«Cigarette électronique, danger majeur pour la santé publique »: nouvelle rafale médiatique

 

Bonjour

Orwell. Le bien c’est la mal. Le rassurant, c’est l’inquiétant. Dormez, je le veux. Sous des titres différents, le même texte alarmiste. On retiendra  Science et Avenir : « Les e-cigarettes représentent un danger majeur pour la santé publique » ou Paris Match  : « Les e-cigarettes représentent un danger majeur pour la santé publique, selon une étude ».

Si l’on peut, mieux vaut lire The New York Times: “Use of E-Cigarettes by Young People Is Major Concern, Surgeon General Declares”. Et, en  réplique le décryptage de l’expert  Kantantinos  Farsalinos :US Surgeon General declares e-cigarettes are a public health concern. But where is the evidence of harm?

Police française

L’actualité réside dans un rapport du Dr Vivek H. Murthy , Surgeon General des Etats-Unis (une forme de Directeur Général de la Santé).  Tout est dit ici : https://e-cigarettes.surgeongeneral.gov/. Le responsable sanitaire reprend les chiffres d’utilisation de cigarettes électronique chez les jeunes aux Etats-Unis. Il rappelle que les outils du vapotage ne sont pas anodins, que l’inhalation de nicotine expose à un risque de dépendance à cette substance. Il critique par ailleurs  les publicités agressives de l’industrie des cigarettes électroniques ciblant les plus jeunes.

Le Surgeon General des Etats-Unis fait son travail dans le contexte spécifique de ce pays. « Danger majeur pour la santé publique » ? En France plus de 30% des jeunes consomment, généralement  quotidiennement du tabac (qu’ils ne devraient pas pouvoir acheter chez les buralistes). Ils entrent ainsi sans difficulté aucune dans le monde esclavagiste du tabac. Que fait la police ? Où est la ministre de la Santé ?

Avec le temps ces jeunes endureront  les plus grandes souffrances pour réussir à se libérer de cet enfer toxique. Il arrivera alors que la cigarette électronique puisse les aider.  Où est, aujourd’hui,  le « danger majeur  pour la santé publique » ? Que pourrait nous dire, sur ce sujet, le Directeur Général de la Santé (français) ?

A demain

M… de Noailles, «addict et addictologue», ne fait pas de publicité pour ses confères hospitaliers

 

Bonjour

Qui ne connaît Marie de Noailles, née avec une cuillère en argent dans la bouche avant de plonger dans l’enfer des drogues et de la dépendance ? « Premier pétard à 14 ans, dernière cure de désintoxication à 30 ans ». « Addict à vie », comme tous les anciens dépendants –  mais aussi addictologue en libéral à Paris, 16ème arrondissement. Soigne aujourd’hui « les plus grands » (John Galliano a été son patient). Deux enfants.

Longtemps on lui a demandé de « raconter son histoire ». Elle s’y refusait. Aucun besoin d’une avance sur recette et aucune envie « d’étaler sa vie ». Aujourd’hui sa mère n’est plus là et les temps ont changé. Cela donne « Addict », chez Grasset (162 pages, 16 euros) :

« Le 8 mai 1975, je vois le jour, moi Marie Alicia Eugénie Charlotte Blandine, seconde fille du duc et de la duchesse de Noailles. Trente ans plus tard, je choisis la vie. Je m’arrache à l’alcool, à l’herbe, à la cocaïne, à ces dépendances qui, depuis quinze ans, me possèdent et me consument. À moi la libération. Le 29 mars, date de mon retour parmi les vivants, où que je sois, je m’agenouille et je prie Dieu, dont je ne suis pas sûre de connaître le nom. Je m’appelle Marie, j’ai deux anniversaires et une seule vie. Que j’ai failli perdre et choisi de sauver. Je suis née deux fois. »

Nuit d’extase

Pour l’éditeur les choses se présentent ainsi :

« Jolie jeune femme, issue d’une des plus grandes familles de France, Marie de Noailles découvre la drogue à treize ans, une nuit d’extase et de mauvais hasard. Enfant choyée, drôle, flottante, éperdue de tristesse, elle s’essaye à tous les cachets, à toutes les boissons. A toutes les rencontres. Pendant des années, elle traverse la nuit parisienne, ses figures, ses âmes damnées, ses secrets. Blonde, dévastée, elle vole, elle ment, toujours plus accro. Une longue chute impossible à arrêter.

A presque trente ans, méconnaissable, usée, Marie de Noailles est placée par sa famille  dans un centre au Royaume Uni, qui pratique la méthode « Minnesota ». Une tentative ultime, violente et radicale. Marie change, se sauve, devient à son tour psychologue et soigne désormais des patients, souvent fameux, venant du monde entier pour la rencontrer. Un récit magnifique, intime et littéraire, qui ne perce pas l’énigme de l’addiction mais l’approche, avec pureté et douceur. »

Main droite coupée

Avant-hier (en 2010) elle se racontait dans Paris Match. Aujourd’hui, service après vente. Marie de Noailles a ses entrées dans la presse. Hier elle était la psy qui soignait les stars dans Le Point :

« Elle assure qu’elle préfère perdre sa main droite plutôt que de livrer le nom d’un seul de ses patients. À défaut de les nommer, Marie de Noailles, 39 ans, psychothérapeute addictologue, décrit ceux qui, chaque jour, entrent dans son petit cabinet, délicatement parfumé, au rez-de-chaussée d’un immeuble parisien, villa Boissière, ou qui, en pleine nuit, souvent le week-end, l’appellent à l’aide sur son portable, jamais éteint, car ils sont sur le point de craquer, d’attraper ce verre, ce comprimé, cette seringue ou cette console de jeux. Ses patients, dit-elle, sont « des patrons du CAC 40, …..(la suite est payante) »

Papier glacé

Aujourd’hui, entre mille et une publicités elle est invitée sur tous les papiers glacés. Le Monde : « Aujourd’hui addictologue, j’ai été toxicomane pendant quinze ans ». On y lit des choses délicieuses comme celles-ci :

