Rugby : les Gros Pardessus auront-ils le courage d’interdire les plaquages thoraciques ?

Bonjour

Le hasard n’est-il, tout bien pesé, qu’une fatalité déguisée ? Le jour où cinq présidents gardaient le silence aux obsèques de Louis Fajfrowski, la World Rugby annonçait qu’elle autorisait l’expérimentation, dès cette saison, deux nouvelles règles du jeu dont « l’objectif est de préserver la santé du joueur » (sic).

Ces deux nouvelles règles sont le fruit de plusieurs mois de réflexions menées avec « tous les acteurs du rugby » au sein d’un « Observatoire médical ». Ces deux nouvelles règles « expérimentales » sont les suivantes :

« Introduction du « carton bleu » dans les championnats professionnels entraînant une sortie immédiate des joueurs présentant un signe évident de commotion cérébrale et le remplacement du joueur (sans limitation) ;

« Possibilité de remplacer tout joueur blessé, quel que soit son poste, par un joueur déjà sorti pour raison tactique (dans la limite de 4 joueurs par équipe). Auparavant, cette règle ne concernait que les joueurs de 1re ligne. »

Dans le cadre de cette dérogation une étude spécifique sera mise en place, destinée à suivre l’application de cette expérimentation.

Colosses qui se tamponnent

L’annonce tombe donc à point nommé pour répondre aux critiques virulentes de certains spécialistes comme le Pr Jean Chazal, neurochirurgien, très alarmiste sur les dangers que le rugby d’aujourd’hui fait courir aux joueurs et qui a justement été exclu pour cette raison du comité médical de la Fédération française de rugby. précise La Nouvelle République (Caroline Devos). Pour le Pr Chazal « le problème, c’est que les mesures prises sont des mesures qui interviennent en aval des commotions cérébrales ». « Je ne veux pas faire de polémique, précise-t-il. La Fédération et la Ligue ont beaucoup travaillé. Mais ces mesures n’agissent pas sur la cause des accidents. La cause, c’est que les joueurs sont surdimensionnés. Quand ils sont blessés, la médecine les répare et on les renvoie au feu. »

D’autres spécialistes expriment même plus clairement la question des méthodes employées par les joueurs pour gagner de la masse musculaire et qui, forcément, flirtent allègrement avec le dopage. L’ancien vice-président de la LNR Patrick Wolff estime ainsi qu’il faut « arrêter les demi-mesures ». « Le rugby n’est pas fait pour devenir un sport spectacle, ajoute-t-il, sûrement pas avec des colosses qui se tamponnent. Il faut être intransigeant dans la lutte antidopage. Il faut définir des règles plus strictes. »   

Fins des placages au dessus des shorts

Les Anglais, eux, ont opté pour un autre changement dans les règles du jeu qui sera expérimenté cette saison dans le championnat outre-Manche : la limitation de la hauteur des plaquages. On estime en effet que 47 % des blessures causées au rugby le sont sur ces phases de jeu. C’est d’ailleurs malheureusement après un plaquage  que le jeune rugbyman d’Aurillac est décédé. »

Les responsables du projet de surveillance des blessures du rugby professionnel, géré conjointement par la Fédération anglaise de rugby, l’Association des joueurs et la Ligue anglaise, avait officiellement transmis en mars dernier une demande à World Rugby afin de prendre des mesures pour limiter les commotions. Leur idée ? Réduire la hauteur des plaquages, qui sont principalement à l’origine de ces blessures.

« Pour étayer sa demande, le groupe explique que le nombre de commotions a nettement augmenté depuis deux ans (15,8 commotions pour 1000 heures de jeu en 2015-16 à 20,9 pour 1000 heures de jeu en 2016-17) et que ces blessures représentent 22% des maux recensés pendant les matches, dont 43% pour les seuls plaqueurs » soulignait alors L’Equipe. Le directeur du service médical de la Fédération anglaise de rugby, Simon Kemp dans The Telegraph :

«Pour faire simple, nous devons éviter les contacts tête contre tête, tête contre genou, tête contre hancheOn veut que le plaqueur entre en contact avec le porteur de balle de sa taille à sa ligne d’épaules. On peut réaliser ce changement de deux manières : soit en changeant la hauteur réglementaire du plaquage, soit en changeant le comportement des joueurs en augmentant la sanction pour les plaquages qui résultent d’un contact avec la tête.»

