Qui vissera sa plaque dans les dunes dorées de Saint-Lunaire, petit bijou balnéaire breton ?

 

Bonjour

Au départ il y a Saint Lunaire (vers 509 – vers 560-580). Un saint catholique par ailleurs armoricain. Parfois appelé Lenor, Launeuc ou Lormel (voire Léonard). Son culte s’étend de la pointe occidentale de l’Armorique jusqu’aux marches de Bretagne – voire à l’Avranchin.

Puis vint Saint-Lunaire (Ille-et-Vilaine). Station balnéaire située à l’ombre de Dinard. « Son bourg s’étend sur les dunes sablonneuses (mielles) accumulées entre deux massifs de granite (bien lire granite) et grès se jetant de manière subméridienne vers la mer de la Manche, les pointes du Nick, du Décollé et de la Garde Guérin, nous dit la Toile. Avec l’urbanisation, seules subsistent les plages de sable fin (découvertes de quelque 300 mètres à grande marée) dites Grand’Plage et plage de Longchamp, toutes deux barrées de digues construites pour la promotion immobilière à la fin du XIXe siècle et dans les années 1930. »

Aujourd’hui rien ne va plus à Saint-Lunaire. « La prochaine saison touristique donne des sueurs froides à la mairie, rapporte Le Quotidien du Médecin.  Le Dr Françoise Robert, généraliste libérale [conventionné secteur 1. Carte Vitale acceptée], est en effet sur le point de prendre sa retraite. Problème, elle est le seul omnipraticien de cette petite commune de 2 300 habitants. »

Plaquette de bienvenue

La municipalité, dirigée par Michel Penhouët, n’est pas inactive. « Une communication tous azimuts se met en place, via des annonces diverses et notre site Internet », indique-t-il à Ouest-France : « Saint-Lunaire en quête de médecin(s) généraliste(s) ». Une « plaquette de bienvenue aux médecins généralistes » a été confectionnée. Elle sera bientôt sur internet.

« Elle vante les qualités du site lunairien : l’accueil et l’attractivité de la commune (300 logements construits en dix ans), des commerces de proximité, un marché hebdomadaire, des associations nombreuses, des animations… Gage pour les candidats médecins d’une patientèle assurée. Pour les loisirs, la plaquette mentionne aussi le yacht-club flambant neuf, des courts de tennis, deux centres équestres, le centre culturel et le cinéma, un golf à proximité… »

Mieux encore, le médecin ne sera pas isolé, dans son cabinet mis à sa disposition gratuitement pendant deux ans. Ici sont déjà installés un dentiste, quatre kinés, un podologue, quatre infirmières, un psychologue, un psychothérapeute, un ostéopathe…. Que dire de plus ? La commune a aussi sa pharmacie et SOS médecins est présent pour les gardes. Les médecins, parents d’enfants, ont également deux écoles à leur disposition, publique et privée et un restaurant scolaire bio.

Homards bleus

Vous hésitez ? Dinard est à 3 km, Saint-Malo à 15 km, Rennes à 45 minutes, Paris à 2 h 30 en TGV, et Londres à 1 h 15 au départ de l’aéroport de Pleurtuit. Ici le « bassin de vie de Dinard » abrite trente-deux généralistes. Saint-Lunaire n’est donc pas un désert médical. Et en saison la population du bijou balnéaire breton est multipliée par dix. Hier encore on serait venu ici à bride abattue.

« J’étais persuadé qu’à Saint-Lunaire, comme le cadre est extraordinaire, que l’on aurait aucun mal à recruter un médecin. Je me trompais ! », a confié le maire à France Bleu . La France change, la Bretagne aussiBien au-delà des déserts, un cadre extraordinaire, du sable fin, des homards bleus et un restaurant bio ne suffissent plus à attirer les médecins généralistes. Pourquoi ?

A demain

 

 

 

Une fillette de 4 ans meurt d’une tuberculose pulmonaire et méningée au CHU de Rennes

 

Bonjour

Le spectre de la tuberculose. C’est une mort qui survient en pleine polémique nationale vaccinale. Une fillette de 4 ans est décédée des suites d’une tuberculose il y a quelques jours à l’Hôpital Sud de Rennes.  Sa famille vit à Vildé-Guingalan, près de Dinan (Côtes-d’Armor). Une campagne de dépistage est lancée dans son école maternelle. « Informée de ce cas très rare dans notre pays de nos jours, l’Agence Régionale de Santé (ARS) a organisé une réunion à destination des parents d’élèves de l’école à la salle des fêtes de Vildé-Guingalan, en présence d’un médecin et d’une infirmière » précise Ouest-France.

La fillette était scolarisée en classe de petite et moyenne section. Une campagne préventive de dépistage a été lancée. Les élèves des deux classes de maternelle de cette école seront notamment soumis à une radio pulmonaire, qui sera renouvelée dans trois mois.

