Révélations: les promesses d’Emmanuel Macron et de François Fillon aux vendeurs de tabac

 

Bonjour

Lendemain du « grand ‘’débat’’ télévisé sans précédent sous la Vème République ». Exposés et catalogues, postures et quelques invectives. Une « pudeur de gazelle »… Les commentateurs décryptent, soupèsent les scores des acteurs. De quoi se souviendra-t-on ?

En marge de ce spectacle de masse existent, en coulisse, des échanges éclairants. Le site des buralistes révèle pour sa part les deux courriers adressés à Pascal Montredon, président de leur Confédération. Le premier est signé de François Fillon. Il faut lire, dans le détail, ce courrier. Extraits donnés par le site :

 « Le réseau des débitants a un rôle économique et social crucial à jouer (…) je suis très attaché au maintien de son monopole dans la distribution du tabac ainsi qu’au développement et à la diversification de vos activités (…)

 « Je souscris à votre proposition de grand plan de lutte contre le marché parallèle du tabac. Avec notamment une meilleure coordination entre les services douaniers et les autres forces de l’ordre sur le terrain ainsi qu’une vraie sensibilisation de l’opinion publique. Je souhaite engager la France, comme le préconise l’OMS, et conformément à la Directive européenne qui devra s’appliquer dans les meilleurs délais, dans une logique de traçabilité de l’origine des paquets de cigarettes jusqu’au buraliste (…)

 « Il faudra aussi évaluer la mise en place du paquet neutre pour en mesurer l’efficacité réelle. En fonction de cette évaluation, aucune option n’est à écarter. L’essentiel étant que nous soyons au même niveau de normes que nos voisins européens ».

Gazelles et cigarette électronique

 Le second courrier est signé d’Emmanuel Macron. Extraits :

 « Les buralistes sont au cœur des mutations professionnelles et sociales qui caractérisent notre époque. Ces mutations sont porteuses de risques pour vos diverses activités, mais elles sont également porteuses d’opportunités : c’est la raison pour laquelle, si je suis élu président de la Républiqueje souhaite vous accompagner dans cette transition (…)

 « Il existe aujourd’hui une part non négligeable du tabac, consommé dans notre pays, près de 30 % selon les études que vous m’avez adressées, qui provient du marché parallèle (…) En plein accord avec le traité de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) que l’Union européenne a ratifié cet été, j’entends faire de la lutte contre ces pratiques illégales une priorité (…)

« Je sais également votre préoccupation concernant la pérennité du monopole de distribution du tabac. Il est à mes yeux indispensable que cette exclusivité ne soit pas remise en cause (…) Les objectifs que j’ai fixés dans mon projet présidentiel en matière de lutte contre le tabagisme seront donc nécessairement atteints avec vous et grâce à vous (…)

 « De même, je suis sensible à votre volonté de diversifier vos activités. L’État a pris des engagements concernant cette diversification et je veux que nous puissions maintenant les mettre véritablement en œuvre (…) À ce titre, le succès du Compte Nickel démontre à quel point vos confrères peuvent être les acteurs d’innovations technologiques et sociales ».

Pudeurs de gazelles. Positions communes quant à la priorité donnée à la lutte contre le marché parallèle de tabac. Maintien du monopole. Rien sur la cigarette électronique ni sur une politique de réduction des risques contre la « première cause de mortalité prématurée évitable ». Pour qui voteront les 24 860 buralistes de France ?

A demain

Premier mea culpa de François Fillon, candidat chrétien à la présidentielle (Sécurité Sociale)

Bonjour

Mieux vaut tôt que trop tard. Il était accusé, depuis sa victoire napoléonienne à la primaire de la Droite, de vouloir « privatiser » la Sécurité Sociale. On se souviendra qu’à l’aube du 11 janvier François Fillon est passé à confesse. C’était sur RMC-BFMTV  (21 minutes) face à Jean-Jacques Bourdin, journaliste auto-déclaré athée.

On l’avait agressé sur le rhume plus ou moins bénin 1. Bourdin le cherche sur la grippe. François Fillon en profite pour lancer quelques piques à Marisol Touraine. Répondra-t-elle ?

Rembourser

« On n’a pas été bons, on n’a pas été clairs dans nos propositions » sur la Sécurité sociale, a reconnu l’ancien Premier ministre. Ce que nous avions écrit a été mal compris, je l’ai retiré, j’ai lancé un débat avec l’ensemble des responsables de la santé, les médecins ». Et encore :

« Les auditions se déroulent en ce moment, je referai des propositions (…) avant la fin du mois de janvier ou début février. Ce que je veux c’est qu’il y ait une meilleure répartition entre les mutuelles et la Sécurité sociale et que les mutuelles soient plus contrôlées car la réforme qui a consisté à rendre obligatoire les mutuelles s’est traduite par des baisses de remboursement. »

Le candidat à la présidentielle proposera « une agence de régulation sur les mutuelles ». Et uniquement sur les mutuelles. C’est immanquable puisque le postulat est qu’« il va bien falloir réorganiser notre système de protection sociale et de santé ».