On peut aussi progresser plus rapidement encore dans le processus de réduction des risques et d’amélioration de la qualité du jeu offert : interdire et sanctionner toute forme de placage « au-dessus du short ».

A demain

 

Burkinis interdits à la plage : la France va-t-elle devenir la risée du monde entier ?

 

Bonjour

Cannes, Villeneuve-Loubet, Sisco. Comment, en trois jours, a-t-on pu en arriver là ? Comment peut-on, raisonnablement, sur des plages ouvertes aux quatre vents, interdire  « un vêtement de bain destiné aux femmes musulmanes qui veulent profiter de la baignade en conformité avec leur interprétation des préceptes de l’islam » ? Quel scaphandrier des profondeurs de la psyché nationale nous dira de quoi de qui et d’où l’on parle ? Quelle métaphore filer pour, sans lasser, dire au plus juste la vérité ?

Dès le samedi 13 août l’édition internationale du New York Times se gaussait, en Une, d’un pays qui voit dans le burkini une menace pour sa sécurité intérieure  – une interdiction qui « peut parfois sembler étrange pour les étrangers »:

« Aux Jeux olympiques de Rio, plusieurs femmes musulmanes ont participé à des épreuves avec des vêtements qui couvrent leurs cheveux et leur cou. Des maillots de bain couvrant le visage, portés par des baigneurs inquiets d’une exposition trop forte au soleil, ont également été repérés en Chine et dans d’autres endroits ».

Albion

La perfide Albion n’est pas en reste. Le Guardian (Remona Aly) avance ainsi « cinq raisons de porter un burkini – et pas seulement pour embêter les Français » : « Rendre fou les médias », « économiser de la crème solaire », « diversifier la libération de la femme », « souligner le ridicule de la situation » et « célébrer la liberté ».

Pour sa part, la BBC met en garde les autorités françaises. Elles « devront distinguer les nageuses en burkini et les nageurs en combinaison de plongée ». La chaîne britannique a également demandé à des femmes de confession musulmane ce qu’elles pensaient de l’interdiction du port du burkini sur certaines plages françaises. Pour Aysha Ziauddin, de Norfolk, à l’est de l’Angleterre, ces arrêtés municipaux « sont une attaque islamophobe contre les musulmans ». « Le burkini me donne la liberté de nager et d’aller à la plage sans avoir l’impression de compromettre mes croyances », poursuit-elle. Avait-elle lu, sur Mediapart,  Edwy Plenel ?

Régime théocratique

Le Telegraph se montre également d’une particulière  virulent contre les interdits du birkini  :

« Les vrais ennemis de la liberté ne sont pas les femmes qui portent des burkinis, mais les politiques qui veulent les interdire.  Comme un régime théocratique, l’interdiction du burkini à Cannes oblige les femmes musulmanes à choisir entre leur religion et leur identité nationale, et suggère pernicieusement que leur choix du vêtement est une déclaration politique, que ce soit le cas ou non. »

Jusqu’à l’Espagne qui vient, ici, nous donner des leçons de démocratie et de savoir vivre ensemble. Sur le site d’El Pais, la journaliste et écrivaine Berna Gonzalez Harbour s’en prend aux arguments avancés pour interdire le port de ce vêtement. « Si c’est un problème d’hygiène, comme le justifie si bien le maire [de Villeneuve-Loubet], il faudrait peut-être alors réfléchir à l’interdiction des maillots, des lunettes de plongée et des combinaisons thermiques pour les frileux », plaide-t-elle – hommage fait au naturisme qui a tant fait rire M et Mme Emmanuel Macron à Biarritz.

Berna Gonzalez Harbour : « L’inquiétude de la population et les précautions prises par les autorités sont des réactions compréhensibles. Mais de la précaution et des ressources nécessaires à la lutte antiterroriste, à l’intolérance irrationnelle, il y a un pas que la France ne doit pas franchir. »

Marbres vénitiens

L’Italie, elle, reste de marbre.  La Nuova di Venezia revient également sur le sujet. Pour le quotidien local, les édiles de la côte vénitienne, à l’est du pays, « ne semblent pas particulièrement troublés » par le port du burkini sur leurs plages. Aucun n’a ainsi prévu de prendre des arrêtés. Valerio Zoggia, maire de la vieille cité de Jesolo, résume tout en un mot : « Je ne peux pas interdire à une femme de se baigner habillée ».

