Mais qui est Anne Beinier, conseillère «tabac et addictions» de la ministre de la Santé ?

Bonjour

Foudre de Jupiter ou pas, l’épais mystère des cabinets ministériels demeure. Aujourd’hui ils ne doivent pas (officiellement) dépasser dix conseillers. Et les notes de frais pourraient bientôt être plafonnées. « D’où surcharge de travail et de domaines à couvrir par des conseillers, certes jeunes pour la plupart, mais qui doivent avoir la santé, observe le site des buralistes français. À la Santé, justement, où la même personne cumule, au cabinet d’Agnès Buzyn, les responsabilités de conseillère parlementaire, conseillère diplomatique et chargée du lourd dossier des addictions … dont le tabac ».

Ce bourreau de travail est une jeune femme : Anne Beinier qui, poursuit le site, a occupé, auparavant, divers postes de collaboratrices auprès de parlementaires centristes et socialistes. Et les buralistes de se féliciter que Mme Beinier ait déjà pu rencontrer leurs responsables nationaux « afin de prendre connaissance de leurs arguments contre le paquet à 10 euros, pour une vraie politique de prévention ainsi qu’un grand plan de lutte contre le marché parallèle du tabac ». Quand Mme Beinier a-t-elle programmé ses rencontres avec les vapoteurs ? Avec les anti-tabac historiques ? Avec les addictologues ? Avec Bercy ?

Addictions, outre-mer, désertification, santé visuelle

Mais qui est donc Anne Beinier, en charge de mille et un dossiers dont celui qui constitue l’un des principaux sujets sanitaires du pays ? Donnant un aperçu de ses compétences (autisme, essais cliniques, intelligence…) Mme Beinier définit ainsi le champ de son action :

« Conseils stratégiques et techniques auprès de Mme la Ministre des Solidarités et de la Santé. En charge notamment de la candidature française pour accueillir l’Agence européenne des médicaments (EMA) ainsi que des relations diplomatiques et parlementaires, des addictions, de l’outre-mer (en lien avec Yann Bubien), du medico-social (en lien avec Aude Muscatelli) de la désertification médicale et de la santé visuelle (en lien avec Jacques-Olivier Dauberton). Je mène aussi une activité d’études et de publications institutionnelles, professionnelles et de recherches dans différents domaines. »

Mme Beinier fut (durant six ans et cinq mois) conseillère parlementaire à la commission des Affaires sociales du Sénat (discours, propositions de loi, questions orales, écrites, amendements, articles et interventions. Management de l’équipe parlementaire, groupe de travail (santé publique, sécurité civile…). Relation avec les élus, cabinets ministériels, lobbying, associations, fédérations, entreprises…).

Au plus fort de l’affaire dite du « PenelopeGate », alors collaboratrice parlementaire du sénateur centriste Olivier Cigolotti, elle n’avait pas craint de s’exprimer au micro de Sénat 360 pour dire la réalité de son métier à Laure-Anne Elkabbach.

Petites mains de la politique

Mme Beinier fut aussi attachée temporaire d’enseignement et de recherche (Université de Caen Normandie) et chargée de mission au Secrétariat d’Etat à la défense et aux anciens combattants (rédaction des discours ; rédaction d’articles pour la revue « Chemins de Mémoire »), assistante auprès du chef de cabinet du Directeur du Personnel de la Marine, le Vice-amiral d’escadre Olivier Lajous. Elle fut encore expert auprès de l’AERES (autorité administrative indépendante chargée de l’évaluation des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, des organismes de recherche, des unités de recherche, des formations et diplômes d’enseignement supérieur, ainsi que de la validation des procédures d’évaluation de leurs personnels). Ainsi qu’ATER auprès de l’Université du Pacifique – Nouvelle Calédonie. Et présidente de la Conférence nationale des Etudiants Vice-Présidents d’Université.

« On est un peu les petites mains de la politique, résumait-elle dans un papier de Paris-Match s’intéressant, en février dernier,  à la réalité des assistantes parlementaires (…) C’est très féminin, explique-t-elle : nous sommes 61% de femmes. Il y a beaucoup de mi-temps, avec des collaboratrices qui se partagent entre leur travail et leur vie familiale. Si certains sortent tout droit de Sciences Po ou d’un IEP, beaucoup ont une formation en lettres, en droit ou en sciences humaines. D’autres ont déjà exercé un travail auparavant et ont choisi de se réorienter. J’ai des collègues qui étaient comptables, d’autres urbanistes. Moi, j’étais professeur d’université (…) On est dans l’ombre, et il faut l’accepter. »

Accepter l’ombre, ne jamais parler, c’est, aussi, un métier.

A demain

Bioéthique : les couples lesbiens français autorisés à procréer. Uniquement à l’étranger

Bonjour

Elle ne cache pas sa joie, la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes. Lundi 4 juillet, Laurence Rossignol a confirmé la peu banale promesse faite par le président de la République. C’était sur Public Sénat et concernait la PMA (à partir de 14’).

