Renaud, 63 ans à la télévision : alcoolisme et dépression, comment ne pas dire vos noms

Bonjour

L’angle ? Cette fois c’est David Carzon (directeur adjoint de la rédaction de Libération) qui a trouvé le meilleur : « Comment rendre hommage à Renaud sans Renaud et sans faire croire qu’il est mort ? ». « Renaud, une affection longue durée ». Parler d’un vivant qui se terre ? Hier, 11 mai, France 3 s’y essayait. En début de soirée. Avec un prétexte tout trouvé : 63 ans le jour même. Un gâteau d’anniversaire sans les bougies, sans le gâteau, sans Renaud.

Le pire

On avait titré ce documentaire Renaud, on t’a dans la peau. Un clin d’œil à l’addiction ?  A l’amour des foules pour son idole ? On pouvait, une nouvelle fois, redouter le pire. Et, cette fois, on avait tort. « On ne peut pas douter de la sincérité de la démarche du documentaire, nous avait expliqué Libération. Coauteur du film avec Nicolas Maupied, Didier Varrod est – en plus d’un des meilleurs spécialistes de la chanson française – un proche du chanteur de 63 ans qui a volontairement coupé les ponts avec le monde. Tout au plus, avons-nous de ses nouvelles – alarmantes – à la faveur d’une couverture de VSD comme en juillet. »

En juillet 2014 c’était, souvenons-nous, « Renaud ou l’alcoolisme vendu en photo ». Nous passions d’un alcoolisme entre les lignes à un alcoolique en photo. Affiché en devanture des kiosques. Dans Paris-Match début juillet. Puis  dans VSD (« Renaud la déprime sans fin »). « Ce sont, écrivait Le Point, des photos qu’on ne voudrait plus voir. » On ne les as pas vues, sur France 3, ces photographies de voyeurs, prises devant la Closerie des Lilas, entre l’Observatoire et la Sénat, non loin de la Santé. Une Closerie où Renaud fume et boit (pastis) depuis longtemps et depuis longtemps nettement plus que de raison. Une Closerie « où on est au petits soins pour lui » (VSD).

Impasses

France 3, hier, évita précisément ce que ces photos exprimaient, la souffrance, la bouffissure, la maladie, l’expression d’une possible déchéance, les rechutes récurrentes, les impasses thérapeutiques. Sans parler du déni affiché de nombre de ses amis  Le Point : « Et toujours cette même inquiétude, ce lancinant mal de vivre pointé par la presse: comment va Renaud, l’un de nos plus grands chanteurs, ce compositeur et poète écorché vif, si prompt à se laisser envahir par un spleen plus destructeur que créatif ? ». RTL, station au micro de laquelle l’éternel ami Hugues Aufray dit « souffrir beaucoup de le voir souffrir comme cela ». Tout nous était dit des errances entre L’Isle-sur-la-Sorgue et le boulevard du Montparnasse.

« Ne cherchez pas d’explications. J’ai du mal avec la vie. Point final » (Paris Match, février 2012). « J’en ai marre qu’on dise en permanence que je vais mal, explique le chanteur dans Match. Ceux qui prétendent m’aider en disant le pauvre Renaud, il est malade, il est dépressif, il est alcoolique ne me font aucun bien. C’est tout l’inverse ! » Tous les alcooliques ou presque vous diront approximativement la même chose. Et ceux qui lui fêtaient, hier, son soixante-troisième anniversaire semblaient l’avoir compris.

Failles

Le fan est un monstre comme les autres. Un ami n’est pas un thérapeute. Un admirateur encore moins qui, souvent, se nourrit des failles dévorantes de son idole. L’admirateur, l’ami, peut seulement espérer que l’artiste, que le malade, retrouve un point d’ancrage suffisamment solide pour commencer à se relever. Les exemples ne manquent pas.  Ray Charles  souffrit durablement d’une dépendance à l’héroïne qu’il parvint à briser. Edvard Munch (Le Cri) vit les alcools, la dépression et leurs enfers d’assez près. (Dominique Dussidour, Si c’est l’enfer qu’il voit : dans l’atelier d’Edvard Munch, Paris, Gallimard). Puis il revint parmi ses contemporains. Sans parler de Georges Simenon , le patron.

« Il y a une dizaine d’années, Didier Varrod avait réalisé un très beau documentaire sur Renaud, le Rouge et le Noir, et à l’époque le chanteur y avait participé, rappelle Libération. Mais cette fois, il a fallu parler de lui, sans lui. Alors c’est le ban et l’arrière-ban de la chanson française qui sont venus déclamer son amour pour le Renaud rebelle, le Renaud sensible, le Renaud poète… Une bande qui a déjà commis deux albums hommages dont les succès laissent augurer de nombreuses déclinaisons possibles. »

Rechute

En novembre 2011 (« Renaud, alcoolique public »)  on avait déjà connu une vague d’exposition médiatique de ce chanteur « carburant au pastis ».  Il avait rechuté. Une dépêche de l’AFP :

« Des proches du chanteur français Renaud, dont son frère Thierry Séchan et le chanteur Hugues Aufray, s’inquiètent de son état de santé, entre dépression et alcool, mais interrogé par le journal Le Parisien, il assure qu’il va bien même s’il reconnaît vivre « une période un peu difficile ». « Je vais bien, merci », assure Renaud, interrogé par le quotidien à la terrasse d’une grande brasserie parisienne où il a ses habitudes. Le Parisien souligne que le chanteur parle « en tremblant, sans jamais tourner les yeux vers son interlocuteur (…), le visage creusé par des cernes abyssaux ».

« Je traverse une période un peu difficile avec mon divorce, mais bon, c’est la vie », ajoute-t-il, tout en assurant ne pas avoir repris la boisson: « si avaler deux pastis dans un repas c’est boire du matin au soir… »

Le chanteur, âgé de 59 ans, dit également qu’il n’a pas l’intention de revenir sur scène: « De toutes façons, je n’ai pas de nouvelles chansons, je n’en écris plus, je n’ai pas d’inspiration ». « Il boit comme on peut prendre des antidépresseurs pour aller mieux. Actuellement, pour moi, mon frère cherche, il attend un déclic, soit pour écrire soit pour rencontrer une nouvelle femme », témoigne de son côté Thierry Séchan, évoquant un « suicide à petit feu ».AFP – 16/11/2011 – 09:24:10 »

Dépendance-souffrance

Il y avait aussi eu ce texte, publié sur le site Slate.fr , intitulé  « Laisse béton, Renaud »  L’auteur, Laurent Sagalovitsch  soutenait l’inaudible : laisser le chanteur décider de mettre fin prématurément à ses jours, grâce à l’alcool anisé, si tel était son bon vouloir. Mais qu’est-ce que le bon vouloir, le libre arbitre, d’une personne ayant atteint un haut degré de dépendance-souffrance à l’alcool.

Mai 2015, 63 ans, France 3 et Libération : « Les paroles de cette génération post-Hexagone (Alex Beaupain, Olivia Ruiz, Vincent Delerm, Raphael, Grand Corps Malade, Disiz…) sont souvent touchantes. Qu’on les aime et qu’on les déteste, les chansons de Renaud continuent de marquer, sans forcément inspirer une descendance directe. (…) Au final toutefois, il nous reste une impression de malaise après ces 90 minutes d’hommages : le documentaire n’évite pas l’écueil principal et revêt par moments un aspect nécrologie avant l’heure. Et ça fout un peu les glandes. » Les glandes ?

