Dr Frédéric Saldmann (AP-HP): un nouveau cas aigu de poussée médiatique dithyrambique

 

Bonjour

Faute de l’acheter (4,50 euros) on pourra, chez son dentiste, feuilleter demain la dernière livraison (n°3423) de L’Express. On y retrouvera, en majesté photographiée, le Dr Frédéric Saldmann. Sans surprise, un nouveau livre sur un créneau en or massif et sans danger :

« Dans  »Votre santé sans risque », le Dr Frédéric Saldmann, cardiologue nutritionniste et spécialiste de l’hygiène, nous livre ses conseils pour rester jeune plus longtemps. « La force qui est en chacun de nous est notre plus grand médecin. » Sans forcément le savoir, les Français ont adopté cette maxime d’Hippocrate en prenant leur santé en main. Il faut dire qu’une succession vertigineuse de scandales sanitaires –amiante, Mediator, etc.- (sic) a attisé la défiance et que le développement d’Internet a démocratisé le savoir médical. « Chacun devient auto entrepreneur de sa santé », proclame Frédéric Saldmann, jamais avare d’une analogie à la mode. » 

Nous nous sommes déjà intéressés à ce cas atypique dans paysage hyper-normé de l’AP-HP. Le Dr Saldmann qui aurait soigné François Hollande. Le Dr Saldmann  qui n’exerce pas à l’Américain mais au cœur même de l’AP-HP. Le Dr Saldmann nouveau gourou des stars dans Vanity Fair. Le Dr Saldmann briseur de glaces pour le médecin préféré des Français.

Bernard-Henri Levy

Dans Vanity Fair la journaliste Sophie des Déserts brossait le portrait de l’auteur (best-seller mondial – traduit en 22 langues) de « Le meilleur médicament c’est vous – Votre santé est entre vos mains » (Albin Michel). La partie la plus originale concernait les détails sur la consultation assez atypique donnée par ce médecin à l’Hôpital européen Georges-Pompidou. On pouvait lire : « Avec ces bilans, jusqu’alors inédits à l’AP-HP, le tandem [le Dr Frédéric Saldmann et le Pr Gérard Friedlander] concurrence les fameux check-up de l’Hôpital Américain, qui drainaient naguère la plupart des beautiful people. ‘’Je suis en quelque sorte le médecin des pauvres pour les riches’’ plaisante Saldmann. »

C’était il y a deux ans. Où en sont les fameux check-up ? On ne le saura pas à la lecture de L’Express. En revanche nous avons droit à une consultation gratuite et hospitalo-universitaire (Bruno D. Cot) avec ce toubib qui essaie d’être « le plus cash possible » (re-sic). Etrange consultation obtenue à on ne sait quel prix avec ce médecin qui a (potentiellement) « trois millions de patients dans sa salle d’attente ». Quelle salle d’attente puisque cette célébrité (on peut le voir « jusqu’à la terrasse du Flore (de Jean-Paul Sartre) ») n’a pas bureau, pas de plaque vissée, comme en partance. Il consulte « anonymement » (mais quotidiennement) « dans un bureau qu’il partage avec un confrère ». On peut, dans le plus grand secret y croiser des célébrités : Claude Lelouch, Bernard-Henri Levy, Jacques-Antoine Granjon et le multi-étoilé Joël Robuchon.

Louis Jouvet

Compter deux ans d’attente en moyenne pour être reçu. Dans l’attente lisez L’Express. Vous y apprendrez comment (avec un assistant) il met le doigt sur les « points de vulnérabilité ». Comment il ose lever les voiles de l’intimité que ses confrères laissent tirés. Comment (ce n’est qu’un exemple à proximité du périnée) « nettoyer son sillon interfessier. Comment (autre exemple) bien uriner. Comment relarguer avec aisance ses gaz intestinaux plus ou moins odoriférants. Il « vend du bonheur » résume la gazette qui le promeut dans les grandes largeurs.Et sans médicaments.  A quel prix ? Tiers payant hospitalier généralisé ? CMU acceptés ? Mystères.

Comme ce mystère qui interdit d’en savoir plus sur le site de l’AP-HP : « accès refusé » alors même que « lemedecin.fr » reste très discret.

Toujours dans L’Express un psychiatre libéral et médiatisé (le Dr Gérard Apfeldorfer) décrypte et tacle son confrère. Il y vante notamment les charcuteries et les pâtisseries. Il doute aussi de la valeur des « hugs » [câlins]  dont fait grand cas l’atypique de l’AP-HP.  Qui croire, dans quel étage errer ? On peut résumer. Il y a, chez le Dr Saldmann comme quelque chose d’un Knock inversé ? Le malade est un bien portant qui s’est égaré. Mais sur le fond c’est bien, sous les fards, la même emprise. Un siècle plus tard c’est bien Knock, sans les paroles de Jules Romains, sans la grandeur mystifiante et libératrice de Louis Jouvet.

A demain

Pathologies médiatiques : les personnes épileptiques peuvent-elles twitter sans danger ?

Bonjour

L’affaire fera florès. Elle est rapportée sur le blog BigBrowser (Luc Vinogradoff ) hébergé par Le Monde. C’est l’histoire d’une mésaventure. Celle de Kurt Eichenwald, journaliste politique américain bien connu outre-Atlantique où il a couvert la campagne présidentielle américaine pour Newsweek et Vanity Fair. Il a publié de très nombreux articles, dont quelques scoops, nous dit BigBrowser – notamment sur les violations de l’embargo cubain par Donald Trump. Et ce  sans jamais cacher sa haine du candidat républicain et sa très nette préférence pour Hillary Clinton.

