Agnès Buzyn parle dans « EHPAD Magazine », premier journal pour les plus ou moins de 77 ans

Bonjour

La presse serait en crise ? Puisque c’est notre fatalité, il suffisait d’y penser : en 2017, les « 65 ans et plus » représentaient 19,5 % de la population française – et en 2050, plus d’un quart de la population aura dépassé cette ineluctable frontière.  Corollaire : chacun est ou sera aidant d’un proche âgé dépendant, en établissement ou à domicile. C’est dire le marché que constituent les aidants en quête d’informations sur leurs droits, sur leurs devoirs et sur la meilleure façon d’accompagner leur proche.

Permettre à tous de trouver les bonnes informations, les bons produits et services et d’optimiser l’accompagnement ou l’aide à un proche ? Voici EHPAD Magazine (https://www.facebook.com/EHPAD-Magazine – https://twitter.com/EHPAD_Magazine) et son format mieux adapté à cet objet. Le premier numéro en kiosque est ainsi destiné aux professionnels et au grand public concerné par une situation de dépendance dans son entourage. Sera distribué dans toute la France métropolitaine en septembre.

Cette revue a l’ambition « d’ouvrir les portes des EHPAD à ses lecteurs, non pas par voyeurisme (sic) mais pour que tout le monde puisse comprendre ce qu’il s’y passe et s’en inspirer pour gérer sa propre situation ».

Marché émergent, captif et croissant

« Les EHPAD ont mauvaise presse, pourtant les équipes en établissement font bien souvent le maximum pour accompagner dignement les personnes âgées. Il faut saluer leur travail, permettre à chacun de comprendre la réalité du métier et les difficultés auxquelles ils sont exposés. EHPAD Magazine participe à la valorisation du secteur médico-social en mettant en avant le quotidien du personnel et le travail des intervenants ».

Au sommaire : « Sexualité – sujet tabou en EHPAD. Or les personnes âgées sont encore nombreuses à avoir une sexualité». Ainsi qu’une exclusivité : une interview d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. « Après les récentes manifestations, elle explique quelles seront les orientations pour le secteur » assure-t-on. Un papier concernant la nutrition dans les EHPAD, afin de «  prévenir des risques liés à la dénutrition des personnes âgées ». « La nouvelle tendance du numérique est aussi à découvrir : EHPAD Magazine décrypte ainsi la technologie au service des résidents, avec l’accès aux tablettes, à la réalité virtuelle ainsi qu’aux logiciels spécialisés pour les EHPAD. »

On y trouve, enfin, des réponses sur les questions concernant la loi Leonetti, à propos de la fin de vie, nos droits et devoirs dans ces périodes difficiles (re-sic). La presse en crise ? Il suffisait de songer à ce marché émergent, captif et croissant.

A demain

Mystérieuse pathologie pulmonaire américaine: le vapotage est-il le coupable ou la victime ?

Bonjour

Depuis le 5 juin 1981 certaines alertes sanitaires américaines ne doivent plus être prises à la légère. Aujourd’hui, celle développée dans The Washington Post (Lena H. Sun and Lindsey Bever) : « Mystery lung illness linked to vaping. Health officials investigating nearly 100 possible cases ». Ou, en français, sur Vapingpost.com (Guillaume Bailly) :« Une maladie pulmonaire sévère causée par la vape ? »

Où l’on apprend qu’aux Etats-Unis quelques dizaines de personnes, principalement des adolescents, viennent d’être hospitalisés pour des troubles pulmonaires nécessitant parfois une admission en soins intensifs. Symptômes : toux, gênes respiratoires, douleurs thoraciques troubles digestifs. «Pour l’instant, le vapotage est le seul point commun entre toutes ces affaires, mais nous essayons d’étendre nos recherches pour déterminer avec certitude que nous n’oublions rien», a expliqué à l’AFP Thomas Haupt, spécialiste des problèmes respiratoires du service de Santé du Wisconsin. Cinq États sont plus particulièrement concernés : Californie, Illinois, Indiana, Minnesota et Wisconsin

Pour les CDC il n’existe aucune preuve cohérente que la cause soit d’origine infectieuse – ni même qu’il s’agisse d’une même entité pathologique. Les responsables reconnaissent qu’ils ne savent pas si les dispositifs de cigarette électronique (ou des ingrédients inhalés) sont en cause. Les patients avaient semble-t-il recours au vapotage de diverses substances : nicotine, marijuana, associations diverses. Soulignant l’inquiétude croissante dans l’opinion les responsables du CDC expliquent qu’ils organisent une surveillance spécifique dans l’ensemble du pays.

