Guingamp (Côtes d’Armor) : pourquoi cette cité devrait-elle faire le deuil de sa maternité ?

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Couperet politique programmé. Après Châteaudun, Guingamp. Dans les deux cas, fin annoncée des accouchements. Plus de 2 000 personnes se sont rassemblées samedi 26 mai dans la cité bretonne des Côtes-d’Armor. Mouvement soudé contre la fermeture de la maternité prévue en janvier 2019 par l’Agence régionale de la santé (ARS), a indiqué la gendarmerie – information illustrée par Ouest-France et relayée par l’AFP. Une vingtaine d’élus ont rejoint le cortège dont Noël Le Graët, 76 ans, ancien maire de Guingamp et aujourd’hui président de la Fédération française de football. »

L’ARS de Bretagne vient d’annoncer la fermeture de la maternité à compter du 31 janvier 2019 – avec la « mise en place d’une filière périnatale au CH de Guingamp ». Pourquoi ? A cause « du manque de renforts médicaux notamment sur ‘’certaines professions médicales telles que la pédiatrie et l’anesthésie’’. « Ces difficultés fragilisent la prise en charge et la capacité de l’établissement à assurer dans l’avenir la sécurité des futures mamans et des nouveau-nés 24 heures sur 24 », indique l’ARS dans son communiqué.

Formules en bois

« Début mai, les Guingampais avaient déjà défilé pour leur maternité, rappelle Le Télégramme. Une manifestation de personnels de santé, d’habitants, d’élus qui redoutaient la fermeture de leur maternité. Malgré cela, cette semaine, le couperet est tombé : l’Agence Régionale de Santé a annoncé la fermeture du service pour la fin janvier 2019 au motif qu’il manque de renforts médicaux sur certaines professions telles que pédiatrie et anesthésie. Un argument qui ne passe pas à Guingamp. « Les élus ont fait un recours pour que le tribunal annule la décision, parce qu’elle est injuste et non fondée, explique Morgane Jaouannet, sage-femme au CH de Guingamp. Et je pense qu’on aura gain de cause, il ne faut pas lâcher l’affaire ! » « Aujourd’hui, on n’accepte cette décision ! explique Philippe Le Goff, maire de Guingamp. Lorsqu’on sait qu’une maternité comme celle de Guingamp fait 500 accouchements par an, on a besoin de ce service à Guingamp. » « Notre attente est que les conseillers régionaux s’opposent à ce plan régional de santé, renchérit Cinderella Bernard, conseillère départementale. C’est primordial pour que l’ARS revienne sur sa décision. »

Fatalité ? Une enquête publiée par Le Monde en février dernier  soulignait que deux tiers des maternités avaient fermé en France en quarante ans, passant de plus de 1 700 en 1972 à près de 500 actuellement. Certes. Mais il s’agissait de fermetures de très petites maternités. Aujourd’hui il s’agit de « manque de renforts médicaux ». Pourquoi ? Et pourquoi ces formules en bois des ARS, bretonnes ou pas ?

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Les urgences en surchauffe partout en France.  L’AP-HP « craque » et ne fait plus rêver

 

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17 mars 2018. La manchette du Monde : « Pourquoi les hôpitaux parisiens craquent ». A lire: une longue litanie de plaintes, de dysfonctionnements, d’absurdité. AP-HP, historique et prestigieuse entité ne fait plus rêver. « Confrontée à un déficit de 200 millions d’euros et à un plan d’économies drastique elle est à bout de souffle. Personnel soignant comme chefs de service dénoncent un manque constant de moyens, un découragement et une perte de sens. »

Tonalité atypique, une ombre de mea culpa, Martin Hirsch, directeur général serait-il sur le point de renoncer ? Il reconnaît,au sein du personnel, « un sentiment de lassitude et de souffrance » et en appelle à une transformation profonde de l’hôpital. Extrait de l’entretien accordé au quotidien vespéral :

« Après trois ans d’affilée de réduction du déficit, l’année 2017 a été atypique, avec une activité stable et des dépenses que nous n’avons pas ajustées à temps. Le plan que nous mettons en place repose d’abord sur des économies sur les médicaments auxquelles tous adhèrent, et sur un gel de 0,5  % de la masse salariale que tous redoutent. C’est dur, mais cela ne met pas en péril l’AP-HP ni la prise en charge des malades. Pour que cela ne pèse pas là où les besoins sont les plus forts, nous organisons, avec les présidents de communauté médicale, une revue des services que nous aurions dû réorganiser plus tôt, pour le faire vite.

