Les révélations d’Agnès Buzyn : remboursement de la PMA, donneurs anonymes ou pas, etc.

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Révision de la loi de bioéthique : après celle, récente, du calendrier politique par Edouard Philippe, une autre annonce vient d’être faite par Agnès Buzyn. La ministre des Solidarités et de la Santé, invitée du Grand rendez-vous, dimanche 16 juin sur Europe 1, a ainsi dévoilé un petit secret qui ne surprendra guère le citoyen qui s’intéresse aux relations entre ce gouvernement et le dossier dit de la « PMA pour toutes » – Agnès Buzyn avait tenu des propos équivalents il y a un an sur RTL. Puis en mars dernier elle avait semblé hésiter sur France Info.

« Ce qui bloque aujourd’hui les couples de femmes qui veulent avoir des enfants, ce sont les moyens, postule la ministre. L’idée c’est que celles qui n’ont pas les moyens d’aller en Belgique puissent en bénéficier [sic]. À titre personnel, je souhaite le remboursement (…) sinon, ce sera un droit formel mais pas un droit réel ». C’est donc cette option qui est retenue dans le texte de l’avant-projet de loi actuellement examiné par le Conseil d’État – et qui ne sera officiellement connu qu’à la fin juillet.

Autre révélation sur l’anonymat des donneurs de sperme. « Le don restera anonyme, mais nous souhaitons donner le droit aux enfants nés par PMA de pouvoir accéder à l’identité du donneur à l’âge de 18 ans, si celui-ci est d’accord, précise Agnès Buzyn. Ça permet de lever un secret de famille qui est parfois lourd à porter. On n’est pas forcément, quand on est donneur, dans le même état d’esprit quand on donne ses spermatozoïdes à 25 ans et quand, vingt ans plus tard, on est éventuellement sollicité, à 45 ou 50 ans ».

 Interrogée sur l’ampleur d’un éventuel mouvement d’opposition à cette loi, la ministre se montre confiante. « Il y aura la mobilisation de personnes très organisées autour de la ‘’Manif pour tous’’, mais je pense que ça n’aura pas le même écho, le même impact que le mariage pour tous ». Agnès Buzyn évoque ici « une loi de raison », pas « une loi de combat ». Ce qui ne manquera pas de choquer ceux qui, précisément, voient dans l’obtention de ces nouveaux droits la résultante d’un combat.

A demain @jynau

Urgences en danger : qui voudrait 100 euros en prime pour «faire face à des incivilités» ?

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12 juin 2019. L’exécutif pressent le vent du boulet. Sur RTL (Elizabeth Martichoux) le Pr Pierre Carli, clef de voûte historique des urgences de France, vient de nous le faire comprendre : Agnès Buzyn va, dans les heures ou les jours qui viennent faire de nouvelles annonces pour aider « à passer l’été ». Puis, avant les vendanges, il remettra sa « feuille de route » pour tenter de vider un abcès qui est encore bien loin d’être percé. Dans l’attente la pression monte.

Dans l’étrange entretien qu’elle accordé, hier, à Libération (Eric Favereau) Agnès Buzyn a eu ce mot :

« En attendant, les annonces que j’ai faites permettent de répondre à des demandes des soignants. Ainsi, la prime de dangerosité portée à 100 euros pour faire face aux incivilités parfois nombreuses que ce personnel subit. »

Tout est dit. De l’argent contre des « incivilités »  (paroles, actions dénotant une absence de courtoisie, de politesse). Plus précisément cent euros pour « y faire face ». L’actualité est bonne fille qui nous apporte, via Le Quotidien du Médecin (Martin Dumas Primbault) un exemple de comportement discourtois – qui peut aussi être qualifié « d’agression de personnel soignant ». Lundi 10 juin, urgences du CHU de Rennes. Une jeune patiente agitée « s’en est prise physiquement au médecin urgentiste qui essayait de la maintenir sur son lit » avant de s’attaquer à une infirmière et à deux aides-soignantes, a précisé au Quotidien le représentant syndical SUD dans l’établissement breton. Les trois femmes se sont retrouvées à terre « à cause des coups ». Il a fallu attendre l’arrivée de cinq agents de l’équipe du service de sécurité de l’hôpital pour maîtriser la patiente. Tous les soignants agressés sont allés porter plainte au commissariat. 

