Extension du domaine de la lutte contre les addictions : les jeux sur écrans des adolescents

Bonjour

19 juin 2018. Les radios matinales s’en régalent : l’addiction aux écrans est officiellement une « maladie mentale ». France Inter et France Culture tendent utilement leur micro au Dr Olivier Phan, pédopsychiatre, addictologue à la Fondation santé des étudiants de France 1The New York Times use quant à lui du conditionnel.

L’actualité : l’addiction aux jeux vidéo (ou « trouble du jeu vidéo ») vient d’être reconnue comme une maladie par l’Organisation mondiale de la santé : elle figure dans la 11e version de sa Classification internationale des maladies – première mise à jour globale de cette nomenclature depuis le début des années 1990.

« Après avoir consulté des experts dans le monde entier, et après avoir avoir examiné la littérature de manière exhaustive, nous avons décidé que ce trouble devait être ajouté », a déclaré le directeur du département de la santé mentale et des toxicomanies de l’OMS, Shekhar Saxena. Il s’agit là, selon l’organisation onusienne, d’« un comportement lié à la pratique des jeux vidéo ou des jeux numériques, qui se caractérise par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité accrue accordée au jeu, au point que celui-ci prenne le pas sur d’autres centres d’intérêt et activités quotidiennes, et par la poursuite ou la pratique croissante du jeu en dépit de répercussions dommageables ».

Comment porter le diagnostic ? Lorsque l’on observe au fil du temps des conséquences majeures sur les « activités personnelles, familiales, sociales, éducatives, professionnelles ». Quand « la personne joue tellement que d’autres centres d’intérêt et activités sont délaissés, y compris le sommeil et les repas ».

Prise en charge par l’Assurance-Maladie ?

L’OMS évalue à pas moins de 2,5 milliards le nombre de personnes qui, à travers le monde jouent aujourd’hui à des « jeux vidéo ». Mais le trouble ne toucherait qu’une « petite minorité » de tous les amateurs.

« Il n’y a pas de profil type, ou plutôt il n’y en a plus, expliquait en février dernier le Dr Phan au Quotidien du Médecin (Damien Coulomb) Les problèmes liés à l’usage du jeu vidéo touchent toutes les couches de la société. En revanche, il existe des différences avec les autres types de consommateurs que l’on reçoit. Là où les parents d’un accroc au cannabis vont se plaindre du fait qu’il soit ‘’toujours dehors’’, ceux d’un consommateur problématique de jeux vidéo vont trouver qu’il ne ‘’sort jamais’’. Un usage problématique des jeux vidéo ne signifie pas juste ‘’jouer beaucoup’’. Il est problématique parce qu’il s’accompagne d’un impact sur la vie familiale, sociale et sur l’emploi du temps. Un adolescent qui joue intensément, mais qui n’hypothèque pas son avenir et reçoit ses amis chez lui pour jouer à la console ou se déplace en lan (rassemblement de joueurs sur un week-end N.D.L.R), n’est pas à classer parmi les joueurs problématiques. »

Pour ce spécialiste le classement par l’OMS des troubles de l’usage de jeu vidéo au sein de la CIM pourrait changer beaucoup de choses au niveau d’une éventuelle prise en charge de ces troubles par l’Assurance-Maladie. « Nous pourrions aussi espérer obtenir des financements spécifiques pour établir des protocoles de recherche et des parcours de prise en charge, ajoutait-il en février. Pour traiter un problème, et le problème existe bel et bien, il faut le nommer. »

C’est fait.

A demain

1 « Jeux vidéo, alcool, cannabis. Prévenir et accompagner son adolescent » : le Dr Phan a cosigné (avec les Drs Céline Bonnair et Alexandre Har, la psychologue Nathalie Bastard et le coordinateur du CSAPA Pierre Nicole de Paris, Zephyr Serehen) un ouvrage qui vise à aider les parents à accompagner, informer et prévenir leurs adolescents face aux conséquences des usages problématiques de jeux vidéo, aux conduites à risques pouvant être engendrées par les prises d’alcool, et enfin aux difficultés liées à l’abus et la dépendance de cannabis.

