Homosexualité : en Suisse un médecin français estime pouvoir la traiter par homéopathie 

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L’étrange est aussi à nos frontières. Aujourd’hui dans la cité de Calvin, à la Une du quotidien Le Courrier (Rachad Armanios): « ‘’Remèdes contre l’homosexualité’’ : Le chef de la Santé à Genève, choqué par les propos d’un médecin sur l’homosexualité, a saisi la commission de surveillance des professions de la santé et des droits des patients.

Où l’on apprend que les autorités suisses ont, mercredi 15 août, ouvert une enquête concernant un médecin français – un docteur en médecine qui qualifie l’homosexualité  de « symptôme » pouvant faire l’objet d’un traitement homéopathique.

Ce médecin généraliste et naturopathe exerce depuis 2004 à Genève et Lausanne. Il a également créé un télé-enseignement payant sur Internet consacré aux « médecines alternatives ». Sur son site :

« Jean-Yves HENRY est un médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Il développe depuis 1988 des bases de données biologiques et des systèmes-experts d’aide au diagnostic et au choix thérapeutique 

« Installé en Suisse, il coordonne l’enseignement de la FFMI ( www.medecine-integree.com ). Publication d’une dizaine d’ouvrages médicaux, dont : une « Matière Médicale diathésique » et un « Répertoire de Médecine intégrée », qui organisent la pathologie et la thérapeutique, mettant en lumière sur les liens existants entre l’homéopathie, la MTC, la psychologie et la biologie sérique. » 

Conseiller d’Etat du canton de Genève, et alerté via les réseaux sociaux, Mauro Poggia, a demandé l’ouverture d’une enquête. Il estime que le fait que le médecin semble penser que l’homosexualité soit une maladie à guérir est « un élément suffisant pour ouvrir une enquête ». Pour sa part le président de l’Association des médecins genevois, Michel Matter, cité par la RTS, parle de « charlatanisme »Des associations de personnes homosexuelles envisagent pour leur part de saisir la justice.

Joint par téléphone par la télévision publique RTS, le Dr Jean-Yves Henry (né en 1947 et diplômé de l’université de Bordeaux) affirme ne pas comprendre l’effervescence provoquée par son article publié en 2009 sur son site.

Choix de vie « respectable »

Sur son site, le médecin écrit que « l’homosexualité n’est pas une pathologie, mais un symptôme particulier (choix de vie respectable) de patients “border-line” ». Et ajoute:

« Il se trouve que la Matière médicale homéopathique comporte des remèdes présentant ce symptôme (attirance pour une personne d’un même sexe) … parmi beaucoup d’autres.

« Garçons : Argentum nitricum … Don Juanisme (n’a pas pu choisir son sexe !), multiplication des expériences amoureuses par peur de rater quelque chose (et donc infidélité chronique ++) ; Pulsatilla (si) …  immaturité et demande de dépendance : « aimes-moi deux fois moi, puisque moi et l’autre c’est pareil …» ; Platina (au) … problématique de séduction et de domination, NB. si travesti  (cf. les “drag queens”) : aspect hystérique surajouté.

« Filles : Lachesis (ge) … dominatrice et jalouse, revanches à prendre ; Sepia (mg) … par difficulté à « rencontrer » l’altérité et à accepter sa féminité. Souvent dans un parcours de “non-détachement paternel” = sorte d’Amazone au “Sur-moi” très fort, qui ne vit que dans un auto-contrôle strict ; Natrum muriaticum … situation de deuil et mélancolie –> régression : patiente anxieuse, agitée, déteste qu’on la touche. Dysmorphophobie (cellulite ++), désir de “faire comme les autres filles“, mais ne peut pas se décider. »

Réfléchir/Rembourser

Dans une note en bas de la page, le Dr Henry apporte quelques précisions :

« Ce bref article professionnel spécialisé à  ‘’bénéficié’’ d’un traitement médiatique particulier de la part d’une journaliste de la revue « Au féminin », rapidement relayé par certains média qui a fait bondir la fréquentation de notre site ! Le médecin qui guéri l’homosexualité avec l’homéopathie” ! Ce titre accrocheur, destiné à faire le buz sur la toile, est bien éloigné de la réalité.

