Les Verts lorgnent sur le wifi des tout-petits

Bonjour

Modifier  la société puisqu’on ne  peut toucher aux marchés. Laissons l’économie et attaquons les espaces wifi. Aujourd’hui l’Assemblée nationale examinait en première lecture une proposition de loi de Mme Laurence ABEILLE et plusieurs de ses collègues « relative à la sobriété, à la transparence et à la concertation en matière d’exposition aux ondes électromagnétiques ». Texte  n° 1635, déposée le 11 décembre 2013 (mis en ligne le 12 décembre 2013 à 16 heures 30).

On sait peu de choses sur Mme Laurence Abeille, femme politique française aujourd’hui âgée de 53 ans. Elle a été élue le jour de ses 52 ans députée sous l’étiquette née le 17 juin 1960 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) sous l’étiquette  Europe Écologie Les Verts  la 6e circonscription du Val-de-Marne face à député sortant UMP.  On trouvera ici son site internet officiel

Fil et connexions

C’est l’article 7 qui intéresse aujourd’hui les médias. On les comprend. Cet article  « vise à protéger les enfants des effets d’une exposition continue aux ondes électromagnétiques ». Il « interdit l’installation de wifi dans les établissements d’accueil des enfants de moins de 6 ans ». Il « permet l’utilisation du wifi dans les établissements scolaires uniquement lors d’activités le nécessitant ; il vise à privilégier les connexions filaires dans les écoles maternelles et élémentaires via l’obligation d’établir un devis mentionnant le coût d’une connexion filaire lors de l’installation d’un réseau de télécommunication ».

Hyper-électro-sensibilité

L’article 8 n’est pas non plus sans intérêt. Il «  traite de l’électro-hypersensibilité et demande au gouvernement la remise rapide d’un rapport afin d’apporter des réponses concrètes aux personnes qui souffrent ». Nous sommes là devant une équation politique et sanitaire exemplaire. On ne sait rien de l’entité électro-hypersensibilité. Rien sur sa réalité, sa physiopathologie, son épidémiologie, son évolution. Rien si ce n’est qu’elle existe aux yeux de l’Organisation mondiale de la santé. Et que les personnes qui estiment en souffrir en souffrent. C’est un cas bien connu d’impasse thérapeutique que les espositions médiatiques potentialisent. Et tous les Grenelle des ondes n’y changeront rien.

Equation sanitaire et politique plus exemplaire, caricaturale. Celles et ceux qui luttent contre les extensions des espaces wifi sont les Sisyphe de notre temps chaque jour un peu plus hyper-connecté. Comment, raisonnablement, croire que l’on coupera la tête des quatre G ? Comment vaincre les Opérateurs ? Il suffit de regarder la souffrance d’un jeune sans écran tactile pour comprendre que cela sera bien difficile. L’affaire n’est pas nouvelle et semble amplifier à chaque nouvelle tentative de conciliation, comme on l’a vu avec le dernier avis de l’Anses sur le sujet (mémoire-blog).

Le Pr Didier Sicard et la psyché

Les jeunes, voilà donc le nouveau terrain d’élection des élus Verts. Les très jeunes, les tout-petits. Ceux qui vont non plus à l’école maternelle mais – miracle de la novlangue française à la première école (1).  Et voici que ressurgit le principe de précaution utilisé sans aucune définition. En substance les Verts font savoir que des signes sont là que qu’il faut les prendre en compte. Interrogé au débotté sur cette question il y a quelques minutes (France Culture/La Grande Table) le Pr Didier Sicard fut bien en peine. Celui qui fut interniste (hôpital Cochin, Paris) avant de devenir président  du Comité d’éthique louvoya quelques instants entre les siècles la médecine et les ondes. On comprit dans le studio qu’il voulait signifier que cette hypersensibilité  était, tout bien pesé, une maladie de la psyché. Ce qu’elle est sans doute. Mais qu’est-ce  que la psyché à l’heure prochaine de la deux fois deux font quatre  G ?

Et puis, pour celles et ceux qui s’intéressent aux possibles impacts des nouvelles techniques sur la psyché et l’intellect , une proposition de lecture qui ouvre les yeux et les oreilles :  la dernière livraison de la revue Esprit (janvier 2014) intitulée « Inattention: danger! » (Les troubles de l’attention, un mal contemporain, Les nouvelles technologies empêchent-elles de penser ?, Reconstruire l’attention à l’école).

(A demain)

(1) « Changer le nom en ‘’petite école’’ ou ‘’ première école’’, c’est neutraliser d’une certaine manière la charge affective maternante du mot ‘’maternelle’’ » Sandrine Mazetier, député PS le 1er février 2013). Il s’agit ici d’un extrait de « Parlez-vous la novlangue socialiste ? », article jubilatoire  signé Stéphane Kovacs et Etienne de Montety paru dans Le Figaro daté du 22 janvier 2014). En l’espèce Mme  Mazetier a effectué l’ensemble de sa scolarité dans le 12ème arrondissement de Paris. Après une hypokhâgne et une khâgne et une licence de lettres classiques, elle poursuit des études en marketing publicité.