Lactalis : après ses laits contaminés, les yaourts «La Laitière» avec des morceaux de verre

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On garde encore en mémoire l’alerte nocturne de Bercy et de la Santé : des bébés  avaient été contaminés par des laits de Lactalis, géant laitier français. Où en sommes-nous deux jours plus tard ? « Nous avons reçu 14 000 appels dimanche, avec un pic à 2 500 appels par heure. Lundi, le rythme était encore de 300 appels à l’heure », explique Michel Nalet, porte-parole de Lactalis.

Dans la nuit dominicale le mystère demeurait. On sait aujourd’hui que la contamination par Salmonella sérotype agona s’est produite au sein de l’usine de Craon (Mayenne). Certains se souviennent aussi qu’en 2005 la même usine de transformation avait été au cœur d’une contamination. « L’Etat avait décidé de retirer des laits infantiles de la marque Picot et d’autres laits fabriqués sur ce site, rappelle Le Monde (Laurence Girard). Lors de cette alerte à la salmonelle, 123 nourrissons avaient été contaminés. Mais l’usine de Craon n’appartenait pas alors à Lactalis. Elle était détenue par le groupe Celia. Une société familiale reprise par Lactalis en 2006 qui s’emparait ainsi du fromage ‘’Chaussée aux moines’’ et faisait son entrée sur le marché des laits infantiles. »

Douze ans plus tard ce sont douze lots de lait 1er âge (marques Picot, Pepti Junior et Milumel) qui sont retirés en urgence du marché français. Dans leurs mailles les épidémiologistes venaient d’identifier  la contamination par une même souche bactérienne de vingt bébés âgés de moins de six mois – vingt bébés dont treize avaient consommé du lait infantile fabriqué par l’usine Lactalis- Craon. Utilisables jusqu’en 2018 les laits retirés de la vente étaient contenus dans 199 000 boîtes.

Coïncidence et/ou fatalité

Pourquoi une telle faille ?  Lactalis procède en routine à deux types d’auto-contrôle. D’abord dans la « tour de séchage » où le lait est transformé en poudre. Puis au sein des procédures de conditionnement. « Mais il n’explique pas quel pourcentage de la production est analysé. Il donne un chiffre global d’analyses, soit 5 000 depuis le début de l’année. Et affirme qu’elles ont toutes été négatives à la présence de salmonelles, nous dit Le Monde. Le porte-parole de l’entreprise reconnaît que deux analyses faites dans l’environnement de l’usine ont été positives. L’une en juillet sur un outil de nettoyage, l’autre en novembre sur du carrelage. Deux dates qui correspondent aux butées fixées par les autorités de santé dans leur décision de retrait de produits. Les services sanitaires, de même que Lactalis, procèdent actuellement à des analyses complémentaires sur les boîtes de lait encore en stock et sur les lots renvoyés par les pharmacies et la grande distribution. »

Coïncidence ou fatalité Lactalis a été confrontée à une autre procédure de rappel d’urgence. C’était à la mi-octobre : des yaourts « La Laitière » fabriqués par Lactalis Nestlé Produits Frais, la coentreprise des groupes agroalimentaires Nestlé et Lactalis. Il s’agissait, comme l’expliquait Ouest France, de « risque de morceaux de verre ». Bris de verre et pot au lait … Le pire dans le registre du symbolique.

Le rappel visait un lot de yaourts « nature sucré sur lit de pêches », vendus depuis le 30 septembre avec pour date limite de consommation le 26 octobre, précisait l’entreprise (code barre 3023290007471 – estampille FR 53.054.005 CE.) Lactalis Nestlé Produits Frais demandait « aux personnes qui en auraient acheté, et qui en détiendraient encore, de ne pas les consommer et de les détruire ». Le géant ne parlait pas, alors, de remboursement. Pourquoi ? Et maintenant ?

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Comment mourir à 20 ans dans un camping breton à l’occasion d’un « week-end d’intégration »

 

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Le dimanche 1er octobre un étudiant rennais était retrouvé mort dans un camping de Pénestin (Morbihan), où il participait à un week-end d’intégration. Agé de 20 ans le jeune homme était inscrit en 2année de chirurgie dentaire à l’université de Rennes-1.  Une enquête avait naturellement été ouverte. « Sa mort est inexpliquée »  alors déclaré le procureur de Vannes, François Touron. « Aucun élément n’indique une piste criminelle, rapportait le quotidien Ouest-France. Sur place, un porte-parole du groupe d’étudiants affirme ‘’qu’il ne s’agit pas d’un bizutage’’réagissant à ce qu’il voyait circuler sur les réseaux sociaux au sujet du décès. »

Le jeune homme faisait partie d’un groupe d’environ 300 étudiants observant un rituel moderne dans cette commune de la côte sud de la Bretagne. Des agents de la sécurité étaient présents à cet événement, organisé par une association étudiante.

