Les buralistes français fin prêts à commercialiser en exclusivité le cannabis récréatif

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L’avenir s’écrit parfois dans les médias. Il suffit alors de prendre date. 22 juillet 2018. Dans un entretien accordé au Parisien et repris par l’AFP le président de la Confédération des buralistes annonce que ses troupes sont prêtes à commercialiser le cannabis récréatif dès lors que le pouvoir législatif aura donné son feu vert. Mieux : les buralistes français, aux service de l’Etat qui les emploie, réclameront l’exclusivité de ce commerce pour l’heure souterrain.

 Philippe Cloy s’était déjà prononcé en ce sens dans une réunion interne. C’était le 17 juin dernier, lors de l’assemblée générale de la chambre syndicale des buralistes d’Indre-et-Loire. Aujourd’hui il parle haut et fort, à l’échelon de la nation. « Cette déclaration intervient alors que des ‘’coffee shops’’  vendant des produits à base de cannabidiol (CBD) ont essaimé en France et que certains de leurs gérants ont été mis en examen, notamment pour ‘’transport, détention, offre ou cession, acquisition ou emploi de stupéfiants’’ souligne le site des buralistes.  Les ‘’coffee shops’’ français profitent d’un flou juridique qui autorise le CBD dès lors que la teneur en THC (delta-9-tétrahydrocannabinol), composant du cannabis ayant un effet psychotrope, n’excède pas 0,2 %. »

« Si le CBD et plus largement le cannabis sont autorisés, on veut être présent sur ce marché. On demande même l’exclusivité, prévient le patron des buralistes. On est dans un plan de transformation car les ventes de cigarettes sont amenées à baisser. Il faut donc saisir toutes les opportunités. » Il poursuit en ces termes :

 « Il y a six mois, nous avons commencé à vendre des e-liquides de cigarette électronique à base de cette molécule, en plein boom. Ils semblaient à l’époque légaux. Puis il y a eu un déferlement avec l’ouverture de magasins qui commercialisaient cette fois-ci des sirops, cristaux et surtout des fleurs de cannabidiol. Mais, en juin, la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives s’est positionnée en disant que c’était interdit. »

 «La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a eu des explications confuses mais, lorsque l’on recoupe les informations, on comprend que ces produits ne peuvent, aujourd’hui, être vendus. Depuis quelques semaines, les arrestations et les fermetures s’accélèrent, le CBD défraie la chronique. Il fallait donc appliquer un principe de précaution. Nous sommes des commerçants responsables, j’ai donc demandé à tous les buralistes de suspendre la vente des e-liquides. »

 Le patron des buralistes français a déjà proposé à Agnès Buzyn, ministres des Solidarités et de la Santé « d’aller plus loin ». Les 25 000 débits de tabac deviendraient ainsi le « premier réseau de référence du cannabis récréatif ». Il ne semble pas que la ministre ait répondu. Il est vrai qu’elle n’a pas, non plus, répondu sur la question médicale et éthique de l’accès, en France, au cannabis thérapeutique.

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Affaire Benalla : aura-t-elle ou pas un impact sur l’agenda politique de la «PMA pour toutes» ?

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Voici, sous les ors élyséens, venu le temps des grands embarras. A commencer par cette extraordinaire affaire Benalla – une affaire depuis trois jours au cœur de tous les médias généralistes, de toutes les interrogations politiques.

« L’affaire Benalla est une affaire judiciaire et politico-médiatique française impliquant entre autres personnes Alexandre Benalla, chargé de mission et la sécurité du président de la République Emmanuel Macron, résume déjà, avec sa charmante distance synthétique, Wikipédia. Il est accusé d’avoir violenté un couple de personnes et usurpé la fonction de policier lors des manifestation du 1er mai 2018 à Paris. L’opposition et une partie des médias soulèvent la question de la responsabilité du cabinet et de l’exécutif pour ne pas avoir signalé les faits au procureur de la République de Paris, ou critiquent la gestion médiatique de l’affaire. La majorité parlementaire critique une politisation du dossier. »

L’affaire a aujourd’hui toutes les caractéristiques d’une affaire d’Etat. Elle déstabilise un président de la République qui se refuse à prendre la parole pour s’expliquer ; un président qui, soudain, a perdu les clefs des « horloges » dont il croyait, hier encore, être le maître. C’est aussi une affaire qui survient alors même qu’Emmanuel Macron peinait ouvertement à maîtriser ses troupes sur un sujet à forte symbolique politique et sociétale : la « PMA pour toutes ».

