Dès demain, fin des inhumations et autres crémations : vive le «compost humain» !

Bonjour

Avant de donner l’information qui justifie le titre de ce post, quelques rappels sont nécessaires.

1 Loin des tickets de transports le « compostage » est une opération durant laquelle des déchets organiques sont dégradés dans des conditions contrôlées, en présence de l’oxygène de l’air et d’humidité – et ce par l’action conjuguée des bactéries, champignons, micro-organismes et autres macro-organismes. Le produit obtenu,  riche en éléments nutritifs, peut ensuite être intégré au sol afin de l’enrichir.  

2 Le « compost » résulte de ce processus de transformation, ayant pour origine l’humain tandis que l’humus résulte d’une transformation naturelle. Pour autant l’humus partage avec le compost beaucoup de propriétés, notamment la capacité à retenir l’eau et les nutriments. De très nombreux types de sous-produits et de déchets organiques peuvent être compostés (plus ou moins bien) : déchets de cuisine, sous-produits de jardin, déchets de maison, mais aussi certains déchets et sous-produits de l’industrie abro-alimentaire – sans parler des boues d’épuration, des fumiers ou des digestats de méthanisation.

De même que le labourage et pâturage furent longtemps les deux mamelles de la France (et qu’un binage vaut deux arrosages) compost et compostage sont deux préoccupations de notre époque écartelée obsédée par le recyclage et l’obsolescence programmée.

Solutions alternatives à l’inhumation

L’information (AFP) : les habitants de l’Etat de Washington vont désormais pouvoir être transformés en « compost humain » et retourner, ainsi, littéralement à la terre. La loi autorisant la « réduction organique naturelle » – officiellement définie comme la « conversion, accélérée et en milieu clos, de restes humains en humus » – adoptée fin avril par le Parlement local a été promulguée mardi par Jay Inslee, gouverneur démocrate de cet Etat « très progressiste ». La mesure doit entrer en vigueur en mai 2020. Jay Inslee est candidat à l’élection présidentielle de 2020 sur un programme misant beaucoup sur l’écologie.

« La recomposition offre une alternative à l’embaumement et à l’inhumation ou à la crémation, elle est naturelle, sûre, durable, et permet des économies importantes en matière d’émissions de CO2 et d’utilisation des terres », plaide Katrina Spade, 41 ans, qui a vanté la loi auprès des élus locaux. La jeune femme s’est prise de passion pour ces solutions alternatives à l’inhumation voici plus de dix ans – et elle a créé à Seattle la société « Recompose », qui a mis au point un processus de compostage humain qu’elle s’apprête à commercialiser. Pour Katrina cette nouvelle option est aussi riche de spiritualité : « L’idée de retourner à la nature de manière aussi directe et d’être placé de nouveau dans le cycle de la vie et de la mort, est en fait assez belle. »

Epine et poussière

Mais il y a une épine : en dépit de la poussière qui doit redevenir poussière, la conférence épiscopale de l’Etat de Washington a officiellement pris position contre cette loi dans une lettre transmise au Parlement local : « L’Eglise catholique croit que traiter des restes humains de cette manière ne fait pas suffisamment preuve de respect pour le corps du défunt. » Il est vrai que l’Eglise a longtemps refusé la créamtion. Avant de s’incliner.

Mais il faudra aussi compter avec la concurrence au pays du capitalisme triomphant : les entreprises de pompes funèbres n’apprécient guère. « Recompose » prévoit de facturer 5 500 dollars pour une « réduction organique », davantage que le prix moyen d’une crémation mais moins qu’un enterrement avec cercueil de qualité.

A méditer : Soleil vert (1973). « Nous sommes à New York en 2022. La métropole est devenue une mégapole de 44 millions d’habitants. 33]C. L’eau est rare. La faune et la flore ont quasiment disparu. La nourriture issue de l’agriculture également. La plupart des habitants n’ont pas les moyens d’acheter des aliments naturels, les prix étant exorbitants. Ils en sont réduits à manger des produits de synthèse, fournis par Soylent Industries, sous forme de tablettes carrées de couleur jaune, rouge ou bleue. Un nouvel aliment vient d’être lancé, le Soylent Green ; beaucoup plus nutritif, cet aliment est cher et disponible uniquement le mardi (…) ».