« On voit que [la Sécu] marche pas. Ce matin toutes les radios nous expliquent que le système est en train de sauter, parce qu’il n’y a plus assez de place dans les services d’urgence, de médecins sur le terrain… Une simple épidémie de grippe est en train de paralyser le système. Ce qui montre que quand Mme Touraine explique que tout va bien, que tout est formidable, que c’est le programme de François Fillon qui menace la Sécurité sociale, ça n’a juste aucun sens. »

Malaise vagal

Bourdin lui demande s’il a changé de position, notamment sur la question des mutuelles, François Fillon répond : « Il y a parfois des porte-parole qui sont un peu rapides, puis comme on est en train de fusionner des équipes qui faisaient campagne pour des candidats différents, il y a encore un peu de réglages à faire, je le reconnais. » Ainsi donc les torts sont partagés.

L’athée Bourdin l’interroge sur son usage politique (TF1) de la chrétienté. C’était « spontané ». Le catholique répond que certains se revendiquent marxistes. Il ne s’agit pas de « foi » mais de « valeurs ». Il « recommencera ». Une question connectée sur le malaise vagal de Nicolas Sarkozy 2.  Puis cette révélation : Emmanuel Macron aurait pu être le « directeur adjoint de cabinet » de François Fillon. A ce moment-là, dans le studio de RMC-BFMTV, certains jureraient avoir vu un ange passer.

A demain

1 « Une définition du ‘’petit rhume’’ pour François Fillon ». Slate.fr 14 décembre 2016

2 « Nicolas Sarkozy hospitalisé : malaise vagal ? ». Slate.fr 26 juillet 2009

Délices politiques : après le «chipoter» de Touraine, le «chochottes» de Juppé

Bonjour

Lacan Jacques n’a pas précisé si, chez les politiques aussi, l’inconscient était comme un langage structuré. Reste que certains de leurs mots en disent long sur leur volonté, leur âge, leur CSP. Il y avait eu, début septembre, le désormais célèbre « chipoter », verbe assez familier (premier degré) de Marisol Touraine.

« Chipoter » que la ministre de la Santé, ennemie du tabac,  avait préférer à « mégoter ». Elle s’exprimait alors au micro du « Grand Jury » RTL-LCI-Le Figaro. Et parlait de la future indemnisation des quelques milliers de victimes de la Dépakine®. Un dossier de quelques milliards d’euros. L’Etat ne saurait chipoter, ne chipotera pas.

La gomme est mise

Aujourd’hui c’est au tour d’Alain Juppé, 71 ans, énarque, agrégé de lettres classiques et candidat pour un seul quinquennat à la Présidence de la République. Les tours de pistes imposés par la « Primaire de la Droite et du Centre » l’avaient conduit à user de termes rarement usités par les plus jeunes des futurs électeurs. Il y eut ainsi le délicieux Prisunic®, enseigne disparue au tournant du millénaire. Une boulette dont il s’était expliqué le lendemain sur RTL. Il avait alors « battu sa coulpe » et juré vivre dans notre monde, le vrai monde, le monde réel :

« Je voudrais vous rassurer tout à fait. Je fais mes courses moi-même à Bordeaux. Je ne vais pas à Prisunic, je vais à Monoprix, je vais à Auchan®, je vais à Simply® et Carrefour Market®. (…) Je vis dans le monde réel et je fais la queue à la caisse de ces magasins (…) de ces superettes de proximité. »

Puis, rebondissement. Après le choc Fillon une rumeur circula : Juppé avait envisagé de « jeter l’éponge ». Rumeur tuée dans l’œuf : « Je n’ai jamais hésité une seconde à continuer le combat assura l’intéressé au 20 Heures de France 2. Je vais mettre toute la gomme. »

« Mettre la gomme » ? Ce fut jadis, au temps des moteurs à explosions,  une expression assez populaire  signifiant que l’on allait « accélérer l’allure », « se dépenser dans une activité ». Cette formule était déjà datée au milieux du siècle passé comme en témoigne le roman Tournez jolies gosses de Paul Vialar paru en 1956 : « [dans l’auto(…). Le garçon mettait, comme on disait, ‘’toute la gomme’’ ».

 Flaubert revisité

Sommes-nous passés de gomme à « gommeux » ? Mystère et boule de. Hier 23 novembre, à la veille d’un face à face tragique Alain Juppé à osé un « chochotte » de derrière les fagots. C’était à la messe du 20 heures de TF1. :

« Je n’ai jamais attaqué en dessous de la ceinture, j’ai posé des questions pour demander des clarifications. J’en ai d’autres. Sur la santé, par exemple. François Fillon veut-il vraiment que les infirmières dans les hôpitaux travaillent demain 39 heures payées 37 ? (…) Disons des choses crédibles, sérieuses, qui sont réalistes, plutôt que d’annoncer des choses qu’on ne fera pas. (…) Il ne faut pas avoir l’épiderme trop sensible… Il ne faut pas jouer les chochottes ».