Peu avant que n’éclate l’affaire Benalla la confusion était générale. Avec, fait inédit, des prises de parole publiques divergentes au sein de la majorité La République en marche, pour appeler à traduction rapide, dans la loi, de ce qui fut une « promesse de campagne » du candidat Macron.

« Se faire mousser »

Puis, mercredi 17 juillet, une réponse officielle. « Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation », a prévenu, à l’issue du conseil des ministres, Benjamin Griveaux, porte-parole de l’exécutif. « Il faudra que nous présentions, et nous nous étions engagés, un projet de loi qui sera présenté en conseil des ministres avant la fin de l’année, pour un examen au début du premier trimestre de l’année prochaine », a-t-il déclaré. Ce projet de loi englobera plusieurs thématiques de bioéthique, dont la PMA. Le gouvernement préfère en effet que ce sujet ne soit pas « isolé » des autres.

Le gouvernement s’oppose ainsi ouvertement à plusieurs dizaines de ses députés ouvertement désireux d’avancer au pas de charge. Il désavoue également le député macronien Guillaume Chiche qui avait annoncé, dans Le Journal du dimanche du 15 juillet, son intention de déposer une proposition de loi. Un député qui avait publiquement reçu le soutien du président de l’Assemblée nationale François de Rugy.

Or voici que peu après Richard Ferrand, président du groupe LRM à l’Assemblée, repoussait cette hypothèse et tançait son collègue Chiche, par ailleurs critiqué par d’autres membres de la majorité dénonçant un élu voulant « se faire mousser » au détriment du « collectif ». Etrange ambiance dans une équipe hier encore soudée après son raz-de-marée.

« PMA pour toutes » : ce dossier est d’une particulière sensibilité pour le gouvernement comme pour la majorité présidentielle au sein de laquelle (on le découvre aujourd’hui) cohabitent des « sensibilités » très différentes. Benjamin Griveaux, réfute le moindre « début d’un commencement d’un mollissement du gouvernement » sur la question. Quant à Emmanuel Macron, il n’a cessé d’exprimer son souhait, avant de légiférer, d’obtenir un « débat apaisé ».

Force est de constater, dans ce mois de juillet avançant, que le temps est moins que jamais à l’apaisement. Sans parler de l’orage à proximité du Palais, qui pourrait bien bouleverser horloges et calendriers.

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Troll : après le Royaume Uni, quand Philip Morris proposera-t-il d’aider notre Assurance maladie ?

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Paradoxe : les industriels du tabagisme ne manquent vraiment pas d’air. On a peine à y croire et pourtant. C’est une information de The Independant reprise par Slate.fr : « Philip Morris trolle la sécurité sociale britannique ». Le géant mondial du tabac vient de s’adresser au secrétaire d’État à la SantéMatthew Hancock et aux responsables du National Health Service (NHS) : il propose son aide dans la lutte contre le tabagisme en faisant la promotion de son IQOS, un système de tabac « chauffé »  présenté comme étant à « moindre nocivité » par rapport au tabac « brûlé ». Une affirmation contestée au Royaume-Uni mais qui laisse les responsables sanitaires français sans voix.

Mark MacGregor, directeur des affaires générales de Philip Morris au Royaume-Uni et en Irlande s’adresse ainsi à ses correspondants :

«Pour fêter le soixante-dixième anniversaire du NHS, nous sommes ravis de vous proposer nos services afin d’aider les 73.000 fumeurs de votre institution à arrêter. Ce serait une campagne collaborative: vous fourniriez les conseils nécessaires pour arrêter d’être dépendant à la nicotine et pour ceux qui n’arriveraient pas à arrêter nous les aiderions à passer à un produit alternatif sans-fumée.»

Philip Morris (dont le siège opérationnel est à Lausanne) affirme que cette initiative est « totalement en accord » avec les règles de l’OMS. « Nous sommes convaincus que nous pouvons jouer un rôle essentiel afin de prodiguer des conseils et de permettre aux fumeurs de se tourner vers des alternatives comme les cigarettes électroniques ou le tabac chauffé». Pour sa part la sous-secrétaire d’État à la Santé, Steve Brine, a notamment affirmé, lors d’un débat à la Chambre des communes que l’action de Philip Morris était « totalement inappropriée et contre le protocole de l’OMS ». Pour certains activistes ces propos ne sont pas assez forts.

