Les Français font beaucoup pour arrêter de fumer. Mme Buzyn ne fait presque rien pour les aider 

 

Bonjour

Ce sont des informations tout juste mandées par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Des informations en partie rassurantes concernant le tabagisme. Des informations classées en deux chapitres

I Les ventes de tabac, au cours du premier trimestre 2018, ont diminué de 9,1 % par rapport à la même période en 2017. Pour les cigarettes le recul est de 8,1 % tandis qu’il s’établit pour le tabac à rouler à 14,5 % à jours de livraison constants par rapport au premier trimestre 2017. La baisse des ventes de cigarettes s’est surtout produite au mois de mars à la suite d’une hausse de prix (environ 1 euro de plus en moyenne) intervenue le 1er mars : le recul est de 16,2 %, soit une des deux plus fortes diminutions intervenues sur un mois depuis 2004.  Cette augmentation des prix semble avoir moins impacté les ventes de tabac à rouler. Ceci peut s’expliquer par le fait qu’il s’agit de la 3e hausse depuis janvier 2017 pour ce type de tabac et que les achats dans le réseau buraliste ont déjà beaucoup reculé depuis un an.

Reste que ces informations ne tiennent pas compte, par définition, de la possible augmentation des ventes de cigarettes issues des marchés illices – marchés de contrebande qui, selon les buralistes seraient en hausse constante et face auxquels le pouvoir exécutif demeure, sinon complaisant, du moins désarmé.

II Les ventes de traitements pour l’arrêt du tabac sont en hausse de 10,7 % sur le premier trimestre comparé à la même période en 2017 et à jours constants, continuant à bénéficier de deux mesures. Ces deux mesures sont d’une part le passage de 50 euros à 150 euros, en novembre 2016, du remboursement forfaitaire de l’Assurance maladie ; et d’autre part la réintégration du Champix®  dans la liste des spécialités ouvrant droit à ce remboursement (+ 279,7 %). Le nombre de bénéficiaires de ces forfaits pour les substituts prescrits a d’ailleurs progressé de 36,8 % en 2017 par rapport à 2016.

Et maintenant ? Combien de temps faudra-t-il encore attendre avant qu’Agnès Buzyn décide le remboursement intégral (et sans limite dans le temps) de tous les « traitements pour l’arrêt du tabac » ? Combien de fois faudra-t-il encore rappeler au ministre en charge de la Santé que les fumeurs sont tous victimes d’une affection de longue durée ?

Combien de temps encore avant qu’Agnès Buzyn s’attaque, courageusement, de front, au fléau du tabagisme ? En intégrant (enfin) la cigarette électronique dans une politique de réduction des risques.  Quitte, demain, à démissionner si, comme nous le dit aujourd’hui Nicolas Hulot, sur RMC-BFMTV, elle devait découvrir s’être fourvoyée dans les méandres du pouvoir exécutif.

A demain

PS. Quelques minutes après avoir publié ce texte nous recevions un communiqué de presse du ministère des Solidarités et de la Santé annonçant que « deux traitements de substitution nicotinique sont désormais remboursables » (sic). Extraits :

« Contre le fléau du tabagisme, Agnès Buzyn poursuit le combat qu’elle porte depuis toujours et se félicite de cette nouvelle étape pour le soutien de ceux qui souhaitent arrêter de fumer. Deux premiers traitements de substitution nicotinique sont désormais remboursables par l’assurance maladie : des « gommes à mâcher », depuis le 22 mars 2018 et des « patchs », depuis le 16 mai 2018. Cette prise en charge permet à tous les patients l’accès à ces traitements de substitution, y compris aux plus modestes (sic). »

Ce « modeste » est, ici, difficilement supportable.

 

L’homéopathie selon Agnès Buzyn : rires et satires sur #DemandeTonRemboursement

 

Bonjour

C’est une déferlante. Compte-tenu de sa formation hospitalo-universitaire et de ses fonctions actuelles Agnès Buzyn a tenu des propos proprement ahurissants sur l’homéopathie, son efficacité et sa prise en charge par la collectivité. Elle a, de ce fait, soulevé le couvercle d’un chaudron politique en ébullition. Et créé une affaire polémique là où le calme était revenu.

