Osez, malades de l’alcool, dire votre vérité sur le Baclofène à la Haute Autorité de Santé !

Bonjour

En marge de la polémique politique sur les « stades alcoolisés ». Glané sur Twitter :

« Contribuez. Nous évaluons le #médicament Baclocur. Traitement pour réduire la consommation d’#alcool cez les patients adultes ayant une dépendance et une consommation d’alcool à risque élevé. Contribuer à l’évaluation des médicaments ».  

Contribuer ? On se souvient peut-être. Une bien longue histoire que celle du Baclocur®/baclofène, dans la prise en charge des personnes devenues dépendante à l’alcool.  autorisé à la commercialisation (après mille et un atermoiements) depuis la fin 2018 :

« Baclocur® est indiqué dans la réduction de la consommation d’alcool, en complément d’un suivi psychosocial, après échec des autres traitements, chez l’adulte ; prescription par tout médecin ; augmentation progressive des doses pour arriver une posologie optimale adaptée à chaque patient, correspondant à la dose la plus faible, pour une bonne réponse thérapeutique et une tolérance acceptable ; posologie maximale de 80 mg/jour. »

« Un suivi renforcé de la spécialité Baclocur®  est prévu dès sa commercialisation, précisait d’entrée de jeu l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Sur la base de cette surveillance et de l’évolution des données scientifiques disponibles, l’ANSM pourra être amenée à réviser les conditions d’utilisation du baclofène dans cette indication. »

Inacceptable « stades alcoolisés »

Des restrictions de dose jugées inacceptables par de nombreux défenseurs de la molécule. Une menace à peine voilée. Et puis, aujourd’hui, cet appel lancé : contribuer à évaluer le Baclocur®/baclofène :

« Associations de patients et d’usagers, la HAS vous invite à vous exprimer sur la façon dont les patients vivent leurs maladies, leurs traitements actuels et également sur les attentes suscitées par le traitement en cours d’évaluation. Vous contribuerez ainsi à éclairer la Commission de la transparence (CT) pour les médicaments, et le cas échéant, la Commission d’évaluation économique et de santé publique (CEESP) si le médicament fait l’objet d’un avis d’efficience. »

Interrogé au beau milieu de l’été le service de presse de la HAS explique que cet appel a été lancé le 3 mai dernier. Il s’achèvera le 15 septembre prochain. Le recrutement des volontaires ? « Il se fait via Twitter ». Combien de réponses atttendues ? « Le maximum ». De nombreux médicaments ont déjà fait l’objet d’une telle démarche. Et de nombreux autres font l’objet de cett approche. Mais aucun n’est aussi célèbre que le baclofène.

Quel éclairage pour la Comission de la transparence ? Quelles hypothétiques conséquences pour la Commission d’évaluation économique et de santé publique ? Nul ne sait. Comme nul ne sait, aujourd’hui, quel est le nombre de prescripteurs et celui de personnes « sous Baclocur® ».

Les passions médiatiques semblent s’être détachées de ce dossier qui en connut tant. Pour l’heure on ne manquera pas de noter à quel point cette nouvelle sollicitude de la HAS est aux antipodes de l’attitude adoptée (durant de très longues années) par l’ANSM vis-à-vis du baclofène et de ses défenseurs. On peut y voir un progrès. A la différence de la promotion politique des « stades alcoolisés »

A demain @jynau

Vincent Lambert et la « danse du scalp » : ce qu’Axel Kahn ne vous dira pas dans les médias

Bonjour

En parler ou pas ? Si oui comment ? Si non comment dire pourquoi ?  Voici ce que nous dit l’inépuisable Axel Kahn, médecin, ancien généticien et essayiste humaniste sur son compte twitter :

« J’ai refusé plus d’une demi-douzaine d’interviews sur le cas de Vincent Lambert dans les médias nationaux. Par décence. Je l’explique dans ce tweet : « Vincent Lambert est depuis onze ans dans un état végétatif. Il n’a pas laissé de directives anticipées. Ses plus proches s’opposent sur son sort, le laisser mourir ou le laisser vivre. Situation tragique et quasi insoluble. Aggravée par l’indécence de presque tous, insupportable »

La danse du scalp autour du corps sans vie relationnelle de Vincent Lambert est obscène. Oui, la situation est bloquée et, dans l’état de la législation, ne peut-être débloquée sans recours. Les dispositions de la Loi Léonetti sont applicables à Vincent Lambert. Celles d’une loi d’euthanasie le seraient si elle existait. Mais VL ne peut rien demander, il n’a pas de son vivant laissé de directives anticipées. Ses plus proches s’opposent. La loi n’établit pas de hiérarchie entre le poids de leurs avis concernant leur mari et leur fils. Dès lors, les juridictions ont toute latitude pour hésiter et s’opposer. Ce qu’elles font. Ce serait exactement la même chose avec une loi d’euthanasie, là n’est pas le problème.

