Covid-19: les quatre dérangeantes propositions «pragmatiques » signées de deux spécialistes

Bonjour

10/08/2020. La double peine, tissulaire et thermométrique. Après Bruxelles et Madrid, le port du masque est devenu, depuis ce matin, obligatoire dans certains quartiers très fréquentés de Paris. Berges de la Seine, hauteurs de Montmartre, rue Mouffetard, ses miracles et son Eglise Saint-Médard. La Seine-Saint-Denis, les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et le Val-d’Oise sont aussi concernés.

Prévue pour une durée d’un mois (renouvelable) cette mesure doit permettre, selon les autorités sanitaires, d’enrayer un rebond du virus qui fait craindre une seconde vague de l’épidémie. La tâche s’annonce toutefois délicate en pleine période de canicule. Ces dernières 48 heures, dans plusieurs pays européens, on enregistre des températures dépassant les 35°C – aussi de nombreux habitants et estivants estiment-ils ne plus pouvoir respecter toutes les mesures sanitaires qui leur sont imposées _ à commencer par vivre masqués.

Question-transition  : l’exécutif doit-il se remettre en question dès lors que les mesures qu’il impose ne sont pas appliquées – et que la menace de la sanction financière (difficilement applicable) est sans effet sur le citoyen, touriste ou pas ? Plus généralement le moment n’est-il pas venu de réfléchir à de nouvelles modalités préventives prenant en compte la réalité « de terrain » et le choix éclairé du citoyen.

On vient, dans ce domaine, d’observer l’édifiante controverse lancée par le Pr Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses de La Pitié-Salpêtrière :

« Ce qui semble ne pas avoir été compris dans mes propos c’est que de toute façon les jeunes n’en ont rien à faire. Il faut composer avec cette réalité incontournable ou assumer d’envoyer police ou armée pour faire respecter la distanciation ou le port du masque.

« Comme ce n’est pas fait, avec juste raison, je pense qu’il faut composer – c’est à dire relever le positif (immunité dans ce groupe qui s’avérera bien utile au moment de reprendre école, collèges, lycées et universités), tout en avertissant des dangers pour eux (formes rares possibles aussi, même si rares), et pour les autres (respect des anciens). »

Phosphorer collectivement sur le sujet 

Toujours au nom du pragmatisme, pour mieux avancer dans les prochaines semaines,  nous découvrons aujourd’hui les quatre « propositions schématiques » élaborées par les Prs Antoine Flahault, spécialiste d’épidémiologie (Institut de santé globale, Genève) et  Thomas Hanslik, spécialiste de médecine interne, (Hôpital Ambroise Paré, AP-HP).

« Proposition 1. Chercher un consensus sur l’évaluation du risque Covid-19 selon l’âge : 40 ans : très rarement autre chose qu’une banale infection respiratoire aiguë ; 40-80 ans : parfois une mauvaise grippe qui peut tourner au vinaigre ; après 80 ans, aussi dangereux qu’Ebola.

« Proposition 2. Prioriser la prévention selon le niveau de risque en incitant à se protéger le mieux possible : personnes âgées de plus de 50, 70, 80 ans ; personnes à risque, obèses, hypertendues, diabétiques en particulier de sexe masculin ; personnes socialement précaires.

« Proposition 3. Encourager les familles au format « jeunes enfants et parents quarantenaires » qui le souhaitent à vivre presque normalement (bars, concerts, spectacles …) mais à bien se masquer en dehors du cocon familial et à s’isoler en cas de « PCR + » ou de contacts à risque.

« Proposition 4. Inciter chacun(e) à évaluer la part de risque qu’il (ou elle) est prête à accepter : par exemple, je peux avoir 85 ans et souhaiter continuer à voir régulièrement mes enfants et/ou petits-enfants, ou pas. »

Le temps est-il venu où de telles propositions pourront faire l’objet de débats scientifiques et médicaux, citoyens et démocratiques et d’une analyse transparente des données par l’exécutif ? Faut-il au contraire redouter qu’elles soient regardées de haut par le Conseil scientifique ? Serait-il encore trop tôt pour phosphorer collectivement sur le sujet ?

A demain @jynau

Politique : le Pr Delfraissy aurait-il déjà remplacé Olivier Véran au ministère de la Santé ?