L’école de Vildé-Guingalan

« ’’Ce protocole est proposé à toutes les personnes ayant eu un temps de contact cumulé de 8 heures lors des trois derniers mois ’’ a expliqué à Ouest France un médecin de l’ARS. Cela inclut donc les enfants de maternelle scolarisés avec la fillette, le personnel et les enseignants, ainsi que la famille et les proches. Ce dépistage sera proposé le 28 février, à l’école de Vildé-Guingalan. Les personnes concernées pourront également l’effectuer via leur médecin traitant. »

Le quotidien breton prend soin de préciser que ce cas mortel est différent des cas de méningite détectés à Broons, au sud de Dinan. Mi-décembre, au collège Jean-Monnet, deux élèves de quatrième avaient développé une méningite d’origine bactérienne (à méningocoques). L’ARS avait alors lancé une campagne de vaccination auprès de 600 personnes en janvier.

L’enfant n’était pas vaccinée

Le cas a été notifié à l’ARS de Bretagne le 2 février dernier. « La fillette présentait une atteinte méningée mais aussi une atteinte pulmonaire, a précisé au Quotidien du Médecin le Dr Pierre Guillaumot, médecin-inspecteur de santé publique à l’ARS de Bretagne. Elle n’était pas vaccinée car elle ne faisait pas partie des populations chez qui le BCG reste recommandé 1. En raison de la contagiosité – l’enfant était BK+ – une campagne de dépistage va être proposée aux personnes qui ont été en contact avec elle pendant plus de 8 heures dans les trois derniers mois à moins de deux mètres. » En cas de découverte d’une infection tuberculeuse latente, un traitement antituberculeux est mis en route.

En Bretagne et en 2015 cent-quatre vingt dix cas de tuberculose ont été signalés (dont sept chez enfants de moins de 15 ans) et sept cas de méningites tuberculeuses (essentiellement chez des personnes âgées).

L’incidence de la tuberculose maladie diminue en France chaque année. C’est ce phénomène qui a été l’un des facteurs qui a conduit les autorités sanitaires à suspendre l’obligation vaccinale en juillet 2007. Et à passer d’une vaccination universelle obligatoire à une vaccination ciblée recommandée chez les enfants à risque de tuberculose. Un bilan réalisé en 2012 (« Bulletin épidémiologique hebdomadaire » du 12 juin 2012, n° 24-25) ne montrait pas d’impact du changement de politique vaccinale. Une vaccination antituberculeuse qui soulève, elle aussi, de considérables problèmes pratiques comme nous l’expliquions il y aura bientôt un an.

A demain

1 Depuis août 2007 la vaccination par le BCG ne peut plus être exigée à l’entrée en collectivité mais « fait l’objet d’une recommandation forte pour les enfants à risque élevé de tuberculose ». Pour les enfants exposés à un risque élevé de tuberculose, la vaccination par le BCG est recommandée dès la naissance. Les nourrissons âgés de moins de 3 mois sont vaccinés par le BCG sans test tuberculinique préalable. Chez les enfants à risque non vaccinés, la vaccination peut être réalisée jusqu’à l’âge de 15 ans. L’intradermoréaction (IDR) à la tuberculine préalable à la vaccination doit être réalisée à partir de l’âge de 3 mois pour éviter de vacciner un enfant qui aurait déjà été infecté. La vaccination ne s’applique qu’aux personnes ayant une intradermoréaction à la tuberculine négative.

Sont considérés comme enfants à risque élevé les enfants qui répondent au moins à l’un des critères suivants : – enfant né dans un pays de forte endémie tuberculeuse ; – enfant dont au moins l’un des parents est originaire de l’un de ces pays ; – enfant devant séjourner au moins un mois d’affilée dans l’un de ces pays ; – enfant ayant un antécédent familial de tuberculose (collatéraux ou ascendants directs) ; – enfant résidant en Île-de-France, en Guyane ou à Mayotte ; – enfant dans toute situation jugée par le médecin à risque d’exposition au bacille tuberculeux, notamment enfant vivant dans des conditions de logement défavorables (habitat précaire ou surpeuplé) ou socioéconomiques défavorables ou précaires (en particulier parmi les bénéficiaires de la CMU, CMUc, AME…) ou en contact régulier avec des adultes originaires d’un pays de forte endémie.

 

 

 

Connaissiez-vous Benoît H., spécialiste politique du burn out et des perturbateurs endocriniens ?

 

Bonjour

C’était il y a un an. Personne ne songeait plus à François Fillon et François Hollande était le candidat naturel à sa reconduction. Le burn out, alors, écartelait la gauche plurielle.

C’était il y a un an. Février 2016. Tout, déjà, déchirait la gauche. Pas un jour sans une nouvelle fissure, une nouvelle fracture. On le voyait depuis peu sur le front du travail, ce mot-clef des forces de progrès. Confronté au chômage de masse et à ses innombrables pathologies, le gouvernement venait de mettre au feu avec un « assouplissement » du code du travail applaudi par la droite. Une toute jeune ministre fraîchement nommée (Myriam El Khomri), jouait avec des allumettes (article 49-3).

