Cannabis: Blanquer (Education nationale) dit non à Collomb (Intérieur). Silence de la Santé

Bonjour

Côté cannabis Jean-Michel Blanquer n’est pas Vincent Peillon qui avait un instant prôné sa dépénalisation. Le nouveau ministre de l’Education nationale vient de le dire haut et fort, sur RTL :

« Bien entendu je n’y suis absolument pas favorable. Toutes les études montrent à quel point le cannabis est nuisible. Le cannabis fait du mal au cerveau. Le cannabis est mauvais pour l’être humain. C’est de plus en plus vrai car il est de plus en plus dur. Il ne faut absolument pas laisser courir l’idée que le cannabis peut être quelque chose qu’on doit tolérer dans notre société. C’est mauvais pour nos enfants et donc je serai fou en tant que ministre de l’Éducation de dire autre chose. »

On se souvient qu’il y a une semaine Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, avait annoncé la mise en place de contravention pour les auteurs de trafic de cannabis. Une initiative qui devrait se concrétiser à la rentrée. On précisera que pour l’Observatoire français des drogues et toxicomanies « la dépénalisation peut être définie comme le processus tendant à réduire l’application de sanctions pénales à l’égard d’un comportement déterminé, cette réduction pouvant aboutir à leur suppression pure et simple ». Dont acte.

Rentrer dans le rang

Dans Révolution (XO éditions) publié en novembre 2016 Emmanuel Macron écrivait au sujet du cannabis : « On pourrait tout à fait considérer que le régime des contraventions serait suffisant pour sanctionner ces comportements ».  Puis, il y a quelques jours Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, allait plus loin dans les explications :

« L’année dernière, 180.000 personnes ont été constatées en infraction d’usage et de stupéfiants. En moyenne c’est six heures de procédure pour le policier ou le gendarme, autant pour le magistrat chargé du dossier. In fine il y a eu 20.000 rappels à la loi ou injonctions thérapeutiques. Est-ce que le système est efficace ? Non.

« Emmanuel Macron candidat (…) avait annoncé qu’on voulait des mesures efficaces : la possibilité de donner une contravention d’une centaine d’euros, avec paiement le plus rapide possible, instantané dans certain cas. Et puis ensuite des mesures coercitives qui peuvent aller jusqu’à la prison si la personne ne paie pas ou ne rentre pas dans le rang.

« Ce qui compte aujourd’hui c’est d’être efficace, et surtout de désengager du temps de travail de nos policiers et de nos gendarmes pour qu’ils soient plus présents sur des affaires essentielles. Ce n’est pas de la dépénalisation, c’est de la contraventionnalisation. On reste dans du pénal. Emmanuel Macron n’a pas souhaité ouvrir ce débat-là car consommer des stupéfiants reste grave et dangereux pour la santé, en particulier pour les plus jeunes. »

Silence d’Agnès Buzyn

Des propos à rapprocher de ceux, sur France Culture du juriste Renaud Colson (maître de conférence à l’Université de Nantes) co-auteur avec Henri Bergeron, de l’ouvrage de référence « Les drogues face au droit (PUF)» :

 « L’annonce du ministre de l’Intérieur peut être soit une désescalade pénale symbolique, soit un tour de vis répressif. C’est seulement dans la mise en œuvre du projet que l’on en saura plus (…) On peut très bien imaginer une amende forfaitaire pour tous les individus qui se feraient attraper avec un joint ou deux sur eux. Dans ce cas on rentre dans une logique d’assouplissement réel, mais une logique qui ne change pas grand-chose au fond puisque ni sur la question des trafics ni sur celle des dangers sanitaires on ne fait bouger les lignes c’est toujours le marché noir qui détermine les approvisionnements et les modes de fonctionnement du marché en général. »

On observera à ce stade qu’Agnès Buzyn, ministre de la Santé (et des Solidarités) n’a toujours pas pris la parole. N’aurait-elle pas (encore) voix au chapitre ?

