New-York. Mort de Colin Kroll (HQ Trivia et Vine). 34 ans. La police soupçonne une surdose

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Une dépêche de l’Agence France Presse, quelques lignes comme un symptôme des temps que nous traversons. Où l’on apprend la mort de Colin Kroll, 34 ans, cofondateur de HQ Trivia et de Vine. Le jeune entrepreneur a été découvert le 16 décembre, inanimé dans la chambre à coucher de son appartement à Manhattan, a déclaré un porte-parole de la police new-yorkaise à la chaîne de télévision NBC. Les enquêteurs soupçonnent une mort par « surdose ».

Colin Kroll. En 2012 il avait cofondé Vine – une application qui permettait de partager de brèves vidéos (six secondes maximum). Après un succès fulgurant, l’entreprise avait été rapidement acquise par Twitter. En septembre, le jeune homme avait été nommé directeur général de HQ Trivia – un jeu devenu vite très populaire sur smartphone.

« Au revoir »

Lancé en août 2017, HQ Trivia avait déjà atteint en mars dernier le nombre record de deux millions de joueurs-utilisateurs. Puis, en novembre, leur nombre aurait chuté à quelques centaines de milliers – selon le site Internet d’information sur les technologies Recode. L’AFP ajoute que selon plusieurs médias, M. Kroll avait été licencié par Twitter pour incompétence managériale. Et d’après le magazine Time, il était confronté à des accusations de « conduite inconvenante » au sein de HQ Trivia.

 « Nous avons appris aujourd’hui le décès de notre ami et fondateur, Colin Kroll, et c’est avec une profonde tristesse que nous lui disons au revoir » a écrit le 16 décembre son entreprise. Sur Twitter.

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@jynau

 

Génial : Donald J. Trump réussit haut la main le « Montreal Cognitive Assessment »

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Génial ? Le Dr Ronny Jackson est le « médecin de la Maison Blanche ». Il a annoncé, le16 janvier 2018, que Donald J. Trump (depuis un an locataire de l’endroit) venait d’obtenir le « score maximal » (30/30)  au Montreal Cognitive Assessment (MoCA). Selon le Dr Jackson c’est son illustre patient  qui, de son propre chef,  avait demandé à passer ce test. Objectif affiché : faire taire les rumeurs persistantes concernant sa santé mentale, neurologique et psychiatrique 1. On précise aux journaliste que Donald J. Trump est le premier président des Etats-Unis à franchir cette épreuve

Jadis les médias en seraient restés là. Tel n’est plus le cas. Ils expliquent ainsi ce qu’est le « MoCA » : « un test destiné à évaluer les fonctions cognitives et à détecter des « dysfonctionnements cognitifs », en particulier quand il paraît s’agir de troubles légers ». « Toute inquiétude peut être levée au-delà de 26/30. Ce test a été conçu, au Canada, par le Dr Ziad Nasreddine. C’est, depyus douze ans, l’un des plus utilisés pour ce genre d’évaluations » précise Le Monde.

« Existant en de nombreuses versions et langues, il consiste en un court questionnaire d’une page destiné à mesurer entre autres la mémoire, les fonctions exécutives, les capacités d’abstraction, la concentration, le langage, le calcul, l’orientation dans le temps et l’espace. La durée du test est d’environ dix minutes.

Les personnes examinées ont instruction, par exemple, de copier un cube, dessiner une horloge indiquant une heure spécifiée (avec une note distincte pour le contour, les chiffres et les aiguilles), ou reconnaître trois animaux (par exemple un lion, un rhinocéros et un chameau). Elles doivent ensuite répéter une liste de mots (comme visage, velours, église, marguerite, rouge) et de chiffres, se les remémorer un peu plus tard, et exécuter une série de soustractions faciles de type 100-7, puis 93-7 et ainsi de suite… »

Le président des Etats-Unis aurait réussi haut la main l’épreuve du langage, selon le médecin. Il n’aurait eu aucun problème (ce n’est qu’un exemple) pour énumérer (en une minute) le maximum de mots débutant par la même lettre par exemple. Autre exemple d’énigme résolue par l’homme le plus puissant de la planète : donner le jour, le mois et l’année, de même que l’endroit et la ville où il se trouvait. Nul ne sait si on lui a demandé, à cette occasion, le nom du président des Etats-Unis. Le secret est bien gardé.