Incarnation

Cette activité intense et cette haine ont fait de lui une cible privilégiée des pro-Trump. Il s’agit là, pour eux, de la parfaite incarnation de la collusion contre nature entre la presse grand public et les démocrates. Une presse qui avait appelé à ne pas voter pour Trump. Avec le succès que l’on sait. BigBrowser :

« Eichenwald a été très, peut-être trop, actif sur Twitter, qu’il utilisait pour promouvoir ses articles, donner son opinion, critiquer Donald Trump et insulter ceux qui le critiquaient, qu’ils soient journalistes, responsables politiques ou anonymes sans followers. Cela a fait de lui une cible, doublement, pour l’armée de trolls qui s’est rangée derrière Trump.

« Le journaliste, âgé de 55 ans, n’a jamais caché le fait qu’il souffrait d’épilepsie depuis l’adolescence. Ces crises peuvent notamment être provoquées par des stimulations de lumières intermittentes, comme des images clignotantes ou des stroboscopes. Lorsque les rumeurs sur la maladie grave dont souffrait Hillary Clinton étaient à leur paroxysme – certains médias conservateurs ont émis l’hypothèse qu’elle était épileptique – il a mis en avant son cas pour expliquer qu’elle n’en avait pas les symptômes. »

Problème mental et secret médical

Le 15 décembre, Kurt Eichenwald participe à un débat politique sur Fox News. Cela se termine mal. On y parlait d’une hospitalisation de Donald Trump dans les années 1990 pour (dixit) des « problèmes mentaux » une affirmation sans preuves ni respect du secret médical. L’émission a été qualifiée d’« accident de train télévisuel » ou de « nouveau bas dans la lente descente de l’Amérique vers l’incivilité ». BigBrowser :

« Dans la foulée, le journaliste postera une cinquantaine de tweets « colériques et généralement incohérents […] avant d’en effacer la plupart ». Dans le dialogue de sourds qu’il menait sur Twitter, il a été interpellé par un compte au nom clairement antisémite, @jew_goldstein, qui lui a envoyé une image stroboscopique avec la phrase « Tu mérites une crise d’épilepsie à cause de tes posts ».

La réponse (venant du compte de Kurt Eichenwald) émanera de sa femme. Elle affirme que le correspondant a déclenché une crise d’épilepsie (partielle) chez son mari – et précise qu’elle a appelé la police pour porter plainte.

Hypnose et régressions

Ce n’est pas la première fois que des trolls tentent de provoquer des crises d’épilepsie en postant des images stroboscopiques sur Internet. En octobre, un compte Twitter soutenant ouvertement Donald Trump avait envoyé au journaliste américain une vidéo contenant des stroboscopes. « Sans réfléchir », il avait joué la vidéo et avait eu le temps de jeter son iPad lorsqu’il avait compris ce que c’était. Un adulte devrait  toujours réfléchir avant de jouer.

Kurt Eichenwald a déposé une plainte pour agression. Son avocat postule que le fait d’envoyer une image dont on sait qu’elle peut provoquer une crise à une personne que l’on sait épileptique doit être considéré comme un crime. Serait-ce si simple ? « Nous sommes arrivés à un point dans l’histoire de ce pays, a écrit le journaliste dans un article de Newsweek, où les gens pensent qu’il est justifié de tenter de blesser gravement quelqu’un simplement à cause de politique ou parce qu’ils pensent que c’est marrant. »

Qui écrira, bien vite, la somme des pathologies induites par cette écriture hypnotique consubstantiellement réductrice ?

A demain

 

«Ricard® ou pétard ?» Natalie Koscisuko-Morizet ne sera pas ministre de la Santé

 

Bonjour

Tweeter, buzzer ou périr (au cimetière des politiques) ? Comment faire parler de soi ? Quoi qu’il en coûte comment exister ? Aujourd’hui 21 août 2016 Arnaud Montebourg triomphe avec des recettes de pacotilles et l’aide, inespérée, du Journal du Dimanche dont la rédaction est depuis peu dirigée par notre confrère Hervé Gattegno, ancien de Vanity Fair, de RMC et BFM-TV, du Point et, jadis, du Monde. Arnaud Montebourg entouré notamment du frondeur janséniste Laurent Baumel et de l’apparemment indestructible Dr Aquilino Morelle.

A droite, en ce beau dimanche montebourgien, RTL et la déjà célèbre  Nathalie Kosciusko-Morizet , visage de porcelaine, 43 ans, ingénuité qui n’en est pas, une réputation de tendance à gaffer et un passé avec Nicolas Sarkozy. On la retrouve rue Bayard, là où était hier Marisol Touraine 1. A nouveau le petit jeu de la confession.

« Plutôt Ricard® ou plutôt pétard ? ». Réponse de NKM :

« La question, c’est qu’est-ce que ça fait le mélange du Ricard et du pétard ? On a envie de répondre pourquoi l’un ou l’autre ? Il y en a d’autres qui pourraient poser la question pourquoi choisir ? »

« Plutôt film d’horreur ou plutôt film porno ? ». Réponse de NKM :

« Non, mais attendez,  c’est comme le Ricard® ou le pétard, pourquoi choisir ? Ça s’entend de deux manières, on est bien d’accord. Laissez-moi une chance quand même sur la compréhension qu’on peut en avoir. »

Pourquoi choisir ? NKM est inimitable, elle le sait, le regrette, s’en vante, radicalement inimitable. Elle en joue, elle en rajoute – au risque de se perdre. Comme en 2014 dans le métro parisien (ligne 13) où elle assurait vivre des aventures assez peu imaginables. NKM risée des réseaux sociaux, tendance Nadine Morano ? Pourquoi pas…

« Quand j’étais enfant, il y avait Georges Marchais et il était toujours très percutant. Il y avait quelque chose dans ce personnage. Je ne sais pas si je devrais dire ça en fait. C’est encore un truc, qui va m’être reproché. En même temps que je suis en train de dire ça, je me dis que ça va faire un buzz à la con ! Bon, ben écoutez,  un de plus ! ».

N’imite pas Georges Marchais qui veut.

A demain

1  Parmi ses confidences à RTL  Marisol Touraine avait confié avoir récemment découvert le groupe La Maison Tellier. « Depuis quelques semaines, le dimanche après-midi quand j’ai du temps, j’ai tendance à l’écouter en boucle » disait-elle.