Nous regrettons bien sûr que cette personne ne nous ai pas d’abord contacté pour se faire expliquer l’approche particulière que constituait l’homéopathie : le symptôme « homosexualité » n’étant pour ces praticiens qu’un des 64 000 symptômes des bases de données sur lesquelles nous travaillons quotidiennement.

Cet article, vieux de dix ans qui n’avait jamais fait polémique au niveau professionnel, était avant tout destiné à faire réfléchir nos étudiants aux rapports entre les remèdes de la matière médicale et les symptômes comportementaux. L’homéopathe attentif recoupera ce symptôme avec d’autres présentés par le patient, dans le but de trouver le remède susceptible de corriger les régulations défaillantes de tous ordres qui peuvent être motifs de consultation (maux de tête, troubles digestifs, etc …). »

L’étrange ? En France la question est de savoir si les prescriptions homéopathiques doivent, ou non, être prise en charge par l’assurance maladie. C’est une très vieille question politique à laquelle n’a toujours pas répondu l’actuelle ministre Agnès Buzyn.

A demain

 

Rugby : plaqué, le jeune Louis Fajfrowski, a-t-il succombé à une «sidération cardiaque» ?

Bonjour

Voici venu le temps des hypothèses. À quoi Louis Fajfrowski a-t-il succombé, le vendredi 10 août dans le vestiaire du stade Jean-Alric d’Aurillac ? « L’examen médico-légal a permis d’éliminer quelques pistes. Mais pasencore de lever le mystère » résume L’Equipe du 15 août (Laurent Compistron, avec A.Ba. et A. Bo.).

 « Qu’a révélé l’autopsie ? Pas grand-chose, dans un premier temps. L’examen à l’oeil nu des organes vitaux de Louis Fajkrowski, décédé vendredi soir après trois malaises dans le vestiaire du stade Jean-Alric d’Aurillac, quelques minutes après un plaquage au thorax subi en plein match contre Rodez, n’a pas éclairé le médecin légiste de l’Institut médico-légal de Clermont-Ferrand. ‘’Les constatations ne sont pas probantes et ne permettent pas de conclure à la cause du décès’’, a déclaré à l’AFP le magistrat d’Aurillac. Conséquence ?

 « Des prélèvements ont été effectués sur les organes du défunt afin de procéder à des analyses toxicologiques et anatomopathologiques approfondies. Selon le même magistrat, elles devraient permettre de savoir si la disparition du jeune ailier de vingt et un ans n’est pas consécutive à un ‘’arrêt cardiaque lié à des produits dopants’’, ce que personne n’ose imaginer à Aurillac, ou à des ‘’traumatismes du myocarde invisibles à l’oeil nu’’. Ces investigations ne rendront leur verdict que dans une période incompressible de six à huit semaines. »

Mais encore ? Nos confrères de L’Equipe ont enquêté dans les milieux médicaux. Le Pr Jean Chazal, neurochirurgien hospitalo-universitaire réputé, parlant clair et (à ce titre) exclu du premier cercle médical des gros pardessus du rugby français :

« Une commotion peut se produire sans lésion visible. Ensuite le rachis n’a pas été lésé. Et il n’y a pas eu d’hémorragie intra-thoracique, sur les organes comme le cœur ou les poumons, ni intra-abdominale. Si le point d’impact a bien été thoracique, il faut regarder le cœur. On parle beaucoup  de commotions cérébrale dans le rugby, mais on pourrait très bien parler de commotions cardiaques ! Le cœur peut aussi être sidéré, comme le cerveau. »

« Suivi médical assez costaud »

Le cœur sidéré ? Dans L’Equipe le Pr Xavier Jouven, cardiologue parisien réputé, (AP-HP) partage le point de vue de son confrère neurochirurgien :

« Il arrive qu’un choc brutal au niveau du cœur fasse passer quelqu’un en fibrillation ventriculaire. C’est connu dans le base-ball où des joueurs peuvent recevoir la balle à pleine vitesse dans cette zone. Des scientifiques américains ont d’ailleurs fait le test sur des cochons en tirant des balles de tennis dans le cœur. Dans ce cas on constate que le cœur par complètement en vrille (…) Plus le choc est situé près du cœur plus il est grand. Cela peut arriver sur des cœurs sains et à l’autopsie on ne relève aucune anomalie. »

Pour le Pr Xavier Jouven ce phénomène n’est pas connu dans le rugby. Du moins jusqu’à présent.

