Malades mentaux : prédire leur passage à l’acte pour prévenir les fusillades de masse

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Aux portes de la folie politique, en écho de « 1984 » ou de « Minority Reports ». C’est un papier de Slate.fr (Claire Levenson) : « Trump veut faire surveiller les personnes atteintes de troubles mentaux » qui développe un sujet du Washington Post (William Wan) : « White House weighs controversial plan on mental illness and mass shootings ». Slate.fr :

« Après les récentes fusillades d’El Paso et de Dayton (trente-et-un morts au total), Donald Trump a préféré évoquer la question du rôle des troubles psychiatriques plutôt que celle de l’accès aux armes à feu. Le président américain avait déclaré juste après les événements: «C’est la maladie mentale et la haine qui appuient sur la gachette. Pas l’arme à feu.» Depuis, l’un de ses proches, l’ancien président de la chaîne NBC, Bob Wright, a proposé de lancer un programme de recherche sur la façon dont l’intelligence artificielle pourrait prédire le passage à l’acte violent de ce type de personnes.

« Afin de mener ces études à bien, des volontaires autoriseraient l’accès aux données de leurs smartphones. Il ne s’agit à ce stade que d’un projet, qui a été présenté au président Trump, à sa fille Ivanka et au ministre de la Santé, mais l’idée est déjà critiquée par plusieurs spécialistes. Interviewée par The Washington Post, une ancienne psychologue des services secrets américains explique que ce genre de technologie donnerait un nombre très élevé de fausses alertes et qu’il serait impossible de déceler les personnes potentiellement dangereuses. Elle ajoute que les recherches actuelles ne permettent pas d’établir de lien direct entre maladie mentale et fusillades de masse. »

Que dire de plus ? Que des études ont montré qu’un quart seulement des responsables de ces tueries était atteint d’un trouble psychiatrique ? Que d’autres facteurs sont partagés par ce genre d’individus: l’impression d’être victime d’injustice, le désir d’être célèbre, la volonté de copier d’autres massacres, un passé de violence conjugale, le narcissisme et l’accès aux armes à feu ? Qu’une étude sur la tuerie de Fort Hood en 2009, au cours de laquelle un commandant militaire avait tué quatorze personnes sur une base au Texas, avait conclu que les tentatives de prédiction de ce genre d’incidents étaient presque impossibles ?

L’intelligence artificielle pour prédire le « passage à l’acte » des « malades mentaux » et prévenir ainsi les « fusillades de masse » ? Et les enfermer pour plus de sûreté ? On pourra toujours soutenir qu’il ne s’agit ici que d’une opération comme une autre de réduction des risques. Combien de temps nous reste-t-il avant que l’exécutif d’outre-Atlantique puisse, sans frein, passer à l’acte ?

A demain @jynau

New-York. Mort de Colin Kroll (HQ Trivia et Vine). 34 ans. La police soupçonne une surdose

Bonjour

Une dépêche de l’Agence France Presse, quelques lignes comme un symptôme des temps que nous traversons. Où l’on apprend la mort de Colin Kroll, 34 ans, cofondateur de HQ Trivia et de Vine. Le jeune entrepreneur a été découvert le 16 décembre, inanimé dans la chambre à coucher de son appartement à Manhattan, a déclaré un porte-parole de la police new-yorkaise à la chaîne de télévision NBC. Les enquêteurs soupçonnent une mort par « surdose ».

Colin Kroll. En 2012 il avait cofondé Vine – une application qui permettait de partager de brèves vidéos (six secondes maximum). Après un succès fulgurant, l’entreprise avait été rapidement acquise par Twitter. En septembre, le jeune homme avait été nommé directeur général de HQ Trivia – un jeu devenu vite très populaire sur smartphone.

« Au revoir »

Lancé en août 2017, HQ Trivia avait déjà atteint en mars dernier le nombre record de deux millions de joueurs-utilisateurs. Puis, en novembre, leur nombre aurait chuté à quelques centaines de milliers – selon le site Internet d’information sur les technologies Recode. L’AFP ajoute que selon plusieurs médias, M. Kroll avait été licencié par Twitter pour incompétence managériale. Et d’après le magazine Time, il était confronté à des accusations de « conduite inconvenante » au sein de HQ Trivia.

 « Nous avons appris aujourd’hui le décès de notre ami et fondateur, Colin Kroll, et c’est avec une profonde tristesse que nous lui disons au revoir » a écrit le 16 décembre son entreprise. Sur Twitter.

