Alcoolisme: Philippe Manœuvre, depuis vingt ans, n’a pas «touché une goutte». Et après ?

Bonjour

Philippe Manoeuvre aura bientôt 65 ans. C’est un journaliste, animateur radiophonique, spécialiste de bandes dessinées critique musical dont l’un des titres de gloire est d’avoir été durant vingt-quatre ans (de 1993 à 2017) le rédacteur en chef du magazine Rock & Folk. Il a également collaboré aux Nouvelles littéraires, à Playboy et à Libération.C’est, dans ce domaine, une bibliothèque vivante doublée d’une forme de caricature auto-proclamée qui fait le bonheur des humoristes-imitateurs.

Tintin du rock’n’roll

Aujourd’hui à la retraite, l’homme a trouvé un siège aux « Grosses Têtes » – comme Roselyne Bachelot (qui fut ministre). Et il fait la tournée des grands-ducs médiatiques pour assurer la promotion de son dernier opus, Rock, ma vie est un roman (HarperCollins) :

« L’autobiographie de Philippe Manœuvre est une plongée dans la vie de celui qui est devenu une légende du Rock à lui tout seul, un personnage vibrionnant, un Tintin du rock’n’roll immanquablement chaussé de ses Ray-Ban, le plus célèbre critique rock français de ces quarante dernières années. Proche d’Iggy Pop, de Polnareff, de Gainsbourg et de tant d’autres, intervieweur des Stones plus de vingt fois, il a fréquenté les plus grandes stars et parle aux baby-boomers comme au public de la « Nouvelle Star ». Ce livre foisonnant d’anecdotes, qui raconte comment cet homme et tous ces musiciens ont voulu changer le monde à travers le Rock, est à l’image de Manœuvre : il rocke. »

Passage obligé dans les colonnes du Monde (Laurent Carpentier) : « Un apéro avec Philippe Manœuvre : ‘’J’ai vu que Keith Richards non plus ne boit plus’’  Chaque semaine, ‘’L’Epoque’’ paie son coup. Cette semaine, Philippe Manœuvre, l’enfant du rock aux lunettes noires, parle abstinence, nuits blanches et lendemains qui se déhanchent ».

« Proposer un apéro à un ex-alcoolo, c’est comme inviter un évêque au bordel. Cela fera vingt ans cette année que Philippe Manœuvre n’a pas touché une goutte d’alcool, pas même un verre de vin blanc quand des copains apportent des huîtres. ‘’Pas toujours facile, mais je sais que si j’y touche, même un verre, le lendemain c’est trois verres, et je reviens illico au niveau où je m’étais arrêté.’’ Tournée générale de thé Earl Grey ! »

Sevrage réussi

Où l’on découvre, en s’intéressant au sujet, qu’il n’en est pas à sa première confidence médiatique sur son alcoolisme et son sevrage jusqu’ici réussi :

Juin 2008 : « Philippe Manœuvren’a pas toujours été le dynamique et avisé juré de la Nouvelle Star que l’on connait. Il fut un temps où le rédac’ chef de Rock & Folk avait de sérieux problèmes de drogue et d’alcool. Dans deux interviews accordées à GQ et Voici, il revient sur son passé d’alcoolique et de toxicomane.

« L’alcool tout d’abord. « À un moment, tu constates que tu es à une bouteille de Jack Daniel’s par jour et tu te dis : ‘Hum, ça serait bien qu’on ne dépasse pas’. […] Et puis tu t’aperçois que tu prends ton petit déj’ à la Heineken. À midi, tu vas boire trois bouteilles de vin avec une attachée presse et puis après tu recommences au Jack Daniel’s. Et parfois, la nuit, vers deux heures du matin, tu te dis : ‘Tiens, on se boirait pas des vodkas ?' ». En 1999, le complice de Lio, Sinclair et André Manoukian a tourné le dos à la boisson quand il s’est aperçu qu’il avait perdu toute inspiration et qu’il ne parvenait même plus à écouter de la musique. La drogue ensuite. « Je n’ai jamais été attiré par l’héroïne et j’ai arrêté la coke il y a un siècle. À un moment, j’ai été loin dans l’alcool… Je pesais vingt kilos de plus, j’étais sordide. » »

Décembre 2010 :  À l’occasion de la sortie de son livre – Le Rock français -, Philippe Manœuvre a rencontré nos confrères de Grazia. L’ancien juré de Nouvelle Staraujourd’hui sur Canal+, et toujours rédacteur en chef de Rock&Folk, prend un malin plaisir à tordre les clichés du rock. Certes, il ne quitte jamais ses lunettes noires et considère qu’une « veste Levi’s reste d’un chic incroyable« , mais pour ce qui est de l’expression sex, drugs & rock’n’roll, Manoeuvre en est bien revenu.

