La folle passion amoureuse est-elle devenue une addiction qui devrait être traitée ?

 

Bonjour

Le mal d’amour. Faudra-t-il médicaliser ce qui, parfois, fait tout le sel d’une vie ? En viendra-t-on à étendre le concept d’addiction à la fusion-passion amoureuse romantique 1 ? Et, si oui, faut-il imaginer un traitement ? Telles sont les questions posées entre les lignes des informations que l’on retrouve aujourd’hui dans un jeu de poupées russes. D’abord sur Slate.fr : « L’amour, une addiction qui peut prendre deux formes ». Ensuite sur New Scientist : « Addicted to love? Craving comes in two forms, and both can hurt ». Enfin sur Philosophy, Psychiatry & Psychology : « Addicted to love: What is love addiction and when should it be treated ? ».

Euphorie montant vers le septième ciel… installation du manque et de la dépendance… souffrances… sevrage plus ou moins imposé… possibilités de rechutes…. Que la passion amoureuse partage des symptômes avec l’addiction la plus marquée n’est pas chose nouvelle. Des travaux d’imagerie cérébrales le démontreraient à celles et ceux qui pourraient encore en douter.

Deux visions de l’amour

Comment faire ici la part du normal et du pathologique ? Séparer l’effet de la cause ?  Anders Sandberg, (Oxford University Centre for Neuroethics), donne une définition à New Scientist. Selon lui l’addiction à l’amour, « c’est quand vous réalisez que vous ne voulez pas être amoureux et vous ne pouvez pourtant l’empêcher, et que cela a des conséquences néfastes, comme de la maltraitance, que l’on franchit le seuil de quelque chose qui se rapprocherait de l’addiction ». Nous ne sommes guère avancés.

« Lui et son collègue, Brian Earp, ont trouvé des preuves qu’il y avait deux types d’addiction à l’amour, après avoir analysé soixante-quatre études publiées entre 1956 et 2016, résume Slate.fr. Ainsi, il y a d’abord la vision « ‘’étroite’’ de l’addiction à l’amour. Dans ce schéma, les victimes ont énormément de mal à lutter contre des désirs démesurés d’être constamment aux côtés de l’objet de leur affection. Elles veulent passer tout leur temps avec, et développent des obsessions qui peuvent parfois pousser jusqu’à le traquer ou le tuer. »

Et puis il y aurait une autre version de la passion amoureuse, moins romantique et, partant, moins pathologique. On y retrouve des effets similaires à la drogue mais sur un mode a minima. Et la victime sortirait de son épreuve comme renforcée.

Faut-il traiter toutes ces souffrances par trop romantiques ? Qui, quand et comment ? Par la seule parole, le courant électrique ou le médicament ? Il faut, ici, lire New Scientist et, plus encore, Philosophy, Psychiatry & Psychology. Rien de vraiment rassurant.

A demain

1 Sur la question de l’extension du concept d’addiction : Karila L. « 25 idées reçues. Addictions, comprendre, soigner, prévenir » 2èmeédition revue et augmentée. Préface du Dr William Lowenstein. Editions Le Cavalier Bleu. Paris, 2017

Première mondiale: un enfant a été créé à partir de «trois parents». Impossible en France

 

Bonjour

C’est une belle exclu du New Scientist. « Exclusive: World’s first baby born with new “3 parent” technique ». Une première mondiale aussitôt reprise par la BBC : “First ‘three person baby’ born using new method”. Par The IndependentWorld’s first baby born using new ‘three-parent’ technique”. Ou par The Guardian:“World’s first baby born using three-parent IVF technique”. Pour l’heure les médias généralistes français ignorent, boudent ou minimisent cette information.

Résumons: un garçon est né le 6 avril dernier à Mexico après, pour la première fois au monde, été conçu à partir d’une technique inédite ; une technique destinée à prévenir la naissance d’enfants atteints de maladies mitochondriales. Les mitochondries sont des organites intracellulaires qui fonctionnent comme les usines à énergie et qui contiennent des fragments d’information génétique sous forme  d’ADN. Des altérations – transmissibles de manière héréditaire –  de cet ADN sont à l’origine de très nombreuses (mais très rares) affections touchant différents organes et fonctions. On estime que ces maladies mitochondriales transmises par la mère (via les mitochondries anormales présentes dans ses ovocytes)  affectent environ un enfant sur 6500 naissances.