Même d’un pont de vue moral, le dilemme est quasi-inextricable. La femme semble l’ayant-droit principal. « Tu quitteras ton père et te mère et prendras époux-se ». De plus, la vie d’une femme mariée à un mari vivant mais en état végétatif est doublement bloquée. Cependant, les situations où un(e) époux-se peut souhaiter la mort de son conjoint sont plus nombreuses qu’en ce qui concerne une mère vis-à-vis de son enfant. Pas de solution simple, la tragédie à l’état pur.

Alors, décence, oui, c’est bien la seule position digne. Voir l’extrême-droite et la droite d’un côté, LFI, Benoît Hamon et la mairie de Paris d’un autre, prendre position est douloureux et me semble profondément incorrect.

Je me retire sur la pointe des pieds.»

En parler ou pas ? Si oui comment ? Si non comment dire pourquoi ? Et savoir se retirer, si possible sur la pointe des pieds.

A demain

@jynau

Levothyrox : l’Agence du médicament met en garde ; on n’exclut pas un demi mea culpa  

 

Bonjour

Il suffisait d’attendre. C’est fait : l’AFP rapporte qu’une avocate venait de faire savoir qu’elle avait déposé plainte à Mougins (Alpes-Maritimes) contre le laboratoire Merck pour « mise en danger de la vie d’autrui »Anne-Catherine Colin-Chauley, 58 ans, a déclaré avoir subi des problèmes de santé liés, selon elle, à la nouvelle formule du Levothyrox, dont elle n’avait pas été avertie.

« Il y a bien une négligence fautive du laboratoire Merck et une faute de celui qui a ordonné le changement de la molécule sans indiquer les conséquences possibles de ce changement », dénonce-t-elle dans sa plainte déposée mardi29 août. Mme Colin-Chauley a subi une ablation totale de la thyroïde en 2006 et assure souffrir depuis le mois de mai de « vertiges, crampes, fatigue ».

Retour à l’ancienne formule

Ce type de plaintes pourrait bientôt se multiplier.  Une pétition signée par plus de 170 000 personnes réclame le retour à l’ancienne formule, estimant que la nouvelle est responsable de divers effets secondaires pour certains difficilement supportables. Pour leur part les autorités sanitaires font observer que le changement de formule (destiné à améliorer la stabilité du produit) ne concerne pas le principe actif (la lévothyroxine, hormone de substitution) mais porte sur les excipients » qui lui sont associées, le lactose ayant été remplacé par le mannitol et l’acide citrique.

Dans ce contexte, deux nouvelles série de données doivent aujourd’hui être mentionnées : les déclarations faites par le Dr Dominique Martin, directeur général de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), d’abord au Quotidien du Médecin puis, ensuite, au Monde .

Ne pas « switcher » avec les gouttes

Que nous dit de nouveau le directeur général qui vient d’être reconduit dans ses fonctions ? Tout d’abord que le prescripteurs ne doivent surtout pas « switcher » avec une autre forme de lévothyroxine.  « Surtout pas, dit-il au Quotidien. Il existe en France un quasi-monopole du Lévothyrox de Merck. Une autre forme, la L-thyroxine Serb, sous forme de gouttes, est destinée aux enfants de moins de 8 ans et aux personnes présentant des troubles de la déglutition. Le report des patients prenant du Lévothyrox vers la L-thyroxine Serb serait potentiellement catastrophique car l’industriel qui la fabrique n’est pas en capacité d’augmenter la production. Cela conduirait à un épuisement des stocks pour ces personnes qui ne disposent pas d’alternative. »

Mais encore ? Quelle lecture des troubles rapportés par les patients après le changement de formule du Levothyrox de Merck-Serono ?  Le changement d’excipients entraîne-t-il des effets secondaires ? « Le passage du lactose au mannitol et acide citrique a changé la pharmacocinétique du médicament, dans le but de le rendre plus stable dans le temps, précise-t-il.  (…) Avec la nouvelle formule, qui change la pharmacocinétique, certains patients peuvent ressentir des effets secondaires transitoires, qui peuvent être corrigés par une adaptation du traitement, après examen clinique, et si nécessaire dosage de la TSH. Les retours que nous recevons de la part des médecins indiquent cependant qu’il n’y a pas de difficulté dans la grande majorité des cas. Nous avons lancé un suivi de pharmacovigilance dès le mois de mars (au moment du changement de formule), et les résultats en seront connus en octobre. »

Cent mille courriers

Une meilleure communication aurait-elle été possible ? à propos du changement de formule du Lévothyrox aurait-elle été possible, par exemple auprès des patients ?

« Nous avons préparé ce changement avec les associations de patients, avec lesquelles on a travaillé notamment sur les Questions/réponses mises à disposition sur le site de l’ANSM. Nous avons aussi réalisé un point d’information en mars et envoyé 100.000 courriers aux professionnels de santé. Nous n’avons manifestement pas touché suffisamment les usagers mais il s’agit d’abord d’un sujet de dialogue médecins/patients et, quant aux notices, elles ne constituent pas une solution adéquate car elles ne sont pas systématiquement lues.