« Un malaise chez les soignants ? Incontestablement, et nous en avons conscience. Il traduit ce que j’appelle la  » mue douloureuse  » de l’hôpital, avec un sentiment qui va de la lassitude à la souffrance, mais qui ne remet pas en cause l’attachement au service public. (…)

« La contrainte budgétaire ne sera supportable que si des transformations profondes se font. Le gouvernement a lancé des chantiers  » pour en finir avec les rafistolages « . J’invite donc cette maison à dire le projet qu’elle veut porter. Un ensemble aussi grand doit-il continuer à être organisé comme les autres ? Ne peut-on pas garder les avantages de la taille sans ses lourdeurs ? De même que j’ai annoncé qu’on quittait le siège de l’AP-HP, je considère que nous ferions une erreur historique en ne proposant pas des évolutions majeures de nos organisations et des cadres de travail des personnels. (…)»

Deux morts problématiques à Rennes et Reims

Pour le reste, partout en France, les services d’urgence font face à une affluence inhabituelle. Tous les quotidiens régionaux en parlent. Les plans  » Hôpital en tension  » sont déclenchés.  Une sexagénaire, se plaignant de douleurs abdominales, est décédée lundi 12 mars aux urgences du CHU de Rennes une heure après son admission. La patiente, conduite en Samu, attendait sur un brancard de pouvoir être auscultée par un médecin.

Des pompiers, présents à proximité, ont lancé l’alerte, voyant que la femme ne respirait plus. Le décès a provoqué doutes et interrogations dans ce service sous tension. « Le personnel est souvent dans une impasse et doit pallier le plus urgent. Nous dénonçons depuis longtemps le manque de moyens pour une bonne prise en charge des patients » a déclaré Fabrice Lerestif, du syndicat FO à Ouest-France.

 Selon la direction du CHU, citée par le quotidien régional, l’équipe soignante, au complet à ce moment-là, devait assumer la prise en charge de « près de 100 patients présents dans le service dont 70 admis les cinq heures précédentes ». Le personnel faisait également face « à la présence simultanée d’urgences avec mise en jeu du pronostic vital, nécessitant une prise en charge immédiate ».

Une autopsie permettra de déterminer les causes du décès. Le procureur de la République de Rennes a ouvert une enquête pour faire la lumière sur les causes et les circonstances du décès, précisant toutefois selon Le Télégramme, qu’aucune plainte n’a pour l’heure été déposée par la famille.

Abandon et délabrement

Une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte au lendemain du décès d’une septuagénaire, le 6 mars, aux urgences du CHU de Reims (Marne), après une longue attente. «J’ai ouvert une enquête en recherche des causes de la mort (…) pour savoir si oui ou non il y a possiblement une infraction pénale susceptible d’être reprochée», a déclaré Matthieu Bourrette, le procureur de la République de Reims, confirmant une information du journal L’Union.

La septuagénaire, résidant dans une maison de retraite de la ville, est décédée aux urgences de ce CHU il y a une semaine, après plus de 2h30 d’attente. Elle a succombé à un arrêt cardiaque. «Elle n’a pas été examinée, personne ne s’est intéressée à elle, même pas sur le plan administratif», dénonce Me Emmanuel Ludot, avocat du fils de la défunte. Elle était «totalement abandonnée» dans un «état de délabrement», a-t-il insisté.

« Depuis janvier, les médecins décomptent sur Internet, le nombre de patients qui passent la nuit dans un brancard, faute de lits suffisants. Dans la région, plusieurs établissements participent, rapporte Sud-Ouest. Une sorte de diagnostic. Ou du moins un état des lieux, réalisé par le SAMU-Urgences de France (SUdF). C’est ce que propose le No bed challenge ou NBC. Non pas un nouveau défi improbable et dangereux mais un recensement du nombre de patients qui ont passé la nuit au service d’urgences faute de lits disponibles. »

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Cigarette électronique : l’Agence France Presse accusée de dissémination  de fausses nouvelles 

Bonjour

C’est, dans ce domaine, sans précédent connu. Les associations Aiduce et Sovape  viennent de faire savoir qu’elles ont, le 9 février, adressé un courrier circonstancié au président directeur général et à la directrice de l’information de l’Agence France Presse (AFP). Objet : « dissémination d’informations anxiogènes et fausses sur les produits du vapotage et plus généralement sur la nicotine et ses effets sur l’homme ».