Dérive et sobriété

« Il raconte par exemple qu’il est aujourd’hui sobre après quelques années de dérive : « Je n’ai pas bu une goutte d’alcool depuis 1999. J’ai été obligé de m’arrêter : je buvais toute la nuit, toute la journée. Je faisais 20 kilos de plus, vous n’auriez pas aimé me voir et je n’aurais pas aimé que vous me rencontriez non plus. Quand je passais devant une glace, je me disais : C’est qui ce lourd ? Je me suis arrêté tout seul et j’ai évité la case rehab en écoutant John Coltrane. » Sa nouvelle drogue ? Le thé ! »

Où l’on en vient a regretter de ne pas disposer (à des fins de réduction des risques sinon d’exemple édifiant à proposer) d’un long témoignage, circonstancié, sur les modalités et les ressentis de cette sortie réussie d’un enfer où tant d’autres sont restés. Une reportage au plus profond de soi, en somme, comme il en existe quelques-uns dans la littérature – à commencer par « L’Opium » 1 de Jean Cocteau. Cocteau, l’auteur de « La Difficulté d’être » 2. Cocteau poète, graphiste, dessinateur, dramaturge et cinéaste français. Mort à Milly-la-Forêt en 1963. Philippe Manœuvre n’avait pas encore dix ans.

A demain

@jynau

1 Cocteau J. Opium (Stock). « En 1928, cinq ans après la mort de Raymond Radiguet, lors d’une cure de désintoxication dans une clinique, Jean Cocteau, opiomane, écrit et dessine. Ainsi, tout au long des jours, des instants, un livre naît sous nos yeux, fait de notations, de jeux avec les mots, de jugements de poète. Aux commentaires sur la littérature et les écrivains (Proust, Raymond Roussel) viennent s’ajouter des remarques sur le cinéma (Buster Keaton, Chaplin, Eisenstein, Buñuel), sur la poésie, sur la création, sur l’art. Le thème lancinant, qui revient au détour de chaque page, c’est celui de l’opium.  » Tout ce qu’on fait dans la vie, même l’amour, on le fait dans le train express qui roule vers la mort. Fumer l’opium, c’est quitter le train en marche ; c’est s’occuper d’autre chose que de la vie, de la mort.  » »

2 Comme OpiumLa Difficulté d’être est un livre de cure, cure de repos après le calvaire enduré pendant le tournage de La Belle et la Bête, durant lequel Cocteau souffre notamment de plusieurs maladies de peau. Le livre est commencé à Morzine (Haute-Savoie) en février 1946, continué à Paris, achevé début juillet à Verrières-le-Buisson, chez les Vilmorin. La convalescence se poursuivra dans le Poitou à La Roche-Posay du 25 juillet au 24 août. Le livre, auquel Cocteau ajoute une belle préface écrite en mars 1947 dans la maison qu’il vient d’acheter à Milly-la-Forêt, paraît en juillet de cette année.

 

De la « Guerre des étoiles » jusqu’à l’apnée du sommeil terminale : héroïne, alcool et cocaïne

 

Bonjour

Carrie Fisher est morte le 27 décembre 2016 à Los Angeles. La célèbre actrice venait d’avoir 60 ans. Six mois plus tard de nouveaux voiles se lèvent sur les causes de sa disparition. On savait qu’elle avait été victime, le 23 décembre, d’un arrêt cardiaque à bord d’un avion parti de Londres : un accident survenu quinze minutes avant l’atterrissage à Los Angeles. Aussitôt transportée dans un service de soins intensifs de la ville elle devait y mourir sans reprendre connaissance. Jusqu’ici les causes réelles de l’arrêt cardiaque restaient « indéterminées ».

Or voici que le bureau du médecin légiste de Los Angeles vient de faire savoir que celle qui avait été rendue planétairement célèbre avec La Guerre des étoiles était morte d’apnée du sommeil. D’apnée du sommeil « et d’autres facteurs indéterminés ». C’est que l’autopsie du corps l’actrice a aussi révélé la présence d’héroïne, de cocaïne, et ecstasy dans son corps. Un rapport de médecine légale dévoilé lundi par la police américaine établit la présence dans le sang de concentrations élevées d’alcool et d’opiacés.

