un arrêt des soins qui lui sont prodigués.

Trois jours plus tard une équipe de chercheurs et de médecins lyonnais publiait dans une revue scientifique comment elle était parvenue à faire qu’un homme aujourd’hui âgé de 35 ans plongé depuis quinze ans dans un « état végétatif » (état « d’éveil non répondant ») retrouve un état de « conscience minimale » via la stimulation électrique répétée du nerf vague.

« Cette avancée très importante ouvre une nouvelle piste thérapeutique pour des patients à l’état de conscience altéré », déclarait dans Le Monde le Pr Lionel Naccache, (Institut du cerveau et de la moelle épinière, hôpital de la Pitié-Salpêtrière). « Un vieux dogme voudrait qu’il n’existe aucune chance d’amélioration chez les patients sévèrement cérébrolésés depuis plus d’un an. Mais ce dogme est faux, comme le confirme cette étude. La plasticité cérébrale, cette capacité de remodelage et d’adaptation de notre cerveau, est parfois étonnante. C’est un traitement chirurgical très prometteur » estimait le très mesuré Pr Steven Laureys (Coma Science Group, Liège) l’un des meilleurs experts mondiaux du domaine.

Idéologie et ingéniosité

A l’âge de 20 ans, le patient lyonnais avait été victime d’un accident de la circulation qui avait provoqué de graves lésions cérébrales. Qui établirait le parallèle avec le cas de Vincent Lambert, victime d’un accident de la circulation en 2008 et aujourd’hui âgé de 41 ans ? C’est aujourd’hui chose faire, sur le site Gènéthique, par Me  Me Jean Paillot, avocat des parents de Vincent Lambert : « Vers une 4ème procédure collégiale contre les avancées de la science ? ».

Pour l’avocat la proximité des dates est un « signe » :

« Elle témoigne dans un cas d’une volonté acharnée et en réalité idéologique de faire disparaître Vincent Lambert ; elle témoigne dans l’autre de l’ingéniosité humaine pour venir en aide aux meurtris de la vie. Supprimer celui qu’on n’arrive pas à guérir ? Ou le soigner, le dorloter, le choyer, parce que personne n’est maître de la vie de son patient et qu’une avancée de la science, ou de l’individu lui-même, est toujours possible dans le cas de lésions cérébrales ? C’est en réalité le défi éthique et juridique majeur de l’affaire Vincent Lambert. »

De fait de nouvelles questions ne peuvent pas, selon cet avocat, ne pas être soulevées. Le CHU de Reims, où se trouve Vincent Lambert, est-il capable de reproduire sur ce patient le protocole réalisé à Lyon ? À défaut, ne faudrait-il pas transférer Vincent Lambert dans une unité capable de tenter un protocole similaire ? On peut aussi aujourd’hui raisonnablement s’interroger, à la lumière du résultat lyonnais, sur le jugement prononcé par le Conseil d’Etat saisi de l’affaire Lambert. Selon les hauts magistrats la poursuite de la nutrition et de l’hydratation pouvait, désormais, être considérée comme une «obstination déraisonnable». Est-ce toujours vrai ?

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F. Hollande : «Des propos sans rapport avec la réalité de ma pensée » Quel diagnostic poser ?

 

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Pour 24, 50 euros c’est un « parfait suicide politique ». Celui de François Hollande, président de la République française. Personne ne comprend plus rien et le malaise, épidémique, gagne le pays. Comment celui qui incarne leur indépendance peut-il traiter  de « lâches » les magistrats et la magistrature – et ce dans un pénultième et invraisemblable ouvrage de « confidences à des journalistes » ?

« Cette institution, qui est une institution de lâcheté… Parce que c’est quand même ça, tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux… On n’aime pas le politique. La justice n’aime pas le politique… »

Les magistrats se sont dits « humiliés ». On le serait à moins. Premier président de la Cour de cassation Bertrand Louvel a déclaré qu’il n’était « pas concevable que la charge de président (…) puisse être utilisée par son titulaire pour contribuer à diffuser parmi les Français une vision aussi dégradante de leur justice ». Inconcevable est bien le mot.  M. Louvel et le procureur général de la plus haute juridiction française, Jean-Claude Marin, avaient été reçus à leur demande en catastrophe dans la soirée du  mercredi 12 octobre par le chef de l’État. Quel aura, alors été leur diagnostic ?