« Le 1° février dernier, plusieurs de vos clients ont repris une dépêche AFP faisant état de risques de cancer associés au vapotage et d’une étude de la Faculté de Médecine de l’Université de New York. Cette dépêche a été soit reprise en l’état (Ouest France, Europe 1, RTL, etc.), soit publiée en y apportant des commentaires additionnels (Science et Avenir, France Inter, France TV, etc.) (…) Les conséquences de telles “fake news” reprises en une par les médias sur la base de la confiance qu’ils ont dans l’Agence sont graves aussi bien d’un point de vue sanitaire, que pour la tranquillité d’esprit des vapoteurs, et la réputation de l’AFP » expliquent-elles. Ces deux associations rappellent que dès la veille « des réactions d’experts étaient déjà disponibles » : Réactions sur sciencemediacentre.org. Elles ajoutent :

« De plus une simple lecture du papier avec une compétence scientifique minimale permettait de réaliser plusieurs anomalies dans des affirmations très éloignées des expériences réalisées, la démarche peu documentée et peu représentative, et la généralisation que les auteurs faisaient entre des phénomènes mal définis et une réalité humaine. D’autant plus que les affirmations de l’études allaient explicitement à l’encontre d’un consensus scientifique large confirmé sur plusieurs décennies. 

Triste journée et déni du ministère de la Santé

« Plusieurs journalistes l’ont démontré dans la journée même en publiant des articles correctifs après les contacts usuels avec des spécialistes, dans le même temps des autorités sanitaires et des instituts de recherche, en plus de scientifiques et médecins, publiaient des alertes face à ces titres racoleurs dangereux. Ce fut une triste journée pour la science, pour la presse, et pour la santé publique 1. »

À la suite de cette dépêche, les responsables de ces associations ont été contactés par des vapoteurs leur demandant s’il n’était pas plus prudent, par exemple, de reporter leur tentative de sevrage du tabagisme. D’autres ont été assaillis de questions, d’avertissements, voire de reproches par leurs proches et leurs collègues. C’est dire si les conséquences de la répétition sans précautions d’une information très contestable pourraient vite s’avérer dommageables pour la santé.

Et maintenant ? Aiduce et Sovape attendent de l’AFP une « correction ». Elles se proposent d’informer « les intervenants de l’Agence sur tout ce qui touche au vapotage » pour prévenir autant que faire se peut les poussées récurrentes de « fake science ». Où l’on mesure, une nouvelle fois, les conséquences du déni du ministère de la Santé et des agences sanitaires quant à la e-cigarette. Où l’on voit aussi  que, dans le secteur qui est le leur, ces deux associations « maintiennent une veille sur l’information scientifique, en liaison avec plusieurs experts ». Qui s’en plaindrait ? Que fera l’AFP à la réception de ce courrier ?

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1 « Cigarette électronique et fake news : mieux vaut parfois lire Paris Match que les PNAS » Journalisme et santé publique, 31 janvier 2018

Cigarette électronique et fake news : mieux vaut parfois lire Paris Match que les PNAS

Bonjour

Le poids des mots. Au départ ceux d’une dépêche de l’Agence France Presse reprise par de nombreux médias généralistes, dont Ouest France :

« Une étude menée par des chercheurs de la faculté de médecine de l’université de New York révèle que fumer des cigarettes électroniques présenterait un risque plus grand de contracter un cancer pulmonaire ou de la vessie ainsi que de développer des maladies cardiaques.

Fumer des cigarettes électroniques pourrait accroître le risque de certains cancers ainsi que de maladies cardiaques, selon les résultats préliminaires d’une étude effectuée sur des souris et des cellules humaines en laboratoire. Ces travaux qui laissent penser que la vapeur de nicotine serait peut-être plus nocive qu’on ne le pensait, ont été menés par des chercheurs de la faculté de médecine de l’université de New York publiés lundi dans les Comptes-rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS). (…) » 

La dépêche ajoute qu’à la fin de cette expérience, les scientifiques « ont constaté des dommages dans l’ADN des cellules des poumons, de la vessie et du coeur de ces animaux ainsi qu’une réduction du niveau de protéines réparatrice des cellules dans ces organes comparativement aux souris qui avaient respiré de l’air filtré pendant la même période ».  Ce n’est pas tout : « Des effets néfastes similaires ont été observés dans des cellules humaines de poumon et de vessie exposées en laboratoire à de la nicotine et à un dérivé cancérogène de cette substance (nitrosamine). Ces cellules ont subi notamment des taux plus élevés de mutations tumorales. »