Mélancolie

« Mais de même qu’une maladie ne commence pas avec son diagnostic, de même le sort d’un homme ne commence pas au moment où il devient visible, et où il se réalise » écrit Stefan Zweig, en tête de « Destruction d’un cœur ».

Renaud, « Mon paradis perdu » (2002) :

« Mon paradis perdu c’est mon enfance / A jamais envolé, si loin déjà / La mélancolie s’acharne, quelle souffrance / J’ai eu dix ans, je n’les ai plus, et je n’en reviens pas / Les souvenirs s’estompent et le temps passe / La vie s’écoule, la vie s’enfuit, et c’est comme ça / Léo a dit « avec le temps, va, tout s’efface » / Sauf la nostalgie qui sera toujours là.(…) »

A demain

Orthez: l’anesthésiste était alcoolique depuis au moins six mois (analyse capillaire). Elle sera traduite devant la justice

Bonjour

On se souvient de l’affaire de la maternité d’Orthez (Pyrénées-Atlantiques) – c’était à la fin du mois de septembre. Tout le laissait entendre mais aujourd’hui les rapports d’experts le confirment et apportent de sérieuses précisions : le Dr Helga Wauters, l’anesthésiste belge à l’origine de la mort d’une jeune femme de 28 ans accouchant par césarienne avait un «problème chronique d’alcool» depuis au moins six mois. Un autre rapport estime qu’elle est pénalement responsable. Ces informations ont été données à la presse par Me Philippe Courtois, avocat de la famille de la victime.

Cheveux de l’anesthésiste

«Un premier rapport psychiatrique, fin 2014, considère qu’elle est responsable pénalement et un second rapport en toxicologie livré début 2015 révèle qu’elle est une consommatrice excessive et chronique d’alcool», vient d’expliquer l’avocat à l’AFP,  confirmant une information de RTL. Selon l’avocat, le deuxième rapport de toxicologie, réalisé à partir d’analyses de cheveux de l’anesthésiste (1), indique «qu’au moins pendant les six derniers mois avant le prélèvement, effectué juste après les faits, Helga Wauters était une consommatrice excessive et chronique d’alcool ». «On savait qu’elle était dans un état d’ébriété lors de l’accouchement de la patiente, cela n’a rien de nouveau, a-t-il ajouté. Mais ce qui est plus choquant, c’est de savoir que bon nombre d’actes médicaux qu’elle a réalisés avant les faits l’ont été dans un état d’ébriété.»

L’avocat a précisé qu’il allait demander à nouveau d’auditionner le personnel et les dirigeants de la clinique privée d’Orthez, qui employait depuis peu Mme Wauters et la mettait à disposition de la maternité publique de la ville dans le cadre d’une convention entre les deux établissements. «Il est quand même étonnant que personne n’ait remarqué l’état de cette personne», a-t-il souligné – rappelant qu’elle était toujours «présumée innocente». Toutefois, le premier rapport estime que l’anesthésiste est «accessible à une sanction pénale» car «au moment des faits elle n’était pas atteinte d’un trouble psychique ayant aboli, altéré ou entravé son discernement et le contrôle de ses actes». Pour l’avocat c’est un «soulagement pour la famille de la victime» qui «avait la crainte qu’il n’y ait pas de procès pénal».

Addictions des soignants

Le Dr Helga Wauters, 47 ans a été mise en examen pour «homicide involontaire aggravé par la violation manifeste et délibérée d’une obligation de prudence et de sécurité». Elle encourt jusqu’à cinq ans de prison. Elle est en liberté provisoire  depuis le 11 décembre dernier et soumise à un contrôle très strict – assignation à résidence dans le département de la Haute-Vienne, interdiction de sortie du territoire, interdiction d’exercer la médecine et obligation de soigner son addiction dans un centre de lutte contre l’alcoolisme.

Les propos de l’avocat de la famille de la victime quant au comportement des soignants et des responsables administratifs soulèvent de bien délicates questions. Celles-ci dépassent d’ores et déjà la seule affaire d’Orthez et posent, clairement, la problématique des addictions des soignants : leur identification, leur prise en charge et leur prévention. C’est là un dossier de santé publique qui, pour une large part, reste à ouvrir.  L’affaire d’Orthez, tragique mais aussi révélatrice, pourrait y aider.

A demain

(1) « On peut doser un marqueur de l’éthanol dans les cheveux : l’éthyl glucuronide présent au delà de 30 pg/mg dans les cheveux témoigne d’une consommation excessive d’alcool, en particulier pour une quantité supérieure à 60 gr par jour. Contrairement aux marqueurs sanguins classiques, VGM et GammaGT, l’éthyl glucuronide est très spécifique de l’alcool et n’est pas influencé par la prise de médicaments. Ces tests peuvent être utilisés pour mettre en évidence une consommation excessive d’alcool   mais pas une abstinence ou une consommation modérée »

(Dr Marie-Thérèse Giorgio extrait de  « Consommation d’alcool ou de stupéfiants : l’analyse des cheveux retrace l’histoire de l’addiction dans le temps ! »)

Cigarette électronique : la publication norvégienne et le pâté aux alouettes, sauce médiatique

Bonjour

Depuis quelques jours plusieurs médias font état d’une-étude-norvégienne-qui-dit-que-pour-l’entourage-la-cigarette-électronique-d’être-aussi-dangereuse-que-la-cigarette-de-tabac-pour-l’entourage.

Nicotine dans le sang

Cette publication n’est pas une étude originale mais une revue de littérature scientifique émanant de l’Institut norvégien de la santé publique. Une revue dont on peut trouver ici un résumé (pdf) en anglais. « Health risks associated with the use of electronic cigarettes – Summary in English ».

« Les niveaux de nicotine ambiants en cas d’exposition passive à l’aérosol de cigarettes électroniques peuvent déboucher sur des niveaux de nicotine dans le sang à peu près aussi élevés que chez un fumeur passif de cigarettes classiques », résument les médias francophones.

Pas d’erreur.

Le texte d’origine dit effectivement : Nicotine levels in the environment from passive exposure to aerosols from e-cigarettes can result in similar high nicotine levels in the blood of a passive smoker of regular cigarettes. This means that similar harmful nicotine-related effects can be expected for passive exposure to ecigarettes as for regular cigarettes. This means that passive exposure to aerosol from ecigarettes may act on the cardiovascular system, have stimulatory effects and contribute to addiction”

Regrets

Bien évidemment il ne s’agit ici que des cigarettes électroniques dont les liquides contiennent de la nicotine. Pour l’essentiel les auteurs norvégiens reprennent une lecture plus que prudente des hypothétiques effets négatifs de l’usage de la cigarette électronique. Une lecture en trois points, faite de conditionnels et de regrets devant le manque d’études sur le sujet.

1 La cigarette électronique pourrait être une porte d’entrée des adolescents vers l’addiction à la nicotine.

2 Rien ne permet d’affirmer qu’il n’y aurait pas quelques dangers à utiliser la cigarette électronique durant de longue période

3 La cigarette électronique semble pouvoir aider les fumeurs à abandonner le tabac et donc à réduire les risques sanitaires (notamment les risques de cancer) mais d’est là un sujet qui n’est pas assez étudié (1).

Bernard Thibault et Laurent Fabius

Dans son infinie prudence et sur la base du même raisonnement  l’Organisation mondiale de la santé  avait, en août dernier, également  mis en garde contre les dangers de l’utilisation des cigarettes électroniques dans l’espace public. Une conclusion aussitôt dénoncée par plusieurs experts indépendants au nom de l’indispensable politique de réduction des risques.