Dr House

Les analyses toxicologiques ont démontré « une exposition à l’héroïne » dont « les doses et le moment des prises n’ont toutefois pu être définis ». « Par conséquent nous ne pouvons pas établir le rôle joué par l’héroïne dans la cause du décès », précise le rapport des médecins légistes du comté de Los Angeles. Quel spécialiste de médecine interne, quel Dr House, pourrait établir les liens entre ces prises de toxiques multiples, une pathologie cardiaque et une apnée du sommeil ? Et pourquoi ces toxiques addictifs ?

« Ma mère s’est battue contre l’addiction aux drogues et la maladie mentale toute sa vie. Elle a fini par en mourir », a commenté la fille de Carrie Fisher, Billie Lourd, dans un communiqué au magazine spécialisé en célébrités People. Le frère de la comédienne, Todd Fisher, a quant à lui estimé que son combat avec les drogues et un trouble bipolaire « ont lentement mais sûrement mis sa santé en danger pendant de nombreuses années ».

A demain

 

Diabétiques, pour mieux vivre votre diabète, faites donc comme Bertrand Burgalat : adoptez Free-Style® de chez Abbott

Bonjour

« Paris Match » comme « Placement de Marque » ? Dans son dernier numéro (23-28 octobre) le célèbre hebdomadaire « mots et photos » consacre sa rubrique « match document » (page 129-132) au diabète – et ce à l’occasion de la sortie d’un ouvrage à paraître aux éditions Calmann-Lévy. Un ouvrage intitulé « Diabétiquement vôtre » signé Bertrand Burgalat.

A ceux qui l’ignoreraient  Bertrand Burgalat est une célébrité : « producteur, musicien, compositeur, arrangeur et chanteur français né à Bastia le 19 juillet 1963. Il a travaillé sur près de 200 disques, composé pour Marc Lavoine, arrangé Supergrass ou remixé Depeche Mode. Au cinéma il a signé les musiques de films de Valérie Lemercier ou d’Eva Ionesco. Interprète, il a publié cinq albums sous son nom, dont le dernier, Toutes Directions. »

Paris Match, Voici, Elle, Le Journal du Dimanche

On peut trouver ici l’entretien qu’il vient d’accorder à Paris Match par M. Burgalat : « Bertrand Burgalat : Mon diabète ». Bertrand Burgalat s’exprime aussi sur le même sujet dans Elle. « Bertrand Burgalat : le XXIème siècle sera diabétique ! ». Il le fait aussi dans Voici : « Bertrand Burgalat : mon combat contre le diabète ». Ou encore dans Le Journal du Dimanche : « Le diabète c’est moins sexy qu’une cirrhose du foie ». Cette liste n’est nullement exhaustive.

« Diabétiquement vôtre » est un livre de 304 pages en vente depuis le 21 octobre au prix de 17 euros. Voici ce que son éditeur en dit :

« Le diabète : un fléau qui tue plus que sida et malaria réunis. 400 millions de malades toutes catégories.
15 % des dépenses de santé en France et aux États-Unis. Depuis la découverte de l’insuline il y a près d’un siècle, peu de progrès et beaucoup d’approximations.

Pourquoi ce désastre ? Bertrand Burgalat répond à la question de façon implacable. Mêlant récit autobiographique, enquête et témoignages, Diabétiquement vôtre décrit le sucre triomphant, les sociétés submergées et les vies dévastées. Iconoclaste et rigoureux, un travail magistral, d’utilité publique ».

Comme on regarde sa montre

Faute de l’avoir lu nous ne savons pas si l’auteur fait, comme dans les entretiens qu’il donne, la promotion du Free-Style® de chez Abbott (1). Extraits de l’entretien à Paris Match :

« Après les stylos à insuline et les lecteurs de glycémie apparus dans les années 1980, pouvoir aujourd’hui mesurer son taux de sucre par un patch [des laboratoires Abbott] est probablement l’innovation la plus extraordinaire : plus besoin de se piquer au bout du doigt, on peut consulter son FreeStyle comme on regarde sa montre» (Bertrand Burgalat)

« Pendant notre entretien – plus de deux heures – Bertrand Burgalat s’est piqué deux fois. Banal. En dix secondes, tout en parlant. Il a approché un minilecteur du capteur collé sur son bras, a lu le chiffre, regardé sa courbe de la journée, sorti son stylo-injecteur et hop, dans la taille ! Il aurait même pu se piquer à travers son jean ce que les médecins ne recommandent pas. Parlons-en, des médecins ! (…) Vivre heure par heure l’œil rivé sur son pancréas. Pardon, sur son capteur ou sur ses bandelettes (pour ceux qui n’ont pas le FreeStyle de chez Abbott), avoir son lecteur de glycémie sous la main et sa seringue dans la poche (…) » (Catherine Schwaab).