«  J’ai fait mon “entrée dans le monde” au bal des débutantes, Hôtel Crillon, sous l’emprise de diverses substances (…) J’ai suivi ma première cure de désintoxication aux Etats-Unis à 15 ans. J’ai vu des dizaines de psys, j’ai écumé toutes les cliniques de ­Paris et des environs, les urgences psychiatriques aussi. Dix cures, quinze hospitalisations…(…) Dans mon cabinet, je reçois beaucoup de gens très connus et d’autres qui n’ont pas le sou. Les uns paient pour les autres. J’accompagne les familles en hommage à ce que mes parents ont ­enduré. Quand je fais de la prévention à la fac, je commence à parler dans le brouhaha, mais dès que je dis que j’ai beaucoup bu et fumé, plus un étudiant ne parle. »

Limites hospitalières

Les lectrices fidèles de Elle retrouveront Marie de Noailles, « belle, blonde, bronzée, montre Cartier et chaîne de baptême » (sic). N° du 16 septembre. Page 104. Photographiée par Alexandre Isard, interrogée par Marion Ruggieri (éditorialiste). Cela donne : « L’addiction c’est un suicide qui peut prendre des années ». On croit tout savoir. Et puis on lit ceci :

«ELLE : -En France, on vous a abrutie de médicaments, écrivez-vous. En Angleterre, vous avez découvert la méthode Minnesota, dans laquelle le suivi psychologique est assuré par des ex-addicts, et ça change tout, dites-vous…

– Marie de Noailles : En France, l’hôpital public, aussi bon soit il, a ses limites. Les médicaments, c’est bien, mais ce n’est pas tout. Même si les choses sont en train d’évoluer. En Angleterre, où j’ai fait une cure de la dernière chance, j’ai été confrontée à d’anciens dépendants devenus psys, capables de me comprendre, de me déjouer, et je me suis dit : « Si eux le peuvent, pourquoi pas moi ? » Aujourd’hui, je rends ce que l’on m’a donné.»

Laissons la cuillère d’argent où elle est. Deux questions, pour finir. Quel prix pour la méthode Minnesota ? Faut-il avoir impérativement connu l’enfer de la drogue pour soigner les drogués ?

A demain

 

Burkini : l’épidémie a touché le Cap Corse. Emmanuel Macron sourit à un naturiste de Biarritz

 

Bonjour

Avant-hier Cannes, hier Villeneuve-Loubet, aujourd’hui Sisco, non loin de Bastia.  Ange-Pierre Vivoni, maire socialiste de Sisco (Haute-Corse), vient lui aussi de prendre un arrêté interdisant le burkini sur les plages de sa commune, après les incidents violents du dernier week-end. On peut entendre M. Vivoni ici.

Le maire de Sisco a réuni dimanche soir un conseil municipal extraordinaire, au lendemain d’une violente rixe entre jeunes corses et d’autres d’origine maghrébine qui a fait cinq blessés. Selon des témoins, la « violente rixe » a éclaté quand plusieurs familles musulmanes se baignant dans une crique près du village de Sisco furent prises en photo – par des touristes dit-on.

L’arrêté de Sisco se fonde sur deux arrêtés similaires : celui de la mairie de Cannes, validé par la justice administrative, et celui de Villeneuve-Loubet, pris à la suite du premier. Dans les deux cas par des maires Les Républicains.

Que s’est-il passé à Sisco ? Une enquête de flagrance « pour violence en réunion » a été ouverte pour « établir l’origine » des faits de samedi, indique le parquet de Bastia. LePoint.fr précisait, dans la soirée du 15 août, que les autorités peinaient encore à faire toute la lumière sur les événements survenus dans une crique à la sortie de cette  petite station balnéaire. Les protagonistes : de jeunes Corses et des familles d’origine maghrébine résidant à Lupino, un quartier « populaire et métissé » du sud de Bastia.

Différend à « Scalu Vechju » 

Dans un laconique communiqué, diffusé ce dimanche après-midi, le parquet de Bastia se borne à faire état d’un « différend qui a éclaté entre une dizaine de personnes de trois familles, d’origine maghrébine, et des jeunes de la région de Sisco qui ont reçu le renfort de proches ». Le Point (Julian Mattei) :

« Mais si la voix officielle attend les conclusions de l’enquête de la section de recherches de la gendarmerie pour se prononcer sur les circonstances des affrontements, les témoins de la scène sont, eux, bien plus diserts. À l’origine des heurts, selon plusieurs témoignages concordants, un « accrochage » entre trois familles musulmanes et des touristes qui profitaient de leur passage dans la marine de Sisco pour photographier la crique dite de « Scalu Vechju », très fréquentée par les locaux.

Trois véhicules automobiles incendiés, un feu de végétation, rapidement circonscrit,  un dispositif de police et de gendarmerie  d’« une centaine d’hommes », trois familles « exfiltrées » par les forces de l’ordre. Pas suffisant pour faire redescendre la tension. Puis plusieurs centaines de personnes réunies devant la mairie de Bastia puis devant la préfecture de la Haute-Corse. Et différents symptômes locorégionaux qui montrent que l’abcès est loin d’être vidé.

Edwy Plenel et Paris Match

Sans parler des « réseaux sociaux », où l’on appelle à de nouveaux rassemblements-affrontements.

David Lisnard (Les Républicains) : « J’ai pris cet arrêté parmi tant d’autres pour assurer la sécurité de ma ville dans un contexte d’état d’urgence (…) On n’interdit pas le voile, ni la kippa, ni les croix, j’interdis simplement un uniforme qui est le symbole de l’extrémisme islamiste. »

Le tribunal administratif de Nice :

« Dans le contexte de l’état d’urgence et des récents attentats islamistes survenus notamment à Nice (…) la forme de tenues de plage affichant leur religion (…) sont de nature à créer ou exacerber des tensions (…) et un risque de trouble à l’ordre public (…) Le port d’une tenue vestimentaire distinctive (…) peut en effet être interprétée comme n’étant pas (…) qu’un simple signe de religiosité. » 

Edwy Plenel (Mediapart) : « Un vêtement comme les autres » :

« (…) on peut rencontrer, en feuilletant Paris Match de cette semaine, un homme nu se promenant sur une plage non naturiste de Biarritz qui, croisant Emmanuel Macron et son épouse, les salue, salut que le ministre lui rend avec le sourire. Mais les mêmes qui s’alarment des tenues de plage couvrantes de musulmanes ne se sont pas émus de cette transgression exactement opposée (…). »

Aucune femme burquinisée à la plage n’a, jusqu’à présent, été placée sous le joug des nouveaux arrêtés municipaux qui interdisent ce vêtement sans jamais utiliser ce mot.

