Cigarettes, vapotage, politique : le retour de Marisol Touraine et de son paquet-neutralité

Bonjour

Où l’on retrouve, prenant la parole, Marisol Touraine « ancienne ministre de la Santé de François Hollande et nouvelle récipiendaire de la Légion d’honneur » (sic). Celle a qui Agnès Buzyn succéda a été « sollicitée » par le Midi-Libre, aussi a-t-elle écrit un article intitulé « Le défi du Grand Débat » qu’elle a également publié sur son blog .

 On se souvient peut-être des hésitations sans fin de la ministre de François Hollande tentée par l’aventure macronienne. Les atermoiement semblent, chez elle, toujours d’actualité :

Acte I« La France est aujourd’hui engluée dans une crise profonde, que le gouvernement a aiguisée en écartant les élus locaux et les acteurs sociaux (…) Cette crise est préoccupante parce qu’aucune alternative politique n’émerge aujourd’hui et que l’esprit de responsabilité semble avoir déserté. La violence est inacceptable et doit être condamnée sans ambiguïté, par les élus de tous bords comme par les “gilets jaunes”. Mais de son côté, Emmanuel Macron a trop tardé à réagir et le gouvernement multiplie depuis les erreurs en ignorant les organisations syndicales réformistes ou en accumulant les couacs sur la taxe d’habitation pour ne prendre que ces exemples.

Acte II « (…) il faut cesser d’expliquer que le débat ne changera rien alors que des attentes s’expriment avec force et que prévaut le sentiment d’un manque de considération : c’est en associant les partenaires, en inventant une nouvelle articulation entre démocratie représentative et démocratie participative que le pouvoir ouvrira un débouché politique à la crise. »

Acte III « En cette période de vœux, je forme celui que le calme et le respect reviennent, permettant un débat de fond, un débat sans fard, sans faux-semblant, qui permette à chacun d’être entendu, à la justice sociale d’être notre boussole collective et à notre pays d’aller mieux. »

Et puis, simple hasard ou tenace fatalité, voici que deux années après l’entrée en vigueur du paquet neutre, Santé publique France publie, ce jeudi 17 janvier, une étude sur la perception du paquet de cigarettes par les fumeurs. On se souvient que ce « paquet neutre » fut le grand œuvre anti-tabagique d’une Marisol Touraine qui sera un jour condamnée pour ne pas avoir perçu la puissance du levier de la cigarette électronique dans le champ de la réduction des risques addictifs. Un dramatique déni politique sur lequel on espère, encore et toujours que l’ancienne ministre parviendra un jour à s’exprimer – sans même parler d’Agnès Buzyn qui suit le même dramatique chemin.

Santé Publique France, donc : « Perception du paquet de tabac neutre par les fumeurs : baromètres 2016 et 2017 »

A dire vrai c’est un peu court : « les résultats confirment que le paquet de tabac neutre est moins attractif pour l’ensemble des fumeurs ». Pauvrement court : « deux indica­teurs ont été utili­sés : le fait que l’aspect du paquet que les fumeurs achètent habituellement leur plaît, et la gêne qu’ils ont à sortir leur paquet à cause de son aspect ». Ce qui donne :

  • la part de fumeurs qui déclarent que l’aspect de leur paquet de cigarettes leur plaît a été divisée par trois en 2017 (16 %) par rapport à 2016 (53 %) ;
  • les fumeurs qui sont gênés de sortir leur paquet à la vue de tous à cause de son aspect sont deux fois plus nombreux en 2017 (12 %) qu’en 2016 (6 %) ;
  • l’appréciation du paquet a particulièrement diminué chez les 18-24 ans.

On résume : « le nouveau conditionnement des produits du tabac a eu un impact sur la perception par les fumeurs de leurs paquets de cigarettes et a probablement contribué, dans un contexte anti‑tabac particulièrement fort, à dénormaliser encore un peu plus les produits du tabac en France ».

Et, comme toujours chez Santé Publique France,  rien sur les vertus, en France, de la cigarette électronique en matière de santé publique.

A demain

@jynau

Pathologies publiques : rechute alcoolique de Renaud, le cancer de Pernaut, la fièvre de Le Pen

Bonjour

Contagion des réseaux sociaux. Le temps n’est plus où certaines informations, plus ou moins privées, plus ou moins cryptées, n’étaient destinées qu’aux lecteurs, sur papier coloré, de France Dimanche ou d’Ici Paris.

« Renaud hospitalisé et ‘’très touché’’ dans un service spécialisé en addictologie, rapporte Le Figaro (Caroline Coupat). Le chanteur a été admis ce week-end dans une clinique près de Montpellier. Il n’en a pas fini avec son alcoolisme chronique. Il est entré ce week-end pour suivre une nouvelle cure de sevrage dans une clinique de Castelnau-le-Lez, près de Montpellier (Hérault), selon nos confrères du Midi Libre .