Le rapport de l’institut norvégien admet  ainsi que les cigarettes électroniques contiennent infiniment moins de substances toxiques que les cigarettes de tabac et qu’elles peuvent être utiles pour sortir de l’addiction. Mais il met aussi valoir (sur le même plan ou presque) ces cigarettes ne sont pas sans risque pour l’utilisateur et que leurs effets sur la santé à long terme sont encore largement méconnus. Ce n’est plus l’histoire du doigt et de la lune mais bien celle du pâté aux alouettes, métaphore politique chère, dit-on, à Bernard Thibault et à Laurent Fabius.

Tolérance norvégienne

Le gouvernement norvégien, qui avait commandé l’étude, réfléchit aujourd’hui à une nouvelle réglementation pour combler un certain vide, de nature juridique. « La production, l’importation et la commercialisation de cigarettes électroniques à base de nicotine sont interdites dans ce pays scandinave, rapporte Le Monde. Mais il reste possible d’en acheter sur des sites internet étrangers et, contrairement au tabac, leur utilisation dans les lieux et les transports publics est tolérée. »

« L’Agence France Presse a choisi de rendre compte de la dernière ligne du dernier paragraphe d’un rapport norvégien et crée l’inquiétude dans l’entourage des vapoteurs » observe Nathalie Dunand  (« Vapotage passif : La nicotine incriminée dans un rapport des autorités norvégiennes ») sur le site http://www.ma-cigarette.fr/

Relecture suisse

Pour Jean-François Etter, professeur de santé publique à l’Université de Genève, (et spécialiste affûté sur ce sujet) on assiste ici à une amplification de la rumeur, dangereuse en termes de santé publique. Il l’explique de manière explicite Dans une interview accordée à Paris-Match.  C’est une lecture éclairante qui vaut d’être rapportée in extenso :

Paris Match : L’institut norvégien de santé publique vient de mettre en garde contre les dangers du vapotage passif. Au même titre que le tabagisme passif, il peut affecter le système cardiovasculaire, avoir des effets stimulants et créer une dépendance chez les individus.

Jean-François Etter : Ce n’est pas du tout ce que dit le rapport en question. On est face à un phénomène sociologique qui mérite une analyse en soi : la présentation des résultats des études, leur interprétation par les agences gouvernementales et les communiqués de presse qui s’ensuivent, puis le rapport qui en est fait dans les médias.

Que dit exactement cette étude ?

Il est important de préciser que ce n’est pas une étude mais une revue de littérature scientifique.  Et elle est plutôt rassurante. Elle rapporte que le risque de cancer lié à la cigarette électronique est négligeable, et que les risques en général sont faibles. Le risque lié au vapotage passif est évoqué dans un petit paragraphe et se base sur deux études seulement, l’une grecque, l’autre espagnole.

 La première se base sur sept non-fumeurs exposés, dans des conditions de laboratoire, à de la fumée passive et à de la vapeur passive. La deuxième, se base surcinq non-fumeurs vivant avec des vapoteurs, donc exposés au vapotage passif. Les auteurs de l’étude admettent eux-mêmes que les conditions ne sont pas du tout contrôlées puisque les gens étaient chez eux : on n’est pas certain que ces vapoteurs ou leurs conjoints ne fumaient pas aussi du tabac et on ne sait pas s’ils ont été exposés par ailleurs à de la fumée sur leur période de travail (au restaurant, par exemple). On se base donc sur seulement douze  personnes, dans des conditions de laboratoire qui ne reproduisent pas forcément les conditions de vie réelle, ou dans des conditions non contrôlées, pour conclure que le vapotage passif pose des risques et pourrait même conduire à l’addiction!

Une étude allemande vient de confirmer les recherches publiées ( ici et ) sur la toxicité cellulaire. Les Allemands reconnaissent que la vapeur de la cigarette électronique est bien moins toxique pour les cellules pulmonaires que la fumée de tabac. Question de bon sens : si c’est moins toxique que le tabac pour le vapoteur actif, peut-on penser qu’il en va de même pour le vapotage passif ?

– Oui, il en va de même. Evidemment !

Depuis hier, la couverture médiatique autour de ce rapport est alarmiste. Quelles conséquences sont à craindre pour la cigarette électronique ?

– C’est le phénomène d’amplification de la rumeur que l’on observe régulièrement. On a une couverture médiatique sélective qui ne prend qu’une phrase du rapport alors que l’ensemble est plutôt rassurant. C’est un phénomène intéressant mais c’est très négatif du point de vue de la santé publique parce qu’on est en train de couler une alternative au tabac. De plus en plus de personnes croient aujourd’hui que la cigarette électronique est tout aussi dangereuse que le tabac. On constate déjà en Angleterre un tassement du nombre des utilisateurs de cigarettes électroniques. Cela a aussi un impact sur le législateur. Ce n’est pas innocent car c’est maintenant que l’on planche sur les réglementations aux Etats-Unis et en Europe.

Pourquoi assiste-t-on aujourd’hui à une diabolisation de la cigarette électronique ?

– La notion de réduction des risques est soit rejetée par principe soit incomprise. C’est un peu l’idéologie absolutiste selon laquelle il ne faut pas consommer du tout le produit (la nicotine) et qu’il n’y a pas d’autre solution. Du coup, on met tous les produits au même niveau tant qu’ils contiennent de la nicotine.

Les patchs de nicotine, eux, n’ont pas été dénigrés…

– Parce qu’ils ont été prescrits par les médecins. Là, on a un produit où il y a une notion de plaisir liée à une substance addictive, la nicotine. Beaucoup de gens ne sont pas prêts à l’accepter, bien que rien ne prouve aujourd’hui que les jeunes non-fumeurs s’initient au tabagisme en passant par la cigarette électronique. C’est un débat de société important sur la place de la nicotine dans la loi. Cela va au-delà des données scientifiques, c’est un débat philosophique. »

Foie gras truffé

On ne saurait en rester là. On peut goûter le pâté aux alouettes en respectant le cheval. On recommandera tout particulièrement celui de Pithiviers. Pendant des siècles ils ont constitué l’une des gloires de cette ville située entre la Beauce et le Gâtinais.

Le pâté d’alouette de Pithiviers réclame des échalotes, une pâte feuilletée, un peu de thym frais et du foie gras truffé.

A demain

(1)For smokers who are unable to quit smoking, it must be assumed that a full transition to ecigarettes will incur a risk reduction, particularly with regards to cancer development. Until now there have been no independent data that document how smokers as a group switch to ecigarettes. It is therefore very uncertain to what extent the use of e-cigarettes, combined with regular smoking, will lead to reduced health risks

Crash : Bild et Paris Match disent avoir visionné les derniers instants des passagers. Et après ?

Bonjour

On progresse dans l’horreur. Et nous sommes loin d’en avoir fini avec le crash de l’A320 de Germanwings. Le dernier rebondissement en date survient au moment même où les PDG de Lufthansa et de sa filiale low cost (Carsten Spohr et Thomas Winkelmann) se recueillent devant une stèle érigée à la mémoire des victimes. Il concerne « une supposée vidéo des derniers instants avant le crash ». Soit au moment où les passagers étaient conscients que l’appareil allait s’écraser.