 

Première mondiale : une greffe de pénis et de scrotum a été pratiquée aux Etats-Unis

Bonjour

C’est une première chirurgicale mondiale dont parlent, sans trop de précisions, quelques radios françaises matinales. On est plus clair dans les médias anglo-saxons. « US soldier gets world’s first penis and scrotum transplant » titre la BBC. Et, pour The New York Times : « ‘Whole Again’: A Vet Maimed by an I.E.D. Receives a Transplanted Penis » – un papier illustré qui fournit toutes les informations disponibles sur le sujet.

Cette greffe, associant pénis et scrotum a été pratiquée le 26 mars chez un militaire américain blessé lors d’une explosion en Afghanistan. Réunissant une équipe de neuf chirurgiens esthétiques et deux chirurgiens urologues elle aura duré quatorze heures.  « Nous avons bon espoir que cette greffe aide à rétablir des fonctions sexuelles et urinaires presque normales chez ce jeune homme », a déclaré le Pr W. P. Andrew Lee, directeur du département de chirurgie plastique et reconstructrice à la Johns Hopkins University de Baltimore (voir ici).

Le patient souhaite conserver l’anonymat. Quatre semaine après l’intervention il a eu ce mot, rapporté par lés médias américains : « I feel whole again ». Le pénis, le scrotum (sans les testicules) et une partie de la paroi abdominale avaient été prélevé sur un même donneur décédé.

Plus d’un millier de candidats

La première greffe de pénis au monde avait été pratiquée en Chine en 2006, mais le greffé avait dû être de nouveau opéré pour pratiquer une ablation en raison de « graves problèmes psychologiques ». C’est en 2015 et en Afrique du Sud que la première greffe réussie de pénis au monde a été annoncée. Les Etats-Unis ont commencé à pratiquer de telles interventions en 2016. On estime à près de 1400 le nombre des militaires américains qui, entre  2001 et 2013, ont été victimes (bombes artisanales) de blessures génito-urinaires en Irak.

Le ministère américain de la Défense a financé une partie des recherche dans ce domaine mais  c’est la Johns Hopkins qui a financé l’intervention -estimée entre 300 000 et 400 000 $. Les chirurgiens ont, quant à eux, œuvré gratuitement.

A demain

 

 

 

Capitalisme et bioéthique : vente libre d’un test génétique prédictif du cancer du sein

Bonjour

C’est un événement que l’on pourra tenir pour inquiétant 1.  La FDA américaine a, le 6  mars, donné son feu vert à la commercialisation des kits de la société californienne 23andMe pour trois mutations des gènes BRCA1 et BRCA2 associées à un risque élevé de cancer du sein. (Voir The New York Times) Ces kits seront accessibles sans ordonnance, contrairement aux tests génétiques déjà sur le marché. « Il suffira aux Américaines de cracher dans un petit tube et de le poster pour savoir si elles sont porteuses de certaines mutations des gènes BRCA1 et BRCA2 associées à un risque élevé de cancer du sein, résume Le Monde (Chloé Hecketsweiler). Les altérations recherchées par 23andMe – 3 sur plus de 1000 identifiées pour les gènes BRCA – sont le plus souvent retrouvées chez les femmes d’origine ashkénaze (juifs d’Europe orientale et centrale). »

C’est un événement qui s’inscrit pleinement dans le contexte américain du développement commercial de la génétique. Ce feu vert marque ainsi un tournant dans la position de la FDA qui, en  2013, avait ordonné à 23andMe de  retirer ces tests du marché – du fait des risques encourus par les acheteuses en cas d’erreur ou de mauvaise interprétation. Elle estime aujourd’hui que les données communiquées par 23andMe sont suffisantes pour garantir la fiabilité des tests, et que la décision doit revenir au « consommateur ».

Assurances et phosphorescences

C’est un événement qui consolide 23andMe dans sa position de géant dominant, possesseur de l’une des plus grandes bases mondiales de données génétiques avec plus de 2  millions de profils – une mine d’or pour les géants  pharmaceutiques. «  Profils génétiques, informations médicales, et bientôt séquence d’ADN (obtenue dans le cadre des contrats passés avec Genentech, Pfizer ou d’autres), tout cela intéresse beaucoup de monde, assurances, marketing pharmaceutique, qui peuvent, au vu de ces informations, vous cibler pour vous vendre tel ou tel produit, ou éventuellement pour vous refuser telle ou telle assurance, écrivait déjà Bertrand Jordan dans la revue Médecine/Sciences en 2015. Il ajoutait :