On se souvient de cette promesse faite par François Hollande aux associations LGBT. Laurence Rossignol applaudit à l’annonce présidentielle : la prochaine abrogation d’une circulaire sanctionnant les gynécologues-obstétriciens français qui « orienteraient » leurs patientes vers des centres de PMA étrangers pour y bénéficier d’une insémination artificielle avec sperme de donneur, rémunéré ou pas.

Leçon faite aux journalistes

Mme Rossignol a, à cette occasion, faits quelques commentaires énergiques et idéologiquement rafraîchissants. La ministre a notamment fait la leçon aux journalistes expliquant que l’on ne pouvait pas, ici, parler de « PMA sans père ». Pour la ministre du gouvernement socialiste, seuls les extrémistes de la « Manif pour tous » et l’ensemble des « conservateurs » usent de cette formule qui ne devrait pas être utilisée sur les ondes de Public Sénat.

La ministre fait aussi une lecture personnelle de la loi de bioéthique. Elle estime qu’en France seule la GPA est effectivement et dans tous les cas interdite. Qu’en est-il de la PMA avec insémination artificielle avec sperme de donneur (IAD) ? Mme Rossignol reconnaît qu’elle est « ouverte aux couples hétérosexuels ». Mais Mme Rossignol est « favorable à ce qu’elle soit aussi ouverte aux couples homosexuels, aux couples de lesbiennes, aux couples de femmes qui peuvent se marier et construire une famille ». Et Mme Rossignol « sait très bien que cette ambition a été  freinée par la violence des réactionnaires et des conservateurs ».

Cette violence n’étant plus, le président de la République « n’a fait que dire ce que nous pensons les uns et les autres : il n’y a aucune raison de discriminer les couples homosexuels, les couples lesbiens par rapport aux couples hétérosexuels en leur refusant l’accès à une technologie qui est ouverte aux couples hétérosexuels ». « Bien entendu il a fait cette proposition  à la demande des associations, a ajouté la ministre. C’est une proposition qui est juste par ce qu’il n’y a aucune raison de compliquer la vie [des couples lesbiens]. Et moi je souhaite à titre personnel, mais comme de nombreux membres du gouvernement et comme une grande majorité de la gauche, que cette interdiction soit levée. »

Réactionnaires violents et code pénal

En réduisant l’affaire à une vie compliquée et à la violence des réactionnaires Laurence Rossignol n’ignore pas qu’elle use d’un argumentaire vicié. Elle feint d’ignorer les fondements de la loi de bioéthique (votée en son temps par la gauche) qui de manière explicite inscrit les actes de PMA dans le champ de la thérapeutique d’une pathologie : la stérilité d’un couple constitué d’un homme et d’une femme en âge de procréer. Une loi qui, de facto exclut de l’IAD (médicalement pratiquée et remboursée à 100%) les couples composés de femmes ainsi que les femmes seules.

 C’est dans ce cadre (et au vu du développement d’un véritable marché) qu’avait été prise la circulaire qui, depuis 2013, punit de cinq ans de prison et de 75 000 euros d’amende les médecins français qui « orientent » leurs clientes homosexuelles. Virginie Combe, vice-présidente de SOS Homophobie estime que cette disposition (jamais appliquée) aurait « conduit de nombreux praticiens à refuser de suivre des patientes, les mettant médicalement en danger ». Ce qui reste à démontrer.

La DGS fort inquiète

En promettant d’abroger cette circulaire François Hollande ruine les raisons qui avaient conduit son gouvernement à prendre cette mesure. Il convient en effet de rappeler que la Direction Générale de la Santé (DGS) avait dans un courrier (révélé le 5 février 2013 par Le Parisien) adressé à l’Ordre des médecins – et transmis le 14 janvier aux responsables départementaux – que les gynécologues risquaient 75 000 euros d’amende et cinq ans de prison s’ils donnaient à leurs patientes des informations sur des cliniques étrangères dont les pratiques de PMA ne sont pas conformes à la législation française. Plus encore que de l’IAD, il s’agissait de dons d’ovocytes rémunérés à l’étranger – et ce sur la base d’une disposition du code pénal (511-9):

« Le fait d’obtenir des gamètes contre un paiement, quelle qu’en soit la forme, à l’exception du paiement des prestations assurées par les établissements effectuant la préparation et la conservation de ces gamètes, est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.

Est puni des mêmes peines le fait d’apporter son entremise pour favoriser l’obtention de gamètes contre un paiement, quelle qu’en soit la forme, ou de remettre à des tiers, à titre onéreux des gamètes provenant de dons. »

La DGS s’alarmait alors d’un démarchage « de plus en plus offensif » des établissements étrangers (avec de possibles cas de dichotomie). Les autorités sanitaires s’inquiétaient de dérapages lourds de conséquences pour la santé des femmes et des bébés. C’était l’Agence de biomédecine, informée par des professionnels, qui avait alors alerté le ministère de Marisol Touraine.