Le vent du boulet. Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP, annonçait hier au micro de France Info des « embauches supplémentaires » dans les semaines à venir. « Pour la première fois, les effectifs d’infirmiers, d’aides-soignants et de médecins augmenteront parallèlement au nombre de patients », a-t-il promis. Et Martin Hirsch d’assurer prendre « au sérieux ce mouvement depuis le début ». Fallait-il le préciser ?

A demain @jynau

Grève aux urgences : l’Ordre des médecins en appelle solennellement à Agnès Buzyn

Bonjour

5 juin 2019. Sujet chaque jour un peu plus médiatique, la grève des soignants urgentistes entre dans une nouvelle phase. Après Agnès Buzyn (et la polémique sur le « dévoiement ») hier sur France Inter nous avons entendu ce matin  Sibeth Ndiaye, conseillère en communication et porte-parole du gouvernement sur RTL (Elizabeth Martichoux). Entre l’affaire Benalla et la Coupe du monde de football féminin elle s’est exprimée sur ce mouvement atypique autant que symptomatique.

La porte-parole du gouvernement a notamment assuré que la ministre des Solidarités et de la Santé était « disponible pour recevoir » les médecins urgentistes prévoient une manifestation le jeudi 6 juin en plein Congrès des urgentistes organisé à Paris. Un congrès majeur où Agnès Buzyn hésite visiblement à se rendre.

À propos des « arrêts maladie » controversés Sibeth Ndiaye a dit « ne jeter la pierre à personne » et appelle « tout le monde à converger pour essayer de trouver des solutions ». Agnès Buzyn campera-t-elle sur sa position et sa condamnation de ces « arrêts maladie » ? Matignon aimerait que non.  La ministre « suit le sujet avec énormément d’attention, de préoccupation », a encore souligné la porte-parole du gouvernement. « Elle-même médecin », elle « connaît parfaitement la situation de l’hôpital français » ajoute-t-elle.

C’est dans ce contexte que vient de s’exprimer, avec la hauteur et la solennité qui sied, le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) qui, inquiet, « appelle à une concertation d’urgence ». Extraits :

« Le Conseil national de l’Ordre des médecins a suivi les évolutions des grèves des médecins et personnels soignants dans les services d’urgences des hôpitaux. Il a pris connaissance des réquisitions préfectorales, notamment à Lons-le-Saulnier, et de l’émotion que les conditions de leur mise en application ont suscitée (…)  

« L’Ordre des médecins appelle avec gravité, dans le cadre du dialogue social, à l’organisation d’une concertation d’urgence impliquant tous les acteurs afin qu’une réponse durable soit apportée aux revendications des professionnels de santé, tant pour le service des patients que pour eux même. Leur souffrance face aux conditions de travail actuelles doit être entendue (…)

«  Malgré de nombreuses alertes, des grèves hospitalières se multiplient partout en France. La crise des services d’urgences est l’un des symptômes les plus aigus de l’extrême difficulté dans laquelle se trouve l’hôpital public. L’Ordre des médecins apporte son écoute et son soutien à l’ensemble des médecins et professionnels de santé qui exercent près des patients dans des conditions de plus en plus difficiles, et il est prêt à prendre toute sa part dans l’élaboration des décisions ministérielles qui ne sauraient être plus longtemps différées. »

Agnès Buzyn est-elle toujours inscrite à l’Ordre des médecins ?