Communication honteuse

Des militants anti-tabac voient là un « coup de com’ honteux » et rappellent que les  règles de l’OMS disposent que « l’industrie du tabac n’a le droit d’être le partenaire d’aucune initiative allant dans le sens des politiques de santé publique étant donné que ces intérêts sont en conflit direct avec les objectifs de ces politiques.»

Il faut voir ici  la suite d’une stratégie méthodique. En janvier dernier Philip Morris avait acheté des espaces publicitaires dans un certain nombre de quotidiens britanniques. Il y vantait sa bonne résolution pour la nouvelle année : « nous essayons d’abandonner la cigarette ».  L’affaire avait alors intéressé au plus haut point le site des buralistes français – site qui s’est fendu d’une traduction de la publicité britannique :

« Philip Morris est connu pour ses cigarettes. Chaque année, beaucoup de fumeurs s’en débarrassent. C’est à notre tour, maintenant. Notre ambition consiste à arrêter de vendre des cigarettes au Royaume-Uni. Cela ne va pas être facile. Mais nous sommes déterminés à faire de notre ambition une réalité. Il y a 7,6 millions de fumeurs adultes au Royaume-Uni. La meilleure décision qu’ils peuvent prendre est d’arrêter de fumer. Beaucoup vont y arriver. »

« Mais beaucoup vont continuer de fumer. C’est pourquoi nous voulons remplacer la cigarette par d’autres produits, la cigarette électronique ou le tabac chauffé, qui représentent un meilleur choix pour les millions d’hommes et de femmes, au Royaume-Uni, qui néanmoins ne voudraient pas arrêter de fumer. »

Et le vieux géant toxique d’expliquer avoir investi 2,5 milliards de livres sterling en R & D pour son tabac « chauffé ». Et d’afficher, sur le sol britannique, ses engagements pour 2018 : lancer et promouvoir un site web – smokefreefuture –  visant à informer les fumeurs souhaitant arrêter ou se tourner vers des alternatives à la cigarette ; proposer notre aide aux autorités locales dans les zones où les taux de prévalence tabagique sont les plus élevés ; obtenir une autorisation gouvernementale pour insérer, directement dans nos paquets de cigarettes, des informations pour arrêter de fumer où se convertir à des produits alternatifs ; développer la disponibilité de nouveaux produits alternatifs au Royaume-Uni.

Vieux Continent

Peter Nixon (Managing Director de Philip Morris Limited) avait alors adressé un courrier à Theresa May, Premier ministre britannique, pour confirmer l’implication de son entreprise dans son nouveau message : « Nous sommes persuadés que nous avons un rôle important à jouer pour contribuer à rendre le Royaume-Uni un pays sans tabac (…) Les engagements que nous annonçons représentent des étapes pratiques qui peuvent contribuer à parvenir plus vite à cet objectif ».

On attend des initiatives similaires sur le Vieux Continent. Pour quand ? Philip Morris s’adressant aux dirigeants de notre Assurance maladie, à Agnès Buzyn, à Emmanuel Macron au nom de la prévention ?

Sans doute peut-on attendre. A la différence du Royaume Uni (où le nombre de fumeurs a été drastiquement réduit grâce notamment à une politique active de promotion de la cigarette électronique) la France demeure l’un des premiers consommateurs de tabac en Europe. Ne s’y sentant pas directement menacé Philip Morris peut se satisfaire de l’état actuel du marché.

Où l’on en viendrait presque, paradoxe, à souhaiter que ce cigarettier à la triste figure en vienne, après le Royaume-Uni, à chercher à démarcher nos responsables sanitaires et notre Assurance maladie.

A demain

 

 

Bonbons «alcoolisés » : Agnès Buzyn et la Direction Générale de la Santé vont-ils frapper ? 

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Face à la perversité, ne pas désespérer de l’action de la presse généraliste. Ainsi Le Parisien (Elsa Mari)  : « Bonbons, sirops… le coup de gueule des médecins contre la mode du goût alcool ». Ou le retour, actualisé, d’un grand classique : appâter au plus tôt en masquant le goût alcoolique derrière un paravent sucré. L’équivalent du tabagisme via les cigarettes en chocolat – avec une puissance tragiquement démultipliée.

« Sur les emballages, un grand verre inondé de glaçons rafraîchissants, de feuilles de menthe et de citron, piqué d’une paille. Ce sont toujours les mêmes images. Pourtant, il ne s’agit pas de cocktails, encore moins d’alcool, mais de jus de fruits au goût mojito. Des parfums que l’on retrouve jusque dans les cornets de glace, les gels douche et les crèmes pour le corps.