Même causes, mêmes effets ? La fin de la menace qui pesait sur les médecins conduira-t-elle à une reprise des activités hier tenues pour à risque – ou contraires à la loi et à l’éthique ? Quelle sera la réponse des « réactionnaires » et des « conservateurs » ?

A demain

Attentats de Paris : la métamorphose médiatique du Pr Philippe Juvin, patron des urgentistes

Bonjour

Le patron. Parmi les blouses blanches on ne voit que lui, ou presque : le Pr Philippe Juvin chef de service des urgences de l’Hôpital européen Georges-Pompidou et député européen (LR). Sur toutes les chaînes et dans les éditions spéciales des journaux papiers. On le voit aussi, on l’entend, sur Public Sénat : « On empêche les gens de mourir », le témoignage bouleversant de Philippe Juvin » .

Le Journal du Dimanche ou Libération ouvrent également leurs colonnes au Pr Juvin:

« Il est 23 heures, vendredi, quand le professeur Philippe Juvin, chef du service des urgences de Pompidou, est prévenu. Il dîne dans un restaurant du Quartier latin, comme tous les vendredis soirs. «Voyant l’ampleur des attentats, en route vers mon hôpital, je me sers de Twitter pour demander à tous les médecins disponibles du XVe arrondissement de venir nous aider. Et quand j’arrive, c’est incroyable, il y a tout ce qu’il faut. Des médecins du quartier, mais aussi 17 anesthésistes réanimateurs qui sont là. Et on a pu travailler.» (…) Il est alors autour de 2 heures du matin, et la plupart viennent du Bataclan. «Je n’ai jamais vu cela, j’ai fait de la médecine de guerre, raconte Philippe Juvin. Là, d’un coup, arrivent des dizaines – peut-être 60 – blessés par balles.»

Un psychiatre, en permanence

La règle, dans ce type de situation, est claire : ne pas attendre, décider tout de suite devant chaque blessé. Faire le tri, éviter les examens inutiles, identifier ceux sur lesquels il faut intervenir au plus vite. Certains ont déjà des garrots posés. Un psychiatre est là à Pompidou, de permanence ; il reçoit les proches et les témoins de gens qui sont morts à leurs côtés. (…) «C’est tout l’hôpital qui était là, mobilisé. On n’avait aucun problème pour avoir des lits, alors que d’ordinaire, c’est impossible, note Philippe Juvin. Là, la directrice, Mme Costa, s’en occupait directement.»

(….) A l’hôpital Pompidou, il n’y a pas eu de décès. «C’est là qu’on voit combien l’hôpital sait s’adapter», lâche le professeur Juvin, impressionné par le fait que«tout a pu être digéré si vite». «Des dizaines de blessés d’un coup, vous vous rendez compte, et on a pu tous les prendre en charge au top, insiste-t-il. Le personnel a été incroyable, et dès 6 heures du matin, on a pu renvoyer des gens chez eux.»

Le professeur Juvin est allé dormir une heure, puis il est revenu. Il montre la fenêtre de son bureau, qui donne sur le vaste hall de son établissement. «Regardez la queue qui s’est formée sur près de 100 mètres. Des personnes qui viennent pour donner leur sang. » »

 Avec un peu de mémoire

Un chef de service qui reconnaît que parfois, l’hôpital « sait s’adapter »… un patron qui salue ses confrères … un urgentiste qui s’étonne  de l’existence persistance d’une solidarité médicale… Avec un peu de mémoire médiatique on conclurait à la métamorphose.

Voici comment, en février 2012, Libération (comme de nombreux titres) parlait du Pr Juvin :  « Un chef trop politique pour l’hôpital Pompidou »:

« Aujourd’hui à Paris, ce n’est plus la grippe, mais la nomination du professeur Philippe Juvin aux services des urgences de l’hôpital européen Georges-Pompidou qui provoque une poussée de fièvre. Hier, une lettre ouverte a été adressée à la directrice générale des hôpitaux de Paris [Martin Hirsch n’était pas encore nommé] (…) Les propos sont violents : «Il ne vous a pas échappé que la nomination de Philippe Juvin à la tête du service d’accueil des urgences de l’hôpital européen Georges-Pompidou créait ce qu’il faut bien appeler un scandale dans l’institution que vous dirigez. Nous vous demandons que cesse cette situation… Monsieur Philippe Juvin exerce des mandats électifs, sans aucun rapport avec ses activités professionnelles de professeur des universités-praticien des hôpitaux.» Et les signataires de demander une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales.