A demain

Renaud : «Six mois et vingt jours sans alcool». Questions sur la médiatisation de l’addiction

Bonjour

La mise en scène du sevrage peut-elle être une aide à la thérapeutique de la maladie alcoolique ? C’est une question pour alcoologues et psychologues spécialistes. Ils nous renverront sur les causes véritables, psychiatriques parfois, qui prédéterminent le passage à l’alcoolisation chronique du sujet.

Médiatiser sinon sa thérapie du moins ses effets ? Une nouvelle fois on retrouve, sur ce créneau, le chanteur Renaud, bientôt 64 ans. Cette fois c’est dans Le Parisien : « Renaud : ‘’Je reviens plus fort que jamais’’ »(sur abonnement) . Deux pleines pages « Loisirs et Spectacles » (propos recueillis par Éric Bureau, notre envoyé spécial à L’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse) |. Le quotidien l’avait quitté en juin, à la terrasse de sa cantine, le Bouchon, à L’Isle-sur-la-Sorgue. Il avait repris l’écriture, mais il était encore en « mauvaise santé ». C’était, simplement, pathétique 1.

Bouchées-à-la-reine

Tout, aujourd’hui semble avoir changé. L’homme, rajeuni, sourit. Il est toujours dans l’une de ses deux « cantines » ; il carburait à un litre de pastis par jour, il est présentement derrière un verre d’une boisson « moins nocive », gazeuse, de facture capitaliste et d’origine américaine.  Lui qui ne mangeait plus « engloutit quatre bouchées-à-la-reine ».

Il pose. Un album (son seizième) va bientôt sortir. Il sourit et se confie. Avec ce joli mot d’auteur : « Je me contrefoutais de la marche du monde, ma vie était une infinie tristesse anisée ». Extraits à consonances médicales :

« Comment allez-vous ?
Six mois et vingt jours sans alcool, sans une goutte. J’ai perdu vingt ans de ma vie à boire jusqu’à plus soif. Ce qui m’arrive aujourd’hui m’est arrivé en 2002, quand j’ai sorti « Boucan d’enfer ». Je sortais d’une même période de dépression, d’alcool, de paranoïa. Cela faisait sept ans que je n’avais pas fait d’album, tout le monde a parlé de renaissance, de phénix. Je m’en suis sorti quelques semaines et j’ai replongé. Mais aujourd’hui, je reviens plus fort que jamais.

 Rouge potassium

Comment avez-vous vaincu l’alcool ?
– En arrivant au studio ICP à Bruxelles, en septembre pour enregistrer l’album, je n’ai pas réussi à chanter. J’étais encore à un litre de pastis par jour. J’étais très mal, je titubais, je vomissais, j’avais des vertiges. Je suis allé voir un addictologue. Cela a duré cinq minutes, il m’a dit que mon taux de potassium était dans le rouge : ‘’Vous risquez un arrêt cardiaque aujourd’hui, demain ou dans huit jours.’’ J’ai eu très peur. J’ai arrêté de boire aussi sec.

-Vous avez été hospitalisé ?
-Je devais rester trois jours, ils m’ont gardé quinze jours, sous perfusion de potassium. J’en ai profité pour faire la totale, IRM, scanners, je suis en pleine forme. Je n’ai jamais passé une période aussi longue de ma vie sans une goutte d’alcool. Il y a encore six mois, je me réveillais à midi, crevé, tracassé, titubant. Je n’arrivais plus à rire, à parler, à pleurer. (…) Maintenant, après cinq heures de sommeil, je me réveille à 7 heures et j’ai la pêche. (…) ».

Il y a trois semaines, c’était le même, mais dans Paris-Match : « Renaud : « Bientôt six mois que je n’ai pas bu une goutte d’alcool » ». Quels titres demain ? Existe-t-il, dans l’histoire mêlée de la médecine et de la machinerie médiatique, d’autres exemples de sevrage ainsi mis en scène ? Cette machinerie peut-elle avoir des dimensions thérapeutiques ?  Les spectateurs peuvent-ils être un soutien du chanteur ?

A demain

1 Lire « Toujours souffrant, Renaud tente une sortie médiatique. Entre thérapeutique et pathétique » (20 juin 2015)

«Renaud ne boit plus depuis 108 jours». Ne fume plus que quinze cigarettes et parle sur RTL

Bonjour

C’est un feuilleton pathologique. Rebondissements, émotions récurrentes, souffrances exposées à la devanture des kiosques et sur les écrans plats. Un feuilleton toxique avec, comme toujours, l’espoir d’une thérapeutique, l’angoisse d’un pronostic. Un feuilleton avec ses souvenirs et ses vertiges, un feuilleton qui nous piège.

Il y avait eu le « Renaud alcoolique public » (novembre 2011) ;  Renaud qui s’était « remis à l’eau » pour « Paris Match, le poids des maux » (février 2012) ; « Renaud ou l’alcoolisme vendu en photo » (juillet 2014) ;Renaud à la télévision pour dire l’alcool sans prononcer son nom (mai 2015).

Comment rendre hommage

David Carzon (directeur adjoint de la rédaction de Libération) avait alors eu ce mot : « Comment rendre hommage à Renaud sans Renaud et sans faire croire qu’il est mort ? ». On pourrait aussi se demander si cette mise en scène de l’artiste aura, au final, une fonction toxique ou thérapeutique. Chaque sujet sur Renaud se conclut imperturbablement sur des souhaits de prompt rétablissement, sur des encouragements à arrêter, une fois pour toute, de s’intoxiquer.