« Mais selon moi il ne fait pas de doute que le choc a déclenché cette fibrillation. Le joueur a sans doute connu une arythmie durant le temps où il est resté au sol avant de faire une fibrillation dans les vestiaires. »

 Ce phénomène porte un nom : Commotio cordis. D’autres spécialistes restent sur l’hypothèse de la commotion cérébrale et évoquent le « syndrome de second impact ». Quant au président du Stade Aurillacois Cantal Auvergne il précise à L’Equipe que ce jeune joueur « avait un suivi médical assez costaud ». « Des choses ont peut-être échappé aux différents médecins qui l’ont examiné mais, à ma connaissance, il n’avait aucune malformation. »

 A demain

Pour tuer des condamnés, l’opioïde fentanyl est du meilleur effet : premier cas au Nebraska

Bonjour

Fête-t-on l’Assomption dans l’Etat du Nebraska ?

Le mardi 14 août 2018, pour la première fois au Etats-Unis (et sans doute au monde) un condamné à mort a été exécuté dans le Nebraska par une injection létale à base de fentanyl. C’est là un analgésique opioïde, dérivé de la phénylpipéridine, qui interagit principalement sur les récepteurs morphiniques µ du cerveau, de la moelle épinière et des muscles lisses.

« Il présente un effet analgésique rapide et une courte durée d’action, nous apprend le site de l’antique dictionnaire Vidal.  Le fentanyl possède un effet analgésique environ 100 fois plus puissant que celui de la morphine.Ses principaux effets thérapeutiques sont analgésiques et sédatifs. Les concentrations sériques de fentanyl qui induisent un effet analgésique minimal chez les patients non traités antérieurement par des opioïdes fluctuent entre 0,3 et 1,5 ng/ml ; la fréquence des effets indésirables augmente lorsque les concentrations plasmatiques dépassent 2 ng/ml. »

Commercialisé en France sous une dizaine de marques ce médicament est officiellement prescrit dans la prise en charge des accès douloureux paroxystiques d’origine cancéreuse, comme analgésie postopératoire, dans les anesthésies, contre les douleurs chroniques intenses ainsi que dans les neuroleptanalgésies.

Au Nebraska il aura, pour la première fois, servi à tuer. L’affaire est racontée dans The New York Times : « Fentanyl Used to Execute Nebraska Inmate, in a First for U.S. ». Une double première pour cet État situé au cœur de la région des Grandes Plaines et du Midwest. Le Nebraska n’avait pas exécuté de prisonnier depuis 1997. Et il s’agissait de la première mise à mort par injection létale de son histoire. Carey Dean Moore a été tué après avoir été condamné pour deux meurtres commis en 1979. Son exécution a, nous assure-t-on, duré environ une vingtaine de minutes.

Aimer avant d’être tué

« Calme et posé », selon les représentants des médias, M. Moore s’est tourné vers ses proches pour leur adresser ses derniers mots : « Je vous aime ; Je vous aime ; Je vous aime ».

Puis il est mort après l’injection d’une association de quatre substances, dont trois n’avaient encore  jamais été utilisées lors d’une exécution : diazépam, fentanyl et cisatracurium associé au chlorure de potassium.

Soucieux d’élargir la perspective du sujet les médias rapportent que la consommation de fentanyl, est responsable aux Etats-Unis d’un épidémie de morts par overdoses – plus de 20 000 décès en 2016. Sans oublier quelques célébrités dont Prince (2016) et Dolores O’Riordan (2018), égérie des Cranberries.

Carey Dean Moore, lui, ne chantait pas. Ou rarement. Ses avocats arguaient que sa condamnation à mort avait été commuée en peine de prison à perpétuité en 2015 quand le Nebraska avait aboli la peine capitale. C’était un an an avant que les électeurs la rétablissent par référendum.  Le condamné aura passé 38 ans de sa vie dans le couloir de la mort. On dit qu’il avait fait savoir qu’il ne voulait plus que son exécution soit repoussée.

Il semble, tout bien pesé, que l’Assomption ne soit pas fêtée dans l’Etat du Nebraska.

A demain

Cigarette électronique : à quel titre pourrait-on interdire de vapoter au grand air ?