Démenti du procureur

Cette vidéo existe bel et bien, selon l’hebdomadaire Paris Match et le journal allemand Bild, qui disent avoir visionné l’enregistrement. Or cette affirmation est « complètement fausse », selon la gendarmerie. Brice Robin, procureur de la République de Marseille, a pour sa part démenti « qu’en l’état actuel des investigations figurent à l’enquête une ou plusieurs vidéos filmant le crash de l’Airbus A320 ». « Dans l’hypothèse où une personne disposerait d’une telle vidéo, elle se doit de la remettre sans délai aux enquêteurs  de la gendarmerie afin qu’elle soit jointe à l’enquête » vient de faire savoir  Brice Robin (1).

Selon l’Agence France Presse, sur le supposé enregistrement « pris depuis l’arrière de la cabine »  Bild  et Paris Match révèlent que l’on  « entend crier Mon Dieu en plusieurs langues ». L’hebdomadaire français assure n’avoir « aucun doute » sur la provenance de l’enregistrement réalisé via un téléphone portable.

Démenti de la gendarmerie

« La scène est tellement chaotique qu’on ne distingue personne, mais les cris des passagers révèlent qu’ils étaient parfaitement conscients de ce qui allait arriver. Vers la fin, après une secousse plus forte, les cris s’intensifient. Puis plus rien », précise Paris Match. Qui ajoute : « on entend également, par trois fois au moins, des coups métalliques qui laissent penser que le pilote tente d’ouvrir la porte du cockpit au moyen d’un objet lourd ». Ce qui correspond aux informations dévoilées par enregistrements sonores de la boîte noire.

Ces affirmations sont « complètement fausses », a aussitôt déclaré réagi le lieutenant-colonel Jean-Marc Ménichini, de la gendarmerie française, interrogé par CNN. Il a précisé que les téléphones mobiles collectés sur le site du crash n’avaient pas été « encore exploités » par les enquêteurs. Ces téléphones cellulaires devraient être envoyés pour analyse à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) de Rosny-sous-Bois, près de Paris.

Pour l’heure, via Bild et Paris Match, nous progressons collectivement dans l’horreur. Et après ? Que ferons les chaînes d’information continue. Que dira, ensuite le CSA ? Jusqu’où irons-nous ?

A demain

(1) L’hebdomadaire français assure n’avoir « aucun doute » sur la provenance de l’enregistrement, en l’occurrence un téléphone portable. « Toute l’équipe éditoriale de Paris Match a également visionné l’enregistrement qui ne nous appartient pas et que nous avons refusé de publier car c’est très violent », affirme encore Paris Match ce mercredi 1er avril ,dans une vidéo où le journaliste qui a signé l’article Frédéric Helbert s’explique. « Ce n’est pas une vidéo trash » : « c’est le son qui est terrible, c’est la dimension humaine de la panique, de la détresse, des cris, des gens dans l’avion ». « C’est un élément humain très fort mais (…) qui n’apporte rien à l’enquête » précise-t-il.

Vins, alcools et petits amendements : la guerre pour «clarifier» la loi Evin est déclarée

Bonjour

Qui l’emportera, ce soir,  à l’Assemblée nationale ? C’est une affaire qui concerne, d’une part, ceux et celles qui produisent une catégorie particulière de boissons alcoolique et, d’autre part, celles ceux qui aident et soignent les personnes qui souffrent d’une dépendance à l’alcool. On trouvera ci-dessous les pièces du dossier à la date du 1er avril. On y voit à la perfection l’affrontement radical entre ces deux mondes : la « filière vin » contre celle de l’alcoologie. Deux mondes qui, en toute logique, devraient trouver un terrain d’entente. Terrain d’entente dont les grands alcooliers ne veulent pas entendre parler.

Tout est né du projet de loi santé « voiture-balais » et du cortège des amendements qu’il a provoqué devant la  commission des Affaires sociales.  Ici ce sont deux amendements socialistes. L’un suscite l’ire des producteurs de boissons alcooliques, l’autre celle des alcoologues.

Le premier amendement (voté avec l’appui du gouvernement) laisse à un arrêté ministériel le soin de fixer le contenu de le désormais célèbre message français selon lequel « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé ». Jusqu’à présent la formule est inscrite dans le code de la santé et donc, à ce titre, intangible. En pratique le célèbre message (obligatoire dans toutes les publicités pour boissons alcooliques) pourrait « être adapté en fonction des supports de communication, des produits et des publics ». L’auteur de l’amendement est le Dr Olivier Véran (PS, Isère), Ce spécialiste hospitalier de neurologie estime que cela permettra « de mieux adapter le contenu du message sanitaire à l’évolution des politiques de prévention ».

« L’arrêté pourra ainsi définir des messages différents: leur alternance et leur diversité sera le gage de leur efficacité dans le temps, a-t-il expliqué à l’AFP. Le contenu de ces messages pourra également être adapté en fonction des supports de communication, des produits et des publics ». En pratique ce sera au ministère de la Santé, dans sa sagesse, d’orchestrer cette nouvelle plasticité communicationnelle à visée dissuasive et préventive.

L’affaire passe mal et des goulots professionnels d’étranglement sont à prévoir. « La filière viticole s’oppose fortement à cet amendement qui remettrait en cause le pouvoir du législateur, durcirait encore davantage le cadre de la Loi Evin et qui traduit la volonté de passer d’une politique de modération à une logique d’interdit » vient de faire savoir, dans un communiqué, la célèbre et assez puissante association « Vin & société », qui regroupe les « 500 000 acteurs de la filière viti-vinicole ».

Le second amendement. Il est le fruit du député (PS, Loir-et-Cher) Denys Robiliard avocat de formation. Et cet amendement (N°AS1207, voté comme le premier mais contre l’avis du gouvernement) fait la joie de « Vin & Société ». ll prévoit une « définition de la publicité » et ce « afin de clarifier la Loi Evin ». Vin & Société soutient cette initiative. « En effet, comme les professionnels de la filière viticole le rappellent depuis plus d’un an, l’esprit initial de la Loi Evin visant à encadrer la publicité, éviter les abus et protéger les populations à risque, est dévoyé en raison d’une confusion entre publicité et information et d’une interprétation très restrictive faite par les juges » font valoir les alcooliers.

 Ils ajoutent :

« Rappelons que des journaux tels que Paris Match (mars 2013), Le Parisien(décembre 2007) et Les Echos (juin 2007) ont été condamnés à la suite d’articles de presse évoquant le vin, requalifiés en publicité.

Au-delà des professionnels du secteur viticole, ce sont aussi 30 000 journalistes, des milliers d’artistes et d’écrivains, des agences de publicité et de communication, des avocats et 31 millions de consommateurs responsables qui sont concernés par les conditions d’application de la Loi Evin. »

« Cet amendement n’ouvre aucune nouvelle possibilité de publicité pour le vin mais permet de sécuriser le travail des journalistes et la liberté d’information » déclare Vin & Société. Cette association  rappelle que sa position n’est pas de supprimer la loi Evin mais au contraire de la clarifier pour « éviter toute confusion entre information et publicité ».

No limit à la publicité

« Si cette disposition était votée, c’est l’ensemble de la population, et notamment les jeunes, qui serait exposé à une promotion sans limite en faveur de la consommation d’alcool » soutiennent les alcoologues.

Les alcooliers leur répondront –ils (pour faite la paix) qu’ils ne sont pas opposés à de répondre que ce l’in écrivent désormais que c’est bien « l’alcool » et non son « abus » qui est dangereux pour la santé » ? Dans ce cas, qui aurait gagné ?