Les urgences de Georges-Pompidou sont certes importantes (51 000 patients par an, près de 140 par jour), mais depuis sa création, ce service marche mal, avec des dysfonctionnements récurrents, alors que l’hôpital est supposé être le plus moderne de France. «Depuis des années, on dénonce les conditions inadmissibles de prise en charge des patients», ont raconté à Libération, à plusieurs reprises, les deux représentants des usagers au conseil d’administration de Pompidou. L’ancien chef de service étant critiqué pour son manque de capacité organisationnelle. (…)

Cumul des tâches

  «J’ai été nommé après un long processus de deux ans», rétorque, de son côté, le nouveau promu, le professeur Philippe Juvin«A l’hôpital Beaujon dont je viens, tout le monde reconnaît que le service marchait bien. Là, je me suis engagé à réduire les temps d’attente pour les patients aux urgences, et à améliorer la qualité. J’ai une feuille de route très claire. Et je ferai un bilan dans un an, dit-il, avant de concéder : Mais c’est exact, je mène à côté mes activités d’élu et de responsable politique. Mais je ne suis pas le seul dans ce cas. Chez les professeurs, c’est répandu. Reste que moi, je n’ai pas de gros secteur privé comme certains de ceux qui me dénoncent dans cet appel.»

Sur le papier, il y a, il est vrai, quelque chose d’étonnant dans le cumul de tâches de Philippe Juvin. S’il est reconnu comme un bon professionnel, l’urgentiste est également député européen, maire de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine), et responsable des questions de santé à l’UMP [‘’Les Républicains’’ n’était pas né]. Bref, un emploi du temps bien chargé. «Il faut savoir s’organiser», répète-t-il. »

C’était en février 2012. Qui pouvait alors imaginer ce à quoi seraient, une nuit de novembre 2015, confrontés les urgences et les blocs des grands hôpitaux de Paris ?

 A demain

Paquet de cigarettes: son prix va-t-il augmenter? Violente polémique chez les ministres.

Bonjour

Ce matin c’est RMC qu’il fallait écouter. Invité : Christian Eckert secrétaire d’Etat chargé du Budget. On y a parlé diesel et tabac ; deux produits taxés et beaucoup plus proches qu’on le croit.  Deux cancérogènes essentiels à l’équilibre des comptes de l’Etat. Deux sujets, éminemment politiques, de santé publique.

Après avoir évoqué longuement la possibilité d’abaisser la fiscalité de l’essence tout en relevant celle du diesel, Christian Eckert a indiqué que « l’hypothèse d’une nouvelle augmentation du prix du paquet de cigarettes fait elle aussi l’objet de discussions assez vives au sein du gouvernement ». Le secrétaire d’Etat n’a pas dit de quel côté il était. Et il n’a rien confié (à l’antenne) des positions défendues par ses principaux collègues. Il a encore mois parlé des lobbies présents dans les couloirs des ministères. On attend désormais les confidences de Marisol Touraine et/ou d’Emmanuel Macron.

Les efforts des buralistes

Reconnaissant que le prix des produits du tabac n’avait pas augmenté depuis longtemps, M. Eckert a prudemment déclaré : « on a demandé aussi à l’industrie du tabac de faire des efforts, on a demandé aux buralistes de faire des efforts, il y a des campagnes de prévention, il y a d’autres moyens aussi qui sont utilisés pour lutter contre le tabagisme ». « Ce n’est pas la fiscalité seule qui fait changer les comportements », a-t-il ajouté. Certes – sauf, précisément pour ce qui est de la consommation de tabac.

Interrogé sur la possibilité d’abaisser la fiscalité de l’essence tout en relevant celle du diesel, M. Eckert a répondu: « C’est un sujet qui est à l’étude, comme d’autres dispositifs fiscaux. A titre personnel, je suis pour un rapprochement progressif  de la fiscalité sur ces deux types de carburants, aujourd’hui favorable au gazole qui alimente les véhicules diesel. Il y a des mutations qui doivent prendre un certain temps si on ne veut pas bouleverser les conditions économiques, notamment de l’industrie automobile. »

Deux cancérogènes

Le gazole, classé « cancérogène certain » par l’Organisation mondiale de la santé représente plus de 80% des carburants vendus en France, mais depuis le début de l’année, les voitures particulières à moteur diesel, ont chuté sous les 60% de part de marché des voitures neuves en France. On sait ce qu’il en est du tabac (80 000 morts prématurées par an).

La polémique sur le gazole est aujourd’hui relancée par le scandale des « moteurs truqués » du géant allemand Volkswagen. On a même entendu Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’EELV demander « une interdiction du diesel dans l’ensemble du pays d’ici 2025 ». Mme Cosse n’a rien dit sur le tabac. Il est vrai que EELV a encore des problèmes de hiérarchisation des priorités sanitaires, s’intéressant plus au bisphénol A qu’à la cigarette électronique et aux dégâts du tabagisme.