Les addictologues, médecins et psychologues, savent ce qu’il en est du poids de ces exhortations familiales ou amicales. Mais qu’en est-il lorsque ces mêmes messages sont rendus publics, amplifiés à l’infini par la mécanique médiatique ? Quel est, alors, l’impact de tout cela sur le sujet ? Un malade sommé de revenir sur scène pour nous démontrer qu’il s’en est sorti… qu’il a, enfin, terrassé ses démons…. Un retour à la lumière qui, pour l’artiste, est souvent synonyme d’ivresse. N’y a-t-il pas là une forme, médiatique, de harcèlement ? Peut-on au contraire imaginer un effet de levier thérapeutique ? Ne se trompe-t-on pas sur le diagnostic ? La bibliographie médicale est assez maigre sur le sujet.

Ne boit plus, fume moins

Nous sommes le 7 janvier 2015. La déclaration est sur le site du Point : « Renaud : « Je ne bois plus depuis 108 jours » Le chanteur sort du silence : il ne boit plus, fume moins et s’apprête à sortir son nouvel album au printemps prochain. Renaud est de retour ! ».

« Je ne bois plus une goutte d’alcool depuis 108 jours, je ne fume plus que maximum 15 cigarettes par jour au lieu de deux paquets et demi. Je pète la forme. » Renaud a décidé de couper court à toutes les rumeurs en donnant directement de ses nouvelles sur le compte Facebook. Soutenons Renaud Séchan. « J’ai fini mon disque, reste le mixage et le mastering, donc sortie prévue en mars. Je vous embrasse. »

Ces déclarations ont été suivies d’explications téléphoniques à une radio périphérique 1. Il fait état d’une prise en charge dans une clinique privée belge (avec un « vrai psychologue pour arrêter de boire»), de ses résultats biologiques normaux (VIH, cholestérol, gamma GT, transaminases) mais d’une hypokaliémie sévère « due au pastis » l’exposant à une attaque cardiaque.

Pastis et cordes vocales

Le Point précise que l’an dernier le frère du chanteur assurait  que « les cordes vocales allaient bien » mais se montrait toujours inquiet sur la délicate question de l’alcool. ‘’Il y a quelques années, il disait : Je me suicide à petit feu, et il continue, cela fait des années qu’il s’enfile sa demi-bouteille de pastis par jour, c’est beaucoup trop’’, expliquait-il sur Europe 1. Des informations rapidement démenties par l’intéressé par la voix de son avocat. »

« Faut-il s’attendre à une tournée ? Trop tôt pour savoir si le chanteur peut physiquement assumer un retour sur les planches et les routes, conclut Le Point.  Si le moral va mieux, nul doute qu’il va devoir retravailler sa voix et retrouver une santé de fer. Avec son dernier message posté, tous les espoirs sont permis. »

A demain

1 On peut retrouver ici son entretien accordé à RTL : « Renaud annonce une tournée pour accompagner son nouvel album »

 

Diabétiques, pour mieux vivre votre diabète, faites donc comme Bertrand Burgalat : adoptez Free-Style® de chez Abbott

Bonjour

« Paris Match » comme « Placement de Marque » ? Dans son dernier numéro (23-28 octobre) le célèbre hebdomadaire « mots et photos » consacre sa rubrique « match document » (page 129-132) au diabète – et ce à l’occasion de la sortie d’un ouvrage à paraître aux éditions Calmann-Lévy. Un ouvrage intitulé « Diabétiquement vôtre » signé Bertrand Burgalat.

A ceux qui l’ignoreraient  Bertrand Burgalat est une célébrité : « producteur, musicien, compositeur, arrangeur et chanteur français né à Bastia le 19 juillet 1963. Il a travaillé sur près de 200 disques, composé pour Marc Lavoine, arrangé Supergrass ou remixé Depeche Mode. Au cinéma il a signé les musiques de films de Valérie Lemercier ou d’Eva Ionesco. Interprète, il a publié cinq albums sous son nom, dont le dernier, Toutes Directions. »

Paris Match, Voici, Elle, Le Journal du Dimanche

On peut trouver ici l’entretien qu’il vient d’accorder à Paris Match par M. Burgalat : « Bertrand Burgalat : Mon diabète ». Bertrand Burgalat s’exprime aussi sur le même sujet dans Elle. « Bertrand Burgalat : le XXIème siècle sera diabétique ! ». Il le fait aussi dans Voici : « Bertrand Burgalat : mon combat contre le diabète ». Ou encore dans Le Journal du Dimanche : « Le diabète c’est moins sexy qu’une cirrhose du foie ». Cette liste n’est nullement exhaustive.

« Diabétiquement vôtre » est un livre de 304 pages en vente depuis le 21 octobre au prix de 17 euros. Voici ce que son éditeur en dit :

« Le diabète : un fléau qui tue plus que sida et malaria réunis. 400 millions de malades toutes catégories.
15 % des dépenses de santé en France et aux États-Unis. Depuis la découverte de l’insuline il y a près d’un siècle, peu de progrès et beaucoup d’approximations.

Pourquoi ce désastre ? Bertrand Burgalat répond à la question de façon implacable. Mêlant récit autobiographique, enquête et témoignages, Diabétiquement vôtre décrit le sucre triomphant, les sociétés submergées et les vies dévastées. Iconoclaste et rigoureux, un travail magistral, d’utilité publique ».

Comme on regarde sa montre

Faute de l’avoir lu nous ne savons pas si l’auteur fait, comme dans les entretiens qu’il donne, la promotion du Free-Style® de chez Abbott (1). Extraits de l’entretien à Paris Match :

« Après les stylos à insuline et les lecteurs de glycémie apparus dans les années 1980, pouvoir aujourd’hui mesurer son taux de sucre par un patch [des laboratoires Abbott] est probablement l’innovation la plus extraordinaire : plus besoin de se piquer au bout du doigt, on peut consulter son FreeStyle comme on regarde sa montre» (Bertrand Burgalat)

« Pendant notre entretien – plus de deux heures – Bertrand Burgalat s’est piqué deux fois. Banal. En dix secondes, tout en parlant. Il a approché un minilecteur du capteur collé sur son bras, a lu le chiffre, regardé sa courbe de la journée, sorti son stylo-injecteur et hop, dans la taille ! Il aurait même pu se piquer à travers son jean ce que les médecins ne recommandent pas. Parlons-en, des médecins ! (…) Vivre heure par heure l’œil rivé sur son pancréas. Pardon, sur son capteur ou sur ses bandelettes (pour ceux qui n’ont pas le FreeStyle de chez Abbott), avoir son lecteur de glycémie sous la main et sa seringue dans la poche (…) » (Catherine Schwaab).