« La cigarette électronique a gagné en popularité au cours de la dernière décennie en dépit du peu de recherches sur leurs effets à long terme, souligne The Washington Post. Ces dernières années, les autorités sanitaires ont mis en garde contre une épidémie de vapotage chez les adolescents mineurs. La marque leader, Juul, a déclaré qu’elle assurait une veille et qu’elle disposait « des systèmes de surveillance de la sécurité robustes ». »

Beau titre et « putaclic »

Gregory Conley, président de l’American Vaping Association, qui défend les produits de vapotage, a quant à lui déclaré que chaque mois, environ dix millions d’adultes vapent de la nicotine sans problèmes majeurs. « Il semble beaucoup plus probable que les produits causant des dommages aux poumons soient des vapes de fabrication artisanale contenant du THC ou des drogues illégales, et non de la nicotine. » Un hypothèse réfutée par certains membres du corps médical.

« La législation américaine est de plus en plus sévère, orientant des consommateurs vers le marché noir, certains utilisent les e-cigarettes pour consommer de la drogue, ou bien, plus simplement, un lot présentant un problème, observe Vapingpost.com. Il convient de rappeler que les normes américaines en termes de vapotage sont, pour l’heure, beaucoup plus permissives que les européennes, mais qu’elles vont les rattraper, voire les dépasser, rapidement. » Et d’ajouter :

« Le problème est donc, peut être, causé par un produit du vapotage. Un parmi des millions consommés chaque jour par des vapoteurs à travers le monde, sans problèmes. Demander, par exemple, l’interdiction du vapotage en se basant sur cet exemple reviendrait à demander l’interdiction de tous les produits pouvant poser accidentellement des problèmes sanitaires.

« Que les causes soient l’inconscience, l’incompétence, la malhonnêteté, ou un simple accident, c’est possiblement un produit de la vape dans un secteur donné qui est en cause, et pas le secteur entier. Comme cela arrive toutes les semaines pour des produits de consommation courante.  Mais certains ne résistent pas à l’appel d’un beau titre, sans réfléchir aux conséquences pour toute une filière, et, plus grave encore pour ceux qui renonceront à cause de cela à se sevrer du tabac et en mourront. Parce que dans “putaclic”, il n’y a pas que “aclic”… »

A demain @jynau

 

A la rentrée, soyez fort.e comme un.e Aztèque : osez la Spiruline Végane Vitalité ! (publicité)

Bonjour

Végane – sans gluten – sans lactose – sans soja- sans OGM. L’Assomption passée, les attachées de presse commencent à rentrer. Et avec elles les innombrables communiqués du même nom. Aujourd’hui « Spiruline BIO Tonus & Vitalité Anti-fatigue de Nat & Form® ». Tout y est : un « véritable concentré de nutriments » ;  produit connu « en tant que superaliment » ; offre une « excellente biodisponibilité de ses éléments » (protéines, vitamines, minéraux et antioxydants).

C’est du lourd : sa concentration en fait un complément précieux tonifiant et stimulant de l’organisme ; utilisé en cas de fatigue ou convalescence et (ce qui ne gâte rien) « particulièrement apprécié des sportifs ». Ce n’est pas tout : « en raison de sa richesse en nutriments la spiruline est également utilisée dans plusieurs pays comme le Pérou, la Chine, le Vietnam ou encore le Togo pour lutter contre la malnutrition ». C’est dire.

