Marisol Touraine aimerait que Macron se souvienne qu’elle appelle à voter pour lui

Bonjour

La ministre partante de la Santé n’avait pas encore parlé. Et puis, quelques minutes après les résultats du premier tour de l’élection présidentielle elle a tweeté : « J’appelle les Français à voter massivement en faveur d’Emmanuel Macron le 7 mai prochain ».

Comme tant d’autres et sans surprise, face à Marine Le Pen, elle justifie son choix. Défendre « nos valeurs démocratiques » et œuvrer pour « l’avenir de la France ». « L’enjeu, ce n’est pas seulement que Emmanuel Macron l’emporte et que Marine Le Pen soit battue, mais c’est qu’elle soit battue le plus largement possible », a insisté la ministre sur France Info.

Loches, cages mouvantes

On observera que Marisol Touraine ne pose aucune condition à son soutien au candidat d’ « En Marche ! ». Pouvait-elle faire autrement ? Pour autant elle lui lance un étrange appel. S’il devait l’emporter au second tour « Emmanuel Macron devra se souvenir que c’est grâce à un large rassemblement qu’il aura pu devenir président de la République ». Elle lui demande aussi d’entendre les voix des « hommes et les femmes de gauche, socialistes, réformistes, progressistes ». Pourquoi ne les entendrait-il pas ?

On connaît la violence extrême qui prévaut, parfois, dans les arènes politiques. Emmanuel Macron se souviendra-t-il de celle qui, aujourd’hui, se prépare à retourner sur le terrain de son ancien « fief électoral » : la 3ème circonscription d’Indre-et-Loire. Centrée sur Loches qui a préféré Fillon. Loches et les terribles cages mouvantes de Louis XI où souffrit durablement Jean de la Balue. Souvenons-nous. Carrière fulgurante. Déchéance. Et retour en grâce en fin de carrière.

A demain

Il faut obtenir d’Emmanuel Macron qu’il nous dise ce que sera sa lutte contre les addictions

 

Bonjour

Le temps politique s’accélère dans un paysage français pour partie recomposé. Cartes rebattues mais règles inchangées. Un nouveau joueur remporte la première mise. Les anciens attendent la future donne. Quant aux buralistes français, ils rafraîchissent leur mémoire avant de retourner dans l’isoloir.  Face au fléau du tabagisme, quelles ont été, jusqu’à maintenant, les positions d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen ? Résumé.

 Emmanuel Macron 

« J’ai annoncé mon souhait d’augmenter rapidement le prix du paquet de cigarettes pour le porter à 10 euros. Je souhaite travailler à une harmonisation européenne, de façon à limiter l’impact de la contrebande, ce qui permettra ensuite d’aller au-delà de ces 10 euros ».

 « Nous ferons de la lutte contre le tabagisme une priorité absolue, avec un objectif clair : la génération à naître doit être une génération sans tabac, la France peut faire aussi bien que l’Australie et être aussi ambitieuse que la Finlande. Nous conduirons une politique ambitieuse et volontariste de lutte contre ce tueur numéro 1, cause principale de la mortalité prématurée évitable.

« Une politique de promotion et d’éducation à la santé, notamment dans les établissements scolaires, pour que les jeunes comprennent pourquoi et par quels mécanismes le tabac peut tuer.  Le paquet neutre est en cela une étape majeure dont nous suivrons les effets avec attention ».

 Marine Le Pen 

« Nous n’avons pas l’intention d’augmenter brutalement et drastiquement le prix du paquet de cigarettes. La majorité des personnes dépendantes au tabac sont des personnes en situation précaire : une augmentation de prix ne changerait pas forcément leur consommation de tabac mais aurait un impact négatif sur d’autres postes de dépense, comme l’alimentation ».

« Nous souhaitons mettre en place des politiques dissuasives qui ne soient pas fondées sur l’augmentation des prix. Les mesures antitabac ne doivent pas s’appliquer aveuglement et doivent faire l’objet d’une évaluation préalable, notamment en rapport avec les expériences internationales afin de pointer les bons ou les mauvais points pour adapter les dispositifs. Cependant, je ne reviendrai pas sur le paquet neutre qui est une mesure de santé publique qui s’impose ».