A demain

@jynau

En Espagne, alerte à la fièvre de Crimée-Congo (après une balade dans la campagne)

Bonjour

La France ne l’apprend que maintenant : un homme de 62 ans est décédé le 25 août dans un hôpital madrilène. Diagnostic confirmé : fièvre de Crimée-Congo. Le scénario mortel a été reconstitué : la victime avait été piquée par une tique lors  d’une promenade en campagne dans la province de Castille-et-Leon. La mort est la conséquence d’une insuffisance hépatique aiguë .

Les autorités sanitaires madrilènes ont précisé que le 26 août, une infirmière du service de soins intensifs dans lequel le patient avait été admis a, elle aussi, été infectée. Son état était considérée comme stable mais elle est toujours à l’isolement en soins intensifs.

Par décision sanitaire régionale, près de deux cents  personnes en contact avec les deux malades sont actuellement sous surveillance. On retrouve là les  bases du protocole Ebola adopté en Espagne en 2015. Il s’agit majoritairement de personnel des hôpitaux (une centaine soignants) et de proches. « Il ne faut pas penser que toutes les piqûres 1 de tiques en Espagne vont désormais transmettre cette affection » rassurent les autorités sanitaires.

Tiques vectrices

Certes, mais des tiques peuvent être vectrices. Les plus repérables sont ici les femelles adultes nourries, ou en train de se gorger de sang, car bien plus grosses que lors des autres stades du développement ce ces arachnides acariens décrit pour la première fois par William Elford Leach il y a précisément deux cents ans.

Il faut désormais revoir ses classiques d’infectieuses exotiques. Aujourd’hui la « fièvre hémorragique de Crimée-Congo » (OMS). Et sa progression à nos frontières : « La fièvre hémorragique de Crimée-Congo est en recrudescence en Europe orientale ».

Remarquablement exhaustif le site Medscape France (Dr Isabelle Catala) nous explique que cette fièvre hémorragique est vraisemblablement arrivée en Espagne via des importations d’animaux vraisemblablement. En 2010, le centre de référence espagnol des Rickettsioses  avait déjàrapporté la présence du virus de la fièvre Crimée-Congo chez des tiques.

Transmissions interhumaines

Un protocole de recherche mené entre 2013 et 2015 concluait d’ailleurs, « les tiques du genre Hyalomma qui ont la particularité de migrer facilement, contiennent du matériel génétique de la fièvre Congo-Crimée dans la péninsule ibérique. Le potentiel d’émergence en Espagne est important. Un système de vigilance active est nécessaire. ».

Rappelons donc que la fièvre de Crimée-Congo se transmet par les tiques et les animaux d’élevage (bovins, moutons, chèvres), que les transmissions interhumaines sont rares, qu’elles sont dues à un Nairovirus de la famille des Bunyaviridae.  Et que cette pathologie est endémique en Afrique, dans les Balkans, au Moyen Orient et en Asie.

Piqûre de tique, cinq à six jours, fièvre, myalgies, vertiges, raideur de la nuque, céphalées, photophobie, nausées,  diarrhées, douleurs abdominales. Puis signes neurologiques et hépatomégalie. Mortalité (une fois sur trois) d’insuffisance hépatique ou rénale. Aucun vaccin.

A demain

1 La pique pique-t-elle ou mord-t-elle ? C’est un peu plus sophistiqué et le film d’horreur est à portée de clavier. Ainsi Wikipédia :

« Après avoir trouvé une proie et s’y être accrochée, la tique chemine lentement sur la peau (de quelques minutes à « plusieurs heures parfois) pour trouver un emplacement qui lui convient. De fines griffes lui permettent de se stabiliser sur l’épiderme (ces griffes sont plus puissantes chez la larve qui a besoin de s’ancrer pour pouvoir percer la peau). La tique coupe la peau grâce à des chélicères extériorisables (cachées au repos dans une gaine protectrice) qu’elle enfonce peu à peu ainsi que l’hypostome, aidé par la sécrétion d’enzymes salivaires (protéases) qui provoquent une cytolyse. Au bout de son rostre se forme alors une poche ou chambre de cytolyse.

« Cette opération, sous l’effet de substances salivaires anesthésiantes, se fait sans douleur pour l’hôte. La tique en quelques heures a ainsi enfoncé tout son rostre. Elle parfait son ancrage par la sécrétion d’une substance, sorte de colle biologique dite « cément » (ou « manchon hyalin ») ; cette colle la fixe très fortement au derme. Ainsi fixée, elle peut alors, pendant toute la durée de son repas, alternativement aspirer le sang et réinjecter de la salive de manière à agrandir la poche ainsi creusée sous la peau jusqu’à ce que cette poche atteigne un ou plusieurs microcapillaires sanguins, qui crèveront et l’alimenteront directement en sang.

