Génial : Donald J. Trump réussit haut la main le « Montreal Cognitive Assessment »

Bonjour

Génial ? Le Dr Ronny Jackson est le « médecin de la Maison Blanche ». Il a annoncé, le16 janvier 2018, que Donald J. Trump (depuis un an locataire de l’endroit) venait d’obtenir le « score maximal » (30/30)  au Montreal Cognitive Assessment (MoCA). Selon le Dr Jackson c’est son illustre patient  qui, de son propre chef,  avait demandé à passer ce test. Objectif affiché : faire taire les rumeurs persistantes concernant sa santé mentale, neurologique et psychiatrique 1. On précise aux journaliste que Donald J. Trump est le premier président des Etats-Unis à franchir cette épreuve

Jadis les médias en seraient restés là. Tel n’est plus le cas. Ils expliquent ainsi ce qu’est le « MoCA » : « un test destiné à évaluer les fonctions cognitives et à détecter des « dysfonctionnements cognitifs », en particulier quand il paraît s’agir de troubles légers ». « Toute inquiétude peut être levée au-delà de 26/30. Ce test a été conçu, au Canada, par le Dr Ziad Nasreddine. C’est, depyus douze ans, l’un des plus utilisés pour ce genre d’évaluations » précise Le Monde.

« Existant en de nombreuses versions et langues, il consiste en un court questionnaire d’une page destiné à mesurer entre autres la mémoire, les fonctions exécutives, les capacités d’abstraction, la concentration, le langage, le calcul, l’orientation dans le temps et l’espace. La durée du test est d’environ dix minutes.

Les personnes examinées ont instruction, par exemple, de copier un cube, dessiner une horloge indiquant une heure spécifiée (avec une note distincte pour le contour, les chiffres et les aiguilles), ou reconnaître trois animaux (par exemple un lion, un rhinocéros et un chameau). Elles doivent ensuite répéter une liste de mots (comme visage, velours, église, marguerite, rouge) et de chiffres, se les remémorer un peu plus tard, et exécuter une série de soustractions faciles de type 100-7, puis 93-7 et ainsi de suite… »

Le président des Etats-Unis aurait réussi haut la main l’épreuve du langage, selon le médecin. Il n’aurait eu aucun problème (ce n’est qu’un exemple) pour énumérer (en une minute) le maximum de mots débutant par la même lettre par exemple. Autre exemple d’énigme résolue par l’homme le plus puissant de la planète : donner le jour, le mois et l’année, de même que l’endroit et la ville où il se trouvait. Nul ne sait si on lui a demandé, à cette occasion, le nom du président des Etats-Unis. Le secret est bien gardé.

A demain

1 « Donald Trump: génie ou folie ? » Slate.fr 16 janvier 2018

 

Gestation pour autrui,  autorisée ou condamnée : Emmanuel Macron changera-t-il d’opinion ?

Bonjour

A chaque jour son sujet bioéthique médiatique. Hier relance de la polémique sur le secret des origines paternelles après insémination artificielle. Aujourd’hui nouvelle tribune, dans Le Monde, visant à entrouvrir la porte légale à la pratique de la gestation pour autrui (GPA) : « On ne peut plus ignorer les enfants nés par GPA ». Les cent-dix signataires 1 demandent que le débat qui va s’ouvrir à l’occasion de la révision des lois de bioéthique soit … « un véritable débat ». Entendre : que l’on y aborde la question de la GPA définie comme « une des techniques d’assistance médicale à la procréation ».

Cette demande part d’un constat : « les enfants nés par le recours à la GPA sont là » :

« Ils ont des parents, hétérosexuels ou homosexuels. Ils sont des milliers, de plus en plus visibles, on ne peut plus les ignorer comme des fantômes et faire comme s’ils n’existaient pas. On ne peut pas continuer à bafouer leurs droits en ignorant les jugements de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui ne cesse de condamner la France. »

Mais dans le même temps les signataires estiment qu’il faut « lutter efficacement et avec détermination contre les dérives de la GPA et les mafias qui en profitent » :

« Nombreux sont ceux, en France, qui s’alarment à juste titre de la marchandisation et de la réification dont peuvent être victimes des femmes pauvres dans certains pays, mais aussi des parents d’intention qui se font maltraiter et les enfants qui peuvent se retrouver dans des tourments dramatiques. Eh bien, combattons ces situations odieuses !