Dans la même séquence le candidat Juppé a argué avoir subi des attaques d’une rare bassesse  évoquant notamment des « scuds » et une « campagne dégueulasse ».

« Sous la ceinture » ? « Chochotte » ? En anglais se dit  sissywusspansy voire pansy. En français,  évoque un garçon chouchouté, douillet, maniéré. On parle aussi de tendance bêcheuse, snob, mijaurée voire chichiteuse.

Alain Juppé ou Flaubert revisité : « Prisunic® : supérette de quartier, existait au siècle passé ». « Gomme : jadis, on en mettait ». « Chochotte : sutout, ne pas les jouer ».

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Rires, tabac et salle de shoot : MM. Nicolas Sarkozy et Canteloup sont dans un bateau

 

Bonjour

Comment faire rire avec la création de la première salle de shoot française ? Comment faire s’esclaffer les foules avec une entreprise qui vise à sauver des personnes droguées voguant vers une mort prématurée ? Il faut, ici, compter avec les vrais professionnels. Lemondedutabac.com site des buralistes français, ratisse large et peut nous y aider.

Il se souvient des propos tenus par Nicolas Sarkozy au lendemain de l’ouverture officielle de la salle dans les locaux, libres d’accès, de l’hôpital Lariboisière (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris). Première salle, trente ans après la Suisse. L’ancien président de la République qui veut le redevenir tenait meeting en Haute-Savoie. Et de tacler petitement  cette salle de shoot« aimablement rebaptisée salle de consommation à moindre risque ».  Et d’ajouter :

 « Rassurons-nous, car l’arrêté ministériel (…) a bien précisé qu’il est interdit d’y consommer … du tabac, car c’est dangereux pour la santé ».

Lettres d’amour

Il y a trente ans la droite parlait et agissait autrement.  En France François Mitterrand était président et Michèle Barzach ministre de la Santé du gouvernement Chirac. Elle inaugurait, d’un trait de plume et en dépit de l’idéologie de son camp, la politique de réduction des risques en toxicomanie. Puis trente ans ont passé. Michèle Barzach a disparu des écrans et dans les gares on vend les lettres d’amour de François Mitterrand. Des lettres que la destinatrice commente en riant sur France Culture.

 Comment faire rire avec la création de la première salle de shoot française ? Nicolas Canteloup, célèbre et omniprésent imitateur s’y emploie. Il y a quelques jours, après le 20 heures de TF1 il tentait de singer Anne Hidalgo, maire de Paris jouant la rabatteuse devant Lariboisière. On peut le voir ici . C’est Canteloup : c’est rien et c’est tout.  MM Nicolas Sarkozy et Nicolas Canteloup étaient il y a peu face à face sur Europe 1. Impayable, redoutable, suicidaire.

Coluche est mort il y a trente ans. Lui aussi avait osé la toxicomanie. Avec son chef d’œuvre « Gérard ». Le haschisch, les beatniks, le patriotisme, le chômage. On peut le retrouver ici.

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Nouveau en France : une carte du harcèlement et de la maltraitance dans les hôpitaux

Bonjour

Ne plus subir. Ou, du moins, ne plus subir dans l’ombre. « La peur doit changer de camp ». Au lendemain des nouvelles et accablantes révélations sur les circonstances de la mort d’Adama Traoré 1 c’est un communiqué de presse qui n’a pas fini de faire parler. Il fait suite à la première assemblée générale de l’Association Jean-Louis Mégnien 2 – « association de lutte contre la maltraitance et le harcèlement au sein de l’hôpital public ».  Cette assemblée s’est tenue à Paris le 10 septembre dernier, date qui coïncidait symboliquement avec la « XIVème Journée Mondiale de Prévention du Suicide ». Une centaine d’adhérents présents.

Depuis la réunion fondatrice de mars 2016 (trois mois après le suicide du Pr Jean-Louis Mégnien) les différentes actions ont sans aucun doute permis de mettre en lumière le problème du harcèlement moral à l’hôpital public. « La cascade récente et sans précédent de suicides touchant toutes les catégories de personnel, en lien avec des conditions de travail dégradées, est un signe très inquiétant, observent les responsables.  Le grand nombre de dossiers, souvent très documentés, qui nous sont parvenus témoigne de l’ampleur et de la gravité des phénomènes de maltraitance dont sont victimes les médecins hospitaliers et les autres personnels – et ce alors même que leur valeur professionnelle n’est nullement en cause. »

Contre-pouvoir aux directeurs

D’où cette initiative sans précédent : une carte des hôpitaux signalant des situations présumées de harcèlement sera bientôt éditée sur le site de l’Association et régulièrement mise à jour. « Nous ne sommes pas dans une logique de diffamation, nous voulons alerter le plus possible le public et les autorités, assure le Pr Philippe Halimi chef du service de radiologie de Georges-Pompidou (AP-HP) et président de l’association. Il faut introduire des modifications réglementaires et législatives pour opposer un contre-pouvoir aux directeurs ». L’autre risque, évidemment, est celui des possibles conséquences des phénomènes de délation.