La ministre de la Santé ignore-t-elle que le nom de ce groupe normand est un hymne à la première, troublante et célèbre nouvelle de Guy de Maupassant publiée en 1881 dans un recueil dont il porte le nom (éditions Folio-Gallimard) .?

Précisons cette délicieuse nouvelle est, elle-même, une forme d’hymne à la prostitution féminine pleinement intégrée dans la maison close d’une petite ville normande. Troublant.

Patrick Pelloux, un an après : dans un joli placard au Samu de Paris ; ne « fera pas de médias »

Bonjour

Question d’actualité : comment commémorer l’horreur du 7 janvier de l’an dernier ? « Douze morts après une fusillade à Charlie Hebdo. Cabu, Charb, Tignous, Wolinski et Oncle Bernard ont été assassinés ».

Après tant et tant d’autres, Le Monde ouvre largement ses colonnes à celui que l’on ne présente plus, et depuis longtemps déjà : Patrick Pelloux : « médecin urgentiste qui avait sonné l’alarme lors de la canicule en 2003, également chroniqueur pour Charlie Hebdo, fut l’une des premières personnes à arriver sur les lieux de l’attentat ».

Patrick Pelloux diplômé honoris causa de l’Ecole Supérieure de Journalisme.  Patrick Pelloux récemment portraituré dans Vanity Fair : « Dr Jekyll : Qui est Patrick Pelloux, l’étrange docteur de ‘’Charlie Hebdo’’ ? » Un portrait plein cadre, sans concession ni retouches signé Sophie des Déserts.

Rien de brutal

Dans Le Monde les questions n’ont rien de brutal. On revient sur une carrière qui n’est pas stricto sensu médicale. Extraits :

« Je n’ai jamais été dans une course à un poste d’hospitalo-universitaire ou dans une querelle de pouvoir. Après, je me suis construit par le combat social, parce que personne ne voulait reconnaître la médecine d’urgence. Ce combat syndical a été laborieux. Le hasard est ainsi fait que le décret sur la spécialité de médecine d’urgence est sorti le 13 novembre 2015, jour des attentats de Paris. C’est fou, non ? (…)

« Au plus loin de mes souvenirs, je vois Kouchner, les boat people. Il fallait aider les gens. J’ai choisi médecine à cause de mon désir de faire de l’humanitaire. L’un de mes premiers stages s’est déroulé aux urgences de l’hôpital Trousseau à Paris. À cette époque, quand on était étudiant-stagiaire aux urgences, c’était « débrouille-toi ». En découvrant dans les années 1988-1989, les urgences, le SAMU, j’ai compris qu’il n’était pas forcément nécessaire de partir loin pour faire de l’action humanitaire.( …)

«  Mes échecs ? Sans nul doute ma carrière (il éclate de rire). Je suis dans un joli placard au SAMU de Paris et dès que la porte semble s’ouvrir, elle se reclaque toujours. (…)

Christiane Taubira et Marisol Touraine

Une porte qui s’entrouvre parfois;  notamment pour participer à des voyages officiels avec le président de la République, François Hollande, son « pote » :

« Je l’estime énormément, je trouve que c’est un très bon président dans une situation absolument épouvantable. Je le considère comme un ami mais je n’ai pas son portable (contrairement à ce que dit la légende). La dernière fois que je l’ai vu, c’est à ma remise de Légion d’honneur. »

On interroge cet adolescent attardé sur ses opposants :

« On est dans une telle société médiatique… Quand ceux qui ne m’aiment pas parlent de moi, je me demande de qui il parle. Parfois, les attaques sont très vexantes, avec des calomnies, des rumeurs : sur le sexe, sur la drogue, sur l’alcoolisme, sur l’argent, j’ai tout eu ! Il faut serrer les dents. Comme me l’a dit un jour Christiane Taubira : « Plus on te tire dessus, plus on te fait du mal ; plus tu te redresses, tu fais des sourires et tu avances».1

Winston Churchill

(…) Nous sommes en guerre. On est exactement dans la même position que les Anglais avec Churchill en 1940 : on ne sait pas quand les bombes vont nous tomber sur la gueule. Peut-être que les racines de tout cela, c’était le World Trade Center. On a fait semblant de croire que c’était chez les autres. J’ai dit à Marisol Touraine qu’il fallait redynamiser les centres médico-psychologiques dans un certain nombre de quartiers parce qu’il y a des types qui, d’un coup, se radicalisent et cela s’apparente à des délires mystiques. Sur des terrains psychopathologiques, les mecs veulent tuer tout le monde au nom de la religion. Cela s’appelle de la psychiatrie. »

Question : Où serez-vous le 7 janvier 2016 ? Réponse : « Caché, avec mon chat. Je ne ferai pas de médias. C’est trop dur, je suis trop fragile. »

A demain

1 Vanity Fair fait état d’une action en justice contre Le Point.

Dr Saldmann : soignerait Hollande ; l’orgasme dans les chaussettes ; muscler les périnées

Bonjour

2015. Pour être objet de toutes les attentions médiatiques, rien de tel que l’anecdote médicale sexuelle. Avec Michel Cymes voici l’un des médecins dont on parle et qui vend. A peine en kiosque, déjà sur les ondes , bientôt en tête des ventes (1). Frédéric Saldmann, donc, puisque c’est de lui qu’il s’agit. On l’avait quitté gourou des stars. C’était en mars dans Vanity Fair . Avril le revoit dans Le Journal du dimanche.

Au choix: le papier (1,80 euros) ; le site (sur abonnement) ;  la vidéo. Une vidéo où le médecin explique pourquoi, sinon comment, les femmes préfèrent généralement avoir des relations sexuelles munies de chaussettes. L’auteur aura 63 ans avant l’été.

