Surprenant : Zika peut se loger au sein même des spermatozoïdes des hommes infectés

Bonjour

Le trouve-t-on parce qu’on le cherche ? Est-ce là une donnée physiopathologique inquiétante ? Est-ce spécifique à Zika ? Toujours est-il qu’il faut désormais compter avec les résultats problématiques obtenus par une équipe française. Ils sont publiés sous la forme d’une lettre scientifique sur le site de The Lancet Infectious Diseases. 1 Ce travail est le fruit d’une collaboration entre des chercheurs de l’Inserm, du CNRS, des hospitalo-universitaires de l’université Toulouse III – Paul Sabatier et du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse. Il vient compléter les différentes observations et publications faisant état de la présence persistance du virus Zika dans le sperme et ce jusqu’à 6 mois après l’infection.

Aujourd’hui les chercheurs français ne font pas que confirmer cette possible longue persistance dans le sperme : au-delà de 130 jours, soit plus de 4 mois. Ils révèlent en outre la présence du virus à l’intérieur même des spermatozoïdes.  Le cas rapporté est celui d’un homme de 32 ans de retour de Guyane française avec des symptômes évocateurs d’une infection par le virus Zika : fièvre modérée, éruption cutanée, douleurs musculaires et articulaires.

Rapports sexuels protégés

Le virus Zika est alors détecté dans le plasma et l’urine de cet homme –et ce deux jours après le début de la symptomatologie. Des échantillons de sperme (11 échantillons au total), de sang (10) et d’urine (5) ont été prélevés et analysés sur une durée totale de 141 jours. Après analyses les chercheurs découvrent que le virus Zika a été retrouvé dans tous les échantillons jusqu’au 37ème jour.

Au-delà de cette période le virus est détecté uniquement dans le sperme où il persiste jusqu’à plus de 130 jours, alors que le patient se porte bien. Ce résultat pu être confirmé chez deux autres patients pour lesquels le virus a persisté de 69 à 115 jours dans le sperme. Les facteurs influençant cette variation de durée d’un individu à l’autre sont inconnus. Et dès le diagnostic porté, ces patients se sont d’ailleurs vus conseiller d’avoir des rapports sexuels protégés.

Mais les chercheurs français sont allés plus loin : ils ont ensuite analysé le sperme du patient et a examiné par différentes techniques de microscopie les spermatozoïdes qu’il renferme. « Nous avons détecté la présence du virus Zika à l’intérieur d’environ 3.5% des spermatozoïdes de ce patient »  explique Guillaume Martin-Blondel, chercheur à l’Inserm au Centre de physiopathologie Toulouse Purpan (Inserm/CNRS/Université Toulouse III – Paul Sabatier) et médecin dans le service des Maladies Infectieuses et Tropicales du CHU de Toulouse.

Liquide séminal

Les chercheurs expliquent que dans le cas d’autres virus sexuellement transmissibles (le VIH notamment) le virus reste “collé” à la surface du spermatozoïde. Dans le cadre d’une fécondation in vitro, il est donc possible de « laver » les spermatozoïdes dans le cas de d’hommes infectés par le VIH souhaitant procréer. Or ceci semble a priori  exclu pour les spermatozoïdes issus de patients positifs pour le virus Zika. Il reste cependant encore à déterminer le caractère « actif » du virus Zika présent dans les spermatozoïdes, ainsi que la capacité de ces spermatozoïdes à transmettre l’infection –étant bien entendu que le virus peut également être présent dans le liquide séminal.

Pour l’Inserm l’analyse de ce cas a (et aura) des répercussions importantes pour la prévention de la transmission sexuelle de ce virus – dont les modalités restent aujourd’hui inconnues. Ces observations soulèvent par ailleurs de nombreuses interrogations quant à la nécessité d’inclure la recherche de virus Zika lors du contrôle des dons de spermatozoïdes dans les centres de fertilité.

A demain

1Zika virus in semen and spermatozoa” Jean Michel Mansuy, Elsa Suberbielle, Sabine Chapuy-Regaud, Catherine Mengelle, LouisBujan, Bruno Marchou, Pierre Delobel, Daniel Gonzalez-Dunia, Cécile E Malnou, Jacques Izopet, Guillaume Martin-Blondel

DOI: http://dx.doi.org/10.1016/S1473-3099(16)30336-X

 

Maladie de Lyme: que faire contre «le sentiment d’abandon» et «l’errance thérapeutique» ?