Bonjour

09/08/2020. Il se disait quelque peu lassé des multiples fonctions qu’il occupait. C’est oublié. On retrouve chaque jour ou presque dans les médias le Pr Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique chargé d’aider le gouvernement à gérer la crise sanitaire. Aujourd’hui c’est dans Le Journal du Dimanche (Anne Laure Barret).   Il annonce que le Premier ministre « devrait envoyer une note invitant les métropoles à se préparer en associant les Agences régionales de santé, les préfets et les décideurs locaux ». Une annonce et exclusivité on ne peut plus politique.

Sur une éventuelle reprise de l’épidémie «  la situation paraît contenue, mais elle reste très fragile », analyse-t-il. Une population plus jeune est actuellement touchée. « Tout l’enjeu de cet été est de convaincre celle-ci de prendre des précautions pour son entourage et pour elle-même », souligne le Pr Delfraissy opposé sur ce sujet, on le sait, au Pr Eric Caumes.

Mais la grande affaire, c’est le masque – un masque affirme-t-il, « dont le port à l’extérieur va s’imposer ». Où l’on retrouve étrangement le président du Conseil scientifique, en accord avec l’urgentiste médiatique Patrick Pelloux pour « une obligation à l’extérieur » qui « simplifierait la compréhension du message ». Et puisque nos comportements doivent changer, précisons que le Pr Delfraissy « préfère l’incitation, assortie d’un travail d’explication, à la coercition même si celle-ci est parfois nécessaire » (sic).

Transgresser la frontière entre science et politique ? 

Le gouvernement n’a pas suivi l’avis de son Conseil scientifique prônant une quarantaine pour les passagers revenant par avion en France depuis des « zones rouges » …. Il faut comprendre le gouvernement.

Dans son dernier avis le Conseil scientifique critique le manque de clarté de la stratégie gouvernementale en matière de tests ? « Il faut que le gouvernement précise bien les choses sur les objectifs des tests PCR ». Bien séparer ceux à visée diagnostique et ceux à visée de dépistage … Le gouvernement a-t-il trop tardé à rendre le masque obligatoire dans les lieux clos après avoir nié son intérêt ? « Au lieu de polémiquer, je me félicite que  cette décision ait été prise, car elle est rationnelle » répond-il.

Où l’on en vient, une nouvelle fois, à se demander pourquoi le Conseil scientifique n’a pas, déjà, pris la place de l’exécutif. Ou, pour le dire autrement, aux passionnantes questions relatives à la « République des savants » (Christophe Bonneuil) :

« L’histoire et la sociologie des intellectuels conçoivent l’intellectuel comme « un homme ou une femme qui applique à l’ordre politique une notoriété acquise ailleurs » , et l’on peut alors définir l’engagement des chercheurs comme mise en jeu dans l’espace public d’une parole dont l’autorité est liée à sa position dans le champ scientifique. Mais l’engagement public d’un scientifique ne va pas de soi aujourd’hui. Prendre parti publiquement sur un problème, n’est-ce pas déroger à la neutralité scientifique, transgresser la frontière entre science et politique ? »

Qui, sur ce thème organisera un débat entre, par exemple, Jean-François Delfraissy et Olivier Véran ?

A demain @jynau  

RU486: polémique, en Italie, sur l’assouplissement de l’utilisation de la «pilule abortive»

Bonjour

08/08/2020. Qui, en France, se souvient encore de la violente polémique sur le « RU486 » (mifépristone) cette « pilule abortive » ? Quatre décennies plus tard, dans une Europe que l’on présente comme unie, voici que la polémique émerge de l’autre côté des Alpes.

Le gouvernement italien a décidé d’assouplir ses conditions d’utilisation a annoncé samedi 8 août le quotidien (centre-gauche) La Repubblica. Selon cette information exclusive en une du journal de centre-gauche, les nouvelles recommandations du ministère de la Santé permettront aux femmes souhaitant avorter d’avoir recours à la pilule RU486 en ambulatoire – alors que jusqu’ici trois jours d’hospitalisation étaient recommandés.

Interrogé par La Repubblica (et cité par l’AFP) le ministre de la Santé Roberto Speranza a défendu son choix : «Les arguments scientifiques sont très clairs. Le Conseil supérieur de la Santé et les sociétés de gynécologie et d’obstétrique ont exprimé un avis favorable. Ces nouvelles recommandations représentent un progrès important».