Une surprise: nous n’avons pas pris la mesure de ce que pourrait être un enseignement populaire de la médecine préventive. Et on ne sait guère tout de qui peut se dire en quelques lignes d’encre imprimées sur le papier  d’un journal dominical. Avec ce praticien de l’Hôpital Européen- Georges Pompidou, cela tient du miracle. La direction générale de l’AP-HP devrait enquêter.

Ne pas croire les journaux

On apprend ainsi, dans la foulée que des choses toutes simples peuvent changer la vie : trente minutes d’exercice par jour, c’est 40% d’affections cardiovasculaires en moins. … Je suis médecin d’hôpital où je pratique une médecine classique. Mais, pour moi, un médicament, c’est quand le reste a échoué ….Il paraît même que je soigne François Hollande! … N’allez pas croire tout ce qui s’écrit dans les journaux….. Je suis médecin de secteur public…. Je soigne tout le monde, au tarif de la Sécu….  En France, les inégalités se situent plutôt au niveau du territoire…. La différence entre une clinique privée et un hôpital public, c’est la tête du plateau-repas….

On a l’âge de son périnée

Les tyrans vivent  plus longtemps que les autres… Le secret, c’est d’être raccord avec ses convictions…. C’est le point commun entre Mère Teresa et Tatie Danièle…. Ça donne une meilleure défense immunitaire… Savoir que le nerf vague est un gros câble électrique qui relie l’estomac au cerveau plus vite que ne le ferait un TGV… En le stimulant on peut contrôler son appétit…Chaque matin, se moucher et se gargariser avec une eau gazeuse (marque non précisée)… Savoir que l’on a l’âge de son périnée (voir ici) et que celui de Cléopâtre était très musclé. Être musclé du périnée c’est la garantie assurée d’un plaisir multiplié par dix chez la femme. Et chez l’homme d’érections mieux anglées et autrement plus fermes…

 Dix millions de patients

Un arrière grand-père chirurgien-barbier. Une envie précoce de sauver. Intérêt pour le corps humain dès l’âge de six ans. Des parents habilleurs, boutique L’Impeccable, lui regardait les émissions médicales. Très heureux en tant que médecin à l’hôpital. Heureux aussi que ses livres aient autant de succès dans le monde entier. A l’impression d’avoir dix millions de patients dans sa salle d’attente publique. Une partie de son argent passe dans sa  Fondation. Fait des recherches autour du rat-taupe nu. A eu la chance d’avoir six enfants avoir trois femmes différentes ; aujourd’hui a une épouse qu’il adore.

N’a pas connu Cléopâtre (qui a connu beaucoup d’orgasmes). Dix millions de patients dans sa salle d’attente, ne dit rien sur le tiers payant généralisé.

A demain

(1) Albin Michel : Après Le meilleur médicament, c’est vous ! (plus d’un million d’exemplaires vendus), le docteur Frédéric Saldmann, grand spécialiste de la médecine préventive, nous apprend dans Prenez votre santé en main à mieux utiliser notre corps et gagner des années. Ce livre changera forcément quelque chose dans votre vie.

A l’attention du pékin moyen qui voudrait se payer l’Hôpital Américain de Neuilly-sur-Seine

Bonjour

Il faut donc lire Le Point (5 mars, quatre euros) pour savoir ce qui se passe à Neuilly. En janvier dernier, il y avait une une première alerte : le Dr Frédéric Saldmann officiait à l’Européen et non à l’Américain. Aujourd’hui tout s’explique (Emilie Lanez et Violaine de Montclos) : le 12 septembre 2014, la Joint Commission on Accreditation of  Hospitals, l’organisme (privé) chargé de contrôler la qualité de l’offre de soin de l’Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine « a relevé pas moins de quarante-quatre infractions à la rigoureuse réglementation de la commission américaine ».

Cotillard Marion et Delon

« En décembre, la sanction est tombée : elle vote un refus préliminaire d’accréditation. Une première dans son histoire. L’hôpital a fait appel de cette sanction, mais le retrait de cette accréditation pourrait s’avérer extrêmement préjudiciable et nuit à son crédit » souligne Le Point. L’hebdomadaire pour cadre dynamique et moyen  offre une grande enquête sur cet établissement très prisé des happy few (Marion Cotillard  y a accouché en 2011 et Alain Delon y subit des examens réguliers). Il « raconte la descente aux enfers de l’hôpital des stars où la « medicine business » a pris le dessus sur la médecine de qualité ».

Medicine business sans doute. Descente aux enfers relative. Hôpital Américain de Neuilly, donc.  Il a 115 ans depuis le 15 janvier dernier, a participé à l’effort de guerre 1914-1918, a été récompensé.  Puis une longue histoire qui s’inscrit dans celle des relations amies entre la France et les Etats-Unis. On ne compte plus le nombre des célébrités qui y ont été accueillies –une tendance qui semble s’inverser depuis peu en faveur de  Georges-Pompidou et de son désormais célèbre « gourou », le Dr Frédéric Saldmann   – du moins  si l’on en croit le dernier Vanity Fair.

Impitoyablement

Longue enquête du Point avec beaucoup de confidences anonymes. Deux médecins seulement sont cités. D’abord le Pr Patrick Bloch, chirurgien (1), ancien président du medical board (il raconte comment il sélectionnait impitoyablement ses confrères qui guignaient un cabinet). Ensuite le Dr Philippe Siou « interniste et personnalité historique des lieux ». Il rassure : la suspension de l’accréditation n’est que momentanée. Elle est aussi et surtout « une garantie de sérieux ». Pour le reste c’est une longue enquête en coulisses qui n’est pas sans réveiller quelques échos et autres souvenirs.