Six comprimés par jour

En savoir plus ? Il suffit de demander : « La spiruline est une algue microscopique, aux bienfaits nutritionnels et thérapeutiques exceptionnels, apparue sur notre planète il y a plus de trois milliards d’années. Son nom vient de sa forme en spirales de ses filaments. Les Aztèques la récoltaient déjà, ainsi que certains peuples de la région de Kanem en Afrique durant les périodes de pénurie alimentaire. » Loin d’être une plante c’est aussi un concentré de cynobactéries.

Fini le temps des Aztèques. Cette algue est aujourd’hui produite « dans de nombreux endroits où le climat lui est favorable ». Quant à  Nat & Form, rien n’est à craindre : uniquement des produits naturels et biologiques « restitués » (sic) avec la plus grande attention.

« Certifié agriculture BIO / un couvercle en matière végétale / un pilulier en carton 100% recyclable. Poudre de spiruline biologique – 500 mg – 200 Gélules – en vente en pharmacies, parapharmacies et magasins bio – Six comprimés par jour – Sans colorant ni conservateur – Prix : 9,95 euros. Végane – Sans gluten – Sans lactose – Sans soja- Sans OGM – Non Ionisé – Sans additif ni conservateur. »

Calculer le prix du kilo d’algues et la rentabilité du sujet ? Ce serait compter sans la quintessence de l’algue, la magie du passé, le poids de la publicité.

A demain @jynau

Bien-être des animaux : quand un ministre tente de mettre de l’eau dans son vin tauromachique

Bonjour

Longtemps socialiste, il avait dit qu’il quittait la politique. Avant d’y revenir pour un maroquin de ministre macroniste. Il avait dit qu’il ne répondrait pas aux défenseurs des taureaux de combat, que c’était une « affaire privée ». Avant d’y revenir et d’en faire une affaire publique. Didier Guillaume, 60 ans, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation et du Bien-être animal aime se contredire. Partant il fait parler de lui. Comme ce lundi 19 août quand, sur France Info, il est revenu sur une image qui suscite un grand émoi au sein de la classe politique et l’ire des défenseurs des animaux. Une image qui le montrait avec sa collègue Jacqueline Gourault aux premières loges de la corrida de Bayonne.

« Didier Guillaume ‘’s’en branle’’ de la souffrance animale! Lamentable! » avait commenté, tout en nuances, l’eurodéputé vert Yannick Jadot. « Le ministre ne peut pas défendre la cause animale et d’un autre côté s’asseoir dans une arène de corrida, se divertir face à la torture d’un être vivant, sensible et innocent », avait ajouté sa collègue écologiste Karima Delli. « En assistant à une corrida, Didier Guillaume affiche son mépris pour la condition animale », avait poursuivi Manuel Bompard, chef des élus Insoumis au Parlement européen.  « Aucune limite dans l’indécence, avait conclu la Fondation Brigitte Bardot. C’est au-delà du scandaleux et de l’écœurement ! »

Tenir la barre et manier la cape

Quatre jours après avoir déclaré qu’il s’agissait d’une sortie privée le ministre a cherché à rétropédaler : « Je regrette que ça ait pu choquer un certain nombre de citoyens qui sont contre ces pratiques. Ce qui a été terrible sur les réseaux sociaux, ça a été la récupération politique, politicienne, faite par d’autres. » 

« Les Français attendent autre chose que de vaines polémiques (…), Ça suffit maintenant, regardons les choses tranquillement et rassemblons ce pays » #8h30Politique Ce que je ne voudrais pas, c’est que l’on résume la maltraitance animale ou la lutte pour le bien-être animal à une photo dans un spectacle. Je suis le premier ministre de l’Agriculture à avoir une collaboratrice, une conseillère au cabinet en charge du bien-être animal. Je suis le premier ministre de l’Agriculture en charge du bien-être animal qui a pérennisé le Conseil national de surveillance des abattoirs. »

Pour le ministre, ancien élu de la Drôme, la corrida est une «tradition séculaire ». Et faire durablement saigner, avant de les tuer, des taureaux au grand air ne tombe pas sous le coup de la loi française.  