En France (fille aînée de l’Eglise), certains maires estiment qu’ils peuvent imposer aux femmes de se dévêtir si elles veulent mettre le pied sur le sable de la communauté.  Qu’en diront, rentrés de la plage, les magistrats du Conseil d’Etat, eux qui ne voient la vie que dictée par la loi ?

A demain

 

Alice au pays de la Cigarette électronique : qui, en France, aura le bon sens de David Cameron ?

Bonjour

David William Donald Cameron est, on le sait, Premier ministre du Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord. C’est un homme qui, en France, aurait hier encore été classé à droite. C’est néanmoins un homme qui a un certain sens du collectif. On nous rapporte qu’interrogé sur la cigarette électronique lors d’une session de questions à la Chambre des communes, le Premier ministre britannique  a affirmé qu’elle est une voie légitime pour améliorer la santé publique.

On croirait rêver. Alice va-t-elle se réveiller ? 1

Cela s’est pourtant bien réalisé, les pieds sur terre, lors de la session de questions au Premier ministre, le mercredi 15 décembre à la Chambre des communes. Mark Pawsey, un membre (conservateur) du Parlement britannique très au fait des questions de tabagisme et, quoique de droite,  défenseur du dispositif de réduction des risques a interrogé David Cameron sur ce sujet.

Abandon du tabac

M. Pawsey a fait ses comptes. L’agence Public Health Englanda récemment déclaré que les e-cigarettes sont 95% moins nocives que les cigarettes de tabac. Or la moitié de la population britannique n’a pas eu connaissance de cette information. Aussi M. Pawsey a-t-il demandé au Premier ministre Cameron s’il se joignait à lui « pour souligner le rôle que les e-cigarettes peuvent jouer pour aider les gens à abandonner le tabac pour de bon ».

Alice va-t-elle sortir de son rêve ?

Or la vidéo nous montre que David Cameron a acquiescé sans hésiter. Il a même avoué avoir « mené cette bataille un certain nombre de fois, parfois avec un certain succès ». Il a encore expliqué que beaucoup de gens trouvent différentes voies pour arriver à arrêter de fumer et « clairement pour certaines personnes la cigarette électronique est un moyen efficace ». Pour le Premier ministre britannique, il faut suivre les avis des experts et tenir compte du rapport de Public Health England, estimant « prometteur » que près d’un million de personnes aient cessé de fumer grâce à la cigarette électronique.

Sourire de chat

« Nous devons faire en sorte d’être clair en précisant que c’est une voie très légitime pour beaucoup de gens pour améliorer leur santé et donc pour la santé de la nation ».Nous sommes ici au pays de Lewis Carroll et d’Alice. Tout est possible. On y fume de moins en moins et un Premier ministre ne cache pas ses difficultés pour abandonner le tabac.

Quitter Londres et sortir du Tunnel ; le retour à la réalité. Plus de lapin chronométré, plus de sourire de chat, aucune de chenille pontifiante, une  Reine de cœur absente.

Un « Programme national de réduction du tabagisme » hors sol pour plus tard ; un paquet neutre à venir, pour la galerie ; une ministre de la Santé qui n’a toujours pas  compris. Nous sommes en France, le vrai pays du non sens.

A demain

1 Cent cinquante ans plus tard : « Alice au pays des merveilles »: le manuscrit  de Lewis Carroll  Éditions des Saint-Pères. Le coffret, préfacé par Amélie Nothomb, contient deux livres: le manuscrit de Lewis Carroll, et la traduction française illustrée par John Tenniel.

 

Les femmes peuvent vivre longtemps sans être heureuses. Mais l’inverse est aussi vrai

Bonjour

Faut-il s’en réjouir ? Une vaste étude britannique publiée dans The Lancet met à mal une idée très répandue sur les liens pouvant exister la joie de vivre et la mortalité. Ce travail ne concerne que les femmes et reste à mener chez les hommes. On lira ici notre décryptage sur Slate.fr : « Être heureuse ne fait pas vivre plus longtemps (et inversement) ».

Unhappy or stressed

Et les amateurs de journalisme comparé prendront plaisir à découvrir ce que dit, sur le même thème, la BBC : « Being unhappy or stressed will not kill, says study », The Telegrah : « Being unhappy won’t kill you, study finds » ou The Globe and Mail : “Happiness does not affect life expectancy or overall health: study”. Sans oublier The New York Times: “Happiness Doesn’t Bring Good Health, Study Finds”.