« Durant ce temps, la tique injecte un cocktail de molécules qui affaiblissent localement l’immunité de l’hôte et insensibilisent le système nerveux (ce qui ne fonctionne plus chez des organismes dont le système immunitaire a été sensibilisé, rendu allergique en quelque sorte, à ces molécules). La tique dispose aussi de moyens de détecter et tuer une partie des bactéries pathogènes qu’elle ingère lors de son repas, via des lysozymes présents dans sa salive, notamment. »

Crash: Andreas Lubitz, les vertiges du suicide chez un copilote angoissé

Bonjour

« Le suicide est  l’action de celui qui se tue lui-même». Littré le dit, qui ne se trompe jamais. Que dire, alors, de celui qui se tue en entraînant dans la mort cent quarante-neuf personnes ? Question qui s’ouvre sur le vide des vivants. Nous sommes ici aux antipodes du suicide altruiste. Où l’on retrouve, bras dessus  bras dessous, la mort et la folie.

Rhénanie-Palatinat

A l’heure où nous écrivons ces lignes des enquêteurs, dans l’ouest de l’Allemagne, effectuent des perquisitions aux deux domiciles d’Andreas Lubitz, 28 ans. Andreas habitait encore, parfois, chez ses parents, petit pavillon allemand de Montabaur (Rhénanie-Palatinat). Que trouveront-ils, ces enquêteurs, dans les chambres de cet homme ? (1)

Une image d’Andreas Lubitz fait le tour du monde et la Une de tous les quotidiens. Assis, romantique, sur la rive d’un fleuve, souriant aux anges. Où est-il ? Que veut-il nous dire ? Veut-il dire ? Prendra-t-il, dans quelques minutes, le célèbre pont auquel il tourne le dos ? Quel est son Eldorado ? Y a-t-il quelqu’un  derrière l’appareil photo ? Cette photo est celle de sa PageFacebook. Celle qu’il voulait donner de lui au monde ? « On » a désactivé sa page. Elle est partout.

Donner la mort

Les médias disent déjà tout de lui. Ou presque, comme la BBC. De même que Wikipedia engrange et engrange tout ce qui s’écrit sur la catastrophe. Comme les voisins qui, comme toujours, ne parlent que de la surface visible des choses. Un jeune homme sportif, « très compétent », serviable, qui avait toujours rêvé de voler, un jeune homme   apparemment sans histoires. Et puis la boucle qui nous dit l’exact contraire : un copilote qui refuse d’ouvrir la porte de la cabine de pilotage au commandant de bord de retour des toilettes, un fou qui actionne les commandes activant la descente de l’appareil, un malade qui inverse le sens de sa vie, qui ne rêve plus de voler, qui donne la mort en percutant les Alpes.

« Il n’avait aucune raison d’empêcher le commandant de bord de revenir dans la cabine de pilotage », a expliqué au monde entier le procureur de la République de Marseille. « Il a volontairement permis la chute de l’avion » a –t-il insisté. « Il était vivant au moment de l’impact » a-t-il encore ajouté. La preuve : « on l’entend respirer ». La vie comme une oxygénation forcée est une définition donnée par un romantique allemand.

Raison raisonnante

Qu’en sait-il, le procureur de la République française ? Que sait-il de des raisons qui ont conduit Andreas Lubitz à s’emmurer en plein vol ? Que sait-il de l’exercice de la volonté de cet homme qui respire encore ? Et que nous diront les experts psychiatres à qui la justice demandera de dire la vérité psychiatrique, cette traduction d’un langage inaudible à la raison raisonnante des procureurs  ?

Die Leiden des jungen Werthers. On sait, au moins depuis Goethe que le suicide n’est pas tout, que sa mise en scène est peut-être l’essentiel pour ceux qui restent et qui ne peuvent faire autre chose que vouloir comprendre ?

Fièvre de Werther

On connaît la trame et la tragédie de Werther,  jeune homme qui se promène dans la nature pour la dessiner car il se croit artiste, qui est invité à un bal au cours duquel il rencontre une jeune femme prénommée Charlotte,  engagée à Albert et dont il tombe immédiatement amoureux. On connaît la fin.