Marbre de la loi

Le lendemain  ils ont exprimé leur indignation sous les ors de la Cour de cassation devant une assemblée de magistrats en grande tenue. Selon M. Marin, l’entretien de la veille à l’Elysée n’avait « pas atténué le sentiment que la magistrature avait ressenti face à une nouvelle humiliation ». Et le premier président a estimé que, venant du garant constitutionnel de l’indépendance de la justice, les propos et commentaires de M. Hollande posaient « un problème institutionnel ». Ces commentaires, M. Marin les a lus dans un silence pesant, détachant chaque mot. Le poids du marbre de la loi…

Puis les deux plus hauts magistrats de France ont été rejoints dans leur indignation par le Conseil supérieur de la magistrature, qui a dénoncé des propos « dangereux et injustes », et par les avocats, qui ont fait part de leur « consternation » et « incompréhension » selon le président du Conseil national des barreaux (CNB) Pascal Eydoux. « Il doit s’excuser, il doit réparer » a même cru devoir déclarer  Me Jean-Pierre Mignard, proche du président. Quel diagnostic ?

Cicatriser

En visite à Ottawa, le Premier ministre Manuel Valls a  tenté de voler au secours de François Hollande dont « l’indépendance de la justice a été la marque de l’action », soulignant que « rien n’a été fait contre la justice » sous sa présidence. Rien n’a été fait mais l’irréparable a été dit, puis imprimé et publié.

Puis, dans un courrier adressé vendredi 14 octobre à leurs représentants, François Hollande a écrit :

« Vous avez exprimé, au nom de l’institution judiciaire, votre vive émotion à la suite de propos publiés dans un livre. Ils sont sans rapport avec la réalité de ma pensée comme avec la ligne de conduite et d’action que je me suis fixée comme président de la République, garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire. »

« Des propos sans rapport avec la réalité de ma pensée ». Quel diagnostic envisager ?

Le procureur Thomas Pison a aussitôt salué – au nom des quatre conférences nationales représentant procureurs et présidents des tribunaux et cours d’appel – « un début d’explication », mais il a prévenu qu’il faudrait du temps « pour que les choses se cicatrisent ». Un procureur connaît-il la profondeur de la plaie ? Le temps que prennent les cicatrices avant qu’on les oublie ?

Epitaphe publique (700 pages)

Le président (PS) de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, a déclaré dans un entretien à La Provence « Je me pose des questions sur sa volonté. Une hésitation transparaît. Je lui ai fait part de ma stupéfaction. Il y a un grand besoin d’explication pour comprendre s’il veut vraiment être candidat. » Quel diagnostic porter ?

« En clair, François Hollande dit n’importe quoi lorsqu’il reçoit les journalistes et regrette tout immédiatement après », se gausse Sébastien Lacroix dans L’Union.  Le président « a peut-être finalement écrit là son épitaphe publique. Une épitaphe de près de 700 pages qui, si on y regarde bien, s’apparente à un petit traité du parfait suicide en politique », analyse Pascal Coquis dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace. « Pulvérisé dans les sondages, François Hollande se permet encore de carboniser les lambeaux de popularité qui lui restent », écrit Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne.

Et tous les éditorialistes de se rejoindre : « Une fin de mandat pathétique. » A quand temps des cicatrices ?

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Denis Baupin: pour le député Arnaud Robinet, l’affaire relève aussi du champ de la psychiatrie

 

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Il en fallait un. Cela fut Arnaud Robinet. Qui connaît Arnaud Robinet, 41 ans, maire de Reims et député (Les Républicains) ? Voici un extrait de sa fiche Wiki :

« Il fréquente les écoles primaires Voltaire et Saint-Joseph, le collège Jeanne-d’Arc puis le lycée Saint-Joseph où il obtient son baccalauréat. Avec trois échecs en première année de médecine, il ne parvient pas à accéder à la formation de médecin. Il se réoriente et finit par obtenir un doctorat de recherche en biochimie et biologie moléculaire à la faculté de médecine de Reims en 2003. En 2007, il devient maître de conférences – praticien hospitalier en pharmacologie à l’Université et au CHU de Reims dont il est également président du conseil de surveillance. »

Arnaud Robinet vient de s’exprimer sur l’épisode Baupin comme le rapportent le Lab (Europe1) et L’Union (de Reims).