En marge de cette affaire naissante gonflait un autre abcès : celui du « burn-out »1. La collectivité devait-elle ou non le considérer comme une maladie professionnelle, l’indemniser comme tel ? Un abcès économique, politique, philosophique. Il prenait alors la forme d’une proposition de loi symptomatique signée de Benoît Hamon, longtemps ministre, ministre démissionnaire, ancien porte-parole du Parti socialiste, alors député (Parti socialiste, Yvelines). M. Hamon venait de déposer une proposition de loi « visant à faciliter la reconnaissancedu syndrome dépuisement professionnel en tant quemaladie professionnelle ». Il le faisait avec un petit groupe d’élu(e)s socialistes et écologistes chaque jour un peu plus opposé(e)s au gouvernement de Manuel Valls et au président François Hollande. La liste n’est pas, aujourd’hui, sans intérêt 2. Et nous, naïvement, de postuler qu’il s’agissait peut-être, d’une manière d’exister médiatiquement dans un paysage de plus en plus mouvementé. Extrait de l’exposé des motifs de Benoît Hamon :

Vie colonisée

« En France 3,2 millions de Français sont exposés à un risque élevé de « burn-out » [Étude du cabinet Technologia, publiée en mai 2014] ou syndrome d’épuisement professionnel. Ce syndrome frappe sans distinction, cadres et simples employés, salariés du public comme du privé. Il est la conséquence d’un trop plein de travail, d’un trop plein de pression qui mènent des hommes et des femmes à l’effondrement.

La mondialisation économique a profondément bouleversé le fonctionnement des entreprises. Confrontées à une compétition désormais mondiale, les entreprises se sont adaptées. Très vite, de nouvelles formes de management et d’organisation du travail ont transformé en profondeur le quotidien de millions de salariés, soumettant ceux-ci à des évaluations de performance de plus en plus exigeantes. Les nouvelles technologies ont accéléré le mouvement, maintenant le lien entre les individus et leur travail bien au-delà du temps réel passé dans l’entreprise.

Ce travail, qui colonise la vie, est souvent la première étape d’un processus qui s’achève par des pathologies physiques et psychiques lourdes et durables. La souffrance au travail est le mal de notre temps, comme l’exploitation des femmes et des enfants ou les conditions d’hygiène et de sécurité des travailleurs ont été la face sombre de la révolution industrielle au XIXe siècle. »

Il y a un an on attendait, ministre en titre, Myriam El Khomri. Ce fut Marisol Touraine, ministre de la Santé depuis mai 2012 et invitée le 21 février du « Grand Jury » RTL- Le Figaro-LCI.  « Il est temps de regarder les choses en face. La souffrance au travail, c’est une réalité que l’on ne peut plus escamoter a déclaré Mme Touraine.  Benoît Hamon a raison d’alerter sur ce sujet, mais avant d’en faire une maladie professionnelle, il faut définir ce que c’est que cette maladie ».

Perturbateurs endocriniens

C’est pourquoi la ministre de la Santé souhaitait mettre en place « un groupe de travail » réunissant médecins, experts et chercheurs pour définir médicalement le burn-out. Ce n’était pas la première fois que Marisol Touraine et le gouvernement traitaient du burn out.  Fin juin 2015 la ministre de la Santé expliquait  souhaiter que cette entité, soit « réintroduite » dans la loi via le projet sur le dialogue social. Le Sénat venait alors de la retirer  de la liste des maladies professionnelles. Peu avant les députés avaient adopté un amendement socialiste (identique à un autre du gouvernement) disposant que « les pathologies psychiques peuvent être reconnues comme maladies d’origine professionnelle » – et ce aux mêmes conditions que les autres affections.

Puis en juillet 2005 François Rebsamen  (alors ministre du travail) concluait  brutalement l’affaire : la « loi sur le dialogue social » comprendrait « un début de reconnaissance » du burn-out. Pour autant le « syndrome d’épuisement professionnel » ne figurerait pas « au tableau des maladies professionnelles ». En août 2015 cette loi tait promulguée. Six mois plus tard l’impossible ouvrage était remis sur le vieux métier par un certain Benoît Hamon.

Un an après le paysage a, on le sait, bien changé. François Rebsamen a disparu. Manuel Valls, Marisol Touraine et Myriam El Khomri ne seront bientôt plus ministres, ni François Hollande président. Quant à Benoît Hamon, frondeur modeste, il trône. Il reparle, régulièrement, du contenu de sa proposition de loi mais aussi des « perturbateurs endocriniens » 3. C’est le seul de sa catégorie à s’intéresser à ce sujet d’avenir. C’est le seul, aussi, à parler de futur désirable et désiré.