« Les garanties que donne l’entreprise ne peuvent être totalement rassurantes: on a vu avec Google et Facebook comment ces promesses pouvaient se diluer au fil du temps, ou même être carrément oubliées, et on sait aussi qu’une séquence d’ADN “anonyme” peut assez facilement être rattachée à une personne précise. Notre “intimité génétique’” est en danger (…), le problème est général, mais particulièrement aigu pour ce qui concerne notre santé et notre génome. Oui, décidément, nous risquons bien d’assister à la fin de la vie privée, ou tout au moins d’une certaine idée de l’intimité.»

Trois ans plus tard, la menace ne cesse de croître. Et le citoyen français informé des menaces et des enjeux, ne peut que regretter que le sujet soit étrangement absent de l’agenda de ses États généraux de la bioéthique –une entreprise pourtant démocratique qui nous interroge officiellement sur «le monde que nous voulons pour demain» (sic).

C’est un événement qui fera phosphorer les assureurs 1. En France, les tests génétiques de prédisposition ne sont accessibles que sur prescription médicale et strictement encadrés. Mais, en pratique rien n’interdit à une Française « de cracher dans un petit tube et de le poster pour savoir si elles sont porteuses de certaines mutations des gènes BRCA1 et BRCA2 ».

A demain

1 « Les assureurs veulent à tout prix mettre la main sur votre profil génétique » Slate.fr, 3 mars 2018

 

Première : un traitement permet à une femme transgenre d’allaiter l’enfant de sa compagne 

Bonjour

C’est, officiellement, une première mondiale. C’est aussi un dossier médical et sociétal à lire dans  The New York Times (Ceylan Yeginsu) : « Transgender Woman Breast-Feeds Baby After Hospital Induces Lactation », dans The Washington Post (Lindsey Bever) « How a transgender woman breast-fed her baby » ou dans  Le Monde (Paul Benkimoun). Une affaire qui voit « une femme transgenre allaiter un enfant ». Tous les détails sont à lire dans le numéro de janvier de Transgender Health :  « Case Report: Induced Lactation in a Transgender Woman ».

La publication est signée depuis New York par la Dr Tamar Reisman (Department of Endocrinology, Icahn School of Medicine at Mount Sinai) et Zil Goldstein (Center for Transgender Medicine and Surgery). Les deux auteurs expliquent longuement, et avec de très nombreux détails, comment ils sont parvenu à induire une lactation chez une femme transgenre âgée de 30 ans qui n’avait pas subi de chirurgie de réattribution sexuelle (plastie mammaire, ablations testiculaires ou vaginoplastie).

Spironolactone – estradiol – progestérone-dompéridone

Elle suivait depuis 2011 un traitement médicamenteux hormonal féminisant (spironolactone – estradiol – progestérone). Elle prenait occasionnellement du clonazépam (contre des épisodes de « panic disorder ») et du zolpidem (contre des insomnies). Elle était par ailleurs en bonne santé, ne fumait pas et ne présentait pas de risque cardiovasculaire – avec une poitrine similaire à celle d’une femme adulte.

Cette patiente souhaitait ardemment pouvoir allaiter le futur nouveau-né auquel sa compagne allait donner naissance – cette dernière ne souhaitant pas nourrir  elle-même son enfant. La lactation a été induite par un traitement commencé trois mois avant la naissance : doses croissantes d’estradiol et de progestérone ; ­prise de dompéridone favorisant la sécrétion ; utilisation d’un tire-lait, susceptible d’élever les niveaux des hormones favorisant la lactation ; réduction des doses d’estradiol et de progestérone simulant la dynamique hormonale de l’après-accouchement.

Après trois mois de traitement (deux semaines avant la naissance de l’enfant)  elle emme produisait 227 g de lait par jour – une quantité relativement faible mais qui a permis d’assurer un allaitement au sein exclusif durant six semaines, avant de l’associer à un allaitement artificiel. Parfait développement du bébé aujourd’hui âgé de six mois.   A New York les deux auteurs expliquent qu’ils vont chercher, autant que faire se pourra, à optimiser leur protocole.