 

Bonjour

« Il est des maladies qui frappent les esprits plus que d’autres. La maladie de Lyme appartient à cette catégorie de maladie. On peut même dire qu’elle s’inscrit dans un phénomène de société, à tel point que certains patients se la sont appropriée et en font une cause qui pourrait expliquer nombre de leurs maux ». 1

C’est un abcès qui inquiète le politique et rien ne dit qu’il sera crevé par Marisol Touraine. La ministre de la Santé a, ce 29 septembre, présenté aux « associations de défense des malades » son « Plan national de lutte contre la maladie de Lyme et les maladies transmises par les tiques ». On trouvera ici la synthèse dudit Plan. A dire vrai rien n’est chiffré et rien n’est encore fait : une « concertation » est engagée avec ces associations sur les modalités de mise en œuvre des mesures.  La ministre :

« Ce plan vise à éviter le sentiment d’abandon et l’errance thérapeutique auxquels sont confrontés des malades de Lyme. Il permet de mieux comprendre la maladie, de soigner plus efficacement les patients et de mobiliser tous les outils disponibles pour prévenir la maladie. »

Panneaux pour promeneurs

On notera dans les mesures : installation par l’Office national des forêts (ONF) et « Santé publique France » de panneaux d’information pour les promeneurs et les randonneurs à l’entrée des forêts ;  mise en place d’une application sur « smartphone » permettant de signaler la présence de tiques (à l’instar du dispositif existant pour les moustiques) ;  amplification des actions d’information à destination de la population, et de formation des professionnels de santé, sur les maladies transmises par les tiques (affiches, dépliants, etc.).

Ce Plan entend améliorer le diagnostic et la prise en charge des malades pour mettre fin à « l’errance médicale »:

« Mise à disposition des médecins d’un bilan standardisé décrivant la liste des examens permettant un diagnostic complet chez toute personne présentant des symptômes évocateurs ;  mise en place d’un protocole national de diagnostic et de soins (PNDS), élaboré en lien avec les associations, pour assurer une prise en charge standardisée et remboursée des malades sur l’ensemble du territoire ;  ouverture en 2017 de centres de prise en charge spécialisés, regroupant toutes les spécialités impliquées : ces centres seront également un lieu de formation des professionnels. »

Impasses de la désespérance

Ce Plan national va encore « encourager » (sic) la mise en place d’une cohorte, constituée des patients suivis dans les centres de prise en charge spécialisés, pour améliorer les connaissances scientifiques sur la maladie ;  développement de recherches autour du diagnostic par l’Institut Pasteur. Il y aura aussi la conduite de recherches approfondies dans le cadre d’« OH ! TICKS » (sic) – un  programme visant à mieux connaître l’ensemble des maladies transmises à l’homme par les tiques, à identifier les symptômes cliniques et à fournir des outils pour une meilleure prise en charge des malades.

Est-ce ainsi qu’on lutte contre ce qui est présenté comme un « sentiment d’abandon » ? On peut malheureusement redouter que non. Le Plan national prend d’autre part bien garde d’affronter la grande question sous-jacente à l’errance thérapeutique : celle de savoir si la maladie de Lyme chronique existe 1 ou si elle est une construction physio-psycho-pathologique  ne pouvant conduire qu’aux impasses de la désespérance ?.

A demain

1 Sur ce thème il faut impérativement lire, dans le dernier numéro (septembre 2016) de La Revue du Praticien : « La maladie de Lyme chronique existe-t-elle ? » de Yves Hansmann yves.hansmann@chru-strasbourg.fr (Service des maladies infectieuses et tropicales, Hôpitaux universitaires de Strasbourg, Strasbourg)

 

L’histoire du nutritionniste hypermédiatique qui pourrait être sevré d’exercice durant deux ans

 

Bonjour

Jusqu’où un médecin peut-il tremper le doigt dans la confiture des médias ? La question est rarement posée sous cette forme. Elle l’est aujourd’hui au plus haut niveau : le Conseil d’Etat. La plus haute juridiction administrative est en effet saisie d’une affaire assez croustillante, celle du Dr Jean-Michel Cohen, « intervenant en nutrition qui opère régulièrement dans les médias et sur Internet ». Qui ne l’a entendu? Maigrir, maigrir, maigrir. Depuis quinze ans, innombrables ouvrages grand public, innombrables émissions de radio et de télévision. Wikipédia précise que « Jean-Michel Cohen est une marque déposée par Jean-Michel Cohen ». Et ajoute :