A demain

Pourquoi le gouvernement français n’interdit-il pas de fumer dans les prisons et autres maisons d’arrêt ?

Bonjour

C’est une information que les journaux classent généralement dans la catégorie « Insolite ». C’est aussi une solide question de santé publique. L’affaire s’est passée à Coutances, jolie bourgade du département de la Manche. Superbe cathédrale, festival Jazz sous les pommiers et sordide maison d’arrêt construite en 1821 – voir ici la vidéo INA- FR3 concernant la « réalité carcérale » en présence du député UDF Hervé Morin. 

Dortoirs

Cette maison d’arrêt est, comme celle de Tours (Indre-et-Loire), un abcès chronique sur la  carte pénitentiaire . Elle peut accueillir 71 détenus dans neuf grandes cellules de six à douze lits. « L’hébergement en dortoirs reste la particularité de cet établissement »souligne sobrement le site internet du ministère de la Justice.

« La maison d’arrêt de Coutances a été édifiée sur un domaine de 4426 m2 avec une emprise intra muros de 2777 m2, entre 1821 et 1828, par ordonnance royale du 9 avril 1819 pour l’amélioration des prisons. Les premiers détenus sont transférés des vieilles prisons de Coutances vers la nouvelle maison d’arrêt, de correction et de Justice le 11 août 1828. Bombardée en juin 1944, l’aile nord de la prison de Coutances a été totalement détruite, réduisant d’un tiers sa capacité d’hébergement.

L’hébergement des détenus en dortoirs reste la particularité de la maison d’arrêt de Coutances. »

L’affaire, rapportée par plusieurs médias régionaux et nationaux (dont Le Parisien) :  Du 9 décembre 2013 au 8 avril 2014, un Normand de 36 ans a été placé en détention au sein de cette prison. Durant 120 jours, il a successivement occupé les cellules EQHSG et EQHCU, d’une surface respective de 21 m2  et de 20,75 m2. La plus grande des cellules comprenait une douche, une armoire, une grande table et des chaises. Avec le détenu, entre quatre et six compagnons, tous fumeurs, alors que lui ne fume pas. Et la fenêtre ne dépasse pas les 80 centimètres.

Couvertures tous les six mois

Après sa libération, le détenu a, début 2015, saisi la justice en mettant en avant des conditions de détention « inhumaines, dégradantes et insalubres ». Le tribunal administratif de Caen, qui a examiné ce dossier, vient de rendre son jugement. Il a écarté la notion de surpeuplement, noté que les gants de toilette, serviettes et taies d’oreiller sont changés tous les huit jours, les draps tous les quinze jours et les couvertures tous les six mois. En revanche, ont-ils jugé, « le détenu peut soutenir qu’il a subi une promiscuité certaine. Lui-même étant non-fumeur, son incarcération ne s’est pas déroulée dans les conditions de salubrité requises par la Convention européenne des droits de l’homme ». En réparation du préjudice subi, le détenu recevra 1 200 euros de dommages et intérêts.

Soit 10 euros par jour pour avoir été exposé à un tabagisme passif  massif. Le prix de la promiscuité.

Reste la question du fumer en prison. Non loin de Coutances, de l’autre côté de la Manche la question ne se pose plus. Le Royaume-Uni a ainsi décidé, mardi 29 septembre ,d’interdire aux détenus de fumer dans les prisons. Huit centres sont concernés : quatre au Pays de Galles, qui devront respecter l’interdiction dès le mois de janvier, et quatre prisons en Angleterre à partir de mars 2016. L’AFP précise que cette annonce fait suite à la décision prise en mars dernier par  la Haute Cour de justice, qui a tranché en faveur de l’application de la législation antitabac britannique, en vigueur depuis 2007, à la suite de la requête d’un détenu qui se plaignait des conséquences pour sa santé.

Passer le temps

Le ministre britannique des prisons Andrew Selous a expliqué, dans un courrier adressé au président de la Commission parlementaire de la justice, que l’interdiction serait introduite par phases progressives, en raison notamment de la forte proportion de fumeurs parmi les détenus et de « la particularité des lieux ».