David Pujadas ou pas

Ainsi donc « l’hypothèse d’une nouvelle augmentation du prix du paquet de cigarettes fait elle aussi « l’objet de discussions assez vives au sein du gouvernement » ».  M. Eckert nous en dit trop ou pas assez. Dans une démocratie ouverte, transparente, moderne le citoyen saurait tout des positions défendues par les ministres concernés et de leurs arguments. Il assisterait, via ses applications LCP et/ou Public Sénat, aux débats gouvernementaux –puis in fine aux arbitrages du Premier ministre.

Cette démocratie reste, en France, à inventer. Pour l’heure, David Pujadas ou pas, le téléspectateur français s’endort, comme hier, devant « Des paroles et des actes ».

A demain

Jean Germain, ancien maire de Tours s’est suicidé le jour de son procès. Son avocat évoque l’affaire Salengro

Bonjour

7 avril 2015. Une nouvelle porte s’est ouverte sur l’abîme du suicide

Sénateur d’Indre-et-Loire Jean Germain, 67 ans, ancien maire de Tours (Indre-et-Loire), vient d’être retrouvé sans vie, à Tours, près de son domicile. Le sénateur devait comparaître au tribunal correctionnel dans l’affaire » des mariages chinois ». Il était absent à l’ouverture de l’audience qui est, du coup, suspendue. Son avocat Me Tricaud  avait alors expliqué qu’il était « très mal psychologiquement » ce week-end. Les informations ont alors commencé à circuler concernant une « lettre d’adieu » qu’il aurait laissée.

Voici, à cette heure, ce qu’on peut lire sur Public-Sénat : « Dans cette lettre, lue à la presse par l’avocat, M. Germain écrit notamment :  ‘’Je sais le mal que je vais faire, la peine que je vais diffuser à ceux qui m’aiment mais on ne peut laisser la chasse systématique aux politiques se dérouler normalement, quotidiennement’’. Selon Me Tricaud, le sénateur a laissé cette lettre dans son véhicule.

« Je suis bouleversé. Des accusations infâmes ont été lancées contre M. Germain. Ce matin, il a disparu en laissant une lettre d’adieu (…), j’espère qu’on va le retrouver vivant, avait déclaré M. Tricaud à la presse en sortant de la salle d’audience. Je l’ai vu la dernière fois la semaine dernière, il disait que personne dans sa famille n’avait jamais été sur le banc des accusés (…) Il le vivait comme un déshonneur. » Extraits, lus par l’avocat:

« Des indications me laissent penser que, alors que les faits n’ont pas eu lieu, le ministère public va requérir à mon encontre pour des raisons plutôt politiques. C’est insupportable. Autant, je peux reconnaître des erreurs, des manques de discernement. Autant, il m’est impossible d’accepter sans broncher cette forfaiture, rendue possible par les mensonges de Madame Han et de Monsieur Lemarchand. Leur conscience les poursuivra.

Je sais le mal que je vais faire, la peine que je vais diffuser à ceux qui m’aiment. Mais on ne peut laisser la chasse systématique aux politiques se dérouler normalement quotidiennement. Il est des êtres, j’en suis sûr, pour lesquels l’injustice et le déshonneur sont insupportables. Soyez sûrs que je n’ai jamais détourné un centime, que je ne me suis pas enrichi, que j’ai toujours œuvré pour ce que je pensais être le bonheur des Tourangeaux. Je laisse ce courrier à mes proches qui, je l’espère, pourront comme ça comprendre ».

Devant la cour, Me Tricaud est allé jusqu’à comparer son client à Roger Salengro, le ministre de l’Intérieur du Front populaire qui s’était suicidé en 1936 à la suite d’une campagne de calomnies l’accusant de désertion pendant la Première Guerre mondiale. Ancienne membre du cabinet du maire de Tours, Lise Han, est mise en examen pour escroquerie dans l’affaire des mariages chinois. La justice la soupçonne d’avoir été la gérante de fait de la société qui organisait ces mariages en Touraine.

Que dire de plus ? Le suicide… les affaires… la presse…

Nous croisions régulièrement Jean Germain dans les rues de la ville dont il fut longtemps maire. Plaisanteries politiques… réflexions diverses… confidences sur Bourgueil où il était né, comme Jean Carmet … Bourgueil… ses vins…, son ail violet… Bourgueil et sa foire du mardi de Pâques… aujourd’hui même… Jean Germain que nous nous amusions à comparer à Louis XI, roi jadis déguisé  dans les rues de la même ville…

L’avant-dernière fois nous l’avions croisé place Rabelais, un dimanche, jour de marché. C’était juste avant les élections départementales. Il était là, souriant, devant la façade de l’école républicaine ouverte depuis 1891, plaidant pour la cause des candidats socialistes. Il avait envie de parler, de politique… de médecine…du projet de loi santé… de Marisol Touraine, ancienne élue du département… de la date de l’arrivée, au Sénat, de la loi fin de vie Claeys-Leonetti… Et encore de rugby… de ce qui arrivait quand  les entraîneurs n’étaient pas à la hauteur…