Rien n’irait plus à l’Américain. Baisse drastique des effectifs médicaux au profit d’une administration gonflée à l’hélium. Tractations secrètes au sein d’un corps médical déchiré et qui ne peut que profiter au maximum des ressources d’un endroit où ils ne sont qu’hébergés au prix fort (« 3000 euros mensuels pour trois demi-journées par semaines, c’est délirant … »). Quotidien plus que doré avec tous ces patients moyen orientaux plus que fortunés (ce qui n’est pas sans rappeler la récente volonté manifestée par la direction générale de l’AP-HP). Centralisation par l’administration des honoraires qui ne seraient plus, désormais, versés de la main à la main (rien de tel pour les très généreux pourboires offerts au personnel).

10 000 euros pour accoucher

Payer pour remercier. Payer pour être certain d’être mieux soigné. L’argent contre la souffrance et la mort. 150 euros la consultation, 6 000 euros (de caution) pour la moindre hospitalisation. 10 000 euros (minimum) pour un accouchement non compliqué. En retour des spécialistes à votre chevet moins d’une heure après l’appel de l’urgentiste agréé. Des médecins qui pour certains ont claqué la porte de l’AP-HP, ou qui prenne prématurément leur retraite après une carrière au Val-de-Grâce en cours de fermeture.

Mais l’Américain c’est encore, à l’ombre de la sèche et puritaine AP-HP,  une oasis de bienfaits. Check up center financé par l’ancien patron de la marque de luxe Céline, Service d’IRM financé par le cheikh Saud Bahwan, Vincent Bolloré faisant un geste pour l’ambulatoire, PET scan dernière génération cadeau de LVMH. On va encore à l’AP-HP pour ne pas lanterner, pour ne pas voir toute la misère du monde, pour ne pas mourir aux urgences de Cochin. Tout cela va-t-il, aussi, disparaître ? La commission américaine d’accréditation rendra son verdict avant le 1er avril.

A demain

(1) CV récent : « Chirurgien – Expert près la Cour d’appel de Paris, agréé par la Cour de cassation Directeur des affaires médicales de l’Hôpital Américain de Paris Membre de nombreuses sociétés savantes dans le domaine de l’hépatogastroentérologie et de la chirurgie digestive, il a été très impliqué dans le domaine de la recherche en hépatologie dans l’Unité INSERM du docteur Infante et dans l’enseignement en étant, en particulier, à l’origine du développement de l’enseignement médical à l’American Hospital of Paris. Ancien chef du Département de chirurgie viscérale de l’American Hospital of Paris et ancien président du Medical Board of the American Hospital of Paris, son intérêt s’est étendu, depuis longtemps, à la responsabilité médicale et à l’expertise. Il a été, en particulier, vice-président de la Compagnie des experts agréés par la Cour de cassation. Membre du Comité d’Ethique de l’American Hospital of Paris, il participe aux activités de plusieurs associations humanitaires ayant des actions en Ouzbekistan et au Cambodge. »

Rien ne va plus à l’hôpital Américain de Neuilly. Le Dr Saldmann est à l’hôpital Pompidou de Paris

Bonjour

On sait que L’AP-HP ne va pas bien. Mais ce temple historique de la médecine hospitalière n’est pas le seul à être en souffrance. Il en va de même, sous d’autres formes, de ce havre pour fortunés qu’est l’Hôpital Américain de Neuilly. Un oasis anglophone de bienfaits pour des patients triés sur les volets. On ne connaît généralement  cet endroit que de réputation. Voici son site officiel : Hôpital Américain de Neuilly. Voici sa fiche wikipédia. Il a 115 ans depuis le 15 janvier dernier, a participé à l’effort de guerre 1914-1918, a été récompensé. Suit une longue histoire qui s’inscrit dans celle des relations amies entre la France et les Etats-Unis. On ne compte plus le nombre des célébrités qui y ont été accueillies –une tendance qui semble s’inverser depuis peu en faveur de l’Hôpital Européen Georges-Pompidou et du Dr Frédéric Saldmann, du moins  si l’on en croit le dernier Vanity Fair (1)

Treizième mois

Rien ne va plus, donc, à Neuilly. C’est ce que vient de nous révéler Le Point  (Marion Cocquet). Le luxueux établissement vivrait « des débrayages quotidiens depuis deux semaines ». Pour une raison assez simple, qui ne peut concerner l’AP-HP : « une partie des syndicats réclame le treizième mois ». « Présidé par un conseil de donateurs bénévoles issus du monde des affaires, l’établissement est agréé depuis les années 1950 par la « Joint Commission » américaine, qui évalue les hôpitaux des États-Unis, rappelle Le Point. Depuis le 8 janvier, pourtant, l’harmonie est rompue : à l’appel des syndicats Sud et Unsa, une partie du personnel débraye tous les jours de 14 à 15 heures pour réclamer un treizième mois. »

Le Parisien (Florence Hubin) s’est aussi intéressé à l’affaire : « La direction de l’hôpital indique avoir pris deux décisions pour assurer la qualité et la sécurité des soins aux patients : « Certains services ont été fermés et les hospitalisations non urgentes ont été déprogrammées et reportées. » Ainsi, la permanence médico-chirurgicale fonctionnant habituellement H-24 et 7 jours sur 7 est pour le moment fermée. Le service des urgences le plus proche est celui du centre hospitalier public de Neuilly-Courbevoie-Puteaux, situé à moins d’un kilomètre, sur les quais, au 36, boulevard du Général-Leclerc. » L’adresse du concurrent ne manque pas de piquant.