A demain

@jynau

Urgentistes grévistes dévoyés : le gouvernement français les assure de toute sa solidarité

Bonjour

La grève des soignants urgentistes est désormais sur toutes les ondes médiatiques. Et le pouvoir exécutif tente de colmater les brèches. Après Agnès Buzyn (et la polémique sur le « dévoiement ») hier sur France Inter, aujourd’hui Sibeth Ndiaye, conseillère en communication et porte-parole (incontrôlable) du gouvernement sur RTL (Elizabeth Martichoux). Entre l’affaire Benalla et la Coupe du monde de football féminin, la grève des urgences. Extraits fournis par la station, à verser au dossier :

« Ce n’est pas une situation qui date d’aujourd’hui. Elle s’est sédimentée parce que des mauvaises décisions ont été prises depuis des années et des années. Moi, je comprends ce que vivent aujourd’hui les urgentistes. (…)  Cette difficulté, la difficulté de leur métier au quotidien, l’engagement qu’ils y mettent, je comprends aujourd’hui ce qu’est leur colère, ce qu’est parfois leur sentiment de désespoir et donc je veux évidemment les assurer de toute la solidarité du Gouvernement. (…) La médecine libérale aujourd’hui n’est pas au rendez-vous, c’est cela que nous devons réorganiser. (…)  Il y a des règles sur l’utilisation d’un arrêt maladie et un arrêt maladie ce n’est pas un moyen de faire une grève .(…)  La ministre de la Santé est disponible pour écouter et recevoir, elle l’a fait, elle continuera à le faire. »

Sur l’affaire Benalla [la journaliste Sophie Coignard revient, dans le livre « Benalla, la vraie histoire. Un intrus au cœur du pouvoir » (Editions de l’Observatoire), sur l’épisode de la Contrescarpe et sur les relations entre Alexandre Benalla et l’entourage du Président. Alexandre Benalla voulait une médaille après les événements du 1er mai]

« Evidemment que c’est choquant. Quand vous travaillez à la Présidence de la République, vous êtes quelque part l’incarnation de ce qu’est à la fois l’institution, la Présidence de la République, mais aussi une vitrine de ce qu’est le Président de la République. »

Sur la Coupe du monde de football féminin :

« Je suis fan de l’idée qu’un sport féminin ait pu émerger comme le football féminin est en train d’émerger en ce moment. Par solidarité féminine et parce que je suis profondément convaincue de l’impératif d’égalité entre les hommes et les femmes, j’irai les soutenir et je mettrai toute la panoplie du supporter. »

A demain

@jynau

L’invraisemblable affaire du malade auquel l’administration refuse le droit au pembrolizumab

Bonjour

On attend la réaction du ministère des Solidarités et de la Santé.

C’est à lire dans Nice Matin :« Atteint d’un cancer de la vessie, il ne peut pas être soigné à cause d’un incroyable problème administratif » (Nancy Cattan). Où l’on apprend que depuis trois semaines, le Dr Jérôme Barrière, oncologue à la polyclinique Saint-Jean de Cagnes-sur-Mer, « se bat comme un lion » : posts sur LinkedIn, appels insistants à la CNAM (Caisse nationale d’assurance maladie), à la DGOS (Direction générale de l’offre de soins), prise de contact avec les autres établissements de santé du territoire…

« Partout, la même réponse : vous avez raison, mais on ne peut rien faire. Inacceptable pour l’oncologue azuréen. Car, ne rien faire, c’est laisser mourir René, un habitant de Saint-Laurent-du-Var de 76 ans, atteint d’un cancer de la vessie métastatique. Laisser mourir René, alors qu’il existe un médicament, le pembrolizumab, susceptible de le sauver. »

Précision : le pembrolizumab (Keytruda® ) de MSD.

« Un médicament qui a obtenu le Graal, soit une autorisation de mise sur le marché (AMM), mais dont le prix n’a toujours pas été fixé par les instances. Pendant que la situation s’éternise, ce médicament peut légalement être utilisé, mais, faute de prix, il ne peut être facturé par les établissements de santé à la CPAM. Personne dès lors pour honorer une facture qui devrait s’élever à plus de 70.000 euros pour un an de traitement (c’est à ce prix que le pembrolizumab est commercialisé dans son autre indication, le cancer du poumon métastatique). »

Nice Matin rapporte encore que, confronté à une fin de non-recevoir administrative et « incapable d’accepter la sentence », le Dr Barrière a choisi de saisir la presse pour dénoncer une situation kafkaïenne, mais qui deviendrait, selon lui, le quotidien des oncologues. 