 « A l’image de la convention de La Haye encadrant l’adoption internationale et luttant contre les trafics d’enfants, nous prônons une convention internationale sur la GPA, condamnant de façon efficace toutes les atteintes aux droits fondamentaux des personnes, seul moyen de lutter contre les situations où la dignité des femmes et la sécurité des enfants ne sont pas respectées. »

 Ne pas en rester là

Les signataires estiment encore que le moment est venu, en France, « d’ouvrir sur la GPA en général un débat serein, argumenté et informé » :

 « Un tel débat existe dans de grandes démocraties des protocoles de GPA pensés et aménagés de façon parfaitement éthique, et dont les pratiques sont étayées par des études validées. Plusieurs pays voisins, comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Portugal, la Grèce, ont déjà débattu et même légalisé la GPA sur leur sol. Aujourd’hui, la réalité des nombreux témoignages vient contredire les fantasmes brandis par certains. »

Premier objectif : « obtenir la transcription intégrale à l’état civil français de la filiation de l’enfant né par GPA lorsqu’elle a été établie légalement à l’étranger à l’égard de ses parents ».

On aurait pu en rester là. Mais les signataires vont plus loin dans leur propos et, du même coup, fragilisent leur démarche. C’est ainsi qu’ils écrivent que les adversaires les plus acharnés à la GPA « sont souvent ceux qui se sont opposés naguère à la contraception, à l’interruption volontaire de grossesse, à la procréation médicalement assistée (PMA) ». « Nombre d’entre eux n’acceptent toujours pas l’homoparentalité, alors que la loi de 2013 a tranché » croient-ils nécessaire d’ajouter tout en demandant que l’on débatte « de manière apaisée ».

Femmes exploitées

Ils oublient de rappeler l’opposition exprimée par Emmanuel Macron ainsi que les arguments développés par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) qui, dans son dernier avis, s’est une nouvelle fois opposé à cette pratique :

« En conclusion, le CCNE reste attaché aux principes qui justifient la prohibition de la GPA, principes invoqués par le législateur : respect de la personne humaine, refus de l’exploitation de la femme, refus de la réification de l’enfant, indisponibilité du corps humain et de la personne humaine. Estimant qu’il ne peut donc y avoir de GPA éthique, le CCNE souhaite le maintien et le renforcement de sa prohibition, quelles que soient les motivations, médicales ou sociétales, des demandeurs. »

 «Je suis pour reconnaître des droits égaux à nos concitoyens, je suis très sensible au respect de la filiation, à la vraie conception de la famille, c’est aussi pour cela que je suis contre la gestation pour autrui » avait pour sa part déclaré le président de la République en octobre dernier, motivant son propos par le respect de «la dignité du corps de la femme». Il avait ajouté : « et je souhaite qu’on ne puisse pas passer de la PMA à la GPA subrepticement ».

 A demain

 1 Les premiers signataires de ce texte sont : Michèle André (sénatrice honoraire, ancienne secrétaire d’Etat), Elisabeth Badinter (philosophe), Laurence Brunet (juriste), Geneviève Delaisi de Parseval (psychanalyste), Annie Ernaux (écrivaine), Anne Fagot-Largeault (professeure émerite au Collège de France), Maurice Godelier (anthropologue), Martine Gross (sociologue), Michael Grynberg (gynécologue obstétricien), Christophe Honoré (cinéaste), Dominique et Sylvie Mennesson (coprésidents de l’association Clara), Jacques Milliez (membre de l’Académie nationale de médecine), Alain Milon (sénateur LR du Vaucluse), Israël Nisand (gynécologue obstétricien), François Olivennes (gynécologue obstétricien), Michelle Perrot (historienne), Laëtitia Poisson-Deleglise (présidente de l’association MAIA), Muriel Robin (humoriste et comédienne), Pierre Rosanvallon (professeur au Collège de France), Elisabeth Roudinesco (historienne de la psychanalyse), Alfred Spira (membre de l’Académie nationale de médecine), Irène Théry (sociologue) et Alexandre Urwicz (président de l’Association des familles homoparentales).