A demain

Véridique : le gouvernement français donne sa bénédiction à «La Cigarette du Buraliste»

 

Bonjour

Le secret est enfin éventé. Tout vient d’être opportunément révélé par Le Figaro (Ivan Letessier) « Les buralistes lancent leurs propres cigarettes »  ainsi que sur RTL (Martial You). Où l’on découvre que derrière l’affichage officiel d’un « Programme de réduction du tabagisme » le gouvernement français ne veut mener aucune véritable politique pour contrer la dynamique d’un marché qui se joue de la santé publique. Et l’on franchit ici, au-delà de l’incurie, les frontières de l’absurdité.

Les faits. Lors d’un séminaire exceptionnel réunissant, aujourd’hui 29 mars, tous les présidents de chambres syndicales départementales de buralistes va être annoncé le lancement de « La Cigarette du Buraliste » : « la seule cigarette que l’on ne retrouvera que sur le marché français ». « Nous avons la garantie que cette cigarette ne sera commercialisée qu’en France, dans le réseau des buralistes, et pas dans les pays voisins aux frontières ni sur Internet, expliquera le président de la Confédération à ses confrères marchands de tabac. C’est un signe fort envoyé à ceux qui nous expliquent que l’on ne peut rien faire contre le marché parallèle. Nous n’avons pas l’intention de nous résigner devant ce que certains semblent considérer comme une fatalité ».

Allemagne et Bulgarie

La cigarette LCB sera produite en Bulgarie mais, dit-on, « en partie avec du tabac français ». « Le 1er février, la ministre de la Santé et le secrétaire d’État au Budget ont homologué quatre références de la marque LCB, qui sera commercialisée dans les prochaines semaines, révèle Le Figaro. ‘’La Cigarette du Buraliste’’ est une marque de distributeur (MDD) sur le modèle des groupes de distribution agroalimentaire qui développent des gammes au nom de leur enseigne (Carrefour, Casino, Monoprix Gourmet, U) et labels exclusifs (Marque Repère chez Leclerc, Reflets de France chez Carrefour, Jean Rozé chez Intermarché…). »

 

Le patriotisme a ses limites : les buralistes, nous dit Le Figaro, se sont associés à la filiale française de l’allemand Poeschl, cinquième acteur du tabac sur le marché français en volume, avec 4,9 millions d’euros chiffre d’affaires en 2015. Poeschl, qui exploitera LCB sous contrat de licence avec la Confédération des buralistes, est surtout connu pour sa marque « Corset », que Marisol Touraine a décidé de faire interdire à compter de janvier 2018. Et pour produire la LCB, Poeschl est associé à KT International, héritier du monopole bulgare du tabac.

Que penser d’une situation qui verra les buralistes, détenteur du monopole de la distribution de cigarettes, commercialiser leur propre marque ? Quel impact sur la santé publique ?  Interrogé par Le Figaro sur la dimension paradoxale de cette initiative, le cabinet de Christian Eckert, ministre du Budget a renvoyé sur celui de Marisol Touraine, qui a renvoyé sur celui de Christian Eckert… Les deux ministres garderont le silence. On ne saurait mieux dire l’incohérence. On ne saurait mieux dire l’incurie.

A demain

 

Emmanuel Macron candidat, la symbolique électronique du prix du tabac et autres blablas

 

Bonjour

Dans le dernier numéro du Point notre confrère et ami Pierre-Antoine Delhommais consacre sa chronique économique au « ‘’Coût’’ de tabac d’Emmanuel Macron ». Il rappelle que le candidat de la politique-mystique, s’il est élu, a fait la promesse (sur RTL) d’augmenter de plus de 40% le prix du paquet de cigarettes. Il s’agit pour lui de porter l’objet de cette addiction à « une frontière symbolique, significative et dissuasive ». Où l’on retrouve les éléments de langage qu’affectionne l’ancien locataire de L’Elysée et de Bercy réunis.