Nous étions à l’aube du 12 avril, dans la matinale RMC/BFM TV. Invitée : la ministre des Solidarités et de la Santé. Question : continuer ou pas à rembourser l’homéopathie ? Oui a, en souriant, assuré Agnès Buzyn.

Ecoutons l’argumentaire ministériel

1 L’homéopathie est « probablement un effet placebo ».

2 « Les Français y sont attachés »

3 « Cela peut éviter le recours à des médicaments toxiques »

4 « Nous y gagnons collectivement »

5  « Cela ne fait pas de mal ».

L’affaire commence a être décortiquée ici ou là et il ne sera guère difficile de démonter les incohérence et le syllogisme de ce petit chapelet qui ne fait que reprendre des propos entendus ici ou là, à commencer par les repas familiaux et les cafés du commerce. Ce fut, aussitôt, un embrasement sur les réseaux sociaux. Avec un phare :  le hashtag, #demandetonremboursement créé dans la foulée par @JeSuisBigPharma, un compte satirique  sur Twitter :

« J’adore ce nouveau jeu. Voici les règles: – Trouve une activité ou un produit qui te fait du bien et qui n’est pas dangereuse. – Explique le à @agnesbuzyn. – Demande comment on procède pour obtenir le remboursement – Ajoute le hashtag #DemandeTonRemboursement »

C’est une lecture réjouissante, parfois méchante, souvent politique. Mais aussi

Parfois électronique :

«Falken Vape‏ @FalkenVape 

Bonsoir @agnesbuzyn, vapoter, cela me fait le plus grand bien et n’est pas nocif. Quelle est la procédure pour le remboursement ? #DemandeTonRemboursement »

 Parfois marseillaise et culturelle :

« Brige_Bb  @Brige_Bb

#DemandeTonRemboursement Bonjour @agnesbuzyn Aller voir les Rolling Stones à Marseille le 26/06 me serait très bénéfique et je vois qu’il reste quelques places à 825 € – catégorie qui serait aussi très bénéfique à mon bien être. Je paye la FNAC avec ma carte vitale c’est ça ? »

 Parfois pharmaceutique et neurodégénérative :

« Yves BRASEY @YvesBRASEY

Arrêtez de vous moquer… elle a fait pareil avec les médicaments pour Alzheimer… ça ne sert à rien, mais la sécu rembourse. Et là 99% des intervenants ne sont pas intervenus ! #DemandeTonRemboursement »

 Parfois philosophique :

« Béatrice Kammerer‏ @MmeDejantee 13 avr.

Le bénéfice du « bien être » peut-il justifier le remboursement de l’homéopathie comme le prétend Agnès Buzyn ? Juliette Ferry-Danini, philosophe des sciences répond. #DemandeTonRemboursement https://twitter.com/MmeDejantee/status/984679908810153984 … »

 Parfois psychologique et décentralisée :

« MinouDez‏ @MinouDez 

Bonjour @agnesbuzyn et @s_cluzel , les psychologues à même de diagnostiquer (et assurer un suivi) adultes et enfants en Auvergne sont rares et chers. On peut échanger avec l’homéopathie? Parce qu’en cas de petit bobo, je donne un smarties, c’est pareil. #DemandeTonRemboursement »

 Parois écologique :

« StéthoMarto @StethoMarto64 

 Quitte à rembourser du sucre, autant commencer par l’eau ! https://reporterre.net/En-France-un-million-de-personnes-n-ont-pas-acces-a-l-eau … #DemandeTonRemboursement »

Ou encore incitant à une réflexion citoyenne :

« Stéphanie Calvin a retweeté RMC

@agnesbuzyn Liste (non exhaustive) des choses bénéfiques sans être nocives et qui ne sont pas remboursées : – un logement salubre (amiante, plomb, etc) – trois repas par jour – de l’eau potable pour tous – des conditions d’hygiènes décentes – etc. #DemandeTonRemboursement »

Reste un sujet essentiel à creuser : depuis quand les spécialités homéopathiques sont-elles, en France, prises en charge par la collectivité. Et à quel titre ?

A demain

Homéopathie : Agnès Buzyn a créé l’événement avec #demandetonremboursement

Bonjour

C’était une information de poids distillée en quelques secondes et qui, aujourd’hui, ruisselle en cascade, grossit les rivières, suscite au choix l’ire ou l’hilarité. Avec cette question : une bourde à coup sûr, mais une bourde volontaire ou pas ?