Ventes historiques à Paris : après le Parti socialiste, le siège de l’Assistance Publique

Bonjour

Tout est à vendre au sein du périphérique. Le siège de l’antique Parti socialiste comme celui de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP). C’est acté :  le plus grand CHU de France va vendre son siège social historique, aujourd’hui encore situé avenue Victoria, dans ce qui reste du vieux cœur battant de la capitale.

Destination ? Ce sera une artère coronaire périphérique : un « nouveau bâtiment au sein de l’hôpital Saint-Antoine ».  L’information vient d’être donnée, sous les vieux ors hospitaliers, par le directeur général Martin Hirsch – lors de la présentation de ses vœux pour cette nouvelle année  « J’ai décidé une profonde transformation du siège de l’AP-HP […] dans des locaux plus modernes, avec des effectifs plus resserrés, a-t-il déclaré. Mon choix s’est arrêté sur l’hôpital Saint-Antoine, où nous construirons un nouveau bâtiment. »

Centimètre carré

Où l’on voit que la première personne du singulier n’est toujours pas détrônée. Situé dans l’Est parisien, ce lieu a l’avantage d’être installé « au cœur d’un ensemble hospitalier, qui reste central et bien desservi », a expliqué Martin Hirsch. Voilà qui est heureux.

L’argent ? Le déménagement « prévu en 2021 » sera compensé par la vente du siège actuel. Il est constitué de deux immeubles proches de l’Hôtel de Ville, avec vue sur la Seine et sur l’Hôtel-Dieu, situé en face, sur l’île de la Cité. Qui pourrait ne pas en rêver ?

On n’ose imaginer ce qu’il en est, déjà, du prix du centimètre carré.  Martin Hirsch : « La différence entre le produit de cette vente (…) et la réalisation du nouveau siège sera intégralement réinjectée dans notre plan d’investissement pour les hôpitaux ».  Comment mieux le dire : la réinjection  de liquidités, voilà notre avenir !

A demain

 

Mille et une voix s’élèvent pour dénoncer le garrot posé sur les hôpitaux français

Bonjour

Une tribune et un cri.

La tribune réunit mille signatures de médecins et cadres hospitaliers 1. On la trouvera sur le site de Libération.

Le cri est celui d’une jeune infirmière qui compare l’hôpital à « une usine d’abattage ». Elle vient d’adresser une « lettre ouverte à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la santé ». Infirmière diplômée depuis un an et demi, Mathilde Basset dresse un bilan très sombre de ses premiers mois de pratique. Employée depuis trois mois au centre hospitalier du Cheylard (Ardèche), la jeune femme de 27 ans achève son contrat « avec dégoût et la boule au ventre ».

« Elle a confié son désarroi dans une lettre ouverte qu’elle a publiée sur son profil Facebook. Depuis le 27 décembre, ce témoignage a été partagé plus de 18 600 fois et suscité plus de 2 200 commentaires, précise Le Quotidien du Médecin (Stéphane Long). Dans ce texte, Mathilde Basset décrit ses conditions de travail, d’abord au sein du service de médecine/SSR/Urgences, où il lui est arrivé de prendre en charge seule 35 patients, puis à l’EHPAD, un étage plus bas. » Des conditions ahurissantes. Combien y a-t-il, en France, de Mathilde Basset ?

