Fléau tabagique : de quel droit l’OMS peut-elle encore ne pas prôner la cigarette électronique ?

Bonjour

Remettre l’ouvrage sur le métier et s’indigner que l’usine à gaz onusienne en charge de la santé planétaire ne remplisse en rien le rôle qui est le sien en matière de réduction des risques tabagiques. Lundi 1er octobre : ouverture à Genève de la 8ème sommet mondial des parties (COP8FCTC) de la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Une petite semaine de travaux plus ou moins secrets et de pressions majeures des lobbies. Définition officielle:

« La Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac est un  traité fondé sur des données factuelles, qui réaffirme le droit de tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible. La Convention représente une évolution fondamentale en ce sens qu’elle met au point une stratégie visant à réglementer des substances engendrant la dépendance ; à la différence des précédents traités de lutte contre la drogue, la Convention-cadre affirme l’importance des stratégies de réduction de la demande au même titre que de réduction de l’offre. »

C’est dans ce contexte que soixante-douze experts 1 de renommée internationale depuis longtemps  impliqués dans la lutte anti-tabac  ont pris leur plume pour appeler la direction de l’OMS et les participants à infléchir la direction prise et s’ouvrir à la réduction des risques. « Jusqu’ici sous la direction du secrétariat, qui outrepasse son rôle, la Convention a orienté ses recommandations contre le vapotage, allant jusqu’à prôner la criminalisation des vapoteurs en Asie. A l’opposé, cette lettre au Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, milite pour l’intégration de la réduction des risques dans l’approche de la Convention, peut-on lire sur vapolitique.blogspot.com  Elle est signée d’experts britanniques, américains, français, italiens, grecs, malaysiens, néo-zélandais, mexicains, belges, australiens, suisses, japonais, vénézuéliens, canadiens, indiens, norvégiens, autrichiens, suédois, tunisiens. »

«  Cher Dr. Adhanom Ghebreyesus 

 « Nous écrivons pour exprimer notre espoir que l’OMS assumera un rôle de premier plan dans la promotion de politiques efficaces et rapides pour la réglementation du tabac et de la nicotine. Dans cette lettre, nous proposons que l’OMS et les parties prenantes adoptent une approche plus positive des nouvelles technologies et des innovations susceptibles d’en finir plus rapidement avec l’épidémie de maladie causée par le tabagisme.

« Dans le domaine de la lutte antitabac et de la santé publique, le monde a considérablement évolué depuis la signature de la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) en 2003. Il est impossible d’ignorer ou de rejeter l’essor des systèmes alternatifs de délivrance de la nicotine (ANDS). Ceux-ci sont établis et de nouvelles technologies fournissent de la nicotine à l’utilisateur sans combustion de feuilles de tabac ni inhalation de fumée de tabac. Ces technologies offrent la perspective de gains importants et rapides en matière de santé publique grâce à la ‘réduction des risques liés au tabac’. Les utilisateurs qui ne peuvent ou ne veulent pas cesser de consommer de la nicotine ont la possibilité de passer des produits les plus risqués (principalement les cigarettes) à des produits présentant un risque bien moindre que les produits à fumer (p.ex. produits de nicotine propre, tabac sans fumée, vapotage ou tabac vaporisé). 

 «  Nous croyons que cette stratégie pourrait apporter une contribution substantielle à l’objectif de développement durable (SDG) visant à réduire les décès prématurés dus aux maladies non transmissibles (objectif 3.4 de la SDG).

Le concept de réduction des risques du tabac est consigné dans la définition même de ‘lutte antitabac’ figurant dans la CCLAT (article 1.d) et nous pensons qu’il doit maintenant être pleinement exprimé dans la CCLAT et par les parties dans leur approche de la mise en œuvre. (…) »

 Tribunal pénal sanitaire international

Et les auteurs de proposer plusieurs principes directeurs pour l’élaboration de la prochaine phase de la lutte mondiale contre le tabagisme – à commencer lors de la rencontre de Genève). Ils expliquent notamment que la réduction des risques du tabac devrait faire partie intégrante de la lutte antitabac comme elle l’est devenue dans différents champs de la santé publique (p.ex. VIH, consommation de drogues, santé sexuelle). Selon eux la principale distinction à faire entre les produits contenant de la nicotine est de savoir s’ils sont combustibles ou non.   «  Il ne s’agit pas de savoir si ce sont des produits du tabac ou des produits autres que le tabac ou s’ils sont établis ou nouveaux. Le principal objectif de la CCLAT étant la gestion des risques pour la santé, cette distinction devrait faire partie intégrante de la conception et de la mise en œuvre de la CCLAT. »

 Point essentiel dans le contexte actuel :

« L’incertitude quant aux effets à long terme ne devrait pas être une raison de paralysie. Il est vrai que nous n’aurons pas d’information complète sur l’impact des nouveaux produits jusqu’à ce qu’ils aient été utilisés exclusivement pendant plusieurs décennies – et compte tenu des schémas d’utilisation complexes, peut-être même jamais. Mais nous avons déjà des connaissances suffisantes basées sur les processus physiques et chimiques impliqués, la toxicologie des émissions et les biomarqueurs d’exposition pour être sûr que ces produits sans combustion seront beaucoup moins nocifs que le tabagisme. Nous savons également avec certitude que le produit en place (la cigarette) est extrêmement nocif. »

Et ces experts de dénoncer le huis-clos stalinien qui, comme souvent à l’OMS, prévaut quand on traite des affaires sensibles. « De nombreuses parties prenantes, y compris les consommateurs, les médias et les experts en santé publique ayant des opinions favorables à la réduction des risques, devraient faire partie du processus, écrivent-ils. Nous sommes préoccupés par le fait que la CCLAT ait exclu des points de vue divergents appropriés. Ses délibérations et ses décisions pourraient être plus solides et plus crédibles si ses travaux étaient plus ouverts. »

Pour finir, maniant l’euphémisme qui sied aux échanges diplomatiques, les soixante-douze disent leurs préoccupations devant la stratégie et la politique de l’OMS, aux antipodes de leurs préconisations. On observera, sous peu, quel aura été le poids de cette démarche. Au vu des résultats la question se posera peut-être de savoir si la diplomatie a, ici encore sa place. Ou si le temps n’est pas venu d’accuser l’OMS d’entrave à la réduction des risques tabagiques. Et, à ce titre, de poursuivre les dirigeants de cette usine à gaz onusienne devant un tribunal pénal sanitaire international.

A demain

1 David B. Abrams, PhD; Marion Adler, PhD; Jasjit S Ahluwalia, MD, MPH, MS; Sanjay Agrawal, MD, MBChB; Philippe Arvers, MD, PhD; Frank Baeyens, PhD; Shamsul Bahri Mohd Tamrin; Scott D. Ballin, JD; Clive Bates, MA, MSc; Robert Beaglehole, MD, DSc, FRSNZ; Mihi Blair (Ngāti Whātua); Anne Borgne, MD Ron Borland, PhD; Thomas H. Brandon, PhD; John Britton, MD; Dr Jamie Brown, PhD CPsychol; Jean-Pierre Couteron; Sharon Cox, PhD; Kenneth Michael Cummings, PhD; Lynne Dawkins, PhD; Jean-Michel Delile, MD; Allan C. Erickson; Jean-François Etter, PhD; Konstantinos Farsalinos, MD, MPH; Antoine Flahault, MD, PhD; Jonathan Foulds, PhD; Thomas J. Glynn, PhD; Peter Hajek, PhD; Wayne Hall, PhD; Natasha A. Herrera; Martin J Jarvis, DSc OBE; Martin Juneau, députés, MD, FRCPC; Dr.Aparajeet Kar, MD; Leon Kosmider, PhD, PharmD; Lynn T. Kozlowski, PhD; Hiroya Kumamaru, MD, PhD; Christopher E. Lalonde, PhD; Murray Laugesen QSO; Jacques Le Houezec, PhD; William Lowenstein, MD; Karl E Lund, PhD; Bernhard-Michael Mayer, PhD; Olivia Maynard, PhD; Andy McEwen, PhD; Ann McNeill PhD; Klim McPherson, PhD, FMedSci, Hon FRCP; Colin Mendelsohn; Robin Mermelstein, PhD; Faares Mili, MD; Thomas J. Miller; Marcus Munafò, PhD; Raymond Niaura, PhD; Caitlin Notley, PhD; David Nutt, DM, FRCP, FRCPsych, FMedSci, DLaws; Konstantinos Poulas, PhD; Philippe Presles, MD; Lars M. Ramström, PhD; Vaughan Rees, PhD; Steven A. Schroeder, MD; John R. Seffrin, PhD; Lion Shahab, PhD; Rajesh N. Sharan, Ph. D .; Michael Siegel, MD, MPH; Roberto A Sussman, PhD; David Sweanor, JD; Professeur Umberto Tirelli MD; Natalie Walker, PhD; Kenneth Warner, PhD; Alex Wodak; Naohito Yamaguchi, MD; Ben Youdan;  [pour les titres complets et les affiliations voir le PDF original]

Les auteurs de cette lettre confirment n’avoir aucun conflit d’intérêts concernant l’industrie du tabac

Miracle tabagique et cigarette électronique : Agnès Buzyn et le pèlerinage de Reykjavik

 

Bonjour

C’est une information de politique étrangère et sanitaire : une nouvelle et puissante illustration des vertus sanitaires de la cigarette électronique à l’échelon collectif. Où  l’on apprend qu’un « miracle » est en cours en Islande (330.000 habitants). Cette information, repérée par Sébastien Béziau (#sovape), est disponible sur le  remarquable site « vapolitique.blogspot.fr » et (Philippe Poirson) :

« Une impressionnante chute de 37% du tabagisme en trois ans. En 2014, 35.000 islandais, soit 14% de la population adulte, fumaient. En 2017, ils ne sont plus que 22.000 fumeurs, 9% des résidents de l’île, selon les dernières statistiques de la Direction de la santé islandaise. ‘’C’est miraculeux. Un tel phénomène ne peut pas être négligé’’, explique le Dr Guðmundur Karl Snæbjornsson à la presse locale (ici en anglais). « Le tabagisme est tombé comme un rocher. Nous n’avions jamais vu ça auparavant », déclare-t-il.

« Depuis 2008, les ventes de cigarettes se sont effondrées de 50% sur l’île, selon les chiffres officiels (de l’ÁTVR) que s’est procuré le Dr Guðmundur Karl Snæbjornsson. Même s’il est difficile d’établir formellement un lien de causalité, le spécialiste anti-tabac estime que la hausse de vente du snus et, surtout, l’essor du vapotage ces trois dernières années sont liés à la chute du tabagisme. « Les plus grands facteurs ont été le snus et le vapotage, qui ont clairement lessivé le tabagisme », se réjouit-il. »

Selon les chiffres de l’enquête de santé, 8% des Islandais majeurs déclarent avoir utilisé au moins une fois dans leur vie le vapotage en 2017. « Cela représente environ 20.000 vapoteurs au total, dont la moitié au quotidien. Une augmentation d’un tiers par rapport à 2016 où ils étaient 15.000 », souligne le Dr Guðmundur Karl Snæbjornsson au journal Vízir (en islandais). Parmi ces 20.000 vapoteurs, 48% déclarent à l’enquête de avoir arrêté de fumer, tandis que 40% vapotent et fument encore. D’une part 13.000 fumeurs en moins depuis 2014 et de l’autre 10.000 vapoteurs déclarant avoir arrêté de fumer. Quelle conclusion tirer ?

Liberté de vapoter

« Actuellement, l’Islande n’a aucune restriction particulière contre le vapotage, précise Philippe Poirson. Un projet de loi voulant imiter les restrictions anti-vape européennes a échoué au parlement l’an passé. L’audition de spécialistes de santé publique, tels que la Pr Linda Bauld ou le Pr Peter Hajek, avait convaincu les élus de prendre en compte les éléments scientifiques et la parole des usagers contre les écueils du projet de législation. Les résultats de l’enquête de santé semblent confirmer que les députés ont été bien inspirés d’écouter les défenseurs d’une approche de réduction des méfaits. »

Au revoir Reykjavik. Retour en France et ses (plus de) 30% de fumeurs. Au lendemain de la « hausse des prix » du tabac on attend toujours les détails du nouveau Programme National de Réduction du Tabagisme (PNRT). Le premier avait été solennellement annoncé par François Hollande, président de la République, il y a quatre ans. Résultat : néant. Il avait été confié à Marisol Touraine enfermée dans son déni de l’intérêt de la cigarette électronique.

La ministre des Solidarités et de la Santé doit présenter le nouveau PNRT fin mars. Agnès Buzyn devra, cette fois, élargir son propos. Libérée de Bercy elle devra présenter un vrai programme politique pour réussir là où Marisol Touraine a, dans son enfermement, tragiquement échoué. Quatre semaines pour méditer sur le miracle islandais.

A demain

 

Cigarette électronique et fake news : mieux vaut parfois lire Paris Match que les PNAS

Bonjour

Le poids des mots. Au départ ceux d’une dépêche de l’Agence France Presse reprise par de nombreux médias généralistes, dont Ouest France :

« Une étude menée par des chercheurs de la faculté de médecine de l’université de New York révèle que fumer des cigarettes électroniques présenterait un risque plus grand de contracter un cancer pulmonaire ou de la vessie ainsi que de développer des maladies cardiaques.

Fumer des cigarettes électroniques pourrait accroître le risque de certains cancers ainsi que de maladies cardiaques, selon les résultats préliminaires d’une étude effectuée sur des souris et des cellules humaines en laboratoire. Ces travaux qui laissent penser que la vapeur de nicotine serait peut-être plus nocive qu’on ne le pensait, ont été menés par des chercheurs de la faculté de médecine de l’université de New York publiés lundi dans les Comptes-rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS). (…) » 

La dépêche ajoute qu’à la fin de cette expérience, les scientifiques « ont constaté des dommages dans l’ADN des cellules des poumons, de la vessie et du coeur de ces animaux ainsi qu’une réduction du niveau de protéines réparatrice des cellules dans ces organes comparativement aux souris qui avaient respiré de l’air filtré pendant la même période ».  Ce n’est pas tout : « Des effets néfastes similaires ont été observés dans des cellules humaines de poumon et de vessie exposées en laboratoire à de la nicotine et à un dérivé cancérogène de cette substance (nitrosamine). Ces cellules ont subi notamment des taux plus élevés de mutations tumorales. »

Et de citer les auteurs de de travail, dirigés par Moon-Shong Tang, professeur de médecine environnementale et de pathologie à la faculté de médecine de l’université de New York : « Bien que les cigarettes électroniques contiennent moins de substances carcinogènes que les cigarettes conventionnelles, le vapotage pourrait présenter un risque plus grand de contracter un cancer pulmonaire ou de la vessie ainsi que de développer des maladies cardiaques ».

Extrapolations irréalistes

On imagine l’impact. On cherche l’étude des PNAS : « E-cigarette smoke damages DNA and reduces repair activity in mouse lung, heart, and bladder as well as in human lung and bladder cells »

« (…) These results indicate that nicotine nitrosation occurs in vivo in mice and that E-cigarette smoke is carcinogenic to the murine lung and bladder and harmful to the murine heart. It is therefore possible that E-cigarette smoke may contribute to lung and bladder cancer, as well as heart disease, in humans ».

Vives critiques, alors, chez les meilleurs spécialistes français du sujet qui dénoncent bien vite les extrapolations fondées sur des conditions irréalistes d’exposition.

Philippe Poirson, sur le blog Vapolitique fait alors un remarquable travail d’analyse et de décryptage médiatique .  Il cite notamment le Pr. Peter Hajek, directeur de l’unité de recherche sur la dépendance au tabac de l’Université Queen Mary de Londres (QMUL) :

« Les cellules humaines ont été submergées dans de la nicotine et dans des nitrosamines carcinogènes achetées sur le marché. Il n’est pas surprenant bien sûr que cela endommage les cellules, mais cela n’a aucun rapport avec les effets du vapotage sur les personnes qui l’utilisent.

« Dans l’autre partie de cette étude, les animaux ont été exposés à ce qui sont pour eux des doses extrêmement importantes de nicotine et cela a également généré des dommages, mais cela aussi a une pertinence peu claire pour les effets du vapotage.


« Aucune comparaison avec les cigarettes conventionnelles n’a été faite, mais dans le texte de l’article, les auteurs reconnaissent l’information clef d’une importance cruciale dans cette histoire: les vapoteurs montrent une réduction de ces produits chimiques de 97% par rapport aux fumeurs. Ils auraient dû ajouter que c’est peut-être le niveau que les non-fumeurs obtiennent de leur environnement. »

Manipulations et fausses nouvelles

Puis vient Paris Match, que l’on n’attentait pas ici : «  Cigarette électronique cancérigène : « du buzz qui peut tuer » » (Vanessa Boy-Landry). Où l’on retrouve le Pr Bertrand Dautzenberg ;

« On n’est pas dans la vérité scientifique, mais dans la manipulation. D’abord, les conditions dans lesquelles l’expérimentation est réalisée ne sont absolument pas représentatives de l’exposition humaine. Elle montre des anomalies cellulaires en exposant des souris à des quantités de nicotine considérables, beaucoup plus qu’on peut le faire avec une cigarette électronique habituelle. Ensuite, on fait des extrapolations de la souris à l’homme, et enfin on ne compare pas l’effet du vapotage à celui de la fumée du tabac.

Fake news ? « Globalement, nous sommes inondés de fausses nouvelles de ce genre, dit-il. Les journaux scientifiques veulent aussi faire du buzz. Ils jouent au Sun anglais en rédigeant des communiqués de presse qui contredisent parfois les études elles-mêmes. C’est un moyen d’avoir toutes les couvertures et d’augmenter leurs revenus. Le résultat est que certains vont arrêter de vapoter et reprendre le tabac. Une nouvelle comme celle-là est susceptible de tuer des gens. Cela va totalement à l’encontre de la santé publique. Le travail des chercheurs, c’est de sauver des vies, pas de tuer des gens. »

A demain

 

 

Cigarette électronique : la leçon anti-tabac faite à la France par la Nouvelle Zélande

 

Bonjour

On verra ici l’homologue ministérielle néo-zélandaise de Marisol Touraine annoncer ce qui, en France, demeure de l’ordre de l’impensable : « E-cigarettes will be legalised: Government ». C’est fait : la Nouvelle Zélande a décidé d’user du levier du vapotage pour abaisser le taux de tabagisme, réduire ses méfaits et sauver des vies. Nicky Wagner, ministre-adjoint à la Santé vient d’annoncer la prochaine légalisation de la vente de liquide nicotiné de vapotage. « Aussi vite que possible » et au plus tard l’an prochain assure-t-elle. L’information est relayée dans notre hémisphère par Philippe Poirson sur le site Vapolitique.

« Jusque-là les liquides avec nicotine étaient interdits de vente, engendrant du marché noir et des rechutes dans le tabagisme de vapoteurs privés de liquide nicotiné, explique-t-il. Il y a un consensus général sur le fait que vapoter est beaucoup moins nocif que fumer. L’homologue de Marisol Touraine:

« Je suggère à toutes les personnes ici qui fument de passer au vapotage. J’ai essayé de me mettre à la e-cigarette, ce n’est pas trop mon truc, mais pour tout vous dire je ne fume pas non plus. Je propose pourtant que tous les fumeurs essayent la e-cigarette.  S’il est difficile d’obtenir des résultats définitifs dans le monde, nous pensons que la vape est au minimum 95% moins nocive que le tabagisme. »

Démocratie

Cette annonce, ajoute Philippe Poirson, surgit après une consultation publique close en septembre dernier. « Les preuves que l’usage du vapotage peut réduire considérablement le poids des maladies causées par le tabagisme sont de plus en plus nombreuses », conclut le ministère de la Santé. Le Gouvernement prend cette décision alors que plus d’un demi-million de néo-zélandais fument, et que 5 000 meurent prématurément chaque année. L’objectif est de ramener de 15% actuellement à moins de 5% d’ici 2025 le taux de tabagisme. A mille coudées du Programme national français de réduction du tabagisme qui, à cette date, vise les 20%.

C’est dans un but de santé publique et d’équité sociale que le gouvernement néo-zélandais va légaliser les ventes de liquides avec nicotine en tant que produits de consommation. « Cela garantit aux fumeurs d’avoir accès à une alternative à plus faible risque, un outil de réduction des méfaits. Mais nous continuerons à dissuader les non-fumeurs de commencer de fumer ou de vapoter », précise Nicky Wagner. La publicité devrait être encadrée afin de ne pas attirer les non-fumeurs. Les produits devront être homologués, mais le Gouvernement assure « vouloir tenir au plus bas les coûts pour les entreprises ». Standards de produits de consommation, composition des liquides, bouchon de sécurité et avertissement sanitaire seront exigés. Un véritable politique de santé publique et de réduction des risques, en somme.

Cela se passe en Nouvelle-Zélande. Soit très précisément aux antipodes de la France du tabac, des celle des buralistes et du refus obstiné du politique de comprendre quel levier pourrait être la cigarette électronique.

A demain