Miscellanées sexuelles, stratosphériques et médicales, millésimées « été 2015 »

Bonjour

Panspermie

31 juillet 2015. Pleine lune et nouvelles émotions en provenance de l’espace. Un espace de plus en plus lointain, qui nous fait de moins en moins rêver. Nouvelles émotions autour d’une question de toute éternité : la vie n’existe-t-elle que sur notre Terre ? La nouveauté, aujourd’hui : une rafale de publications. Elles sont dans Science et révèlent les dernières découvertes obtenues via Philae, minuscule robot largué en novembre 2014 par la sonde Rosetta sur la comète 67P/Tchourioumov-Guerassimenko – plus connue désormais sous le nom de «Tchouri». Nous sommes ici à un demi-milliard de kilomètres de la Terre.

Philae ne répond plus mais Science parle. Mieux, Science détaille la présence, sur Tchouri, de composés organiques. Une publication, vingt-et-un auteurs dont trois travaillent en France (Paris, Nice et Créteil). Le noyau de cette comète semble être un concentré de molécules organiques. Des molécules (isocyanate de méthyle, acétone, propionaldéhyde et acétamide) jusqu’ici inconnues de l’homme dans l’univers des comètes. Nous sommes là en amont des acides aminés et autres pièces élémentaires des bases élémentaires du vivant.

Aussitôt la question revient d’un ensemencement des océans terrestres par des comètes venues d’on ne sait quel au-delà. «Un – gros – bémol toutefois, nous désenchante Pierre Le Hir, dans Le Monde. L’éventuelle présence de composés organiques complexes sur Tchouri n’a pu être confirmée par les premières analyses.» Le quotidien vespéral cite toutefois deux spécialistes qui donnent matière à rêver.

Jean-Pierre Bibring (professeur à l’Université Paris-Sud et responsable scientifique de Philae) : «Ce qui est sûr c’est que le noyau cométaire est très riche en composés carbonés, qui ne se présentent pas sous la forme de petites molécules piégées dans la glace, comme on le pensait jusqu’à présent, mais de grains suffisamment gros pour résister à un voyage dans l’espace».

Nicolas Altobelli (responsable de la mission Rosetta à l’Agence spatiale européenne) : «Le système solaire est une machine à fabriquer et transporter de la matière organique, et les premiers résultats de Philae nous donnent un aperçu des processus chimiques précurseurs de l’apparition de la vie.»

Autant d’éléments qui relancent les phosphorescences humaines sur la fécondation des océans terrestres. Autant de rêves à venir sur l’antique panspermie. Et sur sa variante rocheuse : la lithopanspermie. Une vie sur Terre venue du fin fond de l’univers. D’où ? Une vie qui, comme on le sait, n’est rien d’autre qu’une oxygénation forcée. Par qui ? Philae ne répond plus.

… il y aurait comme une épidémie chronique de dopage dans le monde de l’athlétisme …

Athlétisme et dopage

La chaîne de télévision allemande ARD et le quotidien britannique Sunday Times accusent : il y aurait comme une vieille épidémie chronique de dopage dans le monde de l’athlétisme, plus particulièrement dans les courses de fond. Accusations fondées ? Nullement ! Ils n’ont fait que jeter une insidieuse suspicion sur un sport jadis roi devenu spectacle doré sur tranche de platine iridié. Ce ne sont là que des initiatives «sensationnalistes et trompeuses» vient de crier la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF).

«La suspicion seule n’est pas une preuve de dopage» tonne l’IAAF. Ce qui n’est pas faux mais qui ne saurait, non plus, dispenser de présenter un alibi. L’objet du délit potentiel est constitué des résultats biologiques obtenus sur les échantillons sanguins de 800 athlètes – des résultats donnant des valeurs «suspectes ou hautement suspectes». Selon la chaîne allemande et le journal britannique, cette suspicion concernerait environ un tiers des 146 médaillés «mondiaux» ou «olympiques» de 2001 à 2012 du 800 m au marathon. En vérité, la seule chose qui gêne véritablement l’IAAF : que ces médailles puissent devoir être rendues par les titulaires et remises à d’autres athlètes (les suivants) dont rien ne prouve, d’ailleurs, qu’ils ne sont pas, eux aussi, dans le péché.