La tribune. Pour l’heure ils sont un millier a avoir répondu à l’appel des professeurs André Grimaldi, Jean-Paul Vernant et de la docteure Anne Gervais – un millier à alerter publiquement sur la crise montante de l’hôpitaux français. « Plus de mille médecins et cadres de santé, venant de toutes sortes d’établissements, hôpital local comme centre universitaire, répartis sur toute la France, ont signé un appel s’alarmant de la situation dramatique des hôpitaux français et pointant un système de financement, avec la tarification à l’activité (T2A), à bout de souffle, devenant une menace pour la qualité des soins » écrit Libé (Eric Favereau).  Ecoutons-les :

« Une nouvelle cure de rigueur budgétaire de 1,6 milliard d’euros est imposée aux hôpitaux. Leur budget n’augmentera en 2018 que de 2 % alors que les charges programmées augmenteront de plus de 4 % (les hôpitaux publics utilisent 36 % des dépenses de santé). Pour maintenir l’équilibre budgétaire, les tarifs de la tarification à l’activité (T2A) vont être une nouvelle fois revus à la baisse. Pour essayer d’assurer l’équilibre de leurs comptes, les hôpitaux sont donc condamnés à augmenter sans cesse leur activité tout en réduisant le nombre de leurs personnels. Ce ‘’toujours plus avec toujours moins’’ entraîne une dégradation des conditions de travail, provoquant épuisement et démotivation des soignants et en conséquence, une baisse de la qualité des soins. »

Gauchistes et conditions

Ces médecins hospitaliers, ces cadres de santé, ne sont pas tous des gauchistes de l’extrême. « Au-delà de toute sensibilité syndicale ou politique » ils soutiennent la volonté exprimée par Agnès Buzyn d’améliorer la pertinence des soins en réduisant la disparité injustifiée des pratiques, en supprimant la prescription d’examens inutiles, en améliorant la coordination entre la ville et l’hôpital, en favorisant la prise en charge ambulatoire à chaque fois qu’elle ne compromet pas la qualité des soins, en aidant à la construction d’un véritable service de santé de proximité. Mais selon eux, pour l’hôpital, cela n’est envisageable qu’à cinq conditions :

Limiter la place de la  T2A aux soins standardisés et  programmés. Assurer une stabilité des tarifs correspondant aux coûts réels. Introduire pour les soins non standardisés et non programmés d’autres modes de financement, notamment le financement global d’un épisode de soins et surtout une dotation annuelle modulée en fonction de l’activité.  Maintenir dans chaque unité de soin un taux de soignants présents permettant de garantir la sécurité des patients et la qualité des soins.  Regrouper l’activité quand cela est pertinent par rapport aux besoins de santé des territoires concernés, en gardant la cohérence médicale des différents sites hospitaliers. »

Ils sont un millier à se souvenir que François Hollande avait promis l’abandon du «tout-T2A». Un millier à savoir qu’Emmanuel Macron a fait la même promesse. « Agir vite avant qu’il ne soit trop tard ! » clament-ils. Est-il déjà trop tard au centre hospitalier du Cheylard ?