Au-delà de la justice

Les révélations de Mediapart et de France Inter n’ont pas laissé insensible ce jeune responsable politique. Pour Arnaud Robinet, Denis Baupin (accusé d’harcèlement et d’agressions sexuels par plusieurs élues) va bien au-delà de la justice. Le député LR y voit également une question médicale. Interrogé sur LCP, mardi 10 mai, le maire de Reims a déclaré :

« Aujourd’hui, c’est entre les mains de la justice et je pense aussi que la médecine a son rôle à jouer dans ce cas-là (…) Je ne sais pas comment – quand on est un homme politique – on peut avoir deux discours ? C’est pour ça que je vous dis d’ailleurs que c’est dans les mains de la justice mais que c’est également un cas que je dirais psychiatrique ou un cas de la médecine. Parce qu’on ne peut pas avoir une double personnalité ».

Refusant la possibilité du dédoublement le député, pharmacien et maire de Reims Arnaud Robinet hésite entre la médecine et la psychiatrie. Il n’a pas le droit de porter, publiquement, un diagnostic. Ni même d’en évoquer un. Le patient désigné, élu écologiste, engagera-t-il une action en justice ?

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Reims : une femme de 46 ans est retrouvée criblée de balles de calibre 9mm à son domicile

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C’est une dépêche de l’Agence France Presse. Comme le début d’un synopsis pour une série qui, cette fois, ne nous viendrait pas de Norvège (ou d’Islande). Cela s’est passé au cœur battant de la France éternelle : à Reims. Plus précisément à proximité de la gare, rue Plumet-Folliart

Quartier Clairmarais

Une femme de 46 ans a été retrouvée  dans la soirée du 22 février criblée de balles à son domicile proche de la gare de Reims. L’information vient d’être donnée par le parquet de la ville – parquet qui précise, déjà, que deux personnes sont en garde à vue dans cette affaire. Le parquet confirme ici une information de L’Union :

 « Lundi soir, vers 22 heures, les services de police ont bouclé la rue Plumet-Folliart à Reims, dans le quartier Clairmarais. Le dispositif était toujours en place à 2 heures. Aucune information n’était disponible à l’heure où nous écrivions ces lignes, mais les premiers renseignements recueillis, non recoupés, faisaient état de la mort d’une personne après usage d’une arme. Les policiers semblaient s’activer dans un petit immeuble situé au milieu de la rue, une voie étroite délimitée par les rues Géruzez et Alexandre-Henrot. L’hypothèse criminelle n’est pas à exclure car des enquêteurs vêtus de combinaisons blanches procédaient à des investigations.

Arrivée à 0 h 45, une équipe du funérarium est ressortie de l’immeuble quinze minutes plus tard avec un corps. Les constatations policières ont cependant continué après son départ. Les prochaines heures permettront peut-être d’en apprendre davantage.

Actualisation mardi à 08 h 30 :

« On en sait plus sur la macabre découverte effectuée ce lundi soir vers 22 heures rue Plumet-Folliart dans le quartier Clairmarais à Reims. C’est le corps d’une femme, âgée d’une quarantaine d’années, qui a été retrouvé dans un immeuble situé au milieu de cette rue. La piste criminelle semble se confirmer dans la mesure où la victime a été tuée de plusieurs balles, tirées par une arme de poing de gros calibre.

« Un homme, qui appartiendrait à l’entourage de la victime, a été placé en garde à vue après avoir été interpellé ce mardi matin. Durant la nuit, de nombreuses patrouilles ont tourné dans le quartier, à la recherche d’un suspect. »

Défavorablement connue des services de police

 « On constate la présence de six orifices de balles, dont deux à la tête et deux au thorax », a déclaré à l’AFP le procureur de la République Fabrice Belargent. C’est clairement un meurtre avec un pistolet, apparemment du calibre 9 mm », a-t-il ajouté, précisant détenir des signalements d’un homme s’enfuyant dans la rue après des détonations. Deux personnes, un homme et une femme sont en garde à vue. « Des proches de la victime susceptibles d’avoir un contentieux avec elle » selon le procureur. Ce dernier a aussi ajouté que  la victime était « défavorablement connue des services de police ». Et ce « notamment pour des affaires de stupéfiants ».