Epidémie de jeunes ivresses

Pour l’heure la dernière information concerne les « bitures express » mieux connues sous la dénomination  binge drinking. Elles sont de plus en plus fréquentes chez les jeunes, et les filles sont en train de rattraper les garçons. Ce sont là des données chiffrées inquiétantes rendues publiques le 31 mars  par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes).

« La consommation d’alcool est particulièrement préoccupante chez les jeunes et notamment les jeunes filles » observe  François Bourdillon, directeur général de l’Inpes. « La recherche d’ivresse est véritablement marquée dans les jeunes générations » nous dit François Bourdillon. Il ne nous dit pas pourquoi.

A demain

Pièces du dossier :

1 La « filière vin ». Elle lance un appel est relayé  par le magazine La Vigne, la revue du monde viticole. On peut le découvrir ici. Extraits :

« Inquiète après l’adoption d’un amendement parlementaire à la loi de santé publique, la filière vin vient de donner à ses 500 000 acteurs les moyens d’alerter leurs députés. Sobrement baptisé filierevin.fr, un site permet à chacun de générer un e-mail destiné à ses députés et intitulé : « Je suis vigneron, j’ai besoin de vous ! »*. Ce message leur demande d’être présents en séances, afin de défendre la consommation responsable de vin et ne pas la contraindre d’avantage. Outil du lobbying anglo-saxon, l’interpellation citoyenne des élus est nécessaire pour « montrer que des individus travaillent tous les jours dans la filière et génèrent de la valeur, et pas seulement en termes d’argent », estime Cécile Dulimbert, la présidente de l’Union régionale des œnologues de Bordeaux-Sud-Ouest.

Elle a interpellé ses députés car elle s’inquiète de l’amendement déjà adopté qui permettra au ministère de la Santé de définir seul le message sanitaire à apposer sur les publicités. Le message « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé » pourrait ainsi être remplacé par « L’alcool est dangereux pour la santé ». Elle redoute aussi l’adoption d’autres amendements durcissant la loi Évin, notamment en restreignant la communication sur internet.

Alors que la filière était rassurée par le soutien du président de la République et du Premier ministre au Salon de l’Agriculture, elle est particulièrement remontée en cette fin mars. « Prétextant le statu quo, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a eu le toupet de demander à la commission de rejeter l’amendement du député Denys Robiliard, visant à clarifier la loi Évin. Mais, quand un amendement donne au ministère la liberté de choisir le texte sanitaire, j’appelle ça un durcissement de la loi Évin ! » tonne Bernard Farges, le président de la Confédération nationale des producteurs de vins et eaux-de-vie AOC (Cnaoc). »

Les spécialistes ne manqueront pas, avec une loupe : « * Le mail-type est destiné aux vignerons, mais peut être personnalisé par les négociants, courtiers, fournisseurs, prestataires… ». Où l’on voit (comme lors des différentes polémiques suscitées par la loi Evin) que les vignerons utilisés comme les porte-drapeaux d’un ensemble qui est bien loin de ne concerner que les vignerons et le vin. Il faut ici compter avec les ramifications qui existent (via les marques de Champagne et les châteaux de Bordeaux notamment) avec les grands alcooliers industriels.

2 La filière « alcoologie ». Il s’agit de l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie, de la Fédération Française d’Alcoologie, de la Société Française d’Alcoologie et de la Société Française de Santé Publique. Leurs responsables viennent d’adresser une Lettre ouverte au Président de la République sur le projet de loi de santé. Extraits :

«  (…)  A l’occasion de l’examen de la loi relative à la modernisation du système de santé, présentée par Madame Marisol Touraine au Parlement, quelques députés ont fait adopter en commission des Affaires sociales de l’Assemblée, contre l’avis du gouvernement et du rapporteur, un amendement qui modifie la définition de la publicité de manière restrictive afin de remettre en cause le dispositif législatif antérieur.

Contrairement à ce que prétendent les défenseurs de l’amendement, la protection de la santé ne s’oppose pas à la viticulture, mais si cette disposition était votée, c’est l’ensemble de la population, et notamment les jeunes, qui serait exposé à une promotion sans limite en faveur de la consommation d’alcool. Cette définition restrictive de la publicité, qui est par ailleurs contraire à la directive européenne 84/450/CEE du 10/09/1984 en la matière, aurait aussi pour effet collatéral de desserrer les conditions de la publicité pour le tabac et d’affaiblir le Plan national de réduction du tabagisme.

Il serait paradoxal et dommageable qu’une loi ayant pour objectif d’améliorer la prévention ait pour conséquence une plus grande facilité de promouvoir l’alcool qui est directement responsable de 49 000 morts par an, sans compter le symbole désastreux d’une défaite de la santé publique à l’aube du 25ème anniversaire de la loi Evin. »

Alcoolisme : deux amendements socialistes enflamment le monde du vin. Les grands alcooliers demeurent cois

Bonjour

On n’arrête plus des députés aux prises avec d’un projet de loi santé du genre « voiture-balais ». La commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale vient d’adopter  un nouvel amendement au projet de loi Santé. Il laisse à un arrêté ministériel le soin de fixer le contenu de le désormais célèbre message français selon lequel « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé ». Jusqu’à présent la formule est inscrite dans le code de la santé et donc, à ce titre, intangible.

En pratique les députés veulent que le célèbre message (obligatoire dans toutes les publicités pour boissons alcooliques) puisse « être adapté en fonction des supports de communication, des produits et des publics ». C’est ce qu’a adopté la commission des Affaires sociales. Où l’on retrouve le Dr Olivier Véran (PS, Isère), auteur de cet amendement. Ce spécialiste hospitalier de neurologie estime que cela permettra « de mieux adapter le contenu du message sanitaire à l’évolution des politiques de prévention ».

Plasticité communicationnelle

« L’arrêté pourra ainsi définir des messages différents: leur alternance et leur diversité sera le gage de leur efficacité dans le temps, a-t-il expliqué à l’AFP. Le contenu de ces messages pourra également être adapté en fonction des supports de communication, des produits et des publics ». En pratique ce sera au ministère de la Santé, dans sa sagesse, d’orchestrer cette nouvelle plasticité communicationnelle à visée dissuasive et préventive.

L’affaire passe mal et des goulots professionnels d’étranglement sont à prévoir. « La filière viticole s’oppose fortement à cet amendement qui remettrait en cause le pouvoir du législateur, durcirait encore davantage le cadre de la Loi Evin et qui traduit la volonté de passer d’une politique de modération à une logique d’interdit » vient de faire savoir, dans un communiqué, la célèbre et assez puissante association « Vin & société », qui regroupe les « 500 000 acteurs de la filière viti-vinicole ».

Clarifier la loi Evin

« Vin et Société » se félicite en revanche de l’adoption d’un autre amendement émanant du député (PS, Loir-et-Cher) Denys Robiliard avocat de formation. Explication :

« En parallèle, un deuxième amendement (N°AS1207) porté notamment par le député du Loir & Cher, Denys Robiliard (PS) a été adopté cette nuit. Cet amendement prévoit une définition de la publicité afin de clarifier la Loi Evin. Vin & Société soutient cette initiative. En effet, comme les professionnels de la filière viticole le rappellent depuis plus d’un an, l’esprit initial de la Loi Evin visant à encadrer la publicité, éviter les abus et protéger les populations à risque, est dévoyé en raison d’une confusion entre publicité et information et d’une interprétation très restrictive faite par les juges.

Liberté de la presse

Rappelons que des journaux tels que Paris Match (mars 2013), Le Parisien (décembre 2007) et Les Echos (juin 2007) ont été condamnés à la suite d’articles de presse évoquant le vin, requalifiés en publicité.