Liste d’attente

« La meilleure découverte depuis quarante ans semble le patch de lecture glycémique des laboratoires Abbott, le fameux FreeStyle®. Est-il remboursé ? -Non et, pour l’acheter, il faut s’inscrire sur une liste d’attente. La prochaine livraison est en 2016 !

Mais pourquoi si tard ?- Abbott n’a pas anticipé l’achat par les diabétiques de ce -dispositif, même non remboursé. Le lecteur coûte 60 euros et le capteur pour deux semaines, 60 euros. Pas plus cher que les bandelettes de contrôle en vigueur qui, elles, sont remboursées. 

Si le dispositif avait été inventé par Sanofi, tout le monde aurait-il son capteur ?- Je l’ignore ! Ce qui est sûr, c’est que Sanofi a une puissance financière et un réseau d’influence qu’Abbott n’a pas. 

Sanofi annonce un partenariat sur le diabète avec Google. Peut-être un prélude à une lecture de sa glycémie via son portable… ou ses lunettes ? – Oui, et c’est formidable, malheureusement l’information n’apparaît pas dans les rubriques science ou santé mais dans les pages économiques des journaux. Les effets escomptés sont d’abord boursiers. 

Lantus® et bouche cousue

On observera que Bertrand Burgalat soulève deux questions à laquelle il n’apporte pas de réponse :

1 « Pourquoi  se désintéresse-t-on  d’un médicament efficace, inventé dans les années 1950 et qui coûte 3 euros la boîte, le Glucophage [Glucophage®, 4,08 € les 30 comprimés]. Qui, en plus, ne fatigue pas le pancréas » ?

2 « Pourquoi la Lantus [Lantus® des laboratoires Sanofi  62,42 € les 5 cartouches de 3ml] est-elle vendue 50 % plus cher que les insulines concurrentes, alors qu’on reconnaît officiellement aujourd’hui qu’elle ne présente aucun avantage particulier ? »

Edulcorants et bière sans alcool

L’auteur de  « Diabétiquement vôtre » traite aussi, mais à contre-courant, des édulcorants :

« Vous défendez farouchement les édulcorants artificiels…
Absolument ! Et les rumeurs lancées à leur encontre constituent un vrai scandale sanitaire. La “nocivité” des édulcorants n’est pas “faible”, elle est inexistante ! Ils empêchent d’avaler du sucre. Pour les diabétiques, les édulcorants c’est le rêve ! Après un Coca Light [Coca Light®], mon taux de sucre ne change pas, quel soulagement ! 

Certains insinuent qu’ils entretiennent le goût du sucre…
Les édulcorants ne donnent pas le goût du sucre, ils donnent le goût des édulcorants. Dirait-on à une personne atteinte de cirrhose : “Attention, la bière sans alcool donne le goût de l’alcool” ?  »

A demain

(1) Voir ici des exemples de publicités :

http://www.freestylediabete.fr/http://www.freestylediabete.fr/produits/http://www.freestylediabete.fr/nos-produits/freestyle-navigator/.

Ebola : le virus est présent dans le sperme d’hommes a priori guéris. Que faut-il en conclure?

Bonjour

Le chaud et le froid. Deux séries de nouvelles interrogations alors que l’épidémie ouest-africaine marque le pas de manière spectaculaire. Une infirmière britannique réinfectée alors qu’on la tenait pour guérie. Une présence démontrée dans le sperme longtemps après l’obtention de la guérison. Soit, en d’autres termes, une physiopathologie à compléter et de nouvelles questions de santé publique à travailler.

L’infirmière, Pauline Cafferkey, est hospitalisée depuis le 9 octobre dans une unité spéciale du Royal Free Hospital de Londres. Dix mois après avoir été déclarée guérie elle présente une pour une complication tardive et inhabituelle de l’infection par le virus Ebola – une méningo-encéphalite, dit-on. Les spécialistes sont comme incrédules.  « Ebola nurse Pauline Cafferkey critically ill in deterioration that shocks experts”(The Guardian); “Ebola nurse Pauline Cafferkey’s rapid decline after being ‘cured’ leaves experts staggered” (The Independent) L’infirmière Pauline Cafferkey entre la vie et la mort” (Paris Match)

Démonstration de la transmission

Ce cas coïncide avec la publication dans le  New England Journal of Medicine » de deux publications elles aussi a priori inquiétantes. L’une démontre la persistance au-delà de 9 mois du virus dans le sperme d’hommes apparemment guéris :  ’Ebola RNA Persistence in Semen of Ebola Virus Disease Survivors — Preliminary Report’ ; l’autre sur l’existence moléculairement démontrée d’un risque de transmission : ‘Molecular Evidence of Sexual Transmission of Ebola Virus’’. Des informations reprises par la BBC : « Ebola lingers in semen for nine months ». On observera que les spécialistes et les institutions françaises sont totalement absents de ces deux publications réunissant pour l’essentiel des auteurs américains et ouest-africains.

Ces publications ont aussitôt été relayées par une mise au point de l’OMS sous la forme d’un communiqué de presse :  « Preliminary study finds that Ebola virus fragments can persist in the semen of some survivors for at least nine months ». L’organisation onusienne souligne que ces données, établies en Sierra Leone, surviennent alors que l’épidémie est sur le point d’être maîtrisée. Elle évoque aussi les nouveaux problèmes de santé publique que soulève la démonstration de cette nouvelle possibilité de contamination, via des relations sexuelles, chez des hommes tenus pour guéris et donc non contagieux.