Bonjour

Qui dira les vertus démocratiques et pédagogiques de la presse écrite ? Le Parisien / Aujourd’hui en France du 14 août 2018 (Elsa Mari avec Ch. B.) consacre sa Une à la la vague montante, dans l’Hexagone, des interdictions de fumer en plein air. Et le site des buralistes français ne cache pas son intérêt pour le sujet. En soulignant que « créer de l’interdit n’est pas une solution ».

C’est ici la dernière étape en date d’un processus de prohibition spatiale vieux de plus de quarante ans.1976 : une loi défendue par Simone Veil interdit de fumer dans certains espaces (hôpitaux, ascenseurs…) et impose la mention « abus dangereux » (sic) sur les paquets de cigarettes. 1991 : une loi défendue par Claude Evin crée des zones fumeurs et non-fumeurs dans les lieux et les transports publics. 2006 : un décret prohibe la cigarette dans tout les « lieux publics » – y compris les entreprises. La mesure prendra également effet l’année suivante, saufs exceptions, dans les cafés, restaurants bars et discothèques. Dans les lycées et collèges, l’interdiction est étendue aux cours de récréation.

Parc Georges-Brassens

Puis le mouvement continue : la consommation de tabac sera bientôt interdite dans les aires de jeux et dans les voitures transportant des enfants de moins de 12 ans – de même que le vapotage dans certains lieux publics. Et en juin dernier Strasbourg est devenue la première ville française à interdire totalement le tabac dans ses parcs et jardins.

Depuis le mois dernier, Paris fait de même dans six parcs et squares : Jardin Anne-Franck (3e) ; Jardin Yilmaz-Güney (10e) ; Square Trousseau (12e) ; Square Henri-Cadiou (13e) ; Parc Georges-Brassens (15e) ; Square des Batignolles (17e). Un mouvement encouragé par le gouvernement. « Cela fait partie des stratégies inscrites dans le Programme national de lutte contre le tabac 2018-2022 », a indiqué le ministère de la Santé au Parisien. Agnès Buzyn compte sur les municipalités pour « augmenter le nombre d’espaces sans tabac (plages, installations sportives, parcs…) relevant de leurs compétences ».

« Le mouvement est déjà bien lancé. Dans le Sud, Cannes (Alpes-Maritimes) a pris un arrêté pour interdire jusqu’à fin septembre narguilés et chichas sur une large partie de son territoire, y compris les plages. Plus de clope non plus sous le parasol à Nice, Menton, Saint-Malo, Royan… précise encore Le Parisien. Sur l’ensemble de la France, on compte désormais 973 « espaces sans tabac », le label officiel décerné par la Ligue contre le cancer et reconnu par le ministère de la Santé. Une cinquantaine de plages, des parcs, jardins mais aussi des zones de loisirs, des entrées d’école ou d’hôpitaux. »

Puis l’on entend Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes français : « Quel est le sens de ces actions ? On est face à des gens qui font du spectacle. Créer de l’interdit n’est pas une solution. » M. Coy n’en dira pas plus.

Cigarette, bonheur et vapotage

On connaît le premier objectif de ces interdictions : lutter contre la pollution des mégots – sujet avec lequel un proche d’Emmanuel Macron tentait il y a peu de faire rire.  « Il faut dénormaliser la présence de tabac dans les lieux publics, explique encore le Dr Alexandre Feltz, addictologue et adjoint (SE) au maire de Strasbourg. Les enfants qui voient des adultes fumer dans des espaces de loisirs associent la cigarette au bonheur. » Le Dr Feltz est-il bien certain quant au lien de causalité ? Il ne nous le dit pas.

Le Parisien nous conduit aussi à La Ciotat (Bouches-du-Rhône) – première commune française à avoir interdit la cigarette sur le sable d’une plage. Sept ans plus tard, son maire (LR) Patrick Boré s’en félicite. « On a longtemps distribué des cendriers que l’on retrouvait enfouis dans le sable. Depuis, les enfants ne font plus des châteaux de mégots, c’est redevenu familial. » Ces mesures visent aussi à aider ceux qui n’arrivent pas à décrocher. « La contrainte entraîne l’arrêt », assure-t-il. Punir pour sanver, en somme. C’est là un bien beau sujet de philosophie médicale et politique.