Au-delà des professionnels du secteur viticole, ce sont aussi 30 000 journalistes, des milliers d’artistes et d’écrivains, des agences de publicité et de communication, des avocats et 31 millions de consommateurs responsables qui sont concernés par les conditions d’application de la Loi Evin. »

Montagnard vs Girondin

« Cet amendement n’ouvre aucune nouvelle possibilité de publicité pour le vin mais permet de sécuriser le travail des journalistes et la liberté d’information » déclare Vin & Société. Cette association  rappelle que sa position n’est pas de supprimer la loi Evin mais au contraire de la clarifier pour « éviter toute confusion entre information et publicité ». Selon l’association, l’esprit de la loi Evin est aujourd’hui « dévoyé en raison d’une confusion entre publicité et information et d’une interprétation très restrictive faite par les juges ». Des juges qui en sont venus à condamner des titres de presse « à la suite d’articles de presse évoquant le vin, requalifiés en publicité ».

On observera que, comme lors des polémiques autour de la loi Evin de 1991, les grands alcooliers restent cois. Qui, du montagnard Véran ou du girondin Robiliard, l’emportera ?

A demain

Vus à la télé : Drs Cymès et Kierzek versus Delon. La confraternité n’est plus ce qu’elle était

Bonjour

Delon (le fils, Anthony) joue depuis peu sur TF1 dans une série médicale. Cela s’appelle  Interventions. On peut voir ici ce qu’en dit la presse spécialisée. Soit, dans un hôpital public parisien, le  Dr Romain Lucas qui exerce deux spécialités : gynécologue-obstétricien et chirurgien pédiatrique. « C’est un ponte, dont le cœur est certainement aussi grand que son talent, racontent les gazettes. Un ancien enfant de la DDASS qui a tendance à s’occuper plus de ses patientes que de sa propre compagne. C’est une tête brûlée  et le soleil du service (sic). Un soleil autour duquel gravitent l’interne brillante, la sage-femme bienveillante, l’infirmière un peu spéciale, la patronne maternelle (…)

Avec Interventions, TF1 renoue  avec le genre et trouve en Anthony Delon son nouveau chevalier blanc. Un rôle de chirurgien charismatique et rebelle qui sied à l’acteur, même si celui-ci en fait des tonnes. La série n’évite pas les clichés, en particulier celui du héros qui sauve des vies à tour de bras. Les épisodes restent cependant prenants et agréables à suivre. »

Roussi

Depuis Les hommes en blanc (André Soubiran) le médecin semble né pour feuilletonner. Il atteint, on le sait, son apogée avec Gregory House (comme nous avons tenté de le montrer sur Slate.fr). Masi avec Interventions, où est-on ? Dans les coulisses parisiennes du spectacle l’affaire sentirait, dit-on, comme le roussi.

« Tout a commencé hier avec un premier tweet de Michel Cymès, au lendemain de la diffusion de la nouvelle série de TF1, nous raconte ainsi Télé 7 Jours.  « J’ai tenu 5 mn. 5 mn d’effarement médical » écrit alors le médecin-animateur du Magazine de la santé sur France 5. Et il semblerait que dans le milieu médical, cet avis soit partagé par plusieurs praticiens. »

Couche

« Aujourd’­hui, Michel Cymès en a rajouté une couche, nous raconte Voici’Je ne voudrais pas m’achar­ner sur Inter­ven­tions, mais [Anthony Delon est] chirur­gien gynéco, obsté­tri­cien, et pédiatre. Pourquoi pas ortho­pé­diste et ophtalmo, pendant qu’on y est ! ». C’est une bonne question. Et on peut remercier le Dr Cymès de l’avoir posée. Le Dr Cymès qui est quant à lui chirurgien spécialisé en ORL, joue avec Adriana Karembeu (France 2)  et qui rêve d’une carrière d’acteur après un passage dans La Vérité si je mens 3 avant de devenir le héros d’une bande dessinée.

Télé 7 Jours a voulu aller plus loin, en interrogeant « son » médecin – par ailleurs urgentiste à l’Hôtel-Dieu (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris). « Notre docteur, Gérald Kierzek a regardé la fiction. Son diagnostic est sans appel : trop d’erreurs médicales ! « Anthony Delon incarne un chirurgien pédiatre et  gynécologue-obstétricien. Cette double spécialité, c’est impossible. Donc ça commence mal. Mais admettons… C’est une fiction ». Les séries ne peuvent jamais être le reflet exact de la réalité. Mais trop d’inexactitudes nuisent à la fiction. »

Urgences

« On voit par exemple une femme enceinte, polytraumatisée après un accident de voiture. Elle est prise en charge dans le service maternité. Ce n’est jamais le cas. Elle aurait dû être conduite aux Urgences. Tout cela n’est pas grave. Mais ces erreurs induisent de la confusion dans l’esprit des patients, explique Gérald Kierzek à Télé 7 Jours. Avec Michel Cymès et d’autres médecins, on prône la pédagogie médicale. On est des passeurs entre les médias et les gens. Or, ce genre d’erreurs est contre productive. »

Le magazine insiste : Ces approximations sont-elles une spécialité française ? « Pas si sûr à en croire notre médecin urgentiste : « Je suis toujours surpris des cas de « crise cardiaque ». Dans toutes les séries, françaises ou américaines, 80% des patients s’en sortent. Dans la vraie vie, seuls 5% survivent à un accident cardiaque. Résultat, il nous arrive souvent en intervention que les proches nous disent « Shockez-le, faites-lui un massage cardiaque comme dans la série… ». C’est difficile pour nous de leur dire que cela ne fonctionne pas comme ça. Et que tout ça ne sert à rien ». »

Béton américain

Il n’empêche que, Gérald Kierzek dixit, les séries américaines sont plus au point que chez nous. « Aux Etats-Unis, c’est béton. Il y a parfois des petits soucis de traduction, mais c’est hyper réaliste. Par exemple, Docteur House a été très utile pour notre profession. Car les gens ont compris qu’élaborer un diagnostic pouvait prendre du temps, qu’il y avait souvent plusieurs pistes à envisager… ». »

On comprend mieux, à le lire, pourquoi Le Dr Kierzek nous avait dit (sur Paris-Match et Europe 1) ne pas avoir goûté Hippocrate (le film). Pas assez rigoureux, trop invraisemblable. Insupportable. Un effarement médical dirait le Dr Cymès.

A demain

Une nouvelle attaque du Dr Gérald Kierzek contre le film « Hippocrate » (Europe 1)

Bonjour

« Hippocrate » (le film)  est l’un des cartons de la rentrée. C’est aussi un spectacle à risque : il pourrait presque faire aimer la médecine. Et puis, ici ou là il suscite quelques anticorps. Notamment chez les urgentistes. C’est l’un des nombreux mystères de l’immunologie et du septième art réunis.

Allergie

Nous avions déjà diagnostiqué l’allergie manifestée par Le Dr Gérald Kierzek, urgentiste, à la vision de ce film. C’était à la lecture de Paris-Match. Aujourd’hui nouvelle poussée. C’est sur Europe 1 On peut l’entendre (et le voir) ici (encadré de deux publicités pour Groupama). Soit toute la puissance de feu du groupe Lagardère.