Futur ministre de la Santé

Il faut désormais garder tout cela en mémoire. Mais il faut surtout aller plus loin, comme vient de le professer William Lowenstein, président de SOS Addictions. Dépasser le tabac pour englober l’ensemble des addictions, définir, élaborer, structurer une politique cohérente et novatrice de réduction des risques vis-à-vis du tabac, de l’alcool et du cannabis. Or sur ces deux derniers sujets les positions d’ores et déjà exprimées par Emmanuel Macron soulèvent bien des questions sanitaires.

Lendemain du premier tour de l’élection présidentielle. Il n’est pas trop tard pour politiser ce sujet essentiel.  Le nom du praticien hospitalier-député, 37 ans, probable ministre de la Santé de celui qui est déjà annoncé président de la République commence à circuler. Le temps politique s’accélère dans un paysage français pour partie recomposé. Il n’est pas encore interdit d’espérer.

A demain

Ethique et politique : les non-dits du futur Président à propos de la « PMA pour toutes »

 

Bonjour

Déjà Président ? Désormais tous les mots seront pesés. Ceux à venir, ceux du passé. Il avait (avec quelques approximations) déjà dit sa volonté concernant la procréation médicalement assistée – tout en se protégeant derrière l’avis (à venir) du Comité national d’éthique – avis qui précédera la révision (prévue pour 2018) de la loi de bioéthique.

Peu avant le sacre annoncé il se confiait, sur le même sujet, à Marie Claire. « Toutes les configurations familiales ont droit à une égale considération » avait-il déjà fait savoir au début de cette année. Des propos alors en opposition apparente avec ceux qu’il avait tenus sur « l’humiliation » vécue par les opposants au « mariage pour tous » en 2013.  « Il est favorable à l’ouverture de la procréation médicalement assistée pour les femmes seules et les couples de femmes », avait alors confié son entourage au Figaro, confirmant une information d’iTélé.

Solidarité nationale

 Marie-Claire lui demande : « Etes-vous favorable à la PMA pour toutes ? ». Emmanuel Macron répond : « J’y suis favorable. Il n’y a pas de raisons éthiques ni politiques pour fermer la PMA ».  Pas un mot de plus. Pas un mot de moins.

Aucune raison éthique ? Aucune raison politique ? Vraiment ? Nous n’en saurons pas plus sur l’argumentaire qui sous-tend l’ouverture à laquelle le futur Président se dit favorable. Ni sur les innombrables difficultés qui surgiront au moment de la question, majeure, du financement par la solidarité nationale d’une pratique ouverte et qui, à ce titre, ne pourra plus être considérée comme une thérapeutique de la stérilité.

On sait qu’Emmanuel Macron sera, demain, opposé à Marine Le Pen. Cette dernière a refusé de répondre aux questions de Marie-Claire.

A demain

 

Nous, ministre de la Santé, politiserons l’action contre les principales addictions du pays

 

Bonjour

Souvenons-nous. C’était le 2 mai 2012. Bientôt un quinquennat. Ce jour-là, grâce à François Hollande, une fraction non négligeable de la population française découvrait l’anaphore. Et depuis cinq ans le célébrissime « Moi, président de la République… » n’a pas quitté la scène. On retrouvait, ces derniers temps, cette figure de style dans toutes gazettes. Mille et un citoyens ont ainsi pu, l’espace d’un instant, exprimer leurs souhaits républicains.

On peut aussi décliner l’exercice. Et passer au rang du ministre. C’est ce qu’a fait la rédaction du site Pourquoidocteur qui a proposé à différentes personnalités du « monde de la santé » de livrer leur programme pour le prochain quinquennat. Un exercice à la veille du départ de Marisol Touraine qui aura été, durant un quinquennat entier, l’unique titulaire du portefeuille des Affaires sociales et de la Santé. Pour quel résultat ?

