L’étrange affaire de la couronne dentaire de Christophe Castaner, porte-parole du Président

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Présent sur tous les écrans Christophe Castaner, 51 ans, est un homme solide. Venu du Var profond, il est titulaire d’un DESS de « juriste d’affaires internationales » et d’un diplôme de sciences pénales et de criminologie. Puis il s’est enfui vers la politique.

Maire de Forcalquier, député socialiste des Alpes de Haute-Provence, porte-parole d’Emmanuel Macron pendant la campagne électorale jupitérienne il fut vite récompensé : le voici aujourd’hui secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement d’Édouard Philippe.

Solide l’homme politique n’est jamais totalement immunisé ; ni contre les lapsus ni contre les approximations qui font mal. Ainsi, hier, parlant du Premier ministre, ce superbe lapsus « polémique-politique » qu’il a lui-même attribué à sa fatigue et à son hypoglycémie. Ainsi, hier encore, sur RMC-BFM-Jean-Jacques Bourdin. Il s’agissait cette fois de dents et de gros sous. Soit une mise en parallèle de l’impact de la hausse de la CSG pour les retraités avec la baisse des coûts de l’audioprothèse et des soins dentaires. Et tout particulièrement de la « couronne dentaire ». Christophe Castaner :

« L’augmentation de la CSG de 1,7 % (…) touchera seulement les 20% des retraités les plus aisés et en parallèle, je peux vous dire que quand ils n’auront plus à payer les prothèses auditives, un certain nombre de soins dentaires, les couronnes qui coûtent 1 500 euros pour ne citer qu’un exemple, ils verront qu’ils auront fait beaucoup d’économies ».

Une couronne de sa connaissance

La couronne à 1 500 euros ! Réaction immédiate de la Confédération nationale des syndicats dentaires :

 « Mais quelle mouche a piqué le ministre ? Quel rapport entre la hausse de la CSG et les soins dentaires ? D’où sort-il ce chiffre de 1500 € alors que le prix moyen d’une couronne céramique est de 539 € et d’une couronne métallique de 321 € ? »

Aujourd’hui plus ou moins en grève les chirurgiens-dentistes se souviennent que Christophe Castaner a fait partie des députés qui ont voté la LFSS2017 et l’article 75 autorisant la ministre à user du Règlement Arbitral en cas d’échec des négociations conventionnelles. » Il a contribué ainsi à la situation délétère actuelle » ajoutent-ils, l’accusant d’avoir voté « sans savoir et sans mesurer les conséquences de ce vote ». Ils l’accusent aussi d’« attiser le feu ».

Souvenons-nous. Tout cela n’est pas sans rappeler le « petit rhume » du porte-parole du candidat Fillon. Revenons au texte. « Les couronnes qui coûtent 1 500 euros pour ne citer qu’un exemple » a déclaré Christophe Castaner à Jean-Jacques Bourdin. Il lui faudra revenir sur le sujet. Ne parlait-il que d’une seule couronne de sa connaissance ou du seul exemple des couronnes dans leur ensemble ? A-t-il, à 51 ans, confondu couronne et implant ? Or ne plaisante pas avec l’argent, les dents et la santé. Tourner sept fois sa langue. Porter la parole est un métier.

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Cannabis: Blanquer (Education nationale) dit non à Collomb (Intérieur). Silence de la Santé

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Côté cannabis Jean-Michel Blanquer n’est pas Vincent Peillon qui avait un instant prôné sa dépénalisation. Le nouveau ministre de l’Education nationale vient de le dire haut et fort, sur RTL :

« Bien entendu je n’y suis absolument pas favorable. Toutes les études montrent à quel point le cannabis est nuisible. Le cannabis fait du mal au cerveau. Le cannabis est mauvais pour l’être humain. C’est de plus en plus vrai car il est de plus en plus dur. Il ne faut absolument pas laisser courir l’idée que le cannabis peut être quelque chose qu’on doit tolérer dans notre société. C’est mauvais pour nos enfants et donc je serai fou en tant que ministre de l’Éducation de dire autre chose. »

On se souvient qu’il y a une semaine Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, avait annoncé la mise en place de contravention pour les auteurs de trafic de cannabis. Une initiative qui devrait se concrétiser à la rentrée. On précisera que pour l’Observatoire français des drogues et toxicomanies « la dépénalisation peut être définie comme le processus tendant à réduire l’application de sanctions pénales à l’égard d’un comportement déterminé, cette réduction pouvant aboutir à leur suppression pure et simple ». Dont acte.