26% à neuf mois

« Cette étude fournit une preuve supplémentaire que les survivants ont besoin d’un soutien continu substantiel pour les douze prochains mois afin de répondre à ce défi et d’assurer leurs partenaires qu’ils ne sont pas potentiellement exposés au virus », a déclaré Bruce Aylward, représentant spécial pour la réponse Ebola du directeur général de l’OMS. Concrètement quatre-vingt trois hommes de plus de 18 ans de Freetown ont fourni un échantillon de sperme qui a été testé pour détecter la présence de matériel génétique du virus Ebola. Ces volontaires avaient été contaminés entre deux et dix mois avant l’étude.  Tous les hommes testés dans les trois premiers mois étaient positifs (9/9; 100%). Plus de la moitié des hommes (26/40; 65%) qui ont été testés entre quatre à six mois étaient positifs. Et un quart (11/43; 26%) de ceux testés entre sept à neuf mois l’étaient aussi. Tous les volontaires ont été informés des résultats. On leur a prodigué des conseils et fourni des préservatifs.

Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains poursuivent ce travail et reconnaissent ne pas pouvoir founir d’explications claires sur les différences observées. « Les survivants d’Ebola sont confrontés à un nombre croissant de problèmes de santé, a déclaré Tom Frieden, directeur des CDC. Cette étude fournit de nouvelles informations importantes au sujet de la persistance du virus Ebola dans le sperme et nous aide à faire des recommandations aux survivants et à leurs proches pour les aider à rester en bonne santé. »

Masturbation comprise

Et maintenant ? Tous les survivants de sexe masculin à l’épidémie d’Ebola dans les trois pays africains touchés vont-ils être testés et recevoir les informations nécessaires pour prévenir les risques de contamination sexuelle ? Depuis mai dernier l’OMS donne des « recommandation intérimaires sur la transmission sexuelle de la maladie à virus Ebola ». L’OMS recommande que tous les survivants testent leur sperme à partir de 3 mois après le début de la maladie. Pour ceux qui sont positifs, un test par mois est ensuite conseillé jusqu’à ce que le sperme soit négatif par 2 fois à au moins une semaine d’intervalle. Jusqu’à ces deux tests négatifs, l’OMS recommande l’abstinence sexuelle ou le port de préservatifs, une bonne hygiène des mains, après masturbation comprise. :

« Si un homme ayant survécu à Ebola n’a pas eu d’analyse du sperme, il doit poursuivre les pratiques sexuelles à moindre risque pendant au moins six mois après l’apparition des symptômes ; cette durée pourra être revue en fonction des nouvelles informations disponibles sur la présence du virus Ebola dans le sperme en fonction du temps écoulé.

Jusqu’à ce que leur sperme ait été donné par deux fois avec  un test négatif à la recherche du virus Ebola, les hommes qui ont survécu à la maladie doivent respecter les règles d’hygiène personnelle et celles pour les mains en se lavant soigneusement à l’eau et au savon après tout contact physique avec du sperme, y compris après la masturbation. Au cours de cette période, les préservatifs usagés doivent être manipulés et jetés avec précaution, de façon à éviter tout contact avec le liquide séminal.

Tous les survivants, leurs partenaires et leur famille doivent être considérés avec respect, dignité et compassion »

Dix mille survivants

« Il y a plus de 10 000 survivants à l’épidémie d’Ebola. On est en train de découvrir la maladie à distance de la phase aiguë. La possibilité d’une persistance et d’une réactivation virales pose beaucoup de questions, explique le Pr Éric Delaporte, de l’Institut de Recherche pour le Développement et en charge du suivi de la cohorte en Guinée cité par Le Quotidien du Médecin (Irène Drogou). Il semble bien exister une clairance du virus au fil du temps. Même si la transmission sexuelle par des survivants avec du virus persistant est une possibilité, cela semble rare ».

A demain

Vie moderne: combien à Paris-Match pour la photo grecque de la grossesse d’Aurélie Filippeti ?

Bonjour

Vieille recette, toujours d’actualité.  Le poids de dix mots: « Montebourg Filippetti: la love story continue. Et bientôt le bébé ». Et le choc de la photo (comme on croyait pouvoir vous la montrer ici).

Vieux réflexe : l’avocat qui annonce haut et fort qu’il saisir la justice pour «violation du droit au respect de la vie privée». «Aurélie Filippetti, dont je suis l’avocat, a chargé mon cabinet de poursuivre la violation inadmissible du droit dû au respect de sa vie privée et familiale», écrit dans un communiqué Me Vincent Tolédano. Il a précisé à l’AFP viser également dans son assignation «la violation du droit à l’image».

Ventes assurées. «La liberté de la presse à laquelle elle est attachée ne saurait justifier la publication non autorisée par le magazine Paris-Match, au mépris de sa volonté de discrétion, de clichés volés surprenant des moments strictement privés d’intimité et de détente», ajoute l’avocat. Il prévient que la députée de Moselle et ex-ministre de la Culture et de la Communication «entend que soit respectée sa dignité de femme et saisira la justice de tout manquement à ce droit fondamental».

Une affaire connue

Ainsi donc Paris-Match a osé : montrer (à compter de ce 30 juillet et pour une semaine –dans les salles d’attente ensuite) Aurélie Filippetti debout, peids nus, enceinte, en maillot de bain sur la (petite) terrasse d’un hôtel d’Athènes (lequel ?). A ses côtés, l’ancien ministre de l’Économie, en polo, jean, et lunettes de soelilest allongé sur une chaise longue bleue. La photo serait datée du 28 juillet.

L’AFP a interrogé Régis Le Sommier, directeur adjoint de la rédaction de Paris-Match. Il se justifie ainsi :

«C’est totalement légitime ce que l’on fait. Avec Arnaud Montebourg et Aurélie Filippetti, on est face à un couple politique qui intéresse le public. On ne révèle rien, sa grossesse était déjà connue. Notre rôle est de raconter la vie des gens célèbres, c’est ce que nous faisons. Les photos ont été prises dans un hôtel en Grèce, on voit des gens autour: l’endroit est semi-public».

Pipoliser les politiques ?

Grossesse connue, certes. Mais de qui ? « Vacances à l’hôtel, à Athènes. Mais la politique n’est pas le but du voyage… » écrit Paris Match.  Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?