Liste d’attente

« La meilleure découverte depuis quarante ans semble le patch de lecture glycémique des laboratoires Abbott, le fameux FreeStyle®. Est-il remboursé ? -Non et, pour l’acheter, il faut s’inscrire sur une liste d’attente. La prochaine livraison est en 2016 !

Mais pourquoi si tard ?- Abbott n’a pas anticipé l’achat par les diabétiques de ce -dispositif, même non remboursé. Le lecteur coûte 60 euros et le capteur pour deux semaines, 60 euros. Pas plus cher que les bandelettes de contrôle en vigueur qui, elles, sont remboursées. 

Si le dispositif avait été inventé par Sanofi, tout le monde aurait-il son capteur ?- Je l’ignore ! Ce qui est sûr, c’est que Sanofi a une puissance financière et un réseau d’influence qu’Abbott n’a pas. 

Sanofi annonce un partenariat sur le diabète avec Google. Peut-être un prélude à une lecture de sa glycémie via son portable… ou ses lunettes ? – Oui, et c’est formidable, malheureusement l’information n’apparaît pas dans les rubriques science ou santé mais dans les pages économiques des journaux. Les effets escomptés sont d’abord boursiers. 

Lantus® et bouche cousue

On observera que Bertrand Burgalat soulève deux questions à laquelle il n’apporte pas de réponse :

1 « Pourquoi  se désintéresse-t-on  d’un médicament efficace, inventé dans les années 1950 et qui coûte 3 euros la boîte, le Glucophage [Glucophage®, 4,08 € les 30 comprimés]. Qui, en plus, ne fatigue pas le pancréas » ?

2 « Pourquoi la Lantus [Lantus® des laboratoires Sanofi  62,42 € les 5 cartouches de 3ml] est-elle vendue 50 % plus cher que les insulines concurrentes, alors qu’on reconnaît officiellement aujourd’hui qu’elle ne présente aucun avantage particulier ? »

Edulcorants et bière sans alcool

L’auteur de  « Diabétiquement vôtre » traite aussi, mais à contre-courant, des édulcorants :

« Vous défendez farouchement les édulcorants artificiels…
Absolument ! Et les rumeurs lancées à leur encontre constituent un vrai scandale sanitaire. La “nocivité” des édulcorants n’est pas “faible”, elle est inexistante ! Ils empêchent d’avaler du sucre. Pour les diabétiques, les édulcorants c’est le rêve ! Après un Coca Light [Coca Light®], mon taux de sucre ne change pas, quel soulagement ! 

Certains insinuent qu’ils entretiennent le goût du sucre…
Les édulcorants ne donnent pas le goût du sucre, ils donnent le goût des édulcorants. Dirait-on à une personne atteinte de cirrhose : “Attention, la bière sans alcool donne le goût de l’alcool” ?  »

A demain

(1) Voir ici des exemples de publicités :

http://www.freestylediabete.fr/http://www.freestylediabete.fr/produits/http://www.freestylediabete.fr/nos-produits/freestyle-navigator/.

Françoise Hardy, 71 ans, parle en clair de son lymphome, de ses médecins et de sa fin

Bonjour

En 1954 ans Georges Simenon publie « Le grand Bob ». C’est un bon Simenon. Un très bon. Peut-être même un grand. Il y a un mort. Noyé.  Et, spoilons, un coupable. On explore les couches sociales. On va de Poitiers à Montparnasse et à Montmartre (la rue Lepic, déjà) – et le dimanche à Tilly. Le narrateur est un médecin. Simenon, on le sait, a toujours été en phase avec eux et, à sa façon, il l’est. C’est un généraliste.