En Italie, pays où la tradition catholique résiste, le recours à l’avortement, légalisé en 1978, est compliqué par le fait que 70% des gynécologues invoquent l’objection de conscience pour ne pas pratiquer d’IVG. « La pilule abortive représente actuellement 20% des avortements, la méthode chirurgicale étant la plus répandue. Cette décision permet aussi de mettre fin aux disparités entre régions, qui en Italie sont compétentes en matière de santé, résume l’AFP.  En juin, une polémique avait éclaté lorsque la présidente de la région Ombrie, Donatella Tesei, membre de la Ligue (extrême droite), avait interdit le recours à la pilule abortive sans hospitalisation. Cette décision, condamnée par les partis de gauche et des intellectuels comme Roberto Saviano, avait entraîné des manifestations de protestation de milliers de femmes. » 

Tradition catholique ? L’assouplissement du recours à la pilule abortive a suscité de nombreuses réactions. Le journal de la conférence épiscopale italienne Avvenire a dénoncé «une annonce surprise, dévoilée seulement à La Repubblica», qui «ouvre la voie à l’avortement pharmacologique à domicile».  Le Parti démocrate (PD, centre-gauche, au pouvoir) a salué une décision «juste» en faveur de «l’avortement pharmacologique, sûr et moins invasif que par voie chirurgicale», tandis que le parti Fratelli d’Italia (extrême droite) a fustigé «une décision absurde et dangereuse».

C’est ainsi qu’aujourd’hui, faute d’harmonie, qu’une Europe, cahin-caha, se construit.

A demain @jynau

Covid-bashing : le Directeur général de la santé chez les pionniers mayennais persécutés

Bonjour

7/08/2020. Est-ce la canicule ou la pandémie qui pousse, parfois, des représentants de l’exécutif à user de termes empruntés à d’autres langues. Osons : une sorte de version moderne et inversée du Sous-préfet aux champs de Daudet. Aujourd’hui nous sommes loin de La-Combe-Aux-Fées. Et le Sous-préfet poète est remplacé par le Directeur général de la santé.

En visite dans la Mayenne ce vendredi 7 août, le Pr Jérôme Salomon a assuré à la presse que le département «pourrait repasser sous le seuil de vigilance dans les prochains jours – et ce alors qu’il fait face à un bashing ces dernières semaines, en raison d’une forte augmentation des cas de Covid-19». Une information rapportée par Le Figaro.

« Bashing » : « Le terme signifie « dénigrement ». En anglais le verbe « bash » veut dire frapper, cogner. Le bashing, c’est se défouler en critiquant, insultant, colportant des rumeurs et mensonges sur quelqu’un, un groupe ou quelque chose. Une personne peut devenir alors la cible de la haine d’un groupe entier. Quand il s’agit du bashing d’une communauté ou d’un peuple, véhiculant des préjugés ou des idées xénophobes, il peut même provoquer des conflits. Les nouvelles technologies et les réseaux sociaux facilitent ce phénomène car, sous couvert de l’anonymat, les agresseurs n’ont plus peur des représailles. »

Persécutions

« Quelles sont les racines de ce mépris teinté de dégoût qui ressort parfois de la conversation de certains Américains lorsqu’ils évoquent notre si beau et si merveilleux pays ? Bref: le french bashing, ça vient d’où ? — (Du «french bashing» en Amérique, slate.fr, 23 mars 2011) »

Pourquoi ce « bashing » mayennais alors que dans ce département trop méconnu des Français l’incidence baisse plus vite que le taux de dépistage, signe que le virus circule moins activement» (Jean-Jacques Coiplet, directeur général de l’ARS Pays de la Loire, présent lors de la conférence de presse) ? On est dans une dynamique de baisse – avec un taux de positivité de 1,1% et un taux d’incidence (pour 1.000.000 de personnes) s’élevant à 36,3%. Soit l’un des taux les plus faibles» de la région. Plus de 16% de la population mayennaise a été testée à ce jour.

Ajoutons qu’en Mayenne, il n’y a pas de nouveau «cluster» depuis le 31 juillet. Au total 25 ont été recensés, 22 sont encore « actifs » et trois ont été « clôturés » (sans nouveau cas positif rattaché au foyer initial). Le préfet de la Mayenne Jean-Français Treffel a toutefois rappelé que les «autorisations de rassemblements de plus de 10 personnes seront refusées jusqu’au 31 août». Les Mayennais en souffrent-ils ? Qu’en fut-il des touristes des berges de la Mayenne, aux confins de l’Anjou et du Maine ?