Nous parlions quand une femme, handicapée, vint le remercier pour ce qu’il avait fait pour elle quand il était maire et patron de l’Université François-Rabelais. « Sans vous disait-elle, je n’en serais pas là…. Et grâce à vous ma fille a pu faire journaliste… » Il remercia cette femme. Puis, se tournant vers nous, regard malicieux, nous confia : « Vous voyez, l’élu aussi peut avoir une fonction thérapeutique … ». Midi sonnait. Il nous invita, avec son groupe, à aller prendre un verre au café de la place. C’était la première fois. Nous avons décliné. Pourquoi ?

La place Rabelais est une bien jolie place de la ville de Tours. On peut y arriver, à partir de la mairie, en descendant l’avenue de Grammont. Prendre ensuite une rue sur votre droite, longez le jardin des Prébendes d’Oé, sautez au dessus du ruisseau de l’Archevêché ; vous  êtes chez François Rabelais. Pardon ? Le nom de la rue à prendre, en sortant de la mairie, sur votre droite ? Tous les Tourangeaux la connaissent. C’est une rue blanche et majestueuse, une rue bourgeoise, une rue presque trop large pour être honnête, une avenue vers l’abîme : c’est la rue Roger-Salengro.

A demain

GPA: la petite musique schizophrénique de Jacques Toubon (Défenseur des droits)

Bonjour

Jacques Toubon, 73 ans, ancien ministre de la Justice (1995-1997) de Jacques Chirac n’est pas un socialiste. C’est pourtant lui que François Hollande vient de choisir pour exercer la fonction, prestigieuse, de Défenseurs des droits. Ce choix a suscité l’ire des militants socialistes allergiques à tout compromis républicain. Avaient-ils tort ?

Jacques Toubon vient (dans un entretien accordé à la chaîne Public Sénat) de déclarer qu’il était pour « donner une identité en France aux enfants » nés par mères porteuses à l’étranger. C’est, tout simplement, désavouer le chef du gouvernement. On peut le voir et l’entendre parler ici (à la première personne du pluriel).

Raison garder

« Il faut être très raisonnable. Nous, le Défenseur des droits, nous essayons de sortir d’une espèce de débat idéologique qui oppose un camp avec l’autre.  Par exemple, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a dit qu’il était conforme à la convention internationale des droits de l’enfant de donner une identité aux enfants. Nous pensons, nous le Défenseur des droits, qu’il faut effectivement mettre en application en France, et c’est la responsabilité du gouvernement, la transcription à l’état civil, c’est-à-dire donner une identité en France à ces enfants. » Ce en quoi Jacques Toubon se trompe (1)

« Sortir d’une espèce de débat idéologique » ? La formule peut faire sourire. Résumons : le Défenseur des droits ordonne au gouvernement de faire ce que le Premier ministre a dit qu’il ne ferait pas.

GPA condamnée

On se souvient peut-être qu’il y a quelques jours (dans un entretien accordé il ya quelques jours au quotidien chrétien La Croix) Manuel Valls avait affirmé que « le gouvernement exclu(ait) totalement d’autoriser la transcription automatique des actes étrangers, car cela équivaudrait à accepter et normaliser la GPA ». Il avait rappelé que « la GPA est et sera interdite en France ».

C’était là une déclaration forte en réponse à la condamnation de la France par la CEDH – une déclaration qui fit hurler celles et ceux pour qui la pratique des mères porteuses doit être autorisée en France.  Mais c’était aussi une déclaration qui surprit les juristes : le gouvernement de Manuel Valls avait choisi de ne pas faire appel de la décision de la CEDH durant les trois mois durant lesquels il aurait pu le faire.

Hostilité

La schizophrénie n’est pas une pathologie spécifique de la gauche. Le 9 juillet dernier, au Sénat, l’ancien Garde des Sceaux déclarait : « Je suis hostile à la GPA parce que hostile à la chosification du corps humain ». Aujourd’hui sur Public Sénat il  rappelle sa position « personnelle » : « J’ai dit pour ma part que l’interdiction de la GPA me paraissait indispensable ».

En d’autres termes le Défenseur des droits intime au gouvernement de prendre une décision (la transcription automatique des actes d’état-civil étrangers pour les enfants nés par GPA) qui équivaut à normaliser une pratique qu’il condamne. Qui comprendra ?

Attentisme

Sur la procréation médicalement assistée, Jacques Toubon s’en remet, comme le gouvernement, au futur avis du Comité national d’éthique. « La PMA pour tous les couples, c’est un vaste débat. Le comité national d’éthique est saisi. Attendons son avis » affirme le défenseur des droits. Jacques Toubon entend placer l’évolution du droit « dans une stricte perspective juridique et ne pas se laisser aller aux invectives idéologiques ».