Ce n’est pas tout :

« L’association dénonce les abus de pouvoir répétés émanant des directions hospitalières, relayés par les ARS (Agences Régionales de Santé) et le CNG (Centre National de Gestion) qui se traduisent par :

– des suspensions d’activité arbitraires, sans contrôle ni limite de temps ;

– des rapports uniquement à charge pour discréditer et isoler la personne harcelée ; 

– des « propositions » dégradantes et humiliantes pour le médecin mis en recherche d’affectation ;

– des procédures d’insuffisance professionnelle totalement injustifiées ;

– le non-respect de l’Etat de droit quand une décision de justice demandant la mise en œuvre de la protection fonctionnelle est ignorée des directions ou quand la demande de réintégration d’un médecin suspendu à tort est contournée au travers de mutations, de fermetures d’unité, de signalements au parquet sans le moindre début de preuve. »

 Sanctionner les harceleurs

L’association s’étonne que le rapport d’étape de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) sur le suicide du Pr Jean-Louis Mégnien et sur « la situation de l’Hôpital Européen Georges-Pompidou » n’ait pas encore été rendu public – et ce en dépit des engagements de Marisol Touraine, ministre de la Santé et de l’expression affichée de sa volonté de transparence. Le chemin qui reste à accomplir est long :

« L’Association fera des propositions d’ajustements réglementaires pour modifier le fonctionnement des organismes de tutelle (ARS, CNG). Elle exigera l’application de sanctions administratives exemplaires contre les harceleurs, quels qu’ils soient.

« Elle œuvrera pour des modifications de la loi HPST et des lois de santé qui ont suivies, dans le sens d’un rééquilibrage des pouvoirs au sein de l’hôpital. En effet, ces lois ont exagérément renforcé le pouvoir des directeurs et affaibli les contre-pouvoirs, avec les dégâts humains qui en résultent dans tous les corps de métier de l’hôpital. »

« Dégâts humains »…

A demain

1 Après le récit du premier secouriste, récit  publié par la nouvelle émission « Quotidien «  (TF1-TMC) et que Libération a consulté, c’est Le Monde (Julia Pascual) qui complète les données quant à l’inaction aux conséquences potentiellement mortelles des gendarmes – données courageusement détaillées par un membre des pompiers appelé sur les lieux :  « Mort d’Adama Traoré : un pompier contredit la version des gendarmes ». On attend toujours la version définitive du procureur de la République de Pontoise.

2 Il y a neuf mois, le 17 décembre dernier, le Pr Jean-Louis Mégnien, père de cinq enfants, se donnait la mort en se jetant par la fenêtre de son bureau du 7e étage de l’Hôpital européen Georges-Pompidou, vitrine et navire-amiral de l’Assistance publique (AP-HP).

 

Adama Traoré : pensant qu’il «simulait» les gendarmes n’ont jamais cherché à le réanimer

 

Bonjour

Il est des journalistes qui ne lâchent pas certaines affaires. Où l’on reparle, ainsi, de la mort d’Adama Traoré survenue le 19 juillet – Adama Traoré, 24 ans, menotté par terre dans la cour de la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise), peu de temps après son arrestation mouvementée, musclée.

Deux mois plus tard : du nouveau avec les auditions effectuées par l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN). Et du nouveau, surtout, avec récit du premier secouriste, récit  publié par la nouvelle émission « Quotidien «  (TF1-TMC) et que Libération a consulté. Il révèle la « quasi-absence » de réaction des gendarmes. «Un gendarme m’a indiqué que la victime simulait et que c’était quelqu’un de violent», raconte le sergent-chef des pompiers. Un second gendarme (identifié par le secouriste comme un des responsables de l’unité) tient le même propos : Adama Traoré «simule» un malaise.

En pratique les pompiers arrivent sur place un peu avant 18 heures (soit environ une demi-heure après l’interpellation réalisée avec plaquage ventral – une méthode policière dénoncée par des associations de défense des droits de l’homme pour le risque d’asphyxie mortelle auquel elle expose).

Hyperthermie manifeste

Quand les pompiers arrivent, aucun gendarme n’aurait débuté de massage cardiaque. L’un d’entre eux explique dans son audition : «Nous ne détectons aucune anomalie qui nécessitait des gestes de premiers secours. Ce que je constate, c’est qu’il ouvre les yeux à plusieurs reprises.» «Quand j’arrive sur la victime, il y a du monde autour mais personne ne s’en occupe. La victime se trouvait sur le ventre, face contre terre», relève pour sa part  le pompier. Ce dernier s’inquiète d’emblée de l’état du jeune homme : «pas de ventilation et pas de pouls». Or les gendarmes assurent de leur côté procéder à une surveillance «constante» des paramètres vitaux.