Et Jérôme Salomon de conclure à sa façon : « Vous avez pu vous sentir persécutés mais vous avez en fait été des pionniers ; votre exemple doit être suivi par les autres». « Pionniers persécutés », vraiment ? Ou « bashés » ?

A demain @jynau

Alerte : la Direction générale de la santé interdit désormais les ventilateurs dans les collectivités

Bonjour

07/08/2020. Jusqu’où ira-t-on ? A quoi peut conduire une politique sanitaire ayant sa propre conception, plus que jacobine, de la réduction des risques ? Qui prend, jour après jour, des décisions de portée nationale, sur quelles bases et qui sera chargé de leur évaluation ?

Près de cinquante département français ont été placé en « vigilance orange canicule ». Un épisode prévu pour durer plusieurs jours. Pour la première fois les risques sanitaires inhérents à la canicule s’ajoutent à ceux de l’épidémie de Covid. La Direction générale de la santé (DGS) a recensé, jeudi 6 août, 1 604 nouvelles contaminations au SARS-CoV-2 en l’espace de vingt-quatre heures – sans préciser le nombre des tests pratiqués.

Et la DGS de souligner que le bilan de l’épidémie de Covid-19 depuis le 1er mars s’établit à 30 312 morts, soit sept décès de pus que la veille. Le nombre de cas graves nécessitant une réanimation est passé de 384 à 390. Le nombre de personnes hospitalisées pour Covid-19 s’élève jeudi à 5 060, soit 88 patients de moins que la veille .

Dans un tel contexte, face à la canicule. L’ agence Reuters cite ici la DGS : « Les ventilateurs ne doivent pas être utilisés en collectivité, dans les milieux clos où se trouvent plusieurs personnes. Ils peuvent être utilisés dans le milieu familial, en l’absence de personnes malades ou par une personne seule », précise-t-elle. En outre, « les masques ne doivent pas être humidifiés pour préserver leur efficacité ».

Haro, donc, sur les précieux ventilateurs, hier recommandés, dans les EHPAD surchauffés. Par qui (et sur quelles bases scientifiques) une telle décision a-t-elle été prise ? La DGS ne fournit, ici, ni de nom ni de bibliographie.

A demain @jynau

Covid: Le Pr Caumes désavoué par le président du Conseil scientifique du gouvernement

Bonjour

05/08/2020. Lancée par le Pr Eric Caumes et rapportée par le menu dans ces colonnes la controverse ne cesse de prospérer. Rappelons la position, sur une question pratique et politique majeure, du chef du service des maladies infectieuses de la Pitié -Salpêtrière :

« Ce qui semble ne pas avoir été compris dans mes propos c’est que de toute façon les jeunes n’en ont rien à faire. Il faut composer avec cette réalité incontournable ou assumer d’envoyer police ou armée pour faire respecter la distanciation ou le port du masque.

« Comme ce n’est pas fait, avec juste raison, je pense qu’il faut composer – c’est à dire relever le positif (immunité dans ce groupe qui s’avérera bien utile au moment de reprendre école, collèges, lycées et universités), tout en avertissant des dangers pour eux (formes rares possibles aussi, même si rares), et pour les autres (respect des anciens). »

Réponse ce matin, sur RTL, (Jérôme Florin) du Pr Jean-François Delfraissy, toujours omniprésident du Conseil scientifique du gouvernement  – et, ici, porte-parole officieux d’un exécutif en semi-vacances.

« L’épidémie de cet été touche beaucoup les sujets jeunes. Reprenons ça autrement : ce sont les jeunes qui prennent le moins de distanciation sociale, qui portent le moins le masque. Les messages de prévention ont du mal à passer. Ce sont eux qui se contaminent », a-t-il souligné. Pour autant, le président du Conseil scientifique se place en total désaccord avec le professeur Eric Caumes qui propose de  laisser les jeunes se contaminer entre eux pour participer à « l’immunité collective ».