Et demain ? Les promoteurs de l’interdit ont déjà d’autres cibles : les terrasses, les lieux de concerts et spectacles en plein air. « Nous, on ne fera rien de plus. Ce sera aux futurs élus de s’en charger, il faut y aller progressivement », temporise Alexandre Feltz. Quant au ministère, il se contente d’indiquer qu’« il n’est pas prévu de nouvelle mesure législative ». Pour l’instant.

Et Le Parisien va un peu plus loin en donnant la parole au Pr Alexandre Duguet, pneumologue à la Pitié-Salpêtrière (AP-HP). Extrait :

 « La liberté individuelle est magnifique quand elle n’a pas d’impact sur les autres. Or, fumer dans les lieux publics, c’est priver les non-fumeurs de respirer un air pur. Le tabac est le seul produit autorisé qui tue un consommateur sur deux. Il rapporte 15 milliards d’euros par an à l’Etat et en coûte 120 milliards. Ce n’est pas une question de liberté car les fumeurs ne sont pas libres. 80 % d’entre eux aimeraient arrêter mais ils n’y parviennent pas, ils sont dépendants. Et pourquoi ? Car le tabac est une drogue. Avec l’héroïne, c’est celle dont il est plus le difficile de se débarrasser. Si on l’interdisait, on pourrait sauver 78 000 vies par an, l’équivalent d’un Stade de France.

  « Je suis par exemple pour interdire la cigarette sur les terrasses. Demandez aux non-fumeurs ce qu’il s’y passe ? Il y a une gêne très importante. Je ne suis pas non plus pour instaurer des trottoirs fumeurs et non-fumeurs comme aux Etats-Unis ou l’interdire dans la rue. Il faut un peu de répression, prendre des mesures sur les prix et surtout une vraie aide au sevrage. Cela veut dire rembourser tous les substituts nicotiniques, rendre les consultations gratuites. On n’a rien à inventer, juste à suivre ce qui a été fait ailleurs et qui a fonctionné. C’est une question de courage politique. »

Courage  politique ? Quel dommage que le Pr Alexandre Duguet omette de traiter de la cigarette électronique…. Et dans l’attente une question : à quel titre, de quel droit, les interdits frappant le tabac, les cigarettes et leurs mégots devraient-ils concerner le vapotage et ses volutes ? Par quel méchant syllogisme politique pourrait-on assimiler les conséquences sanitaires publiques d’une affection de longue durée (le tabagisme ) à des pratiques qui ont précisément pour objet d’en réduire les risques (le vapotage)– et ce sans aucun danger pour le voisinage immédiat ?

Courage politique : combien faudra-t-il encore attendre, sur ce point, pour entendre Agnès Buzyn ?

 A demain

 

 

 

 

Jeu de rugby : qui a tué Louis Fajfrowski, qui est responsable et pourquoi est-il mort ?

Bonjour

Ecouter Graeme Allwright dans « Qui a tué Davy Moore ? ».

Louis Fajfrowski, 21 ans joueur de rugby du club d’Aurillac est mort le 10 août dernier. Mort après avoir subi un choc lors d’un match amical. Un placage « viril mais correct ». On apprend aujourd’hui que l’autopsie pratiquée le 13 août à l’institut médico-légal de Clermont-Ferrand n’a pas permis de déterminer la cause exacte du décès.

« Les constatations du médecin légiste ne sont pas probantes et ne permettent pas de conclure à la cause du décès, a précisé Mars Rous, substitut du procureur de la République. Des prélèvements ont été effectués en vue de réaliser des analyses toxicologiques et anatomo-pathologiques ». On sait déjà que les résultats de ces nouvelles analyses ne seront pas connus avant un mois et demi ou deux mois.