Pas de plus beau sujet politique que le tabac quand on veut parler de santé et de prévention (80 000 morts prématurées par an, première cause de morts évitables). On se souvient peut-être qu’Emmanuel Macron était secrétaire général adjoint de la Présidence de la République française lorsque François Hollande lança, le 4 février 2014, un Programme national de réduction du tabagisme. Et qu’il était ministre de l’Economie quand Marisol Touraine tenta de le mettre en œuvre- contre la volonté des ministères de Bercy opposés à une augmentation des prix.

Dépendant avant emploi

Pour sa part Pierre-Antoine Delhommais nous donne des chiffres sur les liens étroits qui existent entre chômage et consommation de tabac. « Pa le traumatisme psychologique et social qu’il provoque, la dépréciation de soi qu’il entraîne et le stress qu’il génère, le chômage favorise l’addiction à toutes sortes de drogue, en particulier le tabac », écrit-il, fort justement. En 2014 : 30 % de fumeurs chez les travailleurs contre plus de 48 % chez les chômeurs. Les sans-emploi de longue durée sont les habitués des buralistes.

« En résumé, écrit Pierre-Antoine Delhommais, le moyen le plus efficace de lutter contre le tabagisme et ses dégâts consiste à faire baisser le chômage. Et non l’inverse, comme le laisse entendre M. Macron. » Est-ce bien certain ? C’est, notamment, faire bien peu de cas de la puissance de l’addiction au tabac et de la proportion qui deviennent dépendant avant même d’avoir trouvé un emploi.

Le chroniqueur du Point rappelle que les taxes sur alcools et tabac rapportent chaque année une quinzaine de milliards d’euros (trois fois plus que l’ISF) : « les impôts sur les pauvres rapportent plus que les impôts sur les riches ». Et il en tire la conclusion qu’augmenter massivement le prix des cigarettes n’est pas une mesure « de gauche » dans le sens où c’est pénaliser les plus défavorisés : « des personnes ayant des conditions de vie difficiles sont logiquement moins sensibles aux risques de décès prématurés liés au tabagisme ». Il ajoute que certains ménages (10% des plus pauvres) consacrent jusqu’à 25 % de leurs revenus (contre 2% pour les plus aisés).

Sirènes socialistes

Augmenter le paquet de 3 euros équivaut à une augmentation chez le dépendant moyen à une dépense annuelle supplémentaire de plus de 1000 euros. On comprend le raisonnement : parvenir à augmenter drastiquement le prix du tabac (en déjouant les mécanismes pervers des fabricants) serait « un facteur d’accroissement des inégalités sociales ». Mais on comprend aussi que, le chroniqueur nous pardonnera, que ce raisonnement ne tient pas.

Il y a, bien évidemment, le coût considérable des dégâts induits par l’addiction au tabac. Il y a l’évidente nécessité politique, sanitaire, éthique de voir un Etat agir contre ce fléau qu’il entretient tout en donnant l’illusion de lutter contre. Des pays qui n’ont pas succombé aux sirènes socialistes (le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l’Australie) mènent cette guerre avec des succès croissants. Dans une telle optique l’augmentation massive et constante des prix du tabac n’est que l’un des outils. Il ne prend son véritable sens (politique, sanitaire et éthique) que dans une approche générale de la réduction des risques et une aide multiforme aux personnes victimes de leur addiction. En y intégrant, ce que le quinquennat finissant s’est refusé à faire, la cigarette électronique.

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Tabac : Marine Le Pen n’y touchera pas ; quelques centimes de plus pour Marisol Touraine

 

Bonjour

L’addictologie est une science simple pour le Front National. Interrogée le 8 mars sur RTL sur la principale cause de mortalité évitable Marine Le Pen a été claire : elle n’augmentera pas le prix du tabac. Ancienne grande fumeuse celle dont on dit qu’elle est devenue vapoteuse ne se sent (étonnamment) guère concernée par le sujet. Dotée d’un « cœur de jeune fille » elle a bien conscience de la nocivité du tabac. Pour autant elle voit mal le rôle que pourrait, ici, jouer l’Etat en matière de fixation des prix ou d’aide aux fumeurs à sortir de leur esclavage.