« Je pense qu’il ne faut pas mélanger les choses, qu’il faut faire le distinguo entre ce qui a pu se passer un soir dans un spectacle et tout le travail qui est fait, les mesures qui seront prises à la rentrée -et qui ne l’ont jamais été- sur le bien-être animal »

Où l’on comprend que tuer peut, au-delà de l’art tauromachique, n’être qu’un spectacle. « Ça a duré 24 heures, ça a tapé fort… Mais c’est la vie, a-t-il conclu au sujet de la polémique. Nous avons fait la démonstration que ce gouvernement tient la barre, que le président de la République tient la barre. » Sans doute le ministre voulait-il parler de la cape.

A demain @jynau 

Stades alcoolisés : bien avant les macroniens le patron du ruby français les réclamait !

Bonjour

En pied de la page 26. C’est là, le 18 août, que le Journal du Dimanche (Philippe Kallenbrunn) cachait son information la plus croustillante : « Laporte voulait de l’alcool dans les stades du Mondial 2023 ». Loin des blondeurs de Brigitte Macron (et des embrouillaminis investigationistes post-Kadhafi) on y retrouve le cocktail sport-politique-argent-santé publique – cette ferveur qui nourrit les rangs macronistes et face à laquelle Agnès Buzyn semble tétanisée. Sans parler de l’actuel Directeur Général de la Santé.

Où l’on apprend que les têtes pensantes de la Fédération Française de Rugby (FFR) avaient, dès le printemps 2017 fait le forcing pour obtenir l’autorisation de vendre de l’alcool dans les stades lors des quarante-huit matches du Mondial 2023. Le célèbre Bernard Laporte, flanqué du Dr Serge Simon, son omnipotent premier vice-président, « souhaite alors que le ministère de la Santé s’engage à adopter un décret en ce sens ‘’pour les boissons alcooliques de troisième groupe’’ (bère, vin, cidre) ».

« Addictologie et psychopathologie des sportifs »

C’est (on s’en souvient) Marisol Touraine qui est aux commandes. Et c’est le Pr Benoît Vallet, alors Directeur Général de la Santé qui, d’un élégant trait de plume sanitaire et rugbystique, règle l’affaire : « Le cadre législatif actuel ne constitue pas un frein à la candidature de la France » (15 mai 2017).

Six mois plus tard le Pr Vallet l’emporte haut la main devant le duo Laporte-Simon : World Rugby choisit la France pour le Mondial 2023, la France et ses stades sans alcools industriels (du moins hors loges-VIP…). « La semaine dernière l’ancienne ministre socialiste Michèle Delaunay, amie politique de longue date du premier vice-président de la FFR Serge Simo, confiait au JDD que ‘’la vente d’alcool dans les stades entraîne quasi systématiquement la sponsorisation’’ » explique l’hebdomadaire dominical, page 26.

Médecin ou pas, le citoyen aimerait mieux comprendre la position de la Dr Michèle Delaunay sur le sujet. Mieux comprendre, aussi et surtout, le jeu joué par l’étrange Dr Serge Simon dont la biographie officielle rappelle qu’il fut  à l’initiative de la création du Centre d’addictologie et de psychopathologie des sportifs au sein du CHU de Bordeaux.  Et puis, ancien joueur ou pas, le citoyen ne peut manquer, deux ans après, de saluer le cadrage-débordement du Pr Vallet.

A demain @jynau

Pénurie de médicaments: le gouvernement va-t-il enfin s’attaquer aux géants de Big Pharma ?

Bonjour

Le JDD n’y va pas avec le dos de la cuillère : « Pénurie de médicaments : une bombe sanitaire » (Anne-Laure Barret). Un papier documenté, parfois accablant pour l’exécutif et pour l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Un texte accompagné d’une tribune  signée par près de trente personnalités médicales 1. Trente hospitalo-universitaires qui réclament à l’Etat d’engager un bras de fer sans précédent avec Big Pharma.