Alcoolisation massive

A leur retour à Rennes les étudiants avaient été accueillis par le président de l’université et par la doyenne de la faculté d’odontologie, ainsi que par des enseignants et des parents, écrit Ouest-France. Lors de la reprise des cours, lundi matin, la doyenne était de nouveau présente. Une minute de silence a rassemblé le personnel et les étudiants à la mi-journée.

« C’était un week-end d’intégration classique, comme il en existe plein d’autres, où les premières années font la découverte des autres élèves. On a fait plein d’activités, comme courir avec des palmes ou avec un verre d’eau à la main, c’était très bon enfant, a rapporté une étudiante à 20 Minutes. On a dansé toute la soirée. Certains ont peut-être abusé de l’alcool, mais il y avait des équipes de la sécurité civile pour les prendre en charge. »

Courir avec des palmes et un verre d’eau à la main ? Pas de bizutage. Pas de criminel. « L’autopsie a établi que ce décès était consécutif à un arrêt cardiaque dû à un syndrome asphyxique en lien avec une détresse respiratoire (…) provoquée par une alcoolisation massive », précise aujourd’hui, le communiqué du procureur de la République de Vannes. Où étaient les équipes de la sécurité civile ?

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PMA pour toutes : oui ou non ? C’est le président Macron qui, seul, répondra à la question

 

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Samedi 24 juin 2017 :  quarantième anniversaire de la « Marche des fiertés » LGBT. A Paris ce sera entre les places de la Concorde et de la République. Formidable symbolique tricolore. Quatre catégories et un slogan unique : « La PMA pour toutes, sans condition ni restriction, c’est maintenant ».

Symbolique : Le Monde souligne que, pour la première fois, l’Etat français est partenaire de cet événement festif – et ce par le biais du soutien de la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah). « On mesure le chemin parcouru, observe Yohann Roszéwitch, conseiller à la Dilcrah. Les premiers militants réclamaient le droit à la différence dans un contexte où l’homosexualité était encore pénalisée. Puis est venue la revendication du droit à l’indifférence. Aujourd’hui, c’est l’égalité de traitement qui est réclamée. »

C’est maintenant

« La PMA pour toutes, sans condition ni restriction, c’est maintenant ». Egalité de traitement ? « La PMA n’est pas un traitement qui guérit la stérilité, mais un accès à des techniques médicales qui permettent d’avoir des enfants, affirme Alexandre Urwicz, président de l’association des familles homoparentales (ADFH). Pourquoi la réserver aux couples hétérosexuels ? »

Telle est bien la question, politique, qui doit être posée : la PMA est-elle un « traitement qui guérit la stérilité » ? N’est-elle, au contraire, qu’un « accès à des techniques médicales qui permettent d’avoir des enfants ». L’autre question est de savoir qui doit, désormais, y répondre en France. Où l’on en revient aux responsabilités du politique face au questionnement éthique. On sait que durant le précédent quinquennat François Hollande n’a cessé de louvoyer autour du sujet. Et nous savons qu’une nouvelle dynamique semble être en marche avec Emmanuel Macron.

Monde meilleur

Le nouveau président se souvient-il du candidat qui se déclarait « favorable à une loi qui ouvrira la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires » ? Mais qui ajoutait en même temps : « afin de ne pas réitérer les erreurs du passé, le calendrier de cette réforme sera soigneusement préparé. J’attendrais que le Comité national d’éthique ait rendu son avis pour pouvoir construire un consensus le plus large possible ».

Nous y sommes : le CCNE rendra public mardi 27 juin son « avis » sur le sujet. Et des « indiscrétions » font que l’on sait que le fruit collectif de ses cogitations pencherait du côté de l’ouverture à laquelle le président est favorable. Où l’on voit que le monde est sinon le meilleur du moins assez bien fait, puisque jusqu’ici les sages du vieux Comité étaient opposés à ce que la PMA sorte du champ qui l’avait vu naître : celui de la thérapeutique de la stérilité.