Sur la question de l’ouverture de la PMA, Jacques Toubon botte en touche. Il dit préférer (comme Manuel Valls) attendre l’avis du Comité consultatif national d’éthique. Or on sait que le CCNE n’a jamais varié sur le sujet : la PMA doit (comme le dispose la loi française depuis vingt ans) rester une thérapeutique des stérilités pathologiques et non de celles, homosexuelles et donc biologiques. On sait que sur ce sujet les têtes pensantes des familles de gauche (et parfois aussi celles de droite) sont prêtes à en venir aux mains.

A demain

(1) Les enfants nés par GPA en dehors de France ne sont pas véritablement « sans identité ». Ils ont des passeports du pays dans lequel ils sont nés et ont une filiation établie dans ce même pays.

Fin de vie en France (Acte II, scène 1)

Publication du rapport de la « mission Sicard ». Nouvelle saisine du Comité d’éthique. Nouvelle loi à l’horizon.   La médicalisation de la fin de la vie embarrasse l’opinion, le médecin et le politique. Le médiatique, lui, attend frémissant la solution de la radicalisation: l’euthanasie. A l’horizon d’une vie c’est une tragédie sans fin pour un sujet  bien concret de santé et d’éthique publique.

Le scoop de La Croix  était donc bel et bien sans faille. Et cette publication anticipée n’a fort heureusement rien changé à l’ordonnancement des évènements. Le Pr Didier Sicard a bien remis à l’heure matinale dite le fruit des travaux de sa mission au président de la République. Une conférence de presse s’est bien tenue, en tout début d’après-midi relayée avec justesse par l’Agence France Presse. A l’heure vespérale traditionnelle  Le Monde a publié l’essentiel des informations qui ont ensuite été déclinées sur différents canaux de presse et complétées par les réactions attendues. Mécanique médiatique parfaitement huilée dans un espace pleinement démocratique. Et pourtant.

Et pourtant, curieusement, un sentiment non pas de déjà vu mais de relative impuissance collective à dire la vérité ou plus précisément à l’entendre. Une véritable impuissance à agir collectivement et concrètement par voie médicale ou législative. Avec cette question corollaire : y a-t-il une fatalité française à ne pas parvenir à traiter de la question de la médicalisation de la fin de vie ? Ou cette autre question : ce spectacle médiatique récurrent n’est-il pas la manière, française, de tenter de s’approprier collectivement un sujet par trop douloureux ? Avec le temps bien des éléments le laissent penser. Et de ce point de vue l’excitation journalistique à vouloir forcer la main aux interlocuteurs mesurés n’est peut-être pas sans vertu : elle contraint ces derniers à faire un peu plus et un peu mieux œuvre de pédagogie.

Résumons l’essentiel de cette journée qui, à peine finie nous renvoie à d’autres. Le spectacle a continué les événements  n’étant, nous le savons tous, que de façade. Quelques heures à peine après la remise du rapport à François Hollande le palais de l’Elysée faisait savoir qu’un projet de loi serait présenté au Parlement dès juin. Deux éléments de langage : « tenir un discours de vérité afin de respecter la dignité et l’autonomie face à certaines zones d’ombre que laisse persister la loi Leonetti » et redonner à « chaque personne sa place entière» lorsqu’elle vit ses derniers moments. Respecter la dignité. Qui ne voit qu’il s’agit là de faire écho au droit à mourir dans la dignité qui fait depuis trente ans controverse en France ?

Nouveau sas à visée pédagogique dans le respect du jeu des institutions : le chef de l’État a décidé de saisir le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) pour qu’il se prononce sur « trois pistes d’évolution de la législation ouvertes par le rapport ». Et dans la foulée un projet de loi présenté en juin prochain à l’Assemblée nationale.

Première piste : la réforme des directives anticipées. Ces directives doivent permettre aux citoyens  d’émettre leurs souhaits pour leur fin de vie. Le rapport Sicard suggère ici de « différencier nettement deux procédures » : un document de directive anticipée proposé par le médecin traitant à tout adulte qui le souhaite, quel que soit son état de santé ; un autre document concernant spécifiquement les traitements de fin de vie « en cas de maladie grave ». Ces directives seront-elle ou pas contraignantes pour le médecin ?