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1 « Donald Trump: génie ou folie ? » Slate.fr 16 janvier 2018

 

Post-vérité mentale : comment démontrer que Donald Trump est dans un état normal ?

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Les vents tournent. Affirmer le normal après avoir nié le pathologique. Longtemps la question fut de de savoir si le locataire de la Maison Blanche, 71 ans, souffrait d’un trouble de nature psychiatrique. Une impasse. Aujourd’hui un livre rebat soudain les cartes : signé de Michael Wolff – « Fire and the Fury, Inside the Trump White House » (aujourd’hui seulement disponible en anglais). Un ouvrage d’ores et déjà explosif qui a conduit Rex Tillerson, le chef de la diplomatie américaine à monter en première ligne le 5 janvier, pour défendre l’aptitude mentale du président des Etats-Unis à gouverner le pays. De fait Wolff relance le débat sur certains aspects psychopathologiques de la personnalité du dirigeant de la première puissance mondiale.

« Je n’ai jamais remis en cause son aptitude mentale, je n’ai aucune raison de douter de son aptitude mentale, a déclaré M. Tillerson lors d’une interview sur CNN. Il n’est pas comme les présidents d’avant. » Certes. Mais encore ? L’AFP ajoute que M. Tillerson n’a toutefois pas démenti avoir personnellement traité, durant l’été 2017 et en privé, le président de « débile ».

Le livre ? A travers de nombreux témoignages, la plupart anonymes, Michael Wolff relate les dysfonctionnements de l’exécutif américain. Selon lui, tout l’entourage de Donald Trump s’interrogerait sur sa capacité à gouverner. « Ils disent qu’il est comme un enfant. Ce qu’ils veulent dire, c’est qu’il a besoin d’être immédiatement satisfait. Tout tourne autour de lui », vient-il d’affirmer dans une interview sur NBC. « Il est comme une boule de flipper, il part dans tous les sens », a-t-il ajouté. Et de donner comme exemple le fait que le président répète les mêmes histoires « trois fois en dix minutes », une tendance également observée dans ses interventions publiques. Tout cela suffit-il pour oser porter un diagnostic ?

Halte-garderie télévisée pour adultes

« En 336 pages, le récit détaille les aventures du clan Trump dans sa découverte des affaires publiques, puis sa tentative d’échapper à l’enquête du FBI, résume Corine Lesnes dans Le Monde. C’est une succession d’anecdotes, de coups de poignard, d’intrigues de palais : le script d’une série télévisée que seule la sombre personnalité de Steve Bannon, le conseiller en guerre éternelle avec les ennemis de l’Amérique, empêche de tomber tout à fait dans le soap opera. Le langage y est retransmis dans sa vulgarité originale – et intégrale. (…) Tous ses collaborateurs font de Donald Trump un portrait effrayant d’indigence intellectuelle. »

« Trump ne lit pas, écrit encore Michael Wolff dans Fire and Fury. Même pas en diagonale. Si c’est imprimé, ça pourrait aussi bien ne pas exister. » Certains de ses collaborateurs assurent qu’il est « post-lettré, totalement télévision », d’autres qu’il serait  « semi-analphabète »…

Ces critiques, ces inquiétudes, ces hypothèses psychiatriques ne sont certes pas nouvelles. Pour autant l’affaire semble prendre une nouvelle ampleur. Bob Corker, président de la commission des Affaires étrangères du Sénat a pour sa part comparé la Maison Blanche à une « halte-garderie pour adultes ». « Je sais de source sûre que chaque jour, à la Maison Blanche, le but est de le contenir », a-t-il affirmé en octobre. L’AFP souligne qu’au Congrès, désormais, la question de l’état psychologique du dirigeant suprême est de moins en moins taboue. Plus d’une dizaine d’élus démocrates – et un républicain – ont ainsi consulté en décembre une psychiatre de l’université Yale qui s’interroge publiquement sur sa dégradation mentale.

« Risible », a répondu la porte-parole de la Maison Blanche. Pas de diagnostic confirmé. Qui rira en dernier ?