Et ensuite ? « Nous attendons un signal fort du gouvernement,  dit Clémence Zamora-Cruz, porte-parole de l’Inter-LGBT, organisatrice de la marche. Il ne peut pas continuer à se cacher derrière un avis du CCNE. Ce n’est pas une question éthique, mais une question d’égalité des droits. » Le gouvernement Philippe II ? Personne ne semble être en charge du dossier. Et en toute hypothèse il faudra attendre la prochaine révision de la loi de bioéthique programmée, au plus tôt, pour l’année 2018. Et donc le vote d’une Assemblée où les nouveaux députés du Président sont omniprésents.

Combats farouches

« Seul Benjamin Griveaux, ancien porte-parole du mouvement du président, a montré de l’intérêt pour la cause LGBT, observe Le Monde. Il a été nommé au gouvernement mercredi 21 juin… secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’économie, donc sans possibilité d’intervenir dans ce dossier. En revanche, il n’a pas échappé aux militants que deux personnalités promues par M. Macron avaient farouchement combattu la loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe lorsqu’ils étaient députés Les Républicains : le ministre des comptes et de l’action publique, Gérald Darmanin, et le tout récent secrétaire d’Etat au Quai d’Orsay, Jean-Baptiste Lemoyne. Quant au député de Guadeloupe, Olivier Serva, il a conservé son investiture LRM malgré des propos homophobes passés – dont il s’est excusé depuis. »

Au final, démocratie ou pas, il apparaît que c’est bien le président de la République qui, en personne, décidera de l’issue de ce débat éthique majeur. Viendront, aussitôt, les questions majeures de réarrangement des dispositions historiques de filiation et de prise en charge (ou pas) par la collectivité d’une procréation médicalement assistée qui ne sera plus, stricto sensu, une thérapeutique.

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L’histoire véridique du maire qui sucre le RSA de ses concitoyens alcooliques

 

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C’est dans le beau département de l’Oise que l’on trouve la gentille bourgade de Pont-Sainte-Maxence. Nous sommes à cinquante kilomètres de Paris mais, déjà, dans les Hauts de France. L’Homme est ici depuis la Préhistoire. Des fouilles archéologiques ont mis au jour l’existence d’un site néolithique, des nécropoles et des zones agricoles. Aujourd’hui le calme de la cité (13 000 habitants) est gravement troublé par « une demi-douzaine de personnes qui s’alcoolisent dans le centre-ville ».

Le maire de Pont Sainte-Maxence s’appelle Arnaud Dumontier. Il tient un blog et est étiqueté « Les Républicains ». Forte personnalité. « C’est une sorte de Rudolph Giuliani picard, du nom du maire de New York qui fit, avec un certain succès, de la tolérance zéro l’alpha et l’oméga de sa politique de lutte contre la criminalité » dit de lui Le Courrier Picard.  M. Dumontier aime l’ordre, la propreté et son centre-ville. En janvier dernier il avait, avec le député voisin Eric Woerth, lancé une opération médiatisée pour y déloger « la racaille » et les drogués. Lui vivant, on ne verrait pas Pablo Escobar s’installer sur les berges de l’Oise.

Picoler ou s’insérer

Aujourd’hui M. Dumontier va plus loin comme le rapportent Le Parisien et Ouest-France. Pour lutter contre les bénéficiaires du RSA qui s’alcoolisent dans les rues de sa ville il a choisi de les dénoncer aux services du département chargés d’attribuer l’allocation. Opération réussie, sans karcher : le premier vient de se voir retirer 80% de son RSA pendant trois mois.

Il s’agit pour M. Dumontier de « nettoyer les rues des ivrognes ».  « Toucher l’aide de l’État pour la picoler, est intolérable » dit le maire. Il a été entendu par l’Etat. Les services concernés assurent qu’il ne s’agit pas d’une « sanction contre l’alcoolisme de l’allocataire » mais d’un signal pour « le non-respect des obligations en matière d’insertion ». « S’alcooliser n’est pas une clause de sanction. L’obligation d’insertion en est une. Elle est d’ailleurs stipulée par le contrat que le bénéficiaire du RSA signe », expliquent les services de l’Etat.