A demain

1 Lydie Abalea (Brest) ; Jean-Jacques Achache (Castres-Mazamet) ; Nelly Achour Frydman (Clamart Antoine Béclère) ; Catherine Adamsbaum (Kremlin-Bicêtre) ; Frédéric Adnet Bobigny (Avicenne) ; Christian Agard (Nantes) ; Catherine Ajzenman (Versailles) ; Sonia Alamowitch (Paris Saint Antoine) ; Julien Allard (Limoges) ; Patrick Alvarguez (Niort) ; Muriel Alvarez (Toulouse) ; Zahir Amoura (Paris Salpêtrière) ; Thierry André (Paris Saint Antoine) ; Fabrizio Andreelli (Paris Salpêtrière) ; Emmanuel Andres (Strasbourg) ; Anne-Marie Ané (Paris Pitié-Salpêtrière) ; Catherine Anguill (La Rochelle ) ; Françoise Archambeaud (Limoges) ; Jean Yves Artigou (Bobigny Avicenne) ; Pierre Asfar (Angers) ; Patrick Assayag (Bicêtre) ; Safaë Assikar (Limoges) ; Alain Astier (Créteil Mondor) ; Marie Elisabeth Atassi (Paris Pitié Salpêtrière) ; Hélène Aubert (Nantes) ; Magali Aubineau (Lyon) ; Virginie Aubron (Saint Nazaire) ; Karine Aubry (Limoges) ; Yannik Aujard (Paris Robert Debré) ; Marie Luce Auriault (La Rochelle) ; Muriel Avarez (Toulouse) ; Nathalie Avedissian (Saint-Nazaire) ; Antoine Avignon (Montpellier) ; Michel Azizi (Paris HEGP) ; Elie Azoulay (Paris Saint Louis) ; Lynda Azzouz (Roanne) ; Cécile Bachelet-Rousseau (La Rochelle) ; Anne Bachelot (Salpêtrière) ; Xavier Baermann Argenteuil) ; Daniel Bailly (Marseille ) ; Jean Marc Baleyete (Créteil Mondor) ; Eric Ballanger Draveil (Dupuytren) ; Nicolas Ballon (Tours) ; Noémie Banais (Roubaix) ; Firouzé Bani-Sadre (Reims) ; Catherine Barbier (Grenoble) ; Stéphane Barette (Paris Pitié Salpêtrière) ; Raoul Baron (Brest) ; Sabine Baron (Nantes) ; Zina Barrou (Paris Salpêtrière) ; Olivier Barthélémy (Paris Salpêtrière) ; André Baruchel (Paris Robert Debré) ; Sophie Barthier (Clamart Antoine Béclère) ; Audrey Basinko (Brest) ; Thierry Baubet (Bobigny Avicenne) ; Frédéric Baud (Paris Necker) ; Jacques-Olivier Bay (Clermont-Ferrand) ; Franck Baylé (Paris Saint Anne) ; Laurent Beaugerie (Paris Saint Antoine) ; Caroline Beaumont (Paris Bichat) ; Catherine Beauvais-Valeyrie (Paris Saint Antoine) ; Florence Beauvais (Paris Lariboisière) ; Hakim Bécheur (Paris Bichat) ; Jean-Pierre Bedos (Versailles) ; Julien Beguec (La Rochelle) ; Keltoun Belfihadj (Villejuif Paul Brousse) ; Vanérie Belin (Saint Nazaire) ; Franck Bellivier (Paris Fernand Widal) ; Nadia Belmatoug (Beaujon) ; Marie Christine Béné (Nantes) ; Salah Benelhadj (Versailles) ; Pierre-Yves Benhamou (Grenoble) ; Guy Benoït (Paris Trousseau) ; Philippe Bensaïd (Argenteuil) ; Douraied Bensalem (Brest) ; Amine Benyamina (Villejuif Paul Brousse) ; Etienne Berard (Nice) ; Francis Berenbaum (Paris Saint Antoine) ; Jean-François Bergmann (Paris Lariboisière) ; Françoise Bernaudin (Créteil CHIC) ; Jean-Marie Berthelot (Nantes) ; Nicolas Bertho (Saint Nazaire) ; Céline Berthon (Lille) ; Anne Bertrand (Paris Saint