Que nous dit sur Europe 1 ce qu’il n’a pas écrit sur Paris-Match ? Rien ou presque. Le Dr Kierzek relit son texte. Résumé de son propos en points

1 Ce film n’est pas un documentaire. Personne n’y songe mais l’urgentiste fait de la prévention : cette fiction est tellement réaliste… cette paupérisation de l’hôpital … ces murs décrépis…. Bref on s’y croirait tellement cela donne l’impression du vrai.

2 L’intrigue. C’est « une faute médicale d’un jeune interne couverte par sa hiérarchie ». Or cette intrigue trouble le Dr Kierzek : « Ce serait un peu dangereux de croire qu’on est soigné comme çà en 2014 ». Le réalisateur est certes libre mais quand même…

3 L’acharnement des réanimateurs. L’urgentiste dit sa gêne devant un film (réalisé par un médecin) qui montre des réanimateurs se complaire dans un écharnement thérapeutique. « Ce qui n’est pas non plus la réalité de l’hôpital en 2014 » croit-il savoir. « Notamment avec la loi Leonetti qui est maintenant appliquée dans tous les services » assure-t-il. Prière de le croire.

4 La place du médecin étranger. Le Dr Kierzek ne trouve pas ici matière à critique négative. « Au-delà du film cela pose le problème de l’absence de pilotage de la démographie médicale ».  Une spécialité désertée par les médecins ? « Par exemple les urgences, la réanimation ».

5 L’humour décapant des salles de garde. Il est interdit de dire en dehors de ces salles ce qui se dit à l’intérieur. Les auditeurs d’Europe 1 n’en sauront rien.  Une confidence toutefois : « ce n’est jamais au détriment des patients ».

Sans fard

Aller le voir ce film ? « Oui si vous voulez voir les couloirs de l’hôpital. Mais pas pour voir les coulisses  de l’hôpital (…)  On a l’impression que ce film date de quelques années. L’hôpital de 2014 ce n’est pas ça. » Comme c’est étrange. Il nous semble que le film Hippocrate permet précisément d’entrevoir, sans trop de fard, les coulisses de l’hôpital.  Non pas celles de l’Hôtel-Dieu mais bien celles de l’hôpital de 2014. Ce qui explique, sans doute, qu’il cartonne.

A demain

« Merci pour leurs derniers moments » : la lettre de Brigitte Bardot à François Hollande

Bonjour

Déjà ! Brigitte Bardot fêtera ses 80 ans le 28 septembre prochain. Toujours en avance sur son temps ce corps parfait parle déjà de sa mort. De sa mort et de la dignité que l’on doit, en cet instant, à certains animaux. Elle interpelle sur ce sujet un Premier ministre et un président de la République dont la légitimité, nous disent les gazettes, est en lambeaux. Pour son anniversaire prochain, et pour sa mort qu’elle dit pressentir, elle ne réclame que deux présents. (On peut entendre Brigitte ici)

Presse en souffrance

Elle s’en était confiée à son vieil ami Christian Brincourt dans Paris Match (daté du 21 au 27 août). Mais Paris Match vieillit lui aussi … on l’achète moins … il faudra songer à grossir les caractères. Page 46 Brigitte s’exprimait en catimini. Personne n’a réagi. Alors, en cette lumineuse journée du 8 septembre, roulement de tambours, et pleines pages matinales dans trois titres dans la presse en souffrance mais qui aime les bêtes : Le Figaro, Le Parisien et Var Matin. On murmure même que le dernier quotidien du soir (il va fêter ses 70 ans) participera, dès cet après-midi, au sacrifice.

 Roulements de tambours pour demander solennellement au gouvernement l’abolition de l’abattage rituel et la fermeture des abattoirs de chevaux. « Voilà les deux évolutions indispensables à notre époque que je demande aux gouvernements successifs depuis trente ans. Il serait juste de me les accorder après tant d’années de suppliques et d’attente. Si je ne les obtiens pas, j’en conclurai que j’ai raté ma vie », écrit l’icône dans sa  lettre à François Hollande.

Lettre morte

En pratique il s’agit d’une proposition de loi (1) visant à faire passer le cheval d’animal de rente à animal de compagnie. Un détail sémantique mais un changement majeur puisque cela éviterait à la plus belle conquête de l’homme de prendre le chemin des abattoirs.  Cette proposition a été déposée fin juin 2013 à l’Assemblée. Puis elle est resté lettre morte. « Je demande qu’elle soit prise en compte et débattue dans les plus brefs délais et qu’elle m’apporte enfin la satisfaction demandée » intime BB. Elle s’offre aujourd’hui en photo avec Duchesse, « une jument qu’elle a sortie de l’abattoir et qui a vécu 40 ans à ses côtés ».

La mort des boucheries chevalines n’est pas la seule croisade de l’icône. Elle réclame aussi, comme ultime présent, « la remise en application immédiate de la loi française et européenne exigeant l’étourdissement des animaux d’abattoir avant la saignée pour tous les animaux sans aucune dérogation pour les sacrifices rituels halal et casher ». Une histoire qui trouve son origine dans les ressacs des vieilles affaires de la vache folle. Tout ceci au moment où (avec treize ans de retard sur le grand Alain Passard en son Arpège) Alain Ducasse fait savoir (Les Echos) qu’il biffe la viande de la carte du Plaza Athénée. 

Sur les dents

« Ce sont mes dernières volontés » a expliqué BB à l’AFP. Une communication téléphonique est d’ores et déjà prévue avec François Hollande cette semaine. Dès lors il est possible que l’ancienne actrice retrouve le chemin de l’Elysée. Le ministre de l’Agriculture, porte-parole du gouvernement, doit déjà être sur les dents. Sans oublier celui en charge des cultes.

A demain

 (1) Cette proposition de loi a été enregistrée le 26 juin 2013 à la présidence de l’Assemblée nationale par le député (non inscrit) Nicolas Dupont-Aignan.

Exposé des motifs : « Après avoir été, pendant des décennies, un animal de labeur, la plus noble conquête de l’homme est aujourd’hui essentiellement cantonnée aux activités sportives et de loisirs.

Alors qu’il est considéré comme animal de compagnie par beaucoup, qu’il rapporte des sommes faramineuses dans le milieu des courses hippiques, le cheval est pourtant, à ce jour, toujours assimilé à un animal de rente dont le destin final est l’abattoir.

Nul n’imagine de consommer de la viande canine ou féline dans notre pays. Celle du cheval est également de plus en plus décriée par nos compatriotes, d’autant plus qu’elle entraîne de longs transports à travers l’Europe, dans des conditions trop souvent non conformes à la réglementation.

Il est également reconnu scientifiquement que la thérapie associée au cheval est une méthode extrêmement riche pouvant apporter de larges bénéfices sur le plan médical, mental, et social.

Le cheval par sa sensibilité tactile particulièrement affinée représente un catalyseur pour l’accès à la communication chez des individus qui en sont dépourvus, du fait de diverses pathologies de type émotionnel, physique ou psychiatrique. Sa relation à l’homme passe le simple stade de l’animal pour être un véritable soutien physique et psychique de l’homme.

Rien ne différencie plus le chien (animal de compagnie) d’un cheval (animal de rente) :

– un chien est un outil de travail (chien guide d’aveugle, chien de recherche…), le cheval aussi (hippothérapie, collecte des déchets, débardage du bois, labour des vignes…) ;

– un chien est un bien commercial, le cheval aussi ;

– un chien est un agrément pour l’humain, le cheval aussi (cheval laissé en pâture) ;

– le chien est un compagnon de loisir et de compétition (sports tels que l’agility, le canicross…), le cheval aussi (centre équestre, concours de saut d’obstacles).