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Donald Trump et Docteur Folamour. Son profil psychiatrique devient un sujet de santé publique

 

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L’angoisse monte, de l’autre côté de l’Atlantique. Aussi prennent-ils de moins en moins de gants diplomatiques. Avec, en toile de fond, le célèbre Docteur Folamour de Stanley Kubrick (1928-1999).

Aujourd’hui ce sont cinquante républicains ayant exercé d’importantes fonctions dans l’appareil américain de sécurité nationale qui dénoncent l’ignorance et l’incompétence de Donald Trump. Ils le font, symbolique, dans une lettre ouverte publiée par le New York Times. Selon les signataires le milliardaire pourrait devenir « le président le plus dangereux de l’histoire américaine ». Ce ne sont pas des propos en l’air : les auteurs de cette lettre ont travaillé à la Maison Blanche, au département d’Etat ou au département de la défense – et ce pour des présidents républicains, de Richard Nixon à George W. Bush.

Caractère instable

Parmi les signataires, on trouve par exemple Michael Hayden, ancien directeur de la CIA sous George W. Bush, ou encore John Negroponte, ancien directeur du renseignement national et numéro deux du département d’Etat sous George W. Bush. « Aucun de nous ne votera pour Donald Trump » annoncent les auteurs de cette lettre. C’est dire.

Selon eux Donald Trump ne peut être considéré comme pouvant occuper le poste de président et de commandant en chef des armées. Et ce, notamment, à cause de l’instabilité de son caractère.  Non seulement Donald Trump démontre une « ignorance alarmante » dans le domaine des affaires internationales, mais « il n’a manifesté aucun désir de s’informer », affirment les signtaires-experts. « M. Trump a démontré à maintes reprises qu’il comprend mal les intérêts vitaux du pays, ses défis diplomatiques complexes, ses alliances indispensables et les valeurs démocratiques sur lesquelles la politique étrangère des Etats-unis doit être fondée. »

Comportement fantasque

Mais surtout (reprenant les critiques d’Hillary Clinton) les signataires de la lettre soulignent que le milliardaire ne fait preuve ni de discipline, ni de maîtrise de soi, et qu’il est « incapable de tolérer les critiques personnelles ». « Il a alarmé nos alliés les plus proches en raison de son comportement fantasque », écrivent-ils. « Ces particularités sont dangereuses chez un individu qui voudrait devenir président et commandant en chef, ayant la responsabilité de l’arsenal nucléaire américain. »

Sans surprise le sujet a, dans un communiqué, décrit ses accusaeurs comme « rien mieux que l’élite washingtonienne qui a échoué et cherche à s’accrocher à ses pouvoirs ». Donald Trump leur reproche d’être « les auteurs des décisions désastreuses d’envahir l’Irak, de permettre à des Américains de mourir à Benghazi et d’être ceux qui ont permis l’ascension de l’EI [le groupe Etat islamique] ». Puis il a attaqué  mardi 9 août, sur Twitter :

« Beaucoup de gens disent que les Iraniens ont tué le scientifique qui a aidé les Etats-Unis à cause des e-mails piratés d’Hillary Clinton ».

Humour Clintonien

Le FBI n’a établi aucune preuve du piratage de ces e-mails ni n’a démontré qu’ils aient porté atteinte à la sécurité des Etats-Unis et les charges contre Mme Clinton ont été abandonnées en juillet. En réponse à Donald Trump, le porte-parole d’Hillary Clinton a ironisé sur Twitter : « “Beaucoup de gens disent” = “Je viens de l’inventer” ». Il n’est pas certain que ce trait d’humour fasse mouche. Mieux vaudrait, peut-être, (re)voir de part et d’autres de l’Atlantique, le chef d’œuvre de Kubrick. On rappellera, sans spoiler, l’essentiel :

« L’histoire se déroule en pleine guerre froide. Le général de l’Armée de l’air américaine Jack D. Ripper, frappé de folie paranoïaque, décide d’envoyer ses B-52 frapper l’URSS. Le président des États-Unis (interprété par Peter Sellers) commande une réunion d’urgence dans la salle souterraine de commandement stratégique pour tenter d’éviter une guerre nucléaire.