Et de citer les auteurs de de travail, dirigés par Moon-Shong Tang, professeur de médecine environnementale et de pathologie à la faculté de médecine de l’université de New York : « Bien que les cigarettes électroniques contiennent moins de substances carcinogènes que les cigarettes conventionnelles, le vapotage pourrait présenter un risque plus grand de contracter un cancer pulmonaire ou de la vessie ainsi que de développer des maladies cardiaques ».

Extrapolations irréalistes

On imagine l’impact. On cherche l’étude des PNAS : « E-cigarette smoke damages DNA and reduces repair activity in mouse lung, heart, and bladder as well as in human lung and bladder cells »

« (…) These results indicate that nicotine nitrosation occurs in vivo in mice and that E-cigarette smoke is carcinogenic to the murine lung and bladder and harmful to the murine heart. It is therefore possible that E-cigarette smoke may contribute to lung and bladder cancer, as well as heart disease, in humans ».

Vives critiques, alors, chez les meilleurs spécialistes français du sujet qui dénoncent bien vite les extrapolations fondées sur des conditions irréalistes d’exposition.

Philippe Poirson, sur le blog Vapolitique fait alors un remarquable travail d’analyse et de décryptage médiatique .  Il cite notamment le Pr. Peter Hajek, directeur de l’unité de recherche sur la dépendance au tabac de l’Université Queen Mary de Londres (QMUL) :

« Les cellules humaines ont été submergées dans de la nicotine et dans des nitrosamines carcinogènes achetées sur le marché. Il n’est pas surprenant bien sûr que cela endommage les cellules, mais cela n’a aucun rapport avec les effets du vapotage sur les personnes qui l’utilisent.

« Dans l’autre partie de cette étude, les animaux ont été exposés à ce qui sont pour eux des doses extrêmement importantes de nicotine et cela a également généré des dommages, mais cela aussi a une pertinence peu claire pour les effets du vapotage.


« Aucune comparaison avec les cigarettes conventionnelles n’a été faite, mais dans le texte de l’article, les auteurs reconnaissent l’information clef d’une importance cruciale dans cette histoire: les vapoteurs montrent une réduction de ces produits chimiques de 97% par rapport aux fumeurs. Ils auraient dû ajouter que c’est peut-être le niveau que les non-fumeurs obtiennent de leur environnement. »

Manipulations et fausses nouvelles

Puis vient Paris Match, que l’on n’attentait pas ici : «  Cigarette électronique cancérigène : « du buzz qui peut tuer » » (Vanessa Boy-Landry). Où l’on retrouve le Pr Bertrand Dautzenberg ;

« On n’est pas dans la vérité scientifique, mais dans la manipulation. D’abord, les conditions dans lesquelles l’expérimentation est réalisée ne sont absolument pas représentatives de l’exposition humaine. Elle montre des anomalies cellulaires en exposant des souris à des quantités de nicotine considérables, beaucoup plus qu’on peut le faire avec une cigarette électronique habituelle. Ensuite, on fait des extrapolations de la souris à l’homme, et enfin on ne compare pas l’effet du vapotage à celui de la fumée du tabac.

Fake news ? « Globalement, nous sommes inondés de fausses nouvelles de ce genre, dit-il. Les journaux scientifiques veulent aussi faire du buzz. Ils jouent au Sun anglais en rédigeant des communiqués de presse qui contredisent parfois les études elles-mêmes. C’est un moyen d’avoir toutes les couvertures et d’augmenter leurs revenus. Le résultat est que certains vont arrêter de vapoter et reprendre le tabac. Une nouvelle comme celle-là est susceptible de tuer des gens. Cela va totalement à l’encontre de la santé publique. Le travail des chercheurs, c’est de sauver des vies, pas de tuer des gens. »

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Etrange : un médecin de l’hôpital de Quimperlé a été payé durant 33 ans sans jamais exercer

 

Bonjour

L’étrange est à portée de main. Où l’on apprend, en cette approche de Noël, qu’un médecin a coûté (sans rien lui rapporter) 5,5 millions d’euros à l’hôpital de Quimperlé (Finistère) – et ce pour la seule période 2012-2016.  C’est un constat établi, avec les scrupules que l’on imagine, par la chambre régionale des comptes de Bretagne – à lire dans un rapport publié le jeudi 21 décembre. Une histoire assez fabuleuse rapportée par Ouest France, par l’AFP et reprise par Le Quotidien du Médecin. Une histoire, oserait-on dire, d’anti-harcèlement.