Pour sa part le JDD a recensé des situations intolérables de perte de chances pour lesquelles la responsabilité de l’Etat pourrait être engagée. « Selon l’Institut national du cancer, une quarantaine de médicaments essentiels en cancérologie font l’objet de tensions importantes, qui pourraient « conduire à des décès prématurés », affirment plusieurs responsables. Il y a des années que le Pr Jean-Paul Vernant, hématologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, presse les autorités sanitaires d’endiguer un phénomène touchant principalement des médicaments génériques vendus à bas prix. « Certains malades sont morts à cause des pénuries, assure le lanceur d’alerte. Quand la carmustine, utilisée en chimiothérapie, a fait défaut, on a dû bricoler et nos malades atteints de lymphomes et ayant besoin d’une autogreffe de moelle ont été moins bien soignés. »

Ils sont aussi très mal informés. Cette omerta hospitalière interpelle la Ligue contre le cancer, qui lance un appel à témoignages.

Extraits de la tribune :

« Très rares il y a une dizaine d’années, les pénuries de médicaments se multiplient. En 2018, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), on a noté 868 signalements de tensions ou de ruptures d’approvisionnement dont les malades sont les premières victimes lorsque cela concerne des médicaments d’intérêt thérapeutique majeurs (MITM) pour lesquels il n’y a, le plus souvent, pas d’alternative efficace disponible. C’est vingt fois plus qu’en 2008. Les malades ont ainsi subi de multiples pénuries concernant des médicaments du cancer, des antibiotiques, des corticoïdes, des vaccins, des traitements de l’hypertension, des maladies cardiaques, du système nerveux…

Ces pénuries ne touchent pas les très chères innovations thérapeutiques mais des médicaments peu couteux qui, bien qu’anciens et tombés dans le domaine public, constituent toujours l’essentiel de la pharmacopée (…) Le travail de signalisation et d’information concernant les ruptures d’approvisionnement est efficacement réalisé par l’ANSM. Plusieurs cadres juridiques ont été élaborés depuis 2012 afin de lutter contre ces ruptures d’approvisionnement. De nouvelles obligations ont été imposées aux laboratoires pharmaceutiques afin qu’ils mettent en place des plans de gestion des pénuries (PGP). Mais l’efficacité de ces mesures apparaît jusqu’alors dérisoire et surtout, comme leur nom l’indique, ces plans visent à gérer les pénuries et non à les prévenir. Il conviendrait donc de substituer aux PGP des PGPP (plans de gestion et de prévention des pénuries). »

A but non lucratif

Afin de prévenir les pénuries, ces doux rêveurs « soutiennent l’idée » que « soient imposées dans l’urgence, aux laboratoires pharmaceutiques titulaires de l’autorisation de mise sur le marché, la constitution et la gestion de stocks de MITM sous forme de produits finis ». « En effet les laboratoires travaillent, par soucis d’économie, à flux tendu -comme les industriels de l’électroménager! Le plus souvent responsables des pénuries, ils sont les mieux à même d’en connaitre les causes et d’en prévoir la survenue, expliquent-ils. Plusieurs mois de stocks permettraient d’amortir les défauts d’approvisionnement. La pénurie avec ses conséquences pour les malades serait ainsi prévenue. »

Ils « soutiennent également l’idée » que soit rapatriée en Europe la production des « principes actifs » – ceux qui y étaient fabriqués il y a une quinzaine d’années. Et « soutiennent l’idée » que « soit créé un établissement pharmaceutique à but non lucratif, si possible européen, sinon français, comme aux Etats –Unis ».

Où l’on apprend que de l’autre côté de l’Atlantique, « à l’initiative de médecins indignés par les conséquences des multiples pénuries pour les malades et choqués par les augmentations itératives de prix », plus de cinq cents établissements hospitaliers se sont réunis pour fonder un établissement pharmaceutique de ce type produisant des médicaments passés dans le domaine public ». La création d’une telle structure permettrait selon eux  de prévenir les pénuries et sera le garant de la qualité des médicaments et de prix justes et pérennes.