« Surtout pas ! », « Surtout pas ! », martelle Jean-François Delfraissy qui explique -euphémisme- être en « léger désaccord » avec son confrère.   « Si on laisse les jeunes se contaminer entre eux avec son idée d’obtenir une immunité collective plus importante, ça a été réalisé en Suède et ça n’a pas marché. Et y a eu une contamination très importante des personnes âgées, plus importante qu’en France. Si on laisse le virus circuler dans cette population jeune, forcément à un moment donné, il va nous échapper » prévient-il. Les mesages de prévention concerne aussi les jeunes. »

Pourquoi ces silences d’Olivier Véran et de Jérôme Salomon (DGS)

Pour le reste le citoyen, submergé par des médias en boucles sanitaires permanentes, peine à s’y retrouver. Il apprend ainsi que  les rassemblements culturels (spectacles, concerts etc.) « de plus de 5000 personnes » pourront être autorisés, à compter du 15 août, par les préfets en respectant «certaines conditions» sanitaires, a indiqué mardi 4 août le ministère de la Culture dans un communiqué. La distanciation d’un siège entre deux personnes ou groupes de personnes est requise ainsi que le port du masque, rappelle le ministère, après la publication d’un décret fin juillet annonçant de possibles dérogations pour tous les rassemblements.

En pratique, à compter du 1er septembre 2020, « les spectacles, festivals, concerts, ainsi que les foires et salons », pourront se tenir, « sans jauge, ni autorisation préfectorale ». De nouvelles informations sur l’évolution des mesures sanitaires seront disponibles aux alentours du 24 août, affirme le ministère, alors que les divers secteurs du spectacle vivant n’ont cessé d’alerter sur la pérennité de leurs activités, du fait de l’interdiction de grands rassemblements avec la crise du coronavirus.

Dans le même temps le même citoyen apprend que le SARS-CoV-2 continue de circuler en France. Deux personnes en sont décédées ces dernières 24 heures, portant à 30.296 le nombre total de victimes depuis le début de l’épidémie, a annoncé le mardi 4 août la Direction Générale de la Santé (DGS) dans son communiqué quotidien. 1039 nouveaux cas ont été dépistés ces dernières 24 heures. 139 nouvelles admissions à l’hôpital ont été recensées, portant à 5162 le nombre total de malades actuellement hospitalisés.

Parmi eux, 21 nouveaux patients graves ont été admis en réanimation depuis hier, portant le solde de patients dans ces unités à 388, contre 384 hier. Les régions «Île de France, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Hauts-de-France et Guyane regroupent 70% des malades en réanimation», précise la DGS. A quand les spectacles, festivals, concerts, ainsi que les foires et salons dans ces régions ?

Une DGS qui, pas plus que le ministre Olivier Véran, n’ont encore  répondu de manière circonstanciée et transparente à la dérangeante proposition du Rr Eric Caumes. Le citoyen, spécialiste ou pas, aimerait un jour prochain comprendre pourquoi.

A demain @jynau

Covid : Tousser de façon volontaire et ostentatoire est désormais passible d’un carton rouge

Bonjour

04/08/2020. Jusqu’où ? La toux est désormais interdite sur les terrains de football où l’on joue devant des gradins vides. Du moins certaines toux. « Uu joueur qui toussera de façon volontaire vers un joueur adverse ou vers un arbitre durant un match pourra être sanctionné d’un carton rouge » annonce l’AFP. Ainsi, nous dit-elle, en a décidé mardi 4 août l’International Football Association Board (IFAB), la puissante institution mondiale chargée de veiller depuis 1886 sur les règles du football.

L’affaire n’est pas sans rappeler la décision prise il y a quelques décennies par les responsables des fédérations de rugby 1 après la découverte des modes de transmission du VIH : l’impossibilité, pour un joueur, de rester sur le terrain en cas de blessure sanglante.

La nouvelle règle s’appliquera jusque dans le football professionnel où, pourtant,  les joueurs sont en général régulièrement testés et donc supposés ne pas être porteurs (et transmetteurs) du nouveau coronavirus. L’IFAB a expliqué que l’arbitre pourrait décider qu’une telle toux entre dans la règle condamnant toute action « agressive, insultante ou abusive » de la part d’un joueur.

« Comme pour toutes les violations du règlement, l’arbitre devra juger quelle est la vraie nature de cette violation, a expliqué l’IFAB. Si c’est clairement accidentel, l’arbitre n’aura pas à agir, de même que si la “toux” s’est produite à une distance suffisante de tout autre joueur. » Pour sa part la fédération anglaise de football a aussitôt annoncé mardi que cette mesure serait appliquée au niveau du football amateur et de loisir avec effet immédiat. On ne plaisante pas.