Rentrer dans le rang

Dans Révolution (XO éditions) publié en novembre 2016 Emmanuel Macron écrivait au sujet du cannabis : « On pourrait tout à fait considérer que le régime des contraventions serait suffisant pour sanctionner ces comportements ».  Puis, il y a quelques jours Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, allait plus loin dans les explications :

« L’année dernière, 180.000 personnes ont été constatées en infraction d’usage et de stupéfiants. En moyenne c’est six heures de procédure pour le policier ou le gendarme, autant pour le magistrat chargé du dossier. In fine il y a eu 20.000 rappels à la loi ou injonctions thérapeutiques. Est-ce que le système est efficace ? Non.

« Emmanuel Macron candidat (…) avait annoncé qu’on voulait des mesures efficaces : la possibilité de donner une contravention d’une centaine d’euros, avec paiement le plus rapide possible, instantané dans certain cas. Et puis ensuite des mesures coercitives qui peuvent aller jusqu’à la prison si la personne ne paie pas ou ne rentre pas dans le rang.

« Ce qui compte aujourd’hui c’est d’être efficace, et surtout de désengager du temps de travail de nos policiers et de nos gendarmes pour qu’ils soient plus présents sur des affaires essentielles. Ce n’est pas de la dépénalisation, c’est de la contraventionnalisation. On reste dans du pénal. Emmanuel Macron n’a pas souhaité ouvrir ce débat-là car consommer des stupéfiants reste grave et dangereux pour la santé, en particulier pour les plus jeunes. »

Silence d’Agnès Buzyn

Des propos à rapprocher de ceux, sur France Culture du juriste Renaud Colson (maître de conférence à l’Université de Nantes) co-auteur avec Henri Bergeron, de l’ouvrage de référence « Les drogues face au droit (PUF)» :

 « L’annonce du ministre de l’Intérieur peut être soit une désescalade pénale symbolique, soit un tour de vis répressif. C’est seulement dans la mise en œuvre du projet que l’on en saura plus (…) On peut très bien imaginer une amende forfaitaire pour tous les individus qui se feraient attraper avec un joint ou deux sur eux. Dans ce cas on rentre dans une logique d’assouplissement réel, mais une logique qui ne change pas grand-chose au fond puisque ni sur la question des trafics ni sur celle des dangers sanitaires on ne fait bouger les lignes c’est toujours le marché noir qui détermine les approvisionnements et les modes de fonctionnement du marché en général. »

On observera à ce stade qu’Agnès Buzyn, ministre de la Santé (et des Solidarités) n’a toujours pas pris la parole. N’aurait-elle pas (encore) voix au chapitre ?

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Cannabis et post-vérité : passé l’été les usagers feront l’objet de simples contraventions

 

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Qui, hier, aurait parié que Gérard Collomb, bientôt soixante-dix ans, maire de Lyon depuis seize ans ouvrirait un jour la voie à la dépénalisation de la consommation de cannabis en France ? C’est pourtant bel et bien ce que vient de faire le nouveau ministre de l’Intérieur – et ce au micro de RMC-BFM-TV. En pratique des contraventions pour réprimer l’usage de drogue seront mises en place « dans les trois-quatre mois », a déclaré, mercredi 24 mai, cet indéfectible soutien d’Emmanuel Macron, président de la République.

Lors de la campagne présidentielle ce dernier avait fait part de son souhait d’instaurer une simple « contravention » pour l’usage et la détention de cannabis ; contravention en lieu et place d’une (éventuelle) peine de prison et d’un (hypothétique) passage devant un tribunal. « Nous lançons sans attendre les mesures de réflexion et de concertation sur le sujet pour une mise en œuvre d’ici à la fin de l’année », a précisé l’entourage du ministre de l’Intérieur.

Chronophagie

 Comme on pouvait s’y attendre le syndicat de policiers, l’UNSA, s’est aussitôt félicité de cette annonce. « Le ministre, en [faisant sienne] cette revendication syndicale de longue date, répond à une demande forte de simplification et d’allégement du travail, sans sacrifier à l’efficacité », a déclaré Philippe Capon, secrétaire général de l’UNSA-Police, dans un communiqué. Favorable à « une simplification des procédures pénales », le syndicat estime que « les procédures habituelles concernant les usagers se révélaient jusqu’à présent trop lourdes, au vu des sanctions pénales, et trop chronophages pour les services de police » et n’avaient de plus « jamais démontré la moindre efficacité en matière de lutte contre les trafics ».