A demain

Tabac et conflit d’intérêts : deux journalistes poussent la patronne des CDC vers la sortie

Bonjour

On peine à imaginer l’équivalent en France. Soit l’histoire américaine, aux frontières du vraisemblable, de Brenda Fitzgerald , 71 ans. Dr Fitzgerald, bardée de diplômes, ayant gravi tous les échelons, que l’on croyait au dessus de tout soupçon. Et qui ne l’était pas. Brenda Fitzgerald qui ne sera restée que sept mois à la tête des puissants Centers for Disease Control and Prevention (CDC) avant d’être démasquée. On lira tous les détails de cette  invraisemblable affaire dans The New York Times : « Dr. Brenda Fitzgerald, C.D.C. Director, Resigns Over Tobacco and Other Investments ». On les retrouve aussi, résumés, sur le site de Medscape (Aude Lecrubier, Alicia Ault) : « La directrice des CDC, prise la main dans le sac, démissionne ». Un sac, en l’espèce, cousu d’or et rempli de tabac et d’actions de toutes sortes.

On lit. On réfléchit. Imaginer l’équivalent en France?  Outre-Atlantique ce scandale est la conséquence des  révélations du magazine Politico sur les liens d’intérêt récurrents de Mme Fitzgerald avec les industries du tabac, de la pharmacie  et de l’industrie agroalimentaire : « Trump’s top health official traded tobacco stock while leading anti-smoking efforts ».

« Brenda Fitzgerald aurait acheté, pendant son mandat, pour des dizaines de milliers de dollars d’actions de Japan Tobacco, Merck &Co, Bayer, Humana et US Food Holding Co. Les journalistes Sarah Karlin-Smith et Brianna Ehley précisent qu’au moment de sa nomination par l’administration Trump, le Dr Fitzgerald détenait déjà des actions de cinq grands cigarettiers Reynolds American, British American Tobacco, Imperial Brands, Philip Morris International et Altria Group Inc. »

 Esprit de lucre

Où situer la frontière qui sépare l’acceptable de ce qui ne l’est plus ? Quand commence ce qui deviendra l’irréparable ? Comment en vient-on à ne plus saisir que l’on marche en dehors des clous de la morale ?

« Il s’agit d’une certaine forme d’inconscience pour un directeur des Centers for Disease Control and Prevention d’acheter des actions à un industriel du tabac un mois après être entré en fonction comme haut représentant de la santé public de la nation », explique le Dr Peter G Lurie, Président du Center for Science in the Public Interest : « CSPI Welcomes Resignation of CDC Director Brenda Fitzgerald ». Inconscience ou esprit de lucre ?

S’interroger sur le psychisme de Mme Fitzgerald ? Sur la levée du surmoi qui aux Etats-Unis conduit à de telles situations ?  « Il y a un conflit intenable entre chercher à faire des profits personnels avec l’industrie du tabac et être un porte-parole crédible sur le tabac et d’autres questions de santé publique », a déclaré à Medscape édition internationale Vince Willmore, vice-président de la « Campagne sans-tabac pour les enfants ».

On réfléchit encore. Un équivalent exister en France ? Vraiment ?

A demain

 

Vices et vertus de la cigarette électronique : vérité en deçà de l’Atlantique, erreur au-delà ?

 

Bonjour

Nouvelles tempêtes sur les volutes : commandé par le Congrès en 2016 et financé par la FDA, un rapport des Académies américaines des sciences et de médecine daté du 23 janvier laisse entendre que le cigarette électronique pourrait favoriser l’entrée des jeunes dans le tabagisme – et qu’elle aiderait les fumeurs adultes à cesser la consommation de tabac.

L’affaire trouve un large écho dans les médias. On la retrouvera depuis les colonnes du New York Times : « Vaping Can Be Addictive and May Lure Teenagers to Smoking, Science Panel Concludes » jusqu’à celles du Figaro : « Cigarette électronique : une porte d’entrée dans le tabagisme pour les jeunes ».

Après avoir analysé « plus de 800 études scientifiques », le panel d’experts conclut que la nicotine contenue dans les cigarettes électroniques pouvait créer une accoutumance chez les jeunes – ce qui pourrait les prédisposer à fumer du tabac. Une donnée par ailleurs très largement contestée et souvent démentie dans les faits. Les mêmes experts soulignent toutefois que la e-cigarette est bien moins nocive que la cigarette de tabac et qu’elle constitue un outil efficace de sevrage tabagique. Un forme de Janus moderne en somme.