 « Un véritable phénomène qui surfe sur les boissons alcoolisées tendance de l’été, vendues dans les enseignes et boutiques françaises, bien loin des zincs. D’autres industriels déroulent la carte des bars le long des rayons de supermarchés en proposant des sirops caïpirinha, margarita, gin-fizz. »

Perversité : « Anormalité de la conduite générale et spécialement des comportements à l’égard d’autrui et de la société conduisant à des actes asociaux et inhumains accomplis avec indifférence affective à l’égard de la souffrance d’autrui, absence complète de culpabilité et satisfaction personnelle ».

Le Parisien/Aujourd’hui en France : « La marque Lutti, n°2 du marché du bonbon, vient même d’annoncer le lancement de sa gamme spritz et pina colada, qui se répand cet été après le succès de sa sucrerie au mojito, née l’an dernier. Au dos du paquet, on peut lire : « Pas envie d’attendre vendredi soir pour le prochain mojito ? Emportez votre mini-dose (sans alcool) partout… » »

Mami Nova « saveur pina colada »

Ces images publicitaires peuvent-elles avoir un impact sur le public et, surtout, les enfants ? Évidemment, répondent les addictologues, indignés. « En matière de santé publique, c’est d’une bêtise folle, déclare au Parisien le Dr William Lowenstein, président de SOS Addictions. Les souvenirs d’enfance jouent un rôle une fois adulte. Cela les conduira plus tard à sous-estimer le risque de l’alcool, c’est la même farce qu’avec le Champomy. »

Liste (non exhaustive) des produits « goût alcool » selon Le Parisien : Sodas. Schweppes a lancé, à l’été 2016, le « virgin mojito » et le « virgin cosmo », référence au cosmopolitan, à base de vodka, destinées « au grand public ». Cosmétiques. La chaîne britannique The Body Shop vend chaque été, depuis deux ans, des gels douche au mojito et à pinita colada, à base de noix de coco et d’ananas, et des beurres corporels. Un succès commercial. Yaourts. La célèbre grand-mère de Mamie Nova prend un coup de jeune et s’encanaille avec des yaourts « saveur mojito », « pina colada » et même « copacabana », cocktail à base de champagne rosé ou cognac selon les versions.

Exécrable cynisme commercial

Interrogé sur l’arrivée de ces « nouveaux bonbons » le Pr Amine Benyamina (président de la Fédération française d’addictologie) estime que ces nouveaux produits aux noms et goûts de cocktails favorisent le passage à la consommation de « vrai » alcool à l’âge adulte. « C’est une campagne exécrable. Ces sucreries mélangent les genres, en surfant sur les boissons à la mode et sur le côté enfantin, la madeleine de Proust. Il ne s’agit pas de fabricants d’alcool et, pourtant, les références sont constantes sur les emballages. Cela donne un côté bon enfant à des produits qui sont régis par la loi. Les industriels jouent sur l’ambiguïté en s’adressant à des adultes, mais il s’agit tout de même de bonbons. On offre de l’alcool sans alcool à des jeunes. »

Perversité ou criminalité ?. Sur RMC-BFMTV le Dr William Lowenstein va plus loin, parlant de « cynisme commercial criminel » – alors même que nous sommes, avec le président Macron, censés être dans le « quinquennat de la prévention ». « Quel est l’intérêt d’initier les mômes au goût alcool avec de telles images ? » Pourquoi pas des sucettes au goût d’ecstasy ?des chewing-gums néo-cocaïnés ?

Totale inconérence. Le président de SOS Addictions attend avec impatience la réaction des tutelles et, tout particulièrement, « celle de la Direction Générale de la Santé ».

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Historique : certaines infirmières françaises vont pouvoir effectuer des gestes médicaux

Bonjour

Pourquoi tant et tant d’ingratitude ? Une fois encore Agnès Buzyn omet de saluer le travail préliminaire de Marisol Touraine. Tout au plus se borne-t-elle à évoquer ce qui été « prévu par la loi de modernisation de notre système de santé » : la « pratique avancée » pour la profession infirmière. Pour annoncer à la presse que cette pratique est (enfin) officiellement reconnue en France avec la publication au Journal Officiel de ce jour d’un décret signé Agnès Buzyn.