Aurélie Filippetti, qui connait la presse, s’est confiée à Libération (Matthieu Ecoiffier) . «C’est une tentative de pipoliser des positionnements politiques, de les décrédibiliser en recourant à des photos volées dans une intimité qui doit être respectée, dit-elle.  J’étais sur mon lieu de vacances pendant la pause parlementaires.» On lui fait remarquer que des photos de politiques en maillot de bain sont devenues un marronnier : Sarkozy et Carla au cap Nègre, Hollande et Trierweiler à Brégançon, Royal en Martinique…» 

Brocéliandre

Est le fait qu’elle soit  enceinte qui en fait la valeur «people» ?

« Cela relève de ma vie privée. Quand Nathalie Kosciusko-Morizet avait posé enceinte dans Paris Match [en 2005, dans une robe vaporeuse et un décor de forêt de Brocéliande, puis en 2009 dans les jardins du ministère de l’Environnement rappelle Libé] elle n’était pas en maillot de bain. Et ce n’était pas des photos volées.»

On peut en conclure qu’Aurélie Filippetti est, elle aussi, une lectrice de Paris Match.

A demain

«Paquet neutre»: il coûterait deux milliards d’ € par an à la Sécurité sociale. Qu’en dit Bercy ? Réponse de la Fédération Addiction

Bonjour

22 juillet 2015 : le temps est à l’orage. Les éleveurs de bêtes bloquent les autoroutes et les buralistes descendent dans le rues. Dans tous les cas les médias sont là. L’es menaces des buralistes ? Elles coïncident avec l’examen par la commission des Affaires sociales du Sénat du projet de loi (déjà voté par les députés) visant à introduire le paquet neutre en France. Les médias ? « Paquet neutre » : Marisol Touraine dans Paris Match. Et puis « paquet neutre » : la riposte des fabricants et des buralistes dans Paris Match. Le tout sur Lemondedutabac.com, le site des buralistes.

 Il y a plus et mieux. Reprenant un papier du Figaro, ce site publiait hier matin des résultats d’une étude à donner le tournis. En fin de journée l’information  était reprise par l’AFP.  En résumé: la mise en place du paquet neutre pourrait faire perdre à court terme deux milliards d’euros par an « à la Sécurité sociale » de recettes fiscales à l’Etat, selon une étude commandée par Japan Tobacco International (JTI) au cabinet de conseil français MAPP (cabinet de conseil économique « spécialisé en concurrence »).

Nombre de fumeurs inchangés

Ce scénario, dit l’AFP, se base sur les données de la société Logista, qui fournit la quasi-totalité des buralistes français, entre 2012 et 2014, et celles d’Ipsos pour mesurer les images des marques. Il s’appuie également sur l’expérience australienne, où le paquet neutre a été instauré en 2012. Il suppose que le nombre global de fumeurs restera inchangé (ce que ne conteste pas Marisol Touraine) et ne tient pas compte des économies éventuelles en termes de santé publique.

Il s’agit ici d’une« analyse d’impact potentiel de la mise en place du paquet neutre sur l’économie du secteur tabac en France » qui estime que la mesure « pourrait entraîner une perte de recettes fiscales comprise entre 413 millions et 3,474 milliards d’ € ». Des chiffres « à comparer aux 14 milliards de taxes et droits, collectés l’an passé par Bercy sur les produits du tabac, dont la majeure partie est affectée au budget de la Sécurité sociale ».

Toujours selon ce travail (financé par JTI) l’ampleur de la baisse dépendra – selon cette étude – de l’importance de l’impact du paquet neutre sur la notoriété des marques de cigarettes. « Si la dégradation de l’image de marque est de 50 %, ce qui est le scénario le plus proche de l’expérience australienne, qui a mis en place le paquet neutre en 2012, les pertes fiscales atteindraient deux milliards d’ €, soit 14 % des recettes actuelles », assurent les auteurs, qui ont bâti, en fait, cinq scénarios différents en fonction d’une dégradation de l’image variant de 10 % à 90 %.

Conclusion cocasse

Ce chiffrage de deux milliards d’ € de recettes perdues ravivera-t-il les débats parlementaires et intra-gouvernementaux sur le paquet neutre ? Le Figaro le postule, qui précise que les auteurs de l’étude sont partis du postulat que la mesure n’inciterait pas les accros au tabac à fumer moins, mais qu’il modifierait leurs habitudes d’achat. Plus généralement Mapp prévoit trois effets en cas d’adoption de la mesure en France : tous auraient un impact sur les recettes fiscales. Le paquet neutre entraînera une augmentation des achats sur le marché parallèle (hypothèse rejetée a priori par Marisol Touraine) qui pourrait aller jusqu’à 30 %.

Il y aurait aussi un report des clients (ceux qui resteront fidèles aux buralistes) vers des marques dotées d’une plus faible image et vendues moins cher (faute d’une politique d’augmentation des prix dont le gouvernement ne veut pas dixit Marisol Touraine). De ce fait un troisième impact serait à prévoir : une baisse (volontaire) des prix des marques de forte notoriété, qui souhaiteront préserver leurs parts de marché. Dans tous les cas la consommation de tabac ne baisserait pas. Conclusion (assez cocasse) induite par cette étude : si le paquet neutre ne fait pas baisser la consommation, il ne restera au gouvernement de Manuel Valls qu’à augmenter les prix des cigarettes.

Quatre autocars remplis de touristes

On rappellera que  l’étude de Pierre Kopp, Véronique Parel et Philippe Fenoglio pour l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies avait évalué en 2006 à 47,7 milliards d’euros le coût social total du tabagisme en France. On observera aussi que les spécialistes de l’addiction sont radicalement absents des projets exprimés par Marisol Touraine (1) et plus encore des vues (comme toujours cachées) de Bercy et de Matignon. On soulignera encore que le citoyen contribuable et assuré social, fumeur ou pas, est tenu pour quantité négligeable dans un débat aux enjeux sanitaires, médicaux et économiques considérables.