Au Royaume-Uni, 80 % des détenus fument, selon des chiffres officiels Aussi peut-on redouter le pire, comme le souligne Vice, publiant le témoignage d’un ancien prisonnier :

« En prison, les cigarettes sont un moyen de passer le temps. Elles ont un rôle social, servent en quelque sorte à clore chaque chapitre sans histoire de la journée. C’est également une monnaie de choix dans un monde sans argent – tout le monde sait que t’es plein aux as quand tu as une boîte à chaussures remplie de tabac sous ton lit. Tu peux échanger quelques clopes avec un des cuisiniers contre un peu de poivre, une pochette d’Amber Leaf[marque britannique de tabac à rouler] contre un bout de hasch, de l’héroïne ou ce qui te fait kiffer. »

Violences

Pour Mark Leech, éditeur du Manuel sur les prisons interrogé par  The Telegraph« des temps difficiles s’annoncent ». « Les prisons sont remplies de personnes présentant des troubles mentaux, ayant un comportement impulsif et qui peuvent se montrer violentes. »

Des premières mesures d’accompagnement ont été mises en place, comme la distribution de cigarettes électroniques. Les détenus désireux d’arrêter de fumer ont également reçu un soutien. La directrice de l’association caritative Frances Crook, interviewée par la BBC, souligne la relation émotionnelle des prisonniers au tabac, et demande qu’ils bénéficient d’une aide plus soutenue, avec des patchs nicotiniques  gratuits par exemple ou un accès facilité à des activités ou de l’exercice physique. Une aide au sevrage en somme.

L’association de défense des prisonniers Prison Reform Trust regrette quant à elle qu’il ne soit pas permis aux détenus de fumer dans les espaces extérieurs. « Si on leur refuse ça, il faut leur apporter un soutien plus approprié » et « surveiller davantage les signes de détresse » de leur part, plaide Peter Dawson, directeur adjoint de l’association.

Cigarette électronique

L’AFP observe que la décision du gouvernement coïncide avec la publication des résultats d’une étude sur la qualité de l’air dans six prisons britanniques. Elle révèle que les gardiens des centres de détention passent environ le sixième de leur temps de travail à respirer de manière passive des volumes de fumée supérieurs aux limites conseillées par l’Organisation mondiale de la santé – The Guardian. Fumer dans les prisons est déjà interdit au Canada, en Nouvelle-Zélande et en Australie, où cette décision a provoqué une émeute à Melbourne en juillet.

Et en France ? La question n’est tout simplement pas posée. La prison, de même que la maison de retraite est considérée par les pouvoirs publics comme un « domicile contraint ». Pour l’heure le programme national de réduction du tabagisme, en chantier depuis bientôt deux ans, ne s’intéresse ni à la cigarette électronique ni aux prisons. Les ministres de la Justice et de la Santé diront-elles un jour pourquoi ?

A demain

Euthanasie : le traitement médiatique de la mort d’un citoyen britannique chez Dignitas (Suisse)

Bonjour

Une bouteille d’eau d’Evian. C’est ce que l’on peut voir sur la table de ce banquet post-mortem – un cliché diffusé par la BBC, comme on peut le voir ici. C’est l’un des papiers illustrés qui, ce matin, disent tout. Non pas de l’euthanasie (qui le pourrait?), mais bien de la mise en scène médiatique de cette dernière. C’est là une forme a minima de militantisme auquel, de part et d’autre de la Manche, les médias se prêtent volontiers. Pour les meilleures raisons du monde, sans omettre l’émotion sous-jacente à ce type de sujet. Cette dimension médiatique est aussi, pour la famille et pour les proches, une forme assez particulière de mise en abyme du faire son deuil.

Maladie neurologique

Soit donc  Jeffrey Spector, 54 ans, de St Annes, Lancashire. Il est mort le 23 mai au terme d’une maladie qui évoluait depuis six ans. La BBC n’en parle qu’aujourd’hui. Il en va de même du Daily Mail (nombreuses photographies), mais aussi du Guardian (un seul cliché), du Mirror, sans oublier The Telegraph, qui montre, dans la prairie suisse la petite maison de Dignitas (cliché AFP) au terme d’une longue maladie neurologique (diagnostic non précisé). On ajoutera les innombrables canaux des réseaux sociaux.

Il y a encore, pour finir, The Independant, qui estime que cette mise en scène relance le débat britannique sur la pratique du suicide (médicalement ou pas) assisté. De fait les mises en scène de déplacements à l’étranger concernant des pratiques interdites dans son pays est depuis quelques décennies une forme de classique. C’est aujourd’hui vrai pour l’euthanasie comme pour les militants de la dépénalisation de la pratique de la grossesse pour autrui.