Il s’agit ici d’une innovation que l’on peut tenir pour majeure : les infirmier.e.s en pratique avancée disposeront de compétences élargies, « à l’interface de l’exercice infirmier et de l’exercice médical ». Ils pourront suivre (avec leur accord) des patients confiés par un médecin de l’équipe de soins au sein de laquelle ils exerceront, sur la base d’un protocole d’organisation établi pour préciser les modalités de leur travail en commun. A l’inverse les infirmiers adresseront à nouveau leurs patients au médecin « lorsque les limites de leur champ de compétences seront atteintes ».

Mandarins

Dans ce cadre les infirmiers en pratique avancée auront la responsabilité du suivi régulier des patients pour leurs pathologies – ils pourront « prescrire des examens complémentaires, demander des actes de suivi et de prévention ou encore renouveler ou adapter, si nécessaire, certaines prescriptions médicales ».

Tout cela nécessitera un nouveau diplôme d’Etat (reconnu au grade de master) délivré à l’issue d’une formation universitaire de deux ans. « Les premiers étudiants seront accueillis dès septembre prochain dans une dizaine d’universités accréditées, dont la liste sera officialisée dans les prochains jours, précise-t-on au ministère eds Solidarités et de la Santé.  Des dispositifs de validation de l’expérience et des connaissances déjà acquises par les infirmiers seront également mis en place par ces universités. »

Corollaire : cette nouvelle pratique et ces nouvelles compétences bénéficieront d’une reconnaissance en termes de statut et de rémunération. Mieux : ceci n’est qu’une première étape. Demain l’exercice infirmier en pratique avancée sera étendu à d’autres prises en charge et à d’autres professions paramédicales.

Une étape majeure ? Sans doute. Une étape historique ? Peut-être. On se souvient de mandarins dans l’âme qui n’auraient jamais accepté une telle évolution. Mais on se souvient aussi de mandarins qui avaient, dans les faits, heureusement autorisés des infirmières hautement compétentes à étendre largement leur champ d’intervention. Pour le plus grand bien de tous.

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Flambées d’IST à gonocoque et Chlamydia : pourquoi le préservatif n’est-il  plus utilisé ?

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C’est donc un combat qui n’en finira pas. Santé publique France vient de publier les derniers chiffres disponibles concernant les infections sexuellement transmissibles (IST). Bilan : le nombre de nouveaux diagnostics d’infections à Chlamydia et à gonocoque est en très nette augmentation – enquête LaboIST.

Cette enquête révèle notamment que les jeunes de 15-24 ans restent particulièrement touchés par ces IST souvent asymptomatiques mais aux conséquences parfois lourdes. Les données montent que le nombre de diagnostics d’infection à Chlamydia et à gonocoque en 2016 a triplé par rapport aux estimations de l’année 2012.

Pourquoi ? « La forte augmentation des diagnostics de ces infections constatée en 2016 peut être due à plusieurs facteurs. Elle peut s’expliquer tout d’abord par une sous-estimation des cas diagnostiqués en 2012 mais aussi par une intensification du dépistage et l’amélioration de la sensibilité des tests utilisés et enfin, par l’augmentation de l’incidence de ces IST elles-mêmes. » précise Florence Lot, responsable de l’unité VIH/sida, hépatites B et C, IST à Santé publique France.

Reste une certitude : chez les moins de 25 ans, la prévalence élevée des infections à Chlamydia et à gonocoque est la conséquence d’un nombre de partenaires plus important couplé à une « utilisation non systématique du préservatif » (sic). « Si la plupart des jeunes utilisent un préservatif lors du premier rapport sexuel avec un partenaire, 48 % des étudiants et 20 % des lycéens déclarent ne pas en utiliser à chaque rapport sexuel, selon l’enquête de la mutuelle Smerep sur la santé des étudiants fin juin citée par Le Monde. De plus, 71 % des étudiants et 80 % des lycéens ne se font pas systématiquement dépister lors d’un changement de partenaire, et même jamais pour respectivement 41 % et 62 % d’entre eux. »

La gratuité pour réduire les risques

Il faut aussi compter avec la résurgence de la syphilis et la poursuite des contaminations par le VIH – environ 6 000 personnes ont découvert leur séropositivité en 2016, selon Santé publique France. Le même phénomène est observé au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Et selon l’OMS plus d’un million de personnes contracteraient, chaque jour, une IST dans le monde.

Que faire d’autre que repartir au combat ? Et, un jour prochain, reposer publiquement la question de la gratuité au nom de la réduction des risques. Pour l’heure Santé publique France lance,  jusqu’au 18 août, une « campagne digitale » pour « promouvoir l’utilisation du préservatif auprès des jeunes ».