Bottes républicaines

M. Dumontier n’est pas seul dans son combat. Le département de l’Oise affirme recevoir« de nombreux signalements et des dénonciations anonymes »qui conduisent à mener des enquêtes et à statuer sur certains cas lors de commissions disciplinaires. Mais M. Dumontier n’a pas que des amis. En témoignent les quarante-neuf mains courantes à son encontre, pour la plupart déposées par des associations de solidarité.

Pour l’heure, droit dans ses bottes politiques, M. Dumontier continue son combat pour la propreté radicale de son centre-ville. Il adressera d’autres courriers au département et continuera sa campagne de « dissuasion ».  « Je suis le maire de ceux qui se lèvent tôt, affirme-t-il. Ces derniers sont venus me dire qu’ils en ont marre de payer des impôts pour ces indésirables ivrognes. »​​​​​​​

Il faut savoir gré à M. Dumontier. Dans la période de grande confusion idéologique que nous traversons ce sont de tels maires qui nous rappellent que la jungle n’est jamais loin du centre de nos villes. La jungle, la peur, la méchanceté et son cortèges d’absurdité.

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Stupéfiants : faudra-t-il, demain, les dépister chez les chômeurs indemnisés ?

 

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Sombres nuages sur l’Amérique. Le temps se couvre, outre-Atlantique. L’information est disponible sur le site Slate.fr (Claire Levenson). Aux États-Unis, le ministère du Travail vient officiellement d’autoriser les États à exiger un dépistage de drogue pour les demandeurs d’emploi qui souhaitent obtenir des allocations chômage. Les Républicains au Congrès ont récemment voté pour éliminer une disposition mise en place par Barack Obama qui s’opposait à une telle pratique.

« En décembre dernier, le gouverneur républicain du Wisconsin, Scott Walker, avait envoyé une lettre ouverte à Donald Trump, lui demandant de changer les règles afin qu’il puisse soumettre les personnes bénéficiaires de certaines allocations à des dépistages, rapporte Slate.fr. Son vœu a été exaucé.

Idem en Australie

Aux Etats-Unis l’idée de ce type de dépistage a émergé pendant la récession de 2009, lorsque des Républicains ont pensé pouvoir ainsi économiser de l’argent. « Pourtant, l’expérience montre que ces mesures sont en général inefficaces, note Slate.fr. Dans sept États américains, les tests de drogue sont déjà obligatoires pour les bénéficiaires de l’équivalent américain du RSA. Les résultats de ces initiatives montrent qu’elles sont coûteuses : la somme dépensée pour mettre en place les dépistages est bien supérieure aux économies faites via la cessation d’allocations pour les personnes qui ont testé positif. »

Ne parlons pas d’éthique. Qu’en serait-il si l’entreprise s’était révélé rentable ?

Et puis, sur le fil de l’AFP, cette nouvelle: le gouvernement australien vient d’annoncer la pratique de tests de dépistage de drogues parmi les sans emploi pour dissuader les chômeurs de dépenser leurs allocations en stupéfiants. Il s’agit d’un test qui portera sur des personnes nouvellement sans emploi, selon les autorités, qui disent vouloir lutter contre l’usage des stupéfiants alimenté par la protection sociale. «  C’est un ballon d’essai qui portera sur 5.000 personnes et si ça ne marche pas, on l’arrêtera et si cela aide les gens, on continuera, cela serait stupide de ne pas le faire» a déclaré le ministre des Finances Scott Morrison.

Jean Gabin

Michael Hiltzik fait valoir, dans le Los Angeles Times, que le vrai but de ces mesures est de « diaboliser les pauvres » à des fins politiques. On peut voir là une variante américaine de la formule « salauds de pauvres ». Bien avant Coluche, Jean Gabin la prononce en 1956, dans le célèbre film La Traversée de Paris de Claude Autant-Lara (inspiré d’un roman de Marcel Aymé).

Drogue et allocation chômage ? « L’argent du RSA sert à acheter de l’alcool, de la drogue et à la prostitution ». Ce sont les termes de Norbert Bouvet, vice-président du conseil départemental de la Mayenne (Les Républicains) en charge de l’économie, de l’emploi et de l’éducation et porte-parole de François Fillon en Mayenne. Des propos qu’il a tenus au micro de France Bleue Mayenne le 24 novembre 2016. Puis, comme on avait pu le lire dans Ouest-France, réaffirmés dans l’enceinte du conseil départemental, face à une opposition ulcérée.