« Wouhhhh »

La Montagne avait rapporté que le jeune joueur, titulaire au centre de l’attaque du Stade aurillacois (Pro D2), était sorti du terrain en seconde période du match contre le club de Rodez (Fédérale 1) après avoir été l’objet d’un plaquage. Sonné, il avait pu se relever avec l’aide des soigneurs avant de se rendre par ses propres moyens aux vestiaires, accompagné d’un médecin. C’est aux vestiaires qu’il a perdu connaissance à plusieurs reprises. Pris en charge par le service médical et les secours supplémentaires arrivés sur place, il n’a pas pu être ranimé. Midi Olympique rapporte les faits :

« 50e minute : lancer en touche pour Rodez, sur les 22 mètres aurillacois. Le ballon, cafouillé, retombe chez les locaux. Relance immédiate. Une passe, puis une deuxième vers Louis Fajfrowski qui s’empare du ballon. Et, presque immédiatement, il prend un énorme tampon. Une clameur, de ces « Wouhhhh » qui résonnent dans les stades sur les chocs destructeurs, s’élève de la tribune garnie de la jeunesse cantalienne. Les copains, les copines, les familles, les joueurs de la veille sont là. Sur l’action, les Ruthénois récupèrent le ballon abandonné au contact et filent à l’essai, en contre.

« Assis en tribunes, Latuka Maïtuku et Kevin Savea, troisième ligne et talonneur du Stade, ont assisté à la scène. Leur analyse ? Rien de condamnable, sur l’action« Le plaquage était régulier. Dans le mouvement, sec. Dur, même. Mais rien de répréhensible, effectivement. Le genre d’impact qu’on voit tous les week-ends, en Top 14 et en Pro D2″ se souviendra Maxime Petitjean, le lendemain. « Le joueur d’Aurillac a hérité du ballon avec peu de vitesse. Le troisième ligne de Rodez, lui, arrivait à pleine vitesse. Il l’a plaqué au niveau de la zone poitrine-sternum, confirme Jérémy Rozier, arbitre de cette rencontre. Avec l’écart de vitesse, c’était impressionnant. L’impact a fait un gros bruit, mais il n’y avait rien de répréhensible. Le défenseur touche la bonne zone et encercle avec les bras. Des plaquages comme ça, j’en vois tous les week-ends. Même au 7, que j’arbitre souvent. » »

Deux pistes considérées sont aujourd’hui évoquées dans le milieu médical spécialisé : un arrêt cardiaque lié à des produits dopants (rien, à ce stade, ne soutient cette hypothèse) ou une pathologie cardiaque méconnue et indécelable à l’autopsie. D’où les prélèvements destinés à la toxicologie et à l’anatomopathologie.

Simple corrélation ou lien de causalité entre le placage et le décès, l’affaire commence à faire grand bruit dans le monde du rugby. Cette mort fat suite à celle d’Adrien Descrulhes, 17 ans, qui a succombé à un traumatisme crânien après un match, en mai dernier. Deux morts qui relancent comme jamais la polémique sur les nouveaux risques liés à l’inquiétante évolution de ce sport – un sport qui ne cesse de gagner en violence, en chocs et en commotions cérébrales.

Le courage de Midi Olympique

Il faut lire, ici, l’éditorial signé Emmanuel Massicard dans le Midi Olympique du 13 août. Intitulé « La nausée » il dénonce courageusement un sport « de plus en plus destructeur », mettant « ses propres acteurs en danger à force de collisions à très grande vitesse »

« Nous ne fermerons pas les yeux. Pas question de céder à la complicité. Midi Olympique continuera ainsi de donner la parole à tous les Chazal du monde 1 qui viendront éclairer le débat, prêts à se pencher sur la santé des joueurs et sur l’avenir de ce jeu évoluant contre sa propre nature. Un jeu de plus en plus destructeur, qui met ses propres acteurs en danger à force de collisions à très grande vitesse. Un jeu de plus en plus con – on se répète, hélas – à force d’oublier la moitié de son ADN: la recherche de l’évitement qui lui conféra longtemps une force créatrice enviée par tant d’autres disciplines.

Il n’est plus temps de se bercer d’illusions sans quoi, c’est sûr, nous risquons d’avoir d’autres nausées et de pleurer d’autres Louis. Il n’est plus temps de croire que les seules mesures mises en place feront des miracles et nous protègeront du danger qui plane. Il y a désormais urgence et il faut agir pour voir, demain, le rugby changer radicalement dans son approche du jeu, en assumant ses maux actuels et la propre menace qu’il génère pour avoir cédé au tout physique. »

Dans « Qui a tué Davy Moore ? » Graeme Allwright s’interroge, après Bob Dylan, sur les responsables de la mort à 29 ans, d’un champion du monde de boxe (poids plume). C’était le 21 mars 1963. Après un violent crochet Davy Moore chute, se heurte la tête et décède deux jours plus tard. En 1963 la boxe était florissante. Un demi siècle plus tard elle ne fait plus recette.