Oui pour une prévention (à laquelle les parents ne parviennent guère) mais non, non, non, à l’augmentation des prix. Non, non, non à un paquet à 10 euros. Pour elle, l’abandon du tabac est une « démarche individuelle ». « Quand vous êtes accro au tabac, vous pouvez augmenter le prix du paquet à des niveaux presque insurmontables et les gens trouveront quand même du tabac » estime Marine Le Pen évoquant, comme souvent, « la contrebande » voire « des choses plus dangereuses ». Des tonnes de travaux, des démonstrations irréfutables, un enjeu sanitaire majeur, le tout balayé en deux minutes de micro sur la première radio de France.

Pouvoir et addictologie

Quelques minutes avant d’interroger  Marine Le Pen, RTL nous apprenait que Marisol Touraine souhaitait augmenter le prix du tabac de quelques centimes. Ce serait là un « hausse symbolique » à laquelle tiendrait la ministre de la Santé. Elle souhaite aussi que cette hausse voit le jour avant la fin du mandat de François Hollande via un simple arrêté ministériel. Cette augmentation ne concernerait que les « cigarettes premier prix » – autour de 6,50 euros actuellement.

Chacun sait que cette augmentation (moins de dix centimes) n’aurait aucun effet sanitaire. Chacun sait aussi que Marisol Touraine n’est jamais parvenue à augmenter comme elle le souhaitait le prix du paquet du fait des oppositions répétées des députés socialistes, de Bercy et de l’Elysée. Les autres candidats à l’élection présidentielle ne se sont pas encore expliqué sur le prix du paquet. L’addictologie est une science délicate à manier pour qui veut accéder au pouvoir démocratique.

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Tabac : Macron ne changera rien et oublie l’existence de la cigarette électronique

 

Bonjour

Hier la PMA, aujourd’hui le tabac. Invité de RTL, Emmanuel Macron s’est, pour la première fois, exprimé sur la « première cause de mort évitable ». Des propos aussitôt repris sur le site des buralistes : « Je suis favorable au maintien de toutes les politiques qui ont été prises » (sic) :

« Je suis favorable au maintien de toutes les politiques qui ont été prises. Je ne suis pas pour revenir en arrière, comme c’est demandé par certains, sur des mesures comme le paquet neutre et autres. C’est fait et il faut aller jusqu’au bout. Je suis pour continuer l’augmentation des prix. Et surtout pour une vraie politique de prévention. »

 Buralistes choyés

Marisol Touraine appréciera comme il se doit. Pour Emmanuel Macron 10 euros le paquet « est une frontière symbolique » qui « lui va tout à fait ». Mais ce n’est qu’un « objectif « et, qui plus est, un « objectif européen ». Autant dire renvoyé aux calendes grecques. Et puis des propos qui vont enchanter les buralistes :

« Le vrai combat, il est national et il est au niveau européen. Le vrai sujet, c’est aussi tout le tabac qui est en contrebande et notamment dans toutes les zones frontalières. On a des pays qui continuent, sur ce sujet comme pour d’autres, à ne pas coopérer. Quand je regarde la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne où l’on continue à avoir du tabac à très bas coût et qui vient aussi fragiliser les vendeurs.

 « Mais on ne peut pas expliquer à des buralistes et à des consommateurs qui sont à Lille ou à Strasbourg qu’on peut, à dix minutes en voiture, avoir un paquet à moitié prix de l’autre côté de la frontière. C’est prendre les gens pour des imbéciles. (…) On ne peut pas dire : on va massacrer les buralistes parce que ça nous fait plaisir ». Il faut diversifier leurs activités comme on l’a fait sur la monétique. Il faut qu’ils aillent vers d’autres services à la population et les conduire vers des politiques de prévention. J’ai beaucoup de respect pour cette profession. Simplement je n’aurai pas le respect que j’ai pour cette profession contre nos objectifs de santé publique. »

Discours marisolien

Pour Emmanuel Macron, « tout se construit au lycée et au collège ». Il faut selon lui « afficher la prévention dans les objectifs, le valoriser dans les collèges et les lycées (…) organiser, par exemple, dans toutes les études médicales et paramédicales un trimestre de prévention au cours duquel les étudiants iront faire de la sensibilisation sur ce sujet. Si on n’agit pas au plus jeune âge, on perd énormément en efficacité. » Le bon sens au carré. Le candidat connaît-il le pourcentage des collégiens et des lycéens fumeurs et qui achètent sans difficulté, avant leur majorité, du tabac chez les buralistes ?