 

Ainsi donc tout sera bientôt plus simple sur le front de l’addiction et des drogues illicites ? Rien n’est moins sûr. Le ministre de l’Intérieur souligne que l’« on voit de plus en plus qu’il y a une articulation très forte entre trafic de stupéfiants, trafics divers d’ailleurs et terrorisme ». Quel impact aura, en pratique, la mesure voulue par M. Macron et mise en œuvre par M. Collomb ? Quel sera le montant de l’amende ? Une évaluation est-elle prévue qui donnerait une indication de l’impact sur l’évolution de la consommation ? Sur l’évolution des trafics illicites ? Quel usage sera fait des sommes ainsi récoltées ? Incitera-t-on les forces de l’ordre à faire du chiffre ?

Pour l’heure l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies évalue à 700 000 le nombre de personnes qui, en France, consomment quotidiennement du cannabis.

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Le suicide d’une infirmière à son domicile a été reconnu comme « accident du travail »

 

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Les faits. Sans commentaires. Emmanuelle Lebrun, 44 ans, infirmière en néonatalogie et mère de deux enfants, avait mis fin à ses jours le 24 juin 2016 à son domicile. Elle travaillait alors au sein du Groupe hospitalier du Havre (GHH). Son suicide a été reconnu en « accident de service », après enquête administrative interne, viennent de faire savoir la direction et la CGT.

Emmanuelle Lebrun avait laissé une lettre expliquant qu’elle subissait un important stress professionnel et qu’elle avait « le sentiment d’avoir fait quelque chose de grave », a rappelé Agnès Goussin-Mauger, déléguée CGT. Ce syndicat et SUD avaient, via le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, demandé une enquête administrative. Celle-ci a été menée par une commission paritaire qui a classé le décès de l’infirmière en accident du travail.

Lien direct et unique

La direction du GHH a confirmé, dans un communiqué, « avoir suivi l’avis de la commission de réforme qui impute le suicide de Mme Emmanuelle Lebrun à un accident de service ». « Le travail de fond entrepris par la commission paritaire a permis de démontrer le lien direct et unique entre le suicide d’Emmanuelle et ses conditions de travail », a estimé la déléguée CGT.

Un communiqué syndical commun ajoute que « cette reconnaissance d’accident apporte une réponse au compagnon et aux enfants d’Emmanuelle, soulage les équipes et démontre que le risque psycho-social est bien réel à l’hôpital ». Afin de prévenir « un nouveau drame », les syndicats ont demandé l’intervention d’un prestataire extérieur « pour aider l’équipe à reconstruire son projet médico-soignant ». Selon MmeGoussin-Mauger, Emmanuelle Lebrun « avait toujours dit qu’elle redoutait de travailler en réanimation », ce qu’elle était contrainte de faire parfois pour les nécessités du service.

Pressions de la hiérarchie

Pendant son temps de travail en réanimation, un bébé a été proche de mourir. « Elle a cru, à tort, avoir commis une faute professionnelle et ne s’en est pas remise. » « Malheureusement, ce qu’elle n’a jamais su, c’est que la petite fille s’en est sortie, juste après son suicide », a raconté, émue, la déléguée CGT.

Dans la lettre qu’elle avait écrite avant de se suicider Emmanuelle Lebrun dénonçait la pression exercée depuis plusieurs mois par sa hiérarchie, afin de l’obliger à quitter le service néo-natalité pour le service de réanimation pédiatrique. Et ce dans le cadre d’une politique de polyvalence et de suppression de postes mise en place en janvier 2016.

« Elle partait toujours avec la boule au ventre, avec cette pression, tout le temps, avait déclaré son mari sur RMC. Toutes les filles, toutes les surveillantes, tout le monde savait, même les docteurs de services, qu’Emmanuelle ne voulait pas être en contact avec la réanimation, avec les soins intensifs. Pourtant, on lui a demandé de le faire. C’est à ce moment-là, je pense qu’elle s’est vue perdue, qu’elle s’est dit qu’elle n’y arriverait pas. Ça a été fatal pour elle. »

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Ethique et politique : les non-dits du futur Président à propos de la « PMA pour toutes »

 

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Déjà Président ? Désormais tous les mots seront pesés. Ceux à venir, ceux du passé. Il avait (avec quelques approximations) déjà dit sa volonté concernant la procréation médicalement assistée – tout en se protégeant derrière l’avis (à venir) du Comité national d’éthique – avis qui précédera la révision (prévue pour 2018) de la loi de bioéthique.