Coluche

Le temps, parfois, se lève outre-Atlantique. A Montréal, au Canada, le centre d’hébergement pour SDF « La Maison du Père » vient d’inaugurer quatre nouvelles « chambres dédiées aux soins palliatifs et de fin de vie ». Deux de ses chambres sont destinées à des hommes encore autonomes qui « pourront y séjourner pour une durée de quelques mois », les deux autres seront offertes aux résidents qui vivent leurs derniers instants.

 Pour le directeur général du paternel établissement, il s’agit de « leur rendre un dernier hommage, (…) de les accompagner avec dignité jusqu’au bout et de permettre à leurs pairs de faire leur deuil et de savoir qu’ils ne mourront pas dans l’oubli et l’indifférence ». C’est aussi une réponse au vieillissement significatif des personnes sans domicile fixe de plus en plus nombreuses à souffrir de maladies évolutives chroniques.

A Montréal, de l’autre côté de la frontière américaine et bien loin de la Mayenne, « La Maison du Père » a cette formule : « Donner pour que la rue ait une issue ». On songe à Coluche, plus qu’à François Fillon.

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Dernière inauguration présidentielle : un futur hôpital flambant neuf à Belle-Ile-en-Mer

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Il partira bientôt. Il partira mais on ne changera ni son humour décalé ni ses allusions pour les milieux autorisés. François Hollande était, vendredi 28 avril, à Belle-Ile-en-Mer, l’une des beautés du Ponant chérie en son temps par François Mitterrand. Et Ouest-France était, comme toujours, présent. Pourquoi Belle-Ile ? Le président de la République était là en compagnie de Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne, ministre de la Défense et désormais proche d’Emmanuel Macron. Le pouvoir comme en vacances.

Et puis, à l’ombre de la citadelle de Vauban, le président de respirer.  « On a besoin d’air pur, parce qu’il y a quand même aussi des mauvais vents, donc il faut chasser les mauvais vents. Il faut aller vers le grand large, jamais se replier, jamais se confiner ». Non loin du dynamique « Poisson rouge » le président a ajouté, concernant les mauvais vents : « Ce sont toujours les mêmes, les vents du nationalisme, les vents du repli, le vent de la peur, et pour ça il faut accepter de s’ouvrir, d’aller vers le grand large ».

Pourquoi Belle-Ile ? Il faut ici lire l’omniprésent Télégramme

« Arrivé vers 8 h 30, accompagné du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, François Hollande a été accueilli à l’aérodrome de Bangor par le maire de Le Palais, Frédéric Le Gars, et le maire de la commune de Bangor, Annick Huchet. Après avoir déjeuné à l’Hôtel du Grand large, à l’invitation d’Yvan et de Dominique, ses propriétaires, les îliens ont trouvé un président détendu et souriant, loin des ors de la République. Un François Hollande accessible, à l’écoute des préoccupations des représentants de l’agriculture, du tourisme et, bien sûr, des élus. Les contraintes insulaires, l’association des Iles du Ponant, la pêche, le tourisme et sa saisonnalité, la fragilité territoriale et son « vent d’avenir » étaient dans le souffle du jour. »

Dernier chantier et parapluie

François Hollande en visite à Belle-Ile ?  Le chef de l’Etat a officiellement lancé ce qui sera son dernier chantier : la restructuration de l’hôpital Yves-Lanco prévue sur plus de deux ans. Tous les détails sont donnés par Le Quotidien du médecin.

Certains bâtiments étant (euphémisme) vétustes, la Haute Autorité de santé (HAS) avait formulé plus de cent recommandations et demandé à l’établissement de mettre en conformité sa sécurité incendie et sa sécurité électrique (sic). Au final l’ensemble du site va bénéficier d’une opération de reconstruction de 26 millions d’euros. Le cabinet d’architecte Victor Castro a été chargé des plans du projet en juin 2016 (après avoir réalisé la restructuration et l’extension du Centre hospitalier Sainte-Anne). La réalisation des travaux a été confiée à la société Bouygues. Le futur bâtiment, sur 7 700 m² de surface plancher, regroupera différents services dans un même lieu. Il est prévu une unité de soins non programmés, un plateau en rééducation, un pôle santé avec consultation externe et SSIAD, une unité de dialyse, une unité d’hospitalisation en médecine, SSR et soins palliatifs, mais aussi cinq « maisonnées d’EHPAD ». Le bâtiment devrait être livré au 1er semestre 2019.