A demain

1 Il s’agit ici du Pr Jean Chazal, neurochirurgien et doyen honoraire de la faculté de médecine de Clermont-Ferrand. Cet « ancien référent » de la Ligue nationale de rugby (LNR) en matière de commotions, s’était alarmé face à ces drames. Lanceur d’alerte atypique, il redoutait depuis des mois dans les médias la mort d’un joueur sur le terrain, une liberté de ton guère du goût des instances du rugby français qui lui avaient fait savoir qu’il avait, sur ce sujet, tout intérêt à se taire.  Une réponse bien peu confraternelle vient de lui être donnée, sur le site Rugbyrama, par le Dr Bernard Dusfour, président de la commission médicale de la LNR.

 

 

 

 

Corbeaux, tabac et politique : l’humour de Christophe Castaner, ministre de la République 

Bonjour

Tout commence sur franceinfo. On y apprend, le 10 août, que six corbeaux, spécialement dressés pour le ramassage des mégots de cigarettes et des déchets, participeront bientôt au nettoyage du parc de loisirs du Puy du Fou. Information donnée par son président, Nicolas de Villiers, fils de Philippe de Villiers. Explications données à l’AFP :

« L’objectif n’est pas simplement de nettoyer, car les visiteurs sont globalement respectueux de la propreté, mais aussi de mener une action pédagogique montrant que la nature elle-même peut nous apprendre à faire attention à l’environnement. L’idée a germéil y a plusieurs années, dans l’esprit de l’un des fauconniers du parc, à partir de l’observation des oiseaux. Le Corbeau freux, est un oiseau particulièrement intelligent, qui lorsqu’il est dans une atmosphère affective porteuse, aime communiquer avec l’homme et établir une relation avec lui par le jeu. »

C’est ainsi que Christophe Gaborit, spécialiste de l’« affaitage » des rapaces, a inventé un récipient contenant d’un côté des croquettes, « dont raffolent les corbeaux » et, de l’autre, un espace vide, destiné à « accueillir des mégots, ou autres petits déchets ». Et lorsque le corbeau dépose un mégot dans la boîte, un mécanisme se déclenche, et une croquette lui est délivrée. « Motivés par la récompense », les corbeaux ont « vite compris comment fonctionnait le jeu » se réjouit M. de Villiers.

 Et c’est ainsi qu’au célèbre Puy du Fou on a installé une seule boîte, « de la taille d’une brouette », permettant à tous les oiseaux de déposer le fruit de leur récolte – et à Christophe Gaborit de jouer les « chefs d’orchestre »En  moins de trois quarts d’heure, un corbeau est capable « de remplir un seau ».

Fumeurs, parias et croquettes  

L’affaire a beaucoup plu à Christophe Castaner, 52 ans, ancien responsable socialiste devenu un fidèle d’Emmanuel Macron.  Un homme de poids : délégué général de de La République en marche il est aussi, en même temps, secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement. Et M. Castaner de se gausser sur Twitter :

« Christophe Castaner‏Compte certifié @CCastaner Suivre @CCastaner

Et si on essayait avec les fumeurs: un mégot pas jeté par terre, une croquette! #Education Un mégot recyclé, deux croquettes? »

Le corbeau, freux ou pas n’est jamais très loin de l’augure.  « Depuis longtemps je m’indigne de cette opprobre constante sur les fumeurs, et de l’adoption de mesures stigmatisantes, plutôt que de chercher à les aider » nous fait observer Yvon Rolland :

« Je râle aussi de plus en plus sur cette étiquette que l’on colle aux fumeurs de ‘’nouveaux parias’’, sur lesquels on peut tout se permettre… Et l’actualité nous en propose une nouvelle démonstration. Comme par prémonition, j’avais senti le coup venir, avec cette histoire de corbeaux ramasseurs de mégots. Rabaisser les fumeurs, plutôt que de les aider et à leur permettre de relever la tête, est-ce donc la politique du gouvernement en matière de lutte contre le tabagisme qu’exprime là M. Castaner ? »

Ancien responsable socialiste le ministre Castaner goûte l’humour froid. Prochain sujet, sur Twitter:  comparer les hommes politiques à des corbeaux « friands de croquettes », des oiseaux motivés par la « récompense », et comprenant somme toute assez vite comment « fonctionne le jeu ». Succès assuré.