A demain @jynau

1 Hasard ou fatalité. Saisissons cette occasion pour évoquer le départ à la retraite d’une « plume » du journalisme « sportif » : Pierre-Michel Bonnot, plus de quarante ans aux service de L’Equipe, style, humour et causticité – et quelques papiers inoubliables sur le jeu de rugby. L’Equipe lui consacre trois pages, dont un bien beau portrait signé de Vincent Duluc, autre « plume » de cette maison unique en France ; une maison aujourd’hui en grande difficulté. Hasard et fatalité.

 

Covid-19 : la provocation du Pr Eric Caumes face aux recommandations du Conseil scientifique

Bonjour

04/08/2020. Ainsi donc deux conceptions, deux stratégies s’opposent au grand jour. D’une part celle développée par le Pr Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses (Pitié-Salpêtrière). De l’autre celle, globale, développée par le Conseil scientifique du gouvernement qui vient d’émettre un nouvel avis documenté à l’adresse de l’exécutif. Résumons à très grands traits. Pour être clair et compris le Pr Caumes nous a adressé ces quelques lignes :

« Ce qui semble ne pas avoir été compris dans mes propos c’est que de toute façon les jeunes n’en ont rien à faire. Il faut composer avec cette réalité incontournable ou assumer d’envoyer police ou armée pour faire respecter la distanciation ou le port du masque.

« Comme ce n’est pas fait, avec juste raison, je pense qu’il faut composer – c’est à dire relever le positif (immunité dans ce groupe qui s’avérera bien utile au moment de reprendre école, collèges, lycées et universités), tout en avertissant des dangers pour eux (formes rares possibles aussi, même si rares), et pour les autres (respect des anciens). »

Daté du 27 juillet l’avis du Conseil scientifique est ainsi sous-titré : « Se préparer maintenant pour anticiper un retour du virus à l’automne ». les auteurs expliquent qu’il s’inscrit dans un contexte français où récemment le virus circule de façon plus active, avec une perte accentuée des mesures de distanciation et des mesures barrières. On peut notamment y lire:

«Vu la faible circulation du virus sur le territoire français depuis la fin du confinement, il
est attendu que l’immunité collective reste très inférieure au seuil des 50% à 70% requis
pour empêcher la circulation active du virus. Cette notion est bien sûr à prendre en
compte pour les décisions à prendre lors d’une éventuelle survenue d’une 2ème vague.»

« L’enjeu des ‘’20 grandes métropoles’’ »

« L’équilibre est fragile et nous pouvons basculer à tout moment dans un scénario moins contrôlé comme en Espagne par exemple, ajoutent-ils. A moyen terme, cet avis envisage ce que pourrait être une reprise de la circulation du virus à un haut niveau à l’automne 2020. La réponse à cette probable deuxième vague devra être différente de la réponse à la première vague, car nous disposons d’outils pour y répondre ». Avec cette précision de taille à l’attention de l’exécutif  : la réponse devra s’appuyer « sur un choix politique et sociétal et pas seulement sanitaire (…) Les décisions devront faire l’objet d’une discussion avec la société civile et une nouvelle politique de communication devra être menée.

En écho au Pr Caumes les auteurs de l’avis soulignent qu’au vu de la circulation du virus sur le territoire français depuis le début de l’épidémie, « il est attendu que l’immunité collective reste très inférieure au seuil des 50% à 70% requis pour empêcher la circulation active du virus ».Pour autant il n’en tirent nullement les mêmes conclusions. Et d’ajouter :

«  Il est hautement probable qu’une seconde vague épidémique soit observée à l’automne ou hiver prochain. L’anticipation des autorités sanitaires à mettre en place opérationnellement les plans de prévention, de prise en charge, de suivi et de précaution est un élément majeur. Le Conseil scientifique insiste sur deux points essentiels concernant les tests : – Définir, clarifier et présenter rapidement une nouvelle doctrine d’utilisation des tests : vision de diagnostic d’une part, vision de dépistage et de santé publique d’autre part, par les autorités de santé. – Rendre l’accès aux tests plus accessible au « consommateur ». Tester de façon large. »

« L’enjeu des ‘’20 grandes métropoles’’ 1, dans lesquels les risques de propagation du virus sont important, est essentiel. Un « confinement local » plus ou moins important en fonction de l’épidémie doit faire l’objet d’une préparation dans ces zones à forte densité de population. Le développement de messages de santé publique locaux, combiné à une gestion ciblée de l’épidémie intégrant le soutien aux personnes vulnérables et la prise en compte des inégalités sociales est indispensable. »

Deux stratégies, schématiquement, s’opposent. Il reste à un exécutif (qui semble toujours comme dépassé par les événements) à trancher et agir au plus vite dans la clarté. Et à répondre, publiquement, au Pr Eric Caumes.