A demain

1 Une petite somme sur le sujet :  « Le Burn Out » de Philippe Zawieja.  (9 euros-Que sais-je ?)

2 Régis JUANICO, Cécile DUFLOT, Jean-Marc GERMAIN, Delphine BATHO, Laurence DUMONT, Christian PAUL, Carole DELGA, Olivier DUSSOPT, Michèle DELAUNAY, Alexis BACHELAY, Colette CAPDEVIELLE, Jean-Louis ROUMÉGAS, Kheira BOUZIANE-LAROUSSI, Sandrine DOUCET, Gwenegan BUI, Isabelle ATTARD, Jean-Jacques VLODY, Fanny DOMBRE-COSTE, Sergio CORONADO, Dominique CHAUVEL, Pascal CHERKI, Chaynesse KHIROUNI, Guy DELCOURT, Martine LIGNIÈRES-CASSOU, Guillaume GAROT, Audrey LINKENHELD, Jean-Pierre BLAZY, Barbara ROMAGNAN, Michel POUZOL, Danielle AUROI, Jacques CRESTA, Pascale GOT, Pierre-Yves LE BORGN’, Geneviève GOSSELIN-FLEURY, Pascal TERRASSE, Sandrine MAZETIER, Florence DELAUNAY, Arnaud LEROY, Christophe PREMAT, Serge BARDY, Chantal GUITTET, Michel FRANÇAIX, Jean-Pierre LE ROCH, Philippe BAUMEL, Jean-Luc BLEUNVEN, Jean-Pierre DUFAU, Philip CORDERY, Geneviève GAILLARD, Édith GUEUGNEAU, Frédéric ROIG, Jean-René MARSAC, Stéphane TRAVERT, Yves DANIEL, Mathieu HANOTIN, Robert OLIVE, Monique RABIN, Philippe NOGUÈS, Jean-Luc LAURENT, Fanélie CARREY-CONTE, Paul MOLAC, Michèle BONNETON, Jean-Pierre ALLOSSERY, Isabelle BRUNEAU, Linda GOURJADE, Christophe BORGEL, Jean-Michel VILLAUMÉ, Marie-Anne CHAPDELAINE, Sébastien DENAJA, Pouria AMIRSHAHI, Marie LE VERN, Sylviane ALAUX, Jean-Louis TOURAINE, Jean-Louis DESTANS, Brigitte ALLAIN, Laurent BAUMEL, Véronique MASSONNEAU, Michel LESAGE, Thomas THÉVENOUD, Lucette LOUSTEAU, Annie LE HOUEROU, Razzy HAMMADI, Laurent KALINOWSKI.

3 Sur ce thème, indispensable : « Le cerveau endommagé. Comment la pollution altère notre intelligence et notre santé mentale » de Barbara Demeneix (Odile Jacob, 2016)

 

 

Au bout du rouleau : l’histoire, édifiante, du généraliste de Brest qui va dévisser sa plaque

 

Bonjour

C’est une histoire que l’on pouvait lire le 14 janvier dans Le Télégramme : « La colère d’un médecin breton » (Catherine Le Guen). Qu’un quotidien de la presse quotidienne régionale puisse publier un tel témoignage en dit long sur la dégradation de la situation générale. Pour des raisons, indirectes, de confidentialité Le Télégramme a changé son nom. Ce sera le « Dr Paul. »:

« Installé à Brest depuis 1981, le Dr Paul, médecin généraliste, va bientôt partir à la retraite, sans avoir pu trouver un successeur. Avant, il veut témoigner des difficultés de la profession et tenter de faire bouger les choses, lui qui a vécu le choc de perdre son associé suite à un épuisement professionnel.

« ‘’Je suis en colère et je veux créer un électrochoc chez les médecins – il y en a beaucoup qui ne vont pas bien – mais aussi au niveau des politiques et de la population en témoignant sur la situation actuelle de la profession. Il faut casser le tabou et parler du suicide des médecins’’, témoigne-t-il ».

Son cabinet médical est situé dans un quartier agréable de Brest. Solitaire : il ne pouvait plus assurer le salaire de la secrétaire qui a dû être licenciée. Et le jeune médecin de 35 ans venu collaborer quelques mois après le décès de son associé est lui aussi reparti.

« Avant l’été, il aura dévissé sa plaque et le cabinet médical, pourtant récent et aux normes pour l’accessibilité des personnes handicapées, devra trouver une autre destination. D’autres confrères brestois ont déjà mis la clef sous la porte sans suite.

« ‘’Les jeunes médecins ne veulent plus s’installer, ils préfèrent faire des remplacements. Même à Brest, une ville universitaire ! Mais on ne parle jamais des raisons’’, ajoute le médecin qui a écrit des dizaines de courriers aux autorités de santé, sans réponse. ‘’Seul le directeur de la CPAM du Finistère m’a reçu et écouté pendant une heure’’ ».

La foi et le Vatican

Le temps, finalement, est passé trop vite. En début de carrière, le Dr Paul passait entre dix et quinze minutes avec chaque patient. « Quand il a fallu passer cinq minutes avec le patient et dix minutes avec les papiers à remplir, j’ai décidé de prendre vingt minutes par patient ».

« En 2013, j’étais moi-même au bord du burn-out et j’avais affiché dans la salle d’attente un texte où je parlais des cinquante médecins qui se suicident chaque année en France, de la pression administrative, mais aussi de celle des patients, de leurs demandes urgentes non justifiées et de l’agressivité réservée souvent à la secrétaire ». Un texte qui se terminait par ‘’Un médecin, si on veut être bien soigné, ça se respecte, mais si on lui met trop la pression, il peut aussi craquer’’. »

Pour le médecin brestois la désertification médicale n’est pas liée au « climat » ou à l’«isolement des villages ». « Les jeunes ont peur de tout ce qu’on nous impose, des contraintes administratives, du tiers payant qu’on a pourtant combattu et qui va accentuer la pression, dit-il. Et surtout ils nous voient fatigués ! ». La fatigue, voilà l’ennemie. Installé avec l’arrivée de la gauche au pouvoir le Dr Paul va partir avec la prochaine élection présidentielle. Trente-six ans de fatigues.

