Alerte éthique : la Chine aurait fabriqué des nouveau-nés humains génétiquement modifiés 

Bonjour

Un moment historique ?

Ce sont des informations du MIT Technology Review (Antonio Regalado) et d’AP/Washington Post : « AP Exclusive: First gene-edited babies claimed in China ». « Une équipe chinoise serait sur le point de révéler avoir réimplanté des embryons humains modifiés par la technique CRISPR, reprend le site The Conversation (Guillaume Levrier). L’annonce pourrait en être faite demain, au Deuxième Sommet International sur l’Edition du Génome Humain, à Hong Kong. De quoi s’agit-il ? D’un essai clinique visant à modifier le gène CCR5, dans le but d’immuniser une personne contre le VIH. » Associated Press :

« Un chercheur chinois affirme avoir contribué à la création du premier bébé au monde génétiquement modifié – des jumelles nées ce mois-ci dont il a modifié son ADN avec un nouvel outil puissant, capable de réécrire le modèle même de la vie. Si cela est vrai, ce serait un pas de géant en science et en éthique.

« Un scientifique américain a déclaré qu’il avait pris part aux travaux en Chine, mais ce type de modification génétique est interdit aux États-Unis car les modifications de l’ADN peuvent être transmises aux générations futures et risquent de nuire à d’autres gènes. Une majorité de scientifiques pensent qu’il est trop dangereux d’essayer, et certains ont qualifié l’essai chinois d’ »expérimentation humaine ».

« Le chercheur, He Jiankui de Shenzhen, a déclaré avoir modifié des embryons pour sept couples au cours de traitements de fertilité, avec une grossesse obtenue jusqu’à présent. Il a déclaré que son objectif n’était pas de guérir ou de prévenir une maladie héréditaire, mais bien d’essayer de conférer un trait caractéristique de peu de gens naturellement – une capacité à résister à une éventuelle infection par le VIH.

« Il a ajouté que les parents concernés ne souhaitaient ni être identifiés ni interrogés – qu’il ne dirait pas où ils habitent ni où cette expérience a été menée. ll n’y a pas de confirmation indépendante de ses dires, et ce travail n’a pas été publié dans une revue qui, via des pairs, aurait pu attester de son authenticité. »

Pour l’heure seuls quelques médias internationaux semblent avoir pris la mesure de cette annonce. Il ne s’agit pourtant pas ici, comme il y a un an, d’une réédition du génome d’embryons humains surnuméraires destinés à être détruits – mais bien d’un modification délibérée du génome d’embryons conçus in vitro puis implantés in utero dans le but de les faire naître porteurs d’une mutation transmissible à leur descendance.

« Cette nouvelle fracassante est une brusque accélération dans une controverse à la fois économique et éthique qui oppose la Chine à l’Occident au sujet d’une technologie qui va sans aucun doute révolutionner l’agriculture, la médecine, et peut-être l’espèce humaine » prévient The Conversation. Nous y reviendrons.

A demain

@jynau

Première : un traitement permet à une femme transgenre d’allaiter l’enfant de sa compagne 

Bonjour

C’est, officiellement, une première mondiale. C’est aussi un dossier médical et sociétal à lire dans  The New York Times (Ceylan Yeginsu) : « Transgender Woman Breast-Feeds Baby After Hospital Induces Lactation », dans The Washington Post (Lindsey Bever) « How a transgender woman breast-fed her baby » ou dans  Le Monde (Paul Benkimoun). Une affaire qui voit « une femme transgenre allaiter un enfant ». Tous les détails sont à lire dans le numéro de janvier de Transgender Health :  « Case Report: Induced Lactation in a Transgender Woman ».

La publication est signée depuis New York par la Dr Tamar Reisman (Department of Endocrinology, Icahn School of Medicine at Mount Sinai) et Zil Goldstein (Center for Transgender Medicine and Surgery). Les deux auteurs expliquent longuement, et avec de très nombreux détails, comment ils sont parvenu à induire une lactation chez une femme transgenre âgée de 30 ans qui n’avait pas subi de chirurgie de réattribution sexuelle (plastie mammaire, ablations testiculaires ou vaginoplastie).

Spironolactone – estradiol – progestérone-dompéridone

Elle suivait depuis 2011 un traitement médicamenteux hormonal féminisant (spironolactone – estradiol – progestérone). Elle prenait occasionnellement du clonazépam (contre des épisodes de « panic disorder ») et du zolpidem (contre des insomnies). Elle était par ailleurs en bonne santé, ne fumait pas et ne présentait pas de risque cardiovasculaire – avec une poitrine similaire à celle d’une femme adulte.

Cette patiente souhaitait ardemment pouvoir allaiter le futur nouveau-né auquel sa compagne allait donner naissance – cette dernière ne souhaitant pas nourrir  elle-même son enfant. La lactation a été induite par un traitement commencé trois mois avant la naissance : doses croissantes d’estradiol et de progestérone ; ­prise de dompéridone favorisant la sécrétion ; utilisation d’un tire-lait, susceptible d’élever les niveaux des hormones favorisant la lactation ; réduction des doses d’estradiol et de progestérone simulant la dynamique hormonale de l’après-accouchement.

Après trois mois de traitement (deux semaines avant la naissance de l’enfant)  elle emme produisait 227 g de lait par jour – une quantité relativement faible mais qui a permis d’assurer un allaitement au sein exclusif durant six semaines, avant de l’associer à un allaitement artificiel. Parfait développement du bébé aujourd’hui âgé de six mois.   A New York les deux auteurs expliquent qu’ils vont chercher, autant que faire se pourra, à optimiser leur protocole.

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Variole : faut-il l’ajouter aux onze vaccins que le gouvernement entend rendre obligatoires ?

Bonjour

La génétique et la santé publique ont parfois des allures de serpent de mer. A commencer par celui du virus de la variole. Officiellement disparu (ou presque) de la surface de la Terre depuis 1980 il réapparaît à échéance régulière : des équipes scientifiques annoncent dans des conclaves avoir l’intention de le « reconstruire » ; ou y être (presque) parvenu. Emotions dans la communauté et interrogations éthiques sur ce que les biologistes sont en droit de réaliser dans leurs cornues généticiennes.

L’affaire rebondit aujourd’hui avec une savante indiscrétion de la revue Science (Kai Kupferschmidt) :  « How Canadian researchers reconstituted an extinct poxvirus for $100,000 using mail-order DNA ». Où l’on apprend qu’un groupe dirigé par le virologiste David Evans (Université de l’Alberta, Edmonton, Canada) est parvenu à synthétiser un virus cousin germain de celui de la variole – et ce à partir d’éléments génétiques commandés à distance et livrés par la poste – pour un coût global de 100 000 dollars.  

« Aucun doute : si c’est possible pour le horsepox, c’est possible pour la variole », explique à Science Gerd Sutter (Université Ludwig-Maximilians, Munich). Avec toutes les conséquences que l’on imagine : l’ensemble de la population mondiale à vacciner pour la protéger contre cette menace sanitaire hautement contagieuse éradiquée depuis près d’un demi-siècle.

Orwell et le terrorisme biologique

La simplicité du processus mis en œuvre par les chercheurs canadiens et, plus généralement, la banalisation des techniques hier sophistiquées de génie génétique font que le spectre d’une utilisation terroriste à visée criminelle ne peut nullement être exclue. A l’inverse les optimistes parient ici sur une maîtrise grandissante de techniques qui ouvriront la voie à de nouveaux vaccins.

Interrogé par The Washington Post, Tom Frieden, ancien patron des Centers for Disease Control and Prevention américain estime que cette recherche pourrait mettre un terme au vieux débat sur le devenir des derniers échantillons du virus variolique, pieusement conservés dans des centres de recherche à Atlanta et Novossibirsk. « Nous vivons dans un meilleur des mondes où il existe une capacité à recréer des organismes qui ont existé dans le passé ou à créer des organismes qui n’ont jamais existé » explique-t-il. Brave new world… George Orwell et Aldous Huxley n’ont jamais été à ce point d’actualité.

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Trump élu président américain : les journalistes sont priés de retourner «sur le terrain»

 

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Retour sur Terre. Sans parachute. Aux Etats-Unis deux cents journaux avaient pris position pour Hillary Clinton, contre six seulement pour Donald Trump. « Ce niveau d’engagement très élevé de la presse a manifestement été sans effet sur l’électorat, euphémise Le Monde (Alexis Delcambre). A moins qu’il n’ait conforté celui-ci dans son soutien au milliardaire, qui lors de la campagne n’a pas manqué une occasion de s’en prendre à des médias jugés « corrompus et biaisés « . »

Un grand classique. Il vaut de ce côté-ci de l’Atlantique où il explique pour partie le succès de l’extrême droite nationaliste.

Le Monde observe aussi que les médias américains se sont épuisés à  » fact checker «  sans relâche les interventions du milliardaire, sans parvenir à le disqualifier aux yeux de l’opinion.  Plus basiquement (ou plus perversement) ils ont aussi été pris dans une relation ambiguë avec le candidat, ce  » véritable filon «  des machines médiatiques, qui a établi avec elles une  » dépendance mutuelle « , comme le pointait dès mars le médiateur du New York Times. Lequel a repris la plume après le vote dans un billet aux allures de mea culpa pour le journal. Faut-il espérer une repentance similaire du Monde ?

Des journalistes gentrifiés

Pour l’heure le dernier quotidien vespéral de la capitale française bat la coulpe de la profession. « Pour le dire franchement, les médias ont raté le sujet, a ainsi estimé Margaret Sullivan, éditorialiste média au Washington Post. Au final, un large nombre d’électeurs voulaient quelque chose de nouveau. Et bien qu’ils l’aient crié, hurlé, la plupart des journalistes n’ont pas écouté. Ils ne l’ont pas saisi. »

C’est, pour le dire autrement, proprement dramatique. Où sont les journalistes s’ils n’entendent pas leurs contemporains crier et hurler ? Il va leur falloir abandonner un instant leurs claviers et leurs écrans. Et (ré)apprendre à entendre les désespérés, les insensés. A partir de quand cette profession s’est-elle gentrifiée ? Depuis quand a-t-elle abandonné l’enquête, la filature, le reportage, cette sainte triade de ses aînés ?

Margaret Sullivan pense que les journalistes ont projeté sur l’opinion leur propre répugnance à voir un candidat tel que M.  Trump accéder à la Maison Blanche. C’est là, pour le dire autrement, un mélange des genres, un conflit d’intérêts.

Mensonges et « post-vérité »

Paul Krugman est prix Nobel 2008 d’économie. Il est aussi éditorialiste au New York Times.  Encore un mea culpa : « Les gens comme moi, et sans doute la plupart des lecteurs du New York Times, n’ont vraiment pas compris le pays dans lequel nous vivons. Nous pensions qu’une large majorité d’Américains restait attachée aux normes démocratiques et à l’état de droit. (…) Mais il apparaît qu’un grand nombre de gens – des blancs, vivant principalement dans les zones rurales – ne partagent pas du tout notre vision de l’Amérique. »

Les médias généralistes les plus puissants dévissent. Ils n’atteignent plus que très marginalement, très fugacement, de larges pans de la population. Phénomène inverse : de très larges pans de cette même population sont en contact permanent avec « des pages partisanes créées et éditées pour les réseaux sociaux, où jouent à plein les effets de bulle, qui renvoient chacun à ses propres convictions ». (Alexis Delcambre). C’est, très précisément, l’envers du journalisme.

Cela peut s’appeler une fracture médiatique. Il reste à savoir comment la réduire. Cela peut s’appeler, aussi, l’entrée dans l’ère de la « post-vérité » (du « mensonge » corrige Slate.fr). Il reste à savoir comment en sortir. Retour sur Terre.

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Le «coup de chaud» d’Hillary Clinton devient une «pneumonie». Suite des mensonges en série ?

 

Bonjour

Quelle que soit la vérité, l’effet est dévastateur. Et les images en boucle dévastatrices. Ainsi donc Hillary Clinton, 68 ans, antécédents d’AVC ischémique, s’évanouissait (ou presque) à New York, pendant la cérémonie organisée en mémoire des victimes des attentats du 11 septembre 2001. Communication officielle : « coup de chaud ».

Tout est alors mis en place pour rassurer : la candidate démocrate à l’élection présidentielle américaine est non pas hospitalisée mais transportée chez de sa fille Chelsea qui habite le quartier de Manhattan. Elle déclarera peu après qu’elle  se sentait « très bien » et que, vraiment, c’était une bien belle journée sur New York que celle du 11 septembre 2016.

La communication officielle est rapidement modifiée : son médecin est poussé à révéler qu’une infection pulmonaire avait été diagnostiquée dès le vendredi 9 septembre. Le Dr Lisa Bardack  déclare dans un communiqué que sa patiente souffrait, en outre, de toux dues à des allergies :

« Elle a été mise sous antibiotiques et nous lui conseillons de se reposer et de modifier son emploi du temps. Pendant l’événement de ce matin [les commémorations du 11-Septembre], elle a souffert de la chaleur et était déshydratée. Je viens de l’examiner et elle est maintenant réhydratée et se remet bien. »

#HillarysHealth.

« Coup de chaud » ? Alors que l’événement commémoratif commençait sur le site du World Trade Center la température approchait les 27 degrés avec un soleil qui brillait par intermittence. Le député démocrate de New York Joe Crowley, qui était présent, a déclaré à la chaîne de télévision MSNBC que la candidate « étouffait ».

Il y a quelques jours la candidate démocrate avait été victime d’une quinte de toux lors d’un meeting de campagne ce mois-ci à Cleveland. « Chaque fois que je pense à Trump, je deviens allergique », avait-elle plaisanté, en guise d’explication. Cet épisode a alimenté les rumeurs sur sa santé dans les milieux politiques conservateurs. Les partisans de Donald Trump font part sur Twitter de leurs spéculations au sujet de la santé de Mme Clinton. Voir  #HillarysHealth.

A plusieurs reprises, le candidat républicain, est allé lui-même jusqu’à émettre des doutes sur la santé de l’ancienne Première dame (et donc sur sa capacité à assumer une fonction présidentielle physiquement et psychologiquement très éprouvante). Hillary Clinton avait fait publier en juillet 2015 un texte signé du Dr Lisa Bardack où sont décrits ses médicaments – dont des anticoagulants et des antihistaminiques contre les allergies saisonnières. Mme Clinton souffre aussi d’une hypothyroïdie.

Les antécédents thrombotiques (1998, 2009, 2012) ressortent. Le 16 août dernier le Dr Bardack a de nouveau certifié : « Mme Clinton est en excellente santé et apte à exercer les fonctions de présidente des Etats-Unis. » Comment peut-on, raisonnablement,  rédiger de tels certificats ?

L’hydre du populisme

Les défenseurs d’Hillary Clinton mettent en avant l’emploi du temps de leur protégée présentée comme une « force de la nature ». « Continuer malgré la maladie, c’est ce que font les femmes, stoïquement, tous les jours » croit utile de twitter Jennifer Grandholm, ancienne gouverneure du Michigan. On exhume les incidents : le président George H. Bush s’effondrant en vomissant sur le premier ministre japonais (1992, gastro-entérite) ; perte de connaissance de George W. Bush (2002, accident de bretzel).

Pour l’heure il faut retenir une déclaration médicale sensée, celle du David Scheiner, médecin signataire du bulletin de santé de Barack Obama en 2008. Il écrit ainsi dans le Washington Post : « Je peux attester que les Américains ont besoin de beaucoup plus d’informations médicales de la part de ces deux candidats. A ces âges-là, il peut commencer à leur arriver des choses. » A dire vrai ces mêmes choses peuvent arriver à tous les âges. Et les mensonges récurrents (la vérité médicale maquillée) ne peuvent, ici aussi,  qu’alimenter l’hydre du populisme.

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Donald Trump et Robert Ménard sont enfin réunis: c’est l’ouverture de la chasse à la presse

Bonjour

C’est fait : Donald Trump a trouvé son coupable : les médias. L’acte d’accusation est daté. Le candidat républicain à la présidentielle américaine a, dimanche 14 août en milieu de journée,  publié sur son compte Twitter une série de sept micro_messages très offensifs contre une presse qu’il juge responsable de ses déboires, et de sa chute dans les intentions de vote. Cette bordée a été complétée, en début de soirée, par deux autres messages sur le même thème.

Le milliardaire tenu pour être un sociopathe narcissique a mal vécu une enquête du New York Times publiée la veille. Celle-ci dépeignait une équipe de campagne républicaine gagnée par le doute sur la capacité de l’homme d’affaires à prendre de la hauteur. Plus désinhibé que jamais M. Trump  a assuré qu’il devancerait Hillary Clinton « de 20 points » – une Hillary Clinton selon lui « protégée par les médias ».

Editoriaux à charge

« Ce n’est certes pas la première fois que M. Trump s’en prend à la presse, rapporte dans Le Monde notre confrère Gilles Paris.  Il s’était illustré dès le premier débat républicain, il y a un peu plus d’un an, en attaquant frontalement une journaliste de Fox News, Megyn Kelly. Et avant de menacer de suspendre l’accréditation du New York Times, qui permet à ce dernier de suivre sa campagne, M. Trump avait déjà mis au ban le Washington Post, qui a multiplié, comme son confrère new-yorkais, des enquêtes et des éditoriaux à charge contre lui. »

Aujourd’hui M. Trump revient sur une idée qui lui semble chère : modifier la loi pour permettre d’attaquer plus facilement les médias. Il juge impropre l’expression  « liberté de la presse » – du moins « lorsque les journaux et les autres sont autorisés à dire et à écrire ce qu’ils veulent, même lorsque c’est faux ».

« Le milliardaire entretient pourtant des rapports ambivalents avec sa cible du jour, observe l’œil affûté de Gilles Paris. Beaucoup plus accessible que son adversaire démocrate, il s’est vanté à de multiples reprises de sa capacité à s’imposer dans le cycle de l’information. Au point de considérer qu’il pouvait d’ailleurs faire l’économie de coûteuses campagnes de publicité. Ses critiques ont valu dimanche au magnat de l’immobilier un éditorial sévère du Wall Street Journal évoquant un « moment de vérité » pour le Parti républicain. Pour le quotidien économique, dont la philosophie est très éloignée des thèses protectionnistes défendues par le milliardaire, la dénonciation des médias n’est qu’un écran de fumée commode destiné à masquer les failles d’une campagne incapable de se professionnaliser. »

Béziers en fête

Ecran de fumée ? Le pilier Donald Trump connaît-il Béziers ? Le magnat de l’immobilier a-t-il un jour entendu parler du journaliste Robert Ménard, 63 ans, qui fut jadis l’un des hérauts de la défense de ses confrères  via Reporters sans Frontières ? Devenu petit baron de l’Hérault Robert Ménard fait comme Donald Trump. Ni New York Times ni Wall Steet Journal ici. Mais Le Midi Libre. L’affaire fait les délices de Béziers, où règne l’ancien titulaire de la carte de presse tricolore. On peut, ici, lire Le Figaro (Guillaume Mollaret) :

« Le maire de Béziers, apparenté FN, lance une campagne de communication dans laquelle il dénigre le travail du quotidien Midi Libre. «À qui appartient Midi Libre ? Tous les jours, l’info en laisse.» Illustrée par un doberman tenant un fac similé du journal régional dans la gueule, la nouvelle campagne de publicité exposée sur les affichages municipaux de Béziers marque une nouvelle étape mouvementée dans les rapports qu’entretient la mairie avec le groupe de presse.

« Dirigée par Robert Ménard (apparenté FN), la cité héraultaise entretient un rapport conflictuel avec le journal détenu par la famille de Jean-Michel Baylet (PRG), actuel ministre de l’Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales. C’est d’ailleurs ce lien qui est dénoncé par la municipalité dans sa nouvelle campagne de publicité où sont écrits en toutes lettres le nom et la fonction ministérielle de l’homme fort du PRG.

« Robert Ménard a déclaré qu’il considérait «Midi Libre comme un journal d’opposition». L’an dernier, le Club de la Presse de Montpellier (cofondé par Robert Ménard) avait tenté une médiation qui a tourné court. Selon les propos rapportés par le Club, Robert Ménard avait alors affirmé que Midi Libre est un «journal de merde».

Le cas Ménard

Le moment choisi par la ville de Béziers pour diffuser pareille publicité n’est pas anodin.

« Depuis jeudi, Béziers est en fête. Sa feria est un grand événement populaire au cours duquel le journal réussit traditionnellement de belles ventes. À Libération, le maire de Béziers confiait récemment à propos de Midi Libre : ‘’Je ne me laisse pas faire. Ils me font la guerre, je leur fais la guerre. Traditionnellement, la ville vend de l’espace publicitaire à Midi Libre lors de la feria, en août. Cette année, pour la première fois, ce sera non ‘’. »

Jadis patron de « Reporters sans Frontières ». Aujourd’hui déclarant la guerre à un journal dont le richissime patron est ministre d’un gouvernement socialiste. Est-il né, le média qui s’intéressera vraiment à son cas ?

A demain

 

Nicolas Sarkozy : addict aux sucres. Donald Trump sait-il qu’il souffre d’une grave sociopathie?

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Démocratie. Voici le temps venu des interrogations sur la santé mentale de ceux qui entendent nous gouverner. C’est un progrès. Nicolas Sarkozy nous confie aujourd’hui être addict au sucre – et réaffirme ne jamais boire (ni avoir jamais bu) d’alcool. En mars 2011, souvenons-nous, plusieurs médias demandaient s’il n’était pas fou – comme Marianne qui réclamait (sic) une psychanalyse  du président de la République. C’était au temps où Jean-François Kahn et Guillaume Durand officiaient encore, le second invitant l’autre sur France 2.

Marianne avait posé la même question diagnostique quant à la psyché de Nicolas Sarkozy en 2004. Sans succès. Les mêmes causes (supposées) produisant généralement les mêmes effets on retrouve l’équation sous une nouvelle présentation. On accuse ainsi l’ancien président de la République française, patron de « Les Républicains » de « trumpiser » la vie politique tandis que, de l’autre côté de l’Atlantique, les médias s’interrogent ouvertement sur l’équilibre mental du candidat républicain.

Le Figaro (Philippe Gélie) nous offre une délicieuse petite synthèse diagnostico-médiatique sur le sujet : « Quand la presse américaine spécule sur la santé mentale de Donald Trump ». Le correspondant à Washington du vieux quotidien de droite a observé ce qu’il appelle, avec les pincettes d’usage, « les allusions à la personnalité problématique du candidat républicain ». Des allusions qui, en cet été 2016, « fleurissent dans les médias de tous bords ». Où l’on voit un amuseur public en route vers les frontières qui séparent le normal du pathologique psychiatrique.  Avec, dans les médias, »des mises en causes – implicites et explicites – de sa santé mentale ».

Dictateur incontrôlable

 «Donald Trump est-il carrément fou?», s’interroge Eugene Robinson dans sa chronique du Washington Post. « Il y énumère les derniers mensonges du candidat, si grossiers qu’ils ont été dévoilés en cinq minutes: celui d’une prétendue rencontre avec Vladimir Poutine qui n’a jamais eu lieu, celui d’une lettre soi-disant envoyée par la Ligue de football (NFL) pour décaler les débats, etc. » rapporte Le Figaro.

Robinson est un «libéral» (de gauche), opposé à Trump. « Mais quand, dans le même journal, Robert Kagan, figure des néoconservateurs, proclame «Quelque chose ne tourne pas rond chez Donald Trump», c’est potentiellement plus embarrassant pour le candidat républicain, ajoute Philippe Gélie. D’autant que l’auteur n’y va pas de main morte: ‘’Le vrai problème, écrit-il, est que cet homme ne peut pas se contrôler. (…) Certaines de ses insultes sont politiquement incorrectes, d’autres sont juste puériles. Il se peut que le politiquement incorrect soit un effet secondaire de sa maladie.’’  S’il était élu, estime Kagan, ‘’les déficiences de sa personnalité seraient le facteur dominant de sa présidence». Ce qui ferait de Trump, selon lui, une sorte de «dictateur au tempérament dangereusement instable que personne, pas même lui, ne peut contrôler’’.

Il y, a aussi, le   long et glaçant portrait à charge paru dans le New Yorker  que nous évoquions ici même il y a quelques jours. Une histoire « de porc et de rouge à lèvres ». Que reste-t-il une fois que l’on a fini de démaquillé ?

Vouvray et Quarts-de-Chaume

 Il faut encore compter avec  The Atlantic qui a  confié à son spécialiste des questions médicales  (le Dr. James Hamblin) une longue analyse psychologique de l’homme qui se voit sur le trône de la Maison Blanche. Diagnostic-couperet: sociopathe: «Trouble de la personnalité caractérisé par le mépris des normes sociales, une difficulté à ressentir des émotions, un manque d’empathie et une grande impulsivité.» Sur le site du quotidien conservateur The Wall Street Journal, le chroniqueur Bret Stephens s’inquiète «d’une dimension sadique dans (son) caractère». Pour certain on est sur un trouble narcissique de la personnalité 1.

Sur MSNBC, où il présente la matinale, Joe Scarborough, ancien élu républicain de Floride, dramatise la confidence qu’il aurait reçue selon laquelle, lors d’un briefing avec un expert des questions internationales, Trump aurait demandé à trois reprises: «Pourquoi avons-nous des armes nucléaires si on ne peut pas s’en servir ?»

C’est une vraie question, autrement plus lourde de conséquences que l’addiction aux desserts sucrés non accompagnés de Vouvray moelleux. On a les Quarts-de-Chaume que l’on peut.

A demain

1 Une élue démocrate a lancé une pétition sur le site Change.org pour que le candidat républicains à la présidence des Etats-Unis subisse une expertise psychiatrique approfondie.. « Il est de notre devoir patriotique de soulever la question de sa stabilité mentale de  a indiqué Karen Bass. Les 28 000 signataires (à ce jour) estiment que Trump est « dangereux », notamment à cause de son « impulsivité » et de son « incapacité » à contrôler ses émotions. Selon Karen Bass, Donald Trump présente tous les signes d’un trouble narcissique de la personnalité (NPD). Le hashtag #DiagnoseTrump a été lancé sur Twitter pour relayer la pétition.