A demain @jynau

1 Extraits :

« Le premier pic épidémique de la crise de la COVID-19 a montré la fragilité des métropoles à des risques sanitaires de ce type et ou d’autres comme des risques environnementaux (Rouen /Lubrizol) par exemple. Ainsi la surmortalité liée au COVID-19 a été plus importante dans les zones les plus denses (données INSEE).

« L’évolution actuelle dans différents pays montre que la reprise de l’épidémie se produit sous la forme de clusters critiques soit dans des espaces professionnels à forte promiscuité (abattoirs, foyers de saisonniers, …) soit dans des métropoles (Leicester, Melbourne, etc ). Dans ces zones à fortes densités de population, des actions de confinement localisé sont prises pour contenir et arrêter la propagation du virus et pour sauver des vies. Les enseignements tirés de ces expériences sont importants à prendre en compte pour développer un plan « Métropole » français. On peut noter que des pays comme l’Angleterre ont développé de tels plans sous la conduite de Public Health England (PHE). 

« Il est impératif de mobiliser et solliciter les autorités locales des 20 premières villes de France afin qu’elles conçoivent et opérationnalisent des plans locaux d’intervention en cas de menace sanitaire comme dans le cas de l’épidémie COVID-19 à l’instar de ce qui est fait au Royaume – Uni et en Allemagne. »

Covid-19. Prophétie et soudaine dramatisation : que cherche donc le directeur de l’OMS ?

Bonjour

03/08/2020. Serait-ce pour faire oublier ses coupables atermoiements de janvier et de février ? Depuis quelques jours l’OMS, par la voix de son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus use d’un nouveau registre : dramatique. Le 31 juillet, il déclarait que «cette pandémie est une crise sanitaire comme on n’en voit qu’une par siècle, et ses effets seront ressentis pour les décennies à venir». Rappelons que nous ne sommes qu’en 2020 – et que l’histoire a amplement montré qu’un seul siècle peut être marqué par plusieurs pandémies de taille.

Pourquoi jouer ainsi au prophète en épidémiologie ?

Aujourd’hui 3 août, récidive : Tedros Adhanom Ghebreyesus fait savoir qu’il n’y aurait peut-être jamais de solution définitive contre la pandémie de Covid-19 – et ce en dépit de la course aux vaccins en cours. «Il n’y a pas de panacée et il n’y en aura peut-être jamais», a déclaré le directeur général de l’OMS, au cours d’une conférence de presse en ligne. Avant d’ajouter :  «Les essais cliniques nous donnent de l’espoir. Cela ne veut pas nécessairement dire que nous aurons un vaccin efficace, notamment sur la durée.»

Pourquoi ainsi, anticiper et dramatiser ?

Peut-être, tout simplement pour faire une nouvelle fois la promotion des « gestes barrières », des «bonnes pratiques» et des «engagements politiques». « Le comité d’urgence de l’OMS qui vient de se réunir  a été très clair: quand les dirigeants travaillent de façon très étroite avec les populations, cette maladie peut être maîtrisée, a-t-il souligné. Il faut contenir les flambées, «tester, isoler et traiter les patients, rechercher et mettre en quarantaine leurs contacts. »

Mais il faut aussi «informer», a-t-il ajouté – en pressant les populations de continuer, elles, à respecter les gestes barrières (distances physiques, port du masque, hygiène…) pour rompre les chaînes de transmission du coronavirus. «Le message aux gens et aux gouvernements est: faites tout cela. Et continuez quand c’est sous contrôle !, a-t-il encore lancé. Plusieurs pays qui semblaient avoir passé le plus dur connaissent de nouvelles flambées… ».

Tout cela est vrai. Qui oserait en douter ? Est-il nécessaire, pour autant, de tenir un tel discours à la population planétaire ?

A demain @jynau

Faut-il « laisser les jeunes se contaminer ? » : le Pr Eric Caumes confirme , la polémique enfle

Bonjour

03/08/2020. Pragmatisme ou provocation ? Ce sera donc une nouvelle polémique, médicale autant que politique. Elle a été lancée hier dans les colonnes du Parisien, par le Pr Eric Caumes : laisser les jeunes se contaminer entre eux pour favoriser une « immunité collective ». Après une première « volée de bois vert de ses confrères », le Pr Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière était l’invité de RTL. Il confirme, persiste et signe.