Demain, dans Ouest-France, les confidences d’un curé au bout du rouleau ? Un prêtre expliquant qu’au terme de son sacerdoce il a, du fait du Vatican, perdu la foi ?

A demain

Maladie de Lyme : la «goutte épaisse» n’aidera pas à sortir des brouillards du grand bazar

 

Bonjour

Pasteur a vécu. « Un germe, une maladie », c’est fini. Plus précisément c’est à la fois vrai et nettement plus compliqué. En ce début du troisième millénaire (et en France) la maladie de Lyme incarne à merveille la complexité de la biologie moderne –et  les impasses auxquelles elle conduit quand elle est impuissante à décrypter la pathologie à laquelle elle est confrontée.

Lyme alimente et cristallise bien des passions, bien des déraisons. On lit ici ou là des propos insensés et le politique peine à rapprocher ce continent de la réalité objectivable. Nous en sommes à de telles extrémités que l’on en vient à demander  à la justice, au droit, à des magistrats, ce qu’il en est de la fiabilité des tests de dépistage de cette entité pathologique aux contours contestés. 1

« Une situation inédite et assez déroutante pour les scientifiques qui, comme moi, travaillent sur le sujet dans leur laboratoire de recherche, résume Muriel Vayssier-Taussat sur le site The Conversation 2. Entre les tests homologués peu fiables, les tests non officiels peut-être plus fiables mais non évalués et les tests complètement fantaisistes défendus par des malades dans le désarroi, c’est… le grand bazar. »

Souffrances et charlatans

Le grand bazar et bien plus que cela. A commencer par nombreuses personnes diagnostiquées négatives par les « tests officiels », mais qui sont persuadées souffrir de la maladie de Lyme. Des personnes souvent en quête parfois désespérées de méthodes alternatives qui pourraient confirmer (ou pas) l’existence leur maladie et les aider à moins souffrir. Des personnes susceptibles d’être la proie de ce qu’il faut bien nommer des charlatans : « vendeurs ambulants de drogues qu’ils débitent à grand fracas de trompe et de boniments sur les places publiques, montés sur des tréteaux ou sur une voiture. »

Mme Vayssier-Taussat nous autorisera à dire qu’elle est tout sauf une novice 3. « Le défi, avec cette maladie encore en grande partie mystérieuse, est de trouver où, dans l’organisme, se loge la bactérie incriminée, explique-t-elle. Ou alors de repérer les traces qu’elle laisse durant sa migration depuis le point de piqûre vers d’autres parties du corps. Dans ce jeu de pistes, la bactérie semble être plus forte que les chercheurs. Pour le moment du moins. »

Elisa et Western Blot

Il faut lire son texte pour comprendre le cheminement de ce qu’il faut bien appeler la science. La recherche des anticorps dans le sang, la mise au point des tests Elisa et Western Blot – tests validés par une conférence de consensus qui s’est tenu il y a dix ans – conférence de consensus dont les conclusions sont désormais très discutées.  Mme Vayssier-Taussat :

« En France et ailleurs en Europe, la maladie de Lyme n’est pas due à une seule bactérie mais à plusieurs appartenant à cinq espèces différentes au moins, toutes du genre Borrelia. Pour mettre en évidence les anticorps produits par l’organisme au contact de ces bactéries, il faut donc utiliser des antigènes (les protéines de la bactérie reconnues par ces anticorps) qui puissent être reconnus quelles que soient les espèces bactériennes à l’origine de la maladie. Soit des antigènes communs à toutes ces bactéries, soit une combinaison d’antigènes qui couvre toutes les espèces de bactéries. Sauf que les fabricants de la vingtaine de tests sérologiques autorisés en France n’indiquent pas toujours les réactifs utilisés… Parfois leurs tests ne permettent de reconnaître que certaines bactéries, et on le sait. D’autres fois, on n’a pas cette information. »

Il y a encore le génie infectieux de Borrelia qui avance masquée et piège les tests Elisa et Western Blot. Dans cette jungle, une vingtaine de tests sont autorisés en France ? Si la fiabilité de certains a été établie, elle reste discutable pour d’autres, pour lesquels peu de données sont disponibles. Le Haut conseil de la santé publique a d’ailleurs recommandé dès 2014 que la sensibilité et la spécificité de l’ensemble de ces tests puissent être vérifiées.

Microscope à fond noir

Il existe aussi une autre voie diagnostique, non officielle : tenter de repérer Borrelia à l’œil nu, sous un microscope, à partir d’un peu de sang. En France et en Allemagne), des laboratoires d’analyses proposent cette vieille technique simplissime : le test « de la « goutte épaisse ». Elle consiste à observer une goutte de sang déposée sur une lame à l’aide d’un microscope à fond noir. Ce test est déjà utilisé pour repérer l’agent pathogène du paludisme.

Lisons Mme Vayssier-Taussat  sur The Conversation :

« Avertie par une association de patients que certains utilisaient cette technique à la maison, notre équipe a souhaité l’évaluer. En effet, si cette technique extrêmement simple à mettre en œuvre pouvait faire ses preuves, cela révolutionnerait, ni plus ni moins, le diagnostic de la maladie de Lyme. Nous avons ainsi réalisé un essai, avec nos collègues médecins de l’équipe du Pr Christian Perronne à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine), sur deux groupes de sujets : des malades qui avaient obtenu un résultat positif en utilisant cette technique chez eux (témoins positifs de notre étude), et des personnes en bonne santé (témoins négatifs de notre étude).