L’artiste serait en très mauvaise santé et pourrait rester dans le service plusieurs mois, selon France Bleu Hérault . C’est sa fille Lolita qui aurait poussé son père à prendre cette décision après sa rechute de l’été dernier. Selon Paris Match, ce dernier veut se soigner et s’est rendu à la clinique de son propre chef car il tient à enregistrer un album de chansons pour enfants, dont il envisage la sortie en 2019. »

Ses démons

La clinique « refuse catégoriquement » de communiquer sur la présence du chanteur entre ses murs mais certains patients ont reconnu un Renaud « affaibli et sur ses gardes ».  « C’est le deuxième séjour de l’interprète de Mistral Gagnant dans un service d’addictologie depuis le début de l’année, rappelle Le Figaro. Il a déjà été hospitalisé en février dernier dans un établissement de la région parisienne. À l’époque, son frère David expliquait dans les colonnes du Parisien que Renaud allait bien, apprenait ‘’à se passer de ce breuvage assassin qu’est la bière’’ mais avait ‘’besoin de se réparer’’. Sur sa page Facebook, son équipe parlait d’«une petite cure, rien de grave». Interrogés à la fin de semaine dernière, les responsables de sa maison de disques minimisaient son problème de santé, assurant que le chanteur venait de faire un check-up et qu’il se portait bien. »

Selon la métaphore communément employée Renaud, 66 ans, ne parvient toujours pas « à vaincre ses démons ». Lors de sa dernière apparition à la télévision, en avril,  il répondait difficilement aux questions et disait souffrir de «déprime» et de «mélancolie». Profondément marqué par le décès de son ami Johnny Hallyday en décembre, il aurait alors confié à son frère David « le prochain, c’est moi ».

Montrer l’exemple 

Entre autres médias généralistes Le Point rapporte que Jean-Pierre Pernaut est soigné pour un cancer de la prostate. Le célèbre présentateur (depuis trente ans) du 13 heures de TF1 (cinq millions de téléspectateurs) ne sera pas présent à l’antenne pendant plusieurs semaines, durant sa convalescence. C’est Jean-Pierre Pernaut lui-même qui l’a annoncé à travers une publication sur Twitter – un message destiné à rassurer ses téléspectateurs et ses abonnés. « Je dois m’absenter quelque temps de la présentation du JT de 13 H. J’ai en effet subi une intervention chirurgicale pour un cancer de la prostate. Tout va bien. »

Sa femme, Nathalie Marquay-Pernaut, s’est aussi exprimée à travers ses comptes sur Facebook et Instagram. Elle s’est également chargée de rassurer les fans concernant l’état de santé de son mari. « Rassurez-vous, il va bien, il est très bien entouré de sa famille et ses amis et est très bien soigné. Il m’a toujours soutenue dans mon combat pour ne pas considérer le mot cancer comme un tabou et souhaite montrer l’exemple en étant honnête sur sa situation. À mon tour de le soutenir dans ce combat, ensemble nous sommes plus forts. Son leitmotiv ? Retrouver au plus vite le plateau du JT de TF1 ».

Fièvre persistante

Jean-Marie Le Pen, 90 ans,  a dû être hospitalisé dans la soirée du 25 septembre, près de Paris. Il souffre d’une « fièvre persistante ». Ses proches ont indiqué à l’AFP que ses jours n’étaient « pas en danger ». « L’entourage médical de Jean-Marie Le Pen a estimé nécessaire une hospitalisation afin de prévenir toute complication », précise d’autre part, dans un communiqué, son cabinet.

Le cofondateur du Front National « est d’humeur positive » mais il a dû « reporter la plupart de ses engagements dans les prochains jours », a ajouté son conseiller Lorrain de Saint Affrique. Celui qui présidé le FN près de 40 ans, avait déjà été hospitalisé une dizaine de jours en juin pour une « complication pulmonaire dangereuse » d’origine bactérienne – et ce après une première hospitalisation pour une grippe. C’était en en avril.

A demain

A saisir : cabinet de généraliste en zone sensible. Chiffre d’affaire annuel: environ 800 000 euros

 

Bonjour

Ceintures serrées, nous traversons des temps parfois bien difficiles. On ne résiste pas au plaisir de rapporter cette croustillante affaire entendue ici et là dans les médias – dont Le Quotidien du Médecin (Guillaume Mollaret). L’histoire d’un généraliste œuvrant à perdre haleine. – au point d’affoler les compteurs chiffrés de la Sécurité sociale, notre solidarité nationale.