« Jean-Michel Cohen est proche des groupes Nestlé et Danone, il anime notamment un blog sur le site savoirreduiresoncholesterol.com, propriété du groupe Danone, et intervient aux côtés de la fondation Nestlé France. Il a été également membre du comité scientifique du Global Stevia Institute, émanation de la co-entreprise entre les sociétés Purecircle et Tereos, visant à promouvoir l’usage des édulcorants extraits de Stevia. »

Gourmandises

Puis, un jour, lassé, l’Ordre national se saisit sérieusement de son cas – comme vient de le rappeler Le Quotidien du Médecin (Stéphane Long). Le 12 novembre 2015, la chambre disciplinaire nationale de l’Ordre lui interdit d’exercer la médecine pendant deux ans – dont un avec sursis. Toute le dossier est exposé à la perfection sur le comme l’a récemment révélé le site buzzfeed.com : « Le business gourmand de l’omniprésent Dr. Jean-Michel Cohen ».

L’Ordre a jugé que le Dr Cohen était coupable d’avoir « méconnu l’interdiction de pratiquer la médecine comme un commerce et l’obligation de s’abstenir de tout procédé publicitaire ». Il lui reproche notamment de graves manquements déontologiques liés à sa participation à un site web payant de coaching pour perdre du poids.

Puis, coup de théâtre :  le 27 juin dernier, le Conseil d’État suspend la sanction ordinale à la demande du médiatique nutritionniste qui s’était pourvu en cassation. Dans sa décision du 27 juin, le Conseil relève qu’il existe de sérieuses raisons pour annuler le jugement de la chambre disciplinaire ordinale et infirmer « la solution retenue par les juges du fond »« Je n’ai aucun doute sur le fait que le Conseil me donnera raison » vient de confier au Quotidien du Médecin le Dr Cohen qui dénonce un « acharnement de l’Ordre ». Le Conseil d’Etat dira dans les prochains mois s’il y a lieu d’annuler la sanction pour des motifs d’erreur de droit, de vice de forme ou de violation de la loi

Blâme effacé

Une vielle histoire, déjà, que les affrontements avec l’Ordre. En 2009, il avait obtenu de la chambre disciplinaire nationale l’annulation d’un blâme prononcé à son encontre en 2008 par l’Ordre d’Ile-de-France. En 2014 la chambre disciplinaire régionale le blâme. Le Conseil national fait appel et demande « une sanction plus sévère », ce qu’il obtient en 2015 avec une suspension de deux ans dont un avec sursis. On connaît désormais la suite. Pas encore la fin.

Pour sa défense le Dr Cohen a toujours expliqué qu’il ne voyait pas d’incompatibilité entre son activité « d’expert en nutrition » et sa « qualité de médecin ». Ou encore que les conseils nutritionnels délivrés sur Internet, s’ils sont payants, ne présentent aucun caractère médical. Voilà une défense qui ne manque pas de sel.

A demain

 

Marisol Touraine est «attristée» par les récents suicides de plusieurs infirmiers hospitaliers

 

Bonjour

Comment en parler ? La ministre de la Santé l’a fait publiquement ce mercredi 28 septembre. C’était lors de la Quatorzième édition des Journées nationales d’étude des  directeurs des soins » 1. Thème : « Au cœur des réformes, partager des valeurs, manager dans la confiance » (sic). Cela se passait à Joué-les-Tours, en Indre-et-Loire, un « département cher » à Marisol Touraine. Nous étions. Voici ce que la ministre a déclaré aux « directeurs des soins » 1 :

« Je voudrais m’adresser, à travers vous, à toute la communauté soignante et leur dire combien j’ai été attristée d’apprendre le décès par suicide de plusieurs infirmiers au cours des dernières semaines. Je suis particulièrement mobilisée pour que ces actes tragiques soient considérés avec toute l’attention qui s’impose. Je sais aussi que face à ces drames, vous êtes en première ligne pour accompagner les équipes et renforcer les collectifs de travail, gage de solidarité et d’entraide. Je veux vous remercier pour votre engagement quotidien.