Résultat : toutes ces personnes, malades ou non, se sont révélées positives au test de la goutte épaisse ! On voyait bien des bâtonnets en forme de petits serpents, ressemblant à s’y méprendre à la forme typique de Borrelia, sortir des cellules de malades… mais aussi de celles des personnes en bonne santé. Nous avons conclu que cette technique ne pouvait pas être utilisée comme moyen de diagnostic, puisqu’elle déclarait positifs des individus malades, mais aussi des individus en bonne santé. »

Utiliser des pincettes

Cette spécialiste expose les autres pistes actuellement suivies, comme traquer l’ADN de Borrelia dans tous les fluides du corps et les tissus biologiques où elle pourrait se loger ou transiter : le sang, les urines ou le liquide céphalo-rachidien. On peut aussi tenter de mettre en évidence des cellules du système immunitaire du patient qui auraient été en contact avec Borrelia. C’est le test de l’Elispot, est proposé par certains laboratoires d’analyse médicales qui l’utilisent, habituellement, pour le diagnostic de la tuberculose.

« En dépit de mes recherches dans la littérature scientifique, je n’ai trouvé aucune donnée permettant d’affirmer que ce test a une spécificité et une sensibilité acceptable pour être employé dans le diagnostic de la maladie de Lyme, écrit Mme Vayssier-Taussat. Les résultats de l’Elispot sont donc à prendre avec une grande précaution. D’autant qu’ils coûtent très cher (environ 300 euros) et que dans leur désarroi, certains malades se retrouvent à débourser des sommes importantes pour un résultat non probant. » Charlatans ?

Peut-on espérer disposer un jour d’un test efficace contre la maladie de Lyme ? « Oui » répond la directrice de recherche à l’Inra Mais elle ne nous dit pas combien de temps nous devrons encore errer dans les allées et les brouillards du grand bazar.

A demain

1 La Cour d’appel de Colmar devait rendre le 14 décembre, son arrêt dans le procès des « rebelles » de Lyme. L’un des prévenus, pharmacienne, pratiquait dans son laboratoire d’analyses à Strasbourg une « méthode alternative » de dépistage. Elle a été condamnée en première instance à neuf mois de prison avec sursis pour « escroquerie ». Au mois d’octobre, 130 patients regroupés dans un collectif baptisé Lymaction ont déposé plainte contre les laboratoires fabriquant les tests officiels auxquels ils reprochent leur manque de fiabilité.

2 « Lyme : le grand bazar des tests de dépistage » The Conversation, 14 décembre 2016

3 Muriel Vayssier-Taussat est directrice de recherche à l’Inra, responsable de l’équipe Vectotiq, sur le thème écologie des agents pathogènes transmis par les tiques, à l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort. De formation universitaire, elle est docteur en microbiologie et travaille sur la thématique des tiques depuis 2001. Elle a écrit une soixantaine d’articles sur les infections transmises par les tiques. Son équipe fait partie de l’unité Inra-Anses-Enva « Biologie moléculaire et immunologie parasitaires ».

Elle développe des approches basées sur les nouvelles méthodes de séquençage à haut débit pour la découverte de nouveaux agents pathogènes transmis par les tiques.  Ses projets prennent en compte les agents pathogènes dans leur environnement microbien, un concept qui prend le nom de « pathobiome ». Elle a notamment dirigé une thèse sur les « Mécanismes de persistance de la bactérie Bartonella » dans son hôte réservoir.

Elle a été membre du groupe de travail sur l’état des connaissances sur la Borréliose de Lyme, qui a remis son avis au Haut conseil de la santé publique. Elle est aussi membre du conseil scientifique de la Fédération française contre les maladies vectorielles à tique.

 

Mercato sauvage : les surprenants transferts de médecins roumains dans la Sarthe profonde

 

Bonjour

Cela se passe dans la Sarthe. Hier inconnu du plus grand nombre, ce département va devenir tendance – fief de François Fillon et de Stéphane Le Foll (tous deux nés au Mans), c’est un condensé de la France d’hier et d’aujourd’hui. De la France de toujours – et donc de celle de demain.

La Sarthe est un département mystérieux, empruntant au Massif armoricain, au Bassin parisien et au Val de Loire  où il puise son oxygène et son soleil. Ce sont des forêts domaniales et des usines, des paysans et des ouvriers. On ne rit guère, en Sarthe. Que s’y passe-t-il ?  Une nouvelle fois c’est Le Quotidien du Médecin (Stéphane Long) qui soulève une pépite médico-sociétale :  « Des médecins débauchés dans la Sarthe, le  ‘’mercato médical’’ fait grincer des dents » :

« Cabinet refait à neuf, loyer gratuit, secrétariat, voiture de fonction, logement… Les communes touchées par la désertification médicale ne reculent devant (presque) rien pour attirer les médecins généralistes. Au point, parfois, de se tirer dans les pattes. C’est apparemment ce qui s’est passé dans deux villages de la Sarthe au cours des derniers mois. L’histoire de ce « mercato des médecins », relayée par la presse locale, a attiré l’attention d’un généraliste du cru, qui l’a signalé au ‘’Quotidien’’ ».