L’enquête a été confiée au Service régional de police judiciaire de Reims.  Il n’est pas dit, tout bien pesé, que cela ferait une bonne série.

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Reims: une jeune fille bronzée en bikini molestée; une agression sans l’ombre d’une religion

Bonjour.

Toile et tweets obligent, ce sera l’un des « fait divers » français de cette fin juillet 2015. Cinq jeunes filles, dont deux mineures ont, ce 26 juillet, été déférées au parquet de Reims après avoir violemment pris à partie et molesté une jeune femme qui bronzait en maillot de bain mercredi 22 juillet, dans un parc de la ville.

Léo-Lagrange

Ce jour là, canicule aidant, une Rémoise de 21 ans, accompagnée de deux de ses amies, avait décidé de se prélasser sur l’herbe dans le parc Léo-Lagrange, rapportait L’Union de Reims.

Alors qu’elle était allongée sur la pelouse, la jeune femme était alpaguée par un groupe de cinq filles originaires de différents quartiers de la ville, relatait L’Union. La raison ? Elle est vêtue d’un maillot de bain, ce que le groupe aurait jugé indécent en un tel endroit. La jeune Rémoise ne se serait pas laissée ainsi traiter et aurait rétorqué  qu’elle n’avait pas de leçon à recevoir sur sa manière de se vêtir. Sous la canicule les esprits se seraient un peu plus échauffés et le groupe de filles se serait précipité sur sa cible dévêtue a raconté L’Union.

Quatre jours d’ITT

L’Union est alors reprise par BFM TV. La jeune femme est rouée de coups, avant que des témoins de la scène ne s’interposent. Pompiers alertés. Evacuation de la victime à qui un médecin prescrira quatre jours d’incapacité totale de travail.

Les auteures supposées de l’agression? Elle seront identifiées par la « brigade de répression des violences ». Elles sont âgées respectivement de 16, 17, 18, 19 et 24 ans. L’une des mineures a été placée sous le statut de témoin assisté, tandis que l’autre fait l’objet d’une convocation devant le délégué du procureur. Les majeures, elles, seront jugées le 24 septembre prochain devant le tribunal correctionnel. BFM TV sera là.

Me Collard

Entretemps, le député FN du Gard, Gilbert Collard, a réagi sur Twitter :

« Tabassée dans un parc de Reims parce qu’elle porte un maillot de bain jugé indécent par 5 jeunes- filles des quartiers: c’ est ça la France?

— Gilbert Collard ن (@GilbertCollard) » 

Les jeunes filles des quartiers tabassant une Rémoise qu’elles jugent indécente ? Dans le parc Léo-Lagrange, à l’ombre de la cathédrale ? On sent les religions à fleur de peau comme on les a perçues pendant des heures, nous disent différents médias, via l’inflammation des réseaux sociaux.

«Vivre à la française»

Les premiers écrits, en prêtant à l’auteure principale de l’agression un «discours aux relents de police religieuse», avait suscité de nombreuses réactions dans la classe politique. Tout l’éventail, depuis Florian Philippot (FN), évoquant une femme lynchée car «vivant à la française», jusqu’au président de SOS Racisme Dominique Sopo, dénonçant «une morale de l’oppression qui réduit nos libertés».

Ce dimanche 26 juillet la canicule avait disparu mais sept personnes avaient répondu à l’appel de la section locale de SOS Racisme, qui invitait à un rassemblement en maillot de bain sur les lieux de l’agression.

Ni morale ni religion

La réalité ? Rien de tout cela, si l’on en croit la police de Reims.

« C’est une altercation entre jeunes filles qui dégénère après qu’une des auteures de l’agression a dit : Allez vous rhabiller, ce n’est pas l’été« , a expliqué la commissaire de permanence, Julie Galisson. Une des femmes ainsi interpellées ne s’est pas laissé faire et cela a dégénéré en violences. Aussi bien dans les déclarations de la victime que celles des mises en cause, aucun élément à caractère religieux ou moral n’est évoqué pour expliquer l’agression ».

Ainsi donc, pour l’heure il semble que Me Gilbert Collard puisse, tranquillement aller se rhabiller. Reste, bien sûr, à savoir si la police française de permanence nous dit la vraie vérité.

A demain