Toujours aussi troublant : les forces de l’ordre disent aussi placé Adama Traoré en position latérale de sécurité (PLS). Or le pompier interrogé est catégorique : «Moi, quand j’arrive, il n’est pas en PLS mais il est face contre terre ». On aimerait désormais entendre Yves Jannier, procureur de la République de Pontoise (ancien doyen des juges d’instruction anti-terroristes au Tribunal de Grande instance de Paris) . D’emblée il avait expliqué aux journalistes dit alors que la cause de la mort semblait «  « être médicale chez un sujet manifestement en hyperthermie au moment où il a été examiné par les services de secours ». C’était le 29 juillet. Il était, déjà, accusé de ne pas dire la vérité.

A demain

Intelligence et politique : Emmanuel Macron sait-il que le Q.I. des Français est menacé ?

 

Bonjour

Rentrée. Un jeune ancien ministre est sur tous les écrans. Statique, souriant, il nous dit qu’il marche. Blond, ancien philosophe, ancien banquier, il nous semble surtout planer. Un soupçon d’Urbain Grandier. Pour un peu il léviterait. Il rentre d’Orléans (Jeanne d’Arc) et du Puy-du-Fou (Philippe de Villiers et Jeanne d’Arc). « Mr Hyde et Dr Jekyll » dira Alain Juppé. Où va-t-il ?

A la messe de 20 heures, sucré lisse, il ne répond pas aux questions, simples, de Gilles Bouleau. Il nous montre, entend nous montrer, qu’il est animé d’une flamme intérieure. Corollaire : il se garde comme la peste, nous dit-il, du narcissisme. TF1 nous le montre parler aisément anglais, la langue de l’occupant. Puis, lustrant ses mots, il bute très malencontreusement sur une liaison française. C’est un bon élève qui est déjà à la place du maître.

Ile de Ré

Rentrée. Le Monde se remplume. Les chroniqueurs  reviennent de la plage. Bronzés comme jamais.  En tête : Laurent Alexandre qui avait causé quelques petites frayeurs éthiques l’an passé. Il est toujours là. Aujourd’hui nous traitons du cerveau humain, de tout ce qui y entre – et de l’intelligence qui peut en sortir.  Au tableau : l’effet Flynn, du nom du chercheur (James R. Flynn) qui l’isola : le QI a eu tendance à s’élever depuis un siècle, un peu partout dans le monde. Pourquoi diable une telle élévation ? Ecoutons :

« Cela semble dû au fait que les individus ont bénéficié d’un environnement intellectuellement plus stimulant qu’autrefois avec l’allongement de la durée des études, l’égalité homme-femme et une plus grande attention parentale. La société propose à l’enfant plus d’informations et de défis intellectuels. Le gain moyen de points de QI est compris entre trois et sept points par décennie, selon les études. Les Pays-Bas, qui disposent des tests effectués sur les appelés au service militaire, enregistrent une progression du QI de 21 points entre 1952 et 1982. »

Effondrement

Cela ne pouvait durer : depuis quinze ans, l’effet Flynn semble s’être inversé dans les pays développés. La moyenne du QI français a, par exemple, chuté de quatre points entre 1999 et 2009… Considérable…! Tous les pays sont touchés et la vitesse de cette chute exclut une évolution génétique. Qu’en pense le Pr Alexandre ?

« Certains accusent Internet et les réseaux sociaux, sans apporter de preuves convaincantes. Plus sérieusement, de nombreux chercheurs incriminent divers polluants et notamment les perturbateurs endocriniens, qui exposent le cerveau dès la vie fœtale à une pollution chimique diffuse. Les perturbateurs endocriniens interfèrent notamment avec les hormones thyroïdiennes qui modulent l’expression des gènes ­pilotant la formation de structures cérébrales majeures comme l’hippocampe. »

Esprits connectés

Un ouvrage récent apparaît ici essentiel pour saisir l’ampleur de la menace 1.  « Peut-on rester passif face au déclin de nos capacités intellectuelles, au moment où l’intelligence artificielle (IA) fait des pas de géants » nous demande le Pr Alexandre. On jurerait qu’il connaît la réponse. Il nous parle d’un industriel plus ou moins philanthrope  (Elon Musk ) qui propose depuis peu « une interface entre le cerveau humain et le cerveau numérique » : un « système branché à la veine jugulaire qui distillerait des nanocomposants dans le cerveau, ce qui nous transformerait en êtres symbiotiques où le numérique communique avec notre esprit ».

Esprits connectés êtes-vous bien là ? L’avenir est à la jugulaire. « En Marche ! ». C’est (nous avons compris) le slogan d’Emmanuel Macron

A demain

1 « Le cerveau endommagé. Comment la pollution altère notre intelligence et notre santé mentale » de Barbara Demeneix (Odile Jacob, 2016)

 

 

Burkini et femmes burkinisées. Etes-vous plutôt proche du Figaro ? Pencheriez-vous pour Libé ?