Peu avant le sacre annoncé il se confiait, sur le même sujet, à Marie Claire. « Toutes les configurations familiales ont droit à une égale considération » avait-il déjà fait savoir au début de cette année. Des propos alors en opposition apparente avec ceux qu’il avait tenus sur « l’humiliation » vécue par les opposants au « mariage pour tous » en 2013.  « Il est favorable à l’ouverture de la procréation médicalement assistée pour les femmes seules et les couples de femmes », avait alors confié son entourage au Figaro, confirmant une information d’iTélé.

Solidarité nationale

 Marie-Claire lui demande : « Etes-vous favorable à la PMA pour toutes ? ». Emmanuel Macron répond : « J’y suis favorable. Il n’y a pas de raisons éthiques ni politiques pour fermer la PMA ».  Pas un mot de plus. Pas un mot de moins.

Aucune raison éthique ? Aucune raison politique ? Vraiment ? Nous n’en saurons pas plus sur l’argumentaire qui sous-tend l’ouverture à laquelle le futur Président se dit favorable. Ni sur les innombrables difficultés qui surgiront au moment de la question, majeure, du financement par la solidarité nationale d’une pratique ouverte et qui, à ce titre, ne pourra plus être considérée comme une thérapeutique de la stérilité.

On sait qu’Emmanuel Macron sera, demain, opposé à Marine Le Pen. Cette dernière a refusé de répondre aux questions de Marie-Claire.

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Dépakine : Philippe Even, ou comment devenir en quelques heures un prophète de malheur

 

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Le pire est parfois le plus sûr. « De nouveaux soupçons pèsent sur la Dépakine » titrait, hier, Le Journal du Dimanche (Anne-Laure Barret). Où l’on découvre, une fois encore, Philippe Even « coauteur d’un best-seller iconoclaste sur les médicaments ». Aujourd’hui il « porte à nouveau l’estocade contre les autorités de santé ». Aujourd’hui il « porte à nouveau l’estocade contre les autorités de santé ».

A dire vrai Philippe Even s’était déjà exprimé sur le sujet de manière « terrifiante ».  C’était une exclusivité réservée, le 5 janvier dernier, aux « Grandes Gueules » de RMC-BFM TV.

Plongée dans le dossier

Ancien doyen de la faculté de médecine de Necker, Philippe Even a un ami qui est inquiet pour son fils qui, semble-t-il, aurait été exposé à la Dépakine. Il a alors « plongé dans le dossier » et a découvert que « cet antiépileptique très efficace a un effet imprévisible sur le génome ». Il lui a suffi pour cela de « quelques heures dans la littérature scientifique anglo-saxonne ». Selon lui la prescription à des femmes enceintes « pourrait être la partie désormais immergée d’un plus vaste scandale sanitaire ». « Ce produit est non seulement dangereux pour le fœtus mais aussi pour le jeune enfant », affirme-t-il. Extraits :

« En fouillant sur les moteurs de recherche spécialisés, le Pr Even a réalisé que le valproate de sodium, la substance commercialisée par ­Sanofi sous le nom de Dépakine et par d’autres laboratoires sous d’autres appellations, pouvait modifier l’expression de certains gènes. La lecture de ces quelque 200 articles scientifiques permet d’entrevoir pourquoi cette molécule donne une très grande diversité d’effets nocifs, particulièrement délétères quand ils surviennent chez un être en construction. En clair, le médecin alerte sur un risque épigénétique qui serait resté hors des écrans de contrôle des autorités. »

Plus grande prudence

Le JDD cite, à l’appui de Philippe Even, les biologistes moléculaires français Sébastien Chateauvieux et Franck Morceau. Ils « ont étudié pendant plusieurs années la toxicité du valproate sur les cellules » et travaillent au Luxembourg pour la fondation « Recherche Cancer et Sang » au « Laboratoire de Biologie moléculaire et cellulaire du cancer ».

Le Pr Stéphane Auvin, neuropédiatre à l’hôpital Robert-Debré à Paris, appelle quant à lui à la plus grande prudence avant de tirer des conclusions dramatiques de publications scientifiques. « Le valproate peut modifier l’épigénétique mais on ne sait pas si c’est dans un sens positif ou négatif. Un article suggère que cet effet favorise l’apprentissage de la reconnaissance de notes de musique! On a plutôt tendance à se méfier d’effets négatifs sur les apprentissages, et en particulier sur l’attention. » Le Pr Auvin rappelle une nouvelle fois, que la Dépakine est le seul médicament efficace pour certaines patientes.