C’est pour apporter des réponses concrètes à cette situation particulièrement préoccupante que je présenterai très prochainement un plan pour l’amélioration de la qualité de vie au travail des professionnels de santé. Ce plan vous concerne directement dans l’attention que vous portez aux personnels pour mieux prendre en charge les risques psychosociaux et renforcer la prévention. C’est l’aboutissement du travail de fond que j’ai engagé sur cet enjeu qui nous concerne tous. Je veux que vous soyez associés à l’élaboration de son plan. »

Hymne hospitalier

« Attristée » ? Il n’est pas certains que ce soit le bon mot. Une fois encore on a pu observer la grande difficulté,  pour la ministre de la Santé, d’évoquer ce que peut représenter la mort pas suicide de soignants au sein de l’hôpital public. Il y eut la difficulté rencontrée après la mort, par défenestration, du Pr Jean-Louis Mégien à l’Hôpital européen Georges-Pompidou. Il y a aujourd’hui « le décès par suicide de plusieurs infirmiers au cours des dernières semaines ». « Attristée », vraiment ? « Préoccupée » ?

Pour le reste ce fut un bien beau discours ministériel, un hymne à l’hôpital et à la fonction hospitalière. Un discours truffé de concepts, de groupements et de territoires,  et de formules jargonesques. Un discours qui dit tout du grand trouble identitaire d’un monde hospitalier qui ne sait plus très bien ni qui il est, ni où il va.

A demain

1 Peu connu du grand public le « directeur des soins » est un fonctionnaire de catégorie A de la fonction publique hospitalière. Il est assimilé aux deux corps de direction de la fonction publique hospitalière que constituent les directeurs d’hôpital et les directeurs d’établissement sanitaire, social et médico-social.

Son statut est défini par le décret no  2002-550 du 19 avril 2002 modifié portant statut particulier du corps des Directeurs des soins de la fonction publique hospitalière. Le directeur des soins peut exercer son activité dans les établissements publics de santé, les hospices publics, les maisons de retraite publiques et le centre d’accueil et de soins hospitaliers de Nanterre.

Amis des bêtes et antivaccinaux s’opposeront-ils bientôt à l’éradication planétaire de la rage ?

 

Bonjour

Le 4 juillet 1885, Joseph Meister,  neuf ans, est mordu sur le chemin de l’école, par le chien de Théodore Vonné, l’épicier du village alsacien voisin de Maisonsgoutte. L’animal attaqua également son maître. Considéré comme enragé, il est abattu par ce dernier, qui mena l’enfant chez le Dr Weber de Villé. Le médecin nettoya puis cautérisa les nombreuses plaies du garçon à l’acide phénique et conseilla à sa mère Angélique, de l’emmener à Paris. Louis Pasteur accepta d’expérimenter (pour la deuxième fois) son vaccin thérapeutique sur l’enfant (traitement de dix jours avec, chaque jour, une injection plus forte).

Joseph ne sera pas enragé et Louis devint le héros mondial que l’on sait. La renommée de la vaccination de Meister permit de lancer une souscription et la création de l’Institut Pasteur. En 1912 Joseph est à la recherche d’un travail. Il sollicite l’Institut Pasteur qui lui procure un emploi dans un de ses laboratoires parisiens. En 1914 il échappe à l’enrôlement dans l’armée allemande. La paix revenue en 1918, il devient gardien de l’Institut.  Le 24 juin 1940, il se donne la mort chez lui à l’aide de son fourneau à gaz alors que les Allemands approchent de Paris. L’Institut Pasteur deviendra ensuite le centre de référence médical en matière de maladies vénériennes pour les troupes allemandes d’occupation.

Les nouveaux Joseph Meister

Le 28 septembre 2016 appel solennel pour un monde indemne de la rage humaine transmise par les chiens. Eradication programmée pour 2030. Cet appel est lancé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).  Un premier appel avait été lancé il y a un an lors la Conférence mondiale de OMS/OIE sur la rage.

Il n’y a plus de chiens enragés en Alsace. Les Joseph Meister d’aujourd’hui sont les enfants des populations défavorisées et rurales,  particulièrement vulnérables. De toutes les maladies tropicales négligées, la rage est l’une de celles qui fait le plus de victimes : près de 60 000 morts chaque année dans le monde.

Or la rage est évitable à 100 % par la vaccination – et ce chez les animaux comme chez les humains. La majorité des cas peut être évitée en vaccinant les chiens, en diminuant le risque de morsures et en sensibilisant les communautés. La maladie ne peut être traitée après l’apparition des symptômes et les victimes meurent invariablement, d’une mort lente et douloureuse – sauf si le traitement post-exposition peut être immédiatement administré.