Bonjour

Jeudi 25 août 2016. Canicule sur la France. Climatisé ou pas le Conseil d’Etat tient aujourd’hui une audience capitale sur le burkini. Il y a quelques jours encore on aurait cru à une galéjade, à un poisson d’avril des antipodes. Aucune farce, ici, mais bien plutôt une tragique mascarade comme l’observe le Daily Mail à la vue des images de femmes verbalisées pour le port d’un simple voile sur la plage, à Cannes et à Nice :“Get ’em off! Armed police order Muslim woman to remove her burkini on packed Nice beach – as mother, 34, wearing Islamic headscarf is threatened with pepper spray and fined in Cannes”. Se faire donner des leçons par ce tabloïd…

Une droite qui cingle vers ses extrémités – comme Nicolas Sarkozy 1.Une fraction de la gauche qui soutient cette droite-là. Des féministes comme toujours déchirées. Comment s’y retrouver ? Deux éditoriaux datés du 25 août aident ici à ne pas perdre le Nord. Deux éditoriaux. Les premier est celui du Figaro. Il est signé Yves Thréard et ne brille pas par son titre. Le voici :

« Burkini ? Burki non

« Le burkini peut-il être interdit? On attend avec impatience la réponse du Conseil d’État. Plusieurs maires ont pris, cet été, des arrêtés contre le port du maillot de bain islamique sur leur commune. Immédiatement, la polémique a fleuri. Les recours en justice aussi. Si la plus haute juridiction administrative donne raison aux élus concernés, il sera en principe inutile de légiférer. Si tel est le cas, l’affaire aura été rondement menée. Tant mieux.

 « Le pire serait que le débat s’éternise et se fourvoie dans des considérations totalement étrangères à cette scandaleuse tenue. La laïcité et la religion sont ici hors sujet. Le burkini n’est pas une prescription coranique, mais la énième manifestation d’un islam politique, militant, destructeur, qui cherche à remettre en question notre mode de vie, notre culture, notre civilisation.

 « Voile à l’école, prière de rue, menu scolaire halal, apartheid sexuel dans les piscines, les hôpitaux, les auto-écoles, niqab, burqa… Depuis trente ans, cet entrisme met à mal notre société, cherche à la déstabiliser. Il est temps de lui claquer la porte au nez. Youssef al-Qaradawi, célèbre prédicateur égyptien, jadis conférencier en France avant d’être interdit de territoire, avait prévenu: «Avec vos lois démocratiques, nous vous coloniserons.» Par notre indifférence autant que par notre naïveté, nous avons longtemps été les complices de cette funeste et sournoise entreprise. Nos répliques, quand il y en eut, ont été trop tardives. Certaines ne sont appliquées qu’à dose homéopathique: ainsi en va-t-il du voile intégral sur la voie publique.

 « Aucun accommodement ne doit plus être possible. Il est d’ailleurs intolérable que ceux qui crient à la «stigmatisation» des musulmans soient les mêmes qui s’indignent des inégalités persistantes entre les hommes et les femmes en France.

 « Lucidité et fermeté doivent enfin triompher. Semeurs de discorde et prosélytes d’un ordre aussi archaïque doivent être verbalisés, condamnés, expulsés. Notre liberté est en jeu. »

 Deux éditoriaux. Le second est celui de Libé. Il est signé de Laurent Joffrin. Son titre est limpide. Le voilà :

« Le mal de mer

« Les lois stupides n’ont d’autre effet que d’ajouter aux malheurs de la cité. Et de déboucher, inéluctablement, sur des situations scandaleuses. Ainsi dans un pays de liberté, des policiers venus en nombre ont chassé d’une plage une jeune femme qui n’avait commis d’autre crime que de marcher sur le sable avec un foulard et un pantalon. Outre l’opprobre public infligé par des pandores à moitié convaincus et qui avaient à coup sûr mieux à faire, elle a dû subir une bordée d’insultes racistes proférées par une poignée d’estivants. Sans que ceux-ci en soient d’ailleurs le moins du monde inquiétés…

« Quelle République est-ce là ? Les arrêtés sans rime ni raison pris par des maires paniqués ne pouvaient déboucher sur autre chose. Dès lors qu’on se mêle de réglementer la longueur des jupes ou le port d’un foulard dans l’espace public, où chacun est habituellement libre de porter les tenues les plus diverses, on ridiculise la loi et on humilie les citoyens. En l’occurrence les citoyennes.

« Les forces de l’ordre seront-elles désormais mobilisées pour interdire les plages à des mères de famille en tenue traditionnelle qui ne demandent rien et ne menacent personne ? Devront-elles les expulser de force sous les yeux de leurs enfants, dans une amère leçon de civisme à l’envers ? N’y a-t-il pas des tâches plus urgentes pour les polices municipales ? Devant ce spectacle choquant, qui a suscité la condamnation de toute la gauche et d’une partie de la droite, comment les musulmans les plus pacifiques, les plus patriotes, ne se sentiraient-ils pas désignés à la vindicte publique ? Et quel cadeau offert à la propagande islamiste qui veut présenter la France comme une terre par nature hostile à la religion musulmane !