Le médecin, dont le nom n’est pas cité, avait été nommé chef de service en 1984. « Depuis cette date, plusieurs rapports émanant de diverses instances (…) ont relevé des problèmes quant à la manière de servir de ce médecin, mentionnant par exemple « une incompétence avérée de ce médecin » ainsi que des problèmes de comportement, tant vis-à-vis du personnel que des patients, incompatibles avec ses fonctions », indique la chambre dans son rapport. Mais ce praticien est néanmoins resté aux effectifs de l’établissement.

En 1990, suite à une saisine du préfet, le comité médical déclarait toutefois « ne pas avoir trouvé chez le docteur d’inaptitude psychologique à l’exercice des fonctions de chef de service ». Mais le médecin était suspendu de ses activités dès l’année suivante. La CME donnait son accord à la poursuite d’une procédure engagée à son encontre pour insuffisance professionnelle. Celle-ci n’aboutira pas.

Absentéisme

Aujourd’hui on lit ceci dans le rapport des comptables régionaux bretons :

« S’agissant de la gestion des ressources humaines, la chambre relève que l’absentéisme  est supérieur à la moyenne (sic) et nécessite la mise en place d’un plan de lutte (re-sic). Par ailleurs, le cas individuel d’un praticien, absent depuis 30 ans mais maintenu dans les effectifs et rémunéré, a été relevé (re-re-sic). Les instances médicales et les différents responsables médicaux de l’établissement ont, au cours de ces années, manifesté une volonté individuelle de ne pas travailler avec l’intéressé tout en le protégeant, en  raison de sa qualité de praticien  hospitalier.

Une telle situation irrégulière, liée à une volonté de défense du corps des praticiens hospitaliers, contrevient à l’intérêt général, aux intérêts du système de santé publique et de protection sociale et altère la pérennité financière de l’établissement. Outre un déficit d’image,  il en est résulté un coût salarial de 130 000 € par an et une privation de recettes annuelles estimée à 980 000 €, soit  un coût total de  5,5 M€ entre 2012 et 2016. »

 Quel coût au total ?  On ne le saura pas. « Nous avons travaillé en concertation avec l’ARS pour régler le problème. Le médecin a pris sa retraite en janvier », a réagi Carole Brision, nouvelle directrice de l’hôpital de Quimperlé. Une retraite bien méritée ?

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Lactalis : après ses laits contaminés, les yaourts «La Laitière» avec des morceaux de verre

Bonjour

On garde encore en mémoire l’alerte nocturne de Bercy et de la Santé : des bébés  avaient été contaminés par des laits de Lactalis, géant laitier français. Où en sommes-nous deux jours plus tard ? « Nous avons reçu 14 000 appels dimanche, avec un pic à 2 500 appels par heure. Lundi, le rythme était encore de 300 appels à l’heure », explique Michel Nalet, porte-parole de Lactalis.

Dans la nuit dominicale le mystère demeurait. On sait aujourd’hui que la contamination par Salmonella sérotype agona s’est produite au sein de l’usine de Craon (Mayenne). Certains se souviennent aussi qu’en 2005 la même usine de transformation avait été au cœur d’une contamination. « L’Etat avait décidé de retirer des laits infantiles de la marque Picot et d’autres laits fabriqués sur ce site, rappelle Le Monde (Laurence Girard). Lors de cette alerte à la salmonelle, 123 nourrissons avaient été contaminés. Mais l’usine de Craon n’appartenait pas alors à Lactalis. Elle était détenue par le groupe Celia. Une société familiale reprise par Lactalis en 2006 qui s’emparait ainsi du fromage ‘’Chaussée aux moines’’ et faisait son entrée sur le marché des laits infantiles. »

Douze ans plus tard ce sont douze lots de lait 1er âge (marques Picot, Pepti Junior et Milumel) qui sont retirés en urgence du marché français. Dans leurs mailles les épidémiologistes venaient d’identifier  la contamination par une même souche bactérienne de vingt bébés âgés de moins de six mois – vingt bébés dont treize avaient consommé du lait infantile fabriqué par l’usine Lactalis- Craon. Utilisables jusqu’en 2018 les laits retirés de la vente étaient contenus dans 199 000 boîtes.