2250 euros brut

La direction de l’Américain résiste. Le Point : « D’autant qu’elle a le soutien de quatre autres syndicats (FO, CFDT, CFE-CGC et CFTC), qui représentent 47 % des salariés et ont, eux, signé l’accord qu’elle proposait : 1 % d’augmentation à partir du 1er juillet pour les salaires inférieurs à 2 250 euros brut, 0,7 % entre 2 500 et 3 838 euros, et 0,4 % au-delà. S’y ajoute l’intéressement, mis en place en 2010, qui s’élevait l’an dernier à 1 040 euros. »

Le Point, toujours : « En 2013, l’hôpital a dégagé une capacité d’autofinancement de 12,1 millions d’euros. Une somme rondelette, à laquelle se sont ajoutés 6 millions d’euros de dons. « Les commissaires aux comptes nous ont appris que les revenus de l’établissement avaient augmenté de 80 % entre 2000 et 2013 », expliquent Sud et Unsa. « Il s’agit d’une structure à but non lucratif, les sommes sont réinvesties dans des travaux, du matériel médical, etc. C’est normal. Mais investir aussi dans l’humain serait plus que bienvenu. » »

70 000 euros nets

A l’Américain une infirmière fraîchement diplômée perçoit  2 357 euros brut mensuels pour commencer – 2 828 après vingt ans de carrière. Ces chiffres font-ils rêver à l’AP-HP ? La journaliste du Point est allée plus loin dans la généalogie du conflit et situe à 2011 la constitution de l’abcès : « en décembre de cette année-là, un « corbeau » fait parvenir aux délégués syndicaux les rémunérations d’une vingtaine de cadres de l’hôpital. Le directeur général touche, en plus de son salaire, une prime de près de 70 000 euros. Le directeur financier, plus de 34 000. Les autres primes s’échelonnent entre 4 000 et 16 000 euros.(…)  » Les chiffres qui ont circulé n’étaient pas toujours les bons : ce qui était appelé « prime » correspondait, parfois, à la part variable de salaires, fondée sur la réalisation d’objectifs et fixée par le contrat de travail », explique-t-on à l’hôpital. « Les primes sont désormais attribuées aux cadres en fonction de leur niveau de responsabilité : entre 3 et 5 % de leur rémunération. » »

Dons acceptés

L’Hôpital Américain de Paris est un établissement privé à but non lucratif, agréé et non conventionné.  Il accepte les dons « qui font la différence ». « L’établissement  n’a pas d’actionnaires et ne reçoit aucune subvention de l’Etat français ou de l’Etat américain, explique Francis Bailly, son président. Aussi, le soutien de ses près de 4200 donateurs est essentiel. Chaque don est investi et permet de financer l’achat d’équipements médicaux à la pointe de la technologie, la création de centres médicaux novateurs, ainsi que le développement des infrastructures (…) C’est aujourd’hui un établissement hors du commun, dynamique et vigoureux, dont la qualité des soins est reconnue au niveau international. Notre objectif commun est le patient. Toutes nos équipes sont rassemblées autour de lui afin de lui prodiguer des soins de la plus haute qualité ainsi que l’accueil, l’écoute et le respect qui lui sont dus.  Notre ambition pour les dix prochaines années est d’élaborer un projet médical d’avenir qui prenne en compte les évolutions de notre environnement sur les plans réglementaire, démographique, économique et médico-technique. »

Hors les problèmes de versement de treizième mois (qui ne sont pas de leur compétence) les inspecteurs de la Haute Autorité de Santé n’ont (comme on peut le lire ici) rien trouvé de substantiel à redire lorsqu’il a bien fallu s’occuper d’accréditer l’Américain aux normes françaises.

A demain

(1) Voir, dans la dernière livraison de Vanity Fair, l’étrange et long portrait brossé par Sophie des Déserts de l’auteur (best-seller mondial – traduit en 22 langues) de « Le meilleur médicament c’est vous – Votre santé est entre vos mains » (Albin Michel). Le Dr Frédéric Saldmann est présenté comme le « nouveau gourou du Tout-Paris ».

La partie la plus originale concerne les détails sur la consultation assez atypique donnée par ce médecin à l’Hôpital européen Georges-Pompidou. On peut lire : « Avec ces bilans, jusqu’alors inédits à l’AP-HP, le tandem [le Dr Frédéric Saldmann et le Pr Gérard Friedlander] concurrence les fameux check-up de l’Hôpital Américain, qui drainaient naguère la plupart des beautiful people. ‘’Je suis en quelque sorte le médecin des pauvres pour les riches’’ plaisante Saldmann. »

Dans son éditorial-présentation du numéro  Michel Denisot parle d’un « expert autoproclamé en médecine prédictive (la discipline n’est pas reconnue par la faculté) ».

John Galliano (ex-Dior®) : le couturier excentrique n’est plus alcoolique

Bonjour

Galliano. Juan Carlos Antonio Galliano Guillén. Né à Gibraltar il y aura bientôt 54 ans. Connu des services de police. « Généralement considéré comme un couturier talentueux, excentrique, turbulent et iconoclaste ». S’est forgé un « look » de dandy, provocateur. A participé à la gloire de Dior® et réciproquement. Ascension brisée en 2011 après une exhibition publique (voir la vidéo) qui, cette fois, ne lui fut pas pardonnée (1). Rangé, depuis trois ans, au rayon des anges déchus. Vient de réapparaître dans les médias. Bel exemple de la résilience, concept à toute épreuve heureusement vulgarisé par Boris Cyrulnik.

Créativité

Il avait déjà fait une première « confession » dans Vanity Fair comme Le Point l’avait rapporté  avant l’été. On parlait alors d’une « traversée du désert » et d’un « empereur déchu ». Où l’on apprenait que les causes et les symptômes de l’alcoolisme ne varie guère. On les retrouve à l’identique quel que soit le bar, l’étage de l’immeuble et les catégories socioprofessionnelles.