La Nature, l’Amour, la Mort. Le romantisme en Allemagne, une réinvention de la tragédie grecque, une fureur contagieuse de l’autre côté du Rhin puis dans cette Europe qui attendait la Révolution française. Ce sera la « fièvre de Werther » Des femmes se retrouvaient en Charlotte, des hommes en Werther : costumes jaune et bleu, comme la tenue de bal de Werther, robes roses et blanches, comme Charlotte. Et suicides en chaîne.

Au-delà de l’entendement

Andreas Lubitz, 28 ans,  avait commencé à travailler en septembre 2013 pour Germanwings, filiale low cost de Lufthansa. Il  n’avait à son actif  que 630 heures de vol, n’était « pas répertorié comme terroriste » selon les autorités allemandes.  Aucun amour connu.  On évoque un burn out, un épisode dépressif, un passage à vide. La Lufthansa le savait. La Lufthansa n’en a rien fait. On entend, déjà, dans l’ombre, les assureurs et les avocats.

« Cette tragédie prend une dimension totalement inconcevable, a réagi la chancelière Angela Merkel dans une courte déclaration à la presse. Cela va au-delà de l’entendement. » C’est très exactement cela.

« Un désespéré narcissique qui aurait prémédité son acte insensé au point d’emporter avec lui dans la mort 144 passagers et cinq membres d’équipage ? Un déséquilibré dont les troubles de la personnalité n’avaient pas été détectés ? Ou un homme ordinaire victime d’un coup de folie soudain ? » interroge, ce matin, Libération (Pierre Alonso, Eric Favereau, Jean-Christophe Féraud et Nathalie Versieux). Pour tenter d’éclairer la part d’ombre du copilote le quotidien a interrogé un sachant des inconscients. 

L’ombre de « Moloch » ?

«Quand on se suicide, c’est dans l’immense majorité des cas en solitaire, note Daniel Zagury, expert auprès des tribunaux et psychiatre des hôpitaux. Mais il y a aussi des suicides dans une sorte d’apothéose, pour marquer l’histoire : la personne va tuer massivement. Ce n’est pas de la haine contre un sujet, mais une haine indifférenciée. C’est cela, l’indifférence absolue au sort d’autrui.»

Libération : Mais la dépression, si dépression il y avait, peut-elle conduire à transformer un jeune homme en Moloch ?

«Une dépression mélancolique, cela se voit. La personne est ralentie, triste, elle parle peu, tout le monde le constate. On n’est probablement pas dans ce cas-là»,suggère Daniel Zagury, qui suspecte «des processus psychiques beaucoup plus masqués». Sans se risquer plus avant. Pour lui, le passage à l’acte peut être lié «à des facteurs conjoncturels que l’on découvrira plus tard». Mais même dans ce cas, «dans le fond, il y a quelque chose de très secret, clivé, ancien, masqué aux autres». Quand à la crise passagère, le psychiatre n’y croit pas: «On imagine une détermination absolue, et cela ne renvoie pas un acte impulsif du moment : l’ensemble de ses forces psychiques ont été mobilisées sur cette action.» Alors peut-être Andreas Lubitz était-il «déjà mort dans sa tête».

Club de vol à voile

Mort dans sa tête, mais respirant toujours, au-dessus du massif de l’Estrop, entre Digne-les-Bains et Barcelonnette. « Comme une volonté de détruire l’avion » dira le procureur de Marseille. C’est un peu réducteur.

Le site Internet du club de vol à voile d’Andreas avait déploré sa mort dans un communiqué publié avant les révélations du procureur de la République de Marseille. Il précisait qu’il était « membre depuis de longues années » de l’association. « Andreas est devenu membre du club pour accomplir son rêve de voler. Il a accompli son rêve, un rêve qu’il a payé chèrement, de sa vie. » Et cent quarante-neuf personnes avec lui.

A demain

(1) Aux dernières nouvelles (Der Spiegel et la BBC) la police allemande aurait retrouvé des preuves qu’il souffrait de maladie mentale. Selon Bild, à l’époque où sa formation a été interrompue, il souffrait  de « dépressions » et de « crises d’angoisse ». Un psychologue doit consulter ce vendredi 27 mars les documents des autorités de supervision du transport aérien, affirme encore le quotidien allemand. Ils seront ensuite récupérés par les autorités judiciaires allemandes, qui doivent les transmettre aux enquêteurs français, selon la même source.