Coïncidence et/ou fatalité

Pourquoi une telle faille ?  Lactalis procède en routine à deux types d’auto-contrôle. D’abord dans la « tour de séchage » où le lait est transformé en poudre. Puis au sein des procédures de conditionnement. « Mais il n’explique pas quel pourcentage de la production est analysé. Il donne un chiffre global d’analyses, soit 5 000 depuis le début de l’année. Et affirme qu’elles ont toutes été négatives à la présence de salmonelles, nous dit Le Monde. Le porte-parole de l’entreprise reconnaît que deux analyses faites dans l’environnement de l’usine ont été positives. L’une en juillet sur un outil de nettoyage, l’autre en novembre sur du carrelage. Deux dates qui correspondent aux butées fixées par les autorités de santé dans leur décision de retrait de produits. Les services sanitaires, de même que Lactalis, procèdent actuellement à des analyses complémentaires sur les boîtes de lait encore en stock et sur les lots renvoyés par les pharmacies et la grande distribution. »

Coïncidence ou fatalité Lactalis a été confrontée à une autre procédure de rappel d’urgence. C’était à la mi-octobre : des yaourts « La Laitière » fabriqués par Lactalis Nestlé Produits Frais, la coentreprise des groupes agroalimentaires Nestlé et Lactalis. Il s’agissait, comme l’expliquait Ouest France, de « risque de morceaux de verre ». Bris de verre et pot au lait … Le pire dans le registre du symbolique.

Le rappel visait un lot de yaourts « nature sucré sur lit de pêches », vendus depuis le 30 septembre avec pour date limite de consommation le 26 octobre, précisait l’entreprise (code barre 3023290007471 – estampille FR 53.054.005 CE.) Lactalis Nestlé Produits Frais demandait « aux personnes qui en auraient acheté, et qui en détiendraient encore, de ne pas les consommer et de les détruire ». Le géant ne parlait pas, alors, de remboursement. Pourquoi ? Et maintenant ?

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Comment mourir à 20 ans dans un camping breton à l’occasion d’un « week-end d’intégration »

 

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Le dimanche 1er octobre un étudiant rennais était retrouvé mort dans un camping de Pénestin (Morbihan), où il participait à un week-end d’intégration. Agé de 20 ans le jeune homme était inscrit en 2année de chirurgie dentaire à l’université de Rennes-1.  Une enquête avait naturellement été ouverte. « Sa mort est inexpliquée »  alors déclaré le procureur de Vannes, François Touron. « Aucun élément n’indique une piste criminelle, rapportait le quotidien Ouest-France. Sur place, un porte-parole du groupe d’étudiants affirme ‘’qu’il ne s’agit pas d’un bizutage’’réagissant à ce qu’il voyait circuler sur les réseaux sociaux au sujet du décès. »

Le jeune homme faisait partie d’un groupe d’environ 300 étudiants observant un rituel moderne dans cette commune de la côte sud de la Bretagne. Des agents de la sécurité étaient présents à cet événement, organisé par une association étudiante.

Alcoolisation massive

A leur retour à Rennes les étudiants avaient été accueillis par le président de l’université et par la doyenne de la faculté d’odontologie, ainsi que par des enseignants et des parents, écrit Ouest-France. Lors de la reprise des cours, lundi matin, la doyenne était de nouveau présente. Une minute de silence a rassemblé le personnel et les étudiants à la mi-journée.

« C’était un week-end d’intégration classique, comme il en existe plein d’autres, où les premières années font la découverte des autres élèves. On a fait plein d’activités, comme courir avec des palmes ou avec un verre d’eau à la main, c’était très bon enfant, a rapporté une étudiante à 20 Minutes. On a dansé toute la soirée. Certains ont peut-être abusé de l’alcool, mais il y avait des équipes de la sécurité civile pour les prendre en charge. »

Courir avec des palmes et un verre d’eau à la main ? Pas de bizutage. Pas de criminel. « L’autopsie a établi que ce décès était consécutif à un arrêt cardiaque dû à un syndrome asphyxique en lien avec une détresse respiratoire (…) provoquée par une alcoolisation massive », précise aujourd’hui, le communiqué du procureur de la République de Vannes. Où étaient les équipes de la sécurité civile ?

A demain