Le Gouvernement a pris en compte cette relation particulière qui unit l’homme au cheval en travaillant sur l’abrogation de l’arrêté du 4 mai 1992 (relatif aux centres d’incinération de cadavres d’animaux de compagnie) afin d’autoriser l’incinération des chevaux. De plus, les chevaux de la garde républicaine ne sont plus envoyés à l’abattoir en fin de carrière mais peuvent être rachetés par les cavaliers ou confiés, à titre gracieux (depuis 1992), à une association de protection animale.

Si cette démarche reconnaît déjà le statut particulier du cheval, ami de l’homme, l’objet de cette proposition de loi est de mettre en concordance l’opinion de nos compatriotes et le statut juridique qui lui est réservé. Ainsi, l’objet de cette proposition est de modifier la classification juridique de l’équidé pour que, d’« animal de rente », il soit désormais classifié comme « animal de compagnie ».

En effet l’article L. 214-6 du code rural, paragraphe 1, dispose : « On entend par animal de compagnie tout animal détenu ou destiné à être détenu par l’homme pour son agrément. »

C’est pourquoi il semble légitime d’attribuer en cohérence aux équidés le statut juridique d’« animal de compagnie » auprès de l’homme. »

 Article unique : Avant l’article L. 212-9 du code rural et de la pêche maritime, il est inséré un article L. 212-9 A ainsi rédigé :

« Art. L. 212-9 A. – Le cheval est un animal de compagnie tel que défini par les dispositions de l’article L. 214-6. »

« Hippocrate » (le film) : la brutale allergie déontologique du Dr Kierzek

Bonjour

Le Dr Gérald Kierzek n’est plus seulement médecin, anesthésiste, réanimateur et urgentiste à l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris. Il est par ailleurs expert auprès des tribunaux. « Passionné de communication et de vulgarisation médicale » il est aussi chroniqueur pour le « Magazine de la Santé » sur France 5 et dans « Le Grand 8 » sur D 8.

Coup de cœur

Il est encore « spécialiste santé pour Europe 1 » ; il est en outre l’auteur d’un livre préfacé par Michel Cymès, Un livre dont on peut ne pas goûter le titre aéronautique « 101 leçons pour ne pas atterrir aux urgences » . Il est ,enfin, critique cinématographique pour Paris Match. Pour les lecteurs de l’hebdomadaire du groupe Lagardère il a vu «Hippocrate» de Thomas Lilti (1) – un film qui est le « coup de cœur » de Paris Match. Et c’est peu dire que le réanimateur n’est pas tendre avec ce film :  « il s’insurge contre le regard porté sur l’hôpital et son personnel par un réalisateur qui est, comme lui, docteur en médecine ».

Assis dans la salle, face à l’écran, le Dr  Kierzek « n’a pas passé un bon moment ». « Cela m’a fait souffrir, cela m’a même fait de la peine, car cela met à mal l’hôpital public et la probité médicale. Sur un plan déontologique, cela m’a fait mal ». Et Dieu sait si les souffrances déontologiques peuvent être intenses.

Un « ancien médecin »

Même Paris Match a du mal à comprendre : le réalisateur connaît l’hôpital et s’est attaché à rendre la réalité du monde hospitalier : « Justement, rétorque l’expert auprès des tribunaux. Le décor, la vie à l’hôpital, la salle de garde, le quotidien, tout ça, c’est bien retranscrit, c’est crédible et réaliste. On voit qu’il connaît son sujet, qu’il a fait ses études à l’hôpital, mais, malheureusement, j’ai ressenti une certaine aigreur, peut-être une frustration. Quelque chose de négatif en ressort, en tout cas pour moi qui suis urgentiste – réanimateur, bref un praticien de l’hôpital. Autant le décor qui est planté est crédible, autant les relations entre les professionnels, et les relations entre les professionnels et les patients sont fausses. » Fausses ?

Ce que l’urgentiste ne goûte guère, c’est précisément que Thomas Lilti soit  un « ancien médecin » (sic). Sa double casquette de docteur-réalisateur ? Elle fait, dit cet animateur-chroniqueur, que l’on « peut prendre pour argent comptant tous les messages qui sont véhiculés ». « Les dialogues, les ficelles scénaristiques sont fausses, accuse-t-il. Je suis sorti de ce film en me disant : ‘’les patients vont mettre ma parole en doute’’. Dès qu’il y aura une complication, ils vont penser que c’est une erreur médicale et qu’on va lui cacher des choses. » Cacher ?

Pompiers à intubation

Pire : ce film aborde la « douloureuse question de l’euthanasie » (sic). « Je suis médecin-réanimateur, dit ce passionné de vulgarisation-communication médicale. «Hippocrate» donne l’impression que l’on arrive avec la pompe à intubation, que l’on est des cowboys, que l’on ne regarde pas les dossiers et l’on intube tout le monde, même les personnes en fin de vie. Tout ça c’est faux. La loi est très claire : c’est notre métier d’urgentiste et de réanimateur de contextualiser, et de ne pas être dans l’acharnement thérapeutique. J’ai l’impression que pour les besoins du film, il a fallu ajouter des débats de société, on a coché la case erreur médicale, on a coché la case euthanasie/fin de vie. Le film met à mal la relation de confiance entre le patient et le médecin. » Confiance ?  

Pire encore, le nœud central, la mortelle intrigue, la raison d’être du film : cet interne-fils protégé par son père-patron :

Véreux, branleuses et fils à papa

 «  Il y a beaucoup de ‘’fils de’’, aussi, à l’hôpital, c’est très vrai, mais ce n’est pas pour ça qu’ils seront couverts en cas de faute, assure le vulgarisateur. Pour moi, il y a là une faute morale de la part du réalisateur, une remise en cause de la probité. On a l’impression que c’est la concurrence entre tout le monde, entre les différents services, entre les internes. Mais que face aux familles, tout ce petit monde, presque mafieux, se met d’accord (…) On applique la loi Kouchner de 2002 sur l’information des malades. Là c’est traité comme s’il y avait encore une Omerta médicale, que l’on est resté au temps de la médecine de Papa, d’il y a 50 ans, ce qui est faux. Le père est un véreux, le chef du service réa est un véreux, les infirmières passent pour des branleuses quand elles regardent la télé la nuit, le seul qui est bien, tout le temps, c’est le médecin étranger. Je ne voudrais pas que le public, qui veut voir l’envers du décor, prenne «Hippocrate» pour un documentaire. Sur le plan déontologique, le film me pose un vrai problème, ce n’est pas le réel. L’hôpital de 2014 ce n’est pas ça. » Vraiment ?

Appel à l’Ordre

Rien à garder ?  Tout à jeter ? « La salle de garde est vue de façon réaliste, on pratique beaucoup ce genre d’humour à l’hôpital. Mais moi je n’ai pas rigolé pendant le film, je suis plus ressorti avec un sentiment de colère. » Humour ?

Résumons : « mise à mal de la probité médicale »,  abcès au plan déontologique, mitage de la relation « médecin-malade », altération de l’image du corps médical … On en connaît qui attaquent pour moins que cela devant la juridiction ordinale. Qu’attend donc notre confrère Kierzek, expert auprès des tribunaux ? Un peu de logique ! Vite, qu’il traduise « Hippocrate » devant la juridiction des gardiens du temple et du serment qui porte son nom….  

A demain

(1) Pour notre part nous avons dit ici  (et sur Slate.fr)  tout le bien que nous pensons de cette tranche de vie médicale et hospitalière.