«On consulte alors le docteur Folamour ( rôle également joué par Peter Sellers), un scientifique transfuge nostalgique du régime nazi. Il explique alors une solution possible pour sauver l’espèce humaine : ne sélectionner que les meilleurs éléments pour les emmener survivre sous terre, réprimant un salut nazi lorsqu’il donne ses explications. »

Trois reprises

On oublie souvent le titre exact de Kubrick : « Docteur Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe (Dr Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb) »

Sur MSNBC, où il présente la matinale, Joe Scarborough, un ancien élu républicain de Floride, rapportait il y a peu la confidence suivante : lors d’un briefing avec un expert des questions internationales, Trump aurait demandé à trois reprises: «Pourquoi avons-nous des armes nucléaires si on ne peut pas s’en servir ?»

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Orlando: Omar Mateen, l’auteur de la fusillade souffrait-il de troubles bipolaires ?

 

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Comprendre. Tenter de comprendre pour, autant que faire se peut, tenter de prévenir. Omar Mateen, 29 ans, l’auteur de la fusillade qui a fait cinquante morts dans une boîte de nuit d’Orlando (Floride) est un Américain d’origine afghane. Ses papiers ont été retrouvés sur lui après qu’il a été abattu par la police. Le FBI a confirmé son identité. Celle qui fut sa femme a publiquement décrit sa personnalité.

« Quelques mois après notre mariage[en 2009], j’ai remarqué qu’il était instable et bipolaire, qu’il devenait furieux pour un rien, a-t-elle déclaré, assurant avoir été régulièrement battue. Il voulait être officier de police ; il s’entraînait avec certains de ses amis qui sont policiers et il a obtenu un permis de port d’arme ». Elle a précisé qu’il n’était, alors, pas très religieux. Omar Mateen travaillait dans une « entreprise de sécurité » depuis septembre 2007

Allégeance

Lors de la fusillade l’homme a « prêté allégeance » 1 à l’organisation Etat islamique (EI) (et fait référence aux frères Tsarnaïev, auteurs des attentats de Boston en 2013) a rapporté le porte-parole de la police de l’Etat du Massachusetts. Le FBI a quant à lui  confirmé les informations de presse selon lesquelles Omar Mateen avait appelé le numéro d’urgence 911 – celui de la police – pour revendiquer son allégeance à l’EI, avant d’être abattu par les forces spéciales dans le « Pulse », la boîte de nuit d’Orlando.

La police fédérale américaine explique qu’Omar Mateen avait des « antécédents violents ». L’homme avait été interrogé à deux reprises par le FBI lors de deux enquêtes, en 2013 et 2014, pour des liens supposés avec la mouvance islamiste, sans donner de suite, faute de preuves. Dans un communiqué revendiquant l’attaque, l’EI a qualifié Omar Mateen de « soldat du califat ».

Hommes s’embrassant

Omar Mateen avait suscité l’intérêt du FBI en 2013, après que des déclarations rapportées par ses collègues de travail avaient fait suspecter de possibles liens terroristes. Le FBI avait alors lancé une enquête plus approfondie, en interrogeant des témoins, en le surveillant, en vérifiant ses antécédents et en l’interrogeant deux fois.

Le père du terroriste, Seddique Mateen, a quant à lui relaté à NBC News un épisode récent, lors duquel son fils avait été choqué de voir deux hommes s’embrasser à Miami, il y a quelques mois. Avant que l’information relative au lien entre son fils et l’EI ne soit divulguée, il avait affirmé que cela aurait pu motiver son geste, qui n’avait, selon lui, « rien à voir avec la religion ». Dans un communiqué revendiquant l’attaque, l’EI a qualifié Omar Mateen de « soldat du califat ». Psychiatrie et religion. Quelle lecture l’emportera ?

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1 « Allégeance » : XVIIe siècle, comme terme du droit féodal. Emprunté de l’anglais allegiance, dérivé de l’ancien français lijance, liejance, « état d’un homme ou d’une terre lige ». MOYEN ÂGE. Fidélité, vassalité de l’homme lige vis-à-vis de son suzerain. Serment d’allégeance. Par anal. Soumission. Refuser toute allégeance personnelle. Donner acte d’allégeance, faire acte d’allégeance, ou faire allégeance à un dirigeant, se rallier à lui, reconnaître son autorité. Faire allégeance à un parti. – DROIT. Obligation de fidélité à une nation, d’obéissance à un État.