Rappel : invitée le jeudi 12 avril 2018 de la matinale RMC/BFM TV, Agnès Buzyn a traité d’une question essentielle  quant à la place du rationnel en médecine et, plus largement, dans notre système de protection sociale et de solidarité nationale : continuer ou pas à rembourser l’homéopathie ?

L’homéopathie continuera à être remboursée a, en souriant, assuré Agnès Buzyn. Et ce même si c’est « probablement un effet placebo » (sic).  « Les Français y sont attachés, si cela peut éviter le recours à des médicaments toxiques (re-sic), je pense nous y gagnons collectivement …. ça ne fait pas de mal ! ».

Ce fut, aussitôt, un embrasement sur les réseaux sociaux. Moins sur la question des spécialités homéopathiques (« cette eau diluée dans le l’eau » disent les rationalistes) que sur les prolongements que l’on peut faire à partir de ce raisonnement.

Dans la foulée le hashtag, #demandetonremboursement a été créé dans la foulée par @JeSuisBigPharma, un compte satirique  sur Twitter :

« J’adore ce nouveau jeu. Voici les règles: – Trouve une activité ou un produit qui te fait du bien et qui n’est pas dangereuse. – Explique le à @agnesbuzyn. – Demande comment on procède pour obtenir le remboursement – Ajoute le hashtag #DemandeTonRemboursement »

La lecture en est réjouissante, parfois acidulée :

« Citron Alcalin  🍋‏ @CitronAlcalin

Rebonsoir @agnesbuzyn, j’ai un partenariat avec différentes marques de sirop (Monin, Teisseire…) qui font beaucoup de bien aux gens sans que ce soit nocif. Serait-il possible d’avoir un remboursement ? C’est surtout du sucre mais vous avez l’habitude. #DemandeTonRemboursement »

 Parfois acerbe :

 « Sophie 👩‏ @orthosophie

#DemandeTonRemboursement @agnesbuzyn je fais des Pilates chaque semaine afin de rester zen face à mes patients et leur prodiguer la même qualité de soins tt au lg de l’année. ça m’évite aussi d’être violente à votre égard, étant donné le mépris que vs m’opposez. Vous remboursez ? »

 Parfois floral et politique :

« tellinestory‏ @tellinestory

Chère @agnesbuzyn, j’ai semé des cosmos et des tournesols. Ce n’est pas nocif, ça me fait beaucoup de bien et ce n’est même pas cher. J’en ai eu pour 3€75. J’accepte le remboursement à 35% même si je déplore qu’en Alsace il puisse atteindre 90%. #DemandeTonRemboursement »

 La liste ne cesse de s’allonger. Chacun peut participer : cinquante ans après l’imagination est à nouveau au pouvoir !

A demain

 

Homéopathie : un banal « placebo » qui restera remboursé par la collectivité (Agnès Buzyn)  

Bonjour

C’est une information de poids qui tient en quelques lignes. Invitée ce jeudi 12 avril 2018 de la matinale RMC/BFM TV, Agnès Buzyn a fait le point sur plusieurs chantiers sensibles – dont l’homéopathie.

Jean-Jacques Bourdin (et non Edwy Plenel) a interrogé la ministre des Solidarités et de la Santé sur la question de sa prise en charge par la collectivité. Une affaire financière autant que symbolique quant à la place du rationnel thérapeutique dans notre communauté.

Virulence

On se souvient que dans une publiée par Le Figaro le 19 mars, des médecins s’en étaient pris avec virulence à l’homéopathie. D’autres praticiens, plus que favorables à cette pratique, ont répliqué en portant plainte devant l’Ordre des médecins contre leurs confrères signataires.

Continuer à rembourser ou pas ? L’homéopathie continuera à être remboursée a, en souriant, assuré Agnès Buzyn. Et ce même si c’est « probablement un effet placebo » (sic).  « Les Français y sont attachés, si cela peut éviter le recours à des médicaments toxiques (re-sic), je pense nous y gagnons collectivement …. ça ne fait pas de mal ! ».