Généralistes du cru

Qui dira jamais la richesses des ressources médiatiques inexploitées des généralistes du cru. Tout commence en 2013 lorsque le Dr Lydia Danila, en provenance de Roumanie, s’installe à Mayet. C’est là une commune de 3 200 habitants située à une trentaine de kilomètres du Mans sur la frontière du  Maine angevin ,   à l’ouest de la forêt de Bercé et de l’autoroute A28 (axe Calais – Bayonne).

Trois ans plus tard, trois mois seulement, en juin, la généraliste plie brusquement tous ses bagages et part visser sa plaque à  Laigné-en-Belin (2 400 habitants) – soit à une quinzaine de kilomètres seulement. Sont-ce les avantages de la mairie ? Le Maine libre :

« Laigné-en-Belin a inauguré samedi son cabinet médical refait à neuf. Élus et population se réjouissent de l’installation de deux médecins dont une qui a quitté la maison médicale de Mayet. La concurrence est rude pour installer un médecin.

Pendant cinq ans la commune, sur un territoire particulièrement touché par la désertification médicale, est assurée d’avoir deux médecins : le docteur Andréea Monacu, arrivée de Roumanie quelques jours auparavant avec sa mère et sa fille de six ans ainsi que le docteur Lidia Danila. Cette dernière vient de quitter la maison médicale de Mayet à une quinzaine de kilomètres où elle a exercé durant trois ans. Si sa venue réjouit à Laigné, son départ de Mayet fait grincer des dents. »

Cabinets de recrutement

On peut aussi, dans la Sarthe, lire Ouest-France :

« Samedi matin, cours Emmanuel-Bégland, Nathalie Dupont, maire, a procédé à la réouverture du cabinet médical. ‘’Nous sommes réunis aujourd’hui pour faire découvrir aux habitants le cabinet médical fraîchement réaménagé pour accueillir deux nouveaux médecins’’.

Il s’agit du docteur Andréea Mocanu, qui a été recrutée par un cabinet spécialisé. Elle arrive de Constanta, près de la Mer noire, en Roumanie, et s’installe dans la commune avec sa famille. Elle a fait ses études à l’université de médecine de Iasi, tout comme le docteur Lidia Danila, qui arrive de Mayet. Elle va habiter au Mans avec sa famille.

« ‘’Je rappelle que face à la pénurie de médecins, avec le décès du docteur Pierre et la lenteur de la mise en place d’une organisation des soins dans la communauté de communes, nous avons décidé de faire appel à un cabinet de recrutement, a déclaré Nathalie Dupont. Les deux médecins vont organiser le cabinet qui a été réaménagé par les services techniques de la commune.’’On y trouve désormais deux salles de consultations, une salle d’attente et un bureau d’accueil. Renseignements auprès de la mairie, au tél. 02 43 42 02 46. »

Engagement non respecté

Il faudra, un jour, que les journalistes s’intéressent aux « cabinets de recrutement » qui organisent des transferts médicaux dans l’espace européen. Pour quels coûts ? Pour quels résultats ?

Il y a quelques jours, surprise générale à Laigné-en-Belin :  le Dr Danila. annonce son départ pour le 15 décembre, six mois seulement après son installation. Le Maine Libre :

« Le Dr Danila, arrivée à Laigné-en-Belin début juin comme médecin généraliste dans le cabinet médical, part en décembre. Elle s’était pourtant engagée en échange de conditions d’installation avantageuses, à rester cinq ans à Laigné, commune pour laquelle elle avait quitté Mayet. ‘’Nous vous confirmons le départ du Docteur Lidia Danila au 15 décembre 2016’’, indiquait hier l’Ordre des médecins, ‘’étonné de ce départ, comme nous l’avions été de son départ de Mayet’’ ».

Venue de dans la Haute-Vienne

Joint par Le Quotidien, le médecin n’a pas souhaité s’exprimer. Mais son entourage justifie ce départ précipité par une patientèle insuffisante. Les habitants de Laigné-en-Belin  semblent la bouder – et ses anciens patients de Mayet, ne faisaient plus le déplacement.

Et pour cause : c’est qu’entre-temps, Mayet s’est trouvé un nouveau médecin, une généraliste roumaine… débauchée dans la Haute-Vienne où elle s’était installée peu de temps avant, en juillet 2015. Pourquoi avoir quitté la région aussi vite ? À la presse locale, l’intéressée explique « venir ici [à Mayet] pour la structure de la maison de santé ». Il faut ici lire Le Petit Courrier, L’Echo de la vallée du Loir :

« Les élus d’Aune-et-Loir n’ont pas chômé pour trouver un successeur au docteur Danila, parti subitement pour Laigné-en-Belin en avril 2016. En effet, dans quelques jours, un troisième médecin va faire ses premiers pas à la maison de santé Michel Royer à Mayet (Sarthe). Il s’agit du docteur Ana Maria Murariu, 44 ans.