Nous nous sommes attachés, ici et là, à mettre en lumière certaines des limites de son action politique – notamment dans le champ de la politique de réduction des risques. Désavouée par sa majorité sur le front de la publicité alcoolique, inopérante vis-à-vis de la cigarette électronique, absente sur le front du cannabis.

Et demain ? Pourquoidocteur a mis à la question le Dr William Lowenstein, addictologue et président de SOS Addictions. Il y expose et développe la politique qu’il mènerait si les astres devaient le conduire à devenir ministre. On peut raisonnablement imaginer que les grands axes de sa politique seraient approuvés par toutes celles et ceux qui, à des degrés divers, sont confrontés aux innombrables difficultés soulevées par les addictions. les mesures qu’il estime nécessaires. Extraits :

« Moi, ministre de la Santé (…) je ferai évoluer la législation sur le cannabis. La politique de prohibition a totalement échoué. (…)Afin de fortifier des politiques de préventions et de réduction des risques sur ce sujet et « couper l’herbe sous le pied » des réseaux mafieux, je réunirai un « groupe de travail-commando » sous la direction du Premier ministre pour livrer, en six mois, un projet structuré de nouvelle législation adossée à un programme sanitaire correctement budgétisé (par les taxes sur la production et la vente de cannabis) et des mesures sécuritaires pour protéger et informer les mineurs.

Peser sur la réalité

 « Le second objectif est de créer une génération sans tabac. Nous connaissons la « trilogie efficace pour faire baisser un tabagisme parmi les plus importants d’Europe et responsable de 79 000 morts par an. Elle associe paquet neutre (c’est fait), augmentation brutale du prix du paquet de cigarettes et un soutien à la meilleure arme antitabac : le vapotage ou usage de la e-cigarette sur le modèle du Royaume-Uni.

« Enfin, concernant l’alcool, il faut diminuer les abus et dépendances, responsables de 50 000 morts par an. Pour cela il convient de « dénormaliser » la consommation régulière et intensive d’alcool dans notre pays, « retricoter » la loi Evin, détricotée durant ce quinquennat, et surtout, soutenir le repérage précoce. L’accès aux médicaments régulateurs de la consommation d’alcool doit être facilité, par l’engagement des médecins généralistes et pas seulement des addictologues. »

Suivent des mesures de restructuration visant à en finir avec l’éparpillement actuel des actions et institutions (MILDECA, ministères de l’Intérieur, de l’Economie, de la Santé, Direction Générale de la Santé, etc.) qui explique (en partie) l’insuffisance des résultats sanitaires. Le fil conducteur est clair. Il s’agit de faire en sorte que l’action politique puisse peser sur la réalité afin de la modifier au bénéfice de la collectivité. Agir et évaluer. En l’espèce, c’est un assez beau projet.

A demain

Sadisme et post-vérité : avec de l’effort et de la volonté le fumeur parviendra à s’arrêter

 

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Inventaire du quinquennat. Le « paquet neutre » restera dans la lutte contre le tabagisme ce que le « mariage pour tous » fut dans le champ sociétal. L’institut OpinionWay vient de publier une « étude d’opinion » sur la manière dont il est « perçu par la population et les buralistes » – tout particulièrement dans vingt-trois départements frontaliers. Les résultats en sont donnés par Sud-Ouest.

Passons sur les résultats attendus (notoriété, inefficacité, scepticisme etc.) mais intéressons-nous au commentaire de Frédéric Micheau, directeur des Études d’opinion d’OpinionWay :

« Les personnes interrogées ne remettent pas en cause l’objectif de santé publique mais (…)  les sondés considèrent que ce n’est pas aux pouvoirs publics de lutter contre le tabagisme. C’est d’abord aux individus de faire des efforts pour arrêter de fumer ou ne pas commencer. La responsabilité première est individuelle, même si les pouvoirs publics doivent bien sûr être présents. »

Plaisir et charité

Ainsi tout est dit. Le tabagisme ne serait pas une affaire politique mais un défi lancé à chaque citoyen. Face à la jungle du tabac, trouver en soi la force de ne pas y entrer. Ou, plus tard, trouver (toujours en soi) la force de briser ses chaînes addictives. Il y aurait là, au choix, une forme de servitude volontaire, le prix du péché, la nécessaire pénitence individuelle. Corollaire : cette négation du collectif a pour effet de réduire à néant la dimension proprement politique du tabac. On oublie le monopole de l’Etat et la taxation fiscale massive de ce produit addictif.