Ebola : « ZMapp », anticorps monoclonal extrait du tabac expérimenté sur les deux premiers malades américains

Bonjour

Spectaculaire, l’information vient d’être donnée par la BBC , peu après CNN . Sans oublier l’International Business Times. Ou encore par Business Insider qui parle de « serum secret ». De même que le Los Angeles Times Tous les projecteurs médiatiques grand public vont donc rapidement se tourner vers « ZMapp ». Avec les conséquences économiques, politiques et éthiques que l’on peut imaginer.

Armée américaine

« ZMapp » ? Il s’agit d’une molécule expérimentale, propriété de  Mapp Biopharmaceutical Inc., une société de San Diego créée il y a dix ans. Cette molécule  a été développée dans le cadre d’un programme de recherche soutenu par l’armée américaine. « ZMapp »  est considérée comme un  traitement potentiel de l’infection par Ebola mais n’avait  encore jamais été testé sur l’homme. Ses concepteurs-développeurs sont Larry Zeitlin et Kevin Whaley.

D’autres molécules expérimentales  avaient été testées ces dernières années, dont une développée par Tekmira Pharmaceuticals Corporation, une société de Colombie britannique dont les actions ont grimpé de 30% ces cinq derniers jours. L’attitude de la FDA quant à l’expérimentation sur l’homme et en urgence de « ZMapp » reste à préciser. Tekmira venait précisément d’obtenir  l’autorisation officielle pour un essai de phase I.

Extrait du tabac

« Zmapp » ? Tout ou presque est déjà sur Wikipédia (voir là). A savoir un anticorps monoclonal « humanisé » doté de propriétés antivirales de nature à conférer une protection contre l’infection par le virus Ebola. Il n’avait jusqu’à présent été testé que sur des animaux de laboratoire (publication de 2011 et publication de 2012). Son principe actif est élaboré à partir d’un extrait du tabac (Nicotiana tabacum), une plante qui doit naturellement se défendre contre diverses infections virales.

Après des essais relativement concluants chez quelques singes les autorités sanitaires ont, urgence aidant, décidé de traiter avec le « ZMapp » le Dr Kent Brantly, médecin américain contaminé par le virus Ebola au Libéria et qui vient d’être rapatrié dans hôpital d’Atlanta.

Amélioration spectaculaire ?

L’administration de ZMapp (par voie intraveineuse) au Libéria aurait été suivie d’une amélioration spectaculaire de son état, et ce alors même qu’il commençait à souffrir d’une insuffisance respiratoire.  Et c’est cette amélioration qui expliquerait son arrivée « sur ses deux pieds » à Atlanta. D’autres sont plus septiques quant au rôle joué par « ZMapp ».

Il en irait de même, selon les mêmes sources, pour Nancy Writebol, une aide-soignante américaine contaminée au même moment que le Dr Brantly et qui est attendue sous peu aux Etats-Unis.

A demain

Une version de ce texte a été initialement publiée sur Slate.fr

« Si tu n’as rien à cacher, pourquoi avoir peur d’être écouté ? » (« 1984 », trente ans après)

Bonjour

2014-03-21

1 Morale :

Benoît Hamon, ministre (socialiste). BFM-TV

http://www.dailymotion.com/video/x1hz604_benoit-hamon-il-n-y-a-pas-de-probleme-a-etre-ecoute_news

2  Culture générale :

Nicolas Sarkozy, ancien président de la République française, membre (démissionnaire) du Conseil constitutionnel de France. Le Figaro.

« Ce que je veux dire aux Français »

3 Culture historique :

La Stasi, (ministère de la Sécurité d’Etat) – Wikipédia

Ministerium für Staatssicherheit

4 Culture juridique :

Le secret de l’instruction –  la Loi

Art. 11 code de procédure pénale : Sauf dans le cas où la loi en dispose autrement et sans préjudice des droits de la défense, la procédure au cours de l’enquête et de l’instruction est secrète. Toute personne qui concourt à cette procédure est tenue au secret professionnel dans les conditions et sous les peines des articles 226-13 et 226-14 du code pénal. Toutefois, afin d’éviter la propagation d’informations parcellaires ou inexactes ou pour mettre fin à un trouble à l’ordre public, le procureur de la République peut, d’office et à la demande de la juridiction d’instruction ou des parties, rendre publics des éléments objectifs tirés de la procédure ne comportant aucune appréciation sur le bien-fondé des charges retenues contre les personnes mises en cause.