Elle exerçait depuis le 1er juillet 2015 en Haute-Vienne « dans un petit village », explique Jean-Paul Beaudouin, président de la communauté de communes Aune-et-Loir. Le manque de patients et le fait d’exercer seule son activité ont conduit la praticienne à revoir ses plans et à venir travailler en Sarthe, au sein de la maison de santé mayetaise.

Mari psychothérapeute

‘’On s’en sort bien. J’avais demandé au 2e cabinet de recrutement de nous trouver quelqu’un avant la fin de l’année, c’est chose faite’’ se satisfait Roger Fresneau, en charge du dossier santé à la communauté de communes. ‘’Il faut surtout remercier le docteur d’avoir accepté notre proposition. La population a besoin d’un médecin. On a beaucoup de demandes’’, ajoute le président Beaudouin.

 ‘’J’ai accepté de venir ici pour la structure de la maison de santé. On n’est pas seul. Je ne connais pas la région mais je vais apprendre à la découvrir’résume dans un parfait français, la nouvelle généraliste. Le docteur Marariu exercera au côté de ses consœurs Aurélie Laveau et Catherine De La Flèche à partir du 19 ou du 20 octobre. C’est le secrétariat de la maison de santé qui se chargera de prendre les rendez-vous. Ana Maria Marariu et son mari, psychothérapeute de formation, seront logés dans la commune. »

Ces cas de « débauchages sauvages » ne sont pas isolés. Au mois de juin dernier,  Le Quotidien  évoquait un cas similaire, dans le Tarn. Et la lecture assidue des titres de la presse régionale montre que ces cas ne sont pas isolés. Accuser ces « médecins mercenaires », qui n’hésitent pas à délaisser leur patientèle pour bénéficier de quelques avantages ? Le Dr Jean-Paul Hamon, président de la FMF, y voit plutôt une conséquence de la politique des maires. « Je ne veux pas faire leur procès, dit-il au Quotidien. Mais il faut qu’ils arrêtent de penser que c’est en offrant aux médecins une prime et des locaux luxueux qu’ils les garderont.  Si vous n’offrez pas des conditions qui correspondent aux attentes des médecins d’aujourd’hui, ils ne resteront pasTravail en groupe, horaires compatibles avec une vie de famille, choix de participer ou non à la permanence des soins… Les généralistes ne veulent plus être corvéables à merci. »

 À Laigné-en-Belin (8 mn du circuit du Mans) les habitants ont visiblement appris à vivre avec un seul médecin. La généraliste roumaine va donc quitter la région. « Elle a reçu plusieurs offres », assure son entourage au  Quotidien. On ne sait pas dans quelle division.

A demain

 

L’histoire de la Caisse d’épargne impudique avec un jeune autiste. Et ce qui lui en coûtera

 

Bonjour

Les faits divers les plus désespérants ne sont pas toujours les plus beaux. En voici un, assez laid, qui nous est rapporté par Ouest France (Serge Le Luyer). Nous sommes à Rennes dans une agence à l’enseigne d’un écureuil qui est tout sauf gentil. Plus précisément dans l’agence de Bourg-L’Evêque – non loin du CHU et de l’EHESP.

Depuis un quart de siècle Loïc a un compte dans cette agence de la Caisse d’Epargne. Retraité, 65 ans, il n’a pas de carnet de chèque et va tous les mardis faire un retrait au guichet. Le 9 août dernier, il s’y rend avec son fils Fabien, un jeune souffrant de troubles du spectre autistiques.

Au guichet, le retraité voit soudain son fils s’agiter. Il a envie d’uriner et commence à ouvrir son pantalon. Le père réagit rapidement, gronde son fils et le rassure. Quelques instants plus tard, le jeune homme se rend dans un bureau et essaie une nouvelle fois de baisser son pantalon. Loïc réprimande encore Fabien et parvient à le maîtriser

Le 16 août Fabien reçoit un recommandé, daté du 16 août, de l’Ecureuil. Ce dernier les informe, le père et le fils, que leurs comptes vont être fermés. Ils ont deux mois pour trouver une autre banque. Cette Caisse d’épargne a clôturé les comptes d’un père et de son fils – au motif que le jeune handicapé s’est mal comporté dans les locaux de la banque.

« Comment je vais faire s’inquiète le retraité. C’est la première fois que Fabien a un comportement déplacé mais il n’a pas fait de gestes obscènes. Et ils savent bien que mon fils est handicapé. » Le père a saisi un avocat, Me Jean-Guillaume Le Mintier, qui a porté plainte contre la Caisse d’épargne pour «  discrimination sur une personne vulnérable dans un endroit public ».

L’Ecureuil rennais n’en démord pas. M. Bruno Leclerc est secrétaire général de la « Caisse d’épargne pour la Bretagne et les Pays-de-Loire ». Il dit « qu’un attentat à la pudeur a traumatisé une collègue ».  Le père conteste. Pour en avoir le cœur net, son avocat demande la saisie de la vidéosurveillance. Aussitôt le responsable de la banque s’amadoue : « On est allé un peu vite. On va reprendre la négociation pour que cette famille maintienne ses comptes ».

 « Dois-je le mettre dans une cage quand je vais retirer de l’argent à la banque?» Loïc parle bien ici de son fils. Rouge, l’Ecureuil est généralement sans pudeur. Notamment quand il s’agit de noisettes.

A demain