Fatigues, vertiges, troubles de la concentration, douleurs, palpitations… Un phénomène d’une ampleur certaine qui ne peut raisonnablement être ignoré. A la fin août, plus de 5 000 déclarations d’effets inhabituels liés au Levothyrox ont précisé indique au Monde l’ANSM. « Alors que, tous médicaments confondus, le site signalement-sante.gouv.fr – ouvert aux médecins et usagers pour déclarer tout effet indésirable – reçoit en moyenne entre 20 à 50 signalements chaque jour, les déclarations se sont envolées depuis le 16 août, liées au Levothyrox, avec 140 ce jour-là. Jusqu’à un pic de 1 000 à 1 200 les 23 et 24 août, souligne le quotidien vespéral. Sur les quelque 5 000 déclarations, 765 cas ont pour l’instant été transmis aux centres régionaux de pharmacovigilance, débordés. » Le numéro vert mis en place le 23 août (0800-97-16-53) ? En une semaine il a reçu plus de 154 000 appels.

Signe des temps, Le Monde de citer le « médecin généraliste et blogueur » Dominique Dupagne qui a dénoncé, jeudi 31 août sur France Inter« la prise en compte insuffisante du problème, qui dure depuis plusieurs mois ». Pour lui, « le principal fautif dans cette affaire reste l’Agence du médicament, qui ne parvient toujours pas à communiquer correctement avec le public ». Et le médecin généraliste Christian Lehmann, très actif sur Twitter, où il parle « d’une information d’une médiocre qualité ».

 « Il y a eu un défaut d’information aux patients, nous en sommes conscients et ne nions pas leurs difficultés, concède Dominique Martin. Pour autant on ne peut pas dire que nous n’avons rien fait. » Personne ne dit le contraire.

A demain

Un prêtre égorgé dans l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, les deux meurtriers abattus

Bonjour

Surdose de nausées en ce matin du 26 juillet. On entend, dans la chaleur montante, crépiter les fantômes des télescripteurs :

« Une prise d’otages a eu lieu dans une église de Saint-Étienne-du-Rouvray, au sud de Rouen. Un office était célébré. Le curé, deux sœurs et des fidèles ont été retenus dans l’église par deux individus armés. Selon des sources concordantes, les deux hommes auraient crié « Daesh » en pénétrant dans le lieu saint.

« L’assaut a été donné vers 11 heures par la BRI et le RAID. Les preneurs d’otages ont été abattus. Le président François Hollande, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve ainsi que le président de la région, Hervé Morin, se rendent sur la place. Selon nos informations, le prêtre ainsi qu’un paroissien ont été égorgés. Un policier aurait été également blessé.

Armes blanches

« Les premiers éléments de l’enquête indiquent que les deux forcenés se sont introduits derrière l’église pendant la messe. Célébrée par un prêtre, elle était suivie par quatre fidèles, dont deux sœurs.

« L’église est située rue Gambetta. Les preneurs d’otages étaient en possession d’armes blanches. Selon des sources policières, au moins l’un des deux forcenés portait une barbe et une chachia, petit bonnet de laine porté par les musulmans.

« Les deux preneurs d’otages ont été abattus, à l’issue d’une intervention qui a permis de « neutraliser » les deux preneurs d’otages. ‘’Un bilan complet est à suivre’’, a précisé une source policière à l’AFP »

Le Figaro:  « Sid Ahmed Ghlam avait déjà été soupçonnée d’avoir voulu prendre pour cible l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray, en plus d’autres lieux de culte catholiques de région parisienne. Son projet avait échoué, et l’étudiant algérien de 24 ans avait été arrêté après avoir tué sur son passage une professeure de fitness, Aurélie Châtelain.»

Modus operandi
« Marine Le Pen a très rapidement réagi sur Twitter à la prise d’otages qui a eu lieu mardi matin dans une église à Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen, disant « craindre un nouvel attentat de terroristes islamistes ».»

« »L’épouvante encore à #SaintEtienneduRouvray. Le modus operandi fait évidemment craindre un nouvel attentat de terroristes islamistes », a tweeté la présidente du Front national, alors que la section antiterroriste du parquet de Paris s’est saisie de l’enquête.»

« Alors que Bernard Cazeneuve et François Hollande se rendent sur place, le premier ministre, Manuel Valls a dans un post sur Twitter indiqué :  « La France entière et tous les catholiques sont meurtris. Nous ferons bloc ».»

«Sur France Info Nathalie Goulet , sénatrice de l’Orne dénonce le rôle des chaînes d’info en continu. Toutes ces chaînes sont à Saint-Etienne-du-Rouvray. Elles attendent le ministre de l’Intérieur et le président de la République qui devraient « s’exprimer ».»

« Egorgé: le père Jacques Hamel, 84 ans. La BBC: “France church attack: Priest killed in hostage-taking near Rouen”. Depuis Cracovie le pape a pris la parole. François Hollande vient de confirmer l’hypothèse islamiste. Déjà, au-delà des téléscripteurs évanouis, reviennent des mots comme barbares ou innommable. » Du sang dans  une église, du sang sur son parvis. Faire appel à la psychiatrie ?

A demain