Dans ce contexte l’aide au fumeur devient une forme de charité faite aux plus faibles – et non la nécessaire et pleine solidarité citoyenne que l’on trouve pour la plupart des pathologies lourdes. C’est bien ainsi qu’il faut comprendre le refus de prendre intégralement en charge les aides médicamenteuses au sevrage tabagique. Tout se passe comme si, ayant pris du plaisir à fumer, le consommateur de tabac devenu esclave devait payer de sa personne pour ne plus souffrir.

Aliénation

Un ouvrage tombe ici à point nommé 1, signé de Laurent Karila (Centre d’enseignement, de recherche et de traitement des addictions de l’hôpital universitaire Paul-Brousse) et préfacé par William Lowenstein, président de SOS Addictions. Le Dr Lowenstein y rappelle que la dépendance est une authentique maladie du fonctionnement cérébral. Il redit aussi que lorsque la vie de la personne dépendante devient chaotique, la plupart conseillent (ou ordonnent) « de faire appel à la volonté de la personne aliénée pour s’en sortir ». Il est tentant, dit-il alors, de faire le parallèle avec l’attitude qui, jadis, consistait à demander aux dépressifs de bien vouloir « se secouer » pour « retrouver le moral ».

« Le résultat, nous le connaissons, dit-il. Non seulement les malades ne guérissaient pas, mais ils s’enfermaient dans un sentiment de honte et de culpabilité. Aujourd’hui, pour soigner un dépendant il faudrait étudier sa motivation à se soigner avant de le soigner… Mais comment exiger d’une personne atteinte d’une maladie qui se définit par une perte d’efficacité de la volonté de faire justement appel à sa motivation et à sa volonté pour sortir de la dépendance ? Sadisme ou ignorance ? » Voilà qui, tout bien pesé, est parfaitement résumé.

A demain

1 Karila L. « 25 idées reçues. Addictions, comprendre, soigner, prévenir » 2ème édition revue et augmentée. Editions Le Cavalier Bleu. Paris, 2017

Après avoir fait la lumière, les experts classent l’affaire de l’implant stérilisant Essure®

 

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Affaire rondement menée : le comité des huit experts indépendants chargé d’évaluer les risques liés à l’implant de stérilisation Essure estime qu’il n’est « pas nécessaire » de modifier la réglementation concernant ce dispositif stérilisant de la multinationale Bayer. Telle est la principale des conclusions, publiées jeudi 20 avril sur le site de l’Agence du médicament (ANSM).

Environ un million d’implants Essure®  ont été commercialisés dans le monde, dont 140 000 en France. De façon unanime, ces huit experts 1 concluent que « les données de la littérature, de la surveillance et les résultats de l’étude épidémiologique ne remettent pas en cause la balance bénéfice risques favorable de l’implant Essure® ». D’autre part « de nouvelles conditions en termes de réglementation ne sont pas nécessaires ». Seul bémol : « une information indépendante devait être apportée aux femmes envisageant la contraception permanente, sur l’ensemble des méthodes de contraception et en particulier sur les avantages et les risques des deux méthodes de contraception permanente féminine afin de permettre une décision éclairée ».

Dimension judiciaire

La veille une réunion de travail « ouverte à la presse » au siège de l’ANSM avait permis aux experts d’entendre des représentants de l’association Réseau d’entraide soutien et information sur la stérilisation tubaire (Résist), du  Planning familial, de l’Association nationale des centres d’IVG et de contraception (Ancic) et du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF).