« Lutter contre l’intégrisme ? Objectif essentiel, pressant, décisif. Dans les quartiers, dans les mosquées, le salafisme cherche à gagner en influence et à faire passer sous sa coupe un nombre croissant de musulmans désorientés. Cette régression moyenâgeuse doit être combattue, par l’action politique, par la pédagogie, par l’application intransigeante des lois laïques (les vraies), par un soutien sans faille apporté aux tenants d’un islam moderne et pacifique, qui sont de loin la majorité (sans compter les incroyants de culture musulmane, dont on ne parle jamais…).

«La France a-t-elle baissé la garde ? En aucune manière. Elle est au contraire le pays démocratique où les mesures les plus fermes ont été prises contre les signes intégristes, entre l’interdiction du voile intégral – déjà malaisée à mettre en œuvre – et la prohibition des signes religieux ostentatoires dans les salles de classe. Aller au-delà dans l’espace public, c’est outrepasser les principes élémentaires de la liberté individuelle.(…)

 On espère que le Conseil d’Etat, qui examine ce jeudi les arrêtés «anti-burkini» dans sa sagesse juridique, mettra fin à cette pantalonnade discriminatoire qui choque les démocrates et embarrasse la police. C’est en accueillant sans ambages les religieux respectueux des lois que l’esprit de la laïcité sera le mieux respecté. »

Comédie Française

Jeudi 25 août 2016. Canicule sur la France et sur ses plages. Burkini-mascarade. Burkini-pantalonnade. Paris, à l’ombre de la Comédie Française on attend, climatisé ou pas, le couperet du Conseil d’Etat.

A demain

1 L’ancien président de la République et candidat à la primaire de la droite pour la présidentielle de 2017 a mené l’offensive contre le burkini, mercredi 24 août sur TF1. Dans une interview au 20 heures, Nicolas Sarkozy a affirmé que le burkini était « une provocation au service d’un islam politique ». « Si nous n’y mettons pas un terme, le risque c’est que, dans dix ans, les jeunes filles de confession musulmane qui ne porteront pas le voile ou le burkini seront montrées du doigt et seront sous la pression quotidienne de l’entourage », a-t-il mis en garde.

 

Quelques lectures indispensables pour aider à décrypter le «scandale» de la Dépakine®

 

Bonjour

A quoi tient un scandale sinon à l’émotion, à la colère, qu’il suscite ? En matière sanitaire il peut aussi tenir à la date à partir de laquelle vous décidez qu’il existe. Remonter dans le temps et vous verrez que le sujet aurait, plus tôt, être dénoncé et en partie prévenue. L’affaire du Mediator® est, de ce point de vue, exemplaire. Elle n’est pas la seule. Reste dès lors, parfois,  à savoir qui est le responsable et qui est le coupable. Voir Georgina Dufoix (affaires du sang contaminé) :

« Je me sens profondément responsable ; pour autant, je ne me sens pas coupable, parce que vraiment, à l’époque, on a pris des décisions dans un certain contexte, qui étaient pour nous des décisions qui nous paraissaient justes. » ( TF1, 4 novembre 1991 )

Dimension médicale

Le scandale est aussi une question d’angle, de facette. Il arrive que trop vouloir comprendre gomme l’émotion, réduit l’intérêt immédiat que pourrait susciter un dossier. Dans les derniers développements de l’affaire de la Dépakine® une dimension médicale a été presque systématiquement sous-estimée, pour ne pas dire ignorée : celle des risques auxquels on exposait une femme enceinte souffrant de crises d’épilepsie dès lors que ces crises n’étaient pas prévenues par voie médicamenteuse.

On peut comprendre que cette omission irrite les spécialistes de l’épilepsie. De ce point ce vue il faut, sur le site docteurjd.com  lire le texte signé du Pr Philippe Derambure (Imagerie, Médecine nucléaire et Explorations fonctionnelles, CHRU de Lille) et actuel président de la Ligue Française contre l’épilepsie : « Dépakine® et grossesse : les réflexions d’un épileptologue ».

Extraits :

« La grossesse est un projet de vie que toute jeune femme peut avoir, et nous avons nous médecin un rôle important qui est d’informer du risque (épilepsie, médicament) mais aussi d’accompagner ce projet de vie d’un point de vue médical. Pour cela, toute jeune fille prenant un médicament à risque (tous les antiépileptiques en font partie, même si le risque est plus important pour la Dépakine®) doit avoir une information éclairée et un accompagnement médical d’un éventuel  projet de grossesse. De nombreuses recommandations ont été publiées et communiquées dans ce sens depuis très longtemps. Et ce sujet est abordé dès l’adolescence.