5 Culture cinématographique :

La vie des autres. Wikipédia

Das Leben der Anderen

6 Optionnel 1 (Orwell) :

Roman et littérature (Novlangue)

7 Optionnel 2 (Hamon)

http://www.dailymotion.com/video/x1hz604_benoit-hamon-il-n-y-a-pas-de-probleme-a-etre-ecoute_news

A demain

PS. Réécouter Le pouvoir des fleurs (1992)

Le steak était presque vivant

In vitro, la nouvelle viande est arrivée. Elle est issue de cellules souches bovines adultes. Les amis des bêtes applaudissent. Plus d’élevage, plus d’abattage: partant, plus de souffrance. Que diraient-ils s’il avait fallu détruire un embryon de veau ?

Cela se passait hier à Londres. Et voici ce qu’en a dit la BBC (section science et environnement). De ce côté-ci de la Manche ce fut nettement plus superficiel. On a perçu l’affaire comme une sorte de galéjade d’Europe du nord. Derrière les rires hystériques des studios pointait un peu d’angoisse. C’est bien le moins quand un tremblement de terre s’annonce. Pour le reste, comme souvent, le superficiel l’emporta. Comme souvent l’insignifiant.  Les foules en retiendront l’image d’un « burger » qui n’en était pas un. Mais qu’est qu’un « burger » (1) ? Depuis l’affaire (anglaise…) de la vache folle et l’entrée dans les coulisses de l’agro-alimentaire on sait ce qu’il peut en être. Dans la carcasse tout n’est pas bon mais tout peut devenir mangeable – il suffit pour cela d’un peu d’imagination, d’un centrifugeur et de congélateurs. La grande distribution et l’aveuglement induit par la publicité feront le reste.

Le mythe avant la thérapeutique

Burger in vitro ont répété les gazettes du monde entier. Burger in vitro on retiendra. Burger in vitro pour ne pas dire in vivo. Superbe opération planétaire de communication à l’œil. Tous les médias l’ont goûté – et le fabricant tout particulièrement. Ainsi donc les dés sont jetés : avant-même d’être une thérapeutique les cellules souches sont sur la table –elles prennent  la dimension du mythe.

Le lundi 5 août, à Londres on avait (pourquoi ?) invité Hanni Rützler. Hanni Rützler est une nutritionniste autrichienne professant l’écologie aux Etats-Unis. A Londres Mme Rützler a eu ce mot historique : « La consistance est bonne, pas molle. Ça tient en bouche. Il n’est pas aussi juteux que ce que j’attendais ». On ne sait pas qu’elles étaient les attentes de la nutritionniste autrichienne en matière de tenue en bouche, de consistance et de caractère juteux. Et sans soute ne le saura-t-on jamais. Tout comme on ne connaîtra (sans doute) jamais les conditions de cet essai qui n’était ni randomisé ni en double aveugle. Tout juste saura-t-on que le spectacle avait été financé par Sergeï Brin, l’un des fondateurs de Google. Et que le burger in vitro (140 grammes) aurait nécessité trois mois de fabrication et 250 000 euros –  et qu’il était l’œuvre d’un certain Mark Post, spécialiste de physiologie vasculaire à l’université de Maastricht. Désormais célébrité assurée.

Boucherie virtuelle

L’argumentaire développement durable était au rendez-vous : pour le chercheur néerlandais cette technologie de boucherie virtuelle est un moyen de répondre aux besoins croissants en viande d’une population également croissante (besoins doublés d’ici 2050).  Viandes in vitro à volonté  sans les inconvénients de l’élevage intensif, ses émissions de gaz à effet de serre, ses  polluants chimiques, ses abattoirs inhumains, ses escalopes de veau trop tôt séparés de leur mère. Sans oublier que les cellules souches ne sauraient se limiter au bovin. Le mouton, la chèvre et le cheval bien sûr. Mais aussi l’antilope, le faisan, le marcassin en terrine, la marmotte en civet. Et tous les poissons de la création. Et peut-être même l’escargot au beurre d’ail, la tortue en soupe.

On plaisante ? Rien n’est moins sûr. Pour l’heure les experts font la fine bouche. De la viande ce burger in vitro ? Allons donc, il ne s’agit que de muscles ! Et encore. Manquent à l’appel le gras de Salers, le persillé de l’Aubrac, le sang qui fait saliver les amateurs. Tout ce que la médecine castratrice interdit. « La viande consommée est aussi le résultat de l’action d’enzymes qui attendrissent les muscles après l’abattage »  rappelle, cité par Le Monde Jean-François Hocquette. M. Hocquette est directeur de recherches (croissance et métabolisme du muscle) à  l’Institut national de la recherche agronomique. L’Inra dont on aurait presque oublié qu’il créée des animaux d’élevage par clonage et se refuse à les commercialiser pour la boucherie.