Inquiétudes justifiées ?

 Face à ce paradoxe, le panel américain se refuse à trancher :« à ce stade, on ignore si la cigarette électronique a un impact positif ou négatif sur la santé publique». «La cigarette électronique ne peut pas simplement être jugée bénéfique ou nocive, a déclaré David Eaton, doyen de l’université de Washington et président du comité de rédaction du rapport commandé en 2016 par le Congrès. Dans certaines circonstances, les effets néfastes des cigarettes électroniques sur la santé des adolescents et des jeunes adultes ne fumant pas de tabac justifient sans aucun doute des inquiétudes».

Pour les experts, de nouvelles études sont nécessaires pour évaluer la balance bénéfices/risques de la cigarette électronique, mais aussi définir les effets à plus ou moins long terme de son usage. Ils estiment que certains effets néfastes pourraient être observés dans plus de vingt ans. Où l’on en revient, face au tabac, à l’équation de la réduction des risques et au choix pragmatique effectué par les autorités sanitaires britanniques pro-cigarette électronique.

Les experts américains considèrent aujourd’hui qu’il faudrait décourager l’usage de l’e-cigarette chez les jeunes et mettre en place des restrictions plus fortes. Faut-il rappeler qu’en France un adolescent sur trois est déjà entré, directement, dans le monde du tabac ?

A demain

 

 

Les jeunes américains délaissent les cigarettes de tabac. Par quoi les remplacent-ils ? 

Bonjour

Réduire les risques. C’est une information américaine importante reprise par Slate.fr puis par le site des buralistes français. Les dernières données issues de l’étude Monitoring the Future, pilotée par l’Institut national sur l’abus de drogues, ne laissent guère de place au doute : aux États-Unis, les jeunes délaissent de plus en plus la cigarette de tabac au profit du vapotage.

« Monitoring the Future » ? Depuis 1975, cette enquête mesure et analyse la consommation de drogues chez près de 45 000 adolescents scolarisés dans 360 établissements publics et privés. Il apparait aujourd’hui que seuls 4,2% des élèves en dernière année de lycée fumaient quotidiennement du tabac au quotidien – ils étaient 24,6% il y a vingt ans. Faut-il rappeler qu’ils sont 30 % ou plus, aujourd’hui, en France.

Brouillard tricolore

« Beaucoup de ces jeunes se tournent en revanche vers le vapotage, résume Slate.fr. En 2017, 28,2% d’entre eux l’avaient testé. Et nombreux sont ceux qui utilisent ce nouvel outil pour goûter au cannabis. Interrogés sur le contenu de leur vapoteuse la dernière fois qu’ils l’ont sortie, 11,1% des élèves de terminale reconnaissent y avoir mis de la marijuana. Plus de la moitié en revanche affirment avoir vapoté ’juste des arômes’’, et 32,8% de la nicotine. »

Les élèves de terminale seraient environ 6% à fumer quotidiennement du cannabis contre 4,2% du tabac, substance désormais en voie de « ringardisation ». A l’évidence ces résultats constituent un progrès majeur pour ce qui est de l’addiction et de l’intoxication tabagique que penser de l’appétence pour le cannabis ? Tne New York Times a interrogé des spécialistes : « Marijuana and Vaping Are More Popular Than Cigarettes Among Teenagers ».

«Nous ne connaissons pas encore les effets du vapotage sur la santé. […] Nos inquiétudes portent sur la manière dont celui-ci peut devenir un nouvel outil offrant [aux jeunes] de nouvelles façons de s’exposer à la nicotine et à la marijuana» estime, prudent, le Dr Wilson M. Compton, à la tête du National Institute on Drug Abuse. Certes, mais l’évolution observée outre-Atlantique n’est-elle pas, in fine, un progrès sanitaire par rapport à l’ancienne intoxication tabagique ? Comment trancher ?

Où l’on revient à l’une des équations sanitaires majeures quant à la réduction du risque et aux choix politiques devant être effectués dans ce domaine. Et force est bien une nouvelle fois de constater que, faute de chiffres fiables et de volonté affichée de l’exécutif, la France demeure, ici, dans un épais brouillard.

 A demain