Voilà, tout est dit. Mme Buzyn précise que parmi les médecines « non conventionnelles » l’homéopathie est « aujourd’hui  la seule à être remboursée ». On peut raisonnablement se demander pourquoi tant il existe de pratiques auxquelles les Français sont attachés, pratiques qui peuvent éviter le recours à des procédés allopathiques toxiques – et qui ne font pas de mal.

A demain

Bourdin-Plenel : Emmanuel Macron face à un «duo d’hommes blancs de plus de 60 ans»

Bonjour

C’est un symptôme doublé d’une mise en abyme. Qui aurait, hier encore, imaginé que le président de la République puisse choisir d’être interrogé, à sa convenance, par deux personnalités aussi éloignées que Jean-Jacques Bourdin, (68 ans, RMC/BFM-TV) et Edwy Plenel (65 ans, Mediapart). Et, mieux encore, que le second accepterait. Ce sera pourtant le cas : dimanche soir 15 avril, à partir de 20h 35 (à suivre, au choix, sur BFM ou sur MediapartLive).

On imagine sans mal RMC/BFM se réjouir de l’aubaine – et les responsables et journalistes de la télévision publique enrager. Le poisson est nettement plus difficile à avaler du côté de Mediapart – un modèle journalistique aux antipodes économiques et idéologiques du co-invité. Cela donne un étrange texte de justification de la rédaction dirigée depuis sa création par Edwy Plenel. Un texte à lire (gratuitement) sur le site de Mediapart . Extrait :

« Deux intervieweurs, donc : Edwy Plenel (président et directeur de la publication de Mediapart) et Jean-Jacques Bourdin (rédacteur en chef de RMC et animateur de « Bourdin Direct » sur BFM-TV). Et pas dans nos locaux, mais à l’Élysée ou dans un lieu culturel.

« Autrement dit, Mediapart n’est plus la puissance invitante, et la rédaction n’est pas conviée à la table de l’entretien. Le collectif journalistique cède la place à un duo d’hommes blancs de plus de 60 ans, désigné par le président : zéro parité, zéro diversité, personnalisation poussée à l’extrême (sic). »

Qu’allait faire Mediapart face à ce dilemme médiatique, journalistique, idéologique et économique ?

« Pour toutes ces raisons, cette invitation ne va pas de soi. Et pour une autre encore : comment un journal comme Mediapart, qui dénonce avec constance le présidentialisme et le fonctionnement de la VRépublique, peut-il se plier à cet exercice convenu de l’interview présidentielle, symbole par excellence de la dérive monarchique du pouvoir ? Tout le monde a en tête quelques-uns des pires entretiens réalisés depuis soixante ans. Comment subvertir ce dispositif anti-démocratique, et toutes ses contraintes ? »

Petit bijou dialectique

Au final, en toute transparence mais pas sans contorsions qui font songer aux anciens jésuites, l’équipe de Mediapart a, « après en avoir longuement discuté collectivement » décidé d’accepter la proposition élyséenne.

 « Après plusieurs échanges préalables, nous avons aussi considéré qu’une association avec Jean-Jacques Bourdin, questionneur offensif et lui aussi déterminé à briser les codes du sacro-saint entretien présidentiel, pouvait autoriser cette tentative de rompre avec six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle. »

Avec, en prime, ce petit bijou de rhétorique et de dialectique :

« Il ne fait de doute pour personne que les lignes éditoriales et les modèles économiques de Mediapart et du groupe BFM-TV/RMC ne sont pas les mêmes : cette différence, par respect du pluralisme, ne doit pas nous interdire de collaborer avec d’autres. Être ouverts dans le cadre d’une relation loyale et respectueuse est le meilleur moyen d’être nous-mêmes, à l’image de notre fil conducteur, au cœur du Festival de nos dix ans : produire quotidiennement un journalisme sans concession à la rencontre de la société. »

En une phrase : comment des journalistes, fussent-ils des hommes blancs âgés de plus de 60 ans, pourraient-ils laisser passer une occasion de faire tout simplement le métier qui est le leur ? Ce sera oui. On applaudit. Et l’on peut, ce soir, imaginer le président Macron heureux.