Dans le même temps la France est en train de rattraper le petit groupe des pays du Vieux Continent où l’on consomme, pour mille et une raisons, le plus de tabac. Pour l’heure, comme vient de le dire Marisol Touraine sur RTL « c’est comme si quatre autocars remplis de touristes s’écrasaient chaque jour dans un ravin».  La ministre de la Santé a aussi exprimé, sur cette station périphérique, ce qu’était « la volonté de la France ». A savoir « un monde sans tabac ».Ni plus, ni moins.

A demain

(1) A la suite de la publication de ce texte nous avons reçu les précisions suivantes de Jean-Pierre Couteron, psychologue clinicien, président de la Fédération Addiction:
« Pour ce qui est du paquet neutre, qui est l’objet de cette chronique, j’étais présent lundi 20 juillet, au titre de la Fédération Addiction, et j’étais loin d’être le seul des addictologues, (…) avec beaucoup de tabaccologues (…) pour une deuxième quinzaine de juillet, et pour une manifestation peu excitante pour des soignants. Certes, il manquait les addictologues universitaires (…) et je ne peux répondre à leur place. Sur cette mesure, nous nous sommes pour notre part engagé. Je laisserai SOS Addictions et William Lowenstein répondre –  en sachant qu’il a ce même souci de retarder l’initiation des ado pour lesquels  beaucoup se joue, aussi, sur ce terrain de l’image.
Sans illusion mais avec intérêt
L’histoire du tabac montre qu’il est aussi et surtout un produit de l’industrie et du marketing. Attaquer cet axe nous paraît donc bien. Sans illusion, mais avec intérêt. Nous pensons aussi qu’une politique du prix doit être continuée, et que l’ouverture aux soins doit être accentué. 
Le paquet neutre ne gagnera pas seul la bataille, c’est certain. Mais il ne la fera pas perdre. Et que Bercy regrette ses taxes est, pour le coup, dans la ligne de l’addictologie !
Après, il y a des questions effectivement, notamment gérer la fonction du buraliste, et les injonctions contradictoire qu’il a de la part de l’Etat, etc.. 
C’est un vrai débat, pas simple. Mais qui, pour nous, ne remet pas en cause l’objectif de casser l’attractivité marketing du tabac qui reste forte.
Les études répertoriées dans l’expertise INSERM montre que ce produit en particulier mérite ces actions contre la publicité.»

De quels « démons » Renaud est-il le nom ? Peut-on s’autoriser à parler de lui au passé ?

Bonjour

Mal de vivre. Renaud, encore lui. Il fait à nouveau la Une de Paris Match. Mêmes causes mêmes effets : « il ne s’arrache pas à ses démons » et « le public l’attend toujours ». En juillet 2014 la Une du magazine était consacrée à ce même « mal de vivre ». On le voyait assis, casquette, devant la Closerie des Lilas et le maréchal Ney. Un an plus tard Paris Match revient vers lui : il a fêté son 63ème anniversaire le 11 mai, jour où France 3 lui consacrait une soirée.

Points assassins

Les « démons » de Renaud ? Un secret de polichinelle qu’il faut taire. « Une maison de famille qu’il habite seul, cerné par la mélancolie, malgré la pêche, le jardinage et les bouquins. A ses côtés son chien Sony. Et les amis qu’il retrouve dans les restaurants du coin, pour partager des verres… ».

Ah, ces verres qu’on ne partage plus… Ah, ces points de suspension assassins… Une photo, troublée : le 27 juin 2014 au Stade de France pendant le concert d’Indochine. Un verre à ses côtés. Une autre photo. Elle date de 2009 – légende : « Dans un pub de Dublin. Renaud délaisse la pastis, sa boisson préférée, pour une pinte de bière ».

Mai 1968

Et puis deux pages. Deux pages signées Yann Moix ; un écrivain inclassable en cours de classement (….. il va remplacer Aymeric Caron dans «On n’est pas couché» à la rentrée …). C’est un texte hétérogène d’où il ressort que la France a besoin de Renaud. Yann Moix est né à Nevers, peu avant mai 1968 et Renaud lui manque comme il manque à la France

Extraits :

« Loin des ritournelles chagrines d’un Michel Berger, des revendications lyriques d’un Balavoine ou des refrains abscons d’un Bashung, Renaud disait l’époque, toute l’époque et rien que l’époque. Il tenait à la fois du lynx et de l’éditorialiste (…)

A l’heure des kalachnikovs, nous célébrons son cran d’arrêt  (…) L’homme que le pays regrette et tente à toute force de rappeler sur scène ou sur disque n’est ni Bonaparte, ni de Gaulle, ni Sarkozy (…) Il voulait changer le monde et le monde n’a fait que vieillir (…)

Fonds-bas

Ce pâlichon poulbot, bâti comme un moineau, ce poids plume à foulard ravacholien est devenu notre conscience nationale. Un Marianne mâle (…) Renaud devient le fils improbable de Robespierre et de Fréhel (Le coup de génie de Renaud : prendre de la hauteur depuis les bas-fonds. Ou plutôt : se servir des bas-fonds pour prendre de la hauteur (…) »

« Aujourd’hui exilé au fond du Vaucluse mais surtout au fond de lui-même, il tient la permanence du passé. Renaud ou la sentinelle de nos années perdues. »

Gouaille muette

C’est long, très long, deux pleines pages de Paris Match… Le lecteur a droit à quelques paroles de chansons. Et puis la fin :

« Les Français sont les orphelins de cette gouaille désormais muette. Il était conscient d’être un éclaireur, un leader d’opinion. Mais un leader d’opinion qui, pour rêver, lisait des fiches cuisine avec sa femme. Il avait choisi la musique pour ne pas faire de discours. Au lieu des promesses, Renaud faisait des constats. »

Virage, camarade

A la relecture, il y a comme quelque chose qui cloche.

« J’en parle au passé, parce qu’il vit enfermé dans ce passé. Mais le présent et une bonne partie de l’avenir l’attendent, non pas au virage, mais au bout du chemin. A tout de suite, camarade. »

Yann Moix écrira  encore de Renaud qu’il est « le voisin de postérité de Léo Ferré ». Voisin de postérité ?

A demain