 « Je m’étonne encore une fois que la presse reprenne la comparaison avec l’affaire du Médiator®. La Dépakine® est un médicament qui est parfois le seul traitement efficace. Il reste très utilisé chez l’enfant pour cette raison. Chez la femme en âge de procréer, il ne doit jamais être donné avant d’avoir essayé tout autre médicament efficace (c’est-à-dire trois médicaments seulement dans le cas d’une épilepsie généralisée), et c’est ce qui est fait depuis très longtemps et qui a été renforcé depuis que l’on a pris connaissance du risque sur le développement cognitif et comportemental (publication de 2009). (…)

 « Je m’étonne que la question éthique ne soit jamais posée. Je m’interroge encore plus à la lecture des différents sites d’information (celui de l’APESAC est édifiant), sur l’absence de réflexion et d’information sur ce qu’est cette maladie, de ce que c’est de vivre avec cette maladie. Et je rappelle que le problème principal que soulève l’affaire de la Dépakine® est le problème du suivi médical de l’ensemble des personnes souffrant d’épilepsie.

Les femmes qui ont la chance d’être suivies par des centres de neurologie spécialisés en épilepsie et par des neurologues compétents en épilepsie ne se retrouvent pas du tout dans l’information telle qu’elle est donnée actuellement. »

 Prescription et pensée magique

On peut aussi lire, dans Le Monde, les propos du Pr Stéphane Auvin est neuropédiatre et spécialiste de l’épilepsie (hôpital Robert Debré, Paris) : Dépakine® : « Il n’est pas simple de se séparer d’une molécule qui peut-être bénéfique à certains patients ».

Ne pas replacer les faits dans leur chronologie, laisser la loupe sur l’abcès, est aussi une méthode qui permet de susciter et de maintenir une indignation immédiate. De ce point de vue on lira, sur le Huffington Post : « Pourquoi un scandale sanitaire comme la Dépakine® met autant de temps à émerger ? » (Marine Le Breton). Soit 1. Un laboratoire (Sanofi) qui occulte le problème ;  2. Des autorités sanitaires qui tardent à réagir ; 3. Des patientes pas ou peu mises au courant.

 Interrogé sur ce dernier point le Pr Stéphane Auvin avait répondu au Monde :

« Que ce médicament présente des risques n’est pas un scoop pour les neurologues. Mais le nombre de spécialistes est très insuffisant et bon nombre de patientes sont suivies par leur généraliste, dont les connaissances sur certains sujets spécialisés comme celui-ci ne sont pas toujours à jour.

Il y a une certaine négligence à l’égard de ce groupe de maladie : il n’y a pas de filière de prise en charge spécifique pour les patients avec épilepsie, pas de plan de recherche. Nous sommes probablement les moins bien lotis d’Europe ! L’épilepsie est une maladie courante : environ une personne sur cent en souffre. Pourtant, elle est encore largement méconnue et sa perception relève trop souvent de la pensée magique. »

A demain

Capilliculteur et phanères publics : à qui sont les cheveux du Président de la République ?

Bonjour

Rituel républicain : entretien télévisé avec deux journalistes, Palais de l’Elysée, post- défilé du 14 juillet. L’un des deux, tonique en diable, (Gilles Bouleau) a  osé la question futile que la France attendait après les révélations du Canard enchaîné sur le montant du salaire du coiffeur H 24 présidentiel (9 895 euros brut).

Que pouvait répondre François Hollande ? Il a dit « entendre ce que ça peut représenter », tout en rappelant qu’il avait « fait baisser le budget de l’Elysée » ainsi que son salaire (- 30 %). « Mon salaire a baissé de 30 %, j’ai diminué les effectifs de cette maison », s’est emporté le chef de l’État. Il a précisé assure avoir baissé le budget de l’Élysée « de 109 millions en 2012 à 100 millions ». « En ce qui concerne les frais de coiffure, il y avait des frais extérieurs, j’ai préféré que ce soit fait d’ici », s’est-il justifié. Mais encore ? Pourquoi venir le chercher sur ce sujet (voir ici la vidéo, édifiante, 1’27’’) ?

Charles de Gaulle

Où l’on en revient au chapitre des « Deux Corps du Roi ». Où situer la frontière corporelle et républicaine entre ce qui est public et ce qui ne l’est pas ? Un président doit-il payer ses frais de barbier ? On raconte qu’il y a un demi-siècle, à l’Elysée, le général Charles de Gaulle payait de sa poche les factures d’électricité de ses appartements, ses frais de téléphone personnel, et même les timbres de ses courriers personnels. Il y avait là une certaine idée de l’Etat.

Puis, des cheveux on est passé au pantouflage. Interrogé sur l’embauche de l’ancien président de la Commission européenne José Manuel Barroso par la banque Goldman Sachs, François Hollande a parlé de morale : « Juridiquement, c’est possible, mais c’est moralement inacceptable », a tancé le chef de l’État français. Une grande affaire, toujours mouvante, parfois embarrassante,  que celle de ce qui est acceptable et de ce qui ne l’est pas.

A demain