A demain

Alcools forts et polyphénols : les dernières informations de la guerre Buzyn–Macron

Bonjour

C’est fait : c’est un feuilleton. Et demain une série médicale et politique. Emmanuel Macron l’avait-il programmé ? Peut-être. Ou, si ce n’est lui, du moins quelqu’un des siens. Résumons : le président de la République glisse à des paysans qu’il « boit du vin ». Et qu’il en boit « midi et soir ». Et du très bon de préférence, que le citoyen imagine puisé dans les caves du Palais de l’Elysée. Quelques heures auparavant la ministre de la Santé avait dit tout le mal qu’il fallait penser de l’alcool en général – du vin en particulier. Un casting rêvé, y compris Christophe Castaner (RMC-BFMTV) et Natacha Polony (Le Figaro).

Et, de fait, mention particulière au Figaro qui, à la différence du Monde et de Libération a su prendre la vague. Hier, dans ce vieux quotidien, la dénonciation des « plus grands seigneurs » (Polony dixit) de l’ « Académie du vin de France » : « Mme Buzyn, cessez de diaboliser le vin, qui est une part de la civilisation française ! » 1. Aujourd’hui l’appel du camp ennemi : « Vu du foie le vin est bien de l’alcool ! » 2.

Les signataires en appellent à la responsabilité des élus, du gouvernement et à celle du président de la République. Ils les enjoignent à « s’attaquer au tabou de l’alcool », réclamant la mise en œuvre d’un plan national alcool. « On a laissé penser à la population française que le vin serait protecteur, qu’il apporterait des bienfaits que n’apporteraient pas les autres alcools. C’est faux scientifiquement, le vin est un alcool comme un autre », écrivent-ils. Et de soutenir Agnès Buzyn « dans sa courageuse prise de position sur l’alcool » face à un gouvernement qui « nie les évidences scientifiques et se montre plus sensible aux intérêts de l’alcool qu’à l’intérêt général ».

Un drapeau blanc ? Peut-être celui de l’association CAMERUP (Aide et accompagnement des personnes en difficulté avec l’alcool et leur entourage, Prévention des conduites addictives) et sa pétition macronienne en diable : « Monsieur le Président, protégez en même temps les vins français et la santé des Français ! »

A demain

1 Les membres de l’Académie du vin de France : Alain Graillot, Domaine Alain Graillot (président) ; Jean-Charles Abbatucci, Domaine Comte Abbatucci ; Nicolas de Bailliencourt, Château Gazin ; Olivier Bernard, Domaine de Chevalier ; Michel Bettane, journaliste ; Christian de Billy, Champagne Pol Roger ; Jean-Noël Boidron, Château Corbin-Michotte ; Philippe Bourguignon, Restaurant Laurent ; Gérard Chave, Domaine Jean-Louis Chave ; Béatrice Cointreau, Château du Perron ; Pierre Couly, Domaine Pierre et Bertrand Couly ; Jean-Bernard Delmas, Château Montrose ; Philippe Demailly, ophtalmologiste ; Véronique Drouhin, Maison Joseph Drouhin ; Alain Dutournier, Restaurant Le Carré des Feuillants ; Benoît France, Éditions Benoît France ; Claude Geoffray, Château Thivin ; Léonard Humbrecht, Domaine Zind-Humbrecht ; Olivier Jullien, Mas Jullien ; David Khayat, cancérologue ; Dominique Lafon, Domaine des Comtes Lafon ; Alain de Laguiche, Château d’Arlay ; Jean-Charles Le Bault de la Morinière, Pernand-Vergelesses ; Alexandre de Lur-Saluces, Château de Fargues ; Henry Marionnet, Domaine de la Charmoise ; Erik Orsenna, de l’Académie française ; Jean-Pierre Perrin, Château de Beaucastel ; Noël Pinguet, Vouvray ; Jean-Robert Pitte, membre de l’Institut ; Bernard Pivot, de l’académie Goncourt ; Jacques Puisais, œnologue ; Henri Ramonteu, Domaine de Cauhapé ; François Roland-Billecart, Champagne Billecart-Salmon ; René Rougier, Château Simone ; Frédéric Rouzaud, Champagne Louis Roederer ; Jacques Seysses, Domaine Dujac ; Régine Sumeire, Château Barbeyrolles ; Pierre Trimbach, Domaine Trimbach ; Jean-Laurent Vacheron, Domaine Vacheron ; Christine Vernay, Domaine Georges Vernay ; Aubert de Villaine, Domaine de la Romanée-Conti.