Les porteurs de jeans «skinny» découvrent ce que «rhabdomyolyse» veut dire. Et réciproquement

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La modernité vestimentaire n’est pas incompatible avec la découverte des richesses de la langue. On peut en faire l’expérience aujourd’hui sur la Toile –et grâce au jeans. Plus précisément à ceux qualifiés de skinny (voir les images offertes par Slate.fr et Vincent Manilève). Ou encore, ici, par la BBC. Voire l’armoire du Washington Post.

Adelaïde

Tout commence (très beau cliché radiographique) par un cas clinique  publié dans le Journal of Neurology & Psychiatry, un travail de médecins basés  aux antipodes : « Royal Adelaide Hospital and Department of Medicine, University of Adelaide, North Terrace, Adelaide, SA 5000, Australia ». Contact : thomas.kimber@health.sa.gov.au

Extrait:

A 35-year-old woman presented with severe weakness of both ankles.

On the day prior to presentation, she had been helping a family member move house. This involved many hours of squatting while emptying cupboards. She had been wearing ‘skinny jeans’, and recalled that her jeans had felt increasingly tight and uncomfortable during the day. Later that evening, while walking home, she noticed bilateral foot drop and foot numbness, which caused her to trip and fall. She spent several hours lying on the ground before she was found.

On examination, her lower legs were markedly oedematous bilaterally, worse on the right side, and her jeans could only be removed by cutting them off. There was bilateral, severe global weakness of ankle and toe movements, somewhat more marked on the right. Muscle power at the hips and knees was normal, knee jerks were normal and ankle jerks were absent. Sensation was impaired over the lateral aspects of both lower legs, and the dorsum and sole of both feet. Peripheral pulses were normal. The feet were warm and well-perfused (…)”

We postulate that, in the present case, the peroneal neuropathies were the result of compression between the biceps femoris tendon and fibular head as a result of squatting. The tibial neuropathies were likely caused by compression of the nerves in the posterior compartment of the calf by oedematous muscles that had undergone ischaemic myonecrosis as a result of squatting. The wearing of ‘skinny’ jeans had likely potentiated the tibial neuropathies by causing a compartment syndrome as the lower legs swelled.

Previous reports of neuropathy from wearing tight jeans have been limited to lesions of the lateral cutaneous nerve of the thigh, likely caused by compression of the nerve at the inguinal ligament.5 The present case represents a new neurological complication of wearing tight jean.”

Fashion victim

Au final, cela donne ce titre prodigieusement britannique:

“Fashion victim: rhabdomyolysis and bilateral peroneal and tibial neuropathies as a result of squatting in ‘skinny jeans’”

 Conséquences bilatérales: les neurologues, psychiatres et autres Dr House doivent désormais  apprendre à composer avec skinny. Tandis que les hipsters doivent comprendre  rhabdomyolyse  (rhabdo- : « rayé » myo- : « muscle » et –lysis : « destruction »).

Entièreté

C’est là une nouvelle et bien bonne raison de militer pour la survie du grec dans les écoles françaises. Voire, aussi du français. « Par le passé, des études avaient déjà démontré que ce type de jean pouvait provoquer des problèmes nerveux au niveau des cuisses, comme l’expliquait NBC en 2009, conclut Slate.fr.  Mais avec ce nouveau cas, les docteurs ont découvert qu’ils pouvaient affecter la jambe quasiment dans son entièreté. »

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Charlie Hebdo, une catharsis française à bientôt sept millions d’exemplaires ?

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La décision vient d’être annoncée : le dernier numéro de Charlie Hebdo va être réimprimé pour atteindre sept millions d’exemplaires. Le précédent objectif du tirage de l’hebdomadaire paru le mercredi 14 janvier (une semaine après l’attentat qui a décimé sa rédaction) avait été fixé à cinq millions. « C’est une mise en place [de journaux] historique » commente-t-on auprès de l’hebdomadaire. C’est aussi un phénomène collectif sans précédent, un phénomène que les spécialistes de psychiatrie rompus aux exercices médiatiques semblent encore peiner à nous traduire.