Plus de 20 000 dispositifs sont actuellement implantés chaque année en France où, après l’âge de 40 ans, plus d’une femme sur dix fait le choix d’une stérilisation définitive (l’autre technique est la méthode cœlioscopique-ligature des trompes), Les données de pharmacovigilance établies depuis 2003 confirment certes l’existence d’accidents et de troubles gynécologiques chez certaines des femmes implantées. Pour autant, selon l’ANSM, ces incidents restent peu nombreux au regard du nombre de poses effectuées. Cette agence dénombre 40 grossesses, 138 incidents mécaniques, 249 incidents postopératoires gynécologiques (douleurs pelviennes, abdominales ou lombaires, ménométrorragies), 203 retraits et 281 incidents « autres ».

Quel impact ces conclusions d’experts auront-ils sur l’affaire Essure® ? Après une forte médiatisation quant à ces effets secondaires, plus de trois cents nouveaux signalements étaient parvenus à l’ANSM depuis le début du mois de février dernier. Quelle stratégie vont adopter les responsables du Réseau d’entraide soutien et information sur la stérilisation tubaire qui réclame le retrait de cette technique ? Les conclusions des experts indépendants réunis par l’ANSM auront-elles un impact sur la dimension judiciaire de l’affaire ? Pour l’heure, prudente, l’ANSM se borne à « prendre acte de ces premières conclusions ».

A demain

1 Sylvain Bouquet, Pascal Cohen, Odile Gagneur, France Lert, Jean-Philippe Lucot, Joël Poupon, Thierry Rabilloud, Michel Tournaire

 

Naissance d’une enfant trisomique : le CHU fautif devra verser 80 000 euros aux parents

 

Bonjour

Jadis on aurait peut-être parlé du « préjudice d’être né ». Le CHU de Limoges a finalement été condamné car il n’a pas dépisté, avant sa naissance, la trisomie 21 de Maylis, âgée aujourd’hui de 7 ans. La décision vient d’être rapportée par Le Populaire du Centre. On se souvient que les parents avaient fait le choix d’attaquer le CHU pour « erreur de diagnostic ».  Près de sept ans plus tard, le tribunal administratif leur donne raison, estimant que la mère « n’a pas eu la possibilité d’exercer son choix de recourir à une interruption médicale de grossesse ».

Adressée vers le centre hospitalier pour une amniocentèse (après une première évaluation d’un risque élevé de trisomie 21) la mère avait finalement été renvoyée chez elle, sans avoir subi l’examen. Des investigations ultérieures devaient établir qu’une faute « caractérisée » avait été commise dans le nouveau calcul du risque. En septembre 2010 une petite fille naissait, un caryotype établissant rapidement qu’elle souffrait de trisomie.

Comprendre la douleur

Après des tractations infructueuses avec le CHU (qui estimait qu’aucune faute n’avait été commise) le couple s’est retourné vers la justice administrative. Le tribunal a, au final, conclu que la faute était « caractérisée » et estimé que le CHU avait fait perdre à la mère la possibilité de choisir de recourir à une interruption médicale de grossesse – ce qu’elle aurait fait selon une probabilité estimée entre 95 et 99 % d’après les constatations des experts.

Le tribunal a d’autre part considéré que les parents n’ont pas pu se préparer à l’arrivée de cet enfant – qui souffre d’un important retard mental et nécessite des consultations spécialisées quasi quotidiennes, empêchant ainsi la mère de reprendre son travail. En revanche, le même tribunal a rejeté la demande du couple concernant la réparation qu’ils demandaient pour leurs deux enfants aînés ; « seul le préjudice propre des parents est susceptible d’être réparé du fait de l’existence d’une faute caractérisée », selon l’article L. 114-5 du code de l’action sociale et des familles, précise la juridiction.

Le CHU de Limoges disait jusqu’à présent « comprendre la douleur des parents » mais demandait aussi que le tribunal considère qu’il ne s’agissait pas d’une faute « caractérisée » mais d’une faute « simple ». Il devra verser 50 000€ à la mère et 30 000€ au père.

A demain