A demain

 

L’exécutif feint de l’ignorer mais la e-cigarette est le premier outil de ceux qui veulent arrêter

Bonjour

Qu’attend le gouvernement pour se saisir, enfin, du levier anti-tabagique électronique ? Pourquoi, sur ce dossier, Agnès Buzyn est-elle médiatiquement absente ? Pourquoi le nouveau Directeur général de la Santé a-t-il rompu les ponts construits par son prédécesseur avec les révolutionnaires du vapotage ?

Le site des buralistes français reprend, sur le thème de la lutte contre le tabagisme, les commentaires du Pr Bertrand Dautzenberg qui ,sur le thème de la lutte contre le tabagisme, était, le 10 août, interrogé sur France 5. Et ce spécialiste atypique de rappeler ces vérités, trop souvent passées sous silence par les autorités sanitaires :

« Il faut savoir que la cigarette électronique est le premier recours des Français pour arrêter de fumer.

« D’ailleurs, selon moi, il faut absolument l’intégrer au parcours d’arrêt du tabac, tout comme le sont déjà les substituts nicotiniques, car c’est un moyen d’arrêter de fumer par plaisir et non par effort. L’arrivée de la cigarette électronique a aussi eu un impact positif sur les jeunes … »

La cigarette électronique premier recours pour lutter contre la première cause de mortalité évitable en France… La e-cigarette, achetée par ses utilisateurs, loin devant les substituts nicotiniques – ces substituts qui commencent (enfin) à être pris en charge par la collectivité. Pr Dautzenberg:

« Le remboursement intégral des substituts est une excellente mesure selon moi pour encourager les patients à arrêter. Il suffira d’aller à la pharmacie avec sa carte vitale et sa carte de mutuelle, sans aucun reste à charge. Je pense que cette mesure aura un impact immense notamment sur les plus gros fumeurs … »

 La cigarette électronique qui, en toute logique, devrait venir compléter un dispositif politique associant le paquet neutre et l’augmentation (trop) progressive des prix.

Les chiffres incomplets de la Douane française

 La Direction générale de la Douane vient de publier les chiffres officiels du marché du tabac pour la France continentale  (les livraisons en volume aux buralistes pour lee mois de juillet) :Cigarettes : -2,40 % ; Tabac à fumer (à rouler et à pipe) : -0,23 % ; Cigares et cigarillos : + 7,16 % ; Tabac à priser et à mâcher : + 9,01 %.  Soit un marché total du tabac se situant aux alentours de -1,85 %. Tendance en cumul, depuis le début de l’année, sur sept mois pour la totalité du marché total : -9,2 %.

Des chiffres qui doivent toutefois être rapprochés de ceux du dernier rapport KPMG sur la contrebande et la contrefaçon du tabac en Europe. Un rapport élaboré en collaboration avec le think tank britannique RUSI (Royal United Services Institute). Il précise que le marché parallèle en France (achats frontaliers plus contrebande et contrefaçon) représente 24,6 % de la consommation de tabac, la France étant pays constitue, en volume, le plus gros marché européen de tabac et de contrefaçon. Commentaire de British American Tobacco (BAT) France:

« La France reste championne d’Europe du marché parallèle avec 24,6% des cigarettes consommées en dehors du réseau officiel des buralistes en 2017. À la suite de la politique de choc de prix mise en place en 2018, la situation risque de s’aggraver cette année. Les résultats préliminaires des études « ramasses paquets » de 2018 indiquent d’ailleurs un regain de la contrebande de 9% au second semestre et de 15,6% de l’ensemble des achats hors réseau ». KPMG souligne d’ores et déjà̀ que la tendance à la baisse observée en 2017 s’inverse au regard des hausses fiscales menées par le gouvernement. »

Au-delà des mafias, de Big Tobacco  et de la contrebande qu’attend le gouvernement pour se saisir, enfin, du levier anti-tabagique électronique ? Pourquoi, sur ce dossier, Agnès Buzyn est-elle médiatiquement absente ? Pourquoi le nouveau Directeur général de la Santé a-t-il rompu les ponts construits par son prédécesseur avec les révolutionnaires du vapotage ?

A demain