Vacciner tous les chiens

Eradiquer la rage ? Il faut tout d’abord des campagnes de sensibilisation pour responsabiliser les propriétaires de chiens. Il s’agit notamment de vacciner les chiens, de diminuer le risque de morsures et de donner les premiers soins aux victimes (nettoyage des plaies et injections antirabiques post-exposition). Il faut ensuite vacciner les chiens, c’est-à-dire prévenir la maladie à sa source animale et empêcher ainsi la circulation du virus.

Il faut pour cela que toutes les communautés exposées aient un meilleur accès aux vaccins humains et canins ainsi qu’à des immunoglobulines spécifiques – et le tout à un prix abordable. « La vaccination massive des chiens dans les zones à risques s’est avérée la solution la plus économique et la plus efficace au long terme, et elle permet d’interrompre le cycle de transmission du virus du chien à l’homme » souligne l’OIE. Cette organisation bientôt centenaire trop méconnue (dont le siège est à Paris) dispose depuis 2012 d’une « Banque de vaccins contre la rage ».

L’OMS envisage de se placer en adéquation (sic) avec les banques de vaccins de l’OIE en créant des réserves de vaccins antirabiques humains avant la fin 2017. Pourquoi n’est-ce pas déjà fait ?

A demain

Le premier «fiché S» crée l’émotion chez les voisins du premier centre de déradicalisation

Bonjour

Ce ne seront pas des anges. C’est le premier « fiché S» a être admis dans le « premier centre français de déradicalisation. L’affaire aurait dû rester secrète. C’était compter sans la presse et sans le futur déradicalisé. Il s’est confié à La Voix du Nord (Sophie Filippi-Paoli): « Itinéraire d’un fiché «S» de 23 ans : ‘’Je veux changer, refaire surface’’».

« Fiché « S », I., 23 ans, originaire de l’Arrageois, va intégrer aujourd’hui le premier centre de déradicalisation de France pour un séjour de dix mois. Récit d’une vie chaotique entre violences et islamisation radicale avec, au final, une envie de s’en sortir, de « se couper du milieu ».

« Nerveux, très mince, souriant, il parle de tout facilement : les armes qui l’entourent sur la vidéo qu’il nous montre, ses braquages, sa dépendance à l’alcool et même ses troubles psychiatriques : «  Je suis bipolaire.  » En revanche, il est beaucoup plus difficile pour I. d’aborder le pourquoi de sa fiche « S », d’évoquer les raisons qui ont poussé la préfecture du Pas-de-Calais à proposer son dossier au premier centre de déradicalisation de France , à Beaumont-en-Véron en Indre-et-Loire. Pourtant, il est sur le départ : on l’y attend aujourd’hui. Mais, voilà, les liens ne sont pas coupés et ses « amis » sont violents (…). »

Les yeux dans les yeux

Cet « ex-braqueur violent et bipolaire », nous dit La Nouvelle République, « effraie la population et les élus ». Bernard Château, maire de Beaumont-en-Véron : « On se doutait bien que le centre n’abriterait pas des anges, mais on a l’impression d’avoir été trompés. » « Le recrutement devait aussi être régional, et voilà un client qui arrive du Pas-de-Calais. Ce sera bientôt de toute la France » estime le maire  l’élu qui a « demandé expressément au préfet » que l’individu soit « renvoyé » dans sa région. D’autres élus se sentent floués : ceux à qui, pour obtenir leur semi-neutralité,  on avait été promis (« oralement »), qu’il n’y aurait « ni « fichés S », ni individus sous main de justice ».

L’association « Radicalement digne de Pontourny » reprend simplement, sur son site le papier de La Voix du Nord. Elle estime que les promesses faites « les yeux dans les yeux » ont été « bafouées ».

Refaire surface

Selon La Nouvelle République le préfet d’Indre-et-Loire devait s’entretenir du sujet avec les services du Premier ministre hier après-midi et, finalement un communiqué de presse confirmait que ladite personne avait bien « rejoint le centre de prévention ».

Seul élément nouveau, « le comité de suivi de l’établissement se réunira en préfecture vendredi 30 septembre pour faire le point sur le démarrage du programme et le fonctionnement du centre. » Pour Laurent Baumel, député (socialiste-frondeur) d’Indre-et-Loire, tout doit être revu s’il était acquis que la personne en question « a été condamnée pour violences ». Du côté du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation qui dirige le dispositif, on insistait hier soir sur le fait que les individus ne devaient surtout pas avoir déjà agi « dans un cadre terroriste », et devaient avoir « une véritable volonté de s’en sortir ».