Prévenir la pénurie plutôt que la gérer ? Comment ne plus être, de fait, complice ? Interrogé Big Pharma, comme toujours, se taira. Ou jargonnera. On attend désormais les propositions des responsables hospitaliers français – à commencer par celle du directeur général de l’AP-HP et du patron de la Fédération Hospitalière de France.  Auront-ils le courage, eux et Agnès Buzyn, d’engager un bras de fer avec les géants de Big Pharma ? Qui, ici, l’emporterait : la logique capitalistique pharmaceutique ou l’exécutif sanitaire ?

A demain @jynau

1 Professeurs et médecins des hôpitaux signataires de la tribune : Jean-Paul Vernant, Gilles Montalescot, Véronique Leblond, Alain Astier, André Grimaldi, Philippe Grimbert, François Bricaire, Cécile Goujard, Richard Isnard, Jacques Young, Francis Berenbaum, Christine  Katlama, Alain Fischer, Corinne Haioun, Thomas Papo, Joël Ménard, Eric Caumes, Louis Jean Couderc, Jean-Philippe Spano, François Boué, Anne Gervais, André Baruchel, Sophie Crozier, Pierre-Marie Girard, Xavier Mariette, Didier Bouscary.

Démontré: le sperme humain congelé peut se rapprocher des frontières de l’éternité. Et après ?

Bonjour

Aux grands froids la PMA éternellement reconnaissante. Ce sont des données qui ont été présentées lors de la 35ème réunion annuelle de l’European Society of Human Reproduction and Embryology organisée à Vienne : « Long duration of sperm freezing makes no difference to live birth rates in large sperm bank study ».  Un travail présenté par le Dr Chuan Huang (Changsa-Hunan Sperm Bank, China). Des données reprise par la rédaction de santelog.com. Des données qui peuvent donner le vertige.

Où il apparaît que la durée du stockage par congélation du sperme humain ne semble pas affecter les taux de succès des FIV ; une conclusion tirée de l’analyse rétrospective de 119.558 échantillons de sperme de donneurs de la banque de sperme de Hunan. Pour cette analyse, les échantillons ont été répartis en trois  groupes : ceux conservés dans un cryostockage de six mois à cinq ans ; de six à dix ans ans ; de onze à quinze ans.

Conclusions : le taux de survie des spermatozoïdes congelés, après la décongélation, diminue au cours de la période d’étude de quinze ans, passant de 85% à 74% ; cette baisse n’a toutefois que peu d’effet sur le taux de grossesse et de natalité chez les femmes qui utilisent ces échantillons, avec des taux cumulés de naissances vivantes de 82,17%, 80,21% et 80,00% respectivement dans les trois groupes.

Précision : ces taux de réussite élevés ont été atteints avec du sperme de « donneur sélectionné », c’est-à-dire des donneurs évalués en bonne santé par examens physiques et psychologiques et exempts d’antécédents familiaux de maladie génétique.

 Ainsi donc le stockage du sperme chinois « à long terme ne semble » pas affecter les taux de natalité. Or de nombreuses autorités sanitaires ont fixé à dix ans le délai de conservation du sperme (et des ovocytes) -exceptions faites de certaines raisons médicales (comme la préservation de la fertilité avant traitement stérilisant). La littérature ne fournit cependant aucune donnée claire pour justifier cette limite de délais ; seule explication :  la crainte que les spermatozoïdes puissent subir des altérations génétiques dont la fréquence serait allée en augmentant avec le temps.

Pourquoi faudrait-il, ici, appliquer aveuglément un principe de précaution qui n’a pas de raison d’être ? A fortiori en situation de pénurie. On observera qu’en Chine il n’existe pas de limite de durée de stockage du sperme. Ce n’est là que l’une des questions soulevée par ces données. D’autres surgissent et surgiront dès lors que, parallèlement au réchauffement climatique, on prendra toute la mesure de ce que peuvent fournir les grands froids dans la conservation des cellules sexuelles de l’espèce humaine.

A demain @jynau