Nous sommes dans ce qu’il est convenu d’appeler une zone urbaine sensible : le quartier de La Paillade, sous-quartier de La Mosson, à Montpellier. Cabinet de généraliste entre les anciennes garrigues et les vieilles terres agricoles. Chiffre d’affaires annuel oscillant entre 750 000 et 800 000 euros. Il pourrait être bientôt à saisir.

Garde à vue

Voici ce qu’écrivait Le Midi Libre le 10 mai (Jean-François Codomié)

« Un médecin généraliste installé à La Paillade se trouve en garde à vue dans les locaux de la sûreté départementale, au commissariat central, depuis ce lundi matin 9 mai . Tout comme son épouse, sa secrétaire, son associé ainsi qu’un tiers que le praticien est soupçonné d’avoir employé, sans aucun diplôme, dans un salon d’esthétique situé en ville.

« C’est un renseignement anonyme, arrivé aux esgourdes policières, qui aurait permis de mettre au jour une fraude de vaste ampleur. Laquelle aurait eu cours ces deux dernières années. Dans les faits, le praticien est suspecté d’avoir fait rédiger par sa secrétaire de fausses ordonnances et faux arrêts de travail. Le degré d’implication de la femme du médecin et de son associé n’étant, pour l’heure, pas connu.

« Selon nos informations, que l’hôtel de police a refusé de confirmer ou d’infirmer, le préjudice de la fraude, estimé à cette heure, se chiffrerait à quelque 550 000 €. Les limiers de la brigade financière auraient établi que le praticien se serait fait rembourser 800 000 € par la Caisse primaire d’assurance-maladie de l’Hérault (CPAM 34) en 2015. Quand un bon médecin s’en voit rembourser 150 000 € l’an.

« Des sommes astronomiques donc qui, par comparaison, auraient obligé le généraliste à travailler l’équivalent de… quarante-six heures par jour, via 133 consultations et/ou visites. Représentant vingt mille consultations l’an, contre 2 340 en moyenne, au niveau de la région. Les gardes à vue des différents protagonistes ont été prolongées ce mardi. Et ils devraient être déférés ce mercredi au parquet. Lequel pourrait ouvrir une information judiciaire. »

 Confrère et ami

« Ce montant sera sans doute réajusté car dans l’agenda du médecin, nous avons constaté des bizarreries. Un jour, il a effectué 90 consultations et 23 déplacements, ce n’est pas commun » a expliqué un enquêteur au Quotidien du Médecin. Dans cette affaire, un deuxième médecin (remplaçant du premier mais travaillant en réalité à temps plein au cabinet) est lui aussi l’objet d’une mise en examen pour escroquerie. Selon les enquêteurs, sa présence n’était pas déclarée – aussi ne signait-il pas de son nom les ordonnances de son confrère et néanmoins ami.

Affaire croustillante : le généraliste escroc présumé avait déjà été suspendu six mois par l’Ordre des médecins (du Var) pour des surfacturations. Il soupçonné là encore de surfacturations et d’actes fictifs (faux arrêts maladie, renouvellements de complaisance).  « Sa secrétaire conservait les cartes Vitale et les passait à la place du médecin. On soupçonne que des arrêts maladie et des prescriptions étaient reconduits sans consultation, explique le procureur adjoint de Montpellier Yves Micolet. Après un coup de fil à la secrétaire, celle-ci distribuait les ordonnances. Nous avons fait des saisies en ce sens… Le membre du conseil de l’Ordre des médecins qui était présent lors de nos perquisitions était horrifié ».

C’est dire l’affaire : il est assez rare, exceptionnel, d’observer un représentant ordinal en proie à l’horreur.

« Rendez-nous notre médecin ! »

Le cabinet médical prolifique était très populaire dans le quartier. « Rien que durant la matinée de perquisition, nous avons dû renvoyer une cinquantaine de patients », précise le procureur. Samedi une centaine d’entre eux ont manifesté dans les rues de Montpellier, allant jusqu’à bloquer une ligne de tram au cri de « Rendez-nous notre médecin ! ». Voilà bien un sujet qui mériterait d’être creusé.   

Le conseil de l’Ordre des médecins de l’Hérault reste prudent. On le comprend. Il ne s’est pas prononcé quant à une plainte éventuelle. Toutefois, joint par Le Quotidien, son président, le Dr Xavier de Boisgelin, parle de  faits scandaleux . Ce qui pourrait laisser  présumer qu’il ne s’opposera pas à une poursuite en justice au nom de l’institution ordinale. Blâme ? Suspension ?  Radiation ? Pourquoi les radars chiffrés de la Sécurité sociale sont-ils, à Montpellier, restés si longtemps muets ?

A demain