On observera que rien ne fut dit sur le « Programme de réduction du tabagisme » voulu par François Hollande il y a trois ans et élaboré par Marisol Touraine. Un échec total. Rien non plus sur la cigarette électronique et la politique de réduction des risques. « Oui, les vapoteurs ont bien remarqué qu’ils n’existaient pas…commente Sébastien Béziau, vice-président de Sovape. Au final un discours marisolien… désolant… décevant… ».

A demain

Le prix du tabac va «augmenter», mais pas celui des cigarettes. Marisol Touraine a perdu la partie

 

Bonjour

Sa posture n’y changera rien. Les rodomontades non plus. Trop de discours vains. Trop loin du sol, de la souffrance des fumeurs, des espérances des vapoteurs. Un comble, pour une personnalité politique de gauche, que de ne pas percevoir une révolution en marche, un appel à la fin d’un esclavage.

 Mardi 31 janvier Marisol Touraine était l’invitée de RTL. Elle soutenait hier encore François Hollande, n’a pas soutenu Hamon,  sera en difficulté dans son « fief électoral » (sic) du sud profond de la Touraine.  Elle se perd dans les incohérences socialistes, parle « d’utopie réaliste », de « dynamique constructive », ne croit pas dans la « fin du travail », observe « tous les progressistes », serait peut-être tentée, qui sait, par Emmanuel Macron.

 Haro sur Vogue

Aujourd’hui elle confirme qu’elle co-signe aujourd’hui un décret qui fixe les prix des produits du tabac et les autorisations de vente. Des marques ne seront plus autorisées des marques « chics », des cigarettes « très fines » destinées aux femmes : Vogue cigarette chantée par Madonna par ailleurs vieille gazette féminine. Marisol Touraine :

« Le prix du tabac à rouler va augmenter, c’est variable, autour d’1,50 euro mais ça dépend… Et c’était annoncé dans le cadre de la Loi de financement de la Sécurité sociale Pour ce qui est des cigarettes, des hausses de taxes avaient été votées. Les entreprises ne les ont pas répercutées et donc le prix des cigarettes va rester à peu près stable. Les hausses viendront plus tard, puisque les industriels ont contourné les règles qui devaient aboutir à une augmentation du prix du tabac. Et, je le dis, moi, je ne lâcherai pas parce qu’augmenter le prix du tabac ; c’est important en termes de santé publique. »

Plus de 10 euros le paquet

 Ainsi donc, Marisol Touraine « ne lâchera pas ». Mais ne lâchera pas quoi ? En cinq ans elle ne sera pas parvenue à faire que le prix du tabac augmente, seul élément dont il a été amplement démontré (en France sous la présidence de Jacques Chirac) qu’il a été un facteur déterminant pour obtenir un recul des ventes et donc un progrès dans la lutte contre les morts prématurées.

Faire reculer la première cause de mort évitable a tout de « l’utopie réaliste » et de la « dynamique constructive ». Les « forces du progrès » ont toutefois, ici, échoué. Marisol Touraine nous dira-t-elle un jour pourquoi ? Combien de temps encore avant un mea culpa ?

Rien ne se fera sans un paquet de tabac nettement au-dessus de 10 euros. C’est précisément un sujet dont ne parlent jamais ni les deux extrêmes, ni Emmanuel Macron, ni Benoît Hamon, ni François Fillon qui fut jadis élu de la Sarthe.

A demain

 

 

Connaissiez-vous Benoît H., spécialiste politique du burn out et des perturbateurs endocriniens ?

 

Bonjour

C’était il y a un an. Personne ne songeait plus à François Fillon et François Hollande était le candidat naturel à sa reconduction. Le burn out, alors, écartelait la gauche plurielle.