Exclusivité

Pour sa part Jeffrey Spector  était entouré, en Suisse, par sa femme, ses trois filles et ses amis. Tous ont dit qu’ils respectaient sa décision et un communiqué en ce sens a été publié. Le montant des sommes versées à Dignitas ne semble pas avoir été précisé. M. Spector lui-même s’était exprimé via un entretien accordé « en exclusivité » à la Blackpool Gazette (Gareth Vickers) (avec le même triste cliché, non signé, du centre Dignitas helvète).

Il y a encore le journaliste David Graham. Il a déclaré à BBC Radio Lancashire qu’il avait parlé avec M. Spector alors qu’il était encore à son hôtel près de la « clinique », à Zurich. M. Graham a déclaré que M. Spector, directeur d’une agence de publicité, lui avait dit avoir préalablement consulté plusieurs chirurgiens du Royaume-Uni.  En Angleterre et au Pays de Galles une loi de 1961 dispose que le fait d’encourager ou d’aider une personne à (tenter de) se suicider constitue un délit.

Ne pas tuer

Plusieurs hommes politiques britanniques viennent de faire savoir, via les médias, qu’ils allaient tenter de modifier cet état de fait. Cette situation doit être mise en parallèle avec le fait que le Royaume Uni a toujours été présenté, de ce côté-ci de la Manche, comme un modèle à suivre pour ce qui est de la lutte contre la douleur et le développement des soins palliatifs. Au point que des responsables de la médecine palliative redoute que l’on modifie l’équilibre qui, aujourd’hui prévaut dans ce domaine. Ils rappellent, au risque de ne pas être compris, que leur mission est d’accompagner vers la mort. Non de tuer.

A demain

Ebola : Rwanda, cinquième pays infecté ?

Bonjour

Aujourd’hui, lundi 11 août. Tous les projecteurs se tournent vers le Rwanda. Et demain ? Les flux de population, la présence croissante du virus dans l’Ouest africain et l’absence de suivi, à la lettre, de toutes les recommandations sanitaires rendent désormais la chose immanquable : des alertes seront lancées à échéances plus ou moins rapprochées.

Diagnostic différentiel

Ce sera d’autant plus fréquent que l’inquiétude gagnera et que les symptômes n’ont, ici, ici rien de bien spécifique.  On signalera ici ou là un nouveau pays possiblement touché. Avant ou non de confirmer. C’est ce qui vient de se passer pour le Rwanda et le Sénégal. Deux pays qui n’ont jamais, dans le passé, été touchés par cette maladie.

Le gouvernement rwandais a indiqué, dimanche 10 août, qu’un étudiant allemand hospitalisé dans la capitale Kigali et présentant les symptômes du virus avait été placé en isolement. Des tests sont en cours pour déterminer si le patient souffre de la fièvre hémorragique. Leurs résultats devraient être connus sous quarante-huit heures. Agnes Binagwaho, ministre de la Santé a pris la parole : le jeune homme« avait passé plusieurs jours au Liberia avant de venir au Rwanda ».

Malade venu du Mali

Le Sénégal avait lui aussi redouté  l’arrivée du virus Ebola sur son sol : un malade présentant les signes de la fièvre hémorragique avait été placé en quarantaine, le 9 août. Les résultats des analyses virologiques demandées en urgence ont, selon les autorités sanitaires sénégalaises  permis d’exclure le diagnostic  d’Ebola. Le patient, âgé de 27 ans, venait du Mali, pourtant non affecté par l’épidémie. Des malades présentant des symptômes proches de ceux de l’infection Ebola  avaient été recensés en avril, mais tous les tests s’étaient alors révélés négatifs.

Dixième cas au Nigéria

Le Sénégal et le Mali sont frontaliers de la Guinée, pays où s’est déclarée en début d’année l’épidémie actuelle d’Ebola, qui s’est ensuite propagée au Liberia, à la Sierra Leone et, depuis peu, au Nigeria. Nigéria qui vient de confirmer un nouveau cas à Lagos portant à dix le nombre total de cas selon le ministère nigérian de la Santé. Le dixième cas est celui d’une infirmière qui avait été en contact avec un Libérien mort de la fièvre hémorragique dans un hôpital de Lagos le 25 juillet.

A demain