Pour éviter cette transmission le spermatozoïde du futur père féconde in vitro un ovocyte « sain » d’une donneuse dont le noyau a été remplacé par le noyau d’un ovocyte de la future mère. L’embryon ainsi conçu a toutes les caractéristiques génétiques du couple parental à l’exception de l’ADN mitochondrial de la femme. D’où l’expression d’ « enfant à trois parents ». L’enfant a un ADN nucléaire (99,9% de tout l’ADN) venant du père et de la mère et l’ADN mitochondrial (0,1%) venant d’une femme donneuse. Pour autant l’ADN de l’enfant vient bien de trois personnes différentes.

Survie qui ne dépasse pas quelques années

Le Royaume-Uni avait, pour la première fois, donné son accord en décembre 2014 pour que de telles procréations puissent être effectuées dans le pays. Mais la première naissance a été enregistrée outre-Atlantique. Cette procréation expérimentale visait, dans une famille jordanienne à prévenir le risque de transmission d’un  syndrome de Leigh :

« Le syndrome de Leigh ou encéphalomyopathie nécrosante subaiguë est une maladie neurologique progressive caractérisée par des lésions neuropathologiques associant en particulier une atteinte du tronc cérébral et des ganglions de la base. Sa prévalence est estimée à 1/36 000 naissances. La maladie débute typiquement chez le nourrisson de moins d’un an mais il existe de rares cas de début tardif, jusqu’à l’âge adulte.

«  Parmi les premiers signes de la maladie on note souvent une hypotonie avec mauvaise tenue de la tête, une régression des acquisitions motrices, et des vomissements. Une atteinte pyramidale et/ou extrapyramidale, un nystagmus, des troubles de la commande ventilatoire, une ophtalmoplégie et une neuropathie périphérique sont ensuite fréquents. Le pronostic du syndrome de Leigh est très sévère avec une survie qui dépasse rarement quelques années après le début des symptômes. »

 L’équipe américaine qui a réalisé cette première est celle du  Dr John Zhang, directeur médical du Centre de fertilité New Hope à New York  spécialiste libéral bien connu dans le marché de la PMA et connecté dans de nombreux pays. Cette première, pour des raisons éthiques et législatives a été effectuée à Mexico, où tout ou presque est permis. D’ores et déjà au cœur d’une polémique le Dr Zhang et son équipe annoncent qu’ils répondront à toutes les interrogations  lors d’une réunion de l’American Society for Reproductive Medicine qui se tiendra en octobre. Spectacle garanti.

Impossible en France

Plusieurs données expérimentales incitent pourtant à la plus grande prudence, le risque principal résidant dans des altérations progressives des fonctions mitochondriales et une apparition retardée des symptômes de la maladie. Selon le New Scientist cinq embryons ont ainsi été créés mais un seul se serait  développé normalement aurait été  implanté in utero.

En France une telle approche ne serait pas autorisée: les couples concernés peuvent en revanche bénéficier de la procédure du diagnostic préimplantatoire – voir d’un don d’ovocytes; le tout intégralement pris en charge par la collectivité. Dans la première américano-mexico-jordanienne aucune précision n’a été donnée  sur le coût et les modalités de prise en charge. Aucune précision non plus sur les raisons qui ont permis au New Scientist de bénéficier de cette exclusivité.

A demain

Troublant : des centaines de gènes continuent à vivre une fois la mort décrétée. Et après ?

 

Bonjour

Brexit ou pas la vie scientifique continue. Notamment chez nos amis Britanniques. Ainsi, repérée à l’aube par Slate.fr,  cette livraison du New Scientist. Livraison qui ne nécessite guère de traduction:  “Hundreds of genes seen sparking to life two days after death” (Anna Williams).