C’était il y a un an. Février 2016. Tout, déjà, déchirait la gauche. Pas un jour sans une nouvelle fissure, une nouvelle fracture. On le voyait depuis peu sur le front du travail, ce mot-clef des forces de progrès. Confronté au chômage de masse et à ses innombrables pathologies, le gouvernement venait de mettre au feu avec un « assouplissement » du code du travail applaudi par la droite. Une toute jeune ministre fraîchement nommée (Myriam El Khomri), jouait avec des allumettes (article 49-3).

En marge de cette affaire naissante gonflait un autre abcès : celui du « burn-out »1. La collectivité devait-elle ou non le considérer comme une maladie professionnelle, l’indemniser comme tel ? Un abcès économique, politique, philosophique. Il prenait alors la forme d’une proposition de loi symptomatique signée de Benoît Hamon, longtemps ministre, ministre démissionnaire, ancien porte-parole du Parti socialiste, alors député (Parti socialiste, Yvelines). M. Hamon venait de déposer une proposition de loi « visant à faciliter la reconnaissancedu syndrome dépuisement professionnel en tant quemaladie professionnelle ». Il le faisait avec un petit groupe d’élu(e)s socialistes et écologistes chaque jour un peu plus opposé(e)s au gouvernement de Manuel Valls et au président François Hollande. La liste n’est pas, aujourd’hui, sans intérêt 2. Et nous, naïvement, de postuler qu’il s’agissait peut-être, d’une manière d’exister médiatiquement dans un paysage de plus en plus mouvementé. Extrait de l’exposé des motifs de Benoît Hamon :

Vie colonisée

« En France 3,2 millions de Français sont exposés à un risque élevé de « burn-out » [Étude du cabinet Technologia, publiée en mai 2014] ou syndrome d’épuisement professionnel. Ce syndrome frappe sans distinction, cadres et simples employés, salariés du public comme du privé. Il est la conséquence d’un trop plein de travail, d’un trop plein de pression qui mènent des hommes et des femmes à l’effondrement.

La mondialisation économique a profondément bouleversé le fonctionnement des entreprises. Confrontées à une compétition désormais mondiale, les entreprises se sont adaptées. Très vite, de nouvelles formes de management et d’organisation du travail ont transformé en profondeur le quotidien de millions de salariés, soumettant ceux-ci à des évaluations de performance de plus en plus exigeantes. Les nouvelles technologies ont accéléré le mouvement, maintenant le lien entre les individus et leur travail bien au-delà du temps réel passé dans l’entreprise.

Ce travail, qui colonise la vie, est souvent la première étape d’un processus qui s’achève par des pathologies physiques et psychiques lourdes et durables. La souffrance au travail est le mal de notre temps, comme l’exploitation des femmes et des enfants ou les conditions d’hygiène et de sécurité des travailleurs ont été la face sombre de la révolution industrielle au XIXe siècle. »

Il y a un an on attendait, ministre en titre, Myriam El Khomri. Ce fut Marisol Touraine, ministre de la Santé depuis mai 2012 et invitée le 21 février du « Grand Jury » RTL- Le Figaro-LCI.  « Il est temps de regarder les choses en face. La souffrance au travail, c’est une réalité que l’on ne peut plus escamoter a déclaré Mme Touraine.  Benoît Hamon a raison d’alerter sur ce sujet, mais avant d’en faire une maladie professionnelle, il faut définir ce que c’est que cette maladie ».

Perturbateurs endocriniens

C’est pourquoi la ministre de la Santé souhaitait mettre en place « un groupe de travail » réunissant médecins, experts et chercheurs pour définir médicalement le burn-out. Ce n’était pas la première fois que Marisol Touraine et le gouvernement traitaient du burn out.  Fin juin 2015 la ministre de la Santé expliquait  souhaiter que cette entité, soit « réintroduite » dans la loi via le projet sur le dialogue social. Le Sénat venait alors de la retirer  de la liste des maladies professionnelles. Peu avant les députés avaient adopté un amendement socialiste (identique à un autre du gouvernement) disposant que « les pathologies psychiques peuvent être reconnues comme maladies d’origine professionnelle » – et ce aux mêmes conditions que les autres affections.