Que nous dit l’artiste ? « Je n’ai pas bu dans le but d’être créatif. Je n’ai jamais eu besoin de boire pour ça, racontait le couturier dans Vanity Fair. Au début, c’était un soutien pour me détendre après mes journées de travail chez Dior. Ensuite, j’y ai eu recours après la ‘’Semaine des collections’’, un peu comme tout le monde. Deux jours après, ça allait mieux. Mais, avec l’accélération du calendrier des ‘’Fashion Weeks’’, ça m’arrivait de plus en plus souvent. J’étais dépendant, j’étais devenu esclave de l’alcool. »

Vodka, vodka-tonic

« J’ai commencé à prendre ensuite des médicaments pour dormir. Puis encore d’autres pilules, car je n’arrêtais pas de trembler. J’avais aussi à côté de moi ces grosses bouteilles d’alcool que les gens m’offraient. Jusqu’à la fin, je prenais tout ce qui me passait entre les mains : de la vodka, une vodka tonic, du vin, car je croyais que cela pouvait m’aider à dormir. Erreur. Il y avait aussi toutes ces voix dans ma tête qui me posaient des questions en permanence. Mais jamais je ne l’aurais admis. Je n’étais pas un alcoolique. Je pensais avoir le contrôle sur ce qui était en train de m’arriver (…) Maintenant, j’ai compris que cette colère n’avait rien à voir avec moi, que j’étais déconnecté de ces propos et que j’avais juste prononcé les mots les plus méchants que je pouvais dire. Depuis, j’ai passé deux ans à lire des livres sur l’Holocauste et l’histoire de la religion juive, à rencontrer des personnes de cette religion. »

« Travail complet sur soi »

On parle d’une cure de désintoxication en Arizona, de séances d’hypnose, d’un « travail complet sur lui-même », de séjours prolongés en Auvergne. Comme toujours avec la résilience arrive un stade où le sujet considère sa déchéance comme salutaire. « J’allais finir dans un asile psychiatrique ou six pieds sous terre. Même si cela peut paraître bizarre, je suis content que cela soit arrivé, poursuit-il. J’ai appris tellement de choses sur moi-même, j’ai redécouvert le petit garçon affamé de création que, je pense, j’avais laissé en chemin. Je vis. »

L’homme vient de compléter sa « confession » sur Canal + (« Le Supplément »). « Je ne suis pas antisémite, je ne suis pas raciste, répète-t-il. Pour autant, ce sont des mots que j’ai prononcés. Et quand je me revois dans cette vidéo, je suis dans les affres de ma maladie. Deux semaines après cette scène, j’ai fait une dépression nerveuse et physique complète. »

Des abysses aux volcans

Il ajoute : « Je ne suis pas responsable de ma propre maladie, mais, maintenant, je suis responsable de ma propre guérison  (…) Certains traitements étaient durs, mais il y a eu des choses merveilleuses. Cela m’a permis de prendre du recul, de me déta­cher de cette scène, et je peux main­te­nant voir [la vidéo] de manière objec­tive et ration­nelle. Ce que j’ai dit était terrible ! Mais encore une fois, même si ce n’est pas une excuse, j’étais vraiment dans les profondeurs abyssales de ma maladie. »

Après les abysses John Galliano fait aussi la promotion de l’Auvergne. « C’est un endroit idéal pour réfléchir, méditer et prier.  Un lieu où, si je me trouve confronté à des questions sans réponse, je les pose directement à Dieu. » Le couturier dandy n’a pas « touché à une goutte d’alcool » depuis trois ans et demi. « J’ai remplacé l’alcool par la foi. Il y a de la lumière au bout du tunnel. Je suis un John sans alcool. » Un John certes toujours alcoolique, mais toujours en vie.

A demain

(1) En février 2011, John Galliano était interpellé dans le 3ème arrondissement de Paris pour faits de violences et insultes à caractère raciste et antisémite, à la suite d’une altercation. Il était laissé libre sur instruction du parquet. Le 8 septembre 2011 il est condamné pour « injures publiques » à 6 000 euros d’amende avec sursis. Il doit également verser un euro symbolique de dommages et intérêts aux victimes. Il est condamné pour avoir prononcé à plusieurs reprises les termes : « dirty jewish face you should be dead », « fucking asian bastard » Il ne fait pas appel. À la suite de cette condamnation sa Légion d’honneur lui est retirée.

Bernard-Henri Lévy : son épouse dit qu’il se drogue. Il confirme. Est-il utile de le savoir ?

Bonjour

Nous sommes tous victimes d’assuétudes mais certains le sont plus que d’autres. L’Opinion de ce 3 juillet publie un entretien avec Bernard-Henri Lévy (Cyril Lacarrière). Actualité : il vient d’être renouvelé une sixième fois à la présidence du conseil de surveillance d’Arte. Et ce soir France 2 diffusera un « portrait autorisé » du président d’Arte. Ce sera  dans son émission « Complément d’enquête ».

Pierre Bergé et Jacques Chancel

Portrait « autorisé » réalisé avec l’aide de Pierre Bergé, François Pinault, Anne Sinclair, Alain Minc, Bernard Kouchner, Hubert Védrine, Claude Guéant, Arielle Dombasle, Jean-Paul Enthoven, Bernard Pivot, Jacques Chancel etc.

« L’Opinion : Une des révélations de ce documentaire vient de votre épouse Arielle Dombasle, qui évoque votre consommation de substances illicites et que la drogue vous permettrait de vous stimuler pour arriver à vos fins ? Est-ce qu’elle vous avait prévenu de cette sortie ?

B.-H.L. : Non. A l’instant où l’on se parle [mercredi après-midi], je ne lui en ai pas parlé non plus. Dans ce genre de longue interview, on dit plein de choses sans trop savoir ce que le réalisateur va retenir. Il a gardé ça. Bon. Cela fait partie des choses dont je ne peux pas vous dire qu’elles m’enchantent. »

Téléspectateurs de France 2

Nous n’en saurons pas plus. Mais avions-nous besoin de savoir cela ? Sera-ce-utile du point de vue de la santé publique ? Résumons.  Pas de trahison ici. On accepte le jeu du portrait télévisé. Sans plaisir mais on l’accepte – à la condition qu’il soit « autorisé ». La condition est acceptée. Votre épouse confie alors un élément privé que vous auriez préféré garder secret. Le réalisateur garde ce passage au montage (pouvait-il, raisonnablement, faire autrement ?). Et c’est ainsi que les téléspectateurs de France 2 vont découvrir que vous consommez des substances illicites ; que pour « parvenir à vos fins », pour vous « stimuler », vous vous droguez.

Aldous Huxley

Rien d’original. Et, sans doute, rien de bien méchant. Bien évidemment la machinerie médiatique voudra en savoir plus. Jusqu’à Vanity Fair. Voire Lui. Ou « M ». Depuis quand ? Combien ? A quel prix ? Quels circuits ? Et quelles fins justifiant de tels moyens ? Bientôt vous serez pressé de  raconter vos propres portes de la perception, de décrire les chemins entrouverts  par ces psychotropes interdits jusqu’à l’œuvre créatrice.

Vous vous installerez sans doute dans le sillage de Théophile Gautier, avec les mots de Malraux. Peut-être, qui sait, suivrez-vous demain les sentiers de la spiritualité façon Aldous Huxley. Puis d’autres enquêteurs médiatiques viendront. On ira jusqu’à vous demander votre opinion sur la dépénalisation libertarienne des drogues illicites et sur les fléaux de celles qui ne le sont pas.

Instant mondain

Tout cela donnera, dans le meilleur des cas, la dimension politique que vous cherchez tant à donner à chaque instant de votre vie  privée. Si tel n’est pas le cas il n’y aura eu, sur la télévision publique, qu’un instant mondain. Ce ne sera alors qu’un événement germanopratin. Un de plus. Quelques mots échangés dans un Saint-Germain qui n’est plus.

A demain

Jérôme Cahuzac continue à cacher la vérité vraie, Edwy Plenel parle de « folie »

Bonjour

Avant l’affaire Aquilino Morelle, il y eut l’affaire Daniel Vial, lobbyiste trop influent dans le monde du médicament. Il y eut aussi, coup de tonnerre dans un ciel tenu pour serein, l’affaire Jérôme Cahuzac. On ne sait plus trop où est, aujourd’hui, Daniel Vial. Ou on ne veut pas le savoir. Jérôme Cahuzac, lui, s’exprime dans le dernier numéro (daté de mai) de Vanity Fair (3,95 euros l’exemplaire). A la Une et sous un titre légèrement schizophrénique : « Jérôme Cahuzac raconte l’affaire l’affaire Cahuzac ». Ses propos ont en réalité été recueillis par Hervé Gattegno, rédacteur en chef enquêtes/investigation du magazine.

Aquilino Morelle, Daniel Vial, Jérôme Cahuzac. Dans les trois cas un fil rouge : le médicament. Ou plus précisément les innombrables interfaces entre l’industrie pharmaceutique et la puissance publique (celle qui fixe les prix et définit les indications). Interfaces que l’on imagine  étanches mais dont on découvre chaque jour un peu plus qu’elles peuvent être, en réalité, d’une très grande porosité.

« Grand malheur »

La lecture du long article que Vanity Fair consacre à Jérôme Cahuzac n’a pas fait que des heureux. Le journaliste Edwy Plenel, président et co-fondateur de Mediapart, ne cache pas ici une pointe d’irritation. On se souvient peut-être que ce site poursuivait Jérôme Cahuzac quand ce dernier était ministre du Budget. Edwy Plenel eût aimé que l’ancien ministre se confie à lui pour lui dire, enfin, sa véritable vérité. « Cela aurait été génial » dit-il. Sans doute. Mais c’était beaucoup demander à un seul homme. Jérôme Cahuzac et/ou ses avocats choisirent donc Vanity Fair.

Edwy Plenel n’a pas pu résister à faire quelques commentaires. Il le fit sur LCI  comme on peut le voir ici. Il considère, sans nuances, que l’enquête de son confrère Hervé Gattegno est « humainement intéressante mais journalistiquement assez complaisante ».Il ajoute que le « grand malheur », dans cette affaire, n’est pas celui que vit  M. Cahuzac  mais bien celui de la République qui peut « se faire piéger par la folie d’un homme à ce point ».

« Complaisance » ? «Folie » ? En d’autres temps on aurait, peut-être, évoqué comme un manquement à la confraternité. Voire même d’exercice illégal de la médecine. C’était avant.

Ulcère

On peut aussi faire une autre lecture clinique des pages de Vanity Fair. Observer la présence de « brûlures d’estomac » et d’un « ulcère » chez le principal intéressé. Et observer que ce dernier ne confie, au fond, qu’un seul regret : celui d’être entré au gouvernement. « Si j’avais voulu faire fortune, je n’aurais pas fait de politique, je serai resté chirurgien. On m’a dépeint comme un personnage avide, arrogant. C’est commode mais s’est faux. Dans ma vie, tous mes choix ont abouti à me faire gagner moins d’argent que j’aurais pu ».

Au-delà de ce qui est présenté comme une confession on percevrait presque comme un syndrome. A-t-il déjà un nom ?

1.357.000 francs d’un « groupe pharmaceutique »

L’argent. Il arrive après sa sortie du cabinet de Claude Evin, alors ministre de la Santé. « Très vite j’ai gagné beaucoup plus qu’auparavant. Je ne savais pas quoi faire de cet argent. Mon travail de consultant suffisait à assurer mon tain de vie et une partie de clients de la clinique –surtout les étrangers- voulaient payer en espèces. » On lui conseille, c’est assez banal, l’ouverture d’un compte en Suisse. Vanity Fair : du 26 novembre 1992 a 13 mai 1993 neufs versement y sont enregistrés, le montant total avoisinant 2,3 millions de francs (l’équivalent de 350 000 euros). Deux de ces mouvements proviennent d’un groupe pharmaceutique : 817 000 francs le 4 janvier 1993, 540 000 francs le 7 mai de la même année.

Quel(s) groupe(s) pharmaceutique(s) ? Pour quels services rendus ? Quelles « missions de conseil » ? Et, le cas échéant, quelle « contrepartie » d’actions menées alors qu’il était au cabinet du ministre de la Santé.

Sur tous ces points, pour l’heure, Jérôme Cahuzac se tait.  Quel titre, quel site, quel journaliste choisira-t-il demain pour continuer à se raconter à lui-même ?

A demain