Antoine) ; Dominique Besnier (Saint Nazaire) ; Caroline Besson (Versailles) ; Cecile Bétry (Grenoble) ; Marie Charlotte Bezon (Paris Pitié Salpêtrière) ; Mélanie Bidaut-Garnier (Limoges) ; Thierry Billete de Villemeur (Paris Trousseau) ; Marc Olivier Bitker (Paris Pitié) ; Sarah Bizard (Bezons) ; Philippe Bizouarn (Nantes) ; Jacques Blacher (Hôtel Dieu) ; Hervé Blanchard (Paris Broussais) ; Eloi Blanchet (La Rochelle) ; Geneviève Blanchet-Fourcade (Narbonne) ; Antonia Blanié (Bicêtre) ; Alexandre Bleibtreu (Paris Salpêtrière) ; Hugues Blondon (Versailles) ; Séverine Bobillier (Grenoble) ; Laurent Boccon-Gibod (Académie de chirurgie) ; Jacques Boddaert (Paris Salpêtrière) ; Pascale Bodic-Gabillet (Saint Nazaire) ; Eric Boez (Roubaix) ; Philipp Bohme (Nancy) ; André Boibieux (Lyon) ; Catherine Boileau (Paris Bichat) ; Nicolas Boissel (Paris St Louis) ; Frank Bolandard (Narbonne) ; Jean Michel Boles (Brest) ; Marie-Paule Boncoeur-Martel (Limoges) ; Bruno Boniface (Bicêtre) ; Isabelle Bonnaud (Tours) ; Hélène Bonnaure (Narbonne) ; Anne Laure Borel (Grenoble) ; Cecile Borel (Toulouse) ; Marie Bornes (Paris Tenon) ; Kamel Boubagra (Grenoble) ; Clara Bouché Paris Lariboisière) ; François Boue (Clamart Antoine Béclère) ; Adrien Bouglé (Paris Pitié Salpêtrière) ; Laurence Bouillet (Grenoble) ; Guylhème Bourdat-Michel (Grenoble) ; Bénédicte Bourgeois (Lyon) ; Pierre Bourgeois (Paris Pitié) ; Emmanuelle Bourinet (Dax) ; Olivier Bourron (Paris Salpêtrière) ; Didier Bouscary (Paris Cochin) ; Marie Germaine Bousser (Paris Lariboisière) ; David Boutoille (Nantes) ; Frédéric Bosquet (Paris Salpêtrière) ; Alexandre Boyer (Bordeaux) ; Eilen M Boyle (Lille) ; Fabienne Braye (Lyon) ; Luc Bressolette (Brest) ; Camille Brehin (Toulouse) ; Marlène Brémaud (Saint Nazaire) ; Marc Bretemieux (Président du syndicat des psychiatres des hôpitaux) ; Joël Brie (Limoges) ; Karine Brossard (Saint Nazaire) ; Eric Bruckert (Paris Salpêtrière) ; Fabrice Brunell (Versailles) ; Julie Brunelle (Paris Salpêtrière) ; Joelle Bufarull (Saint Nazaire) ; Thierry Buisson (Narbonne) ; Marie Annick Cadeac (La Rochelle) ; Guillaume Cadiot (Reims) ; Jean-Yves Cahn (Grenoble) ; Dominique Cailloce (Limoges) ; Emmanuelle Caldagués (Nantes) ; Lionel Calvière (Toulouse) ; Sylvie Camadro (Paris Pitié Salpêtrière) ; Marie Dominique Cantal-Dupart (Paris Salpêtrière) ; Marie Cantier (Paris Saint Antoine) ; Gilles Caplain (Créteil Albert Cheneviers) ; José Luis Caravias (Argenteuil) ; Jean-Claude Carel (Paris Robert Debré) ; Alain Cariou (Paris Cochin) ; Sylvie Castaigne (Versailles) ; Marina Cavazzana (Paris Necker) ; Eric Caumes (Paris Salpêtrière) ; Beatrice Cavestri (Roubaix) ; Dominique Cazals Hatem (Clichy Beaujon) ; 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Laits infantiles contaminés : que s’est-il passé il y a douze ans dans l’usine de la Mayenne ?  