Deuxième piste : l’assistance au  suicide. Le chef de l’État demande  au CCNE « selon quelles modalités  et conditions strictes permettre à un malade conscient et autonome, atteint d’une maladie grave et incurable, d’être accompagné et assisté dans sa volonté de mettre lui-même un terme à sa vie ». L’entourage du président s’st employée durant la journée à faire savoir que « l’organisation sera du ressort de l’État » et n’empruntera donc rien au du modèle suisse (si mal connu ou mal compris en France) où l’assistance au suicide dépend d’associations, rémunérées au nombre des interventions

Troisième piste : la dignité.  « Comment rendre plus dignes les derniers moments d’un patient dont les traitements ont été interrompus à la suite d’une décision prise à la demande de la personne ou de sa famille ou par les soignants ? » Le rapport Sicard estime que lorsque la personne en fin de vie « demande expressément à interrompre tout traitement susceptible de prolonger sa vie (…), il serait cruel de la “laisser mourir” ou de la “laisser vivre” sans lui apporter la possibilité d’un geste accompli par le médecin, accélérant la survenue de la mort ». Hier, Didier Sicard a insisté sur le fait que la sédation en phase terminale n’était « pas une euthanasie » ; ce qui a aussitôt conduit certains à l’accusation d’hypocrisie.  Des simulations s’imposent. Ou des questions d’internat mises en scène dans les séries médicales américaines

Ce d’autant qu’une nouvelle fois le constat est dressé de l’absence de formation spécifique des médecins, du développement encore insuffisant de la prise en charge palliative des malades en fin de vie, y compris à domicile, de la séparation excessive des approches curatives et palliatives dans les parcours de soins. Soit, sept ans après la promulgation de la loi Leonetti. Des zones d’ombre sont  à l’origine de situations de tensions fortes entre le monde du soin, le patient et la famille, souligne-t-on à l’Elysée où l’on souligne que pour pallier ces failles, des mesures vont être proposées par la ministre de la Santé et la ministre de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur avant la fin du mois de mai 2013.

Jean Leonetti  a reconnu à cette occasion que sa loi n’avait pas encore suffisamment « imprégné le corps médical ». « Les médecins sont encore beaucoup plus formés à guérir et à sauver qu’à soulager et à accompagner », a-t-il déclaré  sur Europe 1. Un nouvel abcès apparaît. Pour Jean Leonneti  l’option du « suicide assisté » pourrait être une solution « moins pire » que l’euthanasie dans la mesure où elle privilégie la décision individuelle ». Sur la même station radiophonique périphérique Marie Humbert (célèbre pour avoir aidé son fils tétraplégique Vincent à mourir en 2003) a exprimé sa déception  jugeant « un petit peu stupide » la piste du suicide assisté.

Avec cette difficulté consubstantielle à la démarche oecuménique du Pr Didier Sicard: il rejette clairement l’idée d’inscrire l’euthanasie ou le suicide assisté dans la loi française, tout en recommandant dans certains cas la possibilité d’accorder un geste médical « accélérant la survenue de la mort ». Comment comprendre ? Et y aura-t-il, demain, une différence entre le suicide assisté et le suicide médicalement assisté ? Un sujet  mortifère en écho avec la nouvelle problématique de la procréation pour tous qui embarrasse de plus en plus et l’hôtel Matignon et le Palais de l’Elysée.

Pour sa part Marisol Touraine, ministre de la Santé et des Affaires sociales s’est exprimée sur Public Sénat en partenariat avec l’AFP. Elle voit, sans surprise,  dans l’initiative de l’Elysée  « un pas très important, une brèche, en tout cas un pas en avant ». On verra sa position complète ici. Sans surprise encore l’association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) a critiqué le rapport et appelé à un débat parlementaire pour légaliser l’euthanasie et le suicide assisté. Enfin la société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) a salué le rapport Sicard  « non partisan » tandis que l’association pro-vie Alliance Vita, opposée à l’euthanasie, s’est déclarée « inquiète » tout en se félicitant que le rapport Sicard se soit prononcé « clairement contre la légalisation de l’injection létale ».

Dans l’attente de la suite de l’instruction de ce dossier une question : ne sommes nous pas dans une phase du débat et de la controverse revenu au stade  (c’était en janvier 2000) de la publication très controversé d’un avis du Comité national d’éthique, (institution que le Pr Sicard présidait alors)  présidait alors.

Cet avis préconisait, avec des précautions infinies mais alors mal comprises, une transcription dans la loi d’une «exception d’euthanasie». Cette dernière ne figure pas dans la loi Leonetti de 2005. L’ancien président du CCNE fait valoir au début de sa mission que les soins palliatifs n’étaient pas, en France, ce qu’ils sont aujourd’hui et que l’on ne saurait lui faire ici un faux procès. En toute hypothèse, l’avis de 2000 n’est nullement l’objectif de la mission qui lui a été confiée par François Hollande; qui, durant la campagne présidentielle comme depuis son élection, a pris grand soin de ne jamais prononcer le mot «euthanasie». Et qui ne l’utilise pas, non plus, dans sa lettre de mission. Pour autant le terme ressurgit à échéance dans une société française qui n’en veut majoritairement pas ; ce qui ne lui interdit pas d’en parler à l’envi.