2 Bernard Basset, vice-président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa). Amine Benyamina, professeur de psychiatrie et d’addictologie université Paris-XI. Gérard Dubois, professeur de santé publique, Académie de médecine. Irène Frachon, pneumologue, Brest. Serge Hercberg, professeur de nutrition, université Paris-XIII. Catherine Hill, épidémiologiste. Albert Hirsch, professeur de pneumologie, université Paris-VII, administrateur de la LNCC. Michel Reynaud, professeur de psychiatrie et d’addictologie, université Paris-XI, président du Fonds action addiction. Nicolas Simon, professeur de médecine Marseille, président de l’Anpaa.

Addiction et politique : Christophe Castaner relance la polémique sur le vin et l’alcoolisme

Bonjour

Qu’a pu penser la ministre des Solidarités et de la Santé de la sortie de Christophe Castaner, délégué général de La République en marche et proche d’Emmanuel Macron ? S’est-elle sentie désavouée dans le combat qu’elle commence seulement à mener contre l’addiction à l’alcool ? Les attaques n’ont pas tardé. « La ministre de la Santé avait ouvert la boîte de Pandore début février en estimant que le vin était ‘’un alcool comme les autres’’ » observe Le Figaro .

«L’industrie du vin laisse croire aujourd’hui que le vin est différent des autres alcools. En termes de santé publique, c’est exactement la même chose de boire du vin, de la bière, de la vodka, du whisky, il y a zéro différence … !», avait-elle déclaré lors d’une remarquable émission télévisée diffusée début février sur France 2. On a laissé penser à la population française que le vin serait protecteur, qu’il apporterait des bienfaits que n’apporteraient pas les autres alcools. C’est faux. » Etait-ce trop ?

Nous sommes à la veille de l’ouverture du Salon de l’Agriculture et Christophe Castaner a, jeudi 22 février, tenu à revenir fermement sur le sujet.  C’était sur RMC-BFMTV.  « Ne nous emballons pas» a-t-il souri. Et d’oser reprendre une formule vieille de plus d’un siècle – une formule dénoncée depuis les premiers travaux sur l’alcoolisme et reprise par l’ensembel du monde de l’addictologie : « Il y a de l’alcool dans le vin mais c’est un alcool qui n’est pas fort ». « Le vin  fait partie de notre culture, de notre tradition, de notre identité nationale. Il n’est pas notre ennemi», a encore ajouté Christophe Castaner assurant que l’alcoolisme était surtout «une question de niveau de consommation».

« Ne pas hystériser » ! 

«Ce n’est pas le moment d’hystériser le débat juste avant le Salon de l’Agriculture. Les propos de Castaner ont contribué à baisser les tensions », justifie un membre (anonyme) du gouvernement cité par Le Figaro.   Hystériser ? «  Contacté par notre journal suite aux déclarations du délégué général de La République en marche, le ministère de la Santé n’a pas donné suite à nos sollicitations, ajoute le quotidien. Emmanuel Macron semble quant à lui avoir un avis tranché sur la question. En marge de son discours aux jeunes agriculteurs jeudi 22 février, une participante lui a offert une bouteille de vin en lui vantant les bienfaits de cette boisson. Ce à quoi le président lui a répondu dans un sourire:  » Je le sais, j’en bois midi et soir ».»

Emmanuel Macron s’était déjà publiquement exprimé sur le sujet, sacrifiant il y a un an au rite bacchique et républicain. Il y a quelques jours, revenant sur ses propos télévisé, et poursuivant son indispensable travail de pédagogie sur la « molécule alcool » (toujours la même où qu’elle se trouve) Agnès Buzyn avait fait une confidence sur France Inter : « Par ailleurs j’aime beaucoup boire un verre de vin en situation conviviale, comme tout le monde ».

Où l’on perçoit toutes les limites, sur un tel sujet, de l’action politique. Comment en parler sans sombrer dans la diabolisation ? Comment, à l’inverse, ne pas être accusé de faire le lit de l’alcoolisme et le malheur des malades alcooliques ?

A demain