«Les résultats auxquels il est fait référence ne sont pas des contrôles positifs et d’ailleurs, à la fois, ARD et le Sunday Times admettent que leurs évaluations de ces données ne valent pas preuve de dopage» se défausse, mollement, l’IAAF. Les deux médias fondaient leurs accusations sur 12 000 échantillons sanguins prélevés entre 2001 et 2012 et concernant 5000 athlètes – soit une «base de données» qui existe bel et bien et qui est détenue par l’IAAF.

Après les accusations d’ARD et du Sunday Times, l’Agence mondiale antidopage s’était déclarée «très inquiète». Ce qui n’est pas fait pour rassurer, sur son canapé, le futur spectateur des Mondiaux d’athlétisme programmés pour dans trois semaines. Dopée ou pas, la crème des athlètes se retrouvera dans le Nid d’oiseau des JO 2008.

Les spectateurs sur canapés peuvent toutefois se rassurer : le patron du Comité international olympique, Thomas Bach, vient de faire savoir que son organisation appliquerait un principe de «tolérance zéro» en matière de dopage. Les prochains JO ? Ce sera l’an prochain, à Rio de Janeiro. Puis, pour ceux de 2022, nous serons à nouveau à Pékin. Les canapés seront toujours là, mais le dopage, alors, aura été vaincu.

Sexualité australienne illégale

En Australie, faire, à 40 ans, un enfant avec un garçon âgé de 14 ans est illégal. Et vaut six ans de prison. C’est une aventure qui nous vient d’au-delà des Bermudes, une information que vient de rapporter le quotidien The Melbourne Age. Elle peut être rapportée sèchement : une mère de famille australienne âgée de 40 ans vivant dans la banlieue de Melbourne a été condamnée lundi 27 juillet 2015 à six ans de prison pour avoir conçu un enfant avec un enfant âgé de 14 ans – un ami de sa propre fille, dont elle était tombée amoureuse deux ans auparavant. Il semble que sa fille était amoureuse de ce garçon. Il est acquis que l’accusée (mère de trois enfants) a eu plus de vingt rapports sexuels non protégés avec le jeune garçon (y compris dans sa voiture et en camping).

La relation a duré deux ans et s’est conclue, comme on pouvait raisonnablement s’y attendre, par une grossesse. Une petite fille est née en mai 2014. Les parents du jeune garçon ayant appris (tardivement) la relation ont (aussitôt) porté plainte. Un test ADN a confirmé que leur jeune enfant était bien le père biologique de la petite fille. Où sont, dans un tel cas de figure, les frontières entre le normal et le pathologique ? La prison est-elle la réponse à ces étranges passions ?

Totipotence à volonté

Fin juillet. Un message d’espoir dans le filet, mince et superficiel, des informations estivales. Nous avions appris, ces dernières années, qu’il est possible d’obtenir in vitro à partir de n’importe quelle cellule d’un organisme donné, des cellules pluripotentes : des cellules capables de se diviser pour générer tous les tissus constituant ce même organisme. C’est là une forme de voyage cellulaire vers le passé ouvrant, a priori, tous les espoirs thérapeutiques pour le futur dans le cadre d’une médecine régénérative qui se fait attendre. C’est aussi, bien sûr, une nouvelle source inépuisable pour tous les Drs Victor Frankenstein en herbe. Nous savions aussi qu’au-delà de la pluripotence il y a, plus merveilleux encore : la totipotence.

Deux siècles après la naissance (non loin de Genève) du Prométhée moderne (1818) de Mary Shelley (1797-1851), voici une nouvelle qui pourrait bien faire du bruit – quand bien même elle ne concerne que la souris. C’est une nouvelle qui vient de Strasbourg (France) et de Münster (Allemagne). Une performance réalisée (non loin de la Suisse) sous la direction de Maria-Elena Torres Padilla et de Juanma Vaquerizas. La première est directrice de recherche Inserm au sein de l’IGBMC (CNRS/Université de Strasbourg/Inserm) tandis que le second œuvre au Max Planck Institute de Münster.

Ils sont parvenus pour la première fois à obtenir des cellules totipotentes, ayant les mêmes caractéristiques que celles des tout premiers stades embryonnaires. Des cellules aux propriétés encore plus intéressantes. Ces résultats viennent publiés dans la revue Nature Structural & Molecular Biology. Les chercheurs sont parvenus à induire un état totipotent via une reprogrammation de la chromatine dans un état moins condensé. Ces résultats apportent de nouveaux éléments dans la compréhension de la totipotence et laissent entrevoir de prometteuses perspectives en médecine régénérative. Il faudra pour cela franchir encore quelques obstacles et travailler sur ces cellules humaines – des cellules que l’on parviendra à faire voyager vers leur passé, jusqu’au stade embryonnaire. Cela ne saurait tarder. Mais Philae ne répond toujours pas.