A demain

@jynau

 

Génial : Donald J. Trump réussit haut la main le « Montreal Cognitive Assessment »

Bonjour

Génial ? Le Dr Ronny Jackson est le « médecin de la Maison Blanche ». Il a annoncé, le16 janvier 2018, que Donald J. Trump (depuis un an locataire de l’endroit) venait d’obtenir le « score maximal » (30/30)  au Montreal Cognitive Assessment (MoCA). Selon le Dr Jackson c’est son illustre patient  qui, de son propre chef,  avait demandé à passer ce test. Objectif affiché : faire taire les rumeurs persistantes concernant sa santé mentale, neurologique et psychiatrique 1. On précise aux journaliste que Donald J. Trump est le premier président des Etats-Unis à franchir cette épreuve

Jadis les médias en seraient restés là. Tel n’est plus le cas. Ils expliquent ainsi ce qu’est le « MoCA » : « un test destiné à évaluer les fonctions cognitives et à détecter des « dysfonctionnements cognitifs », en particulier quand il paraît s’agir de troubles légers ». « Toute inquiétude peut être levée au-delà de 26/30. Ce test a été conçu, au Canada, par le Dr Ziad Nasreddine. C’est, depyus douze ans, l’un des plus utilisés pour ce genre d’évaluations » précise Le Monde.

« Existant en de nombreuses versions et langues, il consiste en un court questionnaire d’une page destiné à mesurer entre autres la mémoire, les fonctions exécutives, les capacités d’abstraction, la concentration, le langage, le calcul, l’orientation dans le temps et l’espace. La durée du test est d’environ dix minutes.

Les personnes examinées ont instruction, par exemple, de copier un cube, dessiner une horloge indiquant une heure spécifiée (avec une note distincte pour le contour, les chiffres et les aiguilles), ou reconnaître trois animaux (par exemple un lion, un rhinocéros et un chameau). Elles doivent ensuite répéter une liste de mots (comme visage, velours, église, marguerite, rouge) et de chiffres, se les remémorer un peu plus tard, et exécuter une série de soustractions faciles de type 100-7, puis 93-7 et ainsi de suite… »

Le président des Etats-Unis aurait réussi haut la main l’épreuve du langage, selon le médecin. Il n’aurait eu aucun problème (ce n’est qu’un exemple) pour énumérer (en une minute) le maximum de mots débutant par la même lettre par exemple. Autre exemple d’énigme résolue par l’homme le plus puissant de la planète : donner le jour, le mois et l’année, de même que l’endroit et la ville où il se trouvait. Nul ne sait si on lui a demandé, à cette occasion, le nom du président des Etats-Unis. Le secret est bien gardé.

A demain

1 « Donald Trump: génie ou folie ? » Slate.fr 16 janvier 2018

 

Post-vérité mentale : comment démontrer que Donald Trump est dans un état normal ?

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Les vents tournent. Affirmer le normal après avoir nié le pathologique. Longtemps la question fut de de savoir si le locataire de la Maison Blanche, 71 ans, souffrait d’un trouble de nature psychiatrique. Une impasse. Aujourd’hui un livre rebat soudain les cartes : signé de Michael Wolff – « Fire and the Fury, Inside the Trump White House » (aujourd’hui seulement disponible en anglais). Un ouvrage d’ores et déjà explosif qui a conduit Rex Tillerson, le chef de la diplomatie américaine à monter en première ligne le 5 janvier, pour défendre l’aptitude mentale du président des Etats-Unis à gouverner le pays. De fait Wolff relance le débat sur certains aspects psychopathologiques de la personnalité du dirigeant de la première puissance mondiale.

« Je n’ai jamais remis en cause son aptitude mentale, je n’ai aucune raison de douter de son aptitude mentale, a déclaré M. Tillerson lors d’une interview sur CNN. Il n’est pas comme les présidents d’avant. » Certes. Mais encore ? L’AFP ajoute que M. Tillerson n’a toutefois pas démenti avoir personnellement traité, durant l’été 2017 et en privé, le président de « débile ».

Le livre ? A travers de nombreux témoignages, la plupart anonymes, Michael Wolff relate les dysfonctionnements de l’exécutif américain. Selon lui, tout l’entourage de Donald Trump s’interrogerait sur sa capacité à gouverner. « Ils disent qu’il est comme un enfant. Ce qu’ils veulent dire, c’est qu’il a besoin d’être immédiatement satisfait. Tout tourne autour de lui », vient-il d’affirmer dans une interview sur NBC. « Il est comme une boule de flipper, il part dans tous les sens », a-t-il ajouté. Et de donner comme exemple le fait que le président répète les mêmes histoires « trois fois en dix minutes », une tendance également observée dans ses interventions publiques. Tout cela suffit-il pour oser porter un diagnostic ?