Puis en juillet 2005 François Rebsamen  (alors ministre du travail) concluait  brutalement l’affaire : la « loi sur le dialogue social » comprendrait « un début de reconnaissance » du burn-out. Pour autant le « syndrome d’épuisement professionnel » ne figurerait pas « au tableau des maladies professionnelles ». En août 2015 cette loi tait promulguée. Six mois plus tard l’impossible ouvrage était remis sur le vieux métier par un certain Benoît Hamon.

Un an après le paysage a, on le sait, bien changé. François Rebsamen a disparu. Manuel Valls, Marisol Touraine et Myriam El Khomri ne seront bientôt plus ministres, ni François Hollande président. Quant à Benoît Hamon, frondeur modeste, il trône. Il reparle, régulièrement, du contenu de sa proposition de loi mais aussi des « perturbateurs endocriniens » 3. C’est le seul de sa catégorie à s’intéresser à ce sujet d’avenir. C’est le seul, aussi, à parler de futur désirable et désiré.

A demain

1 Une petite somme sur le sujet :  « Le Burn Out » de Philippe Zawieja.  (9 euros-Que sais-je ?)

2 Régis JUANICO, Cécile DUFLOT, Jean-Marc GERMAIN, Delphine BATHO, Laurence DUMONT, Christian PAUL, Carole DELGA, Olivier DUSSOPT, Michèle DELAUNAY, Alexis BACHELAY, Colette CAPDEVIELLE, Jean-Louis ROUMÉGAS, Kheira BOUZIANE-LAROUSSI, Sandrine DOUCET, Gwenegan BUI, Isabelle ATTARD, Jean-Jacques VLODY, Fanny DOMBRE-COSTE, Sergio CORONADO, Dominique CHAUVEL, Pascal CHERKI, Chaynesse KHIROUNI, Guy DELCOURT, Martine LIGNIÈRES-CASSOU, Guillaume GAROT, Audrey LINKENHELD, Jean-Pierre BLAZY, Barbara ROMAGNAN, Michel POUZOL, Danielle AUROI, Jacques CRESTA, Pascale GOT, Pierre-Yves LE BORGN’, Geneviève GOSSELIN-FLEURY, Pascal TERRASSE, Sandrine MAZETIER, Florence DELAUNAY, Arnaud LEROY, Christophe PREMAT, Serge BARDY, Chantal GUITTET, Michel FRANÇAIX, Jean-Pierre LE ROCH, Philippe BAUMEL, Jean-Luc BLEUNVEN, Jean-Pierre DUFAU, Philip CORDERY, Geneviève GAILLARD, Édith GUEUGNEAU, Frédéric ROIG, Jean-René MARSAC, Stéphane TRAVERT, Yves DANIEL, Mathieu HANOTIN, Robert OLIVE, Monique RABIN, Philippe NOGUÈS, Jean-Luc LAURENT, Fanélie CARREY-CONTE, Paul MOLAC, Michèle BONNETON, Jean-Pierre ALLOSSERY, Isabelle BRUNEAU, Linda GOURJADE, Christophe BORGEL, Jean-Michel VILLAUMÉ, Marie-Anne CHAPDELAINE, Sébastien DENAJA, Pouria AMIRSHAHI, Marie LE VERN, Sylviane ALAUX, Jean-Louis TOURAINE, Jean-Louis DESTANS, Brigitte ALLAIN, Laurent BAUMEL, Véronique MASSONNEAU, Michel LESAGE, Thomas THÉVENOUD, Lucette LOUSTEAU, Annie LE HOUEROU, Razzy HAMMADI, Laurent KALINOWSKI.

3 Sur ce thème, indispensable : « Le cerveau endommagé. Comment la pollution altère notre intelligence et notre santé mentale » de Barbara Demeneix (Odile Jacob, 2016)