A demain

Ce texte, sous cette forme, a initialement été publié dans la Revue Médicale Suisse (Rev Med Suisse 2015;1510-1511). Sur abonnement.

En Australie une femme fait, à 40 ans, un enfant avec un garçon âgé de 14 ans. Elle est condamnée à six ans de prison

Bonjour

C’est une aventure qui nous vient d’au-delà des Bermudes, une information que vient de rapporter le quotidien The Melbourne Age (Mark Russel). Elle peut être sèchement résumée : une mère de famille australienne âgée de 40 ans vivant dans la banlieue de Melbourne a été condamnée lundi 27 juillet 2015 à six ans de prison pour avoir conçu un enfant avec un enfant âgé de quatorze ans – un ami de sa propre fille, dont elle était tombée amoureuse deux ans auparavant.  Il semble que sa fille était initialement amoureuse de ce garçon. Il est acquis que l’accusée (mère de trois enfants) a eu plus de vingt rapports sexuels non protégés avec le jeune garçon (y compris dans sa voiture et en camping).

Test ADN

Atypique cette relation a duré deux ans et a conduit, comme on pouvait raisonnablement s’y attendre,  à une grossesse. Une petite fille est née en mai 2014. Les parents du jeune garçon ayant appris (tardivement) la relation ont (aussitôt) porté plainte. Un test ADN a confirmé que leur jeune enfant était bien le père biologique de la petite fille.

«Vous n’avez pas reconnu que vos sentiments pour le garçon étaient complètement inappropriés», a déclaré la juge Jane Patrick. Vous avez entamé et poursuivi une relation sexuelle illégale». L’accusée devra purger plus de la moitié de sa peine avant de pouvoir prétendre à une libération conditionnelle. L’Agence France Presse ne nous dit pas tout. Le quotidien australien donne ici des précisions qui n’ont guère besoin d’être traduites :

“A County Court judge, who cannot be named, said on Monday the woman had behaved in an abhorrent and shocking way when abusing the vulnerable boy for her own emotional and physical needs. The judge said the woman’s moral culpability was very high given she was supposed to have been looking after the boy for his mother when she had to work early, and had been in a position of trust and friendship (…)

 The woman, 40, gave birth to a daughter in May last year when her victim was 14. The judge said the woman had taken the boy’s adolescence away from him and while he clearly loved his daughter, he was having difficulties adjusting to fatherhood and what had happened to him. She said the boy was angry and confused, his relationship with his mother had deteriorated and he should not have to deal with these issues at such a young age. The baby girl is now being cared for by the boy and his mother but the Department of Human Services is expected to take her for weekly prison visits to see the woman.

 Woman became jealous

 The judge said the victim’s mother was doing her best to support her son and his baby daughter despite feeling betrayed. The woman had been married and living in suburban Melbourne with her three children when her daughter became friends with the victim when they were both 11.

 The woman became jealous of her daughter’s relationship with the victim and began taking him to and from school when she was having marital problems.   The woman, who separated from her husband in January 2013, first had unprotected sex with the boy when he was 12 and she was 36. It was the boy’s first sexual experience and he later told police they had unprotected sex more than 20 times over the next two years, including in her car and when camping in the backyard. The woman, who pleaded guilty to one count of persistent sexual abuse of a child under 16 between April 2012 and May 2014, claimed she was ashamed, embarrassed and guilt-ridden at what she had done.

 Boy sexually maturing

 She told psychologist Professor James Ogloff she was sexually naive and did not realise the boy was old enough to father a child. The woman said she was attracted to the boy because he was sexually maturing but denied being attracted to children. Professor Ogloff found the woman had not been acting in a predatory way or been driven by a deviant sexual desire, but instead had allowed her feelings of care and nurturing for the boy to develop into a sexual relationship. The psychologist said the woman had been a supportive and caring parent with no prior convictions who failed to recognise her feelings for the boy were completely inappropriate.

Professor Ogloff did not believe the woman suffered from a paedophilic disorder and was unlikely to reoffend.

 Où sont, dans un tel cas de figure, les frontières entre le normal et le pathologique ? La prison est-elle la réponse à ces étranges passions ?

A demain