« En phase avec leurs codes, cette campagne repose sur le concept du « life hacking », des astuces et des techniques que l’on partage pour faciliter le quotidien, qui sont très répandues sur Internet et très prisées des jeunes. La campagne met en scène de manière ludique le préservatif en démontrant ses qualités intrinsèques (résistance, imperméabilité…). Le but est de faire de lui l’accessoire indispensable du quotidien.

« La campagne se décline sous forme de vidéos dans lesquelles les jeunes pourront découvrir en quelles circonstances, autre que l’acte sexuel, le préservatif peut s’avérer utile comme par exemple : allumer un feu, maintenir ses objets aqua phobiques au sec, faire bouillir de l’eau… Et sous forme de posts créatifs relayant en mode ‘’survie’’ des messages informatifs sur le préservatif et les infections sexuellement transmissibles. Ces « Life cards » seront postées sur Instagram et Facebook pendant l’été dans l’objectif de faire réagir les jeunes. »

Slogan : « Un préservatif ça peut te sauver la vie. Gardes-en toujours sur toi ».

Jusqu’à quand ?

A demain

La « PMA pour toutes » sème zizanie et divisions au sein des députés du président Macron

Bonjour

La bioéthique est aussi (surtout) une affaire politique. Ainsi le dossier de la « PMA pour toutes » avec les premiers couacs majeurs au sein des députés macroniens. L’affaire peut être simplement résumée. Nous rapportions il y a peu le dernier mouvement des troupes présidentielles : « L’élu de la majorité Guillaume Chiche espère élargir aux célibataires et aux lesbiennes la procréation médicalement assistée ».

Tout était en place, aucun manquement aux boutons des guêtres macroniennes. Une seule tête. Du moins le croyait-on. Au lendemain du rapport du Conseil d’Etat François de Rugy, du haut du Perchoir déclarait sur BFMTV souhaiter une proposition de loi ; dans la foulée l’entretien accordé par Guillaume Chiche, ancien socialiste, membre de la garde rapprochée de Dominique Strauss-Khan  puis de Jean-Paul Huchon.

Rappelons que, selon Le Monde, le député Chiche est l’un des « janissaires dévoués corps et âme au chef de l’État, qui ne dépendent que de lui, ne rendent de comptes qu’à lui ». Autant dire que l’on ne peut imaginer que M. Chiche avance sans un sauf-conduit discrètement tamponné au Palais de L’Elysée. Un palais qui reste totalement silencieux sur le sujet, le président de la République semblant avoir oublié sa (discrète) promesse de campagne.

Les Bleus et les obscurantistes

La proposition de loi du député Chiche ? « L’ouverture de la PMA à toutes les femmes, y compris aux célibataires et aux couples lesbiens, et le remboursement par la Sécurité sociale». Et le janissaire républicain des Deux-Sèvres de redouter que des « militants obscurantistes » ne cherchent à « refaire le match de la mobilisation contre le mariage pour tous ».  Ces rétrogrades aveuglés, à défaut d’empêcher l’élargissement de la PMA, pourraient selon lui « s’opposer à son remboursement par l’assurance maladie – ce qui aboutirait à une discrimination financière ».

Obscurantistes ? Agnès Thill appréciera. « Fille d’ouvrier, Mme Thill a grandi dans une famille ouvrière chrétienne, dit d’elle Wikipédia. Agnès Thill est divorcée et a élevé seule sa fille. Après avoir été longtemps institutrice dans l’Oise, elle est directrice d’école primaire à Paris. À la suite de son élection, elle se met en disponibilité pour la durée de son mandat. »

Cette députée élue de l’Oise, reproche aujourd’hui ouvertement à son collègue des Deux-Sèvres son initiative. Et elle le fait savoir dans les médias. « Si les Bleus ont gagné c’est parce qu’ils ont joué collectif », réplique la députée férue d’actualité sportive et politique.  « On vient juste de commencer des travaux d’une mission d’information consacrée, entre autres, à ce sujet, les auditions ne sont pas terminées, ajoute-t-elle, agacée, auprès du Monde. Tout cela pose des questions que nous abordons dans le cadre de la mission d’information. Pour moi, l’ADN d’En marche c’est “écoute, bienveillance et consensus”, on n’y est pas !  C’est insupportable, dès qu’on émet une réserve sur ces sujets de bioéthique, on est vus comme des membres de Sens commun ! Si tout est joué d’avance, il faut nous le dire. »

Qui le dira à la députée Thill ?

A demain