Scènes sans précédent

Près de deux millions d’exemplaires ont déjà été vendus les 14 et 15 janvier et les ventes continuent. En nette perte de vitesse Charlie Hebdo n’était plus tiré, avant les attentats de Paris,  qu’à 60 000 exemplaires. « Hors marchands de journaux, plusieurs centaines de milliers d’exemplaires ont été achetés par des entreprises, des institutions ou des collectivités » précise l’Agence France Presse. Les ventes en kiosques ont donné lieu à des scènes sans précédent, avec files d’attente, bousculades, énervements divers, réservations ahurissantes, reventes sur la Toile. Des reliques de mai 1968 ? Des morceaux papiers de la vraie croix des athées ? Panurge de Rabelais un moment ressuscité ?

Drapeaux français brûlés

Rappelons que ce dernier numéro porte en Une un dessin du prophète Mahomet. Et qu’il continue de susciter dans plusieurs pays musulmans des protestations parfois émaillées de violences. Dimanche 18 janvier des milliers de personnes ont de nouveau manifesté de nouveau au Pakistan contre la publication de cette caricature, certains manifestants brûlant des drapeaux français et des effigies de François Hollande ainsi que des dessinateurs de l’hebdomadaire satirique. Membres de partis religieux mais aussi laïcs, les manifestants ont défilé à Lahore, Karachi, Quetta, Peshawar, Multan et dans de nombreuses autres villes.

« Plus de deux mille personnes ont défilé dans la plus grande ville du pays, Karachi, où le parti religieux Jamaat-e-Islami a organisé une marche jusqu’au mausolée de Mohammad Ali Jinnah, père fondateur du Pakistan, rapporte l’Agence France Presse. Une délégation de pasteurs chrétiens s’est jointe à eux pour montrer leur solidarité avec les musulmans. Ailleurs dans la ville, des dizaines de membres du parti Tehreek-e-Insaf ont défilé contre Charlie Hebdo. Une délégation s’est rendue à la résidence du consul général français, lui remettant une résolution demandant à Paris d’interdire le journal ‘’pour propagation de la haine religieuse à travers le monde’’ ».

Prière du vendredi

Vendredi 16 janvier après la traditionnelle prière, la contestation avait tourné à l’affrontement devant le consulat français de Karachi où un photographe de l’AFP a été grièvement blessé par balle.

A Niamey, le 18 janvier, la police nigérienne a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser un petit groupe de manifestants de l’opposition réunis à Niamey malgré l’interdiction des autorités, au lendemain d’émeutes anti-Charlie Hebdo qui ont fait cinq morts dans la capitale. Les manifestations anti-Charlie Hebdo avaient alors dégénéré, des groupes violents incendiabt au moins une dizaine d’églises et des commerces appartenant à des chrétiens dans ce pays à forte majorité musulmane.

Appel présidentiel à Grozny

Dimanche 18 janvier le compte Instagram officiel de Ramzan Kadvrov le président de la Tchétchénie  affichait le message suivant: « Ce lundi, des milliers de personnes descendront dans les avenues de Grozny, la capitale. Nous protesterons fortement contre la grossièreté, l’immoralité et le manque de culture de ceux qui ont eu l’impudence de dessiner les caricatures du prophète Mahomet.»  Ramzan Kadyrov estime que la manifestation « pourrait dépasser un million de participants», même si Grozny ne compte que 270 000 habitants.

Dessin outrageux

Toujours le 19 janvier le Conseil des ambassadeurs arabes à Paris (qui avait condamné la semaine dernière « l’acte terroriste barbare » commis à Charlie Hebdo, a déploré « la publication par ce journal d’un dessin outrageux à l’encontre du prophète» . Dans un communiqué, le Conseil assure que «ce fait constitue une provocation et une atteinte aux sentiments des musulmans et est susceptible de semer la discorde et la rancoeur dans un contexte où la solidarité, la sagesse, l’esprit de dialogue, d’ouverture à l’autre et de tolérance doivent prévaloir».