Manger de la viande sans faire souffrir ?

A Londres, le burger de Mark Post avait été élaboré à partir de cellules souches prélevées dans le muscle de l’épaule d’un bovin bien vivant et qu’il n’a pas fallu abattre (du moins abattre pour cela). Ces cellules furent ensuite sont cultivées, multipliées à l’infini sou formes de fibres qui furent ensuite assemblées. Le tous saupoudré de facteurs de croissance, d’antibiotiques et nourri aux sérums d’origine animale.

On peut voir quelque chose de troublant, voire de cocasse dans le fait  que ce type de tentative peut être financé  par des associations de protection des animaux comme la puissante PETA. « Pour les végétariens, la piste peut sembler intéressante, car elle permet de continuer à manger de la viande sans la souffrance animale et les problèmes environnementaux. Mais ne plus consommer de viande reste moins cher et plus simple. Et des produits simili-carnés à base de végétaux imitent déjà le goût et la texture de la viande » explique  Aurelia Greff, porte-parole de l’Association végétarienne de France – elle aussi citée par Le Monde.

Le porc de Coluche

« L’avenir du bœuf hors sol est peut-être déjà tranché » sourit Le Monde entre ses lignes. Est-ce seulement l’avenir trop humain de ce bovin qui est ici tranché ? Et celui des bouchers-charcutiers ?  Ne serait-ce pas plutôt la nécessité même de tuer pour se nourrir de viande qui est ici en jeu ? Question : la chair qui ne résulte pas de la mort est-elle encore de la viande ? Y –t-il une différence autre que symbolique entre un burger in vitro et un burger de soja ? Allons-nous désormais dévorer du symbole ? A dire vrai cela ne serait pas vraiment nouveau. Et quel intérêt a la viande si on l’obtient sans sacrifice ?

Coluche avait expliqué un jour que l’on pouvait manger de la viande sans tuer les animaux. Prenant l’exemple du jambon il faisait valoir que l’ablation d’une cuisse ne nécessitait nullement l’abattage du cochon. Coluche était un humoriste français  mort en juin 1986. C’était avant que les médias parlent des cellules souches. C’était précisément au moment où le prion pathologique de la vache folle émergeait. Dans la verte campagne anglaise. Il y a vingt-sept ans.

(1) Est comme chacun sait une aphérèse de hamburger. Le Larousse de la Toile est bien pauvre : « Sorte de sandwich rond, produit de base de la restauration rapide. (On distingue les hamburgers, les fishburgers, etc.) ». Comment, il est vrai, lutter avec Wikipédia [ hamburger ] et sa luxuriante culture gratuite à une portée de clic ?

 

 

Gustave Roussy : l’Institut a vécu

La volonté de changement visuel  quel qu’en soit le prix. Soit. Le jargon de la politique de la communication. Soit. Serait-ce une raison pour oublier l’origine de son nom ?   

Désormais sans trait d’union. « Nouvelle dénomination, nouvelle identité visuelle, nouvelle signature : Gustave Roussy présente sa nouvelle identité visuelle ». C’est sur le site de ce que l’on connut longtemps comme étant « l’IGR », ou « Villejuif ». Et, surtout, « Institut Gustave Roussy ». Le temple éclairé sur la colline quand, en taxi, on quittait Le Monde et Paris pour Orly et des reportages merveilleux.

 

On fera donc une croix sur la nostalgie et on dira Gustave Roussy. Sans trait d’union. Toilettage, ripolinage, lessive de printemps, grandes manœuvres dans le Grand Paris qui tarde toujours ? Comment savoir ? On ne nous répond pas mais on communique. Sur le site :

Institution leader en Europe et pôle d’expertise global entièrement voué aux patients, Gustave Roussy réaffirme, à cette occasion, sa personnalité et ses missions : celles d’un centre aux valeurs d’humanisme ; aux fortes synergies entre médecins, soignants, chercheurs, enseignants, associations de patients, personnels administratifs, donateurs ; et aux ambitions internationales.