Le premier « fiché S » dit quant à lui non pas vouloir « s’en sortir », mais bien « refaire surface ». La nuance est de taille.

A demain

Poisons et toxiques dans les aliments pour les tout-petits ? Un bilan moins figue que raisin

 

Bonjour

Bonne nouvelle. Le Parti Communiste Français n’est plus ce qu’il a été ; mais on peut juger le bilan dressé « globalement positif ». Nous disposons enfin, ce 28 septembre 2016, de la première photographie officielle des « expositions alimentaires » des enfants de moins de trois ans. Ces données sont disponibles sur le site de lAnses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail).

Il s’agit ici de l’Etude de l’alimentation totale infantile (EATi) qui couvre en plus de 95 % du régime alimentaire des tout-petits. Près de 670 substances ont été analysées. « Cette étude confirme le bon niveau de maîtrise sanitaire au regard des valeurs toxicologiques de référence, puisque pour la plupart des substances évaluées, le risque peut être écarté » rassure l’Anses.

Arsenic et nanoparticules

Pour autant certains points méritent selon elle une vigilance particulière : parmi les substances ou familles de substances pour lesquelles le risque n’a pu être écarté, seize nécessitent une réduction de l’exposition, dont neuf de manière prioritaire (des métaux lourds comme l’arsenic ou des polluants organiques persistants comme le  PCB). 1 Prudente l’Anses recommande donc « des actions visant à diminuer l’exposition de la population infantile à ces substances ».

Elle souligne aussi la nécessité d’étudier le risque lié aux préparations à « létat nano-particulaire » – et  engagera prochainement un travail d’évaluation des risques concernant les « nanomatériaux » présents dans l’alimentation, chez l’enfant comme chez l’adulte.  Il faut aussi compter avec la question des effets de type « perturbateurs endocriniens » des substances chimiques, c’est également un « défi majeur » dans l’évaluation de risques liés à l’alimentation.

« Préparations infantiles » …

Ce n’est pas tout : l’Agence rappelle qu’il ne faut pas introduire des aliments autres que les « préparations infantiles » avant l’âge de six mois et, par la suite, varier le régime alimentaire et les sources d’approvisionnement. De plus, l’Agence rappelle que seuls le lait maternel ou les « préparations infantiles » permettent de couvrir les besoins du nourrisson. Le « lait courant », quelle que soit l’espèce animale productrice, n’est pas adapté aux besoins nutritionnels des enfants de moins d’un an.

Bilan « globalement positif », donc, qui sera sans doute critiqué et noirci par les écologistes extrêmes. Reste, au moins, une question : que sont ces « préparations infantiles » que l’Anses impose aux parents dès lors que la maman n’allaite plus ? Et que faut-il entendre par « lait courant » ? Il serait bon que l’Anses éclaire ici les parents. Interrogée, l’Agence répond:  les «préparations infantiles»  sont « le lait premier âge avant 6 mois et le lait deuxième âge, de 6 mois à un an ». Quant au «lait courant»  c’est, tout bonnement, le lait de vache (ou de chèvre) qui n’est pas adapté aux besoins nutritionnels des enfants de moins de 12 mois.

A demain

1  Il s’agit de substances « pour lesquelles un nombre non négligeable d’enfants présente une exposition supérieure aux valeurs toxicologiques de référence » : arsenic inorganique, plomb, nickel, PCDD/F, PCB, mycotoxines T-2 & HT-2, acrylamide, déoxynivalénol et ses dérivés et furane.. Pour sept autres substances, notamment l’aluminium, le cobalt, le strontium, le méthylmercure, le sélénium, le cadmium et la génistéine chez les consommateurs de soja, le risque ne peut être écarté.

L’exposition à certaines de ces seize substances avait déjà été jugée préoccupante lors de travaux antérieurs de l’Agence. Par ailleurs, douze minéraux d’intérêt nutritionnel ont été analysés. Les résultats montrent que la couverture des besoins nutritionnels est globalement satisfaisante. Toutefois on observe des insuffisances d’apport pour le zinc, le calcium et le fer ou des excès d’apport pour le zinc et le calcium en fonction de l’âge de l’enfant.