Avant de quitter Belle-Ile le président de la République a écouté Thibault Grollemund premier adjoint au maire de Palais et président du comité de surveillance de l’hôpital : « Vous trouverez toujours un accueil amical et fraternel. Et dans quelques décennies, quand vous déciderez de prendre une retraite bien méritée, nous aurons tout ce qu’il faut pour vous accueillir. On troquera un petit coin de parapluie contre un coin de paradis ». Parapluie ?

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Qui vissera sa plaque dans les dunes dorées de Saint-Lunaire, petit bijou balnéaire breton ?

 

Bonjour

Au départ il y a Saint Lunaire (vers 509 – vers 560-580). Un saint catholique par ailleurs armoricain. Parfois appelé Lenor, Launeuc ou Lormel (voire Léonard). Son culte s’étend de la pointe occidentale de l’Armorique jusqu’aux marches de Bretagne – voire à l’Avranchin.

Puis vint Saint-Lunaire (Ille-et-Vilaine). Station balnéaire située à l’ombre de Dinard. « Son bourg s’étend sur les dunes sablonneuses (mielles) accumulées entre deux massifs de granite (bien lire granite) et grès se jetant de manière subméridienne vers la mer de la Manche, les pointes du Nick, du Décollé et de la Garde Guérin, nous dit la Toile. Avec l’urbanisation, seules subsistent les plages de sable fin (découvertes de quelque 300 mètres à grande marée) dites Grand’Plage et plage de Longchamp, toutes deux barrées de digues construites pour la promotion immobilière à la fin du XIXe siècle et dans les années 1930. »

Aujourd’hui rien ne va plus à Saint-Lunaire. « La prochaine saison touristique donne des sueurs froides à la mairie, rapporte Le Quotidien du Médecin.  Le Dr Françoise Robert, généraliste libérale [conventionné secteur 1. Carte Vitale acceptée], est en effet sur le point de prendre sa retraite. Problème, elle est le seul omnipraticien de cette petite commune de 2 300 habitants. »

Plaquette de bienvenue

La municipalité, dirigée par Michel Penhouët, n’est pas inactive. « Une communication tous azimuts se met en place, via des annonces diverses et notre site Internet », indique-t-il à Ouest-France : « Saint-Lunaire en quête de médecin(s) généraliste(s) ». Une « plaquette de bienvenue aux médecins généralistes » a été confectionnée. Elle sera bientôt sur internet.

« Elle vante les qualités du site lunairien : l’accueil et l’attractivité de la commune (300 logements construits en dix ans), des commerces de proximité, un marché hebdomadaire, des associations nombreuses, des animations… Gage pour les candidats médecins d’une patientèle assurée. Pour les loisirs, la plaquette mentionne aussi le yacht-club flambant neuf, des courts de tennis, deux centres équestres, le centre culturel et le cinéma, un golf à proximité… »

Mieux encore, le médecin ne sera pas isolé, dans son cabinet mis à sa disposition gratuitement pendant deux ans. Ici sont déjà installés un dentiste, quatre kinés, un podologue, quatre infirmières, un psychologue, un psychothérapeute, un ostéopathe…. Que dire de plus ? La commune a aussi sa pharmacie et SOS médecins est présent pour les gardes. Les médecins, parents d’enfants, ont également deux écoles à leur disposition, publique et privée et un restaurant scolaire bio.

Homards bleus

Vous hésitez ? Dinard est à 3 km, Saint-Malo à 15 km, Rennes à 45 minutes, Paris à 2 h 30 en TGV, et Londres à 1 h 15 au départ de l’aéroport de Pleurtuit. Ici le « bassin de vie de Dinard » abrite trente-deux généralistes. Saint-Lunaire n’est donc pas un désert médical. Et en saison la population du bijou balnéaire breton est multipliée par dix. Hier encore on serait venu ici à bride abattue.

« J’étais persuadé qu’à Saint-Lunaire, comme le cadre est extraordinaire, que l’on aurait aucun mal à recruter un médecin. Je me trompais ! », a confié le maire à France Bleu . La France change, la Bretagne aussiBien au-delà des déserts, un cadre extraordinaire, du sable fin, des homards bleus et un restaurant bio ne suffissent plus à attirer les médecins généralistes. Pourquoi ?

A demain