Une nouvelle identité visuelle

Mieux, on nous parle en couleurs. A la différence de l’Institut Curie (on peut dire Curie) et de ses jonquilles point n’est besoin, ici,  de connaître ici le langage des fleurs. avec Des couleurs symbolisant les grandes missions

La nouvelle identité visuelle de Gustave Roussy se décline en cinq couleurs. Et ces cinq couleurs  expriment les grandes unités de l’institution :

  • Le gris taupé (gris taupe ?) pour l’institutionnel ;
  • Le bleu pour le soin et l’Hôpital universitaire ;
  • Le vert pour la Recherche ;
  • L’orange pour l’enseignement à travers l’Ecole des Sciences du Cancer ;
  • Le fushia  (fuschia ? ) pour la collecte de fonds sous ses différentes formes.

Une marque unique

« Ensemble, elles contribuent à créer une marque unique, consistante et dynamique qui exprime ses valeurs forces : créativité, partage, énergie et bienveillance ». L’ensemble de ces cinq couleurs est-il harmonieux ? L’affaire peut se discuter. Et se discutera.

« Gustave Roussy est désormais l’unique dénomination de l’Institut, en lieu et place des différentes appellations existantes (IGR, “Villejuif”, Institut de Cancérologie Gustave Roussy…). Ce recentrage, autour du nom de son fondateur, un pionnier visionnaire initiateur de la cancérologie moderne, est une manière de mieux se réinscrire dans son histoire et aborder le futur avec énergie. »

Marque Gustave Roussy et signature Cancer Campus sans oublier la mention Grand Paris.  Une impression d’éclatement ? Nullement puisque « Gustave Roussy » (sans trait d’union) est un recentrage autour du nom de son fondateur «  un pionnier visionnaire initiateur de la cancérologie moderne, est une manière de mieux se réinscrire dans son histoire et aborder le futur avec énergie ».

Serait-ce aussi simple ?

Gustave Roussy (Vevey 1874 , Paris 1948). A Villejuif lui succédèrent  René Huguenin, Pierre Denoix, Yves Cachin, Maurice Tubiana, Robert Flamant,Thomas Tursz et (depuis 2010) Alexander Eggermont. Sa vie ne fut pas des plus simples. Elle se termina en tragédie. Ce franco-suisse issu d’une famille calviniste ayant fuit les Cévennes après la révocation de l’édit de Nantes était le petit-fils du fondateur de l’empire Nestlé.

Dans les années 1920, sur les hauteurs de Villejuif, aux portes de Paris, une suite de bidonvilles où survivent les marginaux, pauvres, et émigrés. C’est là que Gustave Roussy crée au sein de l’hôpital Paul-Brousse « le premier centre anticancéreux de la banlieue parisienne ». La suite est connue ; du moins l’est-elle par ceux qui ne se satisfont pas des logos, des marques et du gris taupe pour l’institutionnel.

Au début de 1947, Gustave Roussy est appelé à siéger au Conseil des ministres. Quelques mois plus tard, il est accusé par les services du ministère des Finances de « transport illicite d’argent entre la France et la Suisse ». Il est contraint à la démission de ses fonctions rectorales et ministérielles. Une campagne de presse (plus tard qualifiée de « calomniatrice » et d’ « humiliante ») se développe ; une campagne de calomnies et de propos mensongers sur l’origine de sa fortune se développe alors, fondée sur la base de jalousies et rivalités politiques. Gustave Roussy ne peut la supporter, il cherche à s’empoisonner. En vain. Un non-lieu est prononcé en mai 1948. Un non-lieu ? Gustave Roussy se donne la mort, le 30 septembre 1948. En s’ouvrant les veines. Avec succès.

Reportage à Wikipédia

René Leriche, qui savait ce que douleur veut dire : « On ne saurait arriver si haut ni avoir une si grosse fortune sans avoir d’ennemis ». S’intéresser à Gustave Roussy c’est, faute d’archives et loin de Villejuif, partir en reportage à  Wikipédia :

« Le Garde des Sceaux André Marie, ne voulant pas avouer l’erreur du gouvernement, refusera de reconnaître ce non-lieu et la réhabilitation de Gustave Roussy ne fut prononcée que deux ans plus tard par décret du 1 avril 1950 signé par le Président du Conseil Georges Bidault qui en consacra la réalité en faisant de l’Institut du cancer de Villejuif  l’Institut Gustave-Roussy pour garder en mémoire le rôle qu’avait joué ce grand homme dans l’histoire de la lutte contre le cancer. »

Il ne serait peut-être bon que les responsables du  nouveau nom sans trait d’union n’enterrent pas tout cela. Et le fassent savoir à ceux qui l’ignorent. A compter du 30 septembre 2013 ? Soixante-cinq ans plus tard.