Cancérologue et saint

« Le grand Bob » c’est aussi, c’est surtout, l’alcool, la sexualité et le cancer. Plus précisément le non-dit du cancer. « Le grand Bob » c’est aussi, un cancérologue aux airs de saint. Déjà. L’archétype du mandarin et du cancérologue. Ici ce sera un duodénum. L’opération est possible mais nul ne parle et le malade mourra prématurément de ce silence.  En 1954 c’était ainsi. On n’avait majoritairement pas compris l’importance des paroles sur les maux, sur les souffrances.  Simenon, bien sûr, avait saisi.

Soixante ans plus tard tout à bien changé. Né à Liège, Simenon est mort à Lausanne, à 86 ans. A Paris, une personnalité qui sort de «trois semaines d’inconscience avec huit jours de coma», évoque son combat contre le cancer « dans un entretien accordé à RTL depuis son lit d’hôpital ».

Idole

Aujourd’hui, Françoise Hardy, 71 ans se bat contre un lymphome. Depuis dix ans et elle le dit. Sans plus.  «L’idole des sixties», âgée de 71 ans, se bat depuis dix ans contre un lymphome, un cancer du système lymphatique. Elle avait dû interrompre la promotion de son dernier livre en mars après une chute et a ensuite été hospitalisée, son état de santé s’étant détérioré, selon la station. Elle est actuellement «en convalescence» dans une «clinique de soins» parisienne, a précisé à l’AFP son éditeur Olivier Frébourg, directeur des « Editions des Equateurs ». Après une «période pénible» en mars et avril, avec de multiples fractures (fémur, coude, épaule) à la suite de sa chute et une mise en coma artificiel, Françoise Hardy va mieux et attend désormais les premiers résultats de la chimiothérapie qu’elle est en train de suivre, a-t-il assuré.

«Quand je me suis réveillée de trois semaines d’inconscience avec huit jours de coma, je me disais: ‘’Mais j’ai fait vivre des choses épouvantables à mon fils Thomas [Dutronc] ! (…) Et donc, il y a eu un moment où les médecins ont informé Thomas que c’était la fin et qu’il fallait qu’il prévienne tout de suite son père’’ [Jacques Dutronc] », explique Françoise Hardy sur RTL. Puis, je ne sais pas ce qui a fait que finalement, je suis revenue à la vie. C’est très étrange parce qu’en même temps, je trouve qu’il y aurait eu une cohérence à ce que je meure à ce moment-là. (…) J’ai l’impression d’avoir professionnellement fait tout ce que je pouvais faire puis aussi, je ne suis pas dans un état physique qui me permet de faire quelque chose qui demande beaucoup, beaucoup d’énergie.»

Au-delà

On retrouve Françoise Hardy dans Voici. Ou encore dans Le Journal du Dimanche . Ici et là, elle redit son parcours, rappelle avoir subi «une chimio que j’ai très très bien supportée, en 2004, et j’ai quand même pu vivre à peu près normalement pendant quelques années». «Mais, petit-à-petit, mon état s’est dégradé», précise-t-elle. Elle est descendue sous les 40 kg. Et elle revit. Ecoute les médecins, divisés sur son cas.

Attend les futurs résultats, la suite du combat. Vit au jour le jour. Vivra, peut-être, dans un au-delà. Dit que, de même que Danielle Darrieux, elle a toujours « trente ans dans sa tête », même si le corps ne l’entend pas. Danielle Darrieux ? Elle approche du siècle.  On se souvient peut-être d’elle, avec Gabin, dans La Vérité sur Bébé Donge – tiré du roman de Simenon. C’était en 1952. Deux ans avant « Le grand Bob ». Françoise Madeleine Hardy avait 8 ans.

Comme avant-hier et comme hier,  sa voix est utile. Et, pour certains, essentielle.

A demain

Vus à la télé : Drs Cymès et Kierzek versus Delon. La confraternité n’est plus ce qu’elle était

Bonjour

Delon (le fils, Anthony) joue depuis peu sur TF1 dans une série médicale. Cela s’appelle  Interventions. On peut voir ici ce qu’en dit la presse spécialisée. Soit, dans un hôpital public parisien, le  Dr Romain Lucas qui exerce deux spécialités : gynécologue-obstétricien et chirurgien pédiatrique. « C’est un ponte, dont le cœur est certainement aussi grand que son talent, racontent les gazettes. Un ancien enfant de la DDASS qui a tendance à s’occuper plus de ses patientes que de sa propre compagne. C’est une tête brûlée  et le soleil du service (sic). Un soleil autour duquel gravitent l’interne brillante, la sage-femme bienveillante, l’infirmière un peu spéciale, la patronne maternelle (…)