On trouvera ici le pré-papier original en attente de relecture: “Accurate Predictions of Postmortem Interval Using Linear Regression Analyses of Gene Meter Expression Data”. Un travail dirigé par  Peter Noble et Alex Pozhitkov, des universités de Washington et Seattle.

Lumières sur le Styx

Résumons : ces chercheurs expliquent avoir découvert que quelques centaines de gènes restaient actifs près de deux jours après la mort. Plus précisément ils ont enregistré des « pics d’activité » de 515 gènes sur des cadavres de souris et de 548 gènes sur d’autres, de poissons-zèbres. Parmi ces gènes actifs, certains se seraient « réveillés » immédiatement après la mort; c’est le cas par exemple de ceux en lien avec le développement fœtal, dont l’expression avait par définition commencé avec le premier souffle, la première oxygénation.

Ce n’est certes pas la première fois que l’homme cherche, avec sa raison, à éclairer les deux rives du Styx 1. Assez récemment des processus géniques similaires ont également été découverts sur des corps humains. Des légistes espagnols et curieux  ont en effet prouvé que chez certains défunts des gènes s’exprimant dans le tissu cardiaque et dans les processus de cicatrisation des plaies pouvaient rester actifs une douzaine d’heures  après la mort officialisée : « Studies on RNA integrity and gene expression in human myocardial tissue, pericardial fluid and blood, and its postmortem stability ».

Biologie de la mort

Tout cela ne va pas (n’ira pas) sans faire phosphorer. The New Scientist :

« Ces découvertes ne sont pas anodines: elles pourraient être utiles pour les personnes ayant subi une transplantation. Peter Noble souligne ainsi que le risque d’avoir un cancer augmente chez les personnes ayant reçu un nouveau foie et que cela pourrait s’expliquer non seulement par les médicaments anti-rejets mais aussi par la réactivation, après la mort du donneur, de gènes liés au cancer. Une hypothèse à creuser .»

Cette approche soulève aussi, bien naturellement, quelques questions importantes quant à la définition actuellement acceptée, de la mort. Si des gènes, ces éléments unitaire du vivant, peuvent battre et s’oxygéner spontanément quelles conclusions devons-nous en tirer ? « De toute évidence, l’étude de la mort fournira de nouvelles informations sur la biologie de la vie », confie Peter Noble. Pour l’heure son travail vient, en France, troubler la controverse née de la modification de la loi sur le consentement au prélèvement d’organes : passage du consentement explicitement exprimé au consentement tacitement présumé.

Entités vivantes sans matérialité

Brexit ou pas, on peut aussi imaginer une face inversée de ce bien dérangeant questionnement. Elle vient précisément d’être publiée chez Odile Jacob par trois esprits originaux (Jean-Louis Dessalles Cédric Gaucherel  Pierre-Henri Gouyon ). C’est « Le fil de la vie. La face immatérielle du vivant ». Compter 24,90 euros. Ce sera notre livre de l’été. Extrait :

« Et si certaines entités vivantes n’étaient pas matérielles ? Potentiellement éternelles, en lutte pour la survie, elles évoluent. Elles constituent ce qui unit les êtres à travers le temps. Elles sont le fil de la vie.  Ces entités vivantes immatérielles sont des informations. Elles existent à travers nous, dans nos gènes, dans notre culture, dans nos écosystèmes. La vie produit l’information, lit l’information et se définit par l’information qu’elle porte. Ce livre nous aide à comprendre le monde vivant d’une manière toute nouvelle ! »

Cet ouvrage sera au cœur de la prochaine (et dernière, nous-dit-on) session de Science Publique (Michel Alberganti), sur France Culture. Ce sera vendredi 1er juillet 2016. A partir de 16 heures. Brexit ou pas.

A demain

1 Sur ce thème, lire l’indépassable « Physiologie de la Veuve. Une histoire médicale de la médecine » de Anne Carol. Seyssel ; Editions Champ Vallon 2012.  On peut aussi se reporter à  « Comment faire rendre gorge au docteur Guillotin » (1, 2 et 3) Rev Med Suisse  2012;8:1478-9 et 1526-7 et 1574-1575.