« M. Estève est en impasse thérapeutique. Sa maladie évolue, sa vie est en danger, mais on ne peut plus le traiter une seconde fois par chimiothérapie, ça le tuerait. Seul le pembrolizumab, une immunothérapie déjà utilisée dans le cancer du poumon, peut encore le sauver. Nous sommes tombés d’accord sur ce point en RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire). La preuve scientifique de l’efficacité de cette molécule a été fournie, puisqu’elle a obtenu en 2017 son autorisation de mise sur le marché (AMM) dans l’indication, cancer de la vessie avec métastase. »

Le Dr Barrière envisage même une requête de référé devant le tribunal administratif. Sans y croire. Et le temps presse. Le pronostic vital de René est engagé. « Les pouvoirs publics sont incohérents, dit-il à la presse. Ils nous mettent, nous médecins, dans des situations kafkaïennes et éthiquement intolérables, avec des patients qui comprennent qu’ils ont des pertes de chance de guérison. Ne pourrait-on pas avoir une procédure de remboursement accélérée, une fois les AMM accordées ! ».

On attend la réponse des services d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé.

A demain

@jynau

Pour s’être fait portés pâles, les urgentistes dévoyés de Lariboisière seront condamnés ?

Bonjour

« Dévoyer » n’est pas un mot que l’on peut utiliser à la légère. C’est, de nos jours, un verbe rarement usité dans les médias. Jadis il signifiait « détourner de la voie, du chemin ». On pouvait aussi, pour le bien commun, « dévoyer un tuyau de cheminée » : le détourner de la ligne verticale, lorsqu’il rencontre un obstacle.

Métaphoriquement c’était détourner de la voie que l’on estime être (ou qui était jusque là) la sienne.  Avec, souvent, une idée de dégradation morale : « Ferdinand n’était-il pas foncièrement mauvais; si on ne l’avait pas dévoyé au collège de Saint-Margelon, il aurait pu faire un bon Haudouin de campagne ». Aymé, La Jument verte,1933.

Agnès Buzyn, ce matin, sur France Inter : « Je reçois les urgentistes, je les reçois régulièrement. Ils attendent une initiative pour repenser les urgences de l’avenir et je travaille avec eux sur ces perspectives. Je pense effectivement qu’il y a une très grosse fatigue des personnels aux urgences. Je l’entends et j’y travaille. Ce qui c’est passé à Lariboisière est assez inédit. Ils se sont mis en arrêt maladie. C’est dévoyer ce qu’est un arrêt maladie. Je pense que ce n’est pas bien (…) »

« Se faire porter très pâle »

Nous sommes donc bien ici dans l’acception morale ; des soignants urgentistes se « sont mis en arrêt maladie » alors qu’il n’étaient pas « malades ». Mais pour « protester » car il ne peuvent pas pratiquement « faire grève » sans être aussitôt réquisitionnés. On peut voir là une forme de désobéissance civile. Se faire porter pâle pour une noble cause qui vous dépasse. On parle alors d’arrêts maladie « de protestation ».« Ce n’est pas bien ! » dit la ministre des Solidarités et de la Santé sur les ondes de la-première-radio-de-France.

« Dévoyer » ? « C’est une forme extrême de protestation qui a été utilisée. […] On peut contester cette modalité d’action mais ce qu’il faut bien comprendre,c’est que la réponse du personnel est liée à l’inconséquence des gens qui nous gouvernent » avait préalablement déclaré, sur RTL le Dr Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France.

« Arrêt maladie » ? ou arrêt de travail pour maladie, parfois intitulé « congé maladie » : permet une indemnisation couvrant la période pendant laquelle un employé  interrompt son travail  pour cause de maladie. C’est lors d’une consultation chez un médecin que celui-ci lui remet un avis d’arrêt de travail que l’assuré doit compléter et transmettre dans certains délais à la Sécurité sociale et à son employeur. Certes. Mais que dire quand l’employé est un médecin et que son employeur est la ministre des Solidarités et de la Santé ?