Liberté des religions

A Paris Gérard Biard,  rédacteur en chef de Charlie Hebdo, Gérard Biard, n’a pas craint d’affirmer à la télévision américaine NBC que les caricatures controversées du prophète Mahomet  participent à défendre « la liberté de religion ». « Chaque fois que nous faisons un dessin de Mahomet, chaque fois que nous faisons un dessin de prophètes, chaque fois que nous faisons un dessin de Dieu, nous défendons la liberté de religion », a déclaré Gérard Biard, selon la traduction simultanée en anglais de ses propos tenus en français. « Nous disons que Dieu ne doit pas être une figure politique ou publique. Il doit être une figure privée. Nous défendons la liberté de religion, a encore déclaré Gérard Biard.

Purifier

La catharsis (en grec κάθαρσις) signifie purification. En d’autres termes on peut dire que la catharsis est l’épuration des passions par le moyen de la représentation dramaturgique. En assistant à un spectacle théâtral, l’être humain se libère, dit-on,  de ses pulsions, angoisses ou fantasmes – et ce en les vivant à travers le héros ou les situations représentées sous ses yeux. La catharsis désigne donc, d’abord, la transformation de l’émotion et de la passion en pensée. On peut le dire autrement : la tragédie peut-être perçue comme une imitation faite par des personnages en action (et non par le moyen de la narration)  – une imitation qui, par l’entremise de la pitié et de la crainte, accomplit la purgation de ces émotions. Du théâtre (et des écrans) comme thérapeutique au second degré en somme. Des écrans qui nous montrent  le destin tragique de ceux qui ont cédé à leurs pulsions.

Rituel du deuil

Quelle est la part de catharsis dans la représentation des événements que nous traversons, dont nous nous nourrissons et auxquels, parfois, nous participons ?

« La France vient de faire un rituel du deuil. Quand il y a un deuil, il faut redonner leur dignité aux morts, aux endeuillés, expliquait il y a quelques jours, dans Ouest France, le neuropsychiatre-éclaireur Boris Cyrulnik (1). On ne peut laisser pourrir par terre le corps des assassinés, ce que l’on a fait ces dernières années en déniant la réalité, en disant que les crimes commis étaient le fait de groupuscules, d’extrémistes. On constate aujourd’hui que le phénomène est mondial, et si beaucoup de chefs d’État sont venus, c’est parce que cela a déjà existé chez eux et qu’il s’en prépare beaucoup plus.

L’attitude des individus qui ont commis ces attentats ? C’est un phénomène classique et récurrent d’esprit totalitaire. Cela s’est déjà passé pendant cinq siècles dans l’Occident chrétien avec l’Inquisition, où tout ce qui n’était pas soumission était vécu comme un blasphème, plus tard dans la belle culture germanique où le nazisme s’est développé au sein du peuple allemand connu pour sa tolérance avant d’être la cause des 29 millions de morts de la Seconde Guerre mondiale.

Cela se manifeste d’abord à travers le langage. Il n’y a pas de discussion possible. L’Inquisition a dressé des tribunaux et des bûchers pour, disait-elle, se défendre contre le diable. Hitler a déclaré une guerre, soi-disant, défensive contre les Juifs. L’esprit totalitaire mène au crime au nom de la morale. Ces hommes, ces femmes, souvent très agressives aussi, même si elles sont moins nombreuses, ont le sentiment de devoir se défendre. Ils sont convaincus d’être les seuls êtres moraux. Pour eux, tous les autres sont des mécréants. Ils ne peuvent se sentir coupables.

Ces phénomènes n’ont rien à voir avec la religion. Ils instrumentalisent Dieu pour imposer leur loi. Dieu devient alors une arme pour prendre le pouvoir, comme les nazis ont récupéré le catholicisme, comme Saddam Hussein, qui était avant communiste, est devenu musulman. La religion n’est rien de tout cela, la religion c’est un désir de spiritualité, d’entraide, de solidarité, d’élévation intellectuelle, spirituelle. »

A demain

 (1) Publié, comme les précédents, aux éditions Odile Jacob, son dernier ouvrage (« Les âmes blessées ») connaît un remarquable succès en librairie.