Religion – psychiatrie: un médecin doit-il dénoncer un patient en voie de «radicalisation»?

Bonjour

Qui nous dira ce qu’est la « radicalité »et la « radicalisation » ? Où sont passés les « radicaux valoisiens » ? Dans son infinie sagesse le Conseil national de l’Ordre des médecins se garde bien de nous éclairer sur le sujet. Pour autant il vient de publier une note « radicalisation » – Une note « repérée » il y a peu par 20 minutes, comme nous le dit Le Figaro – un petit document éclairant qui témoigne des grands troubles que nous traversons :

« De nombreux médecins sont désormais confrontés à des patients ou interlocuteurs manifestant des comportements relevant de la radicalisation et ne savent pas toujours comment gérer leur prise en charge.

Des journées de formation sur la prévention de la radicalisation ont été organisées à plusieurs reprises par le ministère de l’intérieur depuis juin 2014, à plus de 2 000 agents de l’Etat, des collectivités territoriales et à d’autres acteurs concernés par cette question.

Afin de faire bénéficier au plus grand nombre des enseignements de ces journées de formation, le Conseil national de l’Ordre des médecins rend accessibles plusieurs documents qui en sont issus : une note résumant les principaux enseignements des journées de formation pour les médecins en exercice ; un kit de formation réalisé par le Comité interministériel de la prévention de la délinquance (…) ; ne présentation plus spécifique du dispositif relatif à la protection de l’enfance, qui peut concerner les enfants en danger ou en risque de l’être. »

Questions d’internat

Parlons clairement : faute de pouvoir  la prévenir, et sans aller jusqu’à envisager de l’éradiquer,   comment faut-il la traiter la radicalisation ? Faut-il distinguer la radicalisation du fondamentalisme religieux ? Que diront, demain, les questions d’internat ? Pour l’heure il semble acquis que radicalisation est un syndrome devant associer : un processus progressif ; l’adhésion à une idéologie extrémiste ; l’adoption de la violence.

« Par radicalisation, on désigne le processus par lequel un individu ou un groupe adopte une forme violente d’action, directement liée à une idéologie extrémiste à contenu politique, social, ou religieux qui conteste l’ordre établi sur le plan politique social ou culturel » (Fahad Khosrokhavar)

Pour savoir s’il est confronté à un phénomène de radicalisation, le médecin doit identifier un faisceau d’indices que le CNOM résume dans un tableau que l’on peut consulter ici. Trois situations sont envisagées :

. Son patient est un proche d’une personne en voie de radicalisation. Le médecin doit alors lui conseiller de se rapprocher du Centre national d’assistance et de prévention de la radicalisation (CNAPR) au numéro vert 0 800 00 56 96.

S’affranchir du secret

Le médecin est face à un patient mineur en danger ou en risque de l’être. « La loi lui permet de s’affranchir de l’obligation de respecter le secret professionnel », a rappelé au Quotidien du Médecin  le Dr Jean-Marie Faroudja, responsable de la section éthique et déontologie au Conseil national de l’Ordre. Le médecin peut transmettre à la cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP) les éléments concernant le mineur en alertant les titulaires de l’autorité parentale au préalable (sauf si cela lui paraît contraire à l’intérêt de l’enfant). En cas d’extrême et d’urgente gravité, il peut saisir le procureur.

. Le médecin est face à un adulte en voie de radicalisation. « Il y a alors conflit entre sa déontologie et la non-assistance à personne en danger », constate le Dr Faroudja, qui appelle les médecins à se retourner vers les conseils départementaux, ou la section éthique et déontologie du CNOM, afin de faire du « cas par cas ».

Résumons, avec le Dr Faroudja : « Le secret médical est général et absolu, c’est un des piliers de la déontologie des médecins. Mais la loi prévoit des dérogations et permissivité dans certaines circonstances ». De ce point de vue la radicalisation ne renvoie pas à de nouvelles dérogations. Certes. Mais la radicalisation est-elle une pathologie ? Laurence Rossignol, secrétaire d’État chargée de la Famille vient de faire savoir qu’elle réunirait « dès janvier » un groupe de travail sur la prévention de la radicalisation.