Et il assure « dire tout haut ce que beaucoup de ses confrères pensent tout bas ». « C’était assez réfléchi, je pars du constat que les jeunes ne nous ont pas demandé notre avis, ils se réunissent, font la fête parfois par milliers. À partir du moment où on ne fait rien pour empêcher ça, il faut l’accepter », souligne-t-il.

« Les jeunes sont les premières victimes économiques du virus, il faut les comprendre. Je me pose la question, je pense qu’il n’est pas interdit de se poser la question, je me demande même si on peut encore penser dans ce pays, poursuit le Pr Caumes. Ces jeunes ne sont pas dénués de formes graves, elles sont possibles. Maintenant, si on doit débuter l’immunité collective par une partie de la population la moins à risque, c’est par celle-là ».

Selon le professeur Éric Caumes, le problème aujourd’hui sont les rassemblements des jeunes. « Je constate le laisser faire », explique-t-il. D’où sa volonté de laisser les jeunes se contaminer entre eux. « De toute façon on n’a pas le choix, regardez comment ils se comportent. Vous voulez faire quoi ? Vous voulez envoyer l’armée ? ». Evoquant un « virus intelligent », ce spécialiste, qui reconnaît que sa proposition n’est pas «politiquement correcte », prend par ailleurs soin de bien préciser que cela vaut « à condition qu’ils ne voient pas leurs parents et leurs grands-parents » pour éviter d’être « un réservoir de contamination ».

« Je me demande si on habite le même pays »

« Ces propos sont très dérangeants et surtout à mon avis contre-productifs, nous a déclaré le Pr Antoine Flahault  directeur de l’Institut de Santé Globale de Genève.  Éric Caumes propose une solution à la nord-américaine avec le succès qu’on lui connaît. Je suis d’accord pour dire qu’on n’observe pas de seconde vague en Europe et aussi pour ne pas stigmatiser les jeunes, mais je persiste à penser que nous devons poursuivre sans relâche toutes les mesures qui visent à minimiser la transmission en attendant le vaccin. Cette stratégie reste jusqu’à preuve du contraire le meilleur moyen de prévenir un engorgement des hôpitaux et éviter le chaos que les USA qui ont aussi choisi de laisser faire (au début) ont connu, avant de faire machine arrière. »

Pour l’épidémiologiste Catherine Hill, cette stratégie serait « catastrophique ». Interrogée par LCI, elle rappelle que « les jeunes ne vivent pas sur une planète isolée » et « interagissent avec des personnes plus âgées ». La spécialiste ne croit d’ailleurs pas à la théorie de l’immunité collective, qui nécessiterait selon elle « que les deux tiers de la population aient rencontré le virus. […] Très mauvaise idée, irréaliste ». « Je ne suis pas du tout d’accord avec le professeur Caumes et je me demande si on habite le même pays. Les jeunes travaillent avec des vieux, croisent des vieux tout le temps, ils ne vivent pas dans une bulle», affirme-t-elle sur RTL.

Robert Sebbag, infectiologue : « Ces gens peuvent contaminer des personnes à risque et c’est ce qui nous fait extrêmement peur », a-t-il prévenu sur BFMTV . Une inquiétude partagée sur la même chaîne par le Pr Bruno Mégarbane, chef du service réanimation de l’Hôpital Lariboisière, qui met aussi en doute le bien-fondé des théories sur l’immunité collective. « En Suède, où on a tablé sur la circulation spontanée du virus, rappelle-t-il. L’immunité n’est pas si élevée et le nombre de décès rapporté à la population suédoise est beaucoup plus important que dans d’autres pays européens ».

« Envoyer l’armée » ? Au moment où le Pr Caumes s’exprimait sur RTL le premier ministre, Jean Castex arrivait à Lille pour une visite de quelques heures destinée à faire un point sur la résurgence de l’épidémie dans la métropole, où le port du masque est désormais obligatoire dans certains lieux publics ouverts. Il était accompagné non pas de la ministre des Armées mais de celui de l’intérieur, Gérald Darmanin – ainsi que de Gabriel Attal,  porte-parole du gouvernement. Nul ne sait si la proposition du Pr Caumes sera évoquée.

A demain @jynau