Légende de Pandore

Le JDD cite encore le Dr Hubert Journel, médecin généticien à l’hôpital de Vannes (Morbihan) qui fut l’un des premiers à s’inquiéter des possibles effets secondaires de la Dépakine prescrite durant la grossesse.

« Lui aussi a lu les publications pointues qui inquiètent Philippe Even. Mieux, il collabore à la mise en place d’un projet de recherche sur ce sujet. « Oui, il y a une potentialité épigénétique en lien avec le médicament mais ses répercussions possibles demeurent mystérieuses. Les modifications qui peuvent être apportées par l’épigénétique pendant la grossesse ont des conséquences disparates, comme le suggèrent les signes cliniques très variés dus à l’exposition au valproate. La question est : comment met-on tout cela en équation? » ».

C’est bel et bien la question. On interroge Philippe Even. Ce phénomène est-il dangereux ? « Terriblement, répond-il. Le risque épigénétique de mort des cellules est crucial, même si, pour l’instant, les détails restent encore assez mystérieux. C’est l’ouverture de la boîte de Pandore. » On sait que la boîte de Pandore (la première femme) était en réalité une jatte. Ou plus précisément une amphore. On sait aussi que c’est une légende.

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Premier mea culpa de François Fillon, candidat chrétien à la présidentielle (Sécurité Sociale)

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Mieux vaut tôt que trop tard. Il était accusé, depuis sa victoire napoléonienne à la primaire de la Droite, de vouloir « privatiser » la Sécurité Sociale. On se souviendra qu’à l’aube du 11 janvier François Fillon est passé à confesse. C’était sur RMC-BFMTV  (21 minutes) face à Jean-Jacques Bourdin, journaliste auto-déclaré athée.

On l’avait agressé sur le rhume plus ou moins bénin 1. Bourdin le cherche sur la grippe. François Fillon en profite pour lancer quelques piques à Marisol Touraine. Répondra-t-elle ?

Rembourser

« On n’a pas été bons, on n’a pas été clairs dans nos propositions » sur la Sécurité sociale, a reconnu l’ancien Premier ministre. Ce que nous avions écrit a été mal compris, je l’ai retiré, j’ai lancé un débat avec l’ensemble des responsables de la santé, les médecins ». Et encore :

« Les auditions se déroulent en ce moment, je referai des propositions (…) avant la fin du mois de janvier ou début février. Ce que je veux c’est qu’il y ait une meilleure répartition entre les mutuelles et la Sécurité sociale et que les mutuelles soient plus contrôlées car la réforme qui a consisté à rendre obligatoire les mutuelles s’est traduite par des baisses de remboursement. »

Le candidat à la présidentielle proposera « une agence de régulation sur les mutuelles ». Et uniquement sur les mutuelles. C’est immanquable puisque le postulat est qu’« il va bien falloir réorganiser notre système de protection sociale et de santé ».

« On voit que [la Sécu] marche pas. Ce matin toutes les radios nous expliquent que le système est en train de sauter, parce qu’il n’y a plus assez de place dans les services d’urgence, de médecins sur le terrain… Une simple épidémie de grippe est en train de paralyser le système. Ce qui montre que quand Mme Touraine explique que tout va bien, que tout est formidable, que c’est le programme de François Fillon qui menace la Sécurité sociale, ça n’a juste aucun sens. »

Malaise vagal

Bourdin lui demande s’il a changé de position, notamment sur la question des mutuelles, François Fillon répond : « Il y a parfois des porte-parole qui sont un peu rapides, puis comme on est en train de fusionner des équipes qui faisaient campagne pour des candidats différents, il y a encore un peu de réglages à faire, je le reconnais. » Ainsi donc les torts sont partagés.

L’athée Bourdin l’interroge sur son usage politique (TF1) de la chrétienté. C’était « spontané ». Le catholique répond que certains se revendiquent marxistes. Il ne s’agit pas de « foi » mais de « valeurs ». Il « recommencera ». Une question connectée sur le malaise vagal de Nicolas Sarkozy 2.  Puis cette révélation : Emmanuel Macron aurait pu être le « directeur adjoint de cabinet » de François Fillon. A ce moment-là, dans le studio de RMC-BFMTV, certains jureraient avoir vu un ange passer.

A demain

1 « Une définition du ‘’petit rhume’’ pour François Fillon ». Slate.fr 14 décembre 2016

2 « Nicolas Sarkozy hospitalisé : malaise vagal ? ». Slate.fr 26 juillet 2009