Facteurs de risques

Dans l’attente on peut se reporter à l’entretien, assez décoiffant, accordé au Monde par  le Pr Kamaldeep Bhui, spécialiste de  psychiatrie à l’université Queen Mary de Londres. Cet homme étudie notamment les liens entre culture, origine ethnique et santé mentale chez les personnes issues de l’immigration. Appliquant les méthodes de recherche propres à la santé publique, il a cherché à identifier les facteurs de risque de radicalisation en interrogeant 608 personnes d’origine pakistanaise et bangladaise issues des milieux musulmans et vivant dans l’est de Londres et ainsi qu’à Bradford. Extraits :

« Je me suis intéressé à la phase précoce de la radicalisation : pourquoi des gens vivant dans une société qui leur apporte sécurité et éducation rompent-ils avec leur famille, et sont-ils prêts à sacrifier leur vie et à attaquer leur propre pays ? Nos conclusions vont à l’inverse de ce que nous attendions : les discriminations, la pauvreté et la religion ne sont pas particulièrement associées à la probabilité d’une sympathie pour le terrorisme. Les gens attirés par le djihad sont relativement riches et éduqués (…)

Nous avons aussi remarqué que les sympathisants de l’action violente ne disposent que d’un réseau social limité et se caractérisent par des tendances dépressives, une vision pessimiste de la vie. Ils peuvent être amenés à considérer les démonstrations de violence comme un moyen de régler leurs problèmes. Au total, 2,5 % de notre échantillon sont attirés par les protestations violentes, et entre 0,5 % et 1 % par les actes extrêmes. C’est peu, mais cela représente tout de même pas mal d’individus.

Si les terroristes font usage du langage religieux pour justifier leurs actes, notre enquête montre que ceux qui sont attirés par la violence ne sont pas particulièrement cultivés en la matière. Ce sont souvent des convertis ou des gens isolés qui essaient de se connecter à ce qu’ils croient être leur religion d’origine. On ne peut pourtant pas ignorer que la plupart des attentats ont lieu dans des pays musulmans, et que la plupart des victimes sont musulmanes.

Les terroristes cherchent à fracturer les sociétés occidentales et à provoquer une réaction de rejet des musulmans afin que ces derniers rejoignent leur cause. En se focalisant excessivement sur la religion, on risque de tomber dans leur piège. (…) »

Djihadisme et santé publique

La radicalisation une question médicale, le djihadisme une question de santé publique ? « Lorsque quelqu’un commet un crime, on se demande souvent s’il s’agit d’un malade mental, observe le spécialiste britannique. Chez les terroristes, c’est extrêmement rare, sauf pour quelques « loups solitaires ». Mais nous savons que les troubles se manifestent dès l’adolescence. Si nous sommes capables de repérer précocement des signes comme l’incapacité à se faire des amis, à débattre d’idées, à gérer une agression, on peut identifier des personnes qui peut-être commettront des attentats (…) Enseigner la cohésion, la confiance, la coopération, l’histoire de la pensée religieuse, l’éthique et la philosophie est une bonne chose. Mais intituler cela « lutte contre l’extrémisme » est ­assez désastreux. Il vaudrait mieux parler tout simplement de préparation à la vie ».

Le Pr Kamaldeep Bhui ajoute : «  Nos dirigeants devraient s’occuper de tous ces jeunes vulnérables dans les quartiers, dont tous ne sont d’ailleurs pas nés dans des familles musulmanes. Ils devraient donner des moyens aux services de prévention et d’aide. Certains adolescents perçoivent le terrorisme comme un remède à des problèmes qu’ils gardent secrets. De la même façon qu’on montre des images horribles pour prévenir la toxicomanie ou le cancer du poumon, il faudrait ­davantage exposer les ravages que ce type de dérive provoque chez les individus. »

Ce sont des propos britanniques. On peut penser qu’ils concernent aussi, au premier chef,  notre République.

A demain