Bonjour

C’est la pièce épidémiologique manquante du grand puzzle de l’affaire Lactalis 1 : que s’est-il passé il y a douze ans dans la désormais tristement célèbre usine de Craon, département de la Mayenne, section Mayenne angevine ? On sait que cet établissement avait déjà été identifié comme ayant été contaminé par une salmonelle. Et très vraisemblablement, déjà, par une Salmonella sérotype Agona.

On connaît aujourd’hui plus de 2.000 variétés (ou sérotypes) de Salmonella pathogènes parmi lesquelles cette Salmonella sérotype Agona. En Europe, ces bactéries représentent la cause la plus fréquente d’épidémies d’origine alimentaire et la deuxième cause de maladies d’origine alimentaire. «Toutefois, le nombre de foyers où ces bactéries ont été isolées est en constante diminution dans l’Union européenne depuis 2001. Cette amélioration reflète l’efficacité de la politique de l’Europe en matière de sécurité sanitaire des élevages et des abattoirs (abattage systématique des élevages de poules pondeuses contaminés, mesures d’hygiène tout au long de la chaîne de production)», précise-t-on auprès de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES).

Qui dira la vérité bactériologique sur 2005 ? Très vraisemblablement, sous peu, les spécialistes qui sont au cœur du dispositif français de surveillance et de prévention de ces infections on trouve le Centre National de Référence des Salmonella (CNR-Salm) de l’Institut Pasteur de Paris. Ce centre reçoit chaque année 10.000 souches/an dont environ 6% (soit 600) isolées de bébés de moins de 1 an. De 2012 à 2016, ce CNR  a identifié environ 65 souches de Salmonella Agona par an.

Survivre à Craon

En pratique le CNR-Salm reçoit des souches d’un grand réseau de laboratoires volontaires hospitaliers et privés. Ces souches reçues sont ensuite caractérisées par différentes méthodes et classées selon leur sérotype et selon les résultats de typage génomique. Des algorithmes de détection de dépassement de seuils ont d’autre part été établis depuis plusieurs années par Santé publique France et le CNR-Salm –et ce pour chaque sérotype à partir des données historiques. Ils sont utilisés chaque semaine pour rechercher des augmentations inhabituelles ou des cas groupés de souches d’un sérotype donné parmi les souches reçues au CNR-Salm. Les spécialistes disposent ainsi d’une série de précieuses données pour chacune des souches: date d’isolement, date de validation des données de typage, groupe d’âge du patient pour lequel la souche a été isolée, laboratoire ayant isolée la souche, type de prélèvement (selles, sang, urine etc.).

Faut-il être surpris par la présence, à douze ans d’écart, du même sérotype de Salmonella dans la même usine ? Cette similarité n’étonne pas les spécialistes. Pour François-Xavier Weill, directeur du CNR-Salm, cette usine n’est pas a priori son milieu naturel, ce pathogène goûtant nettement plus la lumière des tubes digestifs des animaux. L’hypothèse la plus probable, selon lui, est que cette salmonelle a persisté au sein d’un troupeau de bovins qui fournissait du lait à l’usine. A-t-elle néanmoins pu survivre à Craon ? Et si oui avec quelles conséquences ?

« On va probablement confirmer, parce que ça reste une hypothèse, que la souche de 2017 dérive de celle de 2005. Et on va s’assurer qu’il n’y a pas eu de cas de contamination très sporadiques entre ces deux dates », a déclaré le bactériologiste Simon Le Hello  du CNR-Salm où une comparaison fine des deux souches est en cours.

A demain

1 Sur ce thème : « Lactalis: une crise qui aurait pu être évitée » Slate.fr 15 janvier 2018

 

 

 

Nouveau «Conseiller Stratégique Santé» de l’Hôpital Américain: Arnold Munnich, généticien

Bonjour

L’avenir est-il à l’ouest ? Nous l’avions connu dans les vieux étages de l’hôpital Necker, derrière Le Monde de la rue Falguière – puis au Palais de l’Elysée (2007-2012). Il faudra dorénavant aller à l’Américain de Paris 1 pour continuer à échanger avec cette personnalité riche et atypique 2 : Arnold Munnich, 67 ans, vient d’y être nommé « Conseiller Stratégique Santé ». « Pédiatre, généticien, il est également le créateur et chef du département de génétique médicale de l’Hôpital Necker-Enfants malades de Paris, ainsi que Président du conseil d’administration de l’Institut des maladies génétiques, Imagine. Il fut également conseiller à la Présidence de la République de 2007 à 2012 pour la recherche biomédicale » souligne son nouvel employeur.

C’est ici la conséquence de changements significatifs au sein du comité de direction de l’Américain, sous l’impulsion du Pr Robert Sigal, nommé Directeur Général en mars dernier, et de son « Conseil des Gouverneurs ». « Des personnalités emblématiques connues et reconnues dans leur domaine, au plus haut niveau médical et technologique,  font leur entrée dans la direction de l’établissement » nous explique-t-on.