Halte-garderie télévisée pour adultes

« En 336 pages, le récit détaille les aventures du clan Trump dans sa découverte des affaires publiques, puis sa tentative d’échapper à l’enquête du FBI, résume Corine Lesnes dans Le Monde. C’est une succession d’anecdotes, de coups de poignard, d’intrigues de palais : le script d’une série télévisée que seule la sombre personnalité de Steve Bannon, le conseiller en guerre éternelle avec les ennemis de l’Amérique, empêche de tomber tout à fait dans le soap opera. Le langage y est retransmis dans sa vulgarité originale – et intégrale. (…) Tous ses collaborateurs font de Donald Trump un portrait effrayant d’indigence intellectuelle. »

« Trump ne lit pas, écrit encore Michael Wolff dans Fire and Fury. Même pas en diagonale. Si c’est imprimé, ça pourrait aussi bien ne pas exister. » Certains de ses collaborateurs assurent qu’il est « post-lettré, totalement télévision », d’autres qu’il serait  « semi-analphabète »…

Ces critiques, ces inquiétudes, ces hypothèses psychiatriques ne sont certes pas nouvelles. Pour autant l’affaire semble prendre une nouvelle ampleur. Bob Corker, président de la commission des Affaires étrangères du Sénat a pour sa part comparé la Maison Blanche à une « halte-garderie pour adultes ». « Je sais de source sûre que chaque jour, à la Maison Blanche, le but est de le contenir », a-t-il affirmé en octobre. L’AFP souligne qu’au Congrès, désormais, la question de l’état psychologique du dirigeant suprême est de moins en moins taboue. Plus d’une dizaine d’élus démocrates – et un républicain – ont ainsi consulté en décembre une psychiatre de l’université Yale qui s’interroge publiquement sur sa dégradation mentale.

« Risible », a répondu la porte-parole de la Maison Blanche. Pas de diagnostic confirmé. Qui rira en dernier ?

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Donald Trump et Docteur Folamour. Son profil psychiatrique devient un sujet de santé publique

 

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L’angoisse monte, de l’autre côté de l’Atlantique. Aussi prennent-ils de moins en moins de gants diplomatiques. Avec, en toile de fond, le célèbre Docteur Folamour de Stanley Kubrick (1928-1999).

Aujourd’hui ce sont cinquante républicains ayant exercé d’importantes fonctions dans l’appareil américain de sécurité nationale qui dénoncent l’ignorance et l’incompétence de Donald Trump. Ils le font, symbolique, dans une lettre ouverte publiée par le New York Times. Selon les signataires le milliardaire pourrait devenir « le président le plus dangereux de l’histoire américaine ». Ce ne sont pas des propos en l’air : les auteurs de cette lettre ont travaillé à la Maison Blanche, au département d’Etat ou au département de la défense – et ce pour des présidents républicains, de Richard Nixon à George W. Bush.

Caractère instable

Parmi les signataires, on trouve par exemple Michael Hayden, ancien directeur de la CIA sous George W. Bush, ou encore John Negroponte, ancien directeur du renseignement national et numéro deux du département d’Etat sous George W. Bush. « Aucun de nous ne votera pour Donald Trump » annoncent les auteurs de cette lettre. C’est dire.

Selon eux Donald Trump ne peut être considéré comme pouvant occuper le poste de président et de commandant en chef des armées. Et ce, notamment, à cause de l’instabilité de son caractère.  Non seulement Donald Trump démontre une « ignorance alarmante » dans le domaine des affaires internationales, mais « il n’a manifesté aucun désir de s’informer », affirment les signtaires-experts. « M. Trump a démontré à maintes reprises qu’il comprend mal les intérêts vitaux du pays, ses défis diplomatiques complexes, ses alliances indispensables et les valeurs démocratiques sur lesquelles la politique étrangère des Etats-unis doit être fondée. »

Comportement fantasque

Mais surtout (reprenant les critiques d’Hillary Clinton) les signataires de la lettre soulignent que le milliardaire ne fait preuve ni de discipline, ni de maîtrise de soi, et qu’il est « incapable de tolérer les critiques personnelles ». « Il a alarmé nos alliés les plus proches en raison de son comportement fantasque », écrivent-ils. « Ces particularités sont dangereuses chez un individu qui voudrait devenir président et commandant en chef, ayant la responsabilité de l’arsenal nucléaire américain. »

Sans surprise le sujet a, dans un communiqué, décrit ses accusaeurs comme « rien mieux que l’élite washingtonienne qui a échoué et cherche à s’accrocher à ses pouvoirs ». Donald Trump leur reproche d’être « les auteurs des décisions désastreuses d’envahir l’Irak, de permettre à des Américains de mourir à Benghazi et d’être ceux qui ont permis l’ascension de l’EI [le groupe Etat islamique] ». Puis il a attaqué  mardi 9 août, sur Twitter :

« Beaucoup de gens disent que les Iraniens ont tué le scientifique qui a aidé les Etats-Unis à cause des e-mails piratés d’Hillary Clinton ».