Les soignants urgentistes insoumis de Lariboisière ont « mal agi ». Seront-ils poursuivis pour ce qu’ils ont fait ? Seront-ils condamnés pour l’exemple ? « La Ministre a jeté de l’huile sur le feu avec son intervention sur France Inter ce matin, nous confie l’un des porte-parole des portés pâles. Ce type d’action risque de se reproduire dans d’autres établissements. Les personnels sont en colère et épuisés. Le mouvement continue à s’étendre et deux journées d’action sont prévues le 6 et le 11 juin. »

A demain

@jynau

L’envenimement des grèves aux urgences : il ne faut pas dévoyer l’arrêt maladie (Agnès Buzyn)

Bonjour

Hier invisible ou presque des médias généralistes la grève des urgentistes vient de s’envenimer : des grévistes réquisitionnés viennent ainsi de se mettre en « arrêt-maladie » pour protester contre leurs conditions de travail. Après un très gros abcès à Lons-le-Saunier on apprend que dans la nuit du 3 au 4 juin, à l’hôpital Lariboisière de Paris, les équipes de nuit n’étaient pas présentes. C’est donc le personnel de jour qui a dû être réquisitionné : l’équipe a travaillé durant dix-huit heures d’affilée. Des pompiers et le SAMU ont aussi dû transférer des malades vers d’autres services hospitaliers.

« C’est une forme extrême de protestation qui a été utilisée. […] On peut contester cette modalité d’action mais ce qu’il faut bien comprendre,c’est que la réponse du personnel est liée à l’inconséquence des gens qui nous gouvernent » a déclaré, sur RTL le Dr Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France (mouvements nationaux les 6 et 11 juin) :

« La situation dans les services d’urgence et plus globalement dans les hôpitaux est catastrophique.  Le mouvement de grève débuté à l’hôpital Saint-Antoine s’est étendu dans de nombreux hôpitaux, parfois au-delà des services d’urgences.

Les plans d’économie successifs, associés à des fermetures de lits et des services rendent les conditions de travail des personnels insupportables.  Nous n’avons plus aujourd’hui les moyens de prendre en charge nos patients dans des conditions dignes et en toute sécurité.

Le gouvernement doit entendre notre cri d’alarme, à la veille de l’été, période toujours très difficile dans les hôpitaux.  Nous demandons à la Ministre de la Santé d’ouvrir immédiatement des négociations pour répondre aux revendications posées par les personnels. »

Très grosses fatigues

Réponse de la ministre Agnès Buzyn, ce matin sur France Inter . Qu’a-t-elle à dire, au-delà « de la calinothérapie et des mots doux » ?

« D’abord j’ai mis beaucoup d’argent sur la table [sic] pour l’hôpital public l’année dernière et cette année (…) ce qui permet aux hôpitaux de retrouver un peu de souffle. (…) Aujourd’hui l’engorgement aux urgences est essentiellement lié au fait que les patients ne trouvent pas de médecins capables notamment de les prendre sans rendez-vous. (…) Je comprends leur impatience [celle des médecins urgentistes] Je dis à tous les Français qui le peuvent (évidemment il y a des endroits où il n’y a pas de médecins et donc je l’entends …) d’éviter d’aller aux urgences quand on peut essayer de trouver un rendez-vous avec un médecin généraliste, dans un centre de santé, dans une maison de santé …. 

« Je reçois les urgentistes, je les reçois régulièrement. Ils attendent une initiative pour repenser les urgences de l’avenir et je travaille avec eux sur ces perspectives. [Sur Lariboisière et les ‘’arrêts maladie’’] : Je pense effectivement qu’il y a une très grosse fatigue des personnels aux urgences. Je l’entends et j’y travaille. Ce qui c’est passé à Lariboisière est assez inédit. Ils se sont mis en arrêt maladie. C’est dévoyer ce qu’est un arrêt maladie. Je pense que ce n’est pas bien car ça entraîne une surcharge de travail pour les autres (…) La règle, dans le monde médical, quand on fait grève, c’est de mettre un brassard et de venir travailler pour ne pas mettre en danger la vie d’autrui. (…) Nous sommes totalement mobilisés pour améliorer la situation et nous attendons les prochaines générations de médecins urgentistes qui sont entrain d’être formés. Il y en a quatre cents par an et il vont arriver sur le terrain. »

La garde montante arrivera-t-elle à temps ?

A demain

@jynau