Outre Arnold Munnich, notamment : Mario Di Palma, nommé Directeur des Affaires Médicales. « Oncologue, il a créé le département Ambulatoire de l’Institut Gustave Roussy, explique-t-on. Il est également Vice-Président de la commission Scientifique des Essais Thérapeutiques de Gustave Roussy et co-président du réseau territorial de cancérologie, gériatrie et soins palliatifs, Onco04. Enfin, il est membre du Comité d’éthique de la Ligue Nationale contre le cancer.

Loin de Necker, on aimerait d’ores et déjà connaître le point de vue du Pr Munnich sur la politique de diagnostic prénatal mise en œuvre à l’Américain.

A demain

1 Crée en 1906, l’Hôpital Américain de Paris se présente comme « un établissement privé à but non lucratif reconnu d’utilité publique, qui a pour mission de délivrer le meilleur des pratiques médicales françaises et américaines à ses patients français et internationaux ». Il ajoute : « bénéficier d’une double reconnaissance française et américaine en matière de qualité des soins par la Haute Autorité de Santé et par The Joint Commission selon les normes appliquées aux Etats-Unis ». « En janvier 2017, avec l’acquisition du Centre Clinique de la Porte de Saint-Cloud, l’Hôpital Américain de Paris a renforcé son offre pour une prise en charge complète en cancérologie » précise-t-il.

2 « ‘’La génétique est-elle inhumaine ?’’ Voici les réponses d’Arnold Munnich (et du Lévitique) » Journalisme et santé publique » 3 juillet 2014

Lactalis perd pied : 12 millions de boîtes de lait sont à détruire. Quel sera le prix de la vérité ?

Bonjour

Emmanuel Besnier, 47 ans est un homme plus que fortuné. Jusqu’ici il goûtait le secret. C’est fini. Il doit parler, se dévoiler, battre sa coulpe et celle du groupe qui l’a rendu richissime : Lactalis, aux prises avec une sale affaire de salmonelles plus ou moins cachées. Depuis quelques mois ou depuis quelques années. Dans du lait.

« Communication de crise ». A quel prix ? On découvre aujourd’hui M. Besnier à la Une du Journal du Dimanche. Le PDG de Lactalis promet désormais à tour de bras : indemniser « toutes les familles qui ont subi un préjudice », affirmer qu’il a à l’esprit les conséquences de cette crise sanitaire pour les consommateurs (« des bébés de moins de six mois »), qu’il collaborera avec la justice (« en donnant tous les éléments qu’on nous demandera ») et « qu’il n’a jamais pensé agir autrement » (ce qui est plus ou moins rassurant).

M. Besnier parle. Il affirme avoir lui-même proposé au gouvernement une mesure qui s’étend à 83 pays : retirer (et détruire) toutes les boîtes de lait potentiellement contaminées : « Il faut mesurer l’ampleur de cette opération : plus de 12 millions de boîtes sont concernées » dit-il. Il assure que les innombrables distributeurs n’auront plus, désormais, à trier : « Ils savent qu’il faut tout retirer des rayons ». Que M. Besnier ne l’avait-il demandé avant ? Et pourquoi le gouvernement ne lui avait-il pas imposé ? Nous ne le saurons pas, du moins pas aujourd’hui.

Genou à terre

M. Besnier ne cachera plus rien désormais – après avoir toujours imposé un silence qui faisait le mystère et la force de Lactalis, premier groupe laitier au monde. Il devra sans doute, demain, parler à la justice : une enquête préliminaire a été ouverte fin décembre par le pôle santé publique du parquet de Paris notamment pour « blessures involontaires»et « mise en danger de la vie d’autrui », M. Besnier a assuré qu’il ne cacherait rien. Lactalis met un genou à terre. A quel prix ?

Qui, dans cette affaire, a véritablement fauté ? Une vaste enquête commence, qui englobera Lactalis, ses innombrables distributeurs et les « services de l’Etat ».  La contamination à la salmonelle dans l’usine de Craon (Mayenne) n’avait été révélée que début décembre – des preuves de contamination antérieures existent, datant des mois d’août et de novembre. D’autres encore, plus lointaines. La vraie lumière reste à faire, bactériologique et épidémiologique. Combien coûte la vérité ?

A demain