Humour Clintonien

Le FBI n’a établi aucune preuve du piratage de ces e-mails ni n’a démontré qu’ils aient porté atteinte à la sécurité des Etats-Unis et les charges contre Mme Clinton ont été abandonnées en juillet. En réponse à Donald Trump, le porte-parole d’Hillary Clinton a ironisé sur Twitter : « “Beaucoup de gens disent” = “Je viens de l’inventer” ». Il n’est pas certain que ce trait d’humour fasse mouche. Mieux vaudrait, peut-être, (re)voir de part et d’autres de l’Atlantique, le chef d’œuvre de Kubrick. On rappellera, sans spoiler, l’essentiel :

« L’histoire se déroule en pleine guerre froide. Le général de l’Armée de l’air américaine Jack D. Ripper, frappé de folie paranoïaque, décide d’envoyer ses B-52 frapper l’URSS. Le président des États-Unis (interprété par Peter Sellers) commande une réunion d’urgence dans la salle souterraine de commandement stratégique pour tenter d’éviter une guerre nucléaire.

«On consulte alors le docteur Folamour ( rôle également joué par Peter Sellers), un scientifique transfuge nostalgique du régime nazi. Il explique alors une solution possible pour sauver l’espèce humaine : ne sélectionner que les meilleurs éléments pour les emmener survivre sous terre, réprimant un salut nazi lorsqu’il donne ses explications. »

Trois reprises

On oublie souvent le titre exact de Kubrick : « Docteur Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe (Dr Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb) »

Sur MSNBC, où il présente la matinale, Joe Scarborough, un ancien élu républicain de Floride, rapportait il y a peu la confidence suivante : lors d’un briefing avec un expert des questions internationales, Trump aurait demandé à trois reprises: «Pourquoi avons-nous des armes nucléaires si on ne peut pas s’en servir ?»

A demain

Orlando: Omar Mateen, l’auteur de la fusillade souffrait-il de troubles bipolaires ?

 

Bonjour

Comprendre. Tenter de comprendre pour, autant que faire se peut, tenter de prévenir. Omar Mateen, 29 ans, l’auteur de la fusillade qui a fait cinquante morts dans une boîte de nuit d’Orlando (Floride) est un Américain d’origine afghane. Ses papiers ont été retrouvés sur lui après qu’il a été abattu par la police. Le FBI a confirmé son identité. Celle qui fut sa femme a publiquement décrit sa personnalité.

« Quelques mois après notre mariage[en 2009], j’ai remarqué qu’il était instable et bipolaire, qu’il devenait furieux pour un rien, a-t-elle déclaré, assurant avoir été régulièrement battue. Il voulait être officier de police ; il s’entraînait avec certains de ses amis qui sont policiers et il a obtenu un permis de port d’arme ». Elle a précisé qu’il n’était, alors, pas très religieux. Omar Mateen travaillait dans une « entreprise de sécurité » depuis septembre 2007

Allégeance

Lors de la fusillade l’homme a « prêté allégeance » 1 à l’organisation Etat islamique (EI) (et fait référence aux frères Tsarnaïev, auteurs des attentats de Boston en 2013) a rapporté le porte-parole de la police de l’Etat du Massachusetts. Le FBI a quant à lui  confirmé les informations de presse selon lesquelles Omar Mateen avait appelé le numéro d’urgence 911 – celui de la police – pour revendiquer son allégeance à l’EI, avant d’être abattu par les forces spéciales dans le « Pulse », la boîte de nuit d’Orlando.

La police fédérale américaine explique qu’Omar Mateen avait des « antécédents violents ». L’homme avait été interrogé à deux reprises par le FBI lors de deux enquêtes, en 2013 et 2014, pour des liens supposés avec la mouvance islamiste, sans donner de suite, faute de preuves. Dans un communiqué revendiquant l’attaque, l’EI a qualifié Omar Mateen de « soldat du califat ».

Hommes s’embrassant

Omar Mateen avait suscité l’intérêt du FBI en 2013, après que des déclarations rapportées par ses collègues de travail avaient fait suspecter de possibles liens terroristes. Le FBI avait alors lancé une enquête plus approfondie, en interrogeant des témoins, en le surveillant, en vérifiant ses antécédents et en l’interrogeant deux fois.

Le père du terroriste, Seddique Mateen, a quant à lui relaté à NBC News un épisode récent, lors duquel son fils avait été choqué de voir deux hommes s’embrasser à Miami, il y a quelques mois. Avant que l’information relative au lien entre son fils et l’EI ne soit divulguée, il avait affirmé que cela aurait pu motiver son geste, qui n’avait, selon lui, « rien à voir avec la religion ». Dans un communiqué revendiquant l’attaque, l’EI a qualifié Omar Mateen de « soldat du califat ». Psychiatrie et religion. Quelle lecture l’emportera ?

A demain

1 « Allégeance » : XVIIe siècle, comme terme du droit féodal. Emprunté de l’anglais allegiance, dérivé de l’ancien français lijance, liejance, « état d’un homme ou d’une terre lige ». MOYEN ÂGE. Fidélité, vassalité de l’homme lige vis-à-vis de son suzerain. Serment d’allégeance. Par anal. Soumission. Refuser toute allégeance personnelle. Donner acte d’allégeance, faire acte d’allégeance, ou faire allégeance à un dirigeant, se rallier à lui, reconnaître son autorité. Faire allégeance à un parti. – DROIT. Obligation de fidélité à une nation, d’obéissance à un État.

Les porteurs de jeans «skinny» découvrent ce que «rhabdomyolyse» veut dire. Et réciproquement

Bonjour

La modernité vestimentaire n’est pas incompatible avec la découverte des richesses de la langue. On peut en faire l’expérience aujourd’hui sur la Toile –et grâce au jeans. Plus précisément à ceux qualifiés de skinny (voir les images offertes par Slate.fr et Vincent Manilève). Ou encore, ici, par la BBC. Voire l’armoire du Washington Post.

Adelaïde

Tout commence (très beau cliché radiographique) par un cas clinique  publié dans le Journal of Neurology & Psychiatry, un travail de médecins basés  aux antipodes : « Royal Adelaide Hospital and Department of Medicine, University of Adelaide, North Terrace, Adelaide, SA 5000, Australia ». Contact : thomas.kimber@health.sa.gov.au

Extrait:

A 35-year-old woman presented with severe weakness of both ankles.

On the day prior to presentation, she had been helping a family member move house. This involved many hours of squatting while emptying cupboards. She had been wearing ‘skinny jeans’, and recalled that her jeans had felt increasingly tight and uncomfortable during the day. Later that evening, while walking home, she noticed bilateral foot drop and foot numbness, which caused her to trip and fall. She spent several hours lying on the ground before she was found.

On examination, her lower legs were markedly oedematous bilaterally, worse on the right side, and her jeans could only be removed by cutting them off. There was bilateral, severe global weakness of ankle and toe movements, somewhat more marked on the right. Muscle power at the hips and knees was normal, knee jerks were normal and ankle jerks were absent. Sensation was impaired over the lateral aspects of both lower legs, and the dorsum and sole of both feet. Peripheral pulses were normal. The feet were warm and well-perfused (…)”

We postulate that, in the present case, the peroneal neuropathies were the result of compression between the biceps femoris tendon and fibular head as a result of squatting. The tibial neuropathies were likely caused by compression of the nerves in the posterior compartment of the calf by oedematous muscles that had undergone ischaemic myonecrosis as a result of squatting. The wearing of ‘skinny’ jeans had likely potentiated the tibial neuropathies by causing a compartment syndrome as the lower legs swelled.

Previous reports of neuropathy from wearing tight jeans have been limited to lesions of the lateral cutaneous nerve of the thigh, likely caused by compression of the nerve at the inguinal ligament.5 The present case represents a new neurological complication of wearing tight jean.”

Fashion victim

Au final, cela donne ce titre prodigieusement britannique:

“Fashion victim: rhabdomyolysis and bilateral peroneal and tibial neuropathies as a result of squatting in ‘skinny jeans’”

 Conséquences bilatérales: les neurologues, psychiatres et autres Dr House doivent désormais  apprendre à composer avec skinny. Tandis que les hipsters doivent comprendre  rhabdomyolyse  (rhabdo- : « rayé » myo- : « muscle » et –lysis : « destruction »).

Entièreté

C’est là une nouvelle et bien bonne raison de militer pour la survie du grec dans les écoles françaises. Voire, aussi du français. « Par le passé, des études avaient déjà démontré que ce type de jean pouvait provoquer des problèmes nerveux au niveau des cuisses, comme l’expliquait NBC en 2009, conclut Slate.fr.  Mais avec ce nouveau cas, les docteurs ont découvert qu’ils pouvaient affecter la jambe quasiment dans son entièreté. »

A demain