Avec Interventions, TF1 renoue  avec le genre et trouve en Anthony Delon son nouveau chevalier blanc. Un rôle de chirurgien charismatique et rebelle qui sied à l’acteur, même si celui-ci en fait des tonnes. La série n’évite pas les clichés, en particulier celui du héros qui sauve des vies à tour de bras. Les épisodes restent cependant prenants et agréables à suivre. »

Roussi

Depuis Les hommes en blanc (André Soubiran) le médecin semble né pour feuilletonner. Il atteint, on le sait, son apogée avec Gregory House (comme nous avons tenté de le montrer sur Slate.fr). Masi avec Interventions, où est-on ? Dans les coulisses parisiennes du spectacle l’affaire sentirait, dit-on, comme le roussi.

« Tout a commencé hier avec un premier tweet de Michel Cymès, au lendemain de la diffusion de la nouvelle série de TF1, nous raconte ainsi Télé 7 Jours.  « J’ai tenu 5 mn. 5 mn d’effarement médical » écrit alors le médecin-animateur du Magazine de la santé sur France 5. Et il semblerait que dans le milieu médical, cet avis soit partagé par plusieurs praticiens. »

Couche

« Aujourd’­hui, Michel Cymès en a rajouté une couche, nous raconte Voici’Je ne voudrais pas m’achar­ner sur Inter­ven­tions, mais [Anthony Delon est] chirur­gien gynéco, obsté­tri­cien, et pédiatre. Pourquoi pas ortho­pé­diste et ophtalmo, pendant qu’on y est ! ». C’est une bonne question. Et on peut remercier le Dr Cymès de l’avoir posée. Le Dr Cymès qui est quant à lui chirurgien spécialisé en ORL, joue avec Adriana Karembeu (France 2)  et qui rêve d’une carrière d’acteur après un passage dans La Vérité si je mens 3 avant de devenir le héros d’une bande dessinée.

Télé 7 Jours a voulu aller plus loin, en interrogeant « son » médecin – par ailleurs urgentiste à l’Hôtel-Dieu (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris). « Notre docteur, Gérald Kierzek a regardé la fiction. Son diagnostic est sans appel : trop d’erreurs médicales ! « Anthony Delon incarne un chirurgien pédiatre et  gynécologue-obstétricien. Cette double spécialité, c’est impossible. Donc ça commence mal. Mais admettons… C’est une fiction ». Les séries ne peuvent jamais être le reflet exact de la réalité. Mais trop d’inexactitudes nuisent à la fiction. »

Urgences

« On voit par exemple une femme enceinte, polytraumatisée après un accident de voiture. Elle est prise en charge dans le service maternité. Ce n’est jamais le cas. Elle aurait dû être conduite aux Urgences. Tout cela n’est pas grave. Mais ces erreurs induisent de la confusion dans l’esprit des patients, explique Gérald Kierzek à Télé 7 Jours. Avec Michel Cymès et d’autres médecins, on prône la pédagogie médicale. On est des passeurs entre les médias et les gens. Or, ce genre d’erreurs est contre productive. »

Le magazine insiste : Ces approximations sont-elles une spécialité française ? « Pas si sûr à en croire notre médecin urgentiste : « Je suis toujours surpris des cas de « crise cardiaque ». Dans toutes les séries, françaises ou américaines, 80% des patients s’en sortent. Dans la vraie vie, seuls 5% survivent à un accident cardiaque. Résultat, il nous arrive souvent en intervention que les proches nous disent « Shockez-le, faites-lui un massage cardiaque comme dans la série… ». C’est difficile pour nous de leur dire que cela ne fonctionne pas comme ça. Et que tout ça ne sert à rien ». »

Béton américain

Il n’empêche que, Gérald Kierzek dixit, les séries américaines sont plus au point que chez nous. « Aux Etats-Unis, c’est béton. Il y a parfois des petits soucis de traduction, mais c’est hyper réaliste. Par exemple, Docteur House a été très utile pour notre profession. Car les gens ont compris qu’élaborer un diagnostic pouvait prendre du temps, qu’il y avait souvent plusieurs pistes à envisager… ». »

On comprend mieux, à le lire, pourquoi Le Dr Kierzek nous avait dit (sur Paris-Match et Europe 1) ne pas avoir goûté Hippocrate (le film). Pas assez rigoureux, trop invraisemblable. Insupportable. Un effarement médical dirait le Dr Cymès.

A demain