New-York. Mort de Colin Kroll (HQ Trivia et Vine). 34 ans. La police soupçonne une surdose

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Une dépêche de l’Agence France Presse, quelques lignes comme un symptôme des temps que nous traversons. Où l’on apprend la mort de Colin Kroll, 34 ans, cofondateur de HQ Trivia et de Vine. Le jeune entrepreneur a été découvert le 16 décembre, inanimé dans la chambre à coucher de son appartement à Manhattan, a déclaré un porte-parole de la police new-yorkaise à la chaîne de télévision NBC. Les enquêteurs soupçonnent une mort par « surdose ».

Colin Kroll. En 2012 il avait cofondé Vine – une application qui permettait de partager de brèves vidéos (six secondes maximum). Après un succès fulgurant, l’entreprise avait été rapidement acquise par Twitter. En septembre, le jeune homme avait été nommé directeur général de HQ Trivia – un jeu devenu vite très populaire sur smartphone.

« Au revoir »

Lancé en août 2017, HQ Trivia avait déjà atteint en mars dernier le nombre record de deux millions de joueurs-utilisateurs. Puis, en novembre, leur nombre aurait chuté à quelques centaines de milliers – selon le site Internet d’information sur les technologies Recode. L’AFP ajoute que selon plusieurs médias, M. Kroll avait été licencié par Twitter pour incompétence managériale. Et d’après le magazine Time, il était confronté à des accusations de « conduite inconvenante » au sein de HQ Trivia.

 « Nous avons appris aujourd’hui le décès de notre ami et fondateur, Colin Kroll, et c’est avec une profonde tristesse que nous lui disons au revoir » a écrit le 16 décembre son entreprise. Sur Twitter.

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@jynau

 

Autisme : la progression du nombre des cas, problème urgent de santé publique aux Etats-Unis

Bonjour

C’est un rapport officiel américain qui inquiète : « Prevalence of Autism Spectrum Disorder Among Children Aged 8 Years — Autism and Developmental Disabilities Monitoring Network, 11 Sites, United States, 2014 ». Publié le 26 avril 2018 par les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) et repris par les grands médias généralistes d’outre-Atlantique (comme CBS) il soulève une série de questions sanitaires majeures.

La prévalence des troubles du spectre autistique à l’âge de 8 ans est passée de 1,7% des enfants américains, contre 1,5% précédemment. Les données publiées ont été récoltées dans plusieurs Etats à partir des dossiers médicaux de 325 483 enfants qui avaient huit ans en 2014. Sans être représentatifs de l’ensemble du pays les experts les considèrent comme une référence statistiquement fiable quant à la prévalence de ces troubles du développement.

Les derniers chiffres sont « surprenants » a déclaré le Pr Walter M. Zahorodny, spécialiste de pédiatrie à la Rutgers New Jersey Medical School, qui a participé à ce travail.  La prévalence de l’autisme aux Etats-Unis était de 1 sur 5 000 en 1975 et n’a cessé de monter ces dernières années. Selon les CDC l’augmentation est estimée à 150% depuis l’an 2000.

Recherche des déclencheurs

Que se passe-t-il ? Comme souvent on avance le fait que cette augmentation de la prévalence est peut-être la conséquence d’une amélioration de l’identification des enfants souffrant de ces troubles. Les CDC observent toutefois, comme le note l’AFP, que « l’autisme reste plus susceptible d’être repéré chez les enfants blancs que chez les enfants noirs ou hispaniques ».

Que conclure ? Rien de solide même si certains facteurs semblent augmenter les risques, comme le fait être né de parents âgés de plus de 30 ans, l’existence d’une affection maternelle pendant la grossesse, une naissance prématurée ou des éléments génétiques. Il s’agit là de « vraies influences » mais « elles ne suffisent pas à expliquer le taux élevé de prévalence de l’autisme » estime le Pr  Zahorodny.

« Il y a encore des risques non définis liés à l’environnement qui participent à cette augmentation significative, des facteurs qui pourraient affecter un enfant pendant son développement in utero ou liés à des complications à la naissance ou peu après, ajoute-t-il. Nous avons besoin de davantage de recherche sur les déclencheurs non génétiques de l’autisme. »

Dans l’attente, faute de tout comprendre, les experts soulignent l’importance d’un diagnostic et d’une prise en charge adaptées les plus précoces possibles.

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Ebola : instauration du « protocole Dallas » de protection des soignants. Et en France ?

Bonjour

On l’appellera le « protocole Dallas ». C’est une actualisation des mesures de sécurité que les soignants américains devront désormais impérativement respecter dès lors qu’ils seront amenés à prendre personnellement en charge un malade contaminé par l’Ebola. Sa mise au point fait suite à l’invraisemblable enchaînement d’erreurs qui ont émaillé les soins délivrés à l’hôpital presbytérien de Dallas à Thomas Eric Duncan, citoyen libérien aujourd’hui décédé et premier cas d’Ebola diagnostiqué sur le territoire américain.

Le nouveau mystère de Dallas

Le « protocole Dallas » a été détaillé à la presse le 20 octobre par le Dr Dr Tom Frieden, patron des Centers for Disease Control and Prevention qui ne sortent pas grandis de l’affaire Duncan. La version officielle est disponible ici. On trouvera d’autre part ici la version du Time .

A compter de ce 21 octobre chaque soignant américain concerné devra être entièrement et intégralement protégé sur l’ensemble du corps de toute possibilité de contact potentiel avec le virus.  «Nous ne saurons jamais exactement ce qui s’est passé [à l’hôpital de Dallas], mais ce qui est certain c’est les directives essentielles n’ont pas été respectées », a déclaré le Dr Frieden.

Couverture minimale

On apprend à cette occasion qu’avant cette affaire  les  CDC ne recommandaient pas une couverture complète du corps mais recommandaient une couverture minimale comportant des gants, une blouse, des lunettes de protection et un masque. Désormais les recommandations suivantes sont formellement imposées :

1 Avant de prendre en charge des patients d’Ebola, les travailleurs de la santé doivent être formés à plusieurs reprises et de démontrer leur compétence et leur savoir-faire pour délivrer des soins à  une personne infectée. Les responsables des établissements hospitaliers seront tenus pour responsables de la qualité du matériel et de l’enseignement de l’utilisation qui devra en être faite.

 2 Lorsque le dispositif de protection est en place aucune surface de peau ne devra (d’une manière ou d’une autre et durant toute la procédure) être exposée à un possible contact viral. La preuve de l’efficacité de ces procédures a été fournie avec l’expérience du Nebraska Medical Center et de l’Emory Hospital d’Atlanta. En pratique la liste précise du matériel haute protection est détaillée.

3 Chaque étape de la procédure doit être supervisée par un observateur qualifié.

Les CDC accélèrent  actuellement la formation des agents de soins de santé à travers tout les Etats-Unis en usant des techniques vidéo. Ls Dr Frieden souligne toutefois qu’il n’y a pas d’autre alternative réelle ici que la formation pratique. Le patron des CDC est une nouvelle fois revenu sur les critiques qu’il avait été amené à formuler quant à la gestion du cas Duncan à l’hôpital presbytérien de Dallas. Et il a dit comprendre l’anxiété qui peut être celle des soignants confrontés à ce nouveau risque infectieux.

Les nouvelles recommandations des CDC sont en ligne et entrent immédiatement en vigueur sur le sol américain.

Entendu en haut lieu

Et en France ? Les soignants concernés s’inquiétaient depuis des semaines ne pas avoir été incités à mettre en œuvre des exercices pratiques de simulation de prise en charge d’un malade. Leur inquiétude était d’autant plus grande qu’un rapport technique avait mis en lumière les failles du dispositif actuels et les inquiétudes des professionnels concernés (voir les extraits de ce rapport sur Slate.fr). Le message semble finalement avoir été pour partie entendu en haut lieu.

Marisol Touraine, ministre de la Santé a annoncé lundi 20 octobre (sur i-Télé) la tenue (« dans les huit jours ») d’un « exercice grandeur nature » dans tous les Samu pour vérifier qu’ils sont prêts à accueillir un éventuel malade d’Ebola. « De cette manière-là, nous pourrons voir s’il y a des choses à améliorer dans certains endroits » a déclaré la ministre. « L’exercice sera dans tous les Samu